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'.000.152
BIBLIOTHEQUE A. FIRMIN-DIDOT
MANUSCRITS ET IMPRIMÉS
BELLES-LETTRES — HISTOIRE
CONDITIONS DE LA VENTE
Elle sera faite au comptant.
Les acquéreurs payeront cinq pour cent en sus des enchères.
Les livres vendus devront être collationnés sur place dans les
vingt-quatre heures de l'adjudication. Passé ce délai, ou une fois
sortis de la salle de vente, ils ne seront repris pour aucune cause.
M. Adolphe LABITTE se chargera de remplir les commissions
des personnes qui ne pourraient assister à la vente.
EXPOSITIONS
PARTICULIÈRE : le Lundi 3 Juin.
PUBLIQUE : les Mardi 4, Mercredi 5 et Lundi 10 Jmn,
de 2 à ^ ieures.
Chaque jour de vente il y aura Exposition publique à une heure
de l'après-midi.
Voir VOrdre des Vacations à la suite du Titre.
Paris. — Typographie Firiuin-Didot et 0«, rue Jacob, 56.
CATALOGUE
DES
LIVRES PRÉCIEUX
MANUSCRITS ET IMPRIMÉS
FAISANT PARTIE DE LA BIBLIOTHÈQUE
DE
M. ÀMBROISE FIRMIN-DIDOT
DE l'académie des INSCRIPTIONS ET BELLES -LETTRE S
BELLES-LETTRES — HISTOIRE
• « f
PRECEDE D'UNE INTRODUCTION
Par M. PAULIN PARIS
MEMBRE DE l'iNSTITUT ET DE LA SOCIÉTÉ DES BIBLIOPHILES FRANÇAIS
V
VENTE A L HOTEL DES COMMISSAIRES-PRISEURS
RUE DROUOT, N° 9. — SALLE N® 3
Du Jeudi 6 au Samedi 15 Juin 187 8
A dmm heures précises de V après-midi
Par le Ministère de M® Maurice Delestre, Commissaire-Priseur
Successeur de M© Delbergue-Cormont
27, rue Drouot. 27
Assisté (le M. G. Pawlowski, officier d'Académie, bibliothécaire du défunt
Et de M. Adolphe Labitte, libraire de' la Bibliothèque nationale
4, rue de Lille, 1
PARIS. — 1878
• . ; .
ORDRE DES VACATIONS
Jeudi 6 Juin 1878.
Romans 631 à 653
Poôtes français. 336 à 396
Romans 619 à 630
Histoire . • . . 697 à 715
Vendredi 7 Juin.
Histoire de France et de TOrient latin 689 à 694
Poôtes français 263 à 335
Romans de Chevalerie 585 à 618
Proissart 695
Samedi 8 Juin.
Poëteô français 214 à 262
Racine, Quinault, Regnard . 526 à 545
Romans de Chevalerie 551 à 564
Mardi 11 Juin,
Corneille, Molière 450 à 525
Poëtes étrangers 397 à 409
Manuscrits (Poôtes étrangers) 49 à 50
Dante (Manuscrit) 48
VI
Mercredi iî2 Juin.
Linguistique, Poôtes anciens 71 à 124
Manuscrits (Rhéteurs, Poètes anciens) i à 19
Epistolaires et Polygraphes H5i à 657
Jeu fit 13 Juin,
Poôtes français . . . . 151 à 17H
Théâtre étranger 546 à 550
Manuscrits (Théâtre et Romans anciens) 20 à 28
Théâtre ancien et Théâtre français (Mystères, etc.) . ilO à 449
Vendredi 14 Juin,
Poètes français 177 à 213
Manuscrits (Hist. anc.) 51 ;\ 62
Histoire (Géogr., Hist. ecclés., Hist. anc.) 658 à 688
Samedi 15 Juin.
Poètes français 125 à 150
Romans de Chevalerie 565 à 584
Manuscrits (Poôtes français et Romans de Chevalerie) . 29 h 47
Manuscrits historiques français 63 à 70
Monstrelet 696 —
INTRODUCTION
Pour tous les esprits vraiment doués de la curiosité litté-
raire, c'est un bonheur de lire et d'étudier dans ses propres
livres : c'est un bonheur plus g'rand encore de posséder ces
livres dans un état parfait de conservation , grands de
marges, immaculés, reliés de la main d'un Le Gascon, d'un
Duseuil, d'un Derome ou d'un Bauzonnel. On raconte de
Charles Nodier qu'il ressentait pour les siens une passion
comparable à celle que pouvait inspirer une maîtresse ado-
rée. Quand, à force de privations, car il ne connut jamais
Vmirea 7nediocriiaSy il était devenu l'heureux possesseur d'un
de ces rares volumes qu'il avait longtemps couvé des yeux,
il ne s'en séparait ni le jour ni la nuit. Une place lui était
ménagée sous son oreiller et il n'était réuni aux autres
joyaux du môme genre qu'à l'arrivée d'un nouveau rival, à
son tour accueilli avec la môme effusion de tendresse.
La Collection de M. Firmin-Didot est assurément d'une
— VlU —
valeur ving^t fois supérieure à celle du petit Muséum de
Charles Nodier. Tous les bibliophiles du monde en ont entendu
parler ; il n'est pas un savant étrangler qui n'ait, en arrivant
à Paris, demandé et, parconséquent, obtenu de Turbanité bien
connue de M. Didot la faculté de la voir et de l'examiner à
loisir. Si Ton excepte notre g*rande Bibliothèque nationale, la
Bibliothèque de l'Arsenal et celle qu'un prince de la maison
de France vient de ramener à Chantilly, on peut assurer qu'il
n'exii^te pas en France un ensemble de textes manuscrits et
imprimés dig'ne de lui être comparé. Les manuscrits, fré-
quemment inédits et quelquefois uniques, représentent toutes
les époques : l'antiquité g'recque et latine, la poésie, la phi-
losophie, l'histoire et les arts du Moyen âg*e, de la Renais-
sance et des temps modernes. Les uns sont relig'ieusement
conservés dans leur premier état, maintes fois incrustés
d'arg^ent, d'or et d'ivoire; les autres, reliés pour les Grolier,
les Majoli, les de Thou, les Long*epierre, ou bien pour nos
rois François V\ Henri II, Henri III, Charles IX, Henri IV,
Louis XIII, Louis XIV ; les moins anciens sortent des ateliers
des Thouvenin, Duru, Çapé, Gruel, Bauzonnet, Simier,
Niedrée, Trautz ou Lortic. C'est une suite à peine interrom-
pue des plus beaux modèles d'ornementation et de calli-
g'raphie, depuis les scribes de l'époque carloving^ienne jus-
qu'aux plus excellents enlumineurs des derniers siècles, les
Henry Trévoux, les Astesan, les Jean Fouquet et les Jarry.
L'érudition g^recque et latine, le sentiment et la curiosité
littéraires sont, on le sait, héréditaires dans la g'rande et je
dirais volontiers nationale maison Didot; comme, avant elle,
dans la maison des Aide, dans celle des Estienne. La première
idée de former un cabinet de raretés bibliog'raphiques appar-
tient à MM. Pierre et Firmin-Didot, l'oncle et le père de
— IX
notre Firmin deuxième du nom. Celui-ci, durant plus de
cinquante ans, n'a cessé d'en multiplier les merveilles. Il a
consacré à le développer tous les instants qu'il avait pu don-
ner à ses plaisirs, sans nég^lig'er aucun des devoirs que lui
imposaient d'un côté la confiance de nos g^ouvernements suc-
cessifs, de l'autre l'administration d'une maison depuis deux
siècles rhonneur de l'imprimerie française.
L'intérêt passionné que M. Didot portait à ses collections
littéraires s'était aug^menté prog-ressivement jusqu'aux der-
niers jours de sa belle et long'ue carrière. Aucune occasion
d'y ajouter de nouveaux trésors ne lui avait, pour ainsi dire,
échappé. Aucune vente publique n'était annoncée en
Belg*ique , en Hollande, en Ang'leterre, en Italie, qu'il n'y
poursuivît l'acquisition des manuscrits, des incunables et des
éditions hors lig'ne qu'on y avait sig^nalés. Il allait s'assurer
lui-même de leur condition, de leur importance, ou bien il
s'en faisait rendre compte par les meilleurs jugées. D'un
autre côté, ceux qui voulaient connaître la valeur des raretés
qu'ils croyaient posséder, venaient ordinairement les sou-
mettre à son appréciation toujours sincère ; et les volumes,
s'ils en étaient jugées dig^nes, ne tardaient g'uère à g'rossir
le Musée de la rue Jacob; Dès que M. Didot avait la joie de
les dire siens, il les soumettait à un nouvel examen, en les
comparant à ceux qui pouvaient s'en rapprocher dans nos
grandes bibliothèques. Puis il en parlait à ses amis et jamais
il ne lui arriva d'en refuser la communication aux littéra-
teurs intéressés à connaître ce qu'ils pouvaient présenter
de particulier. Mieux encore que le célèbre Grolier, il aurait
donc eu le droit d'adopter cet ex libris : F. Didot et amicorum ;
et, par ses amis, il entendait tous les hommes lettrés.
On ne pourrait compter le nombre des savants qui mirent
à profit sa bienveillante libéralité. Il nous suffira de citer,
parmi ceux qui ne sont plus, Goray, Boissonade, Hase,
Letronne, Berg^er de Xivrey, Victor Le Clerc, Brunet de
Presles; parmi les autres, MM. Eg'g^er, P. Meyer, G. Pa-
ris, P. Lacroix, Kervyn de Lettenhove, F. Michel, Charles
et Gustave Brunet, Léopold Delisle, E. Hucher, Queux
de Saint-Hilaire (1). Mais, tout en savourant mieux que per-
sonne la propriété de chacune des pièces de son trésor litté-
raire, M. Didot n'hésitait pas à se dessaisir, au profit des éta-
blissements publics, de celles qui leur présentaient un intérêt
exceptionnel. C'est ainsi qu'il avait cédé à la Ville de Paris,
dont il était alors un des conseillers municipaux, le mag*ni-
Qque Liber Ponti/îcalis exécuté vers 1420 pour Jacques Jouve-
nel des Ursins, qui avait été archidiacre de Notre-Dame et pré-
vôt des marchands, avant d'être successivement archevêque
de Reims, évêque de Poitiers, et enfin prieur de Saint-Martin-
des-Champs. Ce volume contenait de très-curieuses vues de
l'ancien Parloir aux bourg^eois, et d'autres édifices, aujour-
d'hui tombés sous les coups du temps ou sous l'impitoyable
marteau de ceux qui ne pardonnent pas aux monuments de
rappeler de lointains souvenirs. M. Didot se serait éparg'né
bien des reg*rets s'il n'eût pas accompli ce sacrifice. Le chef-
d'œuvre de l'art du quinzième siècle est devenu la proie des
flammes qui , dans une journée à jamais néfaste, dévorè-
rent l'Hôtel de Ville et la Bibliothèque du Louvre. Le Ca-
binet de M. Didot, suffisamment éloig*né de la place dq
Grève et de celle du Louvre, fut éparg*né : et si le Liber Pond"
ficalis y était resté, il fig*urerait encore aujourd'hui dans le
g*rand et précieux écrin dont il avait été détaché (2).
(i) M. le marquis de Queux de Saint-Hilaire a publié une excellente étude sur
la vie et les ouvrages de M. Firmin-Didot.
(2) M. Didot, pour triompher de la concurrence anglaise, l'avait acquis au prix
XI
L'honorable famille Didot aurait pieusement conservé tant
de g^lorieux témoig»nag»es du ffoût, du sentiment littéraire et
de l'érudition de son auteur, sans la nécessité d'un partagée
dont il était impossible d'évaluer les termes. Il ne lui a donc
pas été permis de soustraire la Collection aux chances d'une
vente publique. Puissent au moins tant de splendides raretés
bibliog*raphiques passer en des mains dig*nes de les recueil-
lir ! Puissent ses futurs acquéreurs en tirer autant de fruit
que leur dernier possesseur! Puissent-ils en accorder la libé-
rale communication à tous les travailleurs sérieux, au lieu
d'afFecter l'ombrag^euse déGance de ces collectionneurs an-
golais qui font de leur trésor une sorte de Jardin des Hespé-
rides, dont ils défendent l'entrée à tous ceux qui tenteraient
d'y pénétrer.
Le rédacteur du catalogpue qu'on va parcourir et dont je
viens un peu tardivement de lire les épreuves, a trop bien
exposé le g^enre particulier d'intérêt, attaché à chacun des
numéros dont il se compose, pour que j'aie besoin de dire une
seconde fois, et moins bien sans doute, ce qui doit arrêter
l'attention de tous ceux qui gardent le culte des Belles-
Lettres et des Beaux-Arts. Depuis longptemps, M. Pawlowski
avait mérité la confiance et la profonde estime de M. Fir-
min-Didot, par son érudition variée et son dévouement à
toute épreuve. C'est lui qu'il avait choisi pour le seconder
dans le minutieux inventaire de son cabinet et dans l'exa-
men sérieux de tout ce qu'il y ajoutait sans cesse. Grâce
de 36,900 francs. On comprendra la valeur que Jouvenel des Ursins y attachait
lui-même, par ces lignes de son testament, daté de 1457. « Je lègue mon grand
« pontifical à celui qui me succédera dans l'évêché de Poitiers, s'il veut s*en-
« gager à acquitter à ma décharge les réparations devenues nécessaires dans
« les domaines et possessions de l'évêché, ainsi que les dettes et obligations
« dont mes héritiers pourraient se trouver chargés en raison de cet évêché. »
(Bibliothèque do Sorbonne, Msr. n" H 05.)
XII —
à la tendre amitié dont m'honorait mon illustre et savant
confrère (d), j'ai pu, souvent aussi, dans la mesure de mon
expérience, concourir à déterminer le deg^ré de valeur et
de rareté de quelques manuscrits. Tant que je vivrai, je g'ar-
derai le souvenir des bonnes heures consacrées à ces inté-
ressantes comparaisons. Comme j'étais alors attaché d'une
façon plus active au service de la Bibliothèque nationale, il
m'arriva plus d'une fois, je puis bien l'avouer, d'éprouver un
certain reg'reten reconnaissant chez mon respectable ami des
textes souvent comparables, quelquefois même préférables
pour le fond ou pour hi forme à ceux de notre cabinet des
manuscrits, assurément le plus riche du monde.
Tels le Juvénal et le Prudence du dixième siècle, — une
branche inédite et très-belle àes Romans àe la Table ronde; —
lès épopées ou chansons de g^este de Beuve d'Anstone, de
Feràbras, des Vœux du Paon de Jacques de Long^uion ; — le
Combat des trente Bretons ; — le livre inédit d'Etienne Porchier
sur les Trois âges ; — le Roman de Jehan de Paris ; — le Dante de
1378; — \e gvBXxA Dictionnaire françoisàe^Y'ivmiïïLeNev, abon-
dant en curieuses citations d'auteurs plus anciens, et d'ailleurs
rédigée avec une sûreté de critique qu'on ne s'attendait pas
à rencontrer dans un lexique de la première moitié du
XV* siècle.
Jamais je n'avais à craindre d'importuner M. Didot; mon
arrivée lui faisait tout quitter volontiers pour passer une nou-
velle revue de ses chers manuscrits. Je le surprenais d'ordi-
naire attaché à quelqu'un de ces excellents travaux d'érudition
et de critique auxquels il n'a pas eu le temps de mettre toujours
la dernière main. C'était tantôt sa belle traduction de l'histo-
(1) M. Didot appartenait déjà depuis plusieurs années à TAcadémie des Ins-
criptions et Bolles-Lettres, comme à la Société des Bibliophiles français.
— XIII —
rien Thucydide, tantôt ses études sur Torig^ineet les dévelop-
pements de rimprimerie, ou sur la réforme de notre ortho-
g^raphe ; tantôt une de ces précieuses Biog*raphies consacrées
à Jean Cousin, aux Aide, aux Estienne. Pas un moment
accordé au loisir inoccupé; pour lui, le délassement des
travaux était leur variété. J'étais heureux de me promener
avec lui dans la g^rande allée de ses g^ravures et de ses livres.
Il va sans dire que, chemin faisant, j'apprenais beaucoup de
lui, tandis que bien rarement s'offrait pour moi l'occasion
d'ajouter la moindre chose à la sûreté de ses appréciations.
Je ne dois pas oublier d'avertir que les manuscrits indi-
qués dans ce catalogpue, quelle que soit leur valeur, ne forment
pas la cinquième partie de la Collection de M. Firmin-Didot.
Ceux qu'on ne trouvera pas ici ne sont pas assurément d'un
intérêt inférieur à celqi des volumes qui vont passer sous le
feu des enchères. M. Alfred Firmin-Didot garde-t-il l'espoir de
conserver tant d'autres précieuses raretés? Je Tig^nore; mais
je me souviens des anciens exemplaires si délicieusement
ornés de Guillaume de Tyr, et des traductions et continua-
tions contemporaines de la g'rande Histoire des Croisades. Je
n'ai pas oublié tant à' Heures ou Preces Piœ de la plus parfaite
exécution, parmi lesquelles brillent d'un incomparable éclat
les Heures de Bonne de Luxembourg*, femme de notre roi
Jean. Les volumes imprimés non compris dans ce catalog'ue
présentent un ensemble ég'alement splendide» On en pourra
voir d'assez nombreux spécimens dans les vitrines de l'Expo-
sition universelle. Ajoutons enfin que les séries réservées
n'offrent aucun double emploi avec celle du présent Catalog'ue.
Ce sont pour ainsi dire autant de membres de la même famille :
Faciès non onmi))Us uua
Nec diversa tameU) qualem decet esse sororum.
— XIV —
Le même discernement, la même sûreté de goût avait
présidé à leur naissance comme à leur développement;
et ceux qui vont se les partager pourront en faire compren-
dre la valeur d'un seul mot : Ils proviennent du cabinet de
M. Ambroise Firmin-Didot.
P. PARIS,
Conservateur honoraire au Cabinet des manuscrits
de la Bibliothèque nationale.
TABLE SPÉCIALE
DKS
LIVRES IMPRIMÉS SUR VÉLIN
DES EXEMPLAIRES UNIQUES OU SEULS CONNUS
ET DES PROVENANCES CÉLÈBRES
1. LIVRES IMPRIMES SUR VELIN
.«' ■..
N<>» 127, i79, 486, 209, 402, 578, 674, 680, 694, 696, 709, 740, 714, 713.
II. EXEMPLAIRES UNIQUES OU SEULS CONNUS
N°- 136, 151, 166, 178, 480, 487, 244, 220, 242, 437, 523, 563, 578, 582,
590, 594, 596, 611, 701.
III. SIGNATURES OU NOTES AUTOGRAPHES DES HOMMES .
ILLUSTRES OU DISTINGUÉS.
Ballesdens, iOl.
Boileau, 367, 37L
Bossiict, Ç8, 06i).
Condé (le grand), 88.
Dumonsticr (Daniel), o03, 580.
Gîu-nier (Ho)).), ^^m.
Jamyn (Âniadis), I i3.
I La Fontaine (Jean de), 192, 377, 635.
Manclti (Giannozzo), 51.
Maiot (Jean), Si-.
Moisant de Brieux, 36.
Pulci (Lucca), 399.
Racine (Jean), H\, 120, 121.
— XVI —
IV. PROVENANCES CELEBRES
PRINCIPALEMENT AU POINT DE VUE DES RELIURES EXÉCUTÉES POUR DES ROIS,
DES REINES, DES PRINCES, DES PRINCESSES ET DES BIBLIOPHILES CÉLÈBRES.
a. Rois et Reines de France,
Princes et Princesses^
Favorites.
m
François 1«% 41, 95.
Étampes (Duchesse d'), 40.
Henri II, 408, 678, 710, 711 (?).
Diane de Poitiers, 68, 710.
Charles IX, 669.
Henri IH, 712.
Bourbon-Vendôme (le Cardinal de)
(Charles X, roi des Ligueurs), 702.
Marguerite de Navarre, 176.
Henri IV, 698.
Marguerite de Valois (la Reine Margot),
656.
Marie de Médicis, 350.
Louis XIII, 395, 642.
Anne d'Autriche, 642, 703.
Louis XrV, 565.
Condé (le grand), 66,
Pompadour (la Marquise de), 113,275,
580, 625.
Marie- Antoinette, 70.
Beriy (Duchesse d€), 37.
Louis-Philippe (le Roi), 650.
b. Souverains étrangers.
Nicolas V (le Pape), 53.
Léon X (le Pape), 50,61.
Maximilien I«f, empereur, 65.
Aragon-Naples (le Rois d'), 5.
Jacques I»"", roi d'Angleterre, 679.
c. Bibliophiles ou personnages
célèbres
Aguesseau (le Chanc. d'), 44, 66.
Aubaïs (le Marquis d'), 131.
Caumartin-Saint-Ange, 436.
CANEVARI (D.), 122.
Colbeii (le grand), 95, 523.
Gorsini, 8.
GROLIER, 92, 124, 671.
Hoym (le Comte d'), 73, 286.
LAURINUS [Lauwereyns] (Marc), 119.
LONGEPIERRE (de), 97, 102.
MAIOLl (Th.), 654, 687.
MANSFELT (P.-E. comte de), 715.
Morosini (Ant.), 12.
Richelieu (le Gard, de), 421.
Thou (J.-A. de), 73, 107 bis, 312, 410,
651.
Vernie (la Comtesse de), 361, 637.
MANUSCRITS
MANUSCRITS
BELLES-LETTRES
AUTEURS LATINS, ANCIENS ET MODERNES
1. CICERO (M. T,). Rhetorica. — Pet. in-4, de 82 ff.; mar.
rouge, fil. à fr., tr. dor.
Manuscrit sur vélin, exécuté en Italie et daté de f464. II commenoe
ainsi : Marci Tvllii Ciceronis Rhetoricae veteris liber,,., et finit au recto du
f. 82 par ces lignes : Marci Tvllii Ciceronis vetervm Rhetoricorvm côtra Her-
magoram liber secvndvs & vltimvs fœliciter explicit IlII'* nonas decembris
MCCCCLXHIII.
Écriture très-nette ; conservation parfaite. A la première page, un joli
encadrement peint et rehaussé d'or, mais un peu effacé dans le bas.
2. CICERO (M. T.). Orationes. — In-fol., de t63 ff. à 2 coK;
lettres ornées ; mar. brun, fil., milieu et coins, tr. dor.
(Lortic).
Manuscrit -du XIV® siècle, sur papier, exécuté en Italie. Il commence au
haut du !«' f., par l'abréviation : îhs (lentes), et par ce titre : Oratio p. Cne»
Pompe jo Imper atore eligendo, et finit au verso du f. 163, par ces mots : uestra
uirtute construetis.
Il est écrit avec beaucoup d'abréviations et contient les discours sui-
vants : i . Pro C. Pompejo de Imperatore eligendo (Pro Lege Manilia) ; 2. Pro
T. A. Milone; 3. Pro C. Plancio; 4. Pro P. Sylla; 5. Pro A. Licinio Archia; 6.
Pro M. Marcello; 7. Pro Rege Lejotaro; 8. Pro Q. Ligario; 9. Pro semetipso
gratias agenti in Senatu; 10. AdPopulum; 11. Pro Domo sua ad pontifice^;
12. Pro M. Celio; 13. Pro L. Comelio Balbo; 14. InVatinium testem; 15. Pro
Responsis aruspicum; 16. De Provinciis consularibus ; 17. Pro P. Sextio ;
18. Pro L. Murena; 19. Pro P. Quintio; 20 et 21. In Catilinam (in« et IV«);
22. Pro L. Flacco; 23. Pro S. Roscio Amerino; 24. Pro A. Cluentio; 25. Pro
se ipso priusquam iret in exilium ad Quirites.
La première page est entourée d'un encadrement en couleurs et porte
4 MANUSCRITS.
au bas un écusson dont Jes armoiries sont effacées. — Très-bien conservé
et avec de grandes marges.
3. CICERO (M. T.). Orationes. — Gr. in-fol., de 227 ff.; let-
tres ornées; demi-rel., veau brun.
Manuscrit italien du XV» siècle, sur vélin, d'une belle écriture. H com-
mence ainsi au haut du 1»' f. : Marci. TvlUi, Ciceronis. clarisimi. oratoris.
ùratio. de. imperatore deligèdo, etc., et finit au recto du f. 227 par ces mots :
inuidicus ueriiati.
En voici le contenu : {. De Imperatore deligendo (Pro Loge Manilia) ;
2. Pro T. Annio Milone; 3. Pro Cn. Plantio; 4. Pro P. Sylta; 5. De Anu^icum
responsis; 6. De Provinciis consularibus ; 7. Pro M. Celio; S, Pro L. Comelio
Balbo; 9. In Vatinium testem; 10. Pro P. Sextio; ii. Pro Domo sua; 12. Ad
Equités romanos priusquam iret in exilium; 13. Post Beditum, in Senatu;
14. Oratioqua populo grattas agit; 15. Pro M. Marcello; 16. Pro Q. Ligario;
17. Pro Rege Dejotaro; 18. Pro A. Licinio Archia; 19 à 22. In I. Catilinam;
23. Pro P. Quinctio; 24. Pro L. Flacco; 25. Crispi Sallustii in M. T. Cicero-
nem-j 26. M. T. Ciceronis Responsio; 27. Pro A. Clucntio.
Il renferme donc, de plus que le précédent, l'invective de Salluste et
la réponse apocryphe de Gicéron.
Belles initiales peintes en or et en couleurs ; marges superbes ; conser-
vation parfaite.
Au bas du 1«' f., le cachet armorié de la bibliothèque de Fréd.-Louis
Keller von Steinbock, jurisconsulte suisse, mort à Berlin en 1860.
4. CICERO (M, T.). Orationes. — In-fol., de 252 ff.; lettres
ornées ; vélin.
Manuscrit sur vélin, exécuté en Italie au commencement du XV« siècle.
n commence au haut du l^'' feuillet par ce titre : De Lege Manilia, M. Tvl-
m Ciceronis de Lege Manilia Oratio, etc.
Voici les discours qu'il contient : 1. Pro Lege Manilia; 2. Pro A. Licinio;
3 à 6. In Catilinam (l\) ', 1 . Cris. Sallustii in 3/. T. Ciceronem invectiva;
8. M. T. C. In Sallustium; 0. Pro T. Annio Milone; 10. Pro Cn. Plancio;
11. Pro P. Sylla; 12. Pro A. Cœcina; 13. Pro C. Rabirio posthumo; 14. Pro
C. Rabirio perduellione; 15. Pro Roscio comcedo; 16. Pro Q, Ligario; il. In
Vatinium testem; 18. Ad Equités romanos pridie quam iret in exilium;
19. Ad Quirites in reditu suo; 20. Ad Senatum post reditum suum; 21. Dé
Provinciis consularibus; 22. Pro M. Cœlio; 23. De Lege agraria; 24. In L. Pi-
sonem; 25. De Lege agraria, in Senatu; 26. De Lege agraria contra P. Rul-
lum; 27. Pro M. Fonteio; 28. Pro M. Marcello; 29. Pro Rege Dejotaro; 30.
Pro A. Cluentio; 31. Pro L, Placco; 32. Pro P. Quinctio; 33. Pro Domo sua;
34. Pro P. Sextio; 35. Pro L. Coimelio Balbo; 36. Pro Sextio Roscio Amerino;
37. Pro L. Murena; 38. De Responsis aruspicum, — Le manuscrit finit ainsi
au verso du dernier f. : M. Tvllii Ciceronis Oratiuines septem (sic) et triginta
finivnt. Cette souscription est suivie d'une table des matières.
On connaît peu de manuscrits contenant un aussi grand nombre de dis-
cours de Cicéron. Celui-ci est, de plus, remarquable par sa belle écriture
et son état de conservation.
BELLES-LETTRES. 5
Chaqae discours commence par une grande initiale peinte et rehaussée
d'or. La première page est ornée d'une riche bordure, et la grande initiale
Q du mot Quanquam, par lequel débute le premier discours, contient au
milieu une figure de vieillard à mi-corps, en vêtement bleu et en capuchon
rouge, coiffé d'une calotte rouge et tenant dans la ^lain gauche un livre
ouvert. La tête est peinte avec beaucoup de finesse, et l'expression du
visage fait croire à un portrait.
5. CICERO (M. T.). Epistolae familiares. — Pet. în-fol., de
218 ff. ; bordures et lettres ornées; mar. bleu, fil., tr. dor.
[Lorlic).
Superbe manuscrit italien du XV® siècle, sur vélin, d'une conservation
irréprochable. Il commence au haut du premier feuillet par ce titre : M. T.
C. epistola'^ liber primiLS incipit. Marcus Tullius Publia Lentulo salutem
plurimam dicit, A la fin : M. T. C. epistola'^ liber decimvs sextvs et vlti-
mus expUcit féliciter,
La première page est ornée sur trois côtés d'une jolie bordure en or et
en couleurs. Au bas^ se trouvent les armoiries écartelées des rois d'A-
ragon-Naples, dont la magnifique collection des manuscrits a été vendue
vers 1501 par le roi Frédéric III au cardinal Georges d'Amboise, ministre
de Louis XII et célèbre bibliophile.
6. QUINTILIANUS (M, F.). De Institutione oratoria. — In-
fol., de 234 ff. à 2 col.; lettres ornées; vélin.
Précieux manuscrit sur vélin, exécuté en Italie au XIV^ siècle. Les trois
premiers feuillets ont été complétés au XV® siècle. Le texte commence à la
première colonne par ce titre : M. Fab. Quintilianus Triphoni Bibliopolae
SaL, et finit au verso du dernier feuillet par ces mots : qd' magis \\
petim' bonam uolûtatem. Plusieurs mains ont concouru à la confection de
ce manuscrit écrit en lettre gothique moyenne. Les titres des livres et
des chapitres, ainsi que les mots grecs dans, le texte, sont en rouge;
grand nombre de jolies initiales peintes en or et en couleurs.
Ce volume offre un grand intérêt pour la philologie, en raison de son
âge , de ses variantes qu'on trouve rarement dans les autres manuscrits
connus , et d'une foule de notes ajoutées en marge. Nous nous bornerons
à citer deux exemples. Au chap. P' du liv. I®', l'édition LéYnaire (p. 49)
donne cette leçon : Nunc quando in bonum verteris vitia? leçon que le
commentateur trouve peu satisfaisante. Or notre manuscrit porte (f. 3
verso) : vitia autem quando in bonum verteris? — Au chap. iv du même
livre, on trouve dans l'édit. Lemaire (p. 102) les noms propres Planci,
Pansse, tandis que notre manuscrit donne très-lisiblement (f. 9 V) Plauti,
Panse. Bien que la signification des mots plancus eiplautus soit assez iden-
* tique, il est plus probable que Quintilien a employé ce dernier, sur lequel
nous trouvons en marge ce commentaire : plautus et pansa dicuntur qui
pedes latos habent.
Les manuscrits de Quintilien remontant au XTV® siècle sont de toute
rareté. La Bibliothèque nationale n'en possède que trois sur onze, d'après
la préface de l'édit. Lemaire. Celui-ci est très-bien conservé, sauf quel-
6 MANUSCRITS.
ques if. atteints par Thumidité. Il avait appartenu & la famille lucquoise
Minutoli-Tegrimi , dont il porte l'estampille : mais au bas du !•' f., on voit
les armes d'une autre maison : Écartelé d'or et de gueules, avec une croix
au 2^ quartier. En dernier lieu , il provient de la bibliothèque de M. Eug.
Piot.
»
7. LUCANUS (M. A,). Pharsalia. — In-8, de i35 ff., à 3o lignes
par page; relié en vélin (Smeers).
Précieux manuscrit sur vélin, du XII« siècle. Il commence par ce titre
écrit en rouge : încip p'mus lib' Lvcani, et finit au recto du dernier feuillet.
Nombreuses notes interlinéaires et marginales, du temps ; plusieurs plans
des villes et des batailles sont dessinés en marge. Au verso du dernier feuil-
let, on voit la représentation de notre hémisphère et l'explication graphi-
que des combinaisons des quatre éléments, le tout accompagné d'un texte
conforme aux idées de l'époque.
Ce manuscrit, fort important pour la correction de son texte, est
admirablement bien écrit et parfaitement conservé.
8. VIRGIUUS. iEneis. — Pet. in-fol., de 174 ff.; velours violet.
Très-beau manuscrit, daté de 1404. La première page est entourée
d'un bel encadrement peint, avec or en relief; au bas, les armes de l'illustre
maison Gorsini , de Florence : Bandé d'argent et de gueules ; à la fasce
d'azur brochant sur le tout. Le texte commence , sans aucun titre , avec le
premier vers de ï Enéide, et finit au verso du f. 173 par cette souscrip-
tion *: Eaplicit liber eneidos pu. maronis Virgilij \\ mantuani poète clarissimi
^letus {et script') ano M"* cccc^ itt;<> || de mes' Januar' p me B. D. Corsin,
On voit que c'est même un membre de la famille Gorsini qui a exécuté
cette copie. Ghaque livre de VÉnéide est précédé d'un sommaire versifié.
— Le dernier feuillet contient la pièce de vers célèbre où l'empereur
Auguste déplore la recommandation faite par le poëte de brûler son Ené-
ide. A la fin , on lit : Expliciût versus octauiani cesaris augusti editi || pro
virgilio marone matuano poeta clarissto.
Nombreuses initiales peintes ; commentaires interlinéaires et notes mar-
ginales. Gonservation parfaite.
9. VIRGILIUS. Poemata. — Pet. In-fol., de 82 ff.; veau brun,
gaufré, [reliure italienne du xv® siècle).
Superbe manuscrit exécuté en Italie et daté de 1455. Il commence par
ce titre : P. Virgilii Maronis Mantvani Bv-\\colicorvm carmen incipit felîter.
Voici le contenu du volume : 1° Bucolica; 2® Georgica; 3® Moretum;
4<> Copa; 5® Est et non; 6° Vir bonus; T» Bosetum; S® Lirœ; 9<> Culex;
lOo Priapeia; 11» Querela lentitudinis Priapi. A la fin de l'avant-demière
pièce, on lit la date : 1455 ; la dernière est terminée (au recto du f. 82) par
cette souscription : Finis. 0eÇ x*?*""^* «^H"*^"^» BevTupaç. Ge dernier mot est
probablement le nom grécisé d'un scribe appelé Ventura.
Gharmantes bordures et initiales peintes en or et en couleurs, conser-
vées dans toute leur fraîcheur ; texte en rouge et en noir. Au bas de la
BELLES-LETTRES. 7
première page, un écusson d'armoiries écartelées, entouré d'une couronne
de laurier.
Les manuscrits contenant les petits poèmes de Virgile ou ceux qu'on
lui attribue, et surtout les pièces libres, sont extrêmement rares.
10. VIRGILltS, Bucolica. Georgica. ^Eneis. — In-ia, de
225 ff. ; mar. La Vallière, riches ornements genre Grolier,
tr. dor. {Dura).
Manuscrit sur vélin, exécuté en Italie au commencement du XY* siècle.
Il commence par ce titre : P. \irgUii Ma\\ronis Bvcoli\\corvm, et finit au
verso du dernier f. par le mot : Finis. Les titres sont écrits en lettres ma-
juscules, en or, pourpre, vert, azur et violet. L'écriture du texte, en ronde
très-gracieuse, semble avoir servi de modèle au caractère gravé par Fran-
çois de Bologne et employé par Aide pour son Virgile de 1 oOi .
En regard de la première page, une belle composition représentant,
au milieu d'un paysage, un canicbe attaché par une chaîne d'or à un lau-
rier; le tout dans un joli cadre, au bae duquel celte devise écrite en
lettres d'or sur fond d'azur :
Mas qviero aqvi la nwerie
Qve vida en otra sverte,
(J'aime mieux la mort ici que la vie autre part.)
Cette devise (Il Cane) serait celle d'un membre de la célèbre famille
Strozzi.
Au bas des pages, cinq ravissantes petites miniatures offrent des scènes
de la vie pastorale et agricole. Le quatrième livre des Géorgiques est illus-
tré de plusieurs ruches placées au milieu d'un pré fleuri, ce qui rappelle ce
vers célèbre :
Sic vos non vobis mellificatis, apes!
Celle qui figure au début de VÉnéide représente le cheval de Troie. De
charmantes initiales peintes en camaïeu ornent en outre ce délicieux ma-
nuscrit, véritable bijou.
H. VIRGILIUS. JEneis. Bucolica. Georgica, — In-fol., de
i68 ff.; mar. La Vallière, ornem. à fr., tr. dor. {Thomp-
son).
Manuscrit sur vélin, exécuté en Italie dans la seconde moitié duXY" siècle.
Il commence, sans aucun Utre, par le premier vers de ï Enéide y et finit au
recto du f. iG8 par les mots : Deo Grattas. Entre les ff. 126 et 127, il y a
une lacune depuis le vers 392 du dernier livre (XII*) de VÉnéide jusqu'à la
fin du poème : chaque livre est en outre précédé d'un sommaire versifié.
Très-beau manuscrit, grand de marges, orné de nombreuses initiales
peintes en or et en couleurs. Notes interlinéaires du temps. Belle reliure.
8 MANUSCRITS.
12. HORATIUS. Carmina. — Pet. in-fol., de i4i ff.; relié en
vélin .
Superbe manuscrit sur vélin, exécuté en Italie au commencement du
XV« siècle. Il commence par ces quatre lignes peintes en lettres capitales
en or et en couleurs : Eominvm scri-\\bit officia pra\\cmatice mono\\colos, La
page est décorée sur les trois côtés, en forme de la lettre E, d'une magni-
fique bordure dont les gracieux entrelacs se détachent sur un fond bleu,
rouge ou bistre. Le milieu de la bordure, qui s'avance dans la page, offre
un grand M peint en or, initiale du mot : Mœcenas. Dans la partie qui
borde la marge inférieure, deux anges soutiennent un écusson aux armes
de l'illustre famille vénitienne Morosini : D'or à la bande d'azur. En tête
de chaque division des poésies d'Horace, se trouve une riche bordure dans
le genre de celle du titre. Tous les titres sont écrits en lettres capitales en
or, en outremer, en carmin et en bistre. Entre les lignes , très-espacées ,
du texte, sont insérées des notçs explicatives en latin , d'une fort belle et
très-fine écriture. Les niarges, qui occupent les deux tiers des pages,
offrent le commentaire du scoliaste Acron, écht en caractères italiques
très-élégants.
En regard de la page du titre, on voit un frontispice d'un goût antique,
dans ]e style de Mantegna, peint en camaïeu et rehaussé d'or. Un faune et
un satyre, jouant,_run d'une flûte simple et l'autre d'une flûte double, se
tiennent debout à côté d'un monument sur lequel on lit en lettres d'or :
Q. OratiiFlacWci Venvsini \\ Carminvm || liber primvs \\ incipit, \\ M. Antonivs
Mav\\rocenus || Patrici\\vs Venet. sibi et svis || V. F, L'inscription de ce fron-
tispfce ajouté postérieurement indique que ce manuscrit faisait partie de
la bibliothèque du patricien Marc-Antoine Morosini , littérateur et protec-
teur d'Aide, qui lui dédia aussi son édition de Lucain de 1502.
Le dernier feuillet contient une vie d'Horace en latin.
Ce précieux manuscrit, qui provient de la bibliothèque de M.Eug. Piot,
est d'une conservation irréprochable.
13. OVIDIUS. Epistolœ heroidum. — In-4, de 48 ff., à 36
lignes par page; mar. vert myrte, fil. à fr., milieu, tr,
dor. (Lortic).
Manuscrit du commencement du XTV» siècle, sur vélin, exécuté en Italie.
Il débute au haut de la 1" p. par ce titre écrit en rouge : Incipit ouid. (le
reste presque effacé), et finit au recto du f. 48 par cette ligne : Xxplidt
liber ouidij epistolarum. deo gratias. Amen, Il contient vingt épîtres, dont la
dernière, celle de Cydippe à Aconce, s'arrête avec le 12® vers : Quos vc-
reor, etc., ce qui a lieu dans tous les manuscrits les plus anciens. La vingt
et unième épitre, ceUe de Sapho à Phaon , ne s'y trouve point : on ne
la rencontre que dans les manuscrits d'une date relativement très-récente
(« Sapphitë ad Phaonem Epistola in nullis Heroidum Ovidianarum exempla-
ribus, nisi receniissimis, apparet, » Amar, dans l'édition de Lemaire, p. 261).
Ce manuscrit est important en raison de son ancienneté ; on pourra y
recueillir plus d'une variante utile. La première moitié est couverte de
commentaires dus à un critique érudit du temps. ..
BELLES. LETTRES. 9
Écriture gothique, très-nette ; conservation parfaite ; grandes marges.
Le dernier feuillet contient, écrite d'une autre main, la célèbre canzone
de Pétrarque :
Vergine beUa che di sol vestita..,
14. OVIDIUS. Epistolae heroidum. — In-8, de ^3 £F.; veau
fauve, fermoirs.
Beau manuscrit italien, de la fin du XV" siècle, sur vélin. Il commence
en haut de la l'« p. par ce titre : P. Ovidii Niasonis (sic) EpistoUxrvm libe\\r
incipit féliciter. ,L. primvs \\ Pénélope ad Vlixem. Epistola \\ prima, et finit
au recto du f, 73 : Te>.oc || JP. Nasonis Heroidorvm ,L. explicit || Finis.
Son texte est identique avec le précédent, ce qui prouve qu'il a été
copié sur un manuscrit plus ancien.
Il est écrit en belles lettres rondes. La première page est entourée d'une
charmante bordure historiée, peinte en or et en couleurs ; au bas, les ar-
mes : Tranché de sable et d'argent. Chacune des épîtres commence aussi par
une initiale peinte , et tous les nomë propres , par une initiale en rouge.
— Conservation irréprochable.
Il porte l'estampille de la maison Minutoli-Tegrimi, et provient de la
bibliothèque de M. Eug. Piot.
15. OVIDIUS. Metamorphoseon libri XV. — In-8, de i8.i
ff. ; mar. rouge, fil., tr. dor. (Smeers).
Manuscrit sur vélin, exécuté en Italie au XIV" siècle. Il commence par
ce titre en rouge : Incipit liber Ouidii metamorphoseos. A partir du f . 131
jusqu'à la fin, l'écriture est d'une autre main, en lettres gothiques égale-
ment. Le texte finit au verso du f. 177 par cette souscription : Eocplicit
liber. XV ouidij Metamorphoseos. || ft BC6).o<;tou awî^opvou. + || Deo gratias.
Amen. Afh. Suit une table des matières, en 4 ff. Titres des livres et initiales
peintes en rouge.
Précieux manuscrit, tant en raison de son âge et de son texte très-cor-
rect, qu'à cause d'innombrables notes philologiques, littéraires et histori-
ques dont il est couvert, notes dont la majeure partie remonte au XIV® siè-
cle. D'après la souscription en grec rapportée ci-dessus , il avait appartenu
à Sozzomeno , historien et lielléniste italien du XV® siècle. Il provient en
dernier fieu des mêmes collections que le manuscrit précédent.
16. OVIDIUS. De Arte amandi [De Arte amatoria]. De Remé-
die amoris. De Tristibus. Fasti. — In-fol., de 277 ff.; mar.
vert, fil. à fr., tr. dor. (Lorfic).
Manuscrit du XV" siècle, sur papier. Il commence par ce titre : P. Ovidii
Nasonis de Arte amandi liber primus incipit fœliciter, et finit au recto du
dernier feuillet : Finis Sexti libri. Les ff. 74, et 158 à 164 sont blancs.
Très-bon texte; nombreux commentaires en marges. Les manuscrits
qui réunissent ces quatre poèmes sont fort rares. — Conservation parfaite,
sauf quelques piqûres de vers.
10 MANUSCRITS.
i7. SIUUS ITALICUS. De Secundo Bello punico. — In-fol.,
de 219 ff.; veau racine.
Manuscrit du XV siècle, sur vélin, exécuté en Italie. En tête, figurent
quatre épigrammes de Martial, dont la première est précédée de ce titre :
Htartialis libro epigrâmatum quarto ad Silium. A la suite , se trouve la vie
de Silius, tirée des épttres de Pline le Jeune. Riches bordures et initiales,
peintes en or et en couleurs. Notes interlinéaires.
Sur les plats de la reliure de ce manuscrit, beau et très-bien conservé,
les armoiries portant un sautoir de gueules; couronne de marquis; devise :
In Sperantia,
18. JUVENALIS. Satyrae. — In-4, de ii3 ff.; mar. br., El.
à fr., dent, in ter.
Précieux manuscrit du X* siècle, sur vélin. Il commence par le nom da
poète : Jitvenalis, et s'arrête au 145" vers de la xv* satire :
Mque exercendis capiendisque ariibus apti.
Malheureusement il ofifre les lacunes suivantes, d*après l'édition Lemaire :
f. 63*, vers 113 à 144 de la satire viii; f. 67*, 3 derniers vers de la môme
satire et les 28 premiers de la suivante ; f . 68*, vers 61 à 93 de la satii^ ix ;
f. 105*, vers 157 à 188 de la satire xiv; f. 111*, vers 50 à 81 de la satire xv;
et 3 feuillets à la fin, contenant les vers 146 à 174 de la même satire, ainsi
que les 60 derniers vers de la satire xvi,'en tout huit feuillets. Malgré ces
lacunes, il est d'une grande importance à cause des nombreux commentai-
res dont ses marges sont couvertes, commentaires qui fournissent une foule
de variantes aux textes imprimés.
Les classiques du X* siècle sont fort rares. La Bibliothèque nationale
possède plus de vingt manuscrits de Juvénal : quatre seulement remontant
au X® siècle, et ce sont les plus anciens. Celui qui est coté n<> 8070 se rap-
proche beaucoup du nôtre par l'écriture, par l'espacement des lignes et
par les notes marginales.
19. JUVENAUS. SatyrsB.— In-8,de65 ff.; mar. La Vallière,
ornem. à fr. dans le style vénitien, tr. dor. {Hagué).
Charmant manuscrit de la fin du XV» siècle, sur vélin, exécuté en Italie,
n commence par ce titre écrit à l'encre bleue en lettres majuscules : Ivntt
ÎMvenalis Aqvinatis Satyrarum liber primvs. Au bas de la page, dans un dé-
licieux ornement composé de rinceaux d'or parsemés de perles, sur un
fond bleu, un écusson portant pour armoiries un Donjon soutenu par deux
dragons ailés.
Magnifique écriture en lettres rondes; grandes marges; conservation
parfaite.
20. TERENTIUS. Comœdiae. — In-4 , de 148 ff.; mar. vert,
fleurons, fil. à fr., tr. dor. {Lortic).
Précieux înanuscrit du XIIP siècle, sur vélin. Il commence par le mono-
gramme : lus, et une courte vie de Térence dont voici le début : Terentius
BELLES-LETTRES. 11
•
affer gne duis vero c(xrtagin€nsis fuit. Vient ensuite (fol. 2 r.) une épitaphe
en six vers, qui nous parait aussi inédite. Au bas de la première page, au
milieu d'un ornement, un écusson rond contenant des armoiries peintes en
rouge et consistant en un échiqueté, avec un roc d'échiquier en chef. Cha-
cune des six comédies est précédée d'un argument (periocha) en vers par
C. Sulpitius Apollinaris, et d'un prologue aussi Tersifîé, attribué par le
commentateur de notre manuscrit à Caliopius, dont le nom se lit, en effet,
à la fin de chaque pièce (ego Caliopivs recensui), et dans lequel plusieurs
critiques croient reconnaître Alcuin, le célèbre familier de Gharlemagne.
Le manuscrit est écrit en rouge et en noir, avec de nombreuses lettres
enluminées. Les vers se suivent sans séparation. Il est couvert, entre les
lignes et sur les marges , de notes et commentaires où il y aurait, même
aujourd'hui, considérablement à prendre. Le texte lui-même offre beaucoup
de variantes, dont plusieurs ont de l'importance et ne semblent pas avoir été
jamais recueillies. A la fin du volume, est peint un curieux emblème composé
de deux colonnes ou cylindres liés ensemble, supportant une pièce d'étoffe
rouge, et accompagnés d'une banderole avec cette devise : Par les . de. vois.
Ce qui donne un intérêt capital à ce volume , c'est qu'il est une imitation
en fac-similé d'un manuscrit carlovingien. Les grandes initiales ornées sont
curieuses à étudier.
Conservation parfaite ; grandes marges.
21. TERENnUS, Comœdiœ. — Pet. in-8 carré, de 164 ff,;
mar. blanc , riches ornements peints en noir, dos orné ,
tr. dor. (Hagué).
Manuscrit du commencement du XV« siècle, sur vélin. Iljcommence par
ce titre en rouge : Terentij Prohemium, ce qui est la même chose que l'épi-
taphe du manuscrit précédent, et finit au verso du dernier f. par ces deux
lignes : Terentij. Affri Phormio explidt cômedia rj«. || .Deo. Gratias. Amen.
Très-belle écriture en rouge et en noir; jolies initiales en or et en cou-
leurs. Les vers sont séparés. Charmant volume, d'une conservation irré-
prochable, et couvert d'une fort jolie reliure.
22. SENECA. Tragœdiae. — Gr. in-foL, de 65 ff, à 2 col.; peau
de truie estampée (anc. rel.).
Manuscrit de la fin du XIII® siècle, sur vélin, exécuté en Italie. Le texte
commence par ce titre en rouge : Tragédie moraV senece. Les marges et les
interlignes sont couvertes de commentaires d'un érudit de l'époque. Titres
et initiales en rouge. *
Pierrot, dans l'édition Lemaire, déclare n'avoir pu consulter aucun manus-
crit de Sénèque antérieur au XIV^ siècle , ce qui fait suffisamment ressortir
l'importance de celui-ci. Malheureusement, entre les ff. 17 et 18, il y a une
lacune de deux feuillets contenant les vers 4G8 à 664 (fin) de la Thébaide et
les vers 1 à 158 de VUippolyte.
Le texte finit à la seconde colonne du recto du dernier feuillet, par cette
souscription : Explicit liber tragedialf anney Senece. \\ deo gras am. aue maria
grà plena. d. t.. Suivait l'indication du nom du propriétaire ou du scribe,
i2 MANUSCRITS
mais on ne peut lire que ces mots : Iste tragédie sf mei,.., le reste étant
gratté.
 la suite, vient une désignation poétique, en onze vers, des sujets de
ces dix tragédies, précédée de ce titre : Carmina magistri pétri d' mogliis, et
deux intercala tions, la première offrant une partie du Chœur des Thébains, de
VHercule funeux, la seconde, une partie du Chœur du Ile acte de VOEdipe^
intercalations admises aujourd'hui comme authentiques et qui ne se
trouvent que dans un petit nomhre de manuscrits. L'écriture de toutes
ces pièces est contemporaine du manuscrit.
Sur les marges, il y a un certain nombre de dessins à la plume, fort re-
marquables et d'une main du temps.
23. SENECA. Tragœdî». — Pet. in-fol., de 218 fT.; mar, brun,
fermoirs {anc, rel.).
Manuscrit du XrV« siècle, sur vélin, exécuté en Italie. Il commence par
un préambule dont voici le début : Sût î hoc libro tragédie. X. quarump^ e de y
her'le furente, et il finit ainsi au recto du dernier feuillet : Deo Gratias Am,
Une souscription finale a été grattée.
Le texte de ce superbe manuscrit est écrit en gros caractères gothiques
et accompagné d'un commentaire très-considérable. Chaque pièce commence
par une initiale historiée ; les premières n'ont pas été achevées , et le dessin
des sujets qui devaient être peints en miniature reste à découvert. Dans le
cours du volume , de nombreuses petites vignettes à la plume.
2i. PRUDENTIUS CLEMENS (Aurelius). Opéra. — In-A , de
220 ff.; rel. en bois recouv. de vélin bl. estampé, fermoir.
(anc. rel.). ,
Précieux manuscrit du X^ siècle, sur vélin. Il commence par une courte
biographie du poète, tirée de saint Jérôme et de Gennadius, intitulée : Tes-
timonivm de hystoria \\ virorvmiîlvstrivm, C. XL. VIII; elle est suivie d'une
explication : De Qvalitate metri. Au verso du 1er f., se trouve une Prelocutio ,
et, à la page suivante , commencent les Hymnes, dont le premier est celui :
Ad Galliciniû. Le second livre (IlepiaTeçavwv) finit au verso du f. 80. Après
l'hymne en l'honneur de sainte Agnès, on lit (f. 52) : Versvs Constantine.
Constantini filie || scripti in absida basilice quâ condidit in \\ honoré scè. Agnetis
virginis, pièce de vers qui paraît inédite. Le recueil de poésies intitulé : Psy^
chomachia, est précédé (f. 134 v.) d'un traité en prose ajouté : De edificatione
fidei et concordie, qui occupe presque quatre pages. L'œuvre du poète finit
au f. 299 r ; au verso, commence une pièce de 168 vers dont le premier est :
Inter florigeras fœcundi cespitis herbas;
et le dernier (f. 202) :
lungat nos pariter Uta sub sole dies.
L'écriture carlovingienne de ce superbe manuscrit est d'une beauté et
d'une netteté remarquables. Titres en rouge ; belles initiales ornées, aussi en
BELLES-LETTRES. 13
rouge, rehaussées d'argent. Dans plusieurs hymnes, la musique est notée en
neumes. Chacune des poésies de Prudence est précédée de l'indication du
genre de vers qui y a été employé par le poète.
On ne connaît que quelques manuscrits de Prudence antérieurs au
XTV* siècle. Celui-ci offre un texte infiniment plus correct que ceux pubUés
jusqu'à ce jour, et les gloses dont il est accompagné sont d'une importance
toute particulière. A la vente Libri (1859), a figuré un manuscrit de ce poète,
de la même époque (vendu 2500 £r. environ) , mais le nôtre est bien plus
beau et plus correct.
Ce qui augmente encore sa valeur, c'est que les dix-neuf derniers feuil-
lets contiennent un long poème en vers hexamètres, en l'honneur de SAINT
MARTIN DE TOURS , par Paulin de Périgueux, poète latin de la fin du
v« siècle. L'intitulé porte : Incipit opvs Pavlini PetreCorcordie (sic) || de Vita
scï. Martini episcopi versibvs. Ce poème, publié plusieurs fois, mais d'une façon
peu satisfaisante , est divisé en six livres ou chants ; notre manuscrit n'en
offre que trois, représentant ensemble 889 vers. Or d'après les renseigne-
ments qui nous ont été obligeamment communiqués par M. Dorange,
savant conservateur de la bibliothèque de Tours, on ne connaît en France
que deux autres manuscrits de ce poème : celui de la faculté de médecine
de Montpellier (X* s.) bien complet, et celui de la Bibliothèque nationale,
fonds S.-Germain-des-Prés, n© 652 (nouv. 1406) (X» s.), qui s'aiTéte à la fin
du 2e livre.
25. GUALTHERUS AB INSULIS. Alexandreis. — Pet, in-fol.,
de 66 ff.; mar. rouge, fil., tr. dor. (Smeers).
Manuscrit du XIY« siècle, sur vélin. Il commence immédiatement par le
prologue de l'auteur, en prose : Morts est tisitati,.,y prologue suivi d'un
sommaire développé des dix livres du poème qui finit au recto du dernier
f., par cette souscription : Explicit. x\ éç ultvnC liber alexandreidos. deo
gras. am. Notes interlinéaires et marginales; lettres ornées.
Ce poème, où Gautier de Lille, dit de Châtillon (XII^ siècle), célèbre les
exploit s du héros macédonien, était, à la fin du treizième siècle, expliqué
dans les écoles, comme le fut plus tard V Enéide. Les manuscrits en sont peu
communs aujourd'hui. Celui-ci est très-bien conservé ; il provient de ht collec-
tion Minutoli-Tegrimi , et en dernier Ueu de la bibUothèque de M. Eug. Piot.
26. VILLADEI (Alej^ander de). Doctrinale. —In-fol., de 44 ff.,
à 2'j lignes par page; mar. vert, fil., fleurons, tr. dor.
{Lortic).
Manuscrit sur vélin, de la fin du XIIIo ou du commencement du XFVe siècle,
exécuté en France. Il commence ainsi au haut du l®r feuillet :
Scribere clericulis paro || doctrinale nouelliSf
et finit à la dernière page par cette souscription : Explicit liber dodrinalis
Magistri \\ Alexandri Deo Gratias. Amen.
La grande initiale du premier mot (Scribere) semble présenter le portrait de
l'auteur (?) peint d'une façon magistrale. Notes interlinéaires et marginales.
14 MANUSCRITS.
On connaît le succès prodigieux, et bien immérité, qu'obtint au moyen
âge cette grammaire latine en vers, composée en 1209 par notre compatriote
Alexandre de Yilledieu. Elle fut d'un usage constant jusqu'en 1514.
27. GALFRIDUS MONEMUTENSIS. Historia Britonum- — In.4,
de 246 ff.; ais de bois recoiiv. de cuir.
Manuscrit du XIH» siècle, sur vélin. Sur le feuillet de garde, on lit, d'une
écriture du XV« siècle : Historia Britannica qua de Britânico incerti auctoris
in Latim sermonè transtulit Galfridus Monemutensis, Insertaque est pphetia
Merlini eodem Galfrido interprète. Le texte commence, sans aucun titre, par
ces mots : Cvm muîta mecum et de multis sepitts.,., et il finit au recto du
f. 133.
M. Paulin Paris , dans l'introduction de son livre des Bomans de la Table
ronde, a esquissé Thistoire de la polémique, qui se continue encore des deux
côtés du détroit, sur les origines des romans de Bretagne. Geoffroi de Mont-
mouth, avec son Historia Britonum, y joue le plus grand rôle. Cette histoire, ^
dont notre manuscrit ^ffre une des plus belles copies , a été écrite , selon
M. P. Paris, de 1135 à 1150; mais Geoffroi de Monmouth avait, à cette der-
nière date, remanié et retouché la première rédaction. Les exemplaires qui
contiennent, comme celui-ci, le texte définitif, sont rares.
La seconde partie du volume renferme un Liber pœnitentialis, écrit à la
même époque.
Jolies lettres ornées ; conservation parfaite. Sur le premier plat de la re-
liure, à l'intérieur, se trouve collé un feuiUet de vélin contenant un frag-
ment d'un vieux poème allemand.
28. PICœLOMINl (iEneas Sylvius). De Duobus amantibus Eu-
rialo et Lucretia, etc. — Pet. in-foL, de 5i ff.; mar. vert,
comp. à fr., tr. dor. [Bauzormet).
Manuscrit de la fin du XY« siècle, sur vélin. Il commence ainsi : Eneae
Siluij, poetae Senensis De duobus amantibus. Eu\\rialo et Lucretia opusculum ad
marinum Sosinum \\ fœliciter incipit. Praefacio. Ce beau roman, écrit en 1444
par celui qui fut plus tard le pape Pie II , et dont il a paru plusieurs traduc-
tions françaises, finit au r. du f. 28. — A la suite, vient : Oratiopape Pij habita
in conuentu Mantuano VI'** || K'ias octobres anno JtfCCCGL TIIIo, -discours élo-
quent, dans lequel le souverain pontife cherchait à provoquer une nouvelle
croisade contre les Turcs ; un autre appel à la croisade, daté du 11 novembre
1463, termine le volume.
Charmant manuscrit italien, orné de riches bordures et' initiales. Conser-
vation irréprochable.
BELLES-LETTRES. 45
AUTEURS FRANÇAIS
29. LE VER (Firmin). Dictionnaire latin-français, suivi d'une
grammaire. — In-fol., de ^'ji ff. k 2 coL ; ais de bois re-
couv. de parchemin.
Manuscrit sur vélin , daté de 1440. Dans ses Obseroations sur VOrthogror
phe (2^ édit., 1868 ), M. Ambroise Firmin-Didot a étudié avec soin ce monu-
ment lexicographique précieux à bien des titres; nous nous bornons donc à
emprunter quelques passages à son travail.
« L'ouvrage le plus ancien et le plus important pour Thistoire de la lan-
c gue française et les origines de son orthographe est le Dictionnaire latin-
« français, encore inédit y commencé en 1420 et terminé en 1440 par Firmin
« Le Ver, prieur des Chartreux deSaint-Honoré-lez-Abbeville, et écrit tout en-
c tier de sa main. Ce manuscrit, inconnu à Du Gange et qui lui eût été si utile,
c est un in-folio sur vélin, de 942 pages de 86 lignes, contenant environ 30,000
c mots latins en usage au commencement du XV* siècle , avec leurs corres-
« pondants français. Ce grand travail , auquel toute la communauté de Saint-
« Honoré a dû collaborer avec son prieur, commence ainsi ( nous ne repro-
« duisons pas les abréviations ) : Indpit Dictionarius a Catholiœn et || fiu-
« gutione atque a Papia et Britone H extractus atque a plurihus aliis libris ||
« gramaticalibus compilatus et hoc \\ secundum ordinem alphabeti ». — A la
« fin, avant la grammaire (f. 461 r.) : Explicit liber iste qui proprie nominari
« débet dictionanus,.,, ego Firminus Verris,deviiîa Abbatisville, in PontivOy
oc Ambianensis diocesis oriundus, religiosus professus ac huius dormis beati Ho^
<K noratiprope dictam villam Abbatisville, Cartusiensis ordinis, prier indigniLS,
« PER viGiNTi ÀNNORUM GURRicuLA ET AMPLius, cum moxima pena et labore in-
X simul congregavi, compUaviet conscripsi Qui dictitë dictionarius anno
« dm. millesimo CCCC^ quadragesimo mensisaprilis di£ultimo completus fuit et
« finitus Cest Hure est et appartient [aux chartreux près dabbeuille : mots
« grattés et rétablis] en pontieu de îeuesquiet damiens. Qui lara le rende. Ex^
< plicit.
a Je n'insisterai pas sur Tintérêt que ce beau manuscrit, d'une écriture
« soignée et très-lisible, présente pour l'histoire de notre langue, dont il offre
« le tableau complet à une époque bien déterminée... Le soin apporté par
< Fauteur au classement des mots, soin que je n'ai pu constater dans aucun
« des glossaires manuscrits que j^ai vus ; la justesse des synonymies et des
c définitions, en font une œuvre à part, un corpus général de notre vieux
< langage en même temps que du latin, à Tépoque qui précède immédiate-
< ment celle où les érudits de la Renaissance allaient , non plus seulement
« introduire dans le français une couche nouvelle de mots de forme latine,
« mais le replonger vivant dans le moule du latin littéraire de Cicéron et de
< Virgile, en substituant un calque romain à la forme propre au vieux lan-
« gage français et conforme à ses procédés phoniques. »
M. Didot a constaté qu'un grand nombre de mots français ne se trouvent
que dans ce dictionnaire, et que près d'un sixième de mots latins manquent
complètement aux glossaires latins et à Du Gange lui-même.
16 MANUSCRITS.
30. BEUVE D'ANSTONE. — FERABRAS D'ALIXANDRE. —
In-4, de 52 et 78 fF. de 27 lignes par page; ais de bois re-
couv. de cuir {reliure du temps, tres^ fatiguée, dans un étui
en parchemin).
Manuscrit sur vélin, de la fin du Xlle ou du commencement du XIH® siècle.
Ce précieux volume, à en juger par le genre de sa vieille reliure , avait très-
probablement appartenu à un jongleur. Il provient de l'Angleterre, où il avait
sans doute été porté à Fépoque de la grande vogue des chansons de geste
françaises.
Au sentiment de M. Paulin Paris , notre manuscrit semble offrir une des
plus anciennes formes de ces deux célèbres poèmes, et à ce titre c'est un
monument très-important pour la philologie et pour notre histoire littéraire.
La chanson de Beuve d'Anstone, encore inédite, est assurément une des plus
belles de nos temps épiques. Elle n'est conservée que dans un petit nombre
de manuscrits, tous postérieurs au nôtre. La Bibliothèque nationale en pos-
sède deux ; l'un du XIII© siècle, l'autre du XIVo. La versification rappelle ici
le texte de la Chanson de Roland du célèbre manuscrit d'Oxford. Malheureu-
sement, il est incomplet du commencement, et offre encore une lacune de
deux feuillets dans la partie conservée. Il commence par ces vers :
11 ^unt prendre mit' estreyfement.
A son col pendunt vn kartayne pesant.
et finit par ces mots : Expîicit b' de hampton. Amen.
La chanson de Ferabras ou Fierabras a été publiée en 1860, mais dans une
forme beaucoup moins ancienne que celle de notre manuscrit dont on igno-
rait encore l'existence à cette date. Ce qui est fâcheux, c'est qu'il offre deux
lacunes d'un feuillet chacune , et trois autres lacunes assez considérables. Il
commence ainsi :
Seyfis fêtes pas si u'plet si oez
Chanson fere et orible iameylar n'orez;
et finit au verso du dernier feuillet par cette souscription : Expîicit de fera-
bras daîixandre. Il y a peu d'années, on a découvert à la bibliothèque de l'Es-
curial un manuscrit bien complet de Fierabras, contemporain du nôtre, mais
qui offre des différences sensibles.
31. BENOIT DE SAINTE-MORE. Le Roman de Troie, — In.4,
de i32 ff. à 2 col.; ais de bois recouv. de mar. vert,
comp. à froid.
Manuscrit du Xlle au XIII® siècle, sur vélin, d'une écriture fine et très-jo-
lie. La grande popularité de ce poème est attestée par le nombre exceptionnel
des copies qu'on en possède , ce qui n'a lieu pour aucun autre poëme de ce
genre. M. A. Joly, qui a publié une savante édition de ce roman, dit de
Troie la grant, en a signalé vingt-six manuscrits, mais il n'a pas connu le
nôtre, qu'il faut ranger parmi les plus importants, bien qu'il soit incomplet du
commencement et de la fin. Le premier vers du premier feuillet conservé cor-
BELLES-LETTRES. 17
respond au vers 4443 de Tédition de M. Joly , ce qui permet d'évaluer cette la-
cune à 8 ou 9 feuillets. Voici notre début :
Veintre [et d ] coter & iostisier,
Qui auFoiz nul encoobrier.
Le dernier vers :
Cil q despoUle les boissons»
correspond au vers 27,223, de sorte que la lacune de la fin (2880 vers en-
viron) représente 18 feuillets. Une partie du f. 45 a aussi été enlevée. A
Tcxception du premier feuillet, assez mal consené, tous les autres offrent
une lecture facile, et le copiste a fait preuve de soin et d'exactitude dans sa
transcription. Ce volume provient de la collection Libri.
32. LONGUION (Jacques de). Le Vœu de paonne. -^ In-4, de
79 ff. ; miniatures et lettres ornées; veau br., comp. à fr.
[anc. reL^ fatiguée).
Manuscrit du commencement du XIV* siècle, sur vélin, orné de huit mi-
niatures très-grossièrement exécutées, mais assez intéressantes pour les cos-
tumes. La première, qui occupe le haut du premier feuillet, représente
une société de huit personnes à table ; un varlet apporte sur un plat un
paon recouvert de son plumage. Au dessous , ce titre : Si comence le voue de
paonne. Le texte, qui semble accuser un scribe anglais, commence ainsi :
A lentree de may qe yvems vait a decHn,
Qe cil oyselouQ gay chauntenten lour latin;
Boys e près reverdissent countre le douz temprin (printemps);
et finit par ces vers :
Enpoisonez i fnst einz qe passast la née (ski).
James de tiel seignour nert foit restoree.
Amen. Amen.
 la suite, on lit, d'une écriture du XY<) siècle : A moy le mieulx. Roos, Au
premier feuillet , on trouve écrite cette mention : au duc de Dqlmatie. Sur
la garde du plat de la reliure , un ex-libris armorié ( d'azur à la fasce d'ar-
gent, accompagnée de trois croix recroisctûes de même y 2 et i; au chef d^or,
au lion naissant de gueules ) , avec la couronne ducale fermée , et la devise :
E Cruce Léo. Dans le haut, la mention : Ms. 69. Les deux feuillets de garde
en vélin , qui précèdent le manuscrit , contiennent un fragment de compte
de grande maison, d'une écriture anglaise du XV^ ou du XVIo siècle.
Ce texte des Vœux du paon forme la seconde partie ou la première con-
tinuation de la chanson de geste qui porte ce nom, et qui complète le cycle
des gestes d'Alexandre. La Bibliothèque nationale en possède deux manus-
crits qui offrent avec celui-ci de nombreuses variantes (voy. P. Paris, les
Manuscrits français^ t. III). La troisième suite de ces Vo^ux du paon est
l'œuvre d'un jongleur nommé Brisebarre, qui Ta appelée le Restor du paon.
2
18 MANUSCRITS.
33. LORRIS (Guill. de) et MEUNG (Jean de). Le Roman de la
Rose. — Testament et codiôile de Jean de Meung. — In-fol. ,
de i8o ff. à 2 col. ; miniatures, bordures et lettres ornées ;
mar. orange, co m part, en mosaïque, doublé demar. rouge,
avec semis de fleurs de lis, tr. ciselée; étui en chagrin
rouge (Lortic).
Fort beau manuscrit sur vélin, du commencement du XIV« siècle, et par
conséquent. contemporain de Jean de Meung , continuateur de Guillaume de
Lorris. Il est orné de deux grandes miniatures et de trente et une pe-
tites, à fond d'or ou à damier. Elles sont toutes d'une grande finesse. Celle
qui commence le volume est divisée en quatre compartiments dont chacun
contient une miniature indépendante; nous en donnons une reproduction
réduite dans le catalogue illustré (deux petites miniatures y sont aussi repro-
duites presque en grandeur de l'original). La page entière est entourée d'un
cadre historié combiné avec deux grandes initiales.
Le texte commence par ce titre en rouge, sur toute la. largeur de la page :
Ce est U romans de la Bose. Ou lart damours est toute enclose. La* continua-
tion de Jean de Meung débute par cette rubrique (fol. 30 v©, 2® coll ) : Ci
comëce le roumàs maistre |l Jehan de meun, et le roman entier finit par ces vers
(foLi49vo) :
Que tout qoanq' iai recite
Est fine z pure vérité.
Ex pi ici t le roman de la rose
Ou lart damours est toute êclose.
Les manuscrits plus modernes ont généralement à la suite 42 vers.
Dans toute cette partie, les feuillets 49, 106 à 113 et 130 à 137 sont d'une
écriture du XV« siècle.
Le Testament de Jean de Meung commence au f. 150, par une grande minia-
ture représentant la sainte Trinité adorée par deux hommes et deux femmes
à genoux; la page est entourée d'un cadre historié. Le texte finit (fol. 179 r»)
par ces mots : ExpHdt le testamt maistre Je \\ han de meun. \\ aUeluya.
Le texte de ces deux poèmes offre pour ainsi dire à chaque ligne des leçons
préférables à celles des éditions de Méon etde Fr. Michel. On n'y trouve pas
encore les sommaires versifiés des chapitres qui n'apparaissent que dans les
manuscrits postérieurs. »
Le Codkile commence au verso de l'avant-demier feuillet. Il est d'une écri-
ture du XVe siècle, et très-complet, conformément à l'édition de Méon,
bien qu'une note autographe de M. Monmerqué déclare qu'il y manque les
deux dernières strophes. Au bas du dernier feuillet recto , on lit la signa-
ture : Thomaskin, qui. paraît élre de la môme main que l'écriture du Codicile.
La reliure, remarquable par la beauté du dessin à la Grolier et le fini de
l'exécution, est un digne ornement de ce superbe manuscrit parfaitement
coubersé.
34. LORRIS (Guill. dej el MEUNG fJean de). Le Roman de la
Rose. — ïesliiiTieiil de Jean de Meung. — Pel. in-4> de 189
(T. (le f. 167 est blanc) à 2 col.; miniatures , bordures et
BELLES-LETTHES. 49
lettres ornées; mar. la Vallière, compart. à froid, double
de mar. vert, avec plats richement dorés à petits fers, tr.
dor.; étui en chagrin brun [Duru).
Manuscrit de la fin du XI V© siècle, sur vélin, orné de deux grandes minia-
tures et de SOIXANTE-HUIT PETITES, du bcau style français, pleines de naïveté
et de grâce. Plusieurs sont un peu libres (f. 135, 137, etc.). La première,
divisée en quatre compartiments, contient quatre sujets, et la page est en-
tourée d'un encadrement. Le titre en rouge, disposé sur deux lignes à deux
colonnes, est ainsi conçu :
Ci c<5mence yne vraie histoire Qui est de nilH haute mémoire
Quen nOme romans de la rose Ou lart damours est tout êclose.
La continuation de Jean de Meung commence au verso du f . 34 : Ci
cômence maistre Jehan de || meun a par/aire ce liure. Elle finit au recto du
f. 156 par ces vers :
Ainsi o! la rose vermeille
Ataot fu ioar z iè raesueille.
Explicit.
Le manuscrit précédent a vingt-quatre vers en plus. Au verso du même
feuillet, il y a, de la même écriture, deux pièces contre les femmes, for-
mant ensemble trente-quatre vers, marqués par des signes de renvois ; ce
sont sans doute des intercalations au texte.
En tête du Testament (fol. 158), se trouve une belle et grande minia-
ture représentant la sainte Trinité entourée d'emblèmes de quatre évangé-
listes. Ce poëme est terminé par une invocation à la sainte Vierge, pièce de
vingt vers, qui ne paraît pas se trouver dans d'autres manuscrits. Elle com-
mence ainsi :
Marie Vierge fille et mère
Ancélle du souuerain père.
Ce délicieux manuscrit est recouvert d'une superbe reliure, un des chefs-
d'œuvre de Duru pour le dessin et la dorure en plein des plats intérieurs.
Ce qui ajoute encore à sa valeur, c'est qu'il avait appartenu à JEAN
MAROT, dont la signature : lohannes Marovs, figure au bas du f. 158.
35. LE COMBAT DE TRENTE BRETONS CONTRE TRENTE
ANGLAIS. — In-4, de 8 ff. à 33 lignes par page; minia-
ture; mar. rouge, fil., tr. dor. (Cape).
Manuscrit sur vélin, de la fm du XlVe siècle.
Le poëme héroïque en l'honneur du célèbre Combat des Trente n'était
connu jusqu'à ce moment que par le manuscrit conservé à la Bibliothèque
nationale , et d'après lequel ce poëme a été publié deux fois , d'abord par
de Fréminville, ensuite par Crapelet. La découverte de notre manuscrit est
d'une grande importance au point de vue historique et littéraire. Il est plus
ancien et beaucoup plus correct. S'il n'offre que 499 vers, tandis que celui
20 MANUSCRITS.
de la Bibliothèque nationale en compte 519, c'est que ce dernier présente de
fréquentes interpolations, évidemment postérieures : en revanche, on n'y
trouve pas certains passages qui figurent dans le nôtre et qui contiennent de
précieux détails historiques, complètement nouveaux. Les noms des combat-
tants sont en général écrits ici bien plus correctement. Ainsi nous trouvons
dans l'autre manuscrit : Guiffrai de Bories, Pinctinien Tritran, Alain de Carra-
mois, Hanguet Capus, Mmsce de Trisquidy, etc., tandis que le nôtre porte
plus régulièrement : Geffray du Boys, Pestivien Tristan, Alain de Keranra^s,
Huet Capius, Morice de Trezeguidy. Évidemment le copiste avait sous les
yeux un modèle qui se rapprochait bien plus de la leçon originale. Plusieurs
des noms propres qui diffèrent dans notre manuscrit peuvent donner matière
à beaucoup de controverses, ces noms des combattants n'ayant été rapportés
par les historiens que d'après ceux du poëme lui-même.
Notre manuscrit commence par une miniature qui occupe le tiers de la
page et représente les combattants en ordre de bataille. Le premier vers est :
I
Seigneurs, or escoutez et trestoos bons barons^
Le poème fmit par la souscription : Explicit la bataille de trante.
Très-belle écriture. Conservation irréprochable.
36. ŒARTIER (Alain).— Poésies. — In-fol. allongé, de i56
ff.; veau fauve, compart. en mosaïque, tr. dor. [aric. rel.).
Superbe manuscrit de la seconde moitié du XV* siècle, sur vélin, d'une
fort belle- écriture, et dans une admirable reliure du XVIe siècle, digne en
tout point de Grolier, auquel il a très-probablement appartenu. Il a succes-
sivement passé par les mains de plusieurs personnages de Lyon. A l'intérieur
du plat supérieur de la reliure , il porte l'ex-libris de Jean-Philibert Peyson
de Bacot, procureur général en la cour des monnaies de Lyon; et sur le
plat opposé, celui de Claude Ruffier, trésorier de la ville de Lyon. Il a appar-
tenu depuis à M. P.etit-Didier et à M. de Monfalcon. Antérieurement, il avait
fait partie de la bibliothèque du poète et bibliophile normand Moisant de
Brieux dont la signature se trouve au premier et au dernier feuillet. De
plus, de Brieux a mis sur le 1er f. cette note : ce Alain Chartier, autheur de
« ce liure, estoit Normand et historiographe et poète du roy Charles sep-
« tieme, ainsy que dit Garnier sur Ronsard, t. 2, p. 1358 », et à la fin du
volume, il a écrit trois beaux sonnets de sa composition, sans doute inédits :
au moins ne les trouve-t-on pas dans le recueil qu'il a publié à Caen en 1671.
Ce précieux manuscrit commence par une table des matières intitulée : Cy
comence la Table de ce présent \\ Liure ensuiuant auquel sont contenuz plusieurs
traittiez. En voici le contenu : 1<* L'Ospital d'amours ; — 2° Huit Ballades
satyriques ; — 3° La Belle Dame sans mercy ; — 4® Traittié en manière de
prières en amours; — 5° Le Lay de paix ; — 6® Le Bréviaire des nobles ; —
7<> Le Psaultier des Vilains; — 8<^ Le Débat du cuer et de l'œil; — 9*> Le
Débat du Réveille-matin ; — 10° Le Livre des quatre dames; — 11° La Des-
truction de Troye abregiée; — 12** Le Miroir de mort.
M. Paulin Paris, qui avait scrupuleusement étudié ce manuscrit il y a bien
des années, a constaté que les pièces qu'il contient ne sont pas toutes d'Alain
Chartier^ dont les poésies n'ont d'ailleurs jamais été bien distinguées de celles
BELLES-LETTRES. 21
de ses contemporains. Ainsi ni VHopital cTamours^ ni le Psaviier des Vilains,
ni le Débat du cœur et de Vceil^ ni les Huit Ballades ne sont de lui. Parmi ces
dernières , Tune est d'Eustache Deschamps ; six sont inédites, de même que
les n°* 4, 7 et 12 de la table. Pour ce qui concerne les^ poésies déjà impri-
mées, elles fourmillent, dans toutes les éditions, de fautes qui dénaturent' le
véritable sens, tandis que le texte de notre manuscrit est excellent. Même à
la suite des pièces déjà publiées, on y trouve quelquefois des quatrains et
des rondeaux inédits.
•
37. CHARTIER (Alain). Le Triomphe de rÈspérance. Allégorie
morale en vers et en prose. — In- 4, de gS ff. ; miniatures
et lettres ornées; mar. brun, fil. à compart., milieu en mo-
saïque, tr. dor. (anc. reL).
Manuscrit sur vélin, du commencement du XVI« siècle, totalement INÉ-
DIT et orné de quatre charmantes miniatures en camaïeu.
Nous reproduisons Texcellente notice que M. Paul Lacroix lui a consacrée
. dans le catalogue de la librairie Fontaine (1874, n® 451 ; prix : 2,500 fr.).
a Ce beau et précieux manuscrit, qui provient de la vente des manuscrits
a de S. A. R. M™' la duchesse de Berry (22 mars 1864), est très-mal décrit
« dans le catalogue de cette vente célèbre, où il a été vendu 910 fi-ancs, plus
€ les frais, par suite d'une description aussi fautive et aussi insuffisante. Le
« rédacteur du catalogue a cru que ce manuscrit renfermait le Curial dont
a les copies sont assez communes dans les bibliothèques publiques, et non
a VEspérance, qui est fort rare et qui mérite une attention spéciale parmi les
a œuvres d'Alain Ghartier. Nous renvoyons cependant au catalogue de 1864
c pour les curieuses annotations écrites sur les gardes du manuscrit, qui
< appartenait à messire Jacques Thiboust, écuyer, sieur de Quantilly, notaire
« et secrétaire du roi, et esleu en Beriry, à qui le grenetier de Bourges,
€ Pierre Jobert, sieur de Souppize , en avait fait présent. On aurait pu ajou-
a ter que c'est aussi le même Jacques Thiboust qui possédait au seizième
a siècle un autre manuscrit des œuvres d'Alain Ghartier, conservé aujour-
fi d'hui à la Bibliothèque nationale, dans l'ancien fonds des mss., n© 727*. *,
« manuscrit très-intéressant, qui ne contient pas VEspérance^ mais dans le-
a quel une note de Jacques Thiboust nous donne la date de la mort du
« poète, décédé au château de Mehun-sur-Yèvre, en 1461, date que Vallet
a de Vinville lui-même n'a pas connue. Ge manuscrit, provenant de la du-
a chesse de Berry qui l'avait gardé à cause de son importance historique
a plutôt encore qu'en raison des miniatures attribuées à Lucas de Leyde,
« contient une sorte de mystère allégorique, qui n'a pas de titre et que les
« bibliographes ont désigné d'une manière fautive. Du Yerdier, dans sa Bi"
<L bliotheque française, l'appelle : Moral de Raison, Entendement et de l'acteur;
« Vallet de Viriville, dans la Biographie générale (article d'Alain Ghartier),
a l'intitule : l'Espérance ou Consolation des trois vertus, c'est assçavoir Foy,
« Espérance et Charité, La Charité est de trop ; il n'en est pas question. En
c revanche, personne n'a parlé des autres personnages qui figurent dans
<r ce mystère avec Vacteur ou Alain Ghartier : Mélancolie, Indignation, Dé-
« fiance et Désespérance. Quelques observations analytiques feront com-
« prendre l'importance exceptionnelle de ce mystère, qui a été composé
22 MANUSCRITS.
« certainement par ordre de Charles VII, pDur rendre à ses partisans la foi
« et l'espérance au moment même où Jeanne d*Arc allait apparaître pour
« sauver le royaume des lys, Vallet de "Viri ville a constaté le premier que cet
« ouvrage patriotique avait été fait et publié dix ans après l'invasion de la
a Normandie par les Anglais, c'est-à-dire en 1428, et, comme )e dit le Nor-
c mand Alain :
Au dixième an de mon dolent eiil.
« Le poète ou l'acteur, qui s'était retiré à la cour du pauvre petit roi de
« BourgeSy s'écrie tristement :
Las! nous chétis et de maie heure nez,
Avons esté à naistre destinez.
Quant le hault pris du royaume decbiet
Et nostre honneur en grief reprouchechiet;
Qui fut jadis franc, noble et bien heure,
Or est fait serf, confus et espeuré
En Tad venir que penser ne savons,
Fors que petit d'espérance y avons,
Quand nous voyons France cy decheoir
Et à nous tous du dechiet mescheoir.
« Alain Chartier se laisse aller au cours de ses sombres pensées. Paraît une
« vieille toute décrépite, Mélancolie, qui lui jette sur sa tête un voile de
« deuil et le fait tomber sur un lit où il se livre à toute sa douleur. Alors
« se présentent trois autres vieilles : Indignation, Défiance et Désespérance,
« qui lui font le plus triste tableau de l'état de la France et qui ne lui an*
« noncent que des malheurs. Mais voici Entendement qui lui conseille de
« mieux voir les choses et qui lui amène Foy, pour chasser les horribles
a vieilles qui se sont emparées de lui. Foy l'admoneste et l'encourage; il
« s'abandonne à elle et se déclare prêt à lui obéir. Foy fait descendre du
« ciel l'Espérance, et l'Acteur écoute avec une respectueuse admiration les
« grandes vérités morales que Foy et l'Espérance évoquent à l'envi en fei-
« sant appel aux plus nobles et aux plus héroïques sentiments. L'Acteur
a oublie son découragement et ses chagrins les yeux tournés vers l'Espé-
« rance. Voici les dernières paroles de cette vertu théologale :
a Par ceste digression deppendant de la demande dessus dicte , peulx-tu
savoir que oraison et sacrifice prouffitent à conserver et restablir les choses
privées et publiques : surtout prans pour confirmacion Valere (Maxime), qui^
te dit par arrest que les seigneuries anciennes furent tousiours restablies tcmt
comme servirent et sacrifièrent duement à la divinité, »
<K On appréciera maintenant quelle pieuse et touchante idée Madame la
a duchesse de Berry attachait à la possession de ce livre, qui l'avait suivie dans
« l'exil de sa famille et qui lui rappelait sans cesse que Charles VU, accablé
« par la mélancolie, tourmenté et menacé par l'indignation, la défiance et la
« désespérance, conserva du moins la foi , qui lui ramena V espérance. Ce livre
« était donc une sorte de talisman, dont la malheureuse princesse ne se 'sépara
a point sans regret.
< Le poème ou le mystère de VEspérance ne se trouve pas dans les éditions
« gothiques des œuvres d'Alain Chartier. Quant à ce manuscrit , sa rareté est
BELLES-LETTRES. if3
a encore rehaussée par la belle composition des quatre miniatures en gri-
<r saille, qu'on n'a pas hésité à attribuer à Lucas de Leyde ; il ne faut pas ou-
c blier que la première de ces miniatures offre un portrait d'Alain Ghartier,
« dans lequel on peut chercher une ressemblance traditionnelle, car on lit au
oc bas son nom : M^ Main Char lier, quoiqu'il ne soit pas nommé dans l'ou-
« vrage, où il est seulement qualifié l'acteur, i»
Nous donnons au catalogue illustré la reproduction de la deniière de ces
miniatures. ,
38. LE DÉBAT DE lA NOIRE ET DE LA TASNÉE. — LETR AICTÉ
ET DÉBAT D'ENTRE LE GRIS ET LE NOIR. — BALLADES
ET RONDEAUX. — In-4, de 7 1 et 3 ff. ; miniatures et lettres
ornées; mar. rouge, fîL, doublé de mar. bl. parsenié de4>4>
au milieu des losanges à petits fers, tr. dor., fermoirs de
vermeil {Bauzonnet-Trautz).
Très-beau manuscrit de la fin du XV^ siècle, sur yélin, orné de trois
charmantes miniatures, dont la première est reproduite au catalogue illustré.
De nos jours , il a appartenu successivement à Méon, puis à M. de Soleinne,'
après le décès duquel il a été acheté à Tamiable par M. le baron J. Pichon,
dont les armes figurent sur les plats de cette riche reliure et le monogramme
couronné au dos. Il est d*une conservation irréprochable.
Du premier poème, dont il existe plusieurs éditions du XYI^ siècle et deux
réimpressions modernes, on ne connaît qu'un autre manuscrit : il provient du
duc de La Vallière et fait aujourd'hui partie de la Bibliothèque nationale. D'a-
près les dernières recherches de M. de Montaiglon, ce Dé6a^ fameux aurait été
composé entre 1446 et 1487. Les deux princesses auxquelles les deux demoi-
selles, nommées Tune la Noire et l'autre la Tannée, à cause de la couleur de
leurs habits, conviennent de soumettre leur différend amoureux, seraient non
pas Louise de Savoie , mère de François I«r, et Jeanne , duchesse d'Orléans,
fille de Louis XI, mais Marguerite de Rohan, comtesse d'Angouléme , aïeule
de François I®»", et Marie de Glèves, femme de Charles, duc d'Orléans, père de
Louis XII. M. de Montaiglon exprime aussi , sous toutes réserves , l'opinion
que cette pièce en huitains a peut-être été composée par Simonet Gaillau,
familier de Charles d'Orléans.
Le Débat d'entre le gris et le noir est encore INÉDIT. Il commence au verso
du f. 22 par ces vers :
Couché soubz une sauxe envers
Sur ung lit battu d'herbe vert,
et finit au recto du f. 61 de cette manière :
Ainsi que de rime on devise
Qu'il n'en soit ja trop mal traicté.
Explicit.
A la suite , viennent sept ballades et onze rondeaux, terminés par une lon-
gue pièce en stances de neuf vers. La première de ces ballades et trois des
rondeaux sont insérés dans les œuvres de Charles d'Orléans, sous le nom
de Simonet Caillau.
24 MANUSCRITS.
Trois feuillets ajoutés à la fin de ce manuscrit contiennent aussi plu-
sieurs poésies, d'une écriture différente, mais contemporaine. Sur le dernier,
on lit : a Je prometz sur ma foy à vous, Madame, que des incontinent que
a seray au Mans feray faire vostre livre et le vous envoyray, G. de Luxem-
a BOURG. » « Cette signature, dit Fauteur de la notice sur ce manuscrit dans
« le catalogue de la riche bibliothèque de M. le baron J. Pichon (n9 479),
« et la mention du Mans conviennent parfaitement à Guillemette de Luxem-
« bourg, mariée à A. de Sarrebruck, comte de Braine. C'est à cette époque
a la seule personne de la maison de Luxembourg dont le nom commence par
« un G.; elle avait d'ailleurs bien des motifs pour aller au Mans. Isabeau de
« Luxembourg, sa tante , était comtesse du Maine, et son père , Thibaut ,
« entré dans les ordres après la mort de sa femme , était évoque du Mans. »
Ce manuscrit a été acquis au prix de 1,800 fr.
39. PORCHIER (Etienne). Le Livre des trois âges. — In-foL,
de 19 ff. ; miniatures et lettres ornées; mar. la Vallière, fiL
àcompart., doublé de mar. orange, avec un semis de fleurs
de lis, tr. dor., étui en mar. bl. [Lortic).
Manuscrit delà seconde moitié du XV» siècle, sur vélin, également pré-
cieux au point de vue de l'art , de la littérature et de l'histoire. Il est orné
de DOUZE MiNUTURES (la plupart de la grandeur des pages), exécutées par un
des meilleurs peintres de l'École de Touraine dont Jehan Foucquet est le
plus illustre représentant. La première a pour sujet la Sainte Trinité, accom-
pagnée de la Vierge à genoux; les 2«, 3«, 4» et 5e offrent des épisodes de
chasses princièresaux faisans et aux perdrix, aux canards sauvages, aux cerfs
et aux sangliers ; les 6®, 7®, 8® et 9© représentent des scènes , à signification
allégorique , empruntées à la vie pastorale : dans l'une , le pasteur tond une
brehis (voir la reproduction au catalogue illustré); dans une autre, it as*
somme le loup qui a fait une victime , etc. La 10^ miniature , et c'est la plus
importante, nous fait voir le roi LOUIS XI JOUANT AUX ÉCHECS, dans
. une des salles de son château de Plessis-lès-Tours , en présence de quatre
courtisans debout (voir la reproduction en camaïeu au catalogue illustré),
La 11® nous offre le très-curieux spectacle d'une bataille entre deux armées
commandées chacune par son souverain. A gauche, est celle de France; le roi
• est facile à reconnaître à son armure dorée , à la housse fleurdelisée de son
cheval et à son bouclier avec trois fleurs de lis. Sur le premier plan , on
aperçoit un guerrier couvert d'une armure d'acier, monté sur un cheval
blanc dont les brides et les harnais sont brodés aux initiales A. N ; son bou«
clier porte un lion d'or sur un champ de gueules. Au fond , flottent la bannière
royale et celle du dauphin de France. Les combattants , à pied et à cheval ,
portent tous sur leurs vestes les lettres L, R, D, F (Louis, Roi de France).
Le souverain de l'armée ennemie attire le regard par l'expression de son
visage entièrement découvert. Son bouclier a pour armoiries un dragon
(for, qui figure aussi sur une bannière et sur les vestes des piétons. On
remarque dans sa troupe beaucoup de guerriers au visage noir, dont la
bannière porte un croissant. La composition de ce petit tableau plein de
mouvement est vraiment remarquable , et rarement on en rencontre d'ana-
logues dans les peintures de cette époque. Très-probablement l'artiste a voulu
BELLES-LETTRES. Î5
y représenter une action historique , mais il est difficile de mettre un nom à
cette bataille. Ne serait-ce pas une bataille supposée entre les Francs et les
Sarrasins, ou une bataille véritable entre saint Louis et les mécréants? La
dernière miniature est une personnification du titre de ce poème. Dans une
chambre à cheminée où brille une bûche enflammée, un vieillard, soutenu
par un homme et par une femme, s'assied dans un fauteuil, tandis que
six petits garçons et une fillette se livrent aux jeux de Tenfance : ce sont les
Trois Ages.
Ce qu'il y a de précieux dans ce manuscrit, c'est qu'il nous offre dans plu-
sieurs miniatures , surtout dans les 6®, 7®, 8® et 9®, une série des aspects di-
vers du fameux château du Plessis-lès-Tours.
Ce poëme, encore totalement inconnu et INÉDIT, a été écrit par ordre du
roi Louis XI, comme on le verra plus loin , et le présent exemplaire a été
fait pour quelqu'un de la famille royale , sinon pour le roi lui-même. Tout
d'abord le premier feuillet contient une épître dédicatoire en six huitains.
Elle est d'une écriture courante du XV® siècle , ce qui permet de supposer
qu'elle peut être de la main du poëte lui-même, tandis que le texte du ma-
nuscrit est d'une belle écriture gothique , tracée par un scribe expérimenté.
On lit dans cette épître :
Regard aurés aux personnages ,
Sires y au vlfz et à leurs dis.
Je croy que assés trouvères sages
Chescun des mots quy y sont dis.
«
Dans la première miniature, de nombreuses dalles portent l'initiale A ; dans
les peintures de chasses , les personnages ont sur les habits ou les ornements
de leurs chevaux les initiales : LN, AN, BE, PS, BV, ME, N, A, etc., qui
désignent probablement les noms respectifs de grands seigneurs et dames
de la cour à cette époque.
Pour faire connaître tout l'intérêt de ce manuscrit, nous reproduisons une
note que M. Paulin Paris avait adressée à M. Firmin-Didot , en 1854, après
avoir examiné ce volume.
a Ce manuscrit est précieux et contient un poëme , dont je ne crois pas
a qu'il existe d'autre exemplaire. Ce n'est pas le Livre des quatre âges de
« l'homme qui a été imprimé et qui était l'ouvrage de Philippe de Navarre,
a jurisconsulte du XIII® sièdle ; c'est le Livre des trois âges de l'homme :
a Jeunesse, Maturité, Vieillesse. Le nom de l'auteur peut se retrouver, grâce
a à l'anagramme contenu dans ces vers (f . 2 v©) :
Cil dont le nom en reproche n'y siet.
Est contenu qui bien à point l'assiet.
Lequel n*est pas en ximer moult habile,
Combien qu^en ayl un petit[et] le stile.
Par manière d'un petit passetemps,
Pour consoler toutes sortes de gens,
A compilé ce petit codicile.
« Or cet anagramme En reproche n'y siet figure également dans un manus-
cl ont du Rosier des guerres, ouvrage que je reconnais maintenant avoir eu
26 MANUSCRITS.
c le tort d'attribuer autrefois à Louis XI, lequel s'est en réalité contenté
c d'en donner le dessein et d'y ajouter certaines maximes. Le 'véritable au-
« teur est Estienne Porchiei', comme l'avait admis Lacroix du Maine , appa-
a remment d'après une tradition conservée de son temps. Sans l'autorité de
« cet ancien bibliographe , on pourrait trouver presque aussi bien dans l'a-
c nagramme : Estienne Percfieron. Voici les irers du manuscrit du Rosier des
s guerres qui nous mettent sur la voie de l'auteur :
De par son bmnble et obéissant subject,
Dont le nom est en reproche n'y siet :
Car qui à point les lectres en assiet
Trouver le peult, se ne fault en son giet.
« Ces vers ne m'avaient pas convaincu quand j'ai décrit le manuscrit 7032
« de notre cabinet {les Manuscrits français, t. IV, p. 124) : mais aujourd'hui,
« la vue du poème des Trois Ages, composé par le même En reproche n'y
€ siet, ne me permet plus d'attribuer le Rosier des guerres à un autre autear.
« Le complément de preuve s'en trouve dans le quatrain suivant placé à la
< fin de l'avant dernier feuillet des Trots Ages :
Qui de ceste art dilte chevalerie
Veuit plus savoir pour conquérir grans terres.
Quérir le fault ou Rosier dit des Guerres
Que ay fait piéça pour vostre seignorie.
« C'est donc un fait très-important établi par le poème des Trois Ages mieux
a quHl ne l'était auparavant : car l'anagramme d'Estienne Porchier ne se
<t trouvait que dans un seul des nombreux manuscrits anciens du Rosier des
d guerres. On pouvait en contester la sincérité, ou supposer que cet ana-
« gramme appartenait à l'un des copistes et non à V auteur du livre du Rosier
c des giLerres : maintenant la supposition n'est plus permise.
« Le poème des Trois Ages n'est pas un chef-d'œuvre, il s'en faut de beau-
« coup ; mais cependant la dernière partie qui traite de la guerre et qui
(L donne les leçons de cet art aux conducteurs d'armée est extrêmement re-
« marquable. Les leçons sortent du lieu commun des descriptions précé-
a dentés de la chasse et des plaisirs de la jeunesse. Elles sont dignes de
c celui que le roi Louis XI avait précédemment chargé de rédiger son Ao-
« sier.
a Les Trois Ages furent composés entre les années 1470, date de la nais-
« sance de Charles VIII, et 1483, date de la mort de Louis XI, car Estienne
« Porchier recommande ses vers à la bienveillance du roi et du jeune dau-
c phin, son fils. Il les réunit tous deux dans la prière finale du dernier
a feuillet.
(( Les miniatures de ce manuscrit sont très-curieuses pour le costume et
c les ameublements. Elles sont d'une assez grande finesse, et se recomman<-
« dent encore spécialement aux amateurs de la chasse. Le château qui se
« trouve dans le fond de la plupart de ces miniatures est toujours le même ,
a et semble devoir être le Plessis- lès-Tours, séjour de Louis XI. Les 6«, 7«,
« 8o et 9e pourraient bien faire allusion au gouvernement du roi, qui tond
c les brebis de près, mais sans atteindre le cuir; qui sépare les galeuses des
a saines, qui punit le gardien du troupeau qui n'a pas empêché le loup d'en-
BELLES-LETTRES. 27
« trer dans la bergerie, et qui enfin fait lui-même bonne garde. Dans la 10e on
« pourrait reconnaître les traits de Louis XI dans le joueur d'échecs de droite.
« La bataille de la !!• est fort intéressante pour les armes défensives et of-
c fensifes de cette époque. Enfin , dans la dernière , on devra distinguer le
« foyer, le fauteuil du vieillard, , le lit, et un groupe d'enfants à droite qu*un
« possesseur trop scrupuleux a mutilé, sans doute parce que les jeux de Pen-
« faut et de la demoiselle lui ont paru dépasser les bornes de la liberté per-
c mise, et trop bien rappeler une épisode de l'enfance de Gargantua. »
Les miniatures sont en général bien conservées, sauf les éraillures, sen-
sibles surtout dans les bleus du ciel et de Teau. Les versos des ff. 5, 6, 7,
8 et 10, et le recto du f. 11 sont blancs.
Ce manuscrit a été cédé à M. Didot par M. L. Ghalon, docteur en droit,
qui l'avait reçu de sa sœur, M«»« Marie Delacroix, supérieure des jeunes éco-
nomes à Lyon. Il a subi quelques restaurations et a été recouvert d'une riche
reliure.
40. MARGUERITE D'ANGOULÊME, reine de Navarre. La Coche
ou le Débat d'amour. Poème. — In-4, de 45 ff.; miniatures
et lettres ornées; mar. rouge, fil à fr., doublé de mar.
bleu, riches compartiments à petits fers dorés en plein, tr.
dor. {^BauzoTuiet'Trautz).
Précieux manuscritdu XYI© siècle, sur vélin, orné de onze miniatures des
plus curieuses, dans chacune desquelles la reine de Navarre est représentée.
Il provient de la bibliothèque de M. le baron Pichon , dont le chiffre cou-
ronné figure au dos de la reliure. Sur le' recto blanc du premier feuillet,
on lit, d'une écriture mal formée : A Paris ce... 6re... 1540, et deux autres
lignes illisibles.
On ne connaît que trois manuscrits de ce poëme imprimé dans le t. II des
Marguerites de la Marguerite : celui de la bibliothèque de l'Arsenal , celui
que possédait le duc de la Vallière et dont on ignore le sort ultérieur, et le
nôtre, le seul qui soit enrichi de miniatures. Comme il serait superflu d'a-
jouter quoi que ce soit à la notice que le savant bibliophile , M. L. Potier, a
consacrée à ce dernier dans le catalogue de la bibliothèque de M. le baron
Pichon (n» 516), nous nous bornons à la reproduire, en remarquant toutefois
que la devise de la reine ne se trouve pas sur chaque miniature , mais sur
cinq seulement.
« Un extrait des comptes de la reine de Navarre , retrouvé par M. le comte
« de la Ferrière dans les archives du château de Gouterne , appartenant à
a la famille de Frotté , fait reconnaître dans ce manuscrit celui pour lequel
« la reine de Navarre fit payer, en 1541, 50 écus d'or à Adam Marcel, son
« chapelain , pour le rembourser des frais qu'il avait faits à Paris pour le
« faire écrire , enluminer de onze histoires à la devise de la reine , et relier
a en velours blanc.
a Les onze histoires^ ou miniatures, sont décrites dans un manuscrit qui
« était chez le duc de la Vallière ( t. II, p. 337 et suiv. ) [ et aussi dans
« un ms. de la bibliothèque de l'Arsenal]. Ces descriptions étaient, sans
a aucun doute , celles destinées à faire connaître au miniaturiste les inten*
« tions de la reine , et elles sont des plus circonstanciées.
28 MANUSCRITS.
c Nous donnerons comme exemple la onzième , qui s^applique à la plus
a curieuse miniature.
a Gy endroit est la onzième et dernière histoire, qui contient comment la
dc royne de Navarre baille son livre à madame la duchesse d'Estampes,
oc toutes deux estans en une chambre fort bien tapissée et parée. La dicte
« dame d'Estampes ayant une robe de drap d'or frizé , fourrée d'hermyne
a mouchetée , une cotte de toylle d'or incarnat , esgorgetée , et dorée avec
« force pierreries. La royne de Navarre , tant en cette hystoire que les au-
. « très , est habillée à sa façon accoustumée , ayant un manteau de veloux
a noir couppé ung peu sous le bras. Sa cotte noire, assez à hault collet,
a fourrée de martres , attachée des plingues par devant ; sa cornette assez
oc basse sur la teste, et apparest ung peu sa chemise froncée au collet. >
a La devise de la reine dont il est parlé dans le compte est : Plus vous que
€ moy. Cette devise est répétée sur cinq miniatures.
« Les armoiries qui figurent en tête de ce volume ne sont pas celles de la
a duchesse d'Ëtampes , comme l'a cru M. Le Roux de Lincy, qui a décrit
« avec soin ce manuscrit dans le tome I, p. clxxxvu, de son édition de
a VHeptaméron, mais celles du comte de Vertus, beau-frère de la duchesse
« d'Ëtampes. Cette dame aimait beaucoup la comtesse de Vertus, sa sœur, et
a le duc d'Ëtampes prétendait qu'elle l'avait ruiné pour enrichir cette sœur
« chérie. Le roi lui-mêtne (Henri II) consentit à déposer en 1556, dans
« une enquête ouverte, à ce sujet. Il parait néanmoins très-probable que ce
« manuscrit est celui offert par la reine de Navarre à la duchesse d'Ëtampes,
« dont les armes auront été recouvertes ultérieurement par celles du comte
« de Vertus , à qui il aura été donné par sa belle-sœur.
« Une miniature, celle qui représente la coche ou voiture, a un peu souffert,
« et il y a un petit trou au bas de la robe de la duchesse d'Ëtampes , dans
a la Xle et dernière. »
Ajoutons que^e précieux manuscrit a été adjugé à M. Didot pour la somme
de 8,220 fr.
41. HOMÈRE. Les cinquième et sixième livres de Tlliade, tra-
duits en vers français par Hugues Salel. — In-8 carré, de
8i ff., réglé; mar. br., fil. à compart., large bordure à rin-
ceaux, fleurs de lis et les initiales FF au milieu des plats,
tr. dor. (rel. du Xf^P siècle).
Beau manuscrit, fort bien écrit sur vélin fin et blanc. C'est l'exemplaire
présenté vers 1530 au roi FRANÇOIS I®»", à qui Salel offrait successivement
sa traduction manuscrite , qu'il n'a pas poursuivie au-delà du commence-
ment du treizième chant. Il est revêtu d'une élégante reliure à la Grolier,
parfaitement conservée. L'ornementation et les fleurs de lis sont en or; les
lettres F étaient en argent qui s'est oxydé sous l'action du temps.
42. FIERABRAS ou la Conquête des Espagnes par Charleraagne
(en prose). — In-fol., de 117 ff.; initiales ornées; mar. la
Vallière clair, riches compart. à fr., tr. dor. (Duru).
Manuscrit du XV« siècle, sur papier. Les six premiers feuillets contiennent
la table des chapitres. Le texte commence par un préambule de l'auteur
BELLES-L^TTRES. 29
dont voici les premiers mots : « Saint Pol docteur de vérité nous dit, etc. », et
il finit ainsi : ce A laquelle [salvacion] puissent piàblement paruenir tous ceulx
qui voluntiers U liront, orront ou feront lire. Amen, Explicit. Deo Gratias. »
On sait que cette compilation eut un succès immense , et que depuis le
XV® siècle elle n'a cessé d'être réimprimée jusqu'à ce moment. La première
édition en a été donnée à Genève en 1478. Le compilateur, qui était Suisse,
déclare avoir entrepris cette œuvre à la demande d'un chanoine de Lausanne
qui est appelé Henri Bolmier dans l'édition originale , quelquefois Bolonnier
dans les éditions postérieures , et Bolomier dans quelques autres , ainsi que
dajîs le présent manuscrit. Il ne s'est nommé ni dans les manuscrits ni dans
les plus anciennes éditions , tandis que dans celle de Lyon , 1489, on l'appelle
Jehan Bagnyon, et dans celle de Lyon, 1501, Jehan Baignon petit citoyen de
Laitëanne, nom que nous révélons pour la première fois. Le lieu de son ori-
gine n'a été rapporté dans aucune édition ; mais notre manuscrit le fait con-
naître de cette façon dans l'épilogue placé à la fin du roman : a Et se aulcu-
« nement en tout cestuy livre j'ay parlé aultrement que bon françois, sans
« langaige substancieux plain de bon entendement , à tous facteurs et clercs
« humblement j'en demande pardon. Car se la plume a mal escript, le cuer
' « n'a pensé que bien dire : Et aussi je suis natif de Savoie en Waux» sans
« apprendre la langue françoise originale, etc. », ce qui veut dire qu'il était
du pays de Vaud, alors soumis au duc de Savoie.
Ce roman, composé vers le milieu du XV® siècle, est pour la Suisse ro-
mande le plus ancien monument de son histoire littéraire.
Notre manuscrit , en dehors duquel nous ne connaissons djidentique que
celui de la bibliothèque de Genève , offre beaucoup de différences avec le
texte imprimé. Il est parfaitement conservé et a de grandes marges. La
Bibliothèque nationale possède un manuscrit de ce roman en prose (n«
2172 nouv., anc. f. fr. ), mais il ne commence ni ne finit de même que le
nôtre.
43. LE ROMAN DE JOSEPH D'ARIMATHIE, LA VIE DE MER-
LIN ET LA QUÊTE DU SAINT GRAAL. — In-4, de i25
ff . à 2 col.; lettres ornées ; relié en parchemin vert, ar-
morie, tr. rouge (re/. du XFIIP siècle).
Précieux manuscrit sur vélin, daté de 1301. Il est d'une importance excep-
tionnelle pour l'étude des origines et du développement des romans de la
Table ronde au sujet desquels la controverse ne semble pas encore épuisée.
Les trois parties de ce manuscrit constituent en effet la première forme en
prose de ces fameux romans dont l'influence sur le goût littéraire en Eu-
rope fut si considérable. M. Paulin Paris, qui a jeté le plus de lumière sur
ces questions obscures, regarde cette rédaction en prose comme une ver-
sion anonyme du poëme du Saint Graal attribué à Robert de Borron (Xlle
siècle), poëme que nous ne possédons pas en totalité. M. E. Hucher, qui a
publié assez récemment (1875) une partie de ce manuscrit, voit dans ce texte
la première donnée de tous les Romans dits de la Table ronde. Suivant M. Hu-
cher, contre le sentiment de M. P. Paris, Robert de Borron aurait fait le
roman en prose sur lequel se serait réglé le poëme en vers, publié par
M Francisque Michel.
30 MANUSCRITS.
Le grand intérêt de notre manuscrit ne se rapporte pas à la première
partie (le Roman de J9seph d*Arimathie), mais à la seconde qui commence à
la suite du récit du couronnement d*Artus. A partir de là nous avons un
texte probablement UNIQUE, car malgré toutes les recherches on n'a pas
pu en trouver un autre manuscrit. Dans le cadre de l'histoire d'Artus , ce
texte nous donne la première rédaction de la légende de Percevais dernier
dépositaire du saint Graal, légende plus simple, mieux coordonnée, moins
surchargée d'éléments parasites que celle que Gautier Map a fondue et
travestie dans son roman de la Quête du saint Graal. C'est le nôtre qui a ins-
piré à Chrestien de Troyes son célèbre poëme de Perceval le Gallois,
Le titre porte : Ci comence le romanz des proWphecies Merlin, titre com-
plètement inexact. Le Saint Graal est suivi non des Prophéties, mais du livre
de Merlin (f. 18 v**) auquel il sert de prologue. Puis, à la suite, vient le
hvre de Perceval ou la Quête du saint Graal (f. 92 v» ), qui n'est pas même
séparée ici du roman de MerUn par une grande initiale. Le volume est ter-
miné par la mort du roi Artus et le récit de la diffusion de ses aventures. Il
finit par cette souscription : Ci fenist le romanz des prophecilies Merlin. Il
est au,., (mot effacé) || et fust fait lande nostre Seygnor \\ M» CCC° P» (1301).
Ce manuscrit, d'une belle conservation, avait appartenu à l'illustre d'A-
GUESSEAU dont les armes se trouvent sur les plats, et les masses de chancelier
de France, sur le dos de la reliure.
44. AVENTURES DES PRINCIPAUX CHEVALIERS DE LA TABLE
RONDÇ. — In-foL, de i53 ff. à 2 col.; basane noire, bord,
dorée.
Manuscrit sur vélin, d'une très-bonne écriture de la première partie du
XV« siècle. La place pour les miniatures et les lettres ornées a été réservée
en blanc ; la première page est entourée d'une large bordure historiée , en or
et en couleurs. Au haut de cette page, on lit : De la Bibliothèque de M.' le
marquis d'Aix à la Serraz ; au bas : Laurentij Pyorheti (?) Camberianj.
Ce roman commence par ce sommaire en rouge : Cestui Hure parle de Grt-
ron et de Galhot le brun et de Segurans le brun, et de tous ses bons chVrs du
temps du roy. Vterpendragon, encore parle de tous les bôs cheualiers qui furent
ou temps du roy Artus. Le texte débute ainsi : Cy endroit dit le compte et la
vraye histoire le tesmoigne Que le roy Vterpendragon tenoit chascun an acous-
tumeint vne grande court en la grant plaine du chasteau de vmbre qui estoUt la
plus belle playne la plus delictable et la plus planteureuse que len trouuast en
tout le monde, etc. Il finit au recto du dernier feuillet par ces phrases : Que
vous en diroye par toute la court se fait jois et feste de ce que ceste bataille es*
toit si bien finée. Car gràt doubte auoient qu'il n*en sourdeist mal bien gràt.
Laudetur deus.
Sur le plat intérieur de la reliure, on a collé deux feuillets de papier ; le
premier contient cette note d'une vieille écriture : « En dieu laffin. sallin.
a Ce présent liure est vng viel romant contenant les entreprises, prouesses
« et faitz d'armes de plusieurs cheualliers de la Table ronde fondée par le
« roy Vterpandragon de la Grand Bretait;ne du temps dudit Roy que de ce-
c luy du Roy Artus son filz. Non jamais imprimé. Se doibt garder pour son
« antiquité, sallin. » Le second feuillet est occupé par une longue note en
BELLES-LETTRES. 31
italien que le savant abbé G. Gazzera, ancien bibliothécaire de rUniversité
de Turin et correspondant de notre Académie des inscriptions, avait consacrée
à ce manuscrit pour le marquis d'Aix à la Serraz, note où il constate que
cet ouvrage est INÉDIT. Nous sgouterons qu'à notre connaissance ce manus-
crit est UNIQUE.
C'est une suite d'aventures nouvelles, attribuées à des héros de la Table
ronde qui tous ont leur histoire dans laquelle ces aventures ne figurent pas.
Ces héros sont : Giron le Courtois, Lancelot, Tristan, Palaméde, Ségurade, Gau-
vaih, Ut&rpendragon et Artus, L'auteur paraît avoir voulu continuer les ro-
mans plus anciens de la Table ronde, et il l'a fait souvent assez heureu-
sement, en conservant le respect des traditions autorisées dans les livres an-
térieurs. Son ouvrage est d'une lecture attrayante et écrit d'une bonne prose.
45. MAP (Gautier). Lancelot du I^c (dernière partie). La Quête
du Saint-Graal. La Mort d'Artus. — In-fol., de 237 ff. à 2
col.; miniatures, lettres ornées ; mar. la Vallière, riches com-
part. à froid, tr. dor. (Hagué).
Précieux manuscrit du milieu du XIII« siècle, sur vélin, qui paraît nous
offrir le plus ancien texte de la célèbre rédaction en prose de Gautier Map.
Il commence ^ar une miniature passablement effacée. Il offre cette dernière
partie du Lancelot distinguée sous le nom du livre d'Agravain, et dont on
peut voir l'analyse dans le 5« vol. des Romans de la Table ronde mis en nou-
veau langage par M. Paulin Paris (1877; pp. 297-330). Premières lignes : « Ci
« endroit dit li contes que quant Agrauains se fu partiz de ses compaignons,
« si come uos auez oi qu'il erra. ij. iorz et plus sanz auenture trouer qui a
« conter face et en toz les leus ou il uenoit, fust en uile, fust en bois, deman-
« doit noueles de lâcelot a toz cens que il encontroit... » La Bibliothèque
nationale de Paris possède dix manuscrits du même roman et du même
siècle que le nôtre, auquel cependant tous nous paraissent être postérieurs.
Cinq de ces manuscrits sont plus ou moins incomplets. Le no 771 nouv.
(7185* anc.) commence au même endroit que le nôtre et par le même texte,
tandis que la rédaction correspondante dans les autres manuscrits s'en éloi-
gne plus ou moins complètement. Lancelot du Lac finit dans le nôtre (fol. 129
ro) par cette phrase : a si fenist ici mestres Gautier (en abrégé) Map son liure
et commence le seint graal. d
Le Saint Graal (ou plutôt la Quête du Saint Graal) commence ainsi : « A
« la ueille de la pentecoste quant li compaignon de la table reonde furent
« uenu a Kamaalot et il orent oi le seruisse et len uoloit mètre* les tables
« heure de none. lors entra en la sale a cheual une mit bêle damoiselle... »
L'initiale A de cette phrase renferme une assez grande miniature représen-
tant cette scène. Cette partie finit ainsi (fol. 183 v») : « Quant il orent mengie .
« a cort li rois fist auant uenir les clers qui metoient en escrit les auentures
ce au cheualiers de laienz et quant Boorz ot contées les auentures del seint
« graal telles come il les auoit ueues si lurent mis ses escrit et gardées en
a lainière {sic) de Salebieres dont mestre Gautier Map les trest a fere son
« liure del seint graal por lamor del roi Henri son seignor qui fist lestoire
« translater de latin em francois. Si se test atant li contes que plus nen dit
« des auentures del seint graal ».
32 MANUSCRITS.
La Mort d'Artus débute en ces termes au feuillet suivant au bas d'une mi-
niature un peu dégradée : a Apres ce que mestres Gautier Map ot treitié
c des auentures del graal asez sofisament, si come il li semblot, si fu auis
« au roi Henri son seigneur que ce quil lauoit fet ne deuoit pas sofire se il
a ne racontoit la fin de cels dont il auoit fet deuât mëtîon... :» La fin est
« ainsi conçue : « Si se test ore atant mestres Gautier Map de lestoire, quar
« bien a tôt mené afin selonc les choses qui en auindrent et define ci son
c liure qui après ce nen poroit nous raconter chose qui ne mentist. Explicit
« la mort du roi Artus. »
L^ présent manuscrit est d'une bonne conservation . Chaque alinéa
commence par une initiale peinte en or et en couleurs; la plupart de
ces initiales sont très-fraîches. Le volume est bien complet, sauf un
morceau enlevant du texte au f. 116, et une lacune entre les ff. 244 à
236 qui a été comblée, au XV« siècle encore , au moyen de 21 ff. copiés sur
papier.
En tête, figure un fragment de huit feuillets de vélin, contenant, en
français, d'une écriture duXVe siècle, des détails biographiques sur Galion et
ses principales sentences.
La signature : Lyonnet doureille (XY« siècle) se rencontre plusieurs fois
dans ce volume.
46. NOMS, ARMES, DEVISES ET CARACTÈRE DES CHE-
VAUERS DE LA TABLE RONDE. — Pet. in-fol., de i55
ff.; dont le dernier blanc; i44 miniatures et lettres ornées ;
veau racine, tr. dor. (anc. rel.).
Beau et curieux manuscrit du XV« siècle, sur vélin. Il commence par ce
titre en rouge : a Se sont les noms, armes et \\ blasons de cheualliers et côpaig-
nos de la table ronde || au temps que Hz iurerent la queste \\ du sainct (jraal a
Camaloth le io^ \ de la penthecouste. Et par la vertu diuine estoiet tous a ce
tour assém\\bles. Vient ensuite un court historique de chacun des chevaliers de
la Table ronde en commençant par leur chef, le roi Artus. Chaque notice est
précédée d'une grande miniature fort bien dessinée, représentant les armes
de chacun des chevaliers, au nombre de cent quarante-quatre, avec leurs
devises. Ces notices sont presque exclusivement consacrées à la louange des
qualités physiques ainsi que des penchants des chevaliers voués à la quête du
Saint-Graal. Elles s'arrêtent au verso du f. 134. Les 15 ff. suivants contien-
nent la description de la manière dont on faisait les tournois sous le roi Vter-
pendragon et de son fils Artus, roi de la Grande-Bretagne. Les 5 derniers
ff. renferment vingt articles d'un règlement relatif aux devoirs des compa-
gnons de la Table ronde. A la fin, l'auteur déclare avoir puisé des renseigne-
ments pour son travail « tant au liure de maistre Eélie, maistre Robert de Bor^
ron, maistre Gaulier Moablebrec (sic, pour Gautier Map) quedemaistre Rusticien
de Pise qui en parlant en leurs Hures la ou sont èscrips les grans faictz de tous
les cheualliers de la Table ronde. »
Cette singulière compilation doit être du dernier quart du XV« siècle.
Elle diffère complètement, comme texte et comme blasons , d'un tout petit
volume intitulé : la Devise des armes des chevalliers de la Table ronde , dont il
existe deux éditions du XVP siècle.
BELLES-LETTRES. 33
Nous ne connaissons pas d'autre manuscrit de ce teite qui soit enrichi
de miniatures. Celui-ci porte le cachet de la bibliothèque de Dinan dont il
est sorti par suite d'un échange. Conservation parfaite.
47. JEHAN DE PARIS, ROY DE FRANCE. Roman en prose. —
In-fol., de 70 ff.; mar. La Vallière, riches compart. à froid,
tr. dor. (Lorlic).
Manuscrit sur papier^ d'une belle et grosse écriture du XV* siècle. Il com-
mence par ce titre en rouge : Cy commence vng noble et très excellât romant
nomme Jehan de paris roy de france , et finit ainsi : je prie a Dieu quil nous
doint grâce que y puissions paruenir. Amen. Au-dessous, on lit ; Ce livre est à
moy Je\\han Sala,
L'histoire de Jehan de Paris, qui a toujours joui d'une grande popularité,
est un des meilleurs et des plus anciens romans français dans le genre
comique. Jusqu'en 1856, on avait cru qu'il a été composé entre 1525 et 1535,
à l'occasion de la lutte que François le' soutint contre le roi Henri VÏII
d'Angleterre et l'empereur Charles-Quint, et l'on voyait le roi de France lui-
même dans le héros du roman. Quelques littérateurs, Villemain entre autres,
ont pressenti le peu de fondement de ces appréciations , et c'est précisément
notre texte (dont on ignorait l'existence avant 1856 et qui à cette date appar-
tenait à un savant Suisse très-connu, M. E.-H. Gaullieur), qui a complète-
ment justifié leur opinion car l'écriture de ce manuscrit est sûrement du XV'
siècle. Or cette constatation a une grande importance pour notre histoire lit-
téraire. M. A. de Montaiglon , à qui on doit tant d'excellentes publications ,
a profité de cette découverte pour donner une nouvelle et dernière édition de
ce roman (Paris, 1867, in-16). Dans la préface, il a démontré que le sujet de
cette charmante production est le MARIAGE DE CHARLES VIII AVEC ANNE
DE BRETAGNE; la «victime de la verve comique de l'auteur n'est autre
que l'archiduc Maximilien d'Autriche , le concurrent évincé. Le nom du ro-
mancier est inconnu, mais on le croit Lyonnais. Bien que son œuvre soit
parfaitement originale , il dit, dans le prologue , avoir translaté cette histoire
joyeuse d'espaignol en langue françoise, sans doute pour mieux cacher sa per-
sonnalité. Il est probable qu'il appartenait à l'entourage de la reine Anne, et
M. de Montaiglon , à l'aide d'ingénieux rapprochements , insinue que c'est
peut-être un nommé Pierre Sala, auteur d'un autre ouvrage resté en ma-
nuscrit et où il est beaucoup question de Charles VIII.
En dehors de notre manuscrit , on n'en connaît qu'un second qui appar-
tient à la Bibliothèque nationale. Le nôtre avait une lacune de 7 ff., qui ont
été refaits avec une étonnante habileté.
AUTEURS ITALIENS.
48. DANTE. La Divina Commedia. — In-fol., de 82 ff. à 2 col. ;
miniatures et bordures; mar. La Vallière, très-riches com-
part. à froid dans le style vénitien, tr. dor. (Hague).
Très-précieux manuscrit sur vélin, daté de 1378. Il commence par ce titre
en rouge : Prtiwwz. Ca. infemi comédie dàtis alâgerij de florecia t q^ autor po ||
3
34 MANUSCRITS.
ûfacit exordiu suU. scd'o. dicit ad qwè locû accessit, tcio^ quô | fiUi inpedU^, /t
quarto ubi inuenit uirgilium. La première page est entourée d*une riche bordure
historiée, et Tinitiale K du premier vers de Tépopée contient une miniature
relative au début même du premier chant de VEnfer : elle représente Dante
au moment où,' assailli par un lion et une louve, il rencontre Virgile. La se-
conde miniature, placée au commencement du Purgatoire (fol. 27 r®), nous fait
voir Dante dans une barque dirigée par Virgile, et la troisième, qui décore le
livre du Paradis, représente Dieu dans la gloire céleste, et, plus bas, le poète
conduit par Béatrice. Les pages ornées de ces miniatures sont en outre entou-
rées de bordures historiées dans le même genre que celle de la première page,
mais différentes de composition. L'écriture de ce manuscrit est superbe , et
son ornementation intéresse Thistoire de Fart. Tous les arguments des chants
sont en latin et écrits en rouge.
La Divina Commedia finit au verso du f. 77, par cette souscription : Ex-
plicit Liber Comédie Dantis ala || gerijdeflorentia Gloriosi Teologi. || excelentisfiio-
sophi placidi poète. H Deo Grattas. Ame. Amen, Amen. Au-dessous, en rouge :
Manus scriptoris saluetur onibz || horis. Amen. Au feuillet suivant, après un
titre ainsi conçu : In hoc capVo otinenf diuisioes toti' lib* comédie dantis Ala-
gherij d' floentia, commence une longue analyse de ce gt*and poème, en vers
italiens dontjes premiers sont :
O uoi che siete dal uerace lame '
Alquanto illumiiiati nella mente;
et les derniers (môme f., verso, 2® col.) :
La quai gli uenne per uoler diuino x
Nel mrçço del caroin. délia sua uita.
Après , vient une autre pièce de vers dont le titre eX le début sont : Jn hoc
capl'o continent' declaratioes vocabulo'jjfi metaphoriçato'^ toci* libri comédie dan-
tis preddî.
Pero che «ia pin fructo e piu dilecfo
A colur canne [che liailno] uog [i]a di sapere ;
et qui se termine ainsi (f. 79 v<») :
£ cosi tutol [ tutto' 1 ] suc dire 8i comprende
Fortincando la cristiana fede.
A la suite, se trouvent deux épitaphes en latin qui ont été gravées sur le mau-
solée de Dante , de six vers chacune ; la première , qui nous parait inédite,
est de la composition d'un nommé Minchino Mezzano (?) de Ravenne, d'après
cet intitulé : Infrascriptumprimum Epithaphium scultum est in archa Dantis et
factum fuit per discretum virum f. Minchinum meçanum de Ravenna. La se-
conde, attribuée à tort à Dante lui-môme, porte ce titre : Infrascriptum Epù-
taphium scultum est in archa dicti auctoris et nuperrime factum per quemdam,
qui est infrascripti tenœns ; c'est celle qu'on lit encore sur le tombeau du
poète.
Le feuillet suivant, dont la moitié a été coupée, commence par cette im-
portante souscription écrite en rouge, que nous reproduisons en complé-
BELLES-LETTRES. 35
tant les nombreuses abréviations : Ego Franciscus, W, Tare olim de Ceswa et
nunchîtor (habitator) Pens'. (sic), hurui librum Comédie Dantis Alagheriide Flo-
rencia scripsi (suit une ligne effacée). Qiiem œmplevi in annis domini nostri
Jesu Christi, M°CC(y*LXXVin, et die ultima mensis setenbns, tempore Domini
Urbanipp. (papœ) VI, indictionè prima , inter quem papam et cardinales eroi
quœstio et sisma, quia cardinales aserebant ipsum non esse papam , ex eo quod
eum elegemni Umore Romànorum, et non eonim propria voluntate.
Ainsi , comme le constate le copiste , ce manuscrit a été terminé Tannée
même où , à la suite de Télcction du pape Urbain Vl , commença le grand
schisme d'Occident qui dura cinquante et un ans.
Plus bas est écrite, d'une autre main, une pièce de vers latins en Then- '
neûr de Dante , signée : Daniel Furlanus.
Le dernier feuillet , qui avait été laissé en blanc, contient un petit traité
latin relatif au régime à observer pendant les épidémies et aux moyens cura-
tifs (De Regimine et Remediis contra Epidimias). Il a été composé en 1399,
selon cette souscription finale : Explicit utilis tractatus ad liberationem epi-
thimie^ compositus,.. sub annis domini MCCCLXXXXVIIII , per magistrum
Johannem Cunbarbam (?) , civem leodomemsem. Ce traité, un des plus anciens
sur la matière, nous paraît inédit.
A la première page, figure Testampille de la célèbre bibliothèque du car-
dinal Joseph-René Imperiali , illustre prélat, grand protecteur des lettres,
mort en 1737.
Ce manuscrit, à notre connaissance, n'a jamais été décrit. Colomb de Rati-
nes ne le connaissait (II , 210) que par une simple mention qu'en avait faite
Fontanini comme se trouvant dans la collection du cardinal Severoli. Il doit
assurément être classé parmi les plus importants textes de Dante. Sur en-
viron cinq cents manuscrits connus de la Divine Comédie^ il n'y en a qu'une
dizaine qui soient antérieurs au nôtre , et dans ce dernier nombre il en est
deux à peine qui soient exécutés avec une intelligerite exactitude. Celui que
nous venons de décrire se rapproche beaucoup du plus célèbre de tous, du
manuscrit du Vatican, écrit, dit-on, par Roccace. Nous avons pu le constater,
en conférant notre texte avec celui de l'excellente édition critique du Dante,
donnée par G. Witte (Rerlin, 1862, in-4).
C'est donc, en présence du nombre^oujours croissant des admirateurs du
grand poète itahen, un véritable événement que l'apparition d'un nouveau
manuscrit de son œuvre immortelle. Il avait été acheté à l'amiable par
M. Didot, au prix de 7,000 fr. , non relié.
49. PETRARCA (Fr.). Rime. ~ In.4, de i46 ff.; lettres ornées;
mar. rouge, riches comparl. en or, dent, int., tr. dor. {rel.
anglaise).
Manuscrit du XVIe siècle, sur vélin, d'une très-belle écriture et fort bjen
conservé. Il a dû être exécuté peu de temps après la mort du poëte, surve-
nue en 1374 ; c'est, en tout cas, un des plus anciens que l'on connaisse.
Les trois premiers feuillets contiennent une table alphabétique des pièces.
Le texte commence directement par ce vers du premier sonnet :
Vol ch^ascuHate in rime sparse il suono.
36 MANUSCRITS.
m
Au bas de la page , figure un écusson armorié où Ton ne distingue qu'an
» rond {? tourteau) sur fond d'argent.
Cet important manuscrit comprend toutes les poésies de Pétrarque en
langue Milgaire. Les Trionfi, commencent au f. 117, et finissent par cette
souscription : Frandsd^ Peirarce Laureati Poète Triûphus VF. et ulHmus ex-
plicit. Cette dernière partie surtout contient de nombreuses notes et commen-
taires qui paraissent être de la môme main que le manuscrit.
La reliure porte à l'intérieur Tex-libris d'un amateur, avec un /ton jwur
armoiries, et les initiales E. G. H., qui figurent aussi sur le second feuillet
de garde au bas d'une ligne d'écriture fournissant cette mention : Questo ma-
noscritto é venuto da Carpentras.
50. NOBILI (Guglielmo de') . Canzoni, Sonetli ed Epitafïi in Iode
di P. P. Leone X e délia sua famiglia. — In-4» de 6i fî.,
dont le premier blanc; veau brun^ compart. enor et à froid,
Ir. dor. (anc. reL itaL),
Manuscrit sur papier, du commencement du XVIe siècle, d'une belle écri-
ture. Ce recueil de poésies-, en l'honneur du pape Léon X et de sa famille,
commence au verso du second feuillet par un sonnet intitulé :
Sonetto del subiecio del libro : cioè argumenta.
Au bas de la page, se trouve, en or et en couleurs, l'emblème collectif de la
maison de Médicis, composé d'un bouquet de roses et de laurier environné
de flammes et portant au milieu une bague ornée d'un diamant (emblômede
Gôme de Médicis, dit V Ancien), et un joug (-emblème du pape Léon X) ; sur
une banderole, on lit ce mot : G. L. G. V. I. S. : d'après f évéque Giovio, c'est
la devise de Julien II de Médicis, duc de Nemours ; lu à rebours , ce mot
donne : Sivolg [é] (elle tourne), allusion au revirement de la fortune en fa-
veur de ce prince après bien des années d'exil. Au-dessous, d'une autre écri-
ture , ce distique :
A tre sorelle et la misera madre
Povere, grande, aflitte, et sanza padre.
Sanza, au lieu de senza, conformément à la prononciation florentine.
Au feuillet suivant, commence un long poème héroïque sur les faits et ge&tes
des Médicis, en huitains , qui débute par ce vers :
Marte Tillonia el fu^orar délie aste.
L'initiale M, enluminée , est composée de quatre morceaux de bois vert en-
flammés (emblème de Pierre II de Mécicis); elle fait corps avec une petite
bordure où on lit la devise : Suave, sur une banderole entourant un joug
(emblème personnel de Lépn X). Au bas de la page, figurent les arnu>iries
de LÉON X à qui cet exemplaire avait appartenu, armoiries surmontées de
la tiare , accompagnées des clefs de Saint-Pierre, et de l'emblème. Le poème
finit au recto du f. 56 de cette manière :
Hor fornitho il canlare, faro mie scuse
Con lui, col ciel, col vulgo et con le Muse.
Finis, Composto per Guglielmo de Nobili.
BELLES-LETTRES.
37
Viennent à la suite sept pièces de vers en l'honneur de Léon X, un sonnet
adressé à Giuliano de Médicis, un autre à Lorenzo de Médicis, et des épita-
phes de Gôme, de Pierre (fils de Gôme de Médicis), de Samson, de l'empe-
reur Justinien, de Salomon, et de Laurent de Médicis, le Magnifiqtte. Le
volume finit ainsi :
Salve, Viva et Vale, Finis.
Tels sont les côtés intéressants de ce manuscrit.
HISTOIRE
AUTEURS GRECS ET LATINS, ANCIENS ET MODERNES.
51. JUSTINUS. Ex Historiis Trogi Pompei. — Pet. in-fol., de
ii5 ff. ; lettres ornées; rel. en parchemin.
Beau manuscrit du XY^ siècle, sur vélin , exécuté en Italie. Il commence
par ce titre en rouge : Epitoma Ivstini ex Historiis Trogi Pom\\peij totivs or-
bis incipit. Liber primvs, et finit ainsi : ... ad cuîHore vite usum traductu %
forrnà proulcie redegit. Deo Qratias. Il est bien complet.
L'intérêt principal de ce manuscrit consiste en ce qu'il a appartenu au ce-
, lèbre bibliophile et helléniste florentin, GIANNOZZO MANETTI (1396-
1459), qui occupe une place considérable dans Thistoire de la renaissance
des lettres , et qui fut le secrétaire du pape Nicolas V , cet illustre collec-
tionneur de manuscrits. Au verso du feuillet de garde, on trouve non-seule-
ment sa signature : Jannoçij Manettj , mais aussi, de sa main, une table des
chapitres, avec des renvois aux feuillets correspondants, et de» notes margi-
nales dans le cours du volume.
Au recto de ce même feuillet de garde, une note constate qu'il avait été ac-
»
quis en 1811 : ab Equité de Magistris, par Aloysius Marsuzi, avocat de la curie
romaine. Il porte en outre l'ex-libris armorié ( d*azur au lion d'or passant,
accompagné de trois fleurs de lis) ^ avec la devise : La Vertu est la seuie no-
blesse.
52. JUSTINUS. Epitomein Trogi Pompei hi«;torias. — - SALLUS-
TIUS (C. Cr.). Calilinaria et Jugurthina Bella. — FLORUS
(L. A.). Epilome rerum romanarum (fragment). — Pet. in-
fol. carré, de loo ff. à 2 col. ; lettres ornées ; ais de bois re-
couv. de velours rouge et d'une plaque en métal doré,
avec émaux de Limoges , pierres gravées et ivoire sculpté.
Manuscrit du XV® siècle , sur vélin. Il commence, sans aucun titre, par
le texte de Justin qui finit au verso du f. 58, avec le mot : EœpUcit, Dans cette
partie, les ff. 53, 54 et 57 ont été arrachés, et deux autres ff. sont écornés.
Ce texte offre beaucoup de variantes. L'une d'elles réduit à trente-deux
ans le règne de Sémiramis après la mort de Ninus (fol. 1 v«), tandis que
d'autres manuscrits portent quarante-deux ans.
Les ff. 59-60 contiennent une pièce de vers dont le premier est :
Si dar ire tua.^ pAti nuniine ad aures,
HISTOIRE. 39
et les derniers :
Tu modo quod superesi suspensa corrige pefia.
Hec mea ceasure carmina reddo toe. ' . .
C'est un petit poëme latin où la France personnifiée demande qu'on fasse
la paix. Il contient des allusions aux guerres récentes contre les Anglais, et
parle d'un Piccinino , apparemment un des cfélèbres capitaines italieiis de ce
nom au XY® siècle. Ce poëme ferait croire que le manuscrit a été exécuté par
un scribe français , vers 1450.
A la suite, vient le texte de Salluste qui finit au f. 90 vo, par cette sous-
cription : Oui cupis ignotû iugurte nosce' letU \\ tarpeie rupU puis' ad yma mit
Il licet necatû referai in carc'e pl'es.
Le f. 91, laissé en blanc, était-destiné à recevoir les premiers chapitres
du texte de Florus , car le feuillet suivant commence à la fin du chap. lY
(règne d'Ancus Marcius) :... futurum, ut totius mundicpes, etc. L'œuvre de
cet historien s'arrête ici au milieu du chap. XYIII du second livre, avec ces lir
gnes : Quippe sine muro, sine turribus, modico édita tumulo apud flumen Silata
vel Stca, quatuor milibus Celtiberorum quadraginta.,. Il faut remarquer que,
dans l'édition de ce classique donnée par M. D. Nisard» on trouve : apudfl»-
men Durium sita , au lieu de : Silata vel Sica. Des divergences semblables se
rencontrent fréquemment dans le cours de notre manuscrit.
Titres en rouge et jolies initiales en or et ea couleurs, d'une grande fraî-
cheur.
Au premier feuillet, au-dessus des premières lignes du texte, on lit : Ex
dono Henrici Gœssens (?)... œnventvs dive Elisab ecdesia Beghinarum (?)....
Mais ce qu'il y a de plus précieux dans ce volume , c'est une reliure de la
plus grande richesse et d'un intérêt capital pour l'histoire de l'art. Dans
le milieu , se trouve enchâssé un ivoire sculpté d'un beau travail, représen-
tant le Crucifiement. A gauche de la croix, la sainte Yierge et saint Jean qui
lui prend la main; derrière eux, les saintes femmes en pleurs; à droite de
la croix, deux groupes de soldats. Au-dessous de la croix , deux bustes d'an-
ges. Cet ivoire, à en juger par les costumes , les armes et les armures, doit
dater du XII« siècle. Il est entouré d'une bordure frappée et dorée ; une
seconde bordure , en saillie , formée de quatre superbes plaques en émaux
cloisonnés de Limoges, plaques séparées par des carrés en filigranes' rele-
vés par des cabochons, complète cet ensemble harmonieux. Ces carrés en
filigranes sont au nombre de huit, dont chacun est accompagné de quatre ca-
bochons : quatre d'entre eux portent dans leur centre une intaille antique. A
chaque coin du plat, des pédicules fleurdelisés enserrent de grands cabochons
en cristal de roche.
Cette description ne pourra donner qu'une faible idée de ce chef-d'œuvre
d'orfèvrerie qui remonte au moins au XIII« siècle ; nous renvoyons les cu-
rieux à la reproduction que nous en donnons dans le catalogue illustré.
Ce beau ^volume provient de la collection Libri (1864).
53. ARRIANUS. De Gestis Alexandri magni. Historia Indica.
(Traduction latine par P.-P. VERGERIO.) — In-fol., de 162
fT. (le feuillet 127 et le recto du suivant sont blancs); bor-
40 MANUSCRITS.
dures et lettres ornées ; mar. brun, ornem. à froid, Ir. dor.
{anc. rel. ital.).
Superbe mannscrit du XV© siècle, sur vélin. Il commence par une épitre
du traducteur : Ad Fiigismvndvm de Luçenborch Romanorvm || Imperatorem et
Vngarie Bohemieq= Regem \\ Petrvs Pavivs Vergerivs Prohemivm incipU,
Dans cette épître, Vergerio rappelle que c'est par ordre et pour Tosage per-
sonnel de l'empereur Sigismond qu'il avait entrepris cette traduction de
l'expédition d^ Alexandre le Grand. La première page est bordée des trois
côtés par un encadrement fort âhnple, mais gracieux, peint en or et en cou-
leurs. Au-dessus de la bordure supérieure, on lit : Ihesv, Maria. Johannes, Au
bas de la page, figurent ces armes : Paie d'or et d'azur de six pièces; Técusson
est supporté par deux anges soufflant chacun dans une trompette ornée
d'une banderole, dont l'une porte la lettre N, et l'autre le chiffre V, qui dé-
signent évidemment le pape NICOLAS V, le plus illustre des bibliophiles du
XVe siècle. Ce qui confirme cette attribution,* c'est qu'au f. 42 v», dans la bor-
dure qui orne la marge extérieure, on voit un ange portant un écusson où,
sur un fond de pourpre, sont peintes en blanc les clefs de saint Pierre en Sau-
toir, surmontées de la tiare, jemblèmes du souverain pontificat. Dans la partie
inférieure de la bordure, on aperçoit un hibou peint en or.
VEocpédition d'Alexandre commence au f. 2 ro et finit au f. 139 fo par cette
souscription : Finis Gestorvm Alexandri, Lavs Deo ; elle est immédiatement
suivie de sa continuation : Arriani de Rébus Indicis et navigacione dassis
Alexandri ex India in Persidem. Liber VIF , ainsi terminée : Finis Rervm
Indicarvm. Deo Gratias, Iacobvs Ç\ssenhem scripsit.
Chaque livre commence par une charmante initiale en or et en coaleors.
Notes marginales.
Pierre -Paul Yergerio, dit r Ancien, attaché au service de l'empereur Si-
gismond, fit cette version, dans un latin pur et élégant, entre 1417 et 1419,
alors qu'il était presque octogénaire. L'ouvrage d'Arricn était encore inconnu
aux Occidentaux (« Latinis vero prorsus incognitum, tandem quasi longo pastli-
minio in patriam revocarem » ; épître dédie), et cette traduction est aussi la pre-
mière qu^on ait faite d'un auteur grec au commencement de la Renaissance.
Elle ne fut jamais imprimée, et les manuscrits en sont rares au point que le
savant Hallam s'exprime à ce sujet en ces termes : a Elle existe, dit-on j dans
la bibliothèque du Vatican, mais elle est fort peu connue (Hist. de la litt, <£e
l'Europe, t. I, p. 100). »
Conservation irréprochable ; grandes marges.
54. LIVIUS PATAVINUS (Titus). Historiarum libri. — In-fol.,
de 2i8 f f. ; lettres ornées; ais de bois recouverts de veau
brun, ornem. à froid dans le style vénitien, tr. dor. (anc.
reL Uni.).
Très-beau manuscrit sur vélin, daté de 1425. Il commence par ce titre en
rouge : Titi Liuij patauini uiri clarissimi ab urbe condita liber p'mus \\ ind-
pit. prohemium, L res gestœ ppl'i. r. domi forisqz. Une charmante bordure,
peinte en or et en couleurs , encadre cette page de trois côtés, et contient ,
enlacée dans ses gracieux entrelacs, l'initiale F du mot facturus qui com-
HISTOIRE. 41
ménce le texte; dans sa partie inférieure, elle renferme on blason. Le texte
finit ainsi au recto du dernier feuillet : Titi Liuii predicti ab urbe condita li-
ber dedifim et ultimus huius decadis explicit, deo grattas. Bononie Ano drU
MCCCCXXV^.
55. POLYBIUS. Historiaruoi libri superstites, e graeco in lati-
num dsermonem conversi per Nicolaum Perottum. — Pet.
in-foL, de 226 ff.; bordures et lettres ornées; velours vert.
Très-beau manuscrit sur vélin, exécuté en Italie au XV« siècle. Il com-
mence ainsi : Nkoîai Perotti in Polybivm || Historicvm prohemivm in\\cipit /ie-
liciter. Cette première page est ornée d'une jolie bordure peinte en or et en
couleurs, et s'étendant de la marge de fond à la marge supérieure. Le texte de
ce prologue commence aussi par une belle et^ande initiale enluminée. Au
bas de la page, se trouve une couronne de laurier peinte en or et en cou-
leurs; le milieu a été laissé en blanc pour un blason. Chacun des cinq livres
de cette histoire est orné en tête d*une belle initiale. Le texte finit par cette
souscription : Nicolati (sic) Perotti liber qvintus Historiarvm Polybij finit. Lege
fœlidter.
Cette traduction des cinq premiers livres de Polybe, faite par Perotti,
sur la demande du célèbre pape Nicolas V, a été imprimée à Rome en 1473,
mais les exemplaires en sont des plus rares.
56. EUTRÔPIUS. Hisloriae Romanae Epitoine. — SAI.LUS-
TIUS. In Ciceronem Invectiva. — CICERO. In Sallustium.
— MACROBIUS. In Somnium Scipionis M. T. Ciceronis
Expositio. — Pet. in-fol., de 88 ff.; lettres ornées; mar.
rouge, compart. à froid, tr. dor. (Lortic).
Manuscrit du XV» siècle , sur vélin. Il commence par ce titre : Evtropivs
exterar\>m romanarvmqz rei^vm. Le texte débute par une ravissante initiale?,
peinte sur un fond d'or pointillé. Chacun des dix livres est orné d'une belle
initiale enluminée , et les chapitres commencent par de grandes maguscules
peintes alternativement en bleu et en rouge. Eutropius finit au bas du f. 34 ro
par cette phrase : quin ad maiorem scribendi diligentiam conseruamus.
Eocplicit,
L'invective de Salluste et la réponse de Cicéron occupent les six pages
et demie suivantes.
Le commentaire de MacIigbe du Songe de Scipion , exposé dans la Ré-
publique de Cicéron, commence au f. 37 v» par un chapitre préliminaire qui
ne figure pas dans l'édition publiée sous la direction de M. D. Nisard, et qui
débute ainsi : Cvm in Aphricam venissem, a Malio consule ad quartam legionem
tribunus militum,.. Le texte de ce traité est accompagné de dessins géomé-
triques à Tappui des observations de l'auteur, et il est terminé par cette
souscription : Macrobii in Somnivm Scipionis a Cicérone editvm comentvm
explicit. Amen. TeXoç.
On sait que c'est un passage de ce commentaire qpii fit naître chez Christo-
phe Colomb l'idée de la sphéricité de la terre et de l'existence des antipodes.
42 MANUSCRITS.
Notre texte d*Eutrope et de Macrobe, dont les manuscrits ne sont pas
communs, offre beaucoup de variantes avec les éditions imprimées.
Jolie écriture, fine et nette. Grandes marges. Conservation parfaite.
57. SALLUSTIUS (C. Cr.). Catilinaria et Jugurtina Bella. —
Pet. in-fol. , de 90 (f. ; bordures et lettres ornées ; mar. brun/
ornem. à fr., tr. dor. (anc. rel. ital.).
Superbe manuscrit italien du XY« siècle, sur yélin. Il commence par ce
titre en lettres d*or : Crispi Sa/vstu de Bello Catelilnario liber primvs félici-
ter Il incipit. La page est entourée d'un admirable encadrement, digne du
célèbre Attavante. Il est composé d'enroulements variés, dans lesquels se
jouent des anges et des oiseaux^ L'initiale 0 qui commence le texte, et qui
fait corps avec le cadre, renferme une délicieuse miniature représentant un
savant, à mi-corps, tenant un livre. Dans la partie inférieure de Fencadre-
ment, sont placés quatre anges, très-finement dessinés, dont deux tien-
nent une couronne de laurier au milieu de laquelle un rond a été réservé
pour recevoir un blason. Riches initiales enluminées. Notes marginales. Le
texte finit ainsi : Crispi Sallvstii de Bello Ivgvrtino \\ liber féliciter explidt.
Finis.
La conservation de ce charmant manuscrit, dont le texte est excellent,
ne laisse rien à désirer.
58. CiïlSAR (J.). De Bello Gallîco, Civili, Alexandrino, Africano
et Hispanensi Commenlarîa. — In-fol., de i43 ff., dont le
premier et le dernier blancs; encadrement et lettres or-
nées ; mar. rouge, compart. en or, tr. dor. {Lortic).
Superbe manuscrit sur vélin, daté de 1443, vieux style. Il commence par
la Guerre des Gaules, sans aucun titre. La première page est entourée d'un
encadrement du plus beau style italien du XY» siècle, peint en or et en couleurs
et composé de rinceaux gracieusement combinés , d'anges, d'oiseaux et de
chimères. Dans la marge extérieure de droite, un groupe de guerriers com-
mandés par César, qui est couronné de laurier et couvert d'une somp-
tueuse armure. Au bas de la page, quatre anges, d'un beau dessin, suppor-
tent ou accompagnent une couronne de laurier au milieu de laquelle est
un écusson d'armoiries : Coupé : au \^^, d'azur à une Sirène au naturel; au
2*, de gueules à un pal d'argent. Aux côtés , les initiales M. L
Les sept livres de commentaires sont suivis de la continuation de Hirtius
(îol. 58 r») qui s'arrête au f. 66.
Vient ensuite le commentaire sur la Guerre civile, ainsi terminé (fol. 106
vo) : Auli Hirdj viri clarissimi de bello ciuili C. Julij cesaris liber XF explicit.
Indpit vij, de bello Alexandrino,
La Guerre d'Alexandrie finit par cette souscription (fol. 118 r®) : Explidt
xij de bello phamacis, Sequif xiij de bello Jubé.
La Guerre d Afrique a pour souscription (fol. 133 v») : Auli hirdj de bello
affricano cesaris liber viif explidt, Eiusdem indpit xiiif de bello hispanisi
contra filios Magni Pompeij,
La Guerre d'Espagne finit par cette phrase : quarum laudibus et virtute Uh
HISTOIRE. 43
tus in orbe terrarum mondus exultât. Amen, Le copiste a ajouté de lui-même
les derniers mots à partir de : totus.
Voici la souscription finale qui donne le nom du scribe, Guillaume Maz-
zola, et la date : Explicit liber xiiij, de bello hispanensi Juîij Cesaris contra Cn:
Pom, et Sextum Pom, filios magni Pompeij. Amenfinitusp» me Gviirmum mazo-
lam die penultima Januarij 1443.
Au-dessous, on lit ces sentences relatives à Futilité des études histori-
ques : TulUus primo de Oratore dicit : Historia est temporum testis, lux, ve-
ritas, vita memorie, magistra vite, nuncia vetustatis. Aristoteles pro Rhetori-
corum didt : Historié antiquorum utiles sunt ad dandum bona consilia civitati.
Ce manuscrit contient donc tout ce qui nous reste de César. Pour donner
une idée de la valeur du texte, nous citerons quelques noms propres des
peuples gaulois , tirés du livre VI , chap. 75, de la Guerre des Gaules. Ainsi
notre manuscrit écrit Segusianis, et non Segusiavis; il contient la bonne ver-
sion Amô/iiare^is, au lieu de Ambivaretis; il donne Bîenoviis, au lieu defiran-
noviis, mais la bonne leçpn serait Blannoviis; il écrit £/etict;s et fia/6a/i$^ tan-
dis que presque tous les manuscrits portent Eleutetis ou Eleutheris, et /Jaba-
lis ; il donne la' bonne version Helvetiis, au lieu de Helviis ; et au même livre,
chap. 90, il contient Ambibaretos, comme les meilleurs manuscrits, au lieu
de Ambivaretos,
Les nombreuses initiales, peintes en couleurs, sont d'un genre particu-
lier et d'un goût exquis. Notes marginales.
Sur le feuillet de garde , en regard de la première page , on trouve les
noms des propriétaires de ce manuscrit au XV» siècle , dans une note ainsi
conçue : Hec C. Jullij Cesaris Comentaria illustris eques et patricius venetus
dominus Jacobus Antonius Marcellus mihi Johànni Micâelli Garrâro dono
dédit anno sup'. Millesimum qvadtrigentesimum quinquagesimo sexto (1456),
pp. q.munus einostra nosqz deberi sempitemum confitemurj Plus, tard, le pré-
nom de Micâelli a été surchargé à la plume de celui de Guidono, Très-proba-
blement, les armoiries et les initiales dont nous avons parlé plus haut sont
celles de ce Jacques- Antoine Marcello , patricien de Venise. Sur le premier
' feuillet de garde, on lit : Complet. Le 24 avril 1839. J. J. de Bure Vaine.
Ce beau manuscrit, d'une^écriture soignée, est parfaitement conservé et
très-grand de marges.
59. SUETONIUS. Vil« XH Caesarum. — In-4, de 169 ff.; let-
tres ornées; mar. bleu , fil à fr., tr. dor. (Lortic).
Beau manuscrit du XV® siècle, sur papier. Il commence par ce titre : Caij '
Suetonij tranquilli de uita duodecim Cesa':^ \\ liber primus. Caius Julius Cé-
sar incipit, La première page est encadrée dans une bordure enluminée, très-
simple, mais fort jolie. Le texte finit par les mots : deo gracias. La place pour
les mots grecs a partout été laissée en blanc. Notes marginales.
Ghaque biographie commence par une grande et belle initiale en or et en
couleurs. Grandes marges. Conservation parfaite.
60. VALERIUS MAXIMUS. De Diclis faclisque memorabilibus.
— In-fol., de 166 (f. ; bordures et lettres ornées; mar. bleu
foncé, fil., tr. dor. {Lortic).
44 MANUSCRITS.
Très-beau manuscrit du XV« siècle, sur vélin, exécuté en France. Il com-
mence au verso du premier feuillet par la table des chapitres qui finit à la
page suivante. Le prologus (fol. 3 r®) est précédé de ce titre : ValerU Maxind
factorU et \\ dktorû memorabiliu /t6* 1' idpit. Au-dessus, un écusson ar-
morié : D'azur à wi oiseau (la tête est effacée, mais c'était probablement
un Faucon) d'or; au chef d'argent à deux bandes d'azur, chargées d'un cœur
de gueules. Cet écusson touche à* une belle bordure, en or et en couleurs,
formant un angle droit à Tintêrieur duquel est placée la grande initiale en-
luminée U, du mot rr6t5 par lequel débute le prologue.
Le neuvième livre de Yalèré Maxime fmit au f. 155 v.» ; il est suivi de VJ^pi-
tome de G. Titus Probus qui est terminé par cette souscription : Decùni Kbri Caij
titiprobi epithoma desinit. A la suite, vient un petit traité sur Torganisatioii
politique, civile et administrative chez les Romains ; il commence par une liste
de sept rois de Rome. Enûn , le volume est terminé par ui^e table alphabé-
tique des matières.
Deux copistes ont concouru à la confection de ce manuscrit. Il ne con-
tient pas au premier livre les vingt-quatre exemples qu*on ne rencontre que
dans un très-petit nombre de copies. Les marges sont enrièhies de nombreuses
notes. Au dernier feuillet, on lit ces vers d'une écriture du XVI® siècle :
Dieu tout puissant Thomme bon favorize
Communément le meschant il mesprize.
Les manuscrits de Valère Maxinie sont rares. Celui-ci est fort bien con-
servé.
61. CASSIODORUS (Magnus Aiirelius). Epistolae. — In-fol.,
de 265 ff. ; bordures et Jellres ornées; mar. brun, compart.
en argent et à froid, tr. dor. et ciselée (anc, reL).
Admirable manuscrit du commencement du XVI^ siècle, sur beau vélin,
avec des marges superbes. Il commence , sans aucun titre , par la préface
de Tauteur : Cvm disertorvm || gratiam aut communibm fa\\bulis..., 'Cette
première page est ornée, de deux délicieuses bordures se touchant à angle
droit. Celle de la marge supérieure renferme , au milieu des rinceaux 4'or
sur un fond pourpre , un rond coupé de pourpre et de sinople , soutenu par
deux anges, et contenant les armoiries du pape LËON X pour qui ce manuS'-
crit a été fait, La bordure de la marge intérieure renferme les différents
emblèmes de ce souverain pontife , encadrés dans une composition du pins
beau style renaissance , qui se détache merveilleusement sur un fond en or
mat. Dans le haut, est Temblème de Laurent le Magnifique, père de Léon X,
emblème composé de trois plumes, blanche, rose et verte (symbole des trois
vertus théologales), placées au milieu d'une bague et accompagnées de la de-
vise : S^mper. Il a été porté par tous les membres de la maison de Médicis.
Plus bas, dans un médaillon, figure Tëmblème personnel de Léon X, con-
sistant en un joug, avec la devise : Suave, Il est surmonté de la lettre N, dont
nous ignorons la signification. Le tout est accompagné de branches de ro-
sier fleuries qui font aussi partie de Temblème. La grande initiale G qui
commence le texte est fort belle. On y voit , au milieu , un portrait d*homme,
à mi-corps, tenant un livre : c'est sans doute Gassiodore.
HISTOIRE. 45
Chacun des douze livres commence par une riche initiale fleuronnée;
chaque chapitre, et il y a en plus de 470, est orné d'une majuscule en or sur
un fond de couleur.
Le texte finit par cette rubrique : Cassiodori viri spectabil* liber explicit.
On connaît la rareté des manuscrits des lettres politiques de Gassiodore ,
œuvre remarquable et la seule pour ainsi dire qui nous fournisse des ren-
seignements sur l'état social et politique des Romains sous la domination des
Goths. On ne saurait en rêver un plus bel exemplaire. Notez que la reliure
elle-même a été faite pour Léon X, dont elle porte les armes peintes sur les
deux plats : c'est un superbe échantillon de Tart italien au XVI« siècle.
Il provient de la collection de M. L. Double.
62. PETRUS, monachus Vallium Sarnay (PIERRE DE VAUX
CERNAY). Gesta Simoni», comitis de Monteforle. — In-fol.,
de 71 (IF., à 2 col.; mar. brun, fil. à fr., Ir. dor.
Manuscrit du XV® siècle, sur yÉLiN, d'une belle écriture, avec rubriques.
Il commence par ce titire : Gesta nobUis vvri dûi Symcfnis \\ comitis de Mute-
forti des'cpta per \\ frem petrU monachu vallium \\ sarnay dst'cien* ordts pro-
logus II huius operis, et finit ainsi : Explicit gesta seu kystoria,.,. Amen. Bn-
dicamus dno. Deo gracias, La place pour les initiales des chapitres a été lais-
sée en blanc.
Il suffit de rappeler que Pierre de Vaux-Cernay , historien français du
XII® siècle, a été le témoin oculaire de la guerre des Albigeois , à la suite de
l'armée de Simon de Monfort , pour faire ressortir l'intérêt de ce rare ma-
nuscrit où il y a à récolter bon nombre de variantes inédites. A la fin , se
trouve une lettre du célèbre capitaine adressée aux sénéchaux à reffet de
donner aide et protection aux couvents et églises fondés par saint Domini-
que ; nous la croyons inédite. *
Grandes marges; conservation parfaite. De la bibliothèque du marquis
de Morante.
AUTEURS FRANÇAIS.
63. LES GRANDES CHRONIQUES DE FRANCE, dites de Saint-
Denis. — Gr. in-fol., de 4o4 ff*; miniatures, bordures et let-
tres ornées; cuir de Russie, ornem. à fr.; doublé de tabis;
fermoirs en argent repoussé [Gruel).
Superbe manuscrit de la fin du XI Y® ou du commencement du XV« siècle,
sur YEUN. En tête, figurent deux grandes et belles miniatures, reliées par un
cadre commun. L'une représente probablement la construction de la cathé-
drale de Saint-Denis ; l'autre, le couronnement de Gharlemagne. Le texte
commence ainsi : Cest le prologue du translateur. || Cil qui ceste ceuure \\ co--
mence a tous ceulx qui cesle \\ histoire liront Salut... La chronique s'arrête à
l'avènement de Charles VI, ce qui correspond au chap. CX de l'édition due aux
soins de M. Paulin Paris; elle ne contient pas les deux derniers chapitres,
celui du couronnement et celui du pillage de la Juiverie, qu'on ne rencontre
que dans les manuscrits postérieurs. Elle est ainsi ierimnée: ... Jlesquelsle
46 MANUSCRITS.
•
. côscentirent etorent \\ agréable et cetera. Amen, || Cy fenissent lesfaiz du bon rcy
Charles le quint ain||5f nommez.
La première page est entourée d'un bel encadrement. Des bordures et une
quantité considérable d'initiales de diverses dimensions ornent ce précieux
volume : elles sont toutes remarquables par la finesse et l'élégance du des-
sin, aussi bien que par leur fraîcheur.
Il provient de la collection d'Armand Bertin qui l'avait acheté en Angleterre.
Dans le catalogue de vente de la bibliothèque de cet amateur distingué, nous
relevons cette note : « Une main sacrilège avait enlevé au cominenceinent
a une miniature qui remplissait la moitié d'un feuillet, et dans le cours du
« volume un ceilain nombre de lettres ornées. Ces imperfections ont été ré-
« parées avec la plus grande habileté et avec le soin le plus minutieux [par
« un excellent calligraphe, M. Victor Rougé]. »
En effet, il faut en être prévenu pour s'en apercevoir.
64. CHRONIQUES DE NORMANDIE. — Ih-foi., de 25'j AT.;
miniatures et lettres ornées ; rel. luolle en parch.
Admirable manuscrit du XY« siècle , sur vélin, d'une belle et grande écri-
ture gothique , semblable à celle du célèbre manuscrit des Chroniques de
Froissart que possède notre Bibliothèque nationale. Il est orné de quinze
GRANDES MINIATURES, d'une beauté et d'une finesse rares.
La première, placée en tète, représente la Descente en Normandie du
FAMEUX RoLLON, OU Rou ; puis Robert, premier duc de cette province. C'est
un ravissant petit tableau. Un vaisseau aborde devant une ville fortifiée
dont on admire les beaux édifices : c'est indubitablement Rouen. Sur les
murs de la ville, des guerriers sont réunis autour d'un chef qui tient un
sceptre à la main ; d'autres guerriers à pied et à cheval sortent de Tenceinte
fortifiée pour se porter au* devant des conquérants. A droite, au second plan,
un autre fiavire vient de débarquer, sur une île dont ne voit qu'une partie ,
une petite troupe à la rencontre de laquelle vient un détachement de cava-
liers. Derrière eux, apparaît une magnifique église à tours élevées , ren-
fermée dans une enceinte également fortifiée. Au fond, le fleuve est bordé
par une chaîne de monticules , sur l'un desquels se dresse un gibet avec le
corps d'un pendu. Au-dessous de cette miniature, commence le texte par ces
mots , sans aucun titre : Pour ce que ceulx de bonne vou\\lenté qui tendent vefiir
a hon\\n€ur selon Dieu... L'initiale P, richement enluminée, renferme un écus-
son armorié : de gueules à trois chevrons d'or ; l'écu est sommé d'un heaume
avec ses lambrequins et ayant pour cimier deux bras tenant un cœur. Ces
armes reparaissent aussi dans une initiale, au fol. 151 r°. La page'entiëre est
encadrée dans une bordure historiée d'un grand luxe.
La seconde miniature (fol. 24 r*») représente le Mariage du duc Rou
AVEC Gille ou Gisèle de France, en présence du roi Charles le Simple,
père de la dame (912). La cérémonie a lieu sous un riche portique, au milieu
d'une nombreuse assistance. La finesse d'expression de toutes les têtes est
vraiment extraordinaire, ainsi que la beauté des monuments d'architec-
ture.
Dans la troisième (fol. 35 vo), nous assistons au Départ du duc Guul-
LAUME, dit Longue-Èpée, de la ville d'Amiens, et a son assassinat à Pé-
HISTOIRE. 47
QuiGNY-suR-rSoMME PAR LES GENS d'Arnoul, COMTE DE FLANDRE (942). Re-
marquables spécimens d'architecture.
Dans la quatrième (fol. 74 ro), Richard sans Peur fait rebâtir l'é-
glise DE Fécahp.
La cinquième (fol. 88 r») est composée de deux parties ; dans celle de
droite, on voit porter à Fécamp le duc Richard II, dit le Bon; dans celle de
gauche, il est représenté sur son Ut de mort , au milieu de son entourage
(1027). -^
La sixième (fol. 89 r«) représente la Prise du château d*Alençon par
LE DUC Robert I»', dit le Diable^ père de Guillaume le Conquérant.
Dans la septième (fol. 101 r^), le môme Robert I^^, atteint d'une maladie
pendant son pèlerinage à Jérusalem (1035), se fait porter en litière par des
Éthiopiens, ce qui lui faisait dire en plaisantant « qu'il allait au paradis,
mené par des diables ». (Voir la reproduction au catalogue illustré.)
La huitième (fol. 138 v^*), divisée en deux compartiments, représente
d'un côté Edouard, roi d'Angleterre, sur son lit de mort, de l'autre, le
Couronnement d'Herald.
La neuvième (fol. 155 v^) a pour sujet le Débarquement de Guillaume
LE Conquérant sur les cotes d'Angleterre et la bataille d'Hastings
(14 oct. 1066).
La dixième (fol. 160 v®) nous fait assister à un épisode de la Bataille
d'Hastings, au moment où les Normands simulent la fuite pour faire sortir
les Anglais de leurs a hourdis ». Au fond , on voit l'Abbaye de la bataille ,
fondée par le duc Guillaume sur le champ d'Hastings. .
Dans la onzième (fol. 167 r°), les familles de l'armée vaincue viennent en-
lever leurs morts après la bataille. Le corps du roi Herald ou Harold est
transporté par des religieux au monastère de Watham. Au fond, V Ab-
baye de la bataille. (Voir la reproduction au catalogue illustré.)
La douzième (fol. 176 r») représente d'un côté les Funérailles de Guil-
laume le Conquérant, de l'autre, le Couronnement de GuilLaume le Roux,
par Lanfranc, archevêque de Canterbury (1087). ,
Dans la treizième (fol. 186 r^) est représentée la chasse à Newforest (au-
jourd'hui' le parc de Southampton) où le duc Robert II, dit Courteheuse,
trouve la mort (1100).
La quatorzième (fol. 213 v») représente la Bataille du Mans, entre
Henri II, roi d'Angleterre, et le roi de France Philippe- Auguste , assisté du
prince Richard Cceur de Lion (1189); A droite, la ville du Mans en flammes ;
au fond, des embarcations garnies de troupes.
Enfin, dans la dernière (fol. 244 v»), nous avons sous les yeux le Siège
DU Château de chalus où Richard Cœur de Lion, alors roi d'Angleterre et
duc de Normandie , est mortellement atteint de la flèche de Bertrand de
Gourdon (1199). Chatus est situé au centre du plateau du Limousin, mais
le miniaturiste, pour produire plus d'effet, a pris la licence d'y figurer un
port de mer. (Voir la reproduction au catalogue illustré.)
Ces peintures nous offrent un des plus beaux spécimens de ce que l'art
français a produit au XV® siècle. Elles fournissent en outre de précieux dé-
tails pour les costumes, l'ameublement, les cérémonies rehgieuses, l'archi-
tecture , la construction navale, lés armes et les armures, etc. Ce n'est pas
tout. Le volume renferme en outre plusieurs centaines d'initiales enlumi-
48 MANUSCRITS.
nées, de dimensions variées : les plus grandes ont presque sept centimè-
tres carrés. Chacune d'elles présente au milieu un sujet d'ornement ou un
surjet de genre, délicieusement peints en camaïeu, or ou blanc, sur un fond
de couleur. On y voit des animaux réels ou fantastiques, des pièces héral-
diques, des fleurs, des luttes, des tournois, des scènes des mœurs, plusieurs
sujets de danse des morts , etc. Tous les bouts de lignes sont garnis de tirets
diaprés. La liste des chevaliers qui ont pris part à la conquête de l'Angle-
' terre (foi. 163 à 166) est entourée d'un grand luxe ; chaque ligne de cette
liste commence par une belle majuscule peinte.
Le texte finit par cette phra^ : Cest an sesunirent (sic) les crestiens de toutes
terres a eulx croisier pour aler en Jhertisalem concquerre la sainte terre. L'au-
teur anonyme finit son histoire à la paix de 1217 entre Henri III, roi d'An-
gleterre, et Philippe-Auguste. Sa rédaction est cependant postérieure à 1^0,
car, vers la fin, il fait mention du rachat de saint Louis.
Plusieurs extraits de ce manuscrit ont été donnés au siècle dernier dans
les t. XI et Xin du Recueil des historiens des Gaules et de la France^ publié par
les religieux bénédictins de la congrégation de Saint-Maur. Il appartenait à
ce moment à Charles- Antoine Bernard, marquis d'Averne, maréchal des
camps et armées du roi ; depuis , il passa, *par héritage, entre les mains de
M. de Yauquelin d'Ailly qui a mis son nom sur le parchemin de la reliure.
65. CHRONIQUES ABRÉGÉES DES ANCIENS ROIS ET DUCS
DE BOURGOGNE. — In-4, de i5 ff.; miniatures; velours
rouge, milieu, coins et fermoirs de cuivre repoussé (reL du
temps) ; ëtuien mar. vert {Lortic).
Manuscrit de la fin du XV^ siècle, sur vélin, de la plus haute importance.
C'est une suite de onze buniatures couvrant la page et accompagnées d'un
texte très-court. Le siget principal de chacune de ces miniatures occupe les
deux tiers de la page ; au-desbous, dans une riche boiidure, il y a invariable-
ment trois lignes de texte.
Le recto du premier feuillet est blanc ; au vei-so, se trouve une miniature
formant frontispice. Dans une galerie somptueuse dont le côté droit laisse
voir des rayons chargés de volumes reliés , un clerc vénérable, richement
vêtu et de haute stature, enroule autour d*un pilier sculpté l'extrémité d'un
grand rouleau sur lequel on lit, en lettres d'or : S'ensieuent aukwms cronir
ques ex H traittes daulcuns anciens registres et \\ aultres enseignemens danciens
roix II princes et pltiisz saintes personnes is\\sv^ de la tresnoble et anchienne
maisoW de bourgongne, A gauche, au-dessus d'une frise, deux lions soutenant
un écu aux armes primitives de Bourgogne.
En regard de ce frontispice , se trouve la seconde miniature qui offre
trois sujets distincts, mais liés étroitement entre eux. A gauche, sainte Marie-
Madeleine assiste, à Aix en Provence, au baptême administré par saint Maxi-
min àTROPMiHE, premier roi de Bourgogne, ainsi qu'à sa femme, que la sainte
avait convertis à Marseille. Au milieu , Etienne, le second roi légendaire,
quitte son palais pour accomplir un pèlerinage à Saint-Victor, de MarseiUe où
il fait porter la croix de saint André, par reconnaissance pour sainte Made-
leine qui l'avait ressuscité, ainsi que sa mère. Cette creix est devenue -depuis
l'enseigne des ducs de Bourgogne. Dans la partie droite , est représentée la
HISTOIRE. 49
scène de la résurrection dont nous venons de parler. Les trois lignes de texte
par lesquelles commence cette chronique sont ainsi conçues : Lan quatorse
après la resurrecti\\(m nostre sr la glorieuse mag\\delaine parsa prédication
co[verii],.. Le texte continue à la page suivante. (Voir dans le catalogue il-
lustré la reproduction, pai* la gi*avure sur bois, de ce curieux petit tableau.)
Dans la troisième miniature (fol. 3 r^), Guilpérig I<»r, roi de Bourgogne,
accompagné de sa suite, accueille, à la porte d'une église, saint Oyant et
sainte Loxicine (Lucienne), qui < furent disciples de monsr saint lehan evan-
geliste et apportèrent Vappocalipse en Bourgongne, » Il fonda pour eux Tab-
baye de Saint-Oyant (?).
La quatrième miniature (t. 4 Y*) représente, dans un petit compartiment
à gauche, le Martyre de saint Maurice, neveu deSigismond IV, roi de Bour-
gogne, et de plusieurs de ses compagnons ; le reste de la peinture nous laisse
voir rintérieur d'une belle église romane où s'accomplit le Baptême de
Glovis, sous les yeux de sainte Glotilde. Le bon patriote bourguignon qui a
rédigé le texte ne manque pas, à cette occasion, de décocher à ses ennemis
d'alors ce trait malin qui caractérise l'époque : a Et estoient christiens les
« roix de Bourgongne longtemps avant qu'il y eust roy crestien en France. »
La cinquième miniature (fol. 5 vo) nous fait assister à la grande bataille
où « Thierry [II], roy de Bourgongne, desconfist Lothaire [Glotaire], roy
« de France, II« de ce nom, l'an VI^ V (605). » L'artiste, d'accord en cela avec
la légende , y représenta , planant au-dessus des armées , « ung angèle quy
« sur le peuple tenoit une espée toute nue. » Il s'agit probablement de la ba-
taille d'Ëtarapes dont la date est fixée par les historiens à l'année 604.
Dans le sixième tableau (fol. 7 v»), Gérard de Rousaillon, le célèbre
héros des chansons de geste, remporte une victoire sur le roi de France. Au
fond, on voit Vabbaye de Vezelay, fondée par Théochus , roy de Bourgogne,
père de Gérard; et terminée par ce dernier; sur la route, on distingue le cor-
tège qui y transporte le « corps de la glorieuse Magdelaine, comme il ap-
< pert en sa légende. »
La septième miniature (fol. 9 yo) représente saint Bernard au moment
où il prend possession , avec les moines de Giteaux , de la célèbre abbaye de
Clairvaux. On lit au bas : « Saint Bernard, chapelain de k Vierge Marie, des-
« cendy de la maison des roix de Bourgogne. » Il était, en effet , allié pai* sa
mère Âleth (diminutif d'Elisabeth) à la première maison des ducs de Bour-
gogne. Gette page, remarquable pour la partie architectonique , est reproduite
en gravure sur bois au catalogue illustré.
La huitième (fol. 10 vo) représente I'empereur Frédéric Barberousse,
<K frère de Boson, roy de Bourgogne, » en vêtements impériaux, la couronne
sur la tête, l'épée haute dans une main et le globe dans l'autre. Il sort d'un
palais, suivi de ses barons. Â droite, on voit la mer et deux vaisseaux garnis
de guerriers : il faut probablement y reconnaître l'expédition de Barberousse
pour la croisade.
Dans la neuvième (fol. i3 ro), Philippe le Bon , duc de Bourgogne, est
assis sur le trône entouré de ses barons et chevaliers de la Toison d'or. Sur
les marches du trône, repose un lion; à gauche, un valet nègre caresse un
lévrier blanc.
La dixième (fol. 44 r«) nous montre Gharles le Téméraire sur son
trône, entouré des chevaliers de la Toison d'or et des ofQciers de sa cour. Au
4
50 iMANUSCRlTS.
dehors du palais , les domestiques des seigneurs bourguignons avec leurs
chevaux ; sur le premier plan, on voit le palefroi blanc du duc, richement ca-
paraçonné. (Voir la reproduction, en chromolithographie, de cette miniature
au catalogue illustré. )
Dans la onzième (fol. 15 r«), divisée aussi en deux compartiments, Maii-
MiLiEN, archiduc d'Autriche (plus tard le célèbre Maximihen I*', empereur
d'Allemagne), accompagné de ses barons, remet une épée de chevalier à son
jeune fils Philippe (plus tard Philippe le Beau, roi de Gastille etpèredei l'em-
pereur Gharles-Quint) qui lui est présenté par sa mère Marie de Bourgo-
gne, fille unique de Charles le Téméraire. La duchesse est accompagnée des
dames de sa cour. Au fond de la salle, est représenté le Lion de Flandres;
assis sur le parquet. A travers les vitres de deux grandes fenêtres, on voit,
dans le lointain, les monuments d'une ville. Dans le compartiment gauche,
attenant à cette miniature, est représentée l'entrée du palais ducal : un hal-
lebardier se tient au pied du perron; le Lion de Fiandi*es est couché dans
une niche. Au fond , on aperçoit en partie une belle église gothique et des
maisons. On trouvera dans le catalogue illustré une reproduction, en gravure
sur bois, de cette curieuse miniature.
Ces miniatures sont. autant de petits tableaux, intéressants à étudier au
point de vue du costume, des armes, des armures, de l'architecture et de l'his-
toire de l'art. Les paysages en sont ravissants. Les bordures placées au-dessous
offrent ce qu'il y a de plus parfait en ce genre à cette époque. La richesse et
la variété des dessins, le choix heureux des sijgets d'ornementation, l'harmo-
nie des couleurs, tout s'y trouve réuni. Toutes, elles ont un fond or mat, poin-
tillé, sur lequel se détachent, en relief, des branches d'arbustes peintes en gri-
saille, des fleurs, des fruits, des singes, des oiseaux, des papillons, des in-
sectes, des êtres fantastiques, enfin des créatures hvunaines, telles qu'une dame
avec un chien, une demoiselle pinçant de la guitare, un berger jouant de la
musette, un archer lançant sa flèche sur un oiseau qui s'envole.
A quelle école appartient l'artiste qui a exécuté ces belles peintures? On
ne peut, à notre avis, le rattacher à l'école flamande. La simplicité dans la com-
position, la naïveté d'expression des figures et du style en général , enfin cer-
tains défauts caractéristiques le rapprochent de l'École firançaise. Nous pen-
sons que le miniaturiste était de la Bourgogne proprement dite, peut-être
de Dijon môme.
Reste à savoir pour qui a été fait ce somptueux manuscrit. Il faut d'abord
remarquer qu'il a été conçu dans une idée politique. D'un bout à l'autre, le
texte est un panégyrique exalté de la puissance et du grand rôle historique
du duché de Bourgogne. L'auteur augmente le nombre de ses anciens sou-
verains, l'appelle royaume, et ce n'est qu'en approchant des temps modernes,
qu'il juge à propos de soutenir que c'est par l'efifet de la haine et par trahison
que ce titre fut changé en celui de duché. Bien que le manuscrit soit posté-
rieur à la réunion de la Bourgogne au royaume de France , opérée par
Louis XI, non-seulement notre chroniqueur ne parle point de ce grand fait
historique , mais il affirme les droits^ des héritiers de Charles le Téméraire
sur ce pays, et octroie au jeune Philippe, fils de Maximilien d'Autriche, le
titre de duc de Bourgogne. C'est donc une sorte de protestation contre Van-
nexion de ce duchéy et, comme telle , elle ne pouvait être adressée qu'à celui
qui y était le plus directement intéressé. L'auteur enregisti*e la mort de
HISTOlRfc:. 51
Marie de Bourgogne (1481), et finit ainsi sa chronique (fol.l5 v») : « Desdiz
MA.XIMILIAN et Marie , duc dAmtrice et ducesse de Bourgongne, est descendy
a Phelippe, duc de Bourgongne et conte de Flandres, leur seul fil, et n'auoit
« iceluy que trois ans et IX mois au trespas de lad. feu Marie, sa mère, d Le
manuscrit ne doit donc pas être de beaucoup postérieur à cette date , et il
est forcément antérieur au 16 février 1486 , où Maximilien , qualifié ici dttc
d'Autriche, fut élu roi des Romains.
De tout ce qui précède, il résulte pour nous presque la certitude qu'il a
été exécuté pour ce même Maximilien (depuis empereur Maximilien I®r) :
soit directement, soit qu'il lui ait été oiTert par quelque ardent légitimiste
bourgtlignon de cette époque. On remarquera môme que le portrait de ce
prince, zélé protecteur des arts , est assez ressemblant.
Nous n'insisterons pas davantage sur l'intérêt exceptionnel qu'oifre ce
manuscrit unique , dont les. peintures sont d'une fraîcheur et d'une conser-
vation parfaites. Il a été acquis par M. Didot, en 1865, pour une somme
supérieure à son pesant d'or : celle de dix mille francs.
66. LE TRESPAS DE L'HERMINE REGRETÉE (Funérailles
d'ANNE DE BRETAGNE, reine de France, par un ano-
nyme). — In-4, de 4o ff« (l^s deux derniers sont blancs);
miniatures et lettres ornées ; mar. rouge, fil., tr. dor. (Z?e-
rome).
Admirable manuscrit sur vélin, exécuté vers 1515. Ce récit détaillé
des funérailles d'Anne de Bretagne, rédigé par un témoin oculaire qui a
gardé l'anonyme, diffère, tant par le style que par certains détails fort im-
portants, de la relation officielle, écrite, sur l'ordre de Louis XII, par Pierre
Choque, dit Bretagne^ roi d'armes de la défunte (voir le n» suivant). Il est
ENTIÈREMENT INÉDIT, et mériterait d'être publié. De plus, il est orné de
CINQ MINIATURES (nou compris le titre) d'une grande beauté.
 la première page, est peint un drap noir, chargé d'une croix blanche au
milieu de laquelle, sur une tablette fixée au drap par une épingle, on lit le titre
du volume : Le. Tres=:\\pas, de. \\ lher=\\mine. || regre=\\tee. Cette croix est
cantonnée de quatre écussons aux armes de la reine, mi-parties de France et
de Bretagne et entourées de la cordelière.
Le texte commence au feuillet suivant, en ces termes : « Or prions Dieu
pour les âmes des trespassez. Singulièrement et très eacpressement pour celle
de très haulte, très puissante, très illustre et très magnanime princesse Madame
Anne, etc. » L'auteur anonyme de cette rédaction devait être un des officiers
intimes de la princesse et de ceux qui l'ont le plus regrettée. Une douleur
profonde, pénétrée de sentiments élevés, perce sous sa plume, et rien que le
choix de ce titre mélancolique semble témoigner de la sincérité de ses regrets.
La première des miniatures (fol. 5 v») (ellos sont toutes de la grandeur
des pages) représente la Reine morte, couchée sur un lit de parade, dans
sa chambre du château de Blois. Le visage de la reine , noble et calme ,
est d'une grande beauté. Autour d'elle, les dames de son service , vêtues de
deuil, ainsi que des religieux et des religieuses, assis ou à genoux, disent des
prières.
La seconde miniature (fol. 12 v») nous fait voir l'Intérieur de l'église
52 MAxNUSCRITS.
Saint-Sauveur a Blois, au moment où Tévéque de Paris dit la messe devant
le somptueux catafalque de la reine. Cette miniature est reproduite en gra-
vure sur bois dans le catalogue illustré.
Les deux miniatures suivantes sont placées Tune en regard de Pautre (fol.
27 vo et 28 ro) et forment ainsi un tableau du plus bel effet. C'est TArrivée
DU CORTÈGE FUNÈBRE A L*ÈGLiSE Notre-Dame DE PARIS. Le Cardinal Jean de
Luxembourg, arclievêque du Mans, assisté de Tévêque de Paris et d'un nom-
breux clergé, vient, à la porte de la cathédrale, au-devant du corps delà
reine, qui est couvert d'un drap d*or surmonté d'une effigie de cette prin-
cesse, et porté par les Henouards (mesureurs de sel de Paris). Les quatre pré-
sidents du Parlement, vêtus de leurs chapes écarlates fourrées de menu
vair, tiennent chacun un des coins du drap. Derrière le corps, quatre écuyers,
vêtus de deuil , portent le paile (dais) qui surmontait le corps pendant la
marche, tandis que d'autres personnages , tous en grand deuil , ont à la main
des torches aux armes de la reine. Le devant des maisons, sur le parcours
du cortège, est tendu d'un di'ap bleu à flammes d'or.
Enfin, la dernière miniature (fol. 36 r») représente I'Ensevelissement
du corps de la reine dans le caveau du chœur de la cathédrale de Saint-
Denis. Le cardinal du Mans jette sur la dépouille mortelle une pelletée de
terre, tandis que Pien-e Choque , roi d'armes de Bretagne, reçoit , des mains
du gi-and écuyer, la couronne ducale pour la poser sur le cercueil. La céré-
monie représentée dans ce petit tableau, supérieurement exécuté, ainsi que
le texte qui s'y rapporte , ne nous sont connus que 'par le présent manuscrit :
c'est ce que M. Le Roux de Lincy a signalé dans sa belle monographie
d'Anne de Bretagne.
On ignore le nom du miniaturiste, qui compte , en tout cas , au nombre
des meilleurs artistes de la cour de Louis XII. Les cinq compositionc ci-des-
sus diffèrent complètement de celles qui ornent la relation officielle des fu-
nérailles (voir le n» suivant). Elles sont fort bien dessinées, et ce qui frappe
surtout, c'est le jeu naturel et l'expression vraie des physionomies.
Le texte , dont chaque paragraphe commence par une initiale peinte en
or sur un fond rouge ou bleu , finit ainsi : « Lors commença ledit roy d'armes
« Bretaigne à crier à haulte voix en ladicte salle^ disant : La trescresHenne
« royne et duchesse nostre souveraine dame et maistresse est morte ! Chasam se
« pourvoye ! Finis, »
Ce manuscrit avait appartenu au siècle dernier au chancelier d'Agubs?
SEAU , ce que constate une assez longue note sur le feuillet de garde. Il y
portait le n® 4859. D'après cette note , il était relié en velours noir, avant
d'avoir été revêtu de sa couverture actuelle. Un second enregistrement , si-
gné par le bibliothécaire du chancelier, figure au verso du titre. Mais ce
beau volume a une provenance bien plus illustre encore. Il figure, en effet, au
catalogue de la riche collection de manuscrits du GRAND CONDÉ, catalogue
publié par M. Le Houx de Lincy dans le Bulletin du bibliophile, 1860. Bien
que l'indication se borne à cette mention : IV^ 185. Le Trépas de l'hermine
regrettée, l'identité nous paraît hors de doute, attendu qu'on n'en connaît
pas d'autre exemplaire. En 1862 il figurait au catalogue raisonné d'une
belle série de manuscrits faisant partie de la librairie Techener : il y était
coté 5,000 fr.
Ce précieux manuscrit est dans un état de conservation parfaite.
HISTOFRE. 53
67. FUNÉRAILLES D'ANNE DE BRETAGNE (par Pierre Cho-
QUE, dît Bretagne^ roi d'armes). — Pet. in-foL, de 64 ff.;
miniatures et lettres ornées; mar. noir, doré en plein, Ir.
dor. {aric, reL).
Superbe manuscrit sur vélin, exécuté vers 1515. C'est la relation offi-
cielle des cérémonies funèbres, relation dont nous avons parlé ci-dessus.
Louis XII en fit exécuter un certain nombre d'exemplaires , qui furent tous
ornés de onze miniatures , toujours les mômes, représentant les principaux
épisodes des funérailles , et dont le célèbre peintre Jean Perréal , dit Jean
de Paris, avait fourni les modèles. Ces exemplaires ont été distribués, chacun
avec une dédicace spéciale , aux princes du sang et aux parents de la dé-
funte. On en connaît aujourd'hui près de vingt exemplaires, dont dix sont
conservés à la Bibliothèque nationale. On n'en cite qu'un seul appartenant à
un particulier : c'est celui de la célèbre collection de sir Thomas Phillips , au
château de Middlehill.
Notre manuscrit commence au verso du ler feuillet par une petite mi-
niature représentant un écusson aux armes de la reine, surmonté d'une
double couronne et supporté par un ange à genoux et par un lion. Une her-
mine, avec la devise : A ma Vie, est placée au-dessous. Plus bas, la lettre N en-
luminée devait commencer la dédicace qui n'a pas été faite. Le texte est
précédé de ce titre en rouge : Comemoration et auertissement de la \\ mort
de trescrestiene, treshaulte, trespuis\\sante et tresexcellante princesse ma très-
doubtée \\ et souueraine dame. Ma dame Anne, deux foiz roi/\\ne de France^
duchesse de Bretaigne, seuîle héritière \\ d'icelîe noble duché. Contesse de Mont-
fort^ de B.iche\\môt, d'Estampes et de Vertuz, Ensaignement de \\ sa progé-
niture Et complainte que faict Bretai\\gne, son premier herault et Vun de ses
roys d'armes. Suit d'abord cette Complainte en vers, puis la Généalogie
de la reine, « faitte en termes rudes et ryme selon les ystoires antiques »,
qui se poursuit pendant vingt et une pages. Nous arrivons ensuite à la rela-
tion du décès et des funérailles de la reine.
Voici les sujets des dix autres miniatures : !<> Exposition du corps sur un
lit de parade , dans la salle d'honneur du château de Blois (fol. 12 r»); —
2» Ensevelissement du corps (fol. 14 r°); — 3*> Prière autour du cercueil
(fol. 16 vo); — 4° Signe étrange qui a été vu au-dessus de la ville de Suze,
et en plusieurs lieux du Piémont, de la Savoie, etc., le jour du décès de
la reine (fol. 19 r» ) ; — 5» La Chapelle ardente à l'église Saint-Sauveur à
Blois (fol. 26 ro); — 6° Le Cortège funèbre à Paris; le cercueil est porté
par les hénouards, et accompagné par les présidents du Parlement (fol. 42 r**) ;
— 7** La Chapelle ardente à Notre-Dame de Paris (fol. 44 r®); — 8® La Cha-
pelle ardente à l'église de Saint-Denis (fol. 46 v°) ; — 9® L'Exposition du
cœur de la reine dans la chapelle de l'église des Carmes, à Nantes (fol. 57 r") ;
— 10° La Boîte d'or, en forme de cœur, surmontée d'une couronne et cou-
verte d'inscriptions gravées, dans laquelle fut enfermé le cœur de la dé-
funte (fol. 61 r«).
Quoique inférieures à celles du précédent manuscrit, ces miniatures sont
fort belles et d'une grande fraîcheur. Elles ont été reproduites dans les
Monuments de la monarchie françoise, de Montfaucon, t. IV.
Sur les marges sont peintes les armoiries des principales villes que tra-
r,4 MANUSCRITS.
versa le cortège funèbre, telles que Blois, Orléans, Janville, Étampes et
Paris. Chaque paragraphe du texte commence par une initiale enluminée.
Au milieu de la relation, on a intercalé des rondeaux, en forme d'épîtaphe,
complaintes de mort, etc., dus à la plume d'André de la Vigne, secrétaire
de la reine et auteur de quelques bonnes pièces de notre théâtre comique.
On y trouve aussi d'autres pièces de vers écrites par des anonymes. Cette
relation a été publiée par MM. Merlet et de Gombert en 1858.
La reliure de ce volume est digne d'attention. Elle paraît avoir été exé-
cutée au XV1« siècle , dans l'atelier des Eve peut-être. Les plats sont par-
semés de fleur de lis, d'hermines et d'A couronnés. Au milieu, dans un
riche fleuron , on voit les armes d'Anne de Bretagne. La dorure à petits
fers est remarquable ; le tout est parfaitement conservé.
Ce manuscrit a figuré au môme catalogue que le précédent, au prix de
3,000 fr. Depuis, il a reparu, à la vente Libri (1864).
M. Techener a fait reproduire le dessin de cette belle reliure dans son
Histoire de la hibUophilie.
68. TERRIER DU MARQUISAT DE BREVAL. — In-fol., carré,
de 86 ff.; miniatures; mar. noir, compart. et fleurons en
argent et en mosaïque, tr. dor. (anc, reL).
Manuscrit du XYI® siècle , sur vélin. Il est intitulé : Procès verbal de la
refformacion de la for est de Breval et du Brueil de Gainville, pour haulte et
puissante dame Madame Lionne de Poytiers, duchesse de Valentinois, contesse
de Maulevrier, dame d'Annet et de Breval, Ce titre est répété sur le feuillet
de garde.
C'est l'exemplaire même de DIANE DE POITIERS, dans sa reliure ori-
ginale , portant sur les plats les emblèmes de la duchesse : trois croissants
entrelacés, entourés d'un cadre formé d'arcs ; et, au dos, le chiffre de Diane et
d'Henri II.
Le recto du feuillet qui suit le titre est entièrement occupé par un grand
écusson aux armoiries paternelles de Diane (de Saint- Vallier ) ; le fond de
la page est peint en bleu , parsemé de flammes d'or.
Au recto du feuillet suivant, figurent ses armoiries personnelles : Parti:
au 1<^, dazur à huit croisettes d'or passées en orle autour d'un écusson d'azur
bordé d'or et chargé d'un autre écusson d'argent ; qui est de Brézé ; au 2*, écar-
telé : aux i et 4, d'azur à six besants d'argent; au chef d'or; qui est deBaint-
Vallier ; au 2, d'azur semé de fleurs de lis d'or ; au franc quartier d'argent,
à trois croissants de gueules; au 3, d'argent aux emmanchés de sable; qui est de
RuFn. L'écu en losange est surmonté d'une couronne ducale , et entouré
de la cordelière de veuve. Aux coins de la page, sont peints en or deux arcs
et deux carquois garnis de flèches. Le fond est peint en bleu et parsemé de
lunes d'or.
Au recto du feuillet suivant , on voit les armes de son mari , Louis de
Brézé , surmontées de la couronne de comte et entourées du collier de Saint-
Michel. Le fond peint en bleu est parsemé de pensées.
Ces trois pages sont encadrées dans une bordure noir et or.
Le procès-verbal en question date du 1er avril 1544. Il a été dressé par-
devant Paul de Yillemor, conseiller du roi. On y trouve l'historique de la
propriété de la forôt de Breval et autres lieux.
HISTOIRE. 55
A la suite de ce volumineux document, on a ajouté les pièces suivantes :
1<* Note adressée au prince de Tingry au sujet de la rénovation des ter-
riers du marquisat de Breval lui appartenant ; sur papier, sans signature ;
2® Nomination à la charge de garde-péche dans la rivière d'Eure, et de
garde-chasse dans le marquisat de Bréval, d'un nommé Clair-Joseph Peret ,
habitant de la paroisse de Bué ; original en parchemin , daté du 21 septembre
1771, signé par Charles-François-Christian de Montmorency-Luxembourg,
prince de Tingry, et scellé de son cachet ;
3® Copie sur parchemin de deux actes émanant du roi Philippe V (1317
et 1318), à Teffet de constater que la châtellenie de Breval a toujours été
du domaine du Roy.
Le volume entier et la reliure sont parfaitement conservés.
69. STATUTS DE L'ORDRE DE SAINT-MICHEL. — In-4, de
44 ff*M miniatures et lettres ornées; mar. noir, compart.
fleurdelisés, tr. dor. {reliure du XFP siècle).
Manuscrit du XVI« siècle, sur beau vélin et d*une belle écriture ronde.
Il commence ainsi , sans aucun titre : La table des cfuippitres du Hure de \\
lordre du treschrestien Roy de France \\ Loy$ vnziesme. A Ihonneur de sainct
Il Michel
Ces statuts de Tordre de Saint-Michel , créé par Louis XI au château
d'Amboise, le l«r août 1469, comptent 92 articles. En tête (fol. 7 r»), se trouve
une miniature de toute beauté , admirablement conservée , et occupant les
deux tiers de la page : elle représente la réception d*un chevalier de Tordre.
Elle est entourée, ainsi que quatre lignes de texte écrites au-dessous, d'un
beau cadre style Renaissance, avec les armes de France au bas. Nous en don-
nons une reproduction au catalogue illustré.
Chaque paragraphe de la table et du texte commence par une charmante
initiale en or et en couleurs.
De la bibliothèque Yemeniz.
70. DIPLOME délivré à MARIE-ANTOINETrE, daupliine de
France , par rAcadémie des sciences et des beaux-arls
d*Augsbourg, en qualité de membre honoraire. — In-fol.,
de 3 ff.; relié en velours rouge.
Original en parchemin , daté du 28 avril 1770, et signé : Johann Daniel
von Eerzberg^ Prœses; — Johannes Esaiasvon Nilson, Director; — Hierony-
mus Andréas Mertens, Secret ar lus.
En tête , figurent les armes de TAcadémie, dessinées à la plume. Les
noms, prénoms et titres de la Dauphine, ainsi qne les premières lignes du di-
plôme , occupent trois pages , et sont écrits en beaux caractères gothiques,
avec un grand luxe d'ornements. Le calligraphe de TAcadémie des beaux-
arts d'Augsbourg a produit ici un chef-d'œuvre du genre.
IMPRIMÉS
IMPRIMES
BELLES-LETTRES
I. LINGUISTIQUE
71. Etymologicum magnum (en grec). (A la fin : ) Imprimé à Fe-
nise par Zacharias CalUergi^ aux frais du noble et illustre
Nicolaos BlastoSy deCrète^ i499- ^^' iï^-fol.; veau fauve, fil.,
Ir. dor.
Édition pnncéips. Chef-d'œuvre de typographie, remarquable par la beauté
des types grecs et par le luxe de son illustration. Le célèbre Marc Musurus a
fait insérer en tête une préface fort intéressante pour l'histoire littéraire.
M. Didot a consacré à ce beau livre une longue étude dans son ouvrage sur
Aide Manuce (p. 546 à 561).
Exemplaire Renouard, très*pur et presque à toutes marges.
72. MANUTIUS. Aldi Manuiii Romani Rudimenta Grammatices
iaiinae linguae. (A la fin : ) Fen. (apud ^Idum), mense febr,
D I, (i5oi). In-4; mar. rouge, fil. à froid, fleurons, tr. dor.
[Hardf). •
Première et très-rare édition, avec les deux appendices. Aide a placé en
tête une curieuse épître qui touche à des questions délicates de pédagogie.
Voir Didot, A/de Afanuce.
Très-bel exemplaire, grand de marges.
73. DESPAUTERIUS (Joh.). CommentariiGrammatici. Parisiis,
exoff. Bob. Slephaniy i537. In-fol.; veau fauve, fil., tr. dor.
[Bofet).
Une des plus belles impressions de Rob. Estienne.
Superbe exemplaire, réglé, aux armes du comte d'Hoym, provenant de la
bibl. Morante.
60 BELLES-LETTRES.
74. GASPARINI PergamensisOrthograpliiae liber fœliciter incipit.
— GUÂRINI Veronensis de diphlhongis libellus fœliciler
incipit. ( Absque nota.) lD-4y de 2^3 (T. dont 4 blancSi et 9
fr.fSans ch.,recl. ni sign.; lettres rondes; mar. bleu, (il.,
riches conipart. sur lesplals, tr. dor. (Lortic).
Édition extrêmement rare. C'est on des quatre premiers livi*es imprimés
par Martin Crantz, Ulrich Gering, Michel Friburger, dans le local qu'ils oc-
cupaient à la Sorbonne, avec les caractères des Epistolœ du même auteur et
dans la même année (1470), car la fonte n'est pas fatiguée.
Magnifique exemplaire.
75. JANUA (Joli. de). Calholicon. (A la fin :) Àltissimi presi-
dio,,. hic liber egregius. catholicoa. dhcie incamacionis cumis
M. cccc. IX. (1460) j^bna in urùemaguntina,,. confectus est,
Gr. in-fol., goth.; relié en 2 part, en mar. bleu, riches
comp., tr. dor. (Masquillier).
Édition pr inceps, attribuée aux presses de Gutenberg. Le volume com-
mence, sans intitulé, par ces mots : (P) Rosodia quedâ ps'gràmatice nuncupa-
tur.,, La page est entourée d'un encadrement peint en or et en couleurs. Nom-
breuses initiales enluminées.
Superbe exemplaire, de la bibl. Borluut de Noortdonck.
76. Calholicon abbreviatum. (A la fin : ) Exaratum per loannem
Lambert, commorantem in vico sancti Jacobin i5o6. ln-4>
goth., à 2 col.; mar. bleu, Ir. dor. [Trautz-Bauzonnet).
Curieux dictionnaire latin-français. Cette édition fort rare , reproduit la
première, encore plus rare, imprimée à la fin du XV® siècle par A. Cayllaut.
Exemplaire Yemeniz, de toute beauté et non rogné aux marges infé-
rieures.
77. ESTIENNE (Robert). Traicte de la gràmaire Françoise.
L*OliuierdeIiob.Estienne,ln-8'j marg. rouge jans., tr. dor.
{TrautZ'Bauzonnet) .
Première édition. La date (1557) est exprimée dans le texte à la dernière
page. Très-bel exemplaire, grand de marges (H.: 0,163).
78. ESTIENNE (Henri). Traicté de la conformité du language
François auec le Grec. S. /. n, d. {marque deH.Estienne). Pet.
in-8 ; mar. rouge, fil. à fr., tr. dor. {Smeers).
Édition originale, qui contient les différents passages supprimés dans
la suivante, entre autres le morceau dirigé contre le pape. A la fin, se trouve
un avis au lecteur, terminé par un passage sur l'orthographe du livre : cet
avis ne figure pas non plus dans la seconde édition.
79. ESTIENNE (Henri). Traicté de la conforniilé dv langage
RHÉTORIQUE. 61
françois auec le Grec. A Paris y par Robert Esiiennej iSGg.
ln-8; mar. bleu jansr ÇTraïUz^Bauzonnet).
Seconde édition. Exemplaire Yemeniz, d'une grande pureté, réglé, et non
rogné (H.: 0,185).
M. RHÉTORIQUE
Rhéteurs et orateurs ^ anciens et modernes,
80. DEMETRII Phalerei de Elocvlione (en grec). Florent iae^
ap\fd IçntaSy i552. ln-8; mar. brun^fiLàcompart.^ tr. dor.
[anc. reL).
Première édition publiée séparément. Exemplaire en grand paptér, cou-
vert d'une fort belle reliure aux armes de Médicis parti de Malatesta. Il
avait en effet appartenu à FRANÇOIS-MARIE DE MÉDICIS, grand:-duc de
Toscane, qui en a fait présent à son précepteur Antonio Angeli , selon la
note autographe de ce dernier, écrite sur un feuillet de garde, et datée du
i«r sept. 1552. De la collection Renouai'd.
81 . CICERO. M. Tullii Ciceronis Rheloricorum secundus tomus.
Àpud Seh.Gryphiumy Lugduni^ i546. In-i6, de 63i pp.;
rnar. rouge, fil., tr. dor. (anc. reL).
Exemplaire ayant appartenu à JEAN RACINE dont il porte la signature ,
et des notes autographes en vingt-sept endroits du volume. De la collection
Bnmet.
82. (CICERO, de Oratore.) VenetiiSy Valdarfer^ i470- In-fol.;
mar. bleu, comp. à froid, orn. dor. sur les plats, tr. dor.
(Lortic).
Superbe exemplaire à grandes marges de cette édition rare, premier ou-
vrage sorti des presses de Valdarfer.
83. FICHET. Gulielmi Ficheti Rhetoricorum libri très. In Pari-
siorum Sorbona [Ulrich Geringy Martin Crantz et Michel Fri-
burgery lAvO- ^^*' ^^^"4; i^^r. bleu, plaque à froid sur
les plats, comp. à filets, tr. dor.
Un des premiers livres imprimés à Paris. Les deux ff. d*épîtres prél. que
l'on rencontre dans quelques exemplaires ne se trouvent pas dans celui-ci,
bien complet du reste et très-beau. Quant à la date de ce volume, il faut con-
sulter un travail remarquable de M. Madden et qui sera peut-être le dernier
mot sur la question de VOrigine de rimprimerie de Paris (à la suite de ses
Lettres d'un bibliographe; V« série ; Pans, 1878, in-8).
&2 BELLES-LETTRES.
84. Oratores graeci. Oraliones horvm rlielorvm : Aescliinb. Ly-
81%. Alcidamantis... f[raece. Oraliones infrascriplorvin Rhe-
lorvni : Ândocidis , Isa?i, Dinarchi, etc. (A la fin :) yeneiiis,
apudyJldum, et Aiulream Soceruni mense Aprili. M.D.XIll
(i5i3). 2 pari, en i vol. in-fol. — Isocralis oraliones. Alci-
dainantis contra dicendi magistros, etc. (A la fin :) Venetiis
in œdibvs Aldi et Aiulres^ Soceri AI. /). XIll {i5iZ.^. —
Ensemble 2 vol. in-fol.; mar. rouge, fil., coiupart., tr. dor.
{Bozérian jeiuie).
Première édition de ce vaste recueil dont les beaux exemplaires, comme
celui-ci, sont très-recherchés. L'épître dédicatoire d'Aide contient beaucoup
de détails intéressants pour l'histoire du mouvement littéraire au XVI« siècle.
Exemplaire réglé, à grandes marges.
85. BOSSU ET. Oraison funèbre de Henrielle Marie de France,
reine de la Grand'BreUigne prononcée le i6 novembre
1669... par Monsieur l'Abbé Bossuet, nommé à TEvesché de
Condom. Paris ^ Séh. Mabre CramoisjTj 1669. — Oraison fu-
nèbre de Henriette Anne d'Angleterre, ducliesse d'Orléans,
prononcée à Saint-Denis le 21 jourd'Aoust 1670, parMessire
Jacques Bénigne Bossuet. lbid,y 1670. — En i vol. in-4;
mar. rouge, fil., tr. dor. {anc. reL).
Édition originale.
Exemplaire de Bossuet lui-même , selon toute probabilité, car il porte
Tex-libris de son neveu et héritier, J.-B. Bossuet, évêque de Troyes.
86. BOSSUET. Oraison funèbre de Marie Terese d'Auslriche, in-
fante d'Espagne, reine de France... prononcée à Saint-Denis
le i"sept. i683 parMessire J.-B. Bossuet. Paris ^ S. Mahre
CramoisjTj i683. ln-4 ; mar. noir, fil. à froid, {anc. reL).
Édition originale. Vignette gravée par Séb. Le Clerc.
Exemplaire en grand 'pa'pier. Haut.: 285miilim.
87. BOSSUET. Oraison funèbre de... Michel Le Tellier, cheva-
lier, chancelier de France. Prononcée... le 25 janvier 1686.
PariSy par S. Mabre Cramoisj-y 1686. In-4; veau fauve,
fil.,tr. dor. (Lortic).
Édition originale. En tête , est placée une vignette allégorique oflrant
le portrait du chancelier, gravée par J.-L. Rouliet; et à la fin, un charmant
cul-de-lampe gravé par S. Thomassin : Tun et l'autre d'après J. Parrocel.
Exemplaire grand de marges (H. : 245 mill.), mais un peu piqué.
88. BOSSUET. Oraison funèbre de Louis de Bourbon , prince
de Condé, premier prince du sang. Prononcée dans l'Eglise
POETES GRECS. 63
de Nostte-Dame de Paris le lo mms t6êj* FarMessire J.-B.
Eossuet. Paris y S. Mabre Cramoisjr y 1687. in^4 r »>^>^-^ 1^^^»
fil. (anc. relJ). -
Édition originale.
Très-bel exemplaire portant cet envoi de la main de BOSSUET : Madame
DarminuUlielr de la part de Monseigneur de Meaux (probablement Anne du
Blé, femme d -Henri de Beringhen , seigneur d'Armainvilliers).
On y a joint une lettre' autographe du GRAND GONDË , adressée ,
croyons-nous, à Turenne. EUe commence ainsi : < Je ne suis pas surpris,
Monsieur le maréchal... » et contient ce curieux passage : a On dit que M. de
« Montecuculy s'est montré d*un avis contraire aux ordres qu'il avoit reçus
« de sa Cour, et que la raison qu'il en a donnée étoit vostre présence à la
« tête des armées du roy. Si la chose est, cet avis vous fera beaucoup d'hon-
« neur et  luy aussi. »
m. POÉSIE
I . Poëtes grecs et latins.
89. Gnomse monostichae, sive sentenliae ex dîversis poetis, se-
cundum ordinem alphabeli ; accedit Musaei poematium de
Herone et Leandro, cura I. l^scaris (en grec). S. L n. d.
In-4 7 sans titre, de 18 ff. ; inar, rouge jans., tr. dor. {Trautz-
Bauzonnet),
Édition très-rare, exécutée en lettres capitales. On croit qu'elle est sortie
des presses d'Alopa, à Florence , de 1494 à 1500.
Exemplaire Yemeniz, en parfaite condition.
90. Vetustissimoruni authorum georgica, bucolica, et gnomica
poetnata quae supersunt (grsece et latine, cuni annot. ex edit.
Joan. Crispim). l4pud Crispinum, iSÔQ. 4 part, en 1 vol. in-
16; mar. bleu, dent., doublé de moire, Ir. dor. {Bozérian).
Charmant exemplaire, couvert d'une jolie reliure. De la bibl. Yemeniz.
91. f Anlhologiaepigrammatum graecoruni, gnpc^, cuira lo. Las-
caris.) (A la fin :)Impressum FLorentiœ^per Laurentiuni Fran-
cisci de Alopa K^enetum^ i[\Ç)[{. In -4; \eau rouge, tr. dor.
(reliure en mosaïque et peintures appliquées sur les plats ^ si»
gnée par Jos. Lehrnery de Vienne).
Première édition de l'Anthologie de Planude, et l'un des cinq volumes
imprimés par Alopa en lettres capitales grecques.
Cet exemplaire contient Tépître de Lascaris à Pierre de Médicis qui a
été supprimée dans les exemplaires distribués en septembre 1494, époque
de l'entrée des Français en Italie.
61 BELLES-LETTRES.
92. Florilegium diversorum epigrammatuin in VU litnros (en
grec). (A la fin : ) Fenetiis, in œdibus Atdi\ niense No^fembrij
i5o3. In-8; velours vert, tr. dor.
Superbe exemplaire, sur papier fort, de la première, la plus belle et la
plus rare édition de TAnthologie donnée par les Aide. Il avait appartenu
à GROLIËR, protecteur et bienfaiteur d*Alde. Au bas de la première page,
se trouvent deux médaillons très-bien peints; Fun porte les armes de Gro-
lier, avec cette devise : M. Jehan Ghrier (sic), conmller du rcy, tréiorier gë-
néral de Milan; Tautre contient un emblème représentant une main tenant
un fer et entamant une des montagnes (des Alpes) pour la diviser; la devise
porte : JEque dificulter (sic).
Cet exemplaire était resté inconnu à M. Le Roux de Lincy.
93. Florilegium diversorum epigrammatiim veterum , in septem
libros divisuin, magno epigrammatù numéro et duobus in-
dicibus auctù (en grec), ^nno 1 566 excudebai Heruicus Ste-
phanus, illustris viri Huldrichi tjpographus. Gr.in-4f de 3 fF.
non cliifT. (dont le dernier blanc), SSg pp. et 17 (T. non
chiff.; mar. rouge, fil.. Ir. dor. (Derome),
Belle édition dont le texte a été entièrement revu. Ëxemplaii'e r^lé, en
parfaite condition. Haut. : 263 milLim.
94. (HOMERI Opéra, graece.) Florentiœ^sumptibusBern. et Nei'ii
Ner/ioruniy i488. 2 pari, en i vol. in-foL; mar. La Vallière,
riches com par t., tr. dor. {jDuru).
Première édition d'Homère, fort rare. La partie littéraire a été soignée
par l'Athénien Déniétrius Ghalcondyle, et M. Didot a le premier démontré,
dans son Aide Manuce (pp. 3844), que l'exécution de ce beau monument
typographique est due à Démétrius le Cretois.
Magnifique exemplaire, d'une grande pureté. La reliure, dans le genre
Grolier, est remarquable.
95. (HOMERlOpera.)Ilias, Vlyssea,Batracliomyomachia. Ihrmni
XXVII (cum Vila Homeri). (f^enetiisy in œdibus Aldi, i5o4).
3 vol. pel. in-8; ais de bois recouverts de veau noir, com*
pari, en or; éluis.
Première édition aldine.
Voici les curieux détails que M. Didot a donnés, dans son Aide Manuce
(p. 266), au sujet de ce beau et précieux exemplaire :
a Par un heureux hasard, j'ai pu enrichir ma bibliothèque de l'exem-
pt plaire grand papier qui a appartenu à FRANÇOIS I«r. Malheureusement,
« ces deux volumes, tout en étant parfaitement conservés dans leur reliure
« ancienne et originale, ont été, sauf un des plats du volume de l'Odyssée,
« presque entièrement dépouillés de la peau supérieure. Mais on y voyait,
« parfaitement tracé sur le bois, le dessin des fers qui en faisaient l'orne-
POETES GRECS. 65
c ment et qui y étaient profondément incrustés. Il a donc été facile de
« reconstituer la reliure pour l'Iliade et pour ce qui n'était pas conservé dans
c la reliure de TOdyssée, en faisant graver les fers parfaitement identiques et
« les appliquant aux creux marqués dans les ais du bois. Ce qui restait
a intact de la reliure primitive du volume de TOdyssée a été précieusement
« conservé et constate Tauthenticité de ce superbe exemplaire qui avait appar-
« tenu à la bibliothèque de Golbert {Bibliothecœ Colbertinœ), AlaBiblio-
« tbèque de France [nationale], il existe plusieurs volumes de la collection
« des Aide , revêtus de la même reliure de François I®'. 9
M. Didot a confié c^e travail de reconstitution à M. Hagué, qui y fit preuve
d'une grande habileté. Au milieu de compartiments à la Grolier, figurent les
arme^ de France, la Salamandre de François I^i", et les initiales F couron-^
nées.
Les deux volumes étaient renfermés dans des étuis en mauvais état \
M. Smeers les a refaits, en conservant tous les vieux morceaux.
96. ANACREONTIS Teij odœ. Ab Henrico Stéphane luce et La-
linitate nijncpriiTiuiii donatse. Lutetiœ^apud Henricum Ste-
phahum , 1 554 . In-4 ; niar. rouge, fil. à fr. , ir. dor. [Lortic).
Première édition , aussi belle que rare, donnée par Henri Estienne sur un
manusqj'it qu'il prétendit avoir découvert dans ses voyages. L'interprétation
en vers latins et les observations sont également dues à cet habile helléniste.
Voir la iVbtice sur Anacréon^ par M. Didot ( pp. 34 et suiv.) sur les particula-
rités de cette précieuse édition. Elle doit avoir été imprimée chez Charles
Estienne.
Très-bel exemplaire, portant d'importantes notes manuscrites en grec et
en latin.
97. ANACREONTIS et aliorutnLyricorum aliquotpoëtarumÛdae.
In easdem Henr. Stephani Observa liones. Eaedem lalinae. /^û5-
risiiSj MDLVI {i 556) japudGuiL Moreliiim... H Bob. Stepha-
num. In-8. — Anacreonlis Teii antiquissimi poêtae Lyrici
Odae, ab Helia Andréa lalinae faclae, etc. Luletiœ^ apud Rob.
Steplianum et Guil. Morelium^ i556. In-8. — Les Odes d'A-
nacréônTeien, traduites de grec en François, par Reini Bel-
leau de Nogent en Perche, ensemble quelques petites hymnes
de son invention. PariSy André fVechely i556. In-8. —
La Tragédie d'Euripide, nommée Hecuba, traduicte de grec
en rhythme francoise (par Laz. de Baïf ), dédiée au Roy.
A Paris y de l'impr.'de Rob. Estienne. i55o, Pet. in-8. —
Rel. en i vol.; mar. bleu, tr. dor. {Derome).
Exemplaire de LONGEPIERRE, d'une conservation par faite, avec la Toison
d'or. La traduction de R. Belleau est dédiée à Ghretophle (sic) de Ghoiseul,
abbé de Mureaux, et le volume commence, après Tépitre dédicatoire, par
une Élégie de Ronsard adressée à cet abbé.
98. (PINDARI Olympia, Pythia, Nemea, Isthmia, graece, cum
6
«6 BELLES-LETTRES.
scholîis graecis.) Impressi Romœ y per Zachariam Calliergi
cretensem... (i3 Aug. i5i5). Pet. in-4; mar. rouge, fil.,
orn. sur les plats, tr. dor. (Lortic).
Deuxième édition, rpura, recherchjée et préférable à la première domiée
par les Aide en 1513. Magnifique exemplaire.
99. THÉOCRITE. Les Idylles de Théocrite, traduites de Grec en
vers'/rançois (par de Longepierre). Avec des remarques.
Paris, P. Aubouin et P. Emery^ i688. In-ia, front, gr.;
mar. rouge, fil., tr. dor. (Du Seuil).
Exemplaire de Sainte-Beuve.
100. (APOLLONIUS Rhodius. Argonauticon libri IV, graece,
cum scholiis graecis. Florentiœ [Laurentius Franciscus de
Alopd\, 1496.) Iii-4; nisir. rouge, tr. dor. {reL angl.).
Edition pnncéps, imprimée en lettres capitales grecques. Très-bel exem-
plaire.
101. APOLLONII rhodij Argonautica, antiquis unà,^t optimis
cum commentarijs (en grec). (A la fin \) FenetiiSyinœdibus
Aldi et Andreœ soceri, mense aprili. M.D.XXI (iSai) . In-8;
' mar. brun, comp. en or, ir. dor: [anc. reL itaL).
Édition rare, ^el exemplaire de.Ballesdens dont il porte la signature sur
le titre. H. : 164 mill. De la bibl. Yemeniz.
102. BION et MpSCHUS. Les Idylles... traduites de grec en vers
François (par de Longepierre). Avec des remarques. Paris, P.
Aubouifiy etc., 1686. — Idylles (par de Longepierre). PariSy
P. AubouUi, etc., 1686. — a part, en i vol. in-8; mar.
• rouge, doublé de mar. vert, dent, int., tir. dor. {Bojret).
m
Exemplaire de LONGEPIERRE, avec la Toison d*or. Les reliures doublées
provenant de la collection de ce bibliophile sont très-rares, et il y en* a fort peu
qui puissent égaler celle-ci comme travail et comme conservation. De la cd-
lection de M. le baron Pichon. On y a igouté le portrait de Longepierre gravé
par Gh. Dupuis d'après de Troy.
103. MUS/Ël Opusculum de Herone et Leandro, quod et in lati-
namlinguamad verbum tralatum est (gr. etlat.). (A la fin de
ta partie grecque, on lit, en grec :) Imprimé à Fenise aux frais
et par la dextérité d'Aide le philhellène et le Romain. S. d.
(v. i494)- Pet. in-49 de 2a fT., fig. s. b.; mar. rouge, fil., tr.
dor. {Bedford).
Livre d*une grande rareté. G*est le premier qui soit sorti des presses d'Ai-
de Manuce, dont une préface en grec figure en tète. La traduction latine par
POÈTES LATINS. 67
M. Musurus occupe les onze derniers ff. Deux ^andes figures sur boia, gros-
sièrement exécutées, représentent le voyage périlleux de Léandre et sa mé-
saventure.
Très-bel exemplaire, avec quelques légers race.
103 bis. MUSÉE. Les Amours deLeandre et de Héro : Poème de
Musée le- Grammairien; traduit du grec en François (par de la
Porte du Theil), avec le texte. Paris^ Nyon^ 1.784 {imprimé
chez Didot aîné). In-12, de ix-45 pp., avec une fig. d'après
Cochin; mar. vert.,tr. dor. [Derome):
Petit bijou d'impression. Exempl. prov. du cabinet du marquis de Goislin.
104. V.IRGILIUS. bucolica. S. L n. d. In-fol., de 16 flF. ; mar. l^
Vallière, fil. à froid, ornem. dor. sur les plats, Ir. dor. (Dura).
(K Édition de la plus grande rareté, dit M. Brunet, et qui a été longtemps
« inconnue à tous les bibliographes. Les caractères demi-gothiques ont quel-
< que rapport avec ceux dont Eggesteyn a fait usage à Strasbourg, dans les
« premiers temps de son établissement (1468). » Le jtfanue/n'en cite qu*une
seule adjudication : celle de la vente d'Ourches , 303 fr.
Superbe exemplaire, presque à toutes marges. Légers race, au f. 16.
105. VIRGILIUS. (Publii Virgilii Maronis Opéra. Lovaniiy Joan.
« de fFestfalitty 1475-1476). 3 part, en i vol. in-fol.; mar. La
Vallière, riches compart., tr. àov.{Lortic).
Édition fort rare. Très-bel exemplaire , grand de marges. Il est couvert
de notes manuscrites.
106. VIRGILII (P.) Maronîsopus eximium, Per Paulum Malleo-
lum Andelocen iterata diligentia plané recognilum. (A la fin :)
P. V. Maronis opus per Magislru Ulricà gering et MagistrCi
Bertoldù rejrmbolt socios Parisiis in vico sorbonico y torsis-
wne.Impressu : fine habuit pridie id sepiebris Aruio Christi
M. CCCC. XCIIII (i494)- ln-4, lettres rondes; mar. vert,
riches comp., tr. dor. (Lortic).
L'une des plus rares impressions parisiennes. Bel exemplaire.
1.07. VERGILIUS {sic). (A la fih : J Venetiis, ex aedihi^s Mdi Ro-
mani mense yéprili. M. Dl (i5oi). In-8; mar. bleu, |il.,
compart., doublé de tabis, tr. dor. {Bozérian jeune).
C'est dans ce "Virgile qu'Aide employa pour la première fois le caractère
dit italique ou aldino, gravé par François de Bologne , et dont le modèle lui
fut donné par l'écriture de Pétrarque. C'est aussi le premier livre publié
dans le format in-8, et cette initiative d'Aide eut une influence bienfaisante
pour la propagation des lettres. On peut lire, dans l'ouvrage de M. Didot sur
68 BELLES LETTRES.
Aide Manuce (pp. 155-166), on chapitre intéressant et nouveau sur toutes les
questions qui se rattachent à cette édition de Virgile.
Fort rare. Superbe exemplaire, réglé, à grandes marges (H. : 167 mill.).
107 bis. VIRGILII (P. V. M.) Opéra quae quidem extant omnia ;
ciim verisin Bucolica, Georgica et /£neida commentariis Tib.
Donati et Servit Honorati summa cura ac fide a Georgio
Fabricio Chemnicensê emendatis, etc. Basileœ^ ex off. Hen-
ricpetrina^ 1576. In-fol.; mar. brun, fiL {anc. reL).
Superbe exemplaire , aux premières armes de J.-A. de Tuou. Qn trouve
à la suite : Priapea, $we diversonun Poetarumin Priapum lusus,
108. VIRGILE. Les OEvvresdeP. Virgile Maro, traduites
de lalin en François, les Bucoliques et Georgiques pal*- R. le
Blanc : les douze liures de TEneide par Loys des Masures :
avec un trezième liure, adiousté par Mapheus. Roçen,
Rap/iael dv Petit Val y i6o8. In-ia; mar. rouge, fil., tr. dor.
( TraïUzrBauzonnet) .
Édition peu commune et la plus complète de cette traduction. Bel exem-
plaire.
109. VIRGJLO degvisat o TEneido bvrlesco, del S' de Vales, de
Mountech. jé TovloKfso^ de l'imprimario de Fronces Boçde^
1648. In-4, de 3 ff. lim., 58 pp. et i f. bl. pour le premier
livre, 74 pp. pour le deuxième, 68 pp. pour le troisième et
75 pp. pour le quatrième; tnar. olive, fil, dent. int. tr.
dor. (JLortic).
Volume de toute rareté. Les auteurs de la Biogra'phxe toulousaine, dit le
Manuel^ ne connaissaient que l'exemplaire qui appartenait en 1823 à M. Be-
l^illet et qui, ainsi que celui de la Bibliothèque nationale , ne contient que
les trois premiers livres. Très-bel exemplaire.
110. HORATIUS. (À la fin :) renetiis apç^d Aldx^m Romon^m
même maio. M. DL (i5oi). In-8; mar. violet foncé, fil. à
compart., tr. dor. {Lavis).
Première édition aldine, précieuse et presque aussi rare que celle de
Virgile sous la même date. Magnifique exemplaire , très-grand de marges
(H. : 162 millim.).
llO é/>. HORATII (Q.) Flacci poemata, in quibus multa correcta
sunt... (A la fin :) f^enetiis api^d ^Idvm Romanvm mense mcu'-
tio. M. D. IX. (iSog). ln-8; mar. cilron, riches compart.
à la Grolier, tr. dor. (Trautz-Bauzonnet).
Seconde édition aldine , plus correcte que la première et aussi rare. Ma-
gnifique exemplaire, très-grand de marges (H. : 163 m. et 1/2).
POETES LATINS. 69
m. H0RAT1I(Q.) Flacci Poemata omnia. Ratio mensum, etc.
ParisiïSjCX off. Rob. Stéphanie i544« ln-8; veau, compart.
en mosaïque^ tr. dor. et cis. (reliure du XVI* siècle).
Magniflque exemplaire, régulé, couvert d'une riche reliure portant sur les
plats les initiales 6. T. Les couleurs en ont été ravivées.
H 2. HORATII (Q.) Flacci Opéra. Londini^ œneis fabuUs incidit
lohannes Pine, 1733-37. a vol. gr. in-8; mar. rouge, fil., tr.
dor. {Derome).
Très-bel exemplaire de premier tirage.
113. HORACE. Les Poésies d'Horace trad. en François (par Bat-
leux). Parisy Desaintet Saillant ^ 1750. 3 vol. in-i3; mar.
rouge, fil., dos orné, tr. dor. [Derome).
^ Charmant exemplaire, couvert d'une reliure très-fralche, aux armes de
la marquise de POMPADOUR. •
114. OVIDII Opéra. Veneliis, in cedibiis Aldi ^ i5o2 i5o3. 3 vol.
in-8; mar. rouge, fil., tr. dor. et cis.
La description de ces trois volumes donnée au Manuel laisse à désirer. Le
t. \^^ se compose de deux parties , dont la première est datée d'oc^o6re et la
seconde du 14 novembre 1502. Le t. III (portant au dos t. II dans le présent
ex. ) est aussi divisé en deux parties : la première porte la date de janvier
1502 (1503 nouv. style), et la seconde, celle de février 1503 (1504 n. st.).
M. Brunet constate que cette édition est très-difûcile à trouver complète.
Le premier volume du présent exemplaire porte au bas du second feuillet recto
ces armes peintes : dor à une fasce de gueules, acœmpagnée de trois quinte feuH'
les, 2 et 1. Aux côtés^de récusson , les initiales : N. D. Les mômes armoiries
sont répétées au second f. du t. III, et la page est entourée d'un joli encadre-
ment en or et en couleurs. Ces deux volumes sont réglés et ornés de belles
initiales enluminées. Le t. II, qui n'avait pas appartenu au môme proprié-
taire que les précédents, est un peu plus court. L'exemplaire est beau, mal-
gré qq. race, à la fin du t. I^i".
US. OVIDII (P.) Nasonis Métamorphoses. [Loifanii, Joh. de
fVeslphaliaj circa i[\^^.) In-fol., goth.; mar. vert, fil. à
fir., tr. dor. (Capi).
Édition fort rare, dont le Manuel ne cite aucune adjudication. Magnifique
exemplaire. >
116 OVIDE. Les .XXI. Epi=]]stres doaide j] Translatées de latin
en françoys par reuerend père ||en dieu monseigneur leuesque
dangoulesme (Oclavien cle Saint-Gelais). (A la fin : ) Ce pré-
sent liure des epislres ouide a este imprime a Paris par Pierre
\
70 BELLES-LETTRES.
le caron demourant en la rue de la iuifrie a lenseigne de la
rose ou aupalays a la première porte {au-dessous, la marque
de P. Le Caron). Pet. in-4> goth., de 129 ff. n. chîir.,
sign. a-x, 36 lignes par page, fig. s. bois; mar. rouge, dent,
inlér., tr. dor. {TrautZrBauzonnet).
Cette édition, d*une rareté insigne , n*est pas indiquée par M. Brunet ,
mais il en signale une de Vérard, imprimée vers 1502 et portant le même nom-
bre de feuillets et de lignes à la page. Gomme on sait que Pierre Le GarOn a
beaucoup imprimé pour Vérard, il faut croire que cette édition n'est autre
que la sienne, avec le colophon modifié. Les petits caractères employés dans
ce volume sont en effet les mêmes que ceux de certains ouvrages publiés par
Vérard.
Très-bel exemplaire, bien conservé.
117. OVIDE. Les .xxi. epistres de Ouide translatées de la||lin en
francoys par reuerend père en dieu monseigneur leljuesque
dangoulesme (Octavien de Saint-Gelais). S. /. n. d. In-49
golh., de i4o ff. n. ch., sign. a-q par 8 , r-s par 6, à Sa li-
gnes par page, fig. sur bois; mar. rouge, compart. en or et
à froid, ni., tr. dor. (Lortic).
Édition non indiquée au Manuel. Magnifique exemplaire , avec témoins,
dans une riche reliure.
118. OVIDE. Ouide duremede|| damours. Translate nouuellemêt
de I latin en francoys auec lexpo||sition des fables cosonan-
tes| au texte Imprime a Paris. ||Cum puillegio. (A la fin :)...
imprime a paris le qualriesme iour defeurier Lan mil cinq cens
et neufi^ iSog) Pour antkoine vérard (^suit la mention d'un
privilège de dix ans). Pet. in-fol., goth., à longues lignes;
mar. bleu, comp. à larges dent., tr. dor.
Seule édition connue et rarissime de cette traduction anonyme en vers.
Très-bel exemplaire , coUationné complet et signé par De Bure Taîné (1833).
Raccommodage au dernier f.
119. STATU Sylvarum libri quinque ; Thebaidos libri duodecim ;
Achilleidos duo. Fenetiis^ in œdibus Aldi^ i5o2. In-8; mar. ^
rouge, fil., tr. dor. {anc. reL).
Première et rare édition aldine. Exemplaire portant sur les plats de la re-
liure,' d*un côté : M. ïjaurini et amicorum, de Tautre, sa devise : Virtux ar-
dtio. Les livres à la reliure de MARC LAURINUS (Marc Lauwereyns, de
Bruges), célèbre bibliophile du XYI' siècle, sont de toute rareté.
Exemplaire parfaitement conservé, provenant des bibl. Borluut et Solar.
120. MARTIAUS. M. Val. MartialisEpigrammata cum notisTh.
POETES LATINS. 7!
Farnabii. Amsierdamiy apud L Blaeu, i644* ïn-ia; veau
fauve, fil. (ahc. reL).
Exemplaire de De Bure Fatné svec cette note de sa main : « La signature
« qui se trouve sur le frontispice est celle du fameux JEAN RACINE , au-
ce quel cet exemplaire a appartenu. »
121. CLAUDIANI (Cl.) quae exstant Nie. Heinsius Dai\. f. recen-
suit ac notas addidit. Lugduni Batavoruniy ex officiha c/zm-
riana, i65o. In-12; veau rac., fil. {anc. reL).
Édition préférée pour la collection. L'exemplaire a 134 mill., mais il est
un peu taché d*eau. Ce qui lui donne un mérite particulier, c'est qu'il porte
au bas du titre la signature de JEAN RACINE, à qui il a appartenu.
122. HYGINUS. C. JuliiHygini Augusti libertifabularum liber...
Ejusdem Poeticon astronomicon . Basil eœ y apudl. Hérita-
giuniy i535. Pet. in-fol. ; mar. br., comp., tr. dor. {réf.
du XFI^ s.).
Première édition des Fables attribuées au grammairien Hyginus. Admi-
rable reliure faite pour D. CANEVAHI, médecin du pape Urbain YII, avec
le médaillon en or et couleurs représentant le char du Soleil. Ce volume
provient des ventes Libri, 1851, Solar, et en dernier lieu de la 3* vente Te-
cheher où il a été payé 1850 fr. sans les frais.
123. (Poelae christiani.) Prudentii poetae Opéra (gr. et lat.^.
FenetiiSj apud Aldum^ i5oi . !2 tom. en i vol. in-4« — Sedulii
Mirabilium diuinorû libri quatuor, etc. VenetiiSy apud Al-
durriy i5oi. 2 part, en i vol. in-4« — Gregorii Nazianzeni
Opusculum 9 etc. Fenetiis, ex Aldi Academiaj i5o4. In-4.
' — Nonnus. Paraphrasis Evangelii secundum Johannem.
Ibid.^ sanà date. In-4. — Ensemble 4 vol. ; mar. rouge , fil.,
comp. en mosaïque, ancre aldine sur les plats, tr. dor. et
cis. (Lortic). -
Collection très-précieuse , sur laquelle le Manuel donne d'amples détails,
et qu'on trouve difficilement complète.
Magnifique exemplaire, d'une grande pureté, couvert d'une riche reliure.
124. SANMAZARII (Jacobi) Opéra omnia latine scripta, nuper
édita . ( A la fin : ) Fenetiis , in sedibus hœredum Aldi Ma-
nutii^ i535. In-8; mar. brun , riches con^part., tr. dor.
Exemplaire de GHOLIER, portant son nom et sa devise sur la couverture.
Toutes les initiales dans le texte sont peintes en or. Sur le titre , la signa-
ture de Ballesdens, La reliure, d'une exquise élégance, est en parfait état de
conservation. De la collection Double.
72 BELLES-LETTRES.
3. Poëtes français.
A. Depuis Guillaume de îaorris jusqu'à Villon.
125. ROMAN DE LA ROSE. Le Rommant De la Rose (corn-
' mencé par Guill. de Lorris et terminé par Jean de Meung).
' (A la fin :)
C'est la fin do rAmant de la ruse
Ou tout lart damours est enclose.
S. L n. d. In-fol., goth., fig. s. bois; mar. rouge, cornp.,
doublé de mar. bleu, riche dent, inl., tr. dor. {Trautz-Bau-
zonnet).
Première édition connue de ce roman célèbre , imprimée avec les cé^
ractères dont s*est servi à Lyon Guillaume Le Roy en i485 pour le Doctrinal
de scepience.
Superbe exemplaire, avec nombreux témoins et couvert d*une ricbe
reliure. Le premier feuillet, qui ne contient qu'une ligne de titre, avait
perdu un grand morceau dans la partie blanche , et a été remargé , mais
niai : on y a joint un feuillet complet, habilement refait. Le feuillet ori-
ginal porte la signature de Hugues de Salins, docteur médecin à Beaune,
antiquaire du XVII« siècle, très-connu. Exemplaire de Clinchamp, mais qui
n*est pas le même que celui qui a passé chez Salar, Double, etc.
126. ROMAN DE Ld ROSE. Cy comméce le romât de la rose||
Ou tout lart damours est enclose. (A la fin : )
Cest fin do romant de la rose
On tout lart damours est enclose.
S. l. n. d. Pet. in-fol., goth., de 179 ff. (et non 177) non
ch., à 2 col., de 34 lignes, sign. a*-z*, fig. s. bois; mâr. la
Vallière, milieu en mosaïque, tr. dor. {Cape).
Magnifique exemplaire d'une é^tion de toute rareté , dont le Manuel ne
cite aucune a4judication.
127. ROMAN DE LA ROSE. Le rommant delà Rose jj iinprime a
Paris (au-dessous, la marque de Vérard). S. d. (vers 1496).'
Pet. in-fol., goth., de i5o fT., à a col. de 4i Hgn.; mar.
rouge, doublé de mar. bleu , avec gardes de drap d*or, com-
part. à filets et feuillages intérieurs et extérieurs, avec Técu
de France sur les plats, tr. dor. et icis.; étui de mar. bl.
{Lortic) .
Magnifique exemplaire de la seconde édition de Vérard , sur vélin, con-
tenant UNE GRANDE ET QUATRE-VINGT-CINQ PETITES MINIATURES d*Une exé-
cution très-fine et d*une fraîcheur ravissante. Il paraît être le même que
POETES FRANÇAIS. 73
celui cité dans le Manuel comme ayant les deux premiers ff . faits à la plume :
ils ont été admirablement refaits par M. Pilinski. D'ailleurs on ne connaît de
cette édition que deux autres exemplaires sur vélin, conservés à la Biblio-
thèque nationale.
128. ROMAN DE LA ROSE. Le romant de la rose. || Codicille f
testament de || maistre lebâ de Meun. \\Nouuel/eme/U Im-
prme (sic) a Paris {par Jean Du Pré pour Antoine Férard).
2 tom. en i vol. in-4, goth., à 2 col., fig. s. bois; mar. rouge,
fil., Ir. dor. (ànc. reL).
La seconde partie a pour titre : Le CodidUe jc testament de maistre lehà
de meun, Auecques lepitaphe Du /eu roy Charles septiesme qui trespassa a
Meun, Dans le Manuel, on lit pour ces deux derniers mots : audit Meun.
C'est donc un nouveau tirage.
Très-bel exemplaire, un peu taché. Notes manuscrites. ^
129. ROMAN DE LA ROSE. Le pommant de la rose nou|]iielle-
ment Imprime a Paris || pour Guillaume eustace. (A la fin :)
Imprime nouuellement a Paris par || Nicolas des prez Impri-
meur demou\rant en la rue sainct estienne a lenseigne || du mi-
rouer. S. d. In-fol., golh., à 2 col., de \t\i ff. dont i bl.,
sîgn. a-z, fig. s. bois; mar. rouge, riches comparr. à froid,
tr. dor. [Hardy).
Édition de la fin du XY» ou du comm. du XVI» siècle, et probablement
la même que celle décrite au Manuel dont il y a des exemplaires au nom
de Jehan Petit ou de Jehan Ponce. Très-bel exemplaire , sauf une légère pi-
qûre vers la fin. Le premier f. semble refait.
de la rose
aul-
130. ROMAN DE LA ROSE. Sensuyt le romât
tremêt dit le soge vergier||* Nouuellement Iniprime a Paris.
(A la fin : ) Cyfinist le Romant de la rose Nouuellement im-
prime a Paris par Jehan ihannot. S. d. (entre i52o et i522).
In-4> goll^M à 2 col. de [\\ Hgn,; mar. rouge, orn. sur les
pi., tr. dor. {TrautZ'Baufonnet).
Cette édition diffère de celle décrite dans le Manuel en ce que le chiffre
XXIX ne figure pas sur le titre. Très-bel exemplaire , sauf qq. ff. courts en
tête.
\Z\. ROMAN DE LA. ROSE.
Cy est le RomSt de la roze...
On les vend a Paris en la rue Sainct lacques en la bouticque
de lehan Petit... (au verso du premier f., privilège accordé
à Galiot du Pré en date du 19 avril 1626). In-fol., goth., à 2
col., fig. s. bois; mar. rouge, fil., tr. dor. {anc. reL).
74 BELLES-LETTRES.
Très-bel exemplaire, provenant de la riche collection du bibliophile,
généalogiste et protecteur des lettres fort connu , Charles de Baschi, mar- «
quis d'Auhaïs (mort en 1777), dont il porte les armes sur les plats et
Tex-libris à Tintérieur de la reliure. Sur le titre , se trouve manuscrite la
note suivante : Dmo dédit D. Lud. Daniel de Moncaîm de Gozan, de Can»
. diac, etc., armo MDCCVIII (1708) die XXIV Januaru; et sur l'avant-demier
f., nous relevons ce curieux renseignement : CoTuet me acheta le ZF* de
mars 1553, viij sols tout blanc. Quelques autres notes manuscrites sur les
marges.
132. ROMAN DE LA ROSE.
Cy est le Rommant de la Roze...
On les vend a Paris en la rue sainct laques en la boutique de
lehan Petit, i53i. In-fol., goth., à :x col., fîg. s. bois; mar.
vert, riche dent., tr. dor. {anc. rel.).
Même édition que celle de Galliot du Pré à la même date. Très-bel exem-
plaire , réglé , dans son ancienne reliure portant sur les plats Técusson au
chiffre composé des lettres R et double G entrelacées, surmonté de la
couronne de comte, et sur le titre, la signature de : A. Brodeau, S^" de la
Ghastière ; ce poète et secrétaire de la reine d'Anne de Bretagne a aussi
écrit quelques notes en marges. Le f. de garde contient une note signée :
G. Mercier.
133. ROMAN DE LA ROSE. Le rommant \\ de la Rose nouuellç-
ment reueu || et corrige oullre les pre|jcedentes Impressions.
On les vend a Paris au Clou Breunio (pour Clos Bruneau ) a
lenseigne de la corne de Serf (^ïc) pour Guillaume le Bret^
i538. In-8, goth., de 7 ff., 3o3 ff. ch. et i f.Jpour la mar-
que, fig. s. bois; mar. rouge, fil., orn. sur les plats en mosaï-
que, tr. dor'. (Lortic).
Superbe exemplaire, réglé, très-grand de marges et couvert d'une
charmante reliure.
134. ROMAN DE LA ROSE. Le Rommant de la Rose noul|uelle-
ment Reueu et corrige (par Cl. Marot)|| oullre les précé-
dentes Il Impressions. On les vend a Paris par Galliot du
pre, 1629. I t. en 2 vol. pet. in-8, fig. s. bois; mar. rouge,
fil., tr. dor. {anc. reL).
Joli exemplaire , bien conservé , de la première édition en lettres ron-
des , rare et recherchée. Sur les plats de la reliure , on lit : Bibliothèque
de Houlbec. A Tintérieur, se trouve un ex-libris armorié.
De la bibl. Ghedeau.
435. ROMAN DE LA ROSE.
POETES FRANÇAIS. 75
Cesl le roman de la rose
Moralise cler et net
Trâslate de rime en prose
Par Tostre hïïble molinet
(A la fin : )... Imprime a Lyon Lan Mil cinq cens ^ trois
par maistre Guillaume balsarin.... autrement corrigie p
(i5o3) amende quil nestoit par denant (sic)... Gr. in-4, golh. ,
à 3 col.yfîg. s. bois; veau fauve, fil., ir. dor. (o/zc. reL^ à la
rose).
D'après cette souscription, il semble qu'il existerait une édition antérieure
à celle-ci de la version de Molinet ; on n'en a cependant pas vu d'exemplaire.
Gelui-ci, grand de marges, et dans un état de conservation rare, porte sur
le feuillet de garde la signature de De Bure l'aîné.
136. MEUNG (Jean de). Le Codicille et testament || de maistre
lehâ de meun. (A la fin :) Cy fine le codicille de maistre
leliande meun. In-4, goth., de 3o ff., à longues lignes, Sy
à la page, sîgn. a-z; mar. rouge, fil., Ir. dor. (IViedree).
Édition rarissime, non citée au Manuel et qui pourrait bien être la
première de cet opuscule , car elle ne contient pas Vépitaphe du feu roy Char-
les septiesme, qui n'a dû être sgoutée que plus tard.
Au-dessous du titre, se trouve une gravure sur bois représentant l'au-
teur, qui apparaît aussi, enseignant à un jeune élève , dans une autre gra-
vure , placée au verso du dernier feuillet.
Seul exemplaire connu , et en'parfait état, sauf le dernier f. race.
137. MEUNG (Jean de). Le plaisant leu du dbdechedrbn- de
Fortune, non moins récréatif, que subtil et ingénieux. Re-
nouvelle et changé de sa première édition. ^4 Lyon, par lean
Huguetanj i58i. In-8, avec deux tableaux qui se déploient;
mar. vert, tr. dor. (Kœhler).
Bel exemplaire, de la bibl. Goste.
138. LA FONTAINE. La Fontaine des amovrevx de science,
Compilée par maistre Jean de la Fontaine de Valenciennes.
Reueuê et mise en son entier auec les figures, par maistre
Antoine du Moulin Masconnois. Â Lyon, par lean de Tos^r-
rues, 1571. In-8, fig. s. bois; mar. rouge, Ir. dor. {Duru).
Très-bel exemplaire. De la bibl.Yemeniz.
139. (DUPIN, Jean.) Le liure de bone vie qui est appelle mâ-
deuie. Chambery, Ant. Nejret^ i485. Pet. in-fol., goth. de
i3i ff. nbn chiff. (sign. a àe lOy h di k par 8, / de6, /w à
76 BELLES-LETTRES.
p par 89 f de6, r de 5 ) ; fig. sur bois; mar. lâ Vallière clair,
riches comp. à la Grôlier, Ir. ddr. [Hagué).
Édition originale, excessivement rare, de cette satire virulente des grands
et des petits. M. Brunet a dû avoir sous les yeux un exemplaire incomplet,
car il n'assigne à cet ouvrage que 125 ff.
Nous complétons la description donnée par l'illustre bibliographe. Les
ff. prél. sont au nombre de 5 , dont le premier blanc, et c'est le verso du se-
cond qui porte une grande figure sur bois , représentant l'auteur. Les sept
premiers livres sont en prose et le huitième en vers. Ce dernier commence
au f. l^ par une table des chapitres. Le feuillet suivant porte en tête une
figure sur bois. Le dernier feuillet contient au recto une grande figare sur
bois représentant les armes de Savoie et, au fond, la vue de Ghambéry. Le lieu
et la date d'impression sont exprimés dans une souscription en vers que
M. Brunet a rapportée, mais avec plusieurs fautes.
Le second feuillet et les trois derniers ont été habilement reSûts par
M. Pilinski. D'ailleurs l'exemplaire est en parfait état et grand de marges.
Othea déesse
nus plusieurs
140. (CHRISTINE DE PISAN.) Sensuit lepistre de
de pru||dêce moralisee en || laquelle sont cote
bons et notables enseignemens || pour toutes personnes
voulans ensuiuir les ver||tus et fuir les vices. Nouuellement
imprime a || Paris en la rue Neufue nostre dame a lenseigne ||
de lescu de frofice. In-4> golb., de 33 ff., fig. s. bois; mar.
vert, fil. à fr., tr. dor. {Bauzonnet-Trautz),
Édition curieuse, non indiquée dans le Manuel y et qui probablement a été
imprimée par la V^e Trepperel vers 1521. Très-bel exemplaire.
1 4 1 : CHRISTINE DE PISAN . Les cent hystoi|lres de Troye||. Lepis-
tre de Othea déesse de prudence enuoyee a || lesperit cheua-
lereux Hector de Troye, auec cent liy[|stoîres. IVouuellerrwt
imprimée a paris j^ Philippe \\ le noir libriare (sic) demourant a
la rue sain et Jacques a || lenseigne de la Rose blanche couron^
née. (A. la fin :)... Imprimées a Paris par Philippe le noir.,.
i522. In-49 goth., de 100 pp., fig. s. bois; mar. blanc,
riches compart. en or et mosaïque , doublé de tabis, tr.
dor. {Hagui).
Superbe exemplaire, couvert d'une reliure riche et originale.
142. CHARTIER. Les fais maistre alain || Chartier notaire et se||
cretaire du Roy Charles vi" (Au v® de Tavant-dernier f. :)...
Imprime en la ville de paris par honnourable homme maistre
pierre le caron^ 1489. 2 tom. en i vol. in-fol., golh., à
2 col., fig. sur bois; mar. bleu, fil. à froid, doublé de mar.
rouge, large dent, int., tr. dor. {Lorlic).
POÈTES FRANÇAIS. 77
Édition précieuse et fort rare.* Elle ne contient qu'une gravure, deux fois
répétée, qui permet de constater son antériorité sur Tédition qui suit (voir
Didot, Catalogue raisonné ^ n» 580 et 580 bis).
Superbe exemplaire , sauf un raccommodage au dernier f .
143. CHARTIER. Les faiz (dictz et ballades) mais||lre alain ||
charelier. (A la fin : ) Imprimez a paris par Pierre le caron
marchant libraire demourant à paris en la rue de quiquepoit a
lenseigne de la croix blàche. S. d. (vers 1489). 2 t. en
I vol. in-fol., golh., à 2 col., fig. s. bois; mar. bl., comp.^
doublé de mar. çitr., dent. , tr. dor. [Trautz-Bauzonnet).
Édition également rare et recherchée. Les vers commencent par des ma-
juscules.
Ce superbe exemplaire , provenant des coll. Double et Desq, porte sur le
titre la signature du poëte Amâdis Jamyn. Race, au dernier f.
144. CHARTIER. L^s faiclz et dictz de feu || de bonne mémoire
Maislre Alain charlier. . . Nouuellement imprime, reueu et cor-
rige oullre les précédentes impressions... Adiouste le Débat
du gras et du maigre. . . On les vend a Paris. . . en la bouticque
de Galliotdu pre Libraire^ 1626. In-fol., goth., fig. s. bois;
mar. vert, fil., tr. dor. [Derome).
Très-bel exemplaire.
148. CHARTIER. Lesœuures feu maistre Alain Cliarlier... Nou-
uellement imprimées reueues et corrigiees oullre les prece-
dêtes impressions. On les vend a Paris.., en la bouticque rfe
Galliot du pre... 1629. (A' la fin :) Imprimées a Paris v
maistre Pierre vidoue Lan, CCCCC. XXIX pour Galliot au
pre. Pet. in-8, fig. s. bois ; mar. vert, double de mar. rouge ,
fil., riches comp. int., tr. dor. [Bauzonnet).
Édition en lettres rondes, très-rare 'en belle conservation. Magnifique
exemplaire. H. : 140 mill.
146. CHARTIER. Les œuures de maistre Alain Charlier, conte-
nans l'histoire de son temps , L'espérance, le curial, le quadri-
logue et autres pièces, toutes nouuellement reueuës, corri-
gées et de beaucoup augmentées sur les exemplaires escrits
à la main, par André du Chesne, Tourangeau. Paris, S. Thi^
boust y 1617. In-4 ; vél. blanc.
Bonne édition, gui présente un bien meilleur texte que les précédentes.
Le premier possesseur a ajouté une copie manuscrite des Demandes et res-
ponses d'amours qui manquent à cette éditipn ; mais il eût pu y joindre le
Débat du gras et du maigre que Du Ghesne avait aussi rejeté.
78 BELLES-LETTHES.
147. (CHARTIER.) La Belle Dame ^ns mercy, (Au reclo du der-
nier f. : ) explicU, In-I^j golli., de 6 (T., à a col. de 38 lîgo. ;
mar. vert, ni., tr. dor. {Trautz-Bauzonnet).
Édition de toute rareté. Très-bel exemplaire.
148. (FRANC, Martin.) Le Champion des dames. S. L n. d. Pet.
in-fol., goth., fig. s. bois, initiales peintes à la main; mar.
vert, fil., Ir. dor. (Deromé).
Plaidoyer en faveur des femmes, en réponse au Roman de la Rose.
Édition fort rare , et dont l'impression est attribuée à Guill. Le Roy, cé-
lèbre typographe lyonnais (vers 1485).
Superbe exemplaire. H. : 274 mill. De la coll. Double'. .
149. FRANC (Martin). Le Champio des Dames... Contenant la
Deffence des Dames, contre Malebouche et ses consors, et vic-
toire dicelles. (A la fin : ) Imprime a Paris par maistre pierre
Vidoae pour. . . Galliot du pre. . . 1 53o. Pet. in-8, fig. s. bois ;
uiar. cilr., fil., tr. dor. (Derome),
' Édition en lettres rondes, rare et recherchée. Très-bel exemplaire. H. :
132 mill. et 1/2.
150. FRANC (Martin). (Lestrif de fortune.) (A la fin : ) Fin de
les tr if de fortune et vertu. S. 1. n. d. (Bruges, Colard Afan-
sion , V.- i477)« In- fol., goth., à longues lignes; mar. br.,
fil. à fr., tr. dor. [Duru).
Édition reconnue pour être sortie des presses de Golard Mansion. L'ou-
vrage est divisé en trois livres , et compte 224 ff., dont un blanc au commen-
cement, un blanc avant le 3" livre , et deux autres blancs à la fin.
L*UN DES DEUX EXEMPLAIRES CONNUS et celui même qui a servi à M. Bmnet
pour la description qu'il en donne. Sa conservation et sa beauté ne laissent
rien à désirer. H. : 278 mill. L. : 210 mill. Le second exemplaire conna
est à la bibliothèque Sainte-Geneviève, à Paris, et M. Brunet a constaté qu'il
est d'un tirage moins net. Celui-ci a successivement appartenu à Heber, au
prince d'Essling et à M. Yemeniz ; ce dernier Ta fait recouvrir d'une élégante
reliure à TY, et, à la vente de sa bibliothèque , ce livre précieux a été adjugé
au prix de 7,000 fr. à M. Asher, libraire, qui l'a cédé ensuite à M. Dtdot.
B. Depuis Villon jusqu'à Clément Marot.
151. VILLON. Les ϔiures de Francoys Villon de Paris, reueues
et remises en leur entier par Clément Marot, valet de cha-
bre du Roy. S, L n. d. (Au recto de Tavant-dernier feuil-
let : ) Fin des œeuures (sic) de Francoys Villon , etc. Pet. in-
8; mar. rouge, fil., tr. dor. (^Kœhler).
POËT^S FRANÇAIS. 79
Exemplaire UNIQUE d'une édition en lettres rondes, comprenant 56 ff., à
la fin desquels on remarque sept curieuses gravures sur bois. Les caractères
de cette édition, non indiquée au Manuel, ne ressemblent pas à ceux de l'é-
dition de 1533. La pagination, souvent interrompue , est marquée en chiffres
romains; elle est fréquemment fautive : f . 37 au lieu de 12 ^ 2i au lieu de
16,' 50 au lieu de 30; 30 au lieu de 32; 35 pour 38; 14 pour 46. De la bibl.
Yemeniz.
• •
1 52. VILLON. Les œvvresde Fr^mçoys Villon de Paris, reneues et
remises en leur entier par Clément Marot, \alet de chambre
du Roy. On les vend a Paris... en la bouticque de Caliot du
Pre. (A la fih : ) Fin des œuures de Françoys Villon.., fu-
rent paracheuecs de imprimer le dernier iour de Septembre,
Van mil cinq cens trente et troys (i533). Pet. in-8: mar.
rouge, fil. à compart., doublé de mar. bleu, tr. dor. (Zor//c).
Édition très-rare, la plus recherchée de celles en lettres rondes, et très-
différente, pour soh contenu, dèTédition de 1532.
Magnifique exemplaire, très-grand de marges (H. : 131 mill. et 1|2).
TJn exempl. de cette édition, couvert d'une riche reliure de Trautz-Bauzon-
net, a atteint le prix de 3,500 fr. à la vente Potier, en 1870.
133. VILLON. Les œuures de Françoys Villon de Paris, reueue>s
et remises en leur entier par Clément Marot , valet de cham-
du roy. On les vend a Paris en la grand salle du Palais y aux
premier et deuxiesme pilUerSy par Arnoul et Charles les An-
gelier s frères. S. d. (i 54o). In-i6 ; mar. rouge^ dent. , tr. dor.
\Lefebvre).
Très-bel exemplaire. Coll. Desq.
154. (? VILLON.) « Le Recueil f îstoires d*s repues fraclies...
Cy fine le recueil et hjrstoires des repeues franches, S. 1. n- d.
In-8 allongé, de ai ff., par 6 ff . à la feuille, sign, a-d^ ;
veau fauve {anc. rel.).
C'est probablement la première édition des Repues franches. Le Manuel
parle de la marque de Trepperel : elle n'existe pas à cet exemplaire qui pour-
tant est bien complet. Il provient de la bibl. du duc de la Vallière.
135. (Le Jardin de plaisance et fleur de rhétorique. ) (Au recto
du dernier f.:) Imprime a Paris le .XXIX. Iour rfw|| moys doc-
tobre. Mil cinq cens et cin/j ( i5o5). In-fol., goth., à a col.,
à 58 et Sg lignes dans les pages pleines, sign. au -ii; veau
fauve, comp. à la Grolier, tr. dor. (Hagué).
Ce traité de Tart poétique, avec des exemples à Tappui tirés des œuvres
d*un grand nombre d'anciens poètes français, tels que Arnoul Gresban,
80 BELLES-LETTRES.
Alain Ghartier, Christine àe Pisan, 'Charles d'Orléans, etc., est fort curieux
pour Thistoire des mœurs au XV^ siècle. On y trouve pour la première fois
le fameux DébcU de la Noire et de la Tannée (voir plus haut, le n9 38).
La présente édition est la plus ancienne avec date. M. Brunet Va citée
sans la décrire, et il n'en rapporte aucune a4judication. Il manque proba-
blement à cet exemplaire un f. blanc destiné au titre rubrique à la main.
Le volume commence par une belle gravure sur bois représentant Fauteur
offrant son livre à un souverain. Le premier vers est :.
Hault protecteur vouloir tresmagnanime.
Exemplaire grand de marges, avec témoins. La reliure de ce volume,
exécutée en fac-similé d'un livre ayant appartenu à Grolier, porte la devise
de ce célèbre amateur d'un côté, et de Tautre ces mots : A. Firm. Didoti et
AMicoRUM. C'est un chef-d'œuvre d'imitation. Piqûres de vers et race.
•
156. Le Jardin || de plaisan || ce Et fleur de rethoricque. (A la
fin : ). . . Imprime nouuellement a Paris par Michel lenoir pour
lehati Petit libraire, S. d. Pet. in-fpL, golli.,à a col., fig. s.
bois; mar. vert, fil., Ir. dor. (Bauzonnet-Trautz).
Édition antérieure à l'année 1520, époque de la mort de Michel Le Noir.
Très-bel exemplaire. Un certain nombre de ff. courts en tête ont été re-
margés.
187. Sensiiyl le Jardin de|| plaisance p fleur de re=[|llioricqiie
contenant plusieurs beaulx liures, comme le donel de no-
blesse baille || au roy Charles || viij, eic. On les vend a Lyon en
la rue mercière près de sainct Anthojne cheux Martin Bouil-
lon. (A la fin :)... Imprime nouuellement a Lyon par Oliuier
arnollet. S. d. (de i52o à i53o). Gr. in-4, gotli.; mar. vert,
doublé de mar. rouge, fil., dent, int., Ir. dor. {Bauzoimee).
Magnifique exemplaire, ayant appartenu à M. Cigongne, qui a fait reftdrey
par .M. Taforel, le dernier f. contenant la marque de l'imprimeur.
158. (MICHAULT.) La dance des aueugles. (A la fin :) C^finisl
le (sic) dance des aueugles || Imprimée a paris par Le Petit Lad-
reus (au \°, la marque du Petit Laurens). S. d. Pet. in-4,
golli., de 36 ff. à longues lignes, fig. s. bois; mar. rouge,
comp., doublé de mar. violet, orn. int. en or et en mosaï-
que, tr. dor. [Lortic).
Édition non indiquée au Manuel et extrêmement rare. Le Petit Laurens
a exercé de 1491 à 1517. Très-bel exemplaire.
159. MESCHINOT. Les lunettes des princes coposees||p noble
homme lelian meschinot ||Escuier... (marque de Jean Du Pré
POÈTES FRANÇAIS. 81
de Paris sur le litre). S. l. n, d. In-4, golb., de 88 flf., fig.
s. bois; mar. vert, fil., tr. dor. {anc. rel.^ genre Padeloup).
Édition de toute rareté. Jean Du Pré a exercé à Paris de i48i jusque
vers 1500. Très-bel exemplaire , réglé. De la bibl. Solar.
160. MESCHINOT. Les Lunettes des princes. Ensemble plusieurs
additions et Ballades par noble borne lehan Mescbinot es-
cuyer, de nouueau Composées. Et se vendent... MDXXVIIL
(A la fin :).... Imprimées ce .xx.\\Iour doctohre Par maistre
pierre Fidoue... pour,.. Galliot du Pre^ 1628. Pet. in-8 ;
mar. rouge, fil. àcompart., doublé de mar. bleu, dent. înt.,
Ir. dor. (Lortic),
Jolie édition en lettres rondes, très-rare et fort recherchée. Magnifique
exemplaire, très-pur. H. : 131 mill.
161.MATHEOLU3.
Qui nous mOstre sans varier
Les biens et aussi les vertus
Qui viennet pour soy marier.
( A la fin : ) C^ Jine matheolus imprime nouuellemet a Lyon
sur le rosne clieulx Oliuier Arnoullet demourant auprès de
nostre dame de confort, S. d. Pet. in-4, golh., fig. s. bois;
mar. vert, fil., tr. dor. i^Trautz-Bauzonnet),
Édition peu commune. Très-bel exemplaire. Race, au le' f.
162. MARTIAL DE PARIS. Sensuiuêt les \igilles || de la mort du
feu roy Cbarles se||pliesme... composées par mai||stre mar-
cial de paris dit dauuer||gne procureur en parlement. ( A la
fin :) Imprime a Paris par lehan du pre demourant aux
deux cynes en la grant rue saint iacques le xviii iour de may
mil cccc. iiiixx et xiii*. (i493). Pet. in-fol., golh., fig. s. bois;
mar. rouge, fil., tr. dor. [Trautz-Bauzonnet),
Première édition , précieuse et fort rare. Très-bel exemplaire, provenant
des coll. Coppinger, Solar et Double. Qq. race, aux derniers ff.
163. xMARTlAL DE PARIS. Sensuyt les vigîlles du Roy Charles ou
est conlenu comment il conquist France sur les anglois...
(Au v° de Tavant-dernier f.) : Cjfinisset les vigilles ûT la mort
du roy char les septiesme, . . composées par maistre Marcial de
paris dit dauuergne^ procureur en parlement. Imprime a pa-
ris par la veuf ue feu Jelian trepperel... S. d. (entre i520 et
1527). In-4, golb., fig. s. bois; veau fauve (anc. rel,).
Bel exemplaire d'une édition peu commune.
6
8ii BELLES-LETTRES.
164. ALEXIS. Le grant blason de faulses amours || fail et copose
par frere Guillaume || Alexis Religieux de lyre : f prieur || De
busy. (A la fin :)... Imprime a Paris par || Jehan Lambert ^
1493. Pel. in-4, golh. ; mar. olive, fil., Ir. dor. (Kœhler).
Édition fort rare. Bel exemplaire d*Armand Bertin. Race, aux premiers ff.
165. COQUILLART (Guill.). Sensuyuent les || droilz Nouue||auIx
Auec le De||bat des dames et des armes... (A la fin : ) Imprie
nouuellement a paris Par la vefue feu Jehà trepperel,.. (vers
i5i2?). In-4j goth.; mar. rouge, fil., tr. dor. (anc.reL^.
Édition originale des œuvres de Coquillart , fort rare. Exemplaire Gigon-
gne.
1 66. COQUIIJLART. Il Les OEvvresJI de maistre Guillaume Goquil||
lart, en son \iuàt officiai {| de Reims, nouuelle||mêt reueues^
corrigées. M. D. XL. On les veiida Lyon^ chez François Juste
deuant nostre Dame de Côfort. In- 16, de 122 flF. ch. ; mar.
rouge, fil., tr. dor. {TrautZ'Bauzonnet\
Exemplaire de M. Solar, avec cette petite note de la main de M. Coppin-
ger à qui il a appartenu : « Seul exemplaire connu de cette édition. » En
effet, on n'en a pas rencontré d'autre jusqu'à ce moment.
167. COQUILLART. Les OEuvresde M. Gvillavme Coqvillart, en
son \iuant officiai de Reims. Nouuellement reueues et cxyt-
rigees.y/i^o/i, par Benoist Rigavd^ ^^^79- In-i6, de 266 ppt ;
mar. rouge, fil., tr. dor.
C'est probablement la dernière des éditions de ce poëte publiées au
XVI« siècle, et c'est pourtant la plus rare. M. Brunet n'a fait que la citer,
sans l'avoir vue, et M. d'Héricault déclare n'avoir pu en rencontrer un seul
exemplaire pour son édition de Coquillart. ^
Elle paraît avoir été faite sur celle de Galliot du Pré. Le Monologue des
perrucques ou du Gendarme cassé n'est pas complet : il s'arrête avec ce vers :
Sainct Anthoine arde le tripot,
suivi du mot : Fin.
Les Petites ceuvres ( pièces politiques ) annoncées dans la table placée au
vo du f . de titre , ce qui a lieu aussi dans des éditions antérieures , ne s'y
trouvent point.
Très-bel exemplaire, aux armes du marquis de Coislin.
1 68. SAINT-GEL Aïs (Oct. de). La chasse et le || départ damours||
faict et Compose par reuerend père en dieu messire Oc-
touien de || sainct gelaiz euesque dangoulesme et par noble
homme biaise da|]uriol bachelier en chascun droit demou-
POÈTES FRANÇAIS. 83
ranta Thoulouze. HCumpreuilegio. (Au v** du dernier f.:)....
nouuellement imprime a paris le xiiii^ iour dauril mil cinq
cens et neuf (i^oçj) pour Anthojne verard,., In-fol., golh.,
à 2 coi., fig. s. bois; mar. rouge, fil. àfr.,tr. dor. (JDuru),
Première édition, devenue fort rare. La marque de Vérard se trouve à
la fin. Très-bel exemplaire , grand de marges, sauf qq. ff. race, à la fin du
volume. H. : 260 mill. De la coll. Yemeniz.
169. SAINT-GEL Aïs (Oct. de). Sensuyt le seiour Dhon|lneur,
copo||se par Reuerend père en dieu || messire Octouien de
sainct Gelaiz Euesq dan||goulesme. Nouuellement imprime a
Paris par la veufue feu lehâ trepperel. Demourant en la
rue neufue nostre dame, A lenseigne de les eu de France, S.
d. (entre i52o et 1527). Pet. in-4, goth., fig. s. bois;
mar. vert, fil. à fi'.jtr. dor. [Duru).
Bel exemplaire , sauf le dernier f. qui est restauré.^
170. SAINT-GELAIS (Oct. de). Le Vergier dhonneur Nou||uel-
lement imprime a paris. ||De lentreprinse et voyage de Na-
ples... Ensemble plusieurs || auUres choses faictes et com-
posées Par reuerend père en dieu monsieur Octauien de
sainct Gelais euesque dangoulesme et par maistre Andry de
la vigne secrétaire de la Royne ^ de monsieur le duc de
Sauoye auec aultres. On les vend a paris en la rue neuue
nostre dame A lenseigne de saint lehan leuangeliste. (Au r®
du dernier f. : ) Nouuellement imprime a Paris par Phelippe
le noir^.., demourant en la grant rue sainct Jacques a /?-
seigne de la Rose blanclie couronnée (au v®, la marque de
lehan lanot). Pet. in-fol., goth., fig. s. bois; mar. bleu, fil.,
tr. dor. (TrautZ'Bauzonnet) .
Ce volume présente un problème curieux pour l'histoire de la typogra-
phie parisienne. Il est imprimé par Philippe le Noir, c'est-à-dire de 1520 à
1531 ; mais il se vend à l'adresse de Simon Vostre auquel sa veuve , Nicole
Vostre, a succédé de 1520 à 1528, et il porte la marque de .Tean Janot, père de
Denys Janot ; de plus, cette marque de Jean Janot est presque conforme à
celle de Simon Vostre. Mais ce Janot ne peut avoir succédé à Nicole Vostre,
puisqu'il est mort en 1522. Le volume en tout cas peut se dater 1520 à 1522.
Très-bel exemplaire.
171. MOLINET. Les faiclz et dictz de feu de bo||ne mémoire
Maislre lehan Molinet : contenans plusieurs beaulx[|Traictez,
Oraisons et Champs royaulx... On les vend au Palais en la
Gai 1er ie — A la houticque de lehan Longis et de la veufue
leJuzn sainct denys, (A la nn :). . . nouuellement imprimez a Paris
84 BELLES-LETTRES.
Lan mil ci/uj cens xxxi (i53i) Pour leJianlongis et laveuftte
feu lehan sainct Denys. Pet. in-foL, golh., de 4 ff. prél-,
dont I blanc, et i33 ff. ch.; mar. rouge, fil. à fr., tr. dor.
( Duru),
Première édition. Très-bel exemplaire.
172. GOBIIN. Les loups rauissans (\ la fin :) Cyfine ce présent
Hure des loups rauissans fait et compose par maistre Robert
gobin,.,. Imprime par anthoine verard... S. d. (vers i5o3).
In-4,goth., fig. s. bois; mar. bleu, fil. à comp., tr. dor.
[Bauzonnet-Trautz).
Première édition, fort rare, d'un ouvrage en vers et en prose, aussi cu-
rieux pour le texte que pour ses figures sur bois pleines d'esprit et de naïveté
(voir le Manuel , et Renouvier, Des Gravures en bois dans les livres d'ArU. Yé-
rard).
Exemplaire Yemeniz. H.: 182 mill. Conservation parfaite, sauf qq. race.
f
173. (BOURGOUYNC, Simon.) Lespinelte dv ieune prince Con-
quérant || Le royaulme debonne renommée (A la fin :)...
Nouuellement compose et imprime a paris le xii* iour de
feurier mil cimj cens et huft (i 5o8) Pour Ànthofne verard. . .
In-fol., gotb., à 2 col.; mar. \ert, fil., tr. dor. (Derome
jeune).
Édition fort rare. Très-bel exemplaire , avec témoins. H. : 278 mill. Il
provient de la bibl. Yemeniz, à la vente de laquelle il a été remis sur table
sous prétexte d'un ou de plusieurs ff. refaits, ce qui'n'a pas été bien démontré.
174. (DAMER VAL, Eloy.) Sensuil la grut dyablerie... (Au v*» du
6' f.:) Imprime a Paris par la veufue feu iehan trepperel et
Jehan iehnnnot ^ Imprimeur et Libraire S. d. Pet. in-49
gotb., fig. s. bois; \eau fauve, fil., tr. dor. {anc. rel.).
Édition considérée comme antérieure à celle d'Alain Lotrian.
Bel exemplaire Yemeniz. Un trou au IV© f. et des piqûres à la marge race.
173. DESMOULINS.* Le catholicon des || mal aduisez autrement
dit le CYmelie||re des malbeureux. (A la fin :) Cy fine le ca-
tholicii des mal aduisez.... compose par Laurens desmou^
lins prestrc. Imprime a Paris le deuxiesme iour daoust mil v
ces et treize (i5i3) pour Iehan petit et Michel le noir..\,
In-8, gotb., fig. s. bois; mar. rouge, riebes comp., tr. dor.
{Niedrée).
L'auteur, dans l'épître placée au commencement, a désavoué les éditions
précédentes comme trop mal imprimées (voir au Manuel).
Bel exemplaire, sauf race, au dernier f.
POETES FRANÇAIS. 85
176. CRETIN. Châtz royaulx || oraisons et aultres petitz Iraiclez
faiclz et II composez par feu de bonne me=: ||moire maistre Guil-
laume || Grelin... (A la fin :) Imprime a Paris par maistre
Simon du bois pour Galliot du pre^ iSs'y. In-8, goth.; mar.
bleu, fil., tr. aor. [Bauzonnet-Trautz).
Édition la plus recherchée. Très-bel exemplaire , réglé, précieux surtout
comme ayant appartenu àMARGUERiTE, reine de Navarre. Il lui avait été offert
par François Charbonnier, vicomte d'Arqués, à qui on doit cette édition des
poésies de son ami Crétin, édition dédiée à cette même princesse. La reine
en fit présent en 1527 à son poëte-valet de chambre, Victor Brodeau, S*" de
la Chastière, qui le constata dans une note autographe sur le f. de garde à la fin
du volume.
177. (GRINGORE, P.) Ce présent liure appelle le chasteau de
labour a este a||cheue le dernier iour de May. Mil. Cincq cens
(i5oo). Pour II Symon Voslre libraire demourant a Paris en
la rue||neuue nostre dame a lenseigne sainct iehan leuàge-
liste (au-dessus, la marque de Pigouchet). Pet. in-8, goth.,
de 49 IT- (^'^ P^r 8 et/. 9), fig. s. bois; mar. vert, fil. à
comp., fleur, à froid, Ir. dor. (Niedrée).
Édition fort rare, ornée de curieuses figures sur bois. Magnifique exem-
plaire, provenant de la coll. Yemeniz, mais qui n'a pas figuré à la vente. 11
est incomplet du dernier f., qui ne contient, paraît-il, que deux gravures.
178. (GRINGORE, Pierre.) Le Chasteau de labour. (A la fin : )
Ce présent liure appelle le chasteau de labour a este imprime\\a
paris par Iehan Trepperel demourant en la rue neufue Nostre
dame a lenseigne de lescu de france, ln-4, goth., à longues
lignes, de 4o ff. n. ch.,sign. A. -H.; fig. s. bois; mar. violet,
fil., tr. dor.
L'adresse ci-dessus, ne pouvant se rapporter à Jehan II Trepperel, qui
exerçait de 1529 à 1530, doit être attribuée || à son père, mort en 1511, et l'é-
dition ne doit pasétre postérieure à cette dernière date. Elle n'est pas indi-
quée au Manuel, et le présent exemplaire est actuellement le SEUL CONNU.
Malheureusement il est incomplet d'un feuillet. Raccommodages.
179. GRINGORE. Les folles en tre||prises. (A la fin : ) Imprime \\a
paris par maistre Pierre leDrUy imprimeur\\ (i5o5). Pet.
in-8, goth., de 60 (T., fig. s. bois; mar. rouge, fil., tr. dor.
[anc. reL).
UN DES DEUX EXEMPLAIRES CONNUS, imprimés sur vélin. La fin de
la souscription est effacée; elle contenait ce qui suit :... pour icelluy Grin-
goire (sic) le XXIII iour de decem\\bre, Lan mil cinq cens et cinq. Or il existe
une autre édition avec la même date et sortie des presses du même im-
primeur : M. Brunet croit que celle-ci est la seconde.
86 BELLES-LETTRES.
Le nom de l'auteur se trouve non-seuleraent mentionné dans la sous-
cription, mais il est caché dans les huit derniers vers dont les initiales ser-
vent à le composer, suivant cet avis : le surnom de lacteur sera trouue par les
premières lettres de ce couplet.
Exemplaire La Vallière, Heber et Brunet. Les 22 figures sur bois (y com-
pris la marque) sont peintes en or et en couleurs. Le feuillet 8 du cah. c est
assez bien refait à la plume.
180. GRINGORE. Les folles enlrei|prises (au-dessoiîs , la figure
de Mère Sotte, puis ces quatre vers :)
Au pellican rue Salut iacques ce liure
Intitule les folles entreprises
Ou les faultes de plusieurs sont coprises.
A tous venans on les vend et deiiure.
(A la fin : ) Cjr finist le liure des folles entreprises imprime a
paris Lan mil cinq cens f sept le penultime iour de lanuier.
ln-8, goth., de 64 ff., sign. A-H. par 8; fig. s. bois; mar
bleu, tr. dor. [Dura).
Édition augmentée, mais imprimée avec les mêmes caractères que celles
de Pierre le Dru, page pour page, avec de légers changements d'orthographe,
et ornée de mêmes gravures sur bois et au même nombre ; ce qui nous fait
croire qu'elle est sortie de l'établissement du môme imprimeur. Le privilège
ayant été accordé à l'auteur lui-môme pour lequel Pierre le Dru a imprimé
ce volume, comme on l'a vu dans la souscription de l'édition précédente,
Gringore en aura fait faire plusieurs éditions à l'adresse des différents li-
braires. L'adresse indiquée dans les quatre vers ci-dessus était alors celle de
Geoffroy De Marnef.
La gravure du feuillet e^, qui représente dans l'édition précédente un pape
accompagné de quatre cardinaux, a été remplacée dans celle-ci pai* une autre,
dont le sujet est la messe de saint Grégoire.
L'augmentation dans le texte, dont nous avons parlé plus haut, consiste
en une pièce de vers de 8 pages, intercalée vers la fin, avant La supplication
faicte par charité au treschrestien roy : c'est pourquoi cette édition compte
4 ff. de plus que la précédente.
Très-bel exemplaire, et le SEUL CONNU jusqu'à ce présent.
181. GRINGORE. Les abuz du monde (au-dessous, la figure
de Mère Sotte). (A la fin, le privilège se terminant ainsi :)
...et a este ce présent liure 1 prime a paris par maistre Pierre
le dru pour icelluj gringore lan mil .ccccr. et Ax, le dixiesme
iour {/octobre (iSog). Pet. in-8, golh., fig. s. bois; mar.
bleu, fil. à comp., tr. dor. {J)uni).
Charmant exemplaire de MM. de Clinchamp et Solar. Les gravures sur
bois, bien que quelque peu grossières , sont caractéristiques.
POÈTES FRANÇAIS. 87
182. GRINGORE. Sensuyuent les fôtaisies de mere Sote : con-
tenant plusieurs belles hystoires moralisees... (A la fin :)...
Nouuellement Imprimées a Paris par Alain Lotrian Démoliront
en la rue neufue nostre Dame a lenseigne de lescu de France.
XXV. f. ûT. S. d. Pet. in-4, goth., de loi flf., fig. s. bois;
mar. vert, fil., tr. dor. (^Bauzonnet).
Alain Lotrian exerça à VEcu de France de 1532 à 1543. La souscription
diffère un peu de celle donnée au Manuel.
Très-bel exemplaire , ^auf qq. ff. remargés.
183. GRINGORE. Sensuyuent les || menus propos || mere Sote
nouuellemèt composée par Pierre Grin||goire... (A la fin :)
Cj finisset les menus propos... Nouuellemèt imprime a paris
par Philippe le Noir... Et fus t aciieue le septiesme iour de
iuillet Lan mil cinq cens vingt et huit (iSaS). Pet. in-8,
goth.; mar. rouge, fil., riches comp., tr. dor. (Niedrée).
Bel exemplaire, dans une charmante reliure.
184. GRINGORE. Les faintiljses du monde. (A la fin :) Cf finis-
sent les faintises du mode. À lyon imprimées cheux Barnabe
chaussard. Près nostre dame de Confort. S. d. Pet. in-8,
goth., de 19 f f . ; mar. citr., orn. sur les plats, tr. dor.
{TrautZrBauzonnet).
Charmant exemplaire, de la coll. Double. Remargé en tête.
185. GRINGORE. Heures de nostre dame translatées en fi^n-
coys et mises | en rihtme {sic) par Pierre Grégoire (sic)
dict vaudemot herault darjlmes... Et ce vendent cheuz lelian
Petit a la rue sainct laques a la fleur de lis dor. In-4» goth.,
fig. s. bois; mar. rouge, fil., tr. dor. (Niedrée).
Première édition , dont on ne connaît actuellement qu'un second exem-
plaire sur papier qui appartient à M. le baron James de Rothschild. Elle
contient le calendrier de 1524 à 1538, ainsi que le premier privilège accordé
pour ce volume par François 1er et daté de Lyon , le 10 octobre 1525. Dans
son Catalogue raisonné (n» 600), M. Didot a démontré que c'est à tort qu'on
avait attribué à Geoffroy Tory les remarquables figures qui ornent cette édi-
tion. L'une de ces gravures représente le Couronnement d'épines, mais tous
les personnages, y compris le Christ, sont revêtus de costumes des plus
bizarres et qui n'ont rien de traditionnel. M. Emile Picot, auteur de la pré-
cieuse Bibliographie cornélienne, en fut frappé le premier, et, pensant , avec
raison, que cette figure devait avoir un sens particuher, il a procédé à ce sujet
à une enquête rigoureuse. Le résultat de cette enquête est une dissertation
fort ingénieuse (Pierre Gringore et les Comédiens italiens; Paris, Morgand et
Fatout, 1878, in-8, fig. en-fac. sim.) où le savant bibliographe expose, sou
88 BELLES-LETTHES.
forme d'hypothèse, que le personnage torturé par les bouffons pourrait bien
être Gringore lui-même , abreuvé d'outrages par ses concurrents les comé-
diens italiens, établis à Paris vers 1520, et très-appuyés depuis parla cour, au
préjudice des acteurs français. La Sorbonne a dû s'émouvoir de ce traves-
tissement trop hardi d'une scène de la Passion : le parlement intervint, et,
par un arrêt de règlement, du 28 août 1527, il ordonna que cet ouvrage de
Gringore ne serait pas réimprimé.
186. GRINGORE. Heures de noslre dame , etc. Veau noîp gau-
fré, tr. dor. {rel. du temps).
Même édition que celle du n» précédent. Exemplaire sur véun, proba-
blement UNIQUE. Les gravures sont recouvertes par une miniature très-
fraîche de couleurs. La comparaison de ces deux exemplaires d'une même
édition montre toute la supériorité du peintre miniaturiste sur le tailleur
d'images. Le volume est malheureusement incomplet de 4 ff. de pièces
liminaix-es.
187. GRINGORE. Heures de nostre Dame translatées de latîa
en II francoys, et mises en ryme, Additionnées de plusieurs
chantzjl Royaulx figurez et moralisez... On les vend a Pa--
ris , en la Rue sainct lacques^en la maison || de lehan Petit^
libraire. S. d. In-8, goth., de 8 ff. lim. et 90 ff. ch., fig. s.
bois; veau noir gaufré, tr. dor. et cis. {rel. du temps).
dette deuxième édition ne diffère pas sensiblement de la précédente. Elle
a trois gravures de moins : les deux du premier f. et celle qui représente le
Jardin de la Vierge florie. La planche de l'homme anatomique et la marque
de J. Petit ne sont pas non plus les mêmes. Quant au texte, la différence réelle
consiste en une addition de quatre Oraisons ( f. 2 r» à 4 r» ) ; pour le reste,
c'est une réimpression page pour page de l'édition précédente , sauf les va-
riantes orthographiques et quelques modifications dans les vers.
Elle contient le calendrier de 1528 à 1543, ainsi qu'un nouveau privilège
du roi , daté de Paris , le 15 novembre 1527, portant correctement le nom
de Gringore et non plus celui de Grégoire , comme au privilège primitif.
L'interdiction faite par le parlement avait donc été levée , mais probablement
à condition de faire disparaître du nouveau tirage la scène grotesque de la
Passion. Or cette figure reparaît encore dans cette édition-ci , ce qui porte
M. É. Picot à croire qu'elle aura été supprimée. Elle est, en effet, d'une
rareté extraordinaire : M. Picot, malgré toutes ses recherches, tant en
France qu'à l'étranger, n'a rencontré que le présent exemplaire , qui, mal-
heureusement, est incomplet du f. ciiij. Les Chantz royaulx mentionnés
au titre n'y ont pas été joints , bien que le volume soit en reliure du temps.
Une nouvelle édition a dû suivre immédiatement celle-ci; car il y a des
exemplaires à la môme date , mais où la figure grotesque de la Passion ne
se retrouve plus. Il est essentiel de remarquer à cet égard qu'au Manuel
il règne une certaine confusion entre les différentes éditions de ces heures,
confusion imputable aux rédacteurs des catalogues où l'I'éminent biblio-
graphe a puisé ses renseignements.
POETES FRANÇAIS. 89
188. GRINGORE. Heures de nostre dame || translatées de latin
en francoys et mises en ryme. Addition^nees de plusieurs
chantz Royaulx figurez et moralisez. . . On les vend a Paris ^
en la rue sainct Jacques en la maison de lehan petit. S. d.
In-47 go'^'^M fig- s. bois. — Chantz Royaulx, figurez moral-
lement sur les uii[|steres miraculeux de Nostre saulueur ^
rédempteur || Jesuschrist, ^ sur la passion auec plusieurs
deu||tes Oraisons ^ Rondeaux contêplatifz. Com||posez par
Pierre Gringoire dict vaude||mont... On les vent a Paris en
lagràt Rue sainct lacques en la maison de lelian Petit. S. d.
In-4, goth., fig. s. bois. — 2 part, en i vol. ; mar. vert, fil.
à comp., tr. dor. {Bauzonnet\
Cette nouvelle édition contient le calendrier de 1534 à 1549, ainsi que
le privilège de 1527. Elle reproduit exactement le texte de l'édition précé-
dente, page pour page. La planche de l'homme anatomique est la môme
que celle de la première édition. La différence la plus importante consiste
en ce que la figure grotesque de la Passion y a été remplacée (comme à la
seconde édition de 1528) par une autre , représentant un homme à genoux
entouré de quatre personnages qui le menacent de bâtons ; elle porte, comme
l'autre , le monogramme G. S. surmonté de la croix de Lorraine. M. Picot
croit que l'artiste, n'abandonnant point son idée première, aura encore re-
présenté Gringore sous la figure de l'homme agenouillé.
Les Chants royaux, qui font suite aux Heures , offrent sept gravures.
L*une d'elles n'est autre que la scène de la Passion dont nous avons parlé,
mais elle a été gravée à nouveau , afin de remplacer les vêtements grotes-
ques par des costumes traditionnels. Sauf ce changement, la disposition
générale du tableau y a été fidèlement conservée.
Les exemplaires de cette édition des Heures sont extrêmement rares;
quant à celle des Chants royaux, elle n'est point indiquée au Manuel,
189. GRINGORE. Chantz Royaulx figurez morallement sur les
mi=||steres miraculeux de Nostre saulueur etredépteur || lesu-
christ ^ sur sa Passion || auec plusieurs deuo||tes Oraisons et
Rondeaux contêplatifz... On les ved a Paris en la gràt Rue
sainct laques en la maison de lelian petit.., S. d. Pet. in-4,
goth., de 32 fT., fig. s. bois; mar. citron avec bandes de
mar. rouge, fil. à comp., orn. sur les plats, tr. dor. (^Lortic).
Cette édition, la seule décrite au Manuel, diffère de la précédente et lui
est postérieure. C'est une réimpression page pour page, avec les mêmes
figures; mais le titre, autrement disposé, est tiré en rouge et en noir dans
celle-ci, tandis qu'il l'est simplement en noir dans l'autre. Au surplus, la
présente édition porte à la fin la mention du privilège du 10 octobre 1527,
ce qui n'a pas lieu dans la précédente.
Magnifique exemplaire, très-grand de marges.
190. ( GRINGORE.) Rôdeaulx nou||ueaulx Iusques||au nombre
90 BELLES- LETTRES.
de cent et troys|| Contenant jj plusieurs menuz ppos q deux
vray || amas ont euz nagueres ensèble de[|puis Te comnien-
cement de leur a||mour iusques a li mort de la dame. Auec
plusieurs II aullres adiouslez a la [| fin corrigez, reveuzfjet
cuenables au [| dit propos |fet uial|liere. Oa les vend a Paris
en la rue nciifue noslre dame a lenseigne saince (sic) Nicolas.
S. d. (v. i5io). Pet. in-8, golh., de 4? ff-» ^îgn. a-f.; mar.
rouge, fleurons, tr. àoT^Trautz-Bauzonnety
Édition sortie des presses de Pierre Sergent ou de Jean Bonfons, et non
indiquée au Manuel. Exemplaire pai'fait, provenant des coll. Solar et Double.
191. (GRINGORE.) Rondeaulx en [| Nombre troys || cens cio-
quâte, singuliers ^ a to' propos... (A la fin :) Imprime nou-
uellementaParis pour Alain Lotrian,., en la rue neuf ue noslre
Dame a lenseigne de lescu de France, S. d. (v. i53o). Pet.
in-8, goth.; mar. rouge, fil., tr. dor. [anc. rel.).
Edition fort rare. Exemplaire un peu court.
192. GRINGORE. Notables ensei||gnemens, adages et prouerbes
faitz ^ com||posez par Pierre Grîgore dit vauldeinôtj) he-
rault darmes Nouuellemêt reueuz ^ cor||rigez... On les
vend,., en la boufique de Galliot du pre... (A la fin :) im-
primez a Paris j) Nicolas couteau et furet acheue^ dim^
primer le, xxs^i^, iour du moys de lanuier Lan de grâce mil
cuui cens vingt et huyt (i528). Pet. in-8, goth., de i ff. prël.,
123 ff. cb. (le dernier colé par erreur Cxxxiii) et i f. non
ch.;mar. citr., fil., tr. dor. {(inc. rel.).
Exemplaire atteint par l'humidité dans le fond des marges et restauré
dans le bas des premiers ff.
Au bas du titre, on lit cette signature : de la Fontainey qu'on croit être
celle du grand fabuliste dans son jeune Age.
193. (GRINGORE.) Contrediclz de Sôgecreux... (A la fin:)...
Nouuellement imprimez a Paris par Nicolas couteau impri-
meur pour Galliot du pre libraire. Et fut acheue dimprimer
le second iour du moys de may Lan mil cinq (sic) et trente
(i53o). Pet. in-8, golh.; mar. rouge, fil., tr. dor. {anc, reL).
Ouvrage satirique, précieux et rare. Exempl. Solar. Q({. ff. race.
194. LE MAIRE (J.). Le temple dho||neur ^ de vertus : auquel
sont conlejlnus les cbans des bos ^ vertueux bergiers ||. . . Com-
pose p. Jeban le maire disciple de Molinet. Nouvellement
imprime a Paris. On les vend a Paris en la rue neufue nostre
POETES FRANÇAIS. 91
Dame a lenseigne de lescu de France, (A la fin :) Cy finist
Imprime a Paris par Alain lotrian et Denjs ianot. S. d.
(v. i536). In-8, goth., fig. s. bois; mar. rouge, fil., tr. dor.
Édition de toute rareté. Exemplaire aux armes et chiffres d'A. Audenet,
provenant de la bibl. Yemeniz. Un peu court.
195. MICHEL (G.). LA forest de conscien||ce contenant la
chasse des princes spirituelle. (A la fin :) Cj fine la forest de
conscience Nouuellemct composez par Guillaume miche l
dict de tours ^ Et imprime par Micliel le noir... Le dernier iour
daoust Mil cinq cens et vingt (i52o). In-8, goth., fig. s.
bois; mar. rouge jans., tr. dor. (Trautz-Bauzonnet).
Joli exemplaire d'un li\Te rare.
196. MICHEL (^G.). Le Siècle dore : contenant le temps de
Paix, amour, ^ concorde. (Au r°du dernier f. :)Fin du sciecle
dore : compose par Guillaume Michel Et imprime par Guil-
laume Fesandady Acheue le. xx. iour de Fehurier : pour
Hemonlefeure libraire, ln-4, goth., fig. s. bois; mar. vert,
fil. àcomp., tr. dor. (Lortic).
Privilège du 19 février 1521. Bel exemplaire.
197. BOUCHET (J.) L'AmouJlreux transy sans espoir. (A la fin :)
Cf finissent les faitz de lamoureux transj [facteur de ce
présent Hure) maistre lehan bouchet £cureur a poictiers. Im-
primes a paris par honnorable home Anthoine Verard, S. d.
(après i5o2). ln-4, goth., a longues lignes, en gros carac-
tères, fig. sur bois; v. fauve, fil., tr. dor.
Édition fort rare et la plus ancienne de ces poésies. Très-bel exemplaire ,
qui avait appartenu au marquis du Roure.
198. (BOUCHET J.). Sensuyt le temUple de bonne rejjnomee ^
repos|| des hommes , et fêmes illustres, Irouue || par le Tra-
uerseur de voyes périlleuses ||... (Aureclo du 4* f-) Imprime
nouuellement a paris par la veufue feu lehan trepperel et
lelui lehannot. S. d. (entre i5ii et i52o). în-4, golh., à
longues lignes; fig. s. bois; mar. La Vallière, compart. à
froid, tr. dor. {Cape).
Très-bel exemplaire d'une édition fort rare, dont le Manuel ne cite au-
cune adjudication.
199. (BOUCHET, J.) Sensuyt le la|ibyrith de for;|tune <^
92 BELLES-LETTRES.
seiour || des troys no[|bles Dames Compose par lacteur des
Rejlgnars trauersans et loups rauisans. Surynomme le tra-
uerseur des voyes périlleuses. (A la fin \) Nouuellemet imprime
a Paris ^ Alain Lotrian^ de mourant a la rue neufue nostre
dame a lenseigne de lescu de France. S. d. (entre i532 et
i543). In-4, goth.jsign. A-GG.; mar. orange, fil., Ir. dor.
[Kœhler).
Édition rare. Exemplaire grand de marges. Piqûres de vers race.
200. (BOUCHET, J.) Opuscules dufltrauerseur des voyes pe=||
rilleuses. Nouuellemenl||parluy reueuz, amendez || et corri-
gez iouxte la dernière impression ||... On les vend a Paris
par la vefue de feu lelian ianot tenant demeurant en la rue
de marchepalu a lenseigne de la corne de cerf. (A la fin :)
Imprime a Paris pour lavejue^ etc. S. d. Pet. in-4, goth.;
mar. vert, fil., tr. dor. (JBauzonnet-Trautz).
Très-bel exemplaire, avec témoins, provenant des coll. Crozet et Double.
On voit par le sommaire ci-dessus qu'il existe une édition antérieure, mais
il n*en a jamais paru d'exemplaire, que nous sachions. L'adresse ci-dessus nous
donne la date approximative de cette édition, car nous savons (voir Didot,
Essai sur la grav. s. bois, col. 157) que c'est de 1522 à 1529 que la veuve Janot
demeura à la Corne de cerf.
201 . (BOUCHET, J.) Opusculles du trauerseur des || voyes péril-
leuses nouuellement par luy reueuz ||amandez et corri-
gez. ||.. (Marque de de Marnef sur le titre.) (A la fin :) Im-
prime a Poictiers par laques Bouche t A la Celle, le ix. Da-
puril Lan Mil cimj Cens vingt et six (i526). ln-4, goth.,
à long, lign.; mar. viol., fil., large dent., tr. dor. (Thomp-
son),
Très-bel exemplaire, réglé, d'une édition rare.
202. BOUŒET (J.). Le Panegyric du Che-|luallier sans reproche
[Louis de la Trimouille]. (Au v® du 194® f. :) Cf finist le
Cheualier sans reproche côposep maistre Jehan Bouchet... Im-
prime p laques Bouchet demeurant aud^ Poictiers a la Celle y
Et se vedet en la boutique dudit Bouchet ^ au PelUcan près le
Palais Et fut acheue le. xx^iii. iour de mars mil cinq cens,
xxvii{iSi^). In-4, goth. ; mar. olive, tr. dor. (rel. angL).
Superbe exemplaire.
203. (BOUCHET, J.) Les triùplies || de la Noble et amoureuse
Da||me, ^ Tart de honnestement || aymer. Compose par || le
POÈTES FRANÇAIS. 93
Traiierseur des Voyes périlleuses. Nouuellemeiit imprime a
Paris y M.D. xxxix (iSSg). On les vend en la rue neufUe nos-
tre Dame a lenseigne S. Jehan baptiste , près S. Geneuiefue
des ardens^ par Denjrs ianot. In-8 , golh.; mar. rouge, fil., tr.
dor. {Niedréê).
m
Très-bel exemplaire. Titre reraargé en tête.
204. (BOUCHET, J.) Les angoysses et rel]medes damours. || Du
Trauerseur, en son adolescence. On les vend a Poictiers au
Pélican. ( A la fin : ) Imprime a Poictiers le huytiesme iour de
lanuier M. D. XXXVI. par lelian ^ Enguilbert de Marnef frè-
res. In-4, goth.; mar. rouge, fil., tr. dor. {Padeloup),
Première édition. Au 4® f., se trouve une gravure sur bois de style ar-
chaïque , portant la double croix de Lorraine.
Très-bel exemplaire.
205. (BOUCHET, J.)Le lugement poe-||tic de l'honneur fe-||menin
^ seiour des [| illustres claires ^ lionnestes Dames, par le ||
Trauerseur. On les vend a Poictiers a lenseigne du Pélican
dauant (sic) le Palais. (A la fin, en caracl. ilal. :) Imprimé
à Poictiers le premier d Auril M.D.XXXFllI (i538) par
lehan et Enguilbert de Marne f Frères. In-4 , goth., fig. s.
bois.; mar. violet, fil., large dent. {rel. angl.).
Les figures sur bois , dont quatre portent la croix de Lorraine , sont re-
marquables. Bel exemplaire, de la coll. Double.
206. BOUCHET (J.). La Flevr et trivmphe de cent et cinq Ron-
deaulx contenans la constance , et inconstance de deux Amas
composez par aucun Gètil Homme présentez et dédiez au
Treschrestien Roy de Fràce a qui Dieu dône Iresbône vie
et sente pspere. Et adiouste. xiij. Rondeaulx differans.
Auec XXV. Balades différentes côposees par Maistre lehan
Bouchet aultrement dict le trauerseur des voyes périlleuses
Procureur a Poyctiers. Nouuellemtt imprimes A Lyon. M.D.XL
(i54o). On les vend a Lyon ^ en rue Mer cire en la Boutique
de lehan Mousnier près du Maillet dargent. Pet. in 8, goth.
(titre en lettres rondes), de 48 ff. non chiffrés (A.-E, G, par
8); mar. citr., fil., tr. dor. {anc. rel.).
Exemplaire de Ch. Nodier et d'Yemeniz. Un peu court en tête, mais
avec témoins.
207. BEAULlEU(Euslorgde).
94 BELLES-LETTRES.
Le8 gestes des soI||liciteurs
Ou les lisans pourrDt cognoistre
Quest ce de solliciteur estre
Et qui sont leurs réformateurs.
(Au-dessous, une marque de Jehan Guyart, qui n'est pas
celle donnée qui est au Manuel, Plus bas :) Cum priuilegio.
vo du dernier f., les armes de la ville de Bordeaux, et au-
dessous, cette souscription {) Imprime a Bourdeaulx le vingt
et troisiesme tour de aoust Là mille cinq cens xxix (1629)
par lelum gujart imprimeur.,. Pet. in-4, goth. ; mar. bleu,
fil., tr. dor. [Kœhler).
Pièce de vers fort [rare, qu'on a considérée longtemps comme la plus
ancienne production des presses bordelaises. C'est, en tout cas, le second
livre français imprimé à Bordeaux.
Exemplaire aux armes et chiffres d'Audenet. Coins race.
208. BOURDIGNÉ (Ch.). La Légende I| ioyeuse maislre Pierre
Faifeu, Cotenante plusieurs singularilez ^ veri||lez... (Au
bas du litre : ) Tout passe. (A la fin :) Fin desfaitz ^ dictz
ioyeulx de ma'ustre pierre faifeu mis ^ rédigez par niessire
Charles bor digne prebstre le premier iour de mars lan mil.
ccccc.xxxï. Jit imprimez a Angers lan. M. D. XXXII. (iSSa).
Pet. in-4, goth., de 54 ff.; mar. vert, fil., à comp., tr. dor.
( Bauzonnet" Trautz ) .
Première édition, de toute rareté. M. Brunet en signale une de 1526,
mais nous croyons pouvoir affirmer qu'elle n'existe pas : l'émincnt bibliogra-
phe aura été induit en erreur par un exem})laire incomplet (il indique 52
ff.), privé de la souscription finale, et il aura pris comme date du livre le
chiffre 1526 qu'on lit, en effet, dans la bordure du titre de la présente
édition, bordure empruntée sans doute à un ouvrage antérieur.
Magnifique exemplaire, avec témoins. Race, ot retouches.
209. BOURDIGNÉ (Ch.). La Légende de maistre Pierre Faifeu,
mise en vers par Charles Bourdigné. Paris, Coustelier^ 1723.
In-8; mar. rouge, fil., ir. dor. {^Anc. rel. aux armes de
France).
Exemplaire imprimé sur vklin. On sait que cette édition contient en outre
les Poésies diverses de Jean Molinet, extraites de ses Faicts et dits.
210. DU PRÉ (J.). •Le palais des no||bles Dames, auqla treze
parcelles ou chambres || principales : en chascune desquelles
plusieurs histoires.... Nouuellement copose
|coyse par noble Jehan du pre. (A la fin : )
sont déclarées
en rithme fran
Adresse a tresillustre ^treshaulte prïcesse madame Marguerite
POETES FRANÇAIS. 95
de Frâce Roynede Nauarre... S, L n. d, (après i534). In-8,
goth., fig. s. bois; mar. rouge, fil. à fr., tr. dôr. {Koehler),
Ouvrage non réimprimé et de la plus grande rareté. Très-bel exemplaire,
de la coll. A. Bertin.
2 H . (DU PONT, G.). Les Controiiersses des Se||xes Masculin et
Femenin (par Gralian du Pont, seigneur de Drusac). (A la
fin : )
Dedans Tholose : imprime entièrement
Est il ce liure : sachez nouuellement
Par Maistre Jacques : Colomies suraorome
Maistre imprimeur : Libraire bien famé
Lequel se tient : et demeure deuant
Les Saturnines : Nonains deuot conuent
Lan Mil cinq cens trente et quattre a bon compte
Du moys Januier trcntiesme sans mescompte.
In-fol., goth., fig. s. bois; mar. bleu, fil., tr. dor. (Simier).
Première édition, fort rare. Plusieurs pièces de vers sont licencieuses.
Bel exemplaire, de la coll. Solar.
212. DES PERIERS. Recveil des œvvres de fev Bonaventvre
desPeriers, Vallet de Chambre de Treschrestienne Princesse
Marguerite de France, Royne de Nauarre. A Lyon, Par lean
de Tournes^ i544- Iï^-S ; mar. bleu,corop., tr. dor. {Lefebvré)^
Première édition , peu commune. Très-bel exemplaire, sauf qq. ff. courts
en tête.
213. (RENÉ D'ANJOU). Labuze en court [ L'Abusé en cour] (par
René d'Anjou, roi de Sicile). S. L n. d, In-4, goth., de 34
ff. n. chiff. (sign. A-Gpar 4, Hpar 6), à 3g lignes par page,
fig. s. bois; mar. La Vallière, fil. à compart., tr. dor.
Édition non décrite, ornée de onze figures sur bois. Magnifique exem-
plaire.
G. Poètes anonymes depuis la fm du XV jusqu'au milieu du XVP siècle.
214. Heures de nostre dame en fi*ancoys et en latin || Imprimées
a paris nouuellement. (Au r^ du dernier f. :) Cy finient les
heures en francois Imprimées a paris pour Ânthoine verard
libraire demourarU sur le pot nostre dame a Ijmage saint
Jehan leuangeliste.,, S. d. ( i488 ou i499)- ^^^' in-8, goth.,
de 112 ff. n. ch., fig. s. bois; mar. rouge, fil. à comp.,
96 BELLES-LETTRES.
doublé de mar. bleu doré en plein, tr. dor. {Trautz-Bau-
zonnet).
Au-dessous du titre rapporté plus haut , se trouvent ces huit vers :
Lamoiir de dieu chascun || bon cresUen
Doit acqu(*rir en son cQ||menceineat
En desir&t |)seiierer en bi^
Affin quil puisse acquérir saunement
Et appliquer doit son entendement
A le seruir soir et au malin
En recordant ses heures dignement
Translatées sont au plus près du latin.
Le'dernier f. ne contient que la souscription , en sept li^es. Les figures
sur bois sont les mômes que celles qu'on rencontre dans les diverses petites
Heures de Vérard.
Les Heures que nous décrivons présentent cette particularité, comme celles
que Gringore a postérieurement publiées, qu'elles sont entièrement en vers ;
c'est pourquoi nous avons cru devoir les placer plutîSt à la Poésie que dans
la section des livres de piété. Leur auteur est encore inconnu, et elles
avaient échappé aux recherches de M. Brun et.
Cet exemplaire, peut-être UNIQUE, est d'une conservation admirable. H
provient de la bibl. de M. Yemeniz et a reçu une de ces reliures à petits fers
et à l'Y qui sont les chefs-d'œuvre de Trautz-Bauzonnet.
215. Le caquet]] des bonnes Chambrières, déclarant || aucunes
finesses dont elles, vsent j] vers leurs inaistres ^ niaistres-||
ses. Imprime par le com |mandement de leur l| Secrétaire
niai|',slre Pierre || babil||let. Item vne Pronoslication sur les
Maries (C femmes veufues. Auec la manière pour con||gnois-
tre de quel boys se || chaulfe Amour. On les vend a Ljron
en la mayson || de feu Barnabe Cliaussardy près || nostre dame
de Confort, S. d. Pet. in-8, golh., de 12 flf. (et non de 8 ff.),
sign. A.-C; mar. violet, fil. à comp., Ir. dor.
C'est la plus ancienne édition de cette spirituelle facétie en vers.
La Pronostication.., Four lan mil dnq cens Z cinquante commence au fol.
Cij r®. La dernière pièce fmit ainsi : Qu4)y quHl aduienne. Finis.
Exemplaire de Ch. Nodier, puis d'Yemeniz, avec témoins, le seul qui
ait passé en vente. M. de Montaiglon n'a pu consulter cette édition pour la
réimpression qu'il a publiée de cette pièce.
216. (Le Chevalier aux Dames.)
Cy est le Chevalier aus Dames
De grant leaultez et prudence
Qui pour les garder d' to* blasmes
Fait grant prouesse et gr&t vaill&ce.
POÈTES FRANÇAIS. 97
(A la fin : ) C y finit le Cheualier auz Dames, Imprime a Mets
par maistre Gaspart Hochfeder La» vigille de saincte Aga-
the, Lan, Mil -v^ et. a:i^/[| (i5i6). Pet. in-4, golh., fig. sur
bois;; mar. rouge, doré en plein à petits fers, doublé de
mar. bleu, large dent., tr. dor. (BauzonnetrTrautz).
Édition originale et fort rare, de ce poëme , en forme de songe, d'un au-
teur inconnu qui prend la défense du beau sexe contre les attaques du Ro-
man de la Bose. L'une des 23 fig. sur bois porte le nom de François Oudet.
Superbe exemplaire à toutes marges : on dirait môme en grand papier.
La reliure est un chef-d'œuvre. De la coll. Ycraeniz (2075 fr.).
217. La côplaïte II doloureuse || du nouue||au marie. S, Ln, d,
Pet. in-8, goth., de 8 ff. ; mar. vert., fil., tr. dor. {Niedrée),
Môme texte que dans l'édition de Trepperel (voir le n® 225 ). Exemplaire
réglé et très-grand de marges , provenant de la bibl. Yemeniz. C'est le seul
qui ait passé en vente.
218. La côplainte |] du prisonnier damours || faicle au jardin de
Il plaisance. S, l, n, d. Pet. in-8, goth., de 4 ^-i de 22 li-
gnes par page, deux fig. sur bois au-dessous du titre; mar.
vert, tr. dor.
Cette pièce de poésie, imprimée vers 1530, est réellement remarquable.
Exemplaire de Ch. Nodier et d' Yemeniz, avec témoins. C'est le même
probablement qui a servi à M. Brunet pour s^ description : aussi croyons-
nous que c'est par suite d'une erreur qu'il indique une fig. s. bois au titre
et une autre au v® du dernier f., car il ne paraît pas exister d'autre édition
de cette Complainte amoureuse.
9
219. Les con[]tenances de la || table. (A la fin :) Cy finissent
les ôtenàces de la table, S. 1. n. d. In-4, goth., de 4 ff»;
mar. rouge, fleurons, tr. dor. (Trautz-Bauzonnet),
Au-dessous du titre , se trouve la marque et les noms de P. Marescbal
et de Barnabe Chaussart qui ont exercé ensemble à Lyon de 1496 à 1504
environ. Édition de toute rareté , qui offre un texte plus correct que les
autres.
Exemplaire Double, grand de marges, le seul qui ait passé en vente.
Légers race.
220. Le Credo du commun || peuple celon {sic) le temps || qui
court. S, l, n, d. Pet. in-8, goth., de 4 ff-, à 20 lignes
par page pleine, fig. s. bois; veau ant.,fil. à fi*., orn. en
or, tr. dor. {Koekler),
Dans cette pièce, composée de 18 huitains en vers octosyllabiques, le poète
anonyme, en prenant successivement pour point de départies phrases du Credo
98 BELLES-LETTRES.
latin, exprime les doléances du peuple contre les exactions dont il est la vic-
time. En voici un fragment :
Crucifiants est et sera
Le peuple par larrons sergens.
Et iainais on ne se deffera
• De pilleurs et mangeurs de gens.
Adiiocatz sont frisques et gens
De nouz {sic) draps et laine vestuz.
Le bruyt de nous poures indigens
A bas mortuus et sepultus.
La première page contient, au-dessus et au-dessous du titre, cinq petites
gravures et une fleur de lis florentine. Quatre de ces figure^ représentent
des sibylles; quatre autres sibylles figurent au v° du feuillet. Parmi les pre-
mières, celle qui représente la sibylle delphique se voit au v® du dernier f. du
Monologue de la Chamberiére ( voy. le n» 232), imprimé à Lyon par ou pour
Pierre Prévost, ce qui autorise à croiie que le présent volume est sorti des
mêmes presses. Il est imprimé en petits caractères gothiques et finit au f . 4 v«
par le mot : Finis.
Cette pièce curieuse n'est pas indiquée au Mantiely et on n'en connaît
aucune autre édition. Exemplaire Yemeniz, réglé , peut-être UNIQUE. Deux
marges rapportées.
221. Le II débat des deux bons || Seruiteurs. (A la fin :) Cj'
Jinist le débat des deux bons seruiteurs, S. 1. n. d. (Paris,
vers i5oo). In-4> goth., de 12 ff. ; mar. vert, fil., Ir. dor.
{Niedréé).
Opuscule en vers , en forme de dialogue entre Taîné , le jeune et l'ac-
teur. Il diffère complètement du Doctrimil des bons serviteurs.
Édition fort rare. Exemplaire Yemeniz , très-grand de marges. Qq. pi-
qûres race.
222. Les dictz de | salomon Auecques les resjjpoces de marcon
fort ioyeujjses. S, L n. d. In-8, goth., de 4 ff- ; veau écaille,
fil., Ir. dor.
Ancien fac-similé^ à la plume, d'un opuscule rare, et passablement li-
bre, renfermant 40 strophes de trois vers.
On y a joint divers fragments de vieilles chansons imprimées en caractère
gothique , chansons plus que légères et qui paraissent totalement inconnues.
Flxemplaire Yemeniz.
223. Les diclz des || besles ^ aussi des|]oyseaulx. (A la fin :) Ç^
finissent les dictz des oiseaulx. Nouuellement Imprime a Pa-
ris en la rue neufue nostre Dame a lescu de France, S. d.
(vers i5oo). Pet. in-8, goth., de 12 ff., 48 fig. sur bois;
mar. vert, large dent., tr. dor. (Niedrée),
Le titre est répété au verso du 1^^ f.^ avec un changement à^y en t dans
POETES FRANÇAIS. 99
le mot oiseaulx. Cette édition sort des presses d*Alain Lotnan ou de celles
de Jehan Jehannot. Exemplaire de Huzard puis d'Yemeniz, et le seul qui
ait passé en vente. Coins race.
224. Le doctrinal des || filles. S. L n, d. Pet. in-4, goth., de 6
ff., sign. a; mar. rougé, dent., tr. dor.*
Édition lyonnaise de la fm du XV« siècle, dont le texte est conforme à
celle de Mareschal et Chaussart. C'est probablement la même que celle dont
M. Brunet a signalé deijx exemplaires (Nugent et Heber), mais qu'il'n'apas
dû avoir sous les yeux, la description rapide qu'il en donne n'étant pas d'ac-
cord avec le présent exemplaire. En effet, le titre ^ en deux lignes, ne donne
que : Le Doctrinal des fUles; au v®, est une grande figure sur bois représen-
tant une Matrone qui enseigne à une jeune demoiselle. Ce Doctrinal occupe
les sept pages suivantes (à 20' lignes par page, sauf la dernière ) et finit ainsi :
Cy fine le doctri\\nal des filles. Il est suivi d'une pièce en vingt vers : Les
dix cômàdemes de la loy de dieu, et d'une autre : Les cinq cornaderries de le-
glise, en dix vers. Une pièce en prose : Les xii. articles de la foy (14 lignes)
termine cette édition de toute rareté que M. de Montaiglon n'a pas connue.
Le verso du dernier f. est blanc.
Magnifique exemplaire , de la coll. Yemeniz.
225. Le doctrinal des || femmes maries {sic). S. /. /^. d, (mar-
que de J. Trepperel sur le titre). Pet. in-4, goth., de 6 ff.
— Le doctrinal des nouueaulx maripz. S. L n. d. (même
marque). Pet. in-4, goth., de 6 ff. — La complainte du
nouueau marié. S. L n, d. (même marque). Pet. in-4? goth.,
de 9 ff. — En I vol. ; mar. rouge , fil., tr. dor. [Bradel).
Pièces fort rares , fmîîrimées vers la fin du XV« siècle. Au verso du titre
de la première, on trouve une figure sur bois, très-médiocre, représentant
un moine assis (peut-être l'auteur de la pièce) devant lequel trois bour-
geois se tiennent debout.
La pièce suivante porte au v*» du titre une autre gravure qui se fait
remarquer par la bizarrerie du dessin et la singularité* du sujet : elle re-
présente 'un homme , entouré d'enfants et d'animaux domestiques , battu
par sa femme «armée d'une quenouille. Cette même «gravure est reproduite
au verso du titre de la dernière pièce.
* Exemplaire d'une conservation hors ligne , très-grand de marges. Il a
appartenu successivement à Le Duc , Bignon et Brunet, et a été acheté à la
vente de ce dernier 1,250 fr.
226. La doctrine et instru||ction q baillent et monstrent || les
bos pères a leurs enfans. (A. la fin : )
Qui ce liure voudra acheter
Autant de soir que de matin
Qui sans vienne droit marchander
Chez maistre guUlaume Balsarin.
iOO BELLES-LETTRES.
Imprime a Lyon MCCCCC . XXIII. (i523). Finis. Pet. in-8,
goth., de 8 fî., fig. s. bois. — Le testament du père || Leql
il laissa a son filz : a la || fin de ces (sic) iours, pour lis-
trui||rea vertu, e fouir (sic) aux vices. (À la fin :)
C y finist le testament du père
Et a este nouuellement imprime
En papier non pas en parchemin
Qui le vouldra acheter •
Vienne chez Guillaume BaUarin,
Pet. in-8, goth., de 8 ff., fig. s. bois. — En i vol.; mar.
vert, doublé, de mar. rouge, orneni., tr. dor. (Bauzonnet).
Cette Doctrine et instruction offre une rédaction modifiée, et plus déve-
loppée, d'un autre opuscule en vers , intitulé : La Doctrine du j>ére au fils^
dont on connaît plusieurs éditions. Elle se compose de 55 stances de 4 vers
octosyllabiques, suivies d*une Conclusion en manière de Ballade, en 4 stances,
et est terminée par une Response que baille le filz au père des enseignerriës
que luy a enseigner, en 3 stances.
Le Testament du père est le complément de la pièce précédente , et on ne
connaît , de Tune et de l'autre , que la présente édition.
Exemplaire Coste , puis Yemeniz , le seul qui ait passé en vente. Conser-
vation parfaite.
227. La Fontaine II Damours, et la (sic) description. || Nouuel-
lement imprimée. || Et se commence.
Nescio quid sit arnor nec amoris || sentie nodum
Sed scie si quis amat, nescit || habere Dodumr
S. /. n. (L Pet. in-8, goth., de 4 ff-j fîg. s. bois; mar. vert,
tr. dor.
Édition fort rare. Exemplaire de Gh. Nodier, puis d'Yemeniz.
228. La fortune || Damours.
Sermon ioyeulx d'ung verd galant
Et dune hergiere iolye
Que peut nommer chascun lisant
Damour la fortune ou follye.
( A la fin : ) On les vend a /jaris en Icf. rue Neuf ne nostre Dcune
a lenseigne de lescu de France, S. d. Pet. in-8, goth., de 8
fT., fig. s. bois. — Le deprofunjdis des amou||reux. //7t-
prime ^nouuellemet a Paris. S. d. Pet. in-8, gotb., de 4
ff., fig. sur bois. — En i vol. ; mar. violet, fil., tr. dor. {aux
armes de A, Audenet).
POETES FRANÇAIS. 101
La première de ces pièces est écrite en vers de huit syliables, divisés en
stances de 6 à 10 vers ; la seconde se compose de 27 quatrains octosyllabi-
ques. On n*en connaît pas d'autre édition , et le présent exemplaire , prove-
nant des coll. Ch. Nodier et Yemeniz, est le seul qui ait passé en vente.
229. Le giroufïlier aux dames. || ensemble le dit des sibiles. ||
Epistre de seneque a lucille cosolaloire de libéral || leur
amy q estoit triste pour ce q la cite de lyon dont || il esloit,
estoît arse et brulee : par ceste epistre on peut || clerement
^ congnoistre quât et cornent la cite de lyon fut derniereiht
destruicte. Et en quel lieu elle estoit fondée || et quelle elle
estoit et les ans de sa durée. S, /. n. cl. Pet. in-4? goth.,
de ï6ff., fig. s. bois; mar. bleu, fil., tr. dor. i^Bauzonnet-
Trautz).
Le dernier opuscule est en prose. Cette édition, fort rare, est sortie pro-
bablement des presses lyonnaises au commencement du XVJe siècle.
Exemplaire Yemeniz, très-beau, sauf un petit race, au le»" f.
230. La grâd patiéce des || Femmes oXve leurs Maris. S. L n, d.
Pet. in-8, goth., de 4 ff- ; mar. rouge, fil., Ir. dor. {^rrautz-
Bauzonnei).
Pièce imprimée vers 4530 et dont on ne connaît que cette édition. Exem-
plaire Yemeniz. Qq. marges rapportées.
231. Livre de la fontaine perillevse, avec la chartre d'amours :
autrement intitulé, le songe du verger. OEuvre très-excellent,
de poésie antique contenant la Steganographie des mystères
secrets de la science minérale. Auec commentaire de L G. P.
(Jean Gohory Parisien). A Paris , pour ledn Ruelle^ libraire
demeurant rue sa'uict laques , à V enseigne S, Hierosme^ 1672.
In-8, de 48 ff.; mar. vert, fil., riches orn. sur les plats , tr.
dor. (Duru).
Gohory s'est trompé en croyant voir un poème hermétique dans ce livre
d'amour, dont voici le sujet : Un jeune homme se désaltère à la fontaine pé-
rilleuse de l'amour ; un vieillard le conduit dans la Chartre (prison) d'amour,
où la vue des infortunés atteints de cette passion inspire au jouvenceau des
idées plus sages.
232. Monologue Ijnouueau et fort ioyeulx de la Cham||beriere
desproueue {sic) du mal damours. (A la fin :) On les vent a
Lion près les Imlles par pierres preuostj et au palajs a la Ga-
lerie de la cliancellerie. Finis, S. d. Pet. in-8, goth., de l\
ff., fig. s. bois; mar. bleu, fil., tr. dor. {Trautz-Bauzonnet).
Le titre est suivi d'une figure sur bois, et la souscription, d'une grande
402 BELLES-LETTRES.
fleur de lis florentine. Deux petites, vignettes sur bois au verso du dernier f.
ExempL Yemeniz. Deux marges en tête rapportées.
233 . Le passe || Temps,'et le songe || du Triste. Lamant|| triste son-
geant. (A la fin : ) Cy fine ce présent Hure intitule^ Le pa^se
Temps y et le songe du Triste ^ Auec le De profundis des Amou-
reux 9 NouUellement imprime a Lyon : par ArUoyne Blanchard.
S. d. (i53o). Pet. in-8, goth., fig. s. bois; mar. rouge, fil.
à fr., tr. dor. (Duru).
A la suite de la souscription on lit ces quatre vers :
Lan de troys croix, cincq croyssans, ung trepier
Yindrent despaigne nez seigneurs filz de france
Et a Bayonne de Juillet le premier,
De leur ostage fut faicte deliurance.
t
m
L*année indiquée dans cette sorte de rébus est 1530 (MCCÇCCXXX) :
c'est en effet à cette date qu*Henri, dauphin de France, et Charles, duc d'Or-
léans , tous deux fils du roi François 1er, furent ramenés en France : ils
avaient été envoyés en 1526 à Madrid, comme otages, en échange de leur
père, prisonnier de Charles-Quint après la bataille de Pavie.
Édition fort rare. Exemplaire Yemeniz, le seul qui paraisse avoir passé en
vente. Légers race.
234. LA. Il remembrance du ||niauuais riche. (A la fin : ) Cyfinist
la remembrance du mauuais riche. S. 1. n. d. In-4 j goth.,
de 4 ff-? ^ ^^ lignes par page; mar. grenat, fil. à fr., tr.
doT. (Duru).
Cette édition Unique a dû être imprimée à Lyon à la fin du XV« siècle.
Exemplaire provenant de Cailhava etd'Yemeniz, avec qq. racô. C'est le seul
qui ait passé en^ vente.
235. Ij.a Source Dhonneur, pour maintenir la corporelle Elé-
gance des Dames ei; vigueur fleurissant, et pris inextima-
ble, auec vne belle Epislredune Noble Dame alson Seigneur
et Amy. Nouuellemèt. i532. On les ved a LyoUy en la bou-
tique de Romain M or in,,., (A la fin : ) Imprime a Lyon par
Denys de Harsy, pour Romain Morin libraire Demourant. en
la Rue Mercière, i532. Pet. in-8, de 72 (T., lettres rondes,
fig. s. bois; mar. br., fil., tr. dor. (T/ioui^enin).
Deuxième édition , très-rare , identique avec la première. Le titre est en-
touré d'un encadrement genre Geoffroy Tory, avec les initiales de l'impri-
meur, D. D. H. entrelacées. Le volume est orné de 39 vignettes, dont 7 ré-
pétées. Elles sont de deux provenances différentes, les unes assez fines, les
fifutres un peu grossières, et paraissent avoir été empruntées en partie à une
édition illustrée de TÉnéide. Les grandes initiales ornées sont bien dessinées
et ne manquent pas d'intérêt.
POÈTES FRANÇAIS. 103
Ce petit volume n'a jamais été analysé, que nous sachions, et il méritait
de Têtre. Le titre ne donne pas exactement Tidée du livre. C'est un traité de
morale où, dans des vers passablement alambiqués, Tauteur recommande à
ses lectrices^ d'afcquérir les vertus et les qualités qui font Tornement du beau
sexe, telles] qu'humilité , persévérance , honnêteté (pudeur), chasteté , pa-
tience, libéralité, etc., etc. A l'appui de ses préceptes, il invoque des exem-
ples empruntés à l'histoire sacrée et profane , ancienne et moderne , sous
forme de petits récits en prose. On y trouve d'un côté l'histoire de Lucrèce,
de Virginie, de Sémiramis, d'Esther, de sainte Cécile, de sainte Godelienne
de Flandres, etc.; de l'autre, les aventures du seigneur de Varembon,
l'histoire de GriseUdis , celle de la comtesse de Vendôme, d'après Christine
de Pisan, celle de la reine Blanche de Castille, celle d'une princesse de Sa-
lerne , un « exemple de la grande libéralité et courtoysie que fist le bon et ver-
« tueux seigneur de Bayart à son îiostesse et à ses filles en la ville de Bresse »,
etc., etc. Ces historiettes sont en général fort bien tournées et pleines de
vei've : leur auteur mérite une place distinguée parmi nos conteurs.
Le traité de la Source d'honneur est terminé par une pièce de vers (Exem-
ple de mirouer d'entendement par la mort), où le poëte passe en revue toutes
les reines et princesses les plus célèbres qui sont mortes dans la seconde
moitié du XV e siècle : c'est un morceau fort intéressant.
A la suite se trouvent Les Epitaphes des neufpreuses (Thomyris, Sémira-
mis, Menelape, Amazone, Lampheton, Creuse, Panthasilée, Hippôlyte etDéi-
phille), et enfin cette belle Epistre d'une noble dame à son seigneur et amy,
annoncée au titre. Cette épître en vers cadre mal avec les préceptes moraux
qui font le principal sujet du volume, et il ne serait pas prudent de permettre
à une jeune fille la lecture de certains passages où :
La plus dolente et angoisseuse femme
Qui oneques fat en ramoureufte flamme,
fait le récit d'une halte « en ung grand boys ».
L'auteur de ce livre n'est pas connu, mais la nature de son talent se rap-
proche beaucoup de celui de Jean Dupré, gentilhomme du Quercy, à qui
nous devons le Palais des nobles dames (voir plus haut , le n» 210.)
Ce petit volume, parfaitement conservé , sauf une piqûre de vers insigni-
fiante, a été payé 375 fr. à la vente Martin en 1869.
236. Les venles||damours. (A la fin :) cf finent les verdies da-
mours. S. 1. n. cl. Pet. in-4, goth., de 8 ff. n. ch., sign. (A)-
B; mar. vert, riches compart. et dent., tr. dor. (Chambolle-
Dura).
Ce dialogue en vers octosyllabiques entre l'amant et Vamye, qui n'est
qu'un souvenir d'un jeu de société du XV© siècle , eut de nombreuses édi-
tions : elles diffèrent toutes entre elles. Celle-ci est probablement la même
que la première insuffisamment décrite au Manuel, Elle est fort rare et s'éloigne
sensiblement de trois éditions d'après lesquelles M. de MontaigloTi a fait sa
réimpression. Au-dessous du titre , se trouve une grande figure sur bois
représentant l'amant et l'amie se parlant debout; elle se répète au verso
du môme feuillet. Le texte commence ainsi : Sensuyuent les ventes da-
104 BELLES-LETTRES. ,
mours. Les pages pleines comptent chacune trente: lignes. Le verso da
dernier f. est blanc.
Très-bel exemplaire, dans une riche reliure. Qq. race.
237. Les ventes damours, S, L n. d. In-47 golh., de 10 ff.;
mar. rouge, fil., tr. dor. {Trautz-Bauzonnet).
G*est la môme donnée que celle de Tédition ci-dessus, mais la rédaction
en est différente. Sur 63 strophes , formant ensemble 322 vers, il n'y a que
huit strophes qui sont soit identiques, soit légèrement modifiées. La pièce
n'est plus disposée en dialogue, en ce sens que les noms de deux interlocu-
teurs, ïamant et Vamie, n'y figurent point en tête des stances. Cette édition
paraît avoir été imprimée à Lyon , avant 1500, avec les mêmes caractères
que le Repues franches. Le présent exemplaire doit être le môme que celui
que M. Brunet a décrit et qu'il déclare incomplet. En effet, le f. de titre
semble refait, probablement sur celui d'une autre édition, car on ne connaît
de celle-ci que ce seul exemplaire. Le texte commence ainsi : Cy après
sensuiuet plusieurs \\ ventes damours. Le f. suivant porte la]signature a. 3; la
seconde signature est 6. 1. Le dernier vers des Ventes d'amour est :
Me donne espoir darooiirprochayne.
A la suite : Cy dessoubz sensuyuent dictz a plaisance, qui comptent 12 vers.
Très-bel exemplaire, avec témoins. Qq. race.
D. Depuis Marot jusqu'à Ronsard ^
238. MAROT (Jean Desniarels, dit), lan Marol de Caen sur les
deux heureux voyages de Gènes et Venise, victorieusement
mys a fin, Parle Ireschreslien Roy Loys Douziesme de ce
, nom. Père du Peuple. Et véritablement escriptz par iceluy
lan Marot, alors Poêle et Escriuairi de la tresmagnanime
Royne Anne , Duchesse de Bretaigne, et depuys, valet de
chambre du Ireschrestié Roy Francoys, premier du nom...
(A la fin :) Ce présent Liure fut acheue dimprimer le xxii.
lour de lanuier . m.d. xxxii. (iSSa) pour Pierre Rouf et y dict
le Faulclieur^ par Maistre Geufroj Tory de Bourges ^ Impri-
meur du Roy. In. 8. — Le Recueil lehan Marot de Caen,
Poêle et escripuain de la magnanime Royne Anne de Bre-
taigne... {Même adresse.) S. d. In-8, de [\o ff.; mar. rouge,
fil., tr. dor. (Kœkler).
Édition originale , aussi précieuse que rare, surtout pour le second re-
cueil. Quant au premier, on n'en rencontre presque jamais un exemplaire
aussi complet que celui-ci . Le volume compte bien en effet, CI ff. chÛfréSy
mais ce que M. Brunet n'indique pas, c'est que le dernier cahier, N, com-
mençant au f. XGVIl, n'offre que 5 ff. imprimés, qui doivent être suivis des
3 ff. blancs, pour que ce cahier soit complet. Or ces 3 ff., qui manq[uent
POÈTES FRANÇAIS. 105
presque toujours, se] trouvent dans le présent exemplaire. Il provient de la
bibl. Viollet-le-Duc. Le f. de garde porte cette note autographe signée de Jules
Janin : « Le Becuei/ de Jehan Marot, à la suite de ces Deux Voyages^ est tout
« à fait nonrogné, intonsis capillis. Le titre et la dernière page, quelque peu
« endommagés, ont été habilement réparés. » Il faut y ajouter que plusieurs
autres ff. ont aussi été raccommodés.
239. MAROT (Jean). Recveil ||des œvvres| lehan Marot illuslre
poète II Frandoys, Contenant j) Rondeaiilx. (jEpîstres; ||
Vers espars. || Chantz diuers.M. d.xxxiiii (i534). On les vend
a Lyon en la maison de Fràcoys luste Demourant deuant
nostre Dame de Confort. Pet. in-8 allongé, goth., de 42 ff.,
sign. A-Epar 8, F, 2 ff.; mar. rouge jans., tr. dor. (Dura).
Édition non indiquée au Manuel et de toute rareté. Le cadre qui entoure
le titre porte en haut les mots : ACABH TYXH, et au bas, l'initiale F. Les
ff. sont numérotés en chiffres arabes , sauf le titre, et le dernier f. qui ne
contient que la marque de Fr. Juste.
Cette édition contient en plus de la précédente les Proverbes énigmatiques
et un decasticon intitulé : Quod Maro non Marotus sitdicendum latinis.
Très-bel exemplaire, saufqq. race.
240. MAROT (Clément). I^d61e||scence || Clemen||tine. Autre-
ment, Les Oeuures de Clément Marot || de Cahors en
Quercy, composées en leage de son Adolescence Le
tout reueu, corrige et mis en bon ordre On les vend a
Paris, deuant Lesglise Saincte Geneuiefue des Ardens, Rue
Neufue nostre Dame. A Leiiseigne du Faulcheur... (A la
fin : ) Ce présent Liure fut acheue dimprimer le Lundj. xij
iour. Daoust. Lan. M. D. XXXII (i532). Pour Pierre Roffet y
dict le Faulcheur, Par Maistre Geofroy Tory. Iviprinieur du
Roy, In-8, de 4 ff- prél., ii5 ff. €^i i f . d'errata; mar.
rouge, compart. à la Grolier, tr. dor. {Duru).
« Première édition avouée par Fauteur. Elle est extrêmement rare. On
(( n'a pas encore trouvé d'exemplaire de l'édition fautive, imprimée à son
« insu, dont il se plaint dans Tépître prél. et au f. 89 de celle-ci. L'édition
« suivante de Cl. Marot a été le dernier ouvrage imprimé par Tory même
« (Didot, Catal. raisonné^ n» 748). »
Le Manuel ne cyte que l'exemplaire Solar acquis par la Bibliothèque na-
tionale; depuis, aucun autre n'a passé en vente.
Très-bel exemplaire, sauf qq. coins race.
241. MAROT (Cl.). La Svite de radojjlescence Clémentine, Dont
le II contenu pourrez veoir a || l'autre costé de ce fueillet.
On la vend a Paris en la rue neufue nostre Dame deuant l'E-
glise saïncte Geneuiefue des Ardens a lenseigne du Faulcheur,
i06 BELLES-LETTRES.
Auec Priuilege pour trois ans. i534. Pet. in-8, de 4 ff- et i52
pp.; mar. rouge, orn. sur les pL, Ir. dor. [Diirii).
(y. On n'avait pas remarqué jusqu'ici que le privilège au nom de la veuve
n de Pierre Roffet lui permet de faire imprimer. Comme on sait qu'elle n'é-
« tait que libraire, il se peut que la veuve de Tory (si elle a jamais exercé,
« ce que M. Bernard n'a pas établi avec certitude) ait imprimé ce volume ,
« car ce sont bien les petits caractères (corps dix) que son mari a employés
« dans plusieurs de ses éditions (Didot, CataL raisonné, n*» 750). »
Édition extrêmement rare , dont on ne cite aucune adjudication. Magni-
fique exemplaire, réglé.
2i2. MAROT(Cl.). Ladolescen||ce clemen||tîne. Aultremént, Les
Oenures de Cle(tment Marot du Cahors en Quercy, (| Valet de
Chambre du Roy... On les vend a Lyon a la Fleur de Lys dor
en la Boutique de Guillaume Boulle Librayre en la Rue Mer-
cierç. i534. In-i6, de i52 ff., lettres rortdes. — La suite de
ladolescen[jce Clémentine dont le cotenu sensuyt. || Une Eglo-
gue sur le Irespas de Ma||dame Loyse de Sauoye mère du
Roy On les vend a Ljo... en la Boutique de Guillaume
Boulle. i534. In-i6, goth., de 8 ff. et lyS pp. — Re-
cveil II des œuvres lehan Marot [| illuslre poète Frâcoys , |j
Contenant. || Rondeaulx. || Epislres. | Vers espars. || Chaifts
Royaux. [| M. D. xxxiv. In-i6, de 56 ff., lettres rondes,
fig. s. bois. Relié en 2 vol., mar. bleu, compart. à la Grolier,
doublé de mar. rouge, large dent., tr. dor. {Trautz-Bau-
zonnet).
Édition de toute rareté, imprimée sur papier fort.
Exemplaire Yemeniz , le seul cité par M. Brunet et qui paraît être le
SEUL CONNU jusqu'à pré-sent. La reliure de ces deux volumes est un petit
chef-d'œuvre.
2i3. MAROT (Cl.). Les œuures|| de Clément Marot va||let de
chambre dv[[Roy. Desquelles le contenu sensuyt. [ Lado-
lescence Clémentine, || La suytle de ladolescence , | Deux
Liures dEpigrammes bien augmentées. || Le premier Hure
de la metamorllphose dOuide. (| Le tout par luy aultre-
mént, et mieulx ordonne, que par cy deuant. ||La Mort ny
mord, y Pour Antlioine bonnemere || demouranl a Ihostel dAl-
bret. In- 16, lettres rondes, fig. s. b.; mar. rouge, fil., tr.
dor. ionc. reL).
Édition non décrite auMawwe/. La date a été grattée au titre. Le volume se
compose de quatre parties : la première compte 98 ff., chiffrés ii à xlviii, xliià
xlviii, lix à Ix, li à Ivi, Ixv à Ixxx, Ivii à Ixiiii, Ixxxiàlxxxviii, Iviiàhiii, sign.
a-nij ; — la seconde, portant le titre : La suite de \\ ladolescence cîe-\\mentine.,..
et la date de 1539, compte 106 ff., mal chiffrés, Tavant-dernier côté cxx, et
POETES FRANÇAIS. 107
le dernier blanc ; sign. A-Oi; — la troisième (intitulée : Les Epigrckm\\mes de
Clément Ma=\\rot, Diuisez en deux Liures), a 34ff. , bien chiffrés, sign. Aa-Ee ;
— la quatrième {Le Premier li-\\vre de lametamor\\phose dOuide, translate \^
de Latin en Francoys \\ par Clément \\ Marot), compte 30 ff., sign. aA — eE ; on
lit à la fin de cette partie : On les vend a Paris par Anthoine bonnemere, de-
meurant a Ihostel dAlbret deuant sainct Hilayre, 4534.
Enfin, à la suite se trouve une EgJogue faicte par Marot, qui compte 8 ff.
Cette édition de Bonnemere est antérieure à celle sans date donnée par le
même imprimeur et qui porte des accents, tandis que celje-ci n*en a point.
Très-bel exemplaire, dans une excellente reliure digne de Boyet.
244. MAROÎ (Cl.). Les Oeuures de || Clément Ma=j|rot valet de||
chambre du||Roy. Desquelles le contenu sensuit. || L'ado-
lescence Clémentine, || La suite de L'adolescence : bien aug-
mêtees. Deux liures d'Epigrammes. || Le premier Hure, de
la Meta^l
et mieulx
morphose d'Ouide. || Le tout par luy autrement,
ordonné, que par cy deuant. ||La Mort ny mord.
On les uend a I/fon^ chez Grjrphius (i538). 2 tom. en i vol.
in-8, goth., de 90 ff., gS ff. (le Manuel dit à tort 96), 32
ff., 26 ff.; vél. blanc, tr. dor. (JBauzonnet),
Édition précieuse, la môme que celle de Dolet de 1538. Magnifique exem-
« plaire, sauf qq. taches et légers race. Il avait appartenu à Heber, A. Berlin,
Le Roux de Lincy et Solar.
245. MA.ROT (Cl.). Les Oeuures de Clément Marot... On les
uend a Lyon chez Francojs luste, (A la fin : ) Imprime a Lyon
par lehan Barbon, i539. In-i6, golh.; mar. rouge, fil., fleu-
rons, tr. dor. (Z. Tripon),
Édition précieuse et rare. .
Bel exemplaire, mais un peu court (115 mill. de h.).
246. MAROT (Cl.). Les Oeuures de Clément Marot de Cahors,
Valet de chambre du Roy. Augmentées d'ung grand nom-
bre de ses compositions nouuelles, par cy deuant non im-
primées. Le tout songneusement par luy mesmes reueu...
A Lyon Chés Estienne Dolet ^ iS[\2. Pet. in-8; mar. rouge,
fil.*, à comp., doublé de mar. bleli , riches orn., tr. dor.
(Lortic) .
Édition fort rare et l'une des plus recherchées à cause des Œuvres les plus
nouvelles, données ici pour la première fois.
Magnifique exemplaire, grand de marges (H.: 0,149).
247. MAROT (Cl.). Les Oevvres de Clément Marot de Cahors,
valet de chambre dv Roy. Augmentées d'ung grand nombre
de ses compositions nouuelleà... A Lyon, Chés Estienne
108 BELLES-LETTRES.
Dolet, i543. 2 pari, en i vol. pet. in-8 ; inar. rouge, fil. à
comp., tr. dor. {Duseuil).
Édition précieuse et aussi rare que la précédente. Très-bel exemplaire,
réglé. H.: 0.147.
248. MAROT (Cl.). Les || Oeuures de \\ Clément Marot, || de
Cabors, valîet[|de Chambre du Roy. || Plus amples, et en
meilleur orjjdre que parauant. A Paris, Cliés Nicolas du Che^
mirij à l'enseigne du Grjphon (T argent, deuant le collège de
Cambray, i546. 2 tom. en i vol. in-i6; mar.^citr., milieu
en mosaïque, tr. dor. {Trautz-Bauzonnei).
Jolie édition en caractères italiques , non indiquée au Manuel, Voicî sa
composition : Œuvres (372 ff. ch. et 42 ff. de table) ; — UEnfer, terminé
par la pièce du Coq à Vasne à Lyon Jamet (46 ff.) ; — 52 Pseaumes (avec ce
titre: Cinquan-\\te devx pseav-Wmes de David, etc., comme dans Tédition
d'A. Girault, de 4545, décrite au Manuel; 79 ff. ch. et 4 f. n. ch.).
Magnifique exemplaire, avec témoins. Timbre d'une bibliothèque sur
le titre.
de Clément II Marot, de Ca-
Roy. yi Lfon, chez Guillau
249. MAROT (Cl.). Les OEvvres
bors, Il vallet de || cbambre dv
me Bouille, i548. (A la fin : ) Imprime a Lyon par Estienne
RoiKssin, et lean Avsoult, 3 tom. en i vol. in-i6; veau fauve,
ricbes comp. en mosaïque, tr. dor. etcis. [rel. duXVP s.).
Édition non indiquée par M. Brunet, fort bien imprimée en caractères
italiques. A la suite des Œuvres (4G ff. n. ch. pour la table, etc., et 527 pp.
ch.) , se trouvent : {VEnfer (82 pp.) ; — Tradv=:\\ctions de \\ Clément Ma-\\rot
vallet de \\ chambre dv \\ Roy ; A Lyon Chez Guillaume Rouille 4547. (476 pp.) ;
— Pseaumes de David (sans titre spécial (428 pp.)- Les noms des imprimeurs
se trouvent aussi à la lin de chacune des deux dernières parties.
Magnifique exemplaire, réglé, couvert d'une charmante" reliure portant
sur les plats le nom de Gosvinus Demerssen, Dans la dernière pai'tie , on a
transposé les pp. 443-275 de la partie précédente à la place des pp. 443-
427 des Pseaumes, et vice-versa.
250. MAROT. Clément Marot. A Lyon, par lean de Tournes,
i558. 2 t. en I vol. in-i6, fig. s. bois; mar. bleu foncé,
fil., doublé de mar. rouge, dent, int., tr. dor. {anc. rel.).
La traduction des deux livres de la Métamorphose d'Ovide est ornée de 22
figures sur bois du Petit Bernard. Charmant exemplaire , réglé, grand de
marges, dans une excellente reliure genre Duseuil.
251. MAROT. Clément Marot. A Lyon, par lean de Tournes,
iSyS. 2 t. en I vol. in-i6, fig. s. bois; mar. citron, fil..
POETES FRANÇAIS.
109
doublé de inar. rouge doré en plein à petits fers, tr. dor.
{anc. reL).
Réimpression page pour page de l'édition ci-dessus, avec les mêmes
ligures. Elle est fort rare.
Très-bel exemplaire, couvert d'une riche reliure qu'on pourrait attribuer
à Le Gascon.
252. MAROT. Les OEuures de Clément Marot, de Cahors, en
Querci, vallet de chambre du Roy. Reveues, augmentées de
plusieurs choses, et disposées en beaucoup meilleur ordre
que ci devant. Plus quelques œuvres de Michel Marot fils
. dudit Marot. A Niort y par Thomas Portatif iSgô. 2 tom.
en I vol. in- 16; mar. rouge, fil., tr. dor. {Duseuil).
Édition en caractères italiques. Bel exemplaire, mais un peu court en
' tête.
253. MAROT. Les OEuvres de Clément Ma-rot deCahors, valet
de chambre du Roy. Reueuës et augmentées de nouveau.
La Haycn A, Moetjens, 1700. 2 vol. in- 12; mar. rouge, fif.
• à comp., tr. dor. [anc. reL),
Édition recherchée. Fort bel exemplaire, réglé, très-pur. H. : 0,433.
254. MAROT (CL). L'Enfer de Clément Marot de Cahors en
Quercy, Valet de chambre du Roy. Item aulcunes ballades,
et Rondeaulx appartenants a largument. Et en oultre plu-
sieurs aultres compositions dudict Marot, par cy deuant non
imprimées. A Lyon chés Estienne Doletj 1642. Pet. in-8,
de 61 pp. et I f. ; mar. violet, riche compart., tr. dor.
{Tliornpson).
Édition extrêmement rare. On trouve au commencement du volume une
épître de Dolet à Lyon Jamet.
Exemplaire de Ch. Nodier, avec témoins (H. : 0,153), acquis à la vente
Yemehiz au prix de 570 fr. ,
255. MAROT. Les Pseavmes mis en rime Françoise par Cl. Marot
et Th. de Beze. (Suivis de La forme des Prières Ecclésiasti-
ques. ) Ljon^ par lean de Tournes, pour Antoine Vincent,
M. D.Lxiii (i563). 1 part, en i vol. pet. in-8., musique im-
pr. et bordures; veau brun, riches comp. en mosaïque, tr.
dor.
« Les encadrements qui se trouvent à chaque page de ce précieux vo-
« lume avaient été déjà employés par J. de Tournes, en 1557, pour la Afé^a-
« morphose figurée. Cette précieuse édition des psaumes contient 28 bordu-
110 BELLES-LETTRES.
« yes différentes. C*est la dernière publication de Jean (!•') de Tournes et
ft Tune des plus belles. Elle est peut-ôtre le plus rare des ouvrages sortis
<i des presses des de Tournes , car on n'en connaît avec certitude que deux
K< exemplaires, celui de la Bibliothèque impériale et celui de M. Yemeniz.
(( Tout porte à croire que l'édition aura été détruite avec soin dans les per-
te sécutions de 1567 et la destruction qui eut Ueu alors des livres de fonds
« des de Tournes. Elle porte , ce qui est remarquable, un privilège du roi
« Charles IX (Didot, Catal. raisonné, n» 531) ».
Magnifique exemplaire. La reliure, qui recouvre d'anciens plats, est une
charmante imitation moderne:
256. DÉSIRÉ (Arlus). Le Conlrepoison des cinquante deux
Chansons de Clément Marot, faulsement intitulées par tuy
Psalmes de Dauid, faict et composé de plusieurs bonnes
doctrines et sentences preseruatiues d'Heresie... par Artus
Désiré. Plus adiousté de nouueai#certains lieux et passages
des œuures dudict Marot, par lesquelz Ion cognoistra l'he-
resie et erreur d'iceluy. Paris, Pierre Gaultier, l562. ln-8;
mar. br., fil., tr. dor.
Deuxième édition donnée par le même imprimeur, mre. Bel exemplaire.
Qq. race.
257. Le rabais du caquet de Fripelippes et de Marot dict Rat
pelé adiclione auec le comment. Faict par Mathieu debou-
ligrri page de maistre Francoys de Sagon secrétaire deLabbe-
de sainct Eburoult. S. L n, ln-8 , de 20 ff. dont le dernier
bl. — Epistre a Marot par François de Sagon pour lui mons- '
trer que Frippelipes auoit faict sotte coparaison des quatre
raisons dudict Sagon a quatre Oysons. Yela de quoy. (A la
fin :) Au Palais par Gilles Corrozet et lelian André y . iSS^.
ln-8, de 16 ff., dont i bl. — Le valet de Marot contre Sa-
ijron eu m commento. On les vendu Paris en la rue Sainct lac-
ques près sainct Benoist, en la boutique de lehan Morin^ près
les troys couronnes dargent, iSSy. In-8, de 8 ff . — Appolo-
gie faicte par le grant abbe des Couards sur les Inuectiues
Sago, Marot, La Huleric. Pages, Valetz, Braquetz, etc. On la
vend Deuant le collège de liei/ns, S. d. 4 ff-î mar. vert,
compart., tr. dor. (Tlioui^enin).
Recueil de quatre pièces fort rares. Exemplaire d'Armand Bertin et Au-
denet.
258. Le Liure de plusieurs pièces, c'est-à-dire faict et recueilly
de diuers Autlieurs, corne de Clemét Marot, et autres. —
Ljony Thibauîd Pajen, i548. (A la fin : ) Imprime à Lyon
POETES FRANÇAIS. IH
par NicolcLS ^acquenois. In-i6 ; mar. bleu, fil. à fr., tr. dor.
(^Duru).
Charmant exemplaire de ce volume peu commun.
259. MARGUERITE DE FRANCE. Le Miroir de treschrestienne
princesse Marguerite de France, Royne de Nauarre, Du-
chesse d'Alençon et de Berry : auquel elle voit et son néant,
et son tout. On les uend à Lyon chez le Prince^ près nostre
Dame de confort. i538. (A la fin :) Imprimé a Lyon par
Pierre <le saincte Lucie dict le prince^ près nostre dame de
Confort. In-8, de 92 pp. et i f. pour la marque; mar. vert,
fil., tr. dor. (Brufère).
Édition fort rare incomplètement décrite au Manuel, À la suite du Miroir
viennent les pièces suivantes : Discord estant en V homme par la contrariété
de t Esprit et de la Chair; — Le VI. Pseaulme de Davidy translaté en fran-
çoys selon Vkéhrieu par Clément Marot ; — Oraison à nostre seigneur Jésus-
Christ; — une autre Oraison (en prose) ; — Briefve doctrine pour deuément
escripre selon la propriété du langage Françoys (curieux petit traité en prose
où pour la première fois il est question de remploi de l'apostrophe et de la
cédille, par Jean Saîomon, dit Florimond) ; — Sur la Devise de lan le Maire
de Belges, Laquelle est de peu assez (8 vers); -7 V Instruction et foy d'un
chrestien, mise en françoys par Clément Marot ; — enfln une épître en vers
au lecteur, adressée par Marguerite de France.
Très-bel exemplaire, avec nombreux témoins.
260. MARGUERITE DE FRANCE. Marguerites de la Marguerite
des princesses tresillustre Royne de Navarre. ^ Ljon^ par
Jean de Tournes j i547. ï^'8- — Suite des Marguerites de la
Marguerite des princesses tresillustre royne de Navarre. lù.,
i547. In-8, fig. sur bois; veau fauve, riches compart. en
mosaïque sur les plats et au dos, tr. dor. (^rel. du XFI^ s.).
Édition la plus recherchée. Les gravures de la seconde partie sont de
Bernard Salomon.
Exemplaire grand de marges, d'une conservation remarquable (sauf
une piqûre dans la marge des 30 dern. f.) et dans sa première reliure lyon-
naise du XVJe siècle, restaurée avec soin. H. : 0,170. Un bel exemplaire
dans une reliure analogue, également restaurée , a atteint le prix de 1460 fr.
à la vente Brunet.
261. MARGUERITE DE FRANCE. Les || Margve||rites de la
Mar||gverite des Prin||cesses , Tresillustre || Royne de Na[|-
uarre. A Paris j par lehan Ruelle^ i558. In- 16, de 394 ff.
chiff. et 5 ff. n. ch. ; mar. rouge, riche dent, sur les plats,
tr. dor. (^BelZ'Niédrée).
Jolie édition imprimée en caractères italiques, non citée par M. Brunet.
H2 BELLES-LETTRES.
Le f. 249 porte comme faux- titre : Stiite des \\ Margve\\rites de la Margvente
Il desprinceS'Wscs, tresil\\lustr€ \\ roine \\ de \\ Navarre.
Cette édition fort rare contient de plus que celle de Jean de Tournes,
4547, deux pièces par G. Aubert : 1» Epitaphe de Marguerite de ValloiSy royne
de Navarre (au \o du titre) ; — 2« Chant à îoucnge des deux Marguerites de
Valois, qui occupe les deux derniers ff.
Très-bel exemplaire.
262. Le Tombeau de Marguerite de Valois royne de Navarre.
Faîct premièrement en- Dislicques Latins par les trois sœurs
Princesses en Angleterre. Depuis traduiclz en Grec, Italie,
et François par plusieurs des excellent/. Poètes de la Frâce.
Auecques plusieurs Odes, Hymnes, Cantiques, Epitaphes,
sur le mesme subiect. j4 Paris, de l'imprimerie de Michel
Fezandat et Robert Gran Ion.., et au Palais en la boutique 'de
f^incent SarlenaSy i55i. In-8 ; mar. vert, fil., tr. dor.
Recueil curieux et rare. Très-bel exemplaire, réglé. A la fin , Tex-libris
gravé d'André Félibien des Avaux.
263. DU MOULIN (A.). Panegyric des damoyselles de Paris sur
les neuf Muses [la dédicace au lecteur estadressée-par Antoine
Du Moulin Masconnois]. A Lyon^ par leande Tournes j i545.
In-8, de47pp., car. ital.; mar. bleu, fil.,tr. dor. [Kœhler).
Outre la pièce annoncée sur le titre, ce petit volume rare contient encore :
Le Triumphe des muses j contre Amour; Les Obsèques d'Amour y- Complainte
d'une damoy selle fugitive; L'Amante loyalle, qui dejjuis ha esté variable!
Seule édition qui existe de ces poésies. Exemplaire de Ch. Nodier, puis
d'Yemeniz.
264. TAHIREAU (J.). Les Poésies de JacqvesTahvreau, dv Màps.
Mises toutes ensemble et dédiées au Reuerendissime Car-
dinal de Guyse. ^ Paris , pour Abel VAngeliery etc., i574-
In-8, de 8 fT. prél. et i36 ff. cliiflf. ; mar, rouge, tr. dor.
(Cape, Masson-Debonnelle J 5»s.).
m
Bel exemplaire de ce volume rare.
265. ÏAHUREAU (J.). Oraison de laques Tabureau au Roy : î)e
la grandeur de son règne, et de l'excellance de la langue
françoyse. Plus quelques vers du mesme autbeur dédiez à
Madame Marguerite. Paris^ F^^ Maurice de laPorte^ i555.
ln-4? de 7.1 fir.; mar. vert, fil., tr. dor. (Kœliler).
Opuscule rare. Marque typographique dessinée par J. Cousin.
Très-bel exemplaire.
266. SAINT-GELAIS. OEuvres poétiques de Mellin de S. Gelais.
POETES FRANÇAIS. 113
Ljron^AnZ, de Harsy j 1674. In-8, de 8 ff. prél. et 253 pp. ;
veau fauve, fil. à comp., tr. dor.
L'édition précédente, de 1547, dont on ne connaît qu*un exemplaire,
ayant été publiée sans la permission de Tauteur, a probablement été saisie et
supprimée. Elle est très-incomplète et, en revanche, on y trouve beaucoup
de pièces étrangères à Saint-Gelais. La présente éditiop, imprimée en ca-
ractères italiques, ce qui la distingue d'une contrefaçon publiée sous la même
date, mais en lettres rondes , est donc, à vrai dire, l'édition originale. C'est
aussi la plus rare et la plus recherchée.
Exemplaire Yemeniz.
267. BELLAY (J. du). Les Regrets et avtres œvvres poetiqves de
loach. dv Bellay Ang. Paris, imp, de Federic Atorel, i558.
In-4, de 4 et 46 ff- — Divers ievx rvstiqves et avtres œv-
vres poetiqves. Ilnd,^ id,, i558. 76 ff. — Devx livres de^
TEneide de Virgile, a scavoir le qvatrieme, et si:cieme, tra-
duicts en vers francois... avec la Complainte de Didon a
Enée, prise d'Ouide. La Mort de Palissure... et d'Adieu aux
Muses, pris du Latin de Bûccanan. Ibid,^ id,, i56o. ^3 et
I f . — La Monomachie de David et de Goliath. Ensemble
plusievrs autres œvvres poeliqves. Ibid.^ id,, i56o. 52 ff.
— ' Le Premier livre des anliqvilez de Rome contenant vne
générale description de sa grandevr, et comme vne deplo-
ration de sa rvine... plus un songe ou vision sur le mesme
subiect. Ibid.^ id.y i558. i4 ff- — Discovrs av Roy svr la
trefve de Tan M.D.LV. Ihid.^ id., i558. 8 ff . — Hymne av
Roy svr la prinse de Callais, Auec quelques autres œuures
sur le mesme subiect. If?id,^ id.^ l558. 4 ff • — Epilhalame
svr le mariage de... Philibert Emanvel, dvc de Savoye, et...
Margverite de France, sœvrvniqve dv Roy. Ibid.y id.^ iSSg,
i4 ff. — Tvmvlus Henrici secvndi Gallorvm Régis... Idem
gallicetotidem uersibus expressum... Accessit... elegiaad...
Carolum card. Lotharingum. Ihid,j id., iSSg. i4 ff. — En-
treprise dv Roy-Davlphin povr le tovrnoy, sovbz le nom des
chevaliers advantevrevx. A la Royne, et aux dames. Ibid.
id., iSSg. i4 ff. — Ode svr la naissance dv petit dvc de
Beavmont, fils de M^^ de Vandosme, roy de Navarre
Ibid, y id.j i56i. 8 ff . — La Deferfse et illvstration de la
langve francoise, avec TOHue de nouveau augmentée. La
Musagnœomachie. L'Anterotique de la vieille et de la ieune
Amie. Vers lyriques. Ibid,^ id,, i56i. ii5 ff. — Lovange
de la France et dv roy... Henry IL Ensemble vn discovrs
svr la poésie. Jbid., id.^ i56o, 8 ff. — Recveil de
poésie présente à ....Madame Margverite, sœvr vniqve du
Roy... Reueu et augmenté par l'auteur. Jbid.^ id., i56i.
8
114 BELLES-LETTHES.
4o ff. — Elégie svr le Irespas de fev loachim dv Bellay, par
G. Aubert de Poicliers. Jbicl.y id.^ i5ôo. 6 ff. non cli., dont
I bl. — 15 part, en i vol.; mar. vert, fil., tr. dor. (Kœhler).
Superbe exemplaire, réglé, provenant du cabinet d'Armand Berlin. Il
manque peu de choses à ce recueil pour présenter la série complète des œu-
vres. Sur les quatorze pièces de J. du Bellay dont il se compose, onze sont
en éditions originales, dont plusieurs rarissimes.
268. BELLAY (J. du). Ode svr la naissance dv petit dvc de
Beavmont, fils de Monseign. de Vandosme , roy de Na-
varre. Par J. D. B. A. (Joach. du Bellay, Angevin). Ensem-
ble certains Sonnets du mesme auteur à la Royne de Na-
varre, ausquels ladicte Dame fait elle mesme response. Pa-
ris', Federic Morely i56i. In-4, de i4 ff. non chifT. ; mar.
La Vallièrejans., tr. dor. (Oipé).
Édition originale. Bel exemplaire, très-grand de marges.
269. LA BORDERIE. L'Amie de covrt. Nouuellement inuentée
par le Seigneur de la Borderie. A Lyon^ chés Estienne Dolety
i542. In-8, de 38 pp.; mar. vert, fil. à fr., tr. dor. [Thomp-
son).
Édition rare, précédée d'un avis de Dolet.
270. HEROET. La Parfaicteamye. Nouuellement composée par
Antoine Heroet, dict la Maison neufue. Auec plusieurs aul-
tres compositions dudict Autheur. A Ljoriy chés Estienne
Dolet ^ i542. In-8; mar. vert, fil. à fr., tr. dor. {Thompson).
Édition rare, en caractères italiques. Titre refait à la plume.
271. HEROET. La Parfaicte amye... A Lyon, chés Estienne Do-
let^ i543. In*8; ||mar. rouge, fil. à comp., tr. dor. {Joseph
Thou^enin).
Édition non moins rare que la précédente. Elle est imprimée en carac-
tères romains.
Très-bel exemplaire, portant sur les plats : Ex Musœo Caroli Nodier.
272. FONTAINE (Ch.). La Contr'amye de covrt : par Maistre
Charles Fontaine Parisien. A Lyon, cliez Sulpice Sabon :
poUr Antoine Constantin > (A la fin :) Imprime a Lyon par
Sdpice Sabon. i543. Pet. in-8, de 47 pp«; niar. vert, fil. à
fir., tr. dor. {Lortîc).
Édition non indiquée au Manuel. Elle est dédiée au card. de Lorraine.
Sur le titre, au-dessus de la marque de Timprimeur, on lit :
POETES FRANÇAIS. H5
L*Avlhevr.
Qui, fors Sulpice, entreprendra
De m'iroprimer, il mesprendra.
Exemplaire grand de marges. Timbre d'une bibliothèque.
273. DU SAIX. Lesperon || de discipline pour inciter les hu-
mains aux bo|jnes lettres, stimuler a doctrine, animer a
sciéj|ce — Lourdement forge, (C rudemêt lime, | par Noble
homme Fraire Antoine du Saix, || Commendeur de sainct
Antoine de Bourg en || Bresse. i532. Quoy quil aduienne.
S. L 2 tomes en i vol. pet. in-4, goth.; mar. olive, fil. à
comp. et orn. sur les plats, tr^ dor. {Lortic).
a Une grande incertitude règne encore sur le lieu de l'impression et le
a nom du typographe auquel est dû ce remarquable volume, dont chaque
« page est entourée d'une bordure imitée des Heures de G. Tory impri-
« mées chez Simon de Colines en 1527. Voir le Manuel^ t. II, col. ^9, pour
« l'attribution de ce volume à une presse genevoise, et VEssai sur la gra-
« vure sur bois, pour sa description (Didot, CataL raisonné, n» 459). d
Rare. Très-bel exemplaire.
274. DU SAIX. Petitz fatras dung apprentis (Antoine du Saix),
surnomme Lesperonnier de discipline. i537. On les vend a
Paris, chez Simon de Colines^ au Soleil dor^ rue S, Jehan de
Beauluais. In-8, de (\o flf. ; mar. brun, fil. à comp., riches
orn. sur les plats, tr. dor. {Cape).
Première édition, rare. Le frontispice porte la croix de Lorraine et figure
dans les encadrements de Tory ; mais le volume paraît sorti des presses de
Simon de Colines.
275. (SCEVE, Maurice.) Délie, obiect de plus haulte vertu. A
Ljron^ cliez Sulpice Sahon pour Antoine Constantin, i544-
In-8, fig. s. bois; mar. vert, fil., tr. dor. [anc. rel.).
Première édition, fort rare. Au v<» du second f., un joli portrait du poète
gravé sur bois.
Bel exemplaire, aux armes de la marquise de POMPADOUR.
476. HABERT (Fr.). Les Quatre Livres de Caton, pour la doc-
trine de la jeunesse par F. H. (Habert). Paris, de l'impr. de
Phil. Danfree et Richard Breton, iSSg. In-8, de §2 ff.;
mar. bleu jans., tr. dor. (Charnbolle-Duru).
Édition non indiquée par M. Brunet, imprimée en caractères de civilité.
Les deux derniers feuiUets contiennent une pièce de vers : De l'homme pru-
dent^ trad. de Beroalde.
Bel exemplaire, de la coll. de M. le baron Pichon.
146 BELLES-LETTRES.
277. HABERT (P.). Le Miroir de vertu et chemin de bien vi-
vre. Mis et disposé partie en prose, partie par quatrains
moraux selon Tordre d'Alphabet Et augmenté du contenu en
la page suivante. Par Pierre Habert. Paris, Claude Micardy
1597. In- 12, de 120 ff. non chiff.; mar. rouge, fil., Ir.
dor. [Hardj-Mennit).
Édition non indiquée au Manuei, imprimée en caractères de civilité.
278. (DÉSIRÉ, Artus.) Les Batailles et victoires dv chevalier Ce-
leste contre le Cbeualier Terrestre, Tvn tirant a la maison
de Dieu, et l'autre a. la maison du Prince du monde chef de
Teglise maligne. Auec le terrible et merueilleulx assault
donné contre la Saincte cité delerusalem, figurée a nostre
mère saincte Eglise enuironnée des ennemys de la Foy. A
Paris, chez Magdalehie BoursettCy en la rue Sainct Jacques a
renseigne de V Eléphant, i553. In- 16, de 176 ff., fig. s. bois;
mar. rouge ancien,. fleurons, tr. dor. (Lortic).
Édition non citée au Manuel, Elle contient 29 vignettes assez jolies. Celle
du f. 120 porte la marque D. H. On sait qu' Artus Désiré était un des plus
fougueux champions de Torthodoxie catholique au xvic siècle. Bel exemplaire.
279. DÉSIRÉ (A.). Les Batailles et victoires dv chevalier Ce-
leste (même titre que ci-dessus). Nouuellementreueu par
M. Artus Désiré, autheur de ce présent liure. ^4 Paris, par
lelian Ruelle, à renseigne Sainct Nicolas, Rue Sainct laïques,
1557. Iïï-i6> d^ 175 et I ff., fig. s. bois; veau fauve, fil.,
tr. dor. {Dura).
Charmante édition en caractères italiques, ornée des mêmes gravures
que celle ci-dessus. Le dernier f., n. ch., ne contient qu'un beau fleuron.
Joli exemplaire.
280. (DÉSIRÉ, Arlus.) Les Disputes de Guillot le Porcher et de la
Bergère de S. Denis.... contre lehan Caluin sur la vé-
rité de nostre saincte Foy catholicque. Paris, Pierre Gaul-
tier, rue S. lacques, à l'enseigne de la Vigne, i56o. In-8, de
3, 77 et 8 ff.; veau fauve, fil., tr. dor. ÇBauzonnet).
Édition fort rare, et plus complète que celle de 1559 publiée par le même
éditeur (voir Brunet).
281. Hymnes des || vertus. Représentées au vif par belles et dé-
licates figures. {Lyvn) Par lean de Tournes, i6o5. In-8, de
116 pp. ch., fig. sur bois; mar. rouge, tr. dor. {TrautZr
Bauzonnet).
POÈTES FRANÇAIS. 117
Volume de poésies extrêmement rare, analogie aux Hymnes du temps de
Guéroult. M. Brunet ne Fa pu citer que d'après le catalogue La Yallière-Nyon.
Il est orné de vingt charmantes vignettes, dans le style du Petit Bernard.
Exemplaire Yemeniz, adjugé 315 irancs.
282. (GREVIN, Jacques.) Proème sur l'histoire des François et
hommes vertueux de la maison de Medici. Paris, Bob.
Estienne, 1567. In-4 ; mar. La Vallière, ornem. sur les plats,
tr. dor. {Cape).
Opuscule de toute rareté. Très-bel exemplaire, grand de marges.
283. (DES Al]TELZ,Guill.) Repos de pi vs grand travail. ^Ljo/?,
ipar lean de Tournes et GuiL Gazeau. i54o. In-8 ; mar. vert,
fil., tr. dor. {Bauzonnet).
Édition bien imprimée en caractères italiques. Très-bel exemplaire, de
la bibl. Solar.
284. FORMER. L'Vranie de I. Former. A v très chrestien roy
de France Henry deuxiesme de ce nom. Paris, Charles Lan--
gelier, i555. In-8; mar. vert, fil., tr. dor. (Lortic).
Rare. Joli exemplaire.
285. BRACH (P. de). Les Poèmes de Pierre de Brach Bovrde-
lois. Divisés en trois livres. A Bos^rdeaux, par Simon Mil-
langes, 1576. In-4> de 8*ff. lim., 220 flf. ch., et 2 ff. (table);
veau fauve, fil., tr. dor. {Niedrée).
Édition qui fait honneur à la typographie bordelaise , et la seule qui.
existe de ce poëte de talent. Elle est ornée d'un superbe portrait de Tauteur,
gravé par Th. de Leu.
Magnifique exemplaire , très-pur, avec témoins.
286. BELLEAU (Remy). Les Oevvres poétiqves de Remy Bel-
leav. Rédigées en deux tomes. Paris^ par Mamert Pâtisson,
imprimeur du Boy, au logis de Bobert Es tienne, iS^S. 2
vol. pet. in- 12; veau fauve, fil. (anc. rel.).
Édition originale des œuvres de ce poëte , fort bien imprimée en carac-
tères italiques. Elle est dédiée au roi Henri III. Le privilège est daté de Blois,
le il septembre 1571. Le tome II est intitulé : Les Odes d'Anacréon Teien, etc.
Exemplaire aux armes du comte d'Hoym, avec la signature du poëte Rob.
Garnier, contemporain de Remy Belleau, sur le titré du 1er vol., et avec
des notes autographes du même. Très-grand de marges (H. : 0, 132). Quel-
ques taches.
287. BELLEAU (R.). Odes d'Anacréon Teien, Poète Grec. Tra-
us BELLES-LETTRES.
dvittes en francois par Remj Belleau. Ensemble quelques
petites hymnes de son inuention. Nouuellement reueu, cor-
rigé et augmenté pour la quatriesme édition. Plus quelques
vers Macaron iqueSy etc. Paris, Gilles Gilles^ ^^'J^- In-i6,
de 56 IT. oh. et 12 fF. n. cli.; mar. La Vallière, comp.
genre Grolier, tr. dor. (^Hagué).
Première traduction française de ce poète et première œuvre de Belleau.
Charmante édition en caractères italiques et avec un joli encadrement au
titre. Elle n*est plus dédiée, comme la première (voir plus haut, n° 97), à
Tabbé Chr. de Ghoiseul, mais à Jules Gassot, conseiller-secrétaire du roi,
auquel Ronsard a adressé une élégie placée ici à la suite de Tépître dédi-
catoire.
Bel exemplaire , réglé , dans une jolie reliure.
288. BELLEAU (Remy). Les Amovrs et novveaux eschanges
des pierres précieuses : vertus et proprietez d'icelles. Dis-
covrs de la vanité pris de TEcclesiasle. Eciogves sacrées,
prises dv Cantiqve des Cantiques. Par Remy Beiieav. u4 Pu-
riSj par Mameri Pâtisson^ au logis de Rob. Estierme^ 1676.
In-4? de 6 ff. prél., 90 ff. ch. et i f. ; mar. bleu , fil., dou-
blé de mar. orange, riches compart., tr. dor. {Clwmbolle-
Dura et Marias Michel).
Fort rare. Superbe exemplaire, presque à toutes marges (H. : 0, 244).
289. BELLIARD. Le premier livre des poèmes de Gvillavme
Belliard, secrétaire de la Royné de Nauarre. Contenant les
delitievses Amours de Marc Antoine, et de Cleopatre, les
triomphes d'Amour, et de la Mort, et autres imitations
d'Ouide, Pétrarque, et de TArioste. A la Royne de Navarre.
A Paris, pour Claude Gautier , 1578. ln-4» de 4 ff- prél.,
i33 ff. en. et i f. cont. deux Sonnets et, au verso, la Ta-
ble des OEuiTes; mar. vert, fil. à fi*., tr. dor. {Niedrée).
Fort rare. Bel exemplaire , grand de marges , avec témoins. Titre res-
tauré.
290. Ul LOYER. Erotopegnie ov Passetemps d'amovr. En-
semble une Comédie du Muet insensé. Par Pierre Le Lover.
Sieur de la Brosse, Angeuin. A Paris, pour Abel VAngelier,
1576. In-8; mar. La Vallière, fil., tr. dor. (Trautz-BaU"
. zonnel).
Fort rare. Jolie édition , bien imprimée. Bel exemplaire.
291. JAMYN (A.). Les OEvvres poetiqves d'Amadis lamyn. Av
Roy de France et de Pologne. Paris, de Viniprimerie de
POETES FRANÇAIS. 119
Robert Estienne, par Marner t Pâtisson^ iS^S. In -4? de 4?
3o7 et 5 ff. (tables); mar. rouge, fil., tr. dor. [Niedrée).
Première édition. Bel exemplaire. H. : 0, 222.
292. Novveav Recveil des plvs beavx vers de ce temps. Paris,
Toi^ssaint di^ Bray, 1609. (A la fin : ) De r Imprimerie de
Pierre PaKftonnier.,. In-8, de 16 et 536 pp.; mar. rouge,
compart., doublé de mar. rouge à riches compart., tr. dor.
{Lebrun).^
Première édition , fort rare. Très-bel exemplaire , réglé.
293. DESPINELLE. Les Mvses ralliées. — Le Parnasse. A Pa-
ris, chez Mathieu Guillemot. S. d. (i 603-1607). 2 vol.
in-12; mar. La Vallière, fil. à comp., tr. dor. et cis. (Zor-
tic) .
Recueil de poésies rare et recherché. Le premier volume se compose de
6 ff. prél. (dont un titre gravé "par L. Gaultier et daté de 4603), de 341, 120,
12 ff. (table, privilège de 1598 et 2 ff. blancs), plus un suppl. de 21 ff. Le
tome II, de 6 ff. prél. (dont un titre gravé par le môme et daté de 1607, le
privilège de 1606 avec Achevé dimprimer le 25 feburier 1607, etc.), 348 ff.
dont 3 blancs, 102 ff., plus 8 ff. non ch. (table).
' Le premier volume est dédié à Charles de Bourbon , comte de Soissons ;
le second , au marquis de Cœuvres. Le titre de départ de ce second volume
est : Le Parnasse des plvs excellens Poètes de ce temps, ou, Mvses francoises
r^ alliées. de diuer ses parts. Le titre courant des deux volumes porte : Les Mvses
francoises.
Bel exemplaire, réglé.
294. DESPINELLE. Le Parnasse des plvs excellens poètes de ce
temps, Paris, Mathieu Guillemot, 1618. 2 vol. in-12; mar.
rouge, fil. à comp., tr. dor. et cis. (Lortic),
Le tome 1er se compose de 18 ff. non ch. (dont un titre gravé par L. Gaul-
tier et privilège de 1606), et de 444 ff. ch. Le tome II, de 6 ff. prél. (avec le
même titre gravé qu'à l'édition de 1607, mais daté de 1618, et le même pri-
vilège), 482 ff. ch. et 8 ff. (table).
M. Brunet dit, d'après le catal. La Vallière-Nyon , que ce recueil de 1618
forme les tomes III et IV de l'édition de 1607 du Parnasse : c'est une erreur,
car ces deux volumes ne sont qu'une réimpression très-augftientée de l'édi-
tion décrite au J»î° précèdent et bien plus rare. Le titre courant est le même.
Parmi les pièces préliminaires du t. l^r^ se trouve un Sonnet à M^e de
Luynès , et une longue Ode à M^ Charles d'Albert , Seigneur de Luynes ,
qui ne figurent pas dans l'édition précédente.^
On remarquera que les deux volumes portent : Acheué d'imprimer le
25. Feurier 1607, à la suite des privilèges ; le tome II a, à la fin des poésies
( f. 482) : Tin du second Tome des Muses R' alliées.
Fort bel exemplaire , réglé.
420 BELLES-LETTRES.
E. Depuis Ronsard jusqu'à Malherbe.
295. RONSARD. LesOEvvres de P. de Ronsard Gentilhomme
vandomois rédigées en six tomes. Le premier, Contenant
ses Amours, diuisées e^ deux parties : La première com-
mentée par M. A. de Muret : La seconde par R. Belleau.
Paris y Gabriel Buon, 1567. In-4> de 124 ff. et de 88 ff.
ch. et 2 n. ch., dont le dernier blanc; mar. rouge, fil., tr.
dor. {Lortic),
JPremier volume des Œuvres. Les commentaires de Muret et de Belleau
ajoutent un grand intérêt philologique et littéraire à cette édition , et ne se
retrouvent pas dans toutes. Le premier livre contient les poi-traits de Muret
et de Ronsard , gravés sur bois d'après J. Cousin, selon Papillon. Le second
livre a un titre spécial, à la même date.
Très-bel exemplaire , réglé. H. : 0, 235.
296. RONSARD. Les OEvvres de Pierre de Ronsard Gentil-
homme Vandosmois Prince des Poêles francois. Reueues
et augmentées. A Paris Chez Bartkelemjr Mace, 1609.
In-fol., de 8 fT. prél. (et non 7 ff.), i2i5 pp., 6 ff., i32 pp.
et 2 ff. ; mar. brun, riches compart. à petits fers, tr. dor.
{anc. rel.).
Édition peu commune. Titre giavé par L. Gaultier, et les portraits gra-
vés sur bois, de Muret, de Ronsard et de son amie.
Très-bel exemplaire. Les plats de la reliure portent un écusson armorié :
une aigle tenant dans le bec trois épis de blé.
297. RONSARD. Les OEvvres de Pierre de Ronsjrd, gentil-
homme Vandosmois , prince des poètes francois. Reueues et
augmentées. A Paris, chez Nicolas Buon, 1609-1610. 11
part, en 5 vol. in-12; mar. bleu, fil., tr. dor. [Niedrée).
On trouve ici, à la suite des Œmres, et comme 11® partie, les Pièces
retranchées , et Tabrégé de VArt poétique qui manque souvent. .Par une cir-
constance que la description donnée au Manuel n'explique pas, les parties
Ire et 90 portent la date de 1610, tandis que les 2e à 8«, puis la lie (qui selon
M. BruneCest de 1610) portent 1609. Une transposition a été faite par le
relieur dans les 9® et 10® parties entre les ff. correspondants de Tune et de
Tautre. Titre gravé par L. Gaultier. Portraits, gravés sur bois, d*Henri II,
Henri III, Charles IX, François de Valois, Ronsard et Muret, dont plu-
sieurs répétés.
Très-bel exemplaire, sauf qq. race, insigniûants.
298. RONSARD. Les OEvvres de Pierre de Ronsard Gentil-
homme Vandosmois Prince des Poètes francois. Reueues et
POETES FRANÇAIS. 421
augmentées et Illustrées de Commentaires [par Muret] et
remarques [ par Nie. Richelet]. A Paris j chez Nicolas Buon^
1623. 2 vol. gr. in-fol., portraits; mar. rouge, fil., tr. dor.
(Koehler).
La plus belle et la plus complète édition de ce poète , ornée d*un titre
gravé par L. Gaultier et de douze portraits suivants : Ronsard et son amie
(gr. p) Cl. Mellan), Richelet (gr. p. Picquet), Henri II, Charles IX, Henri III,
François de Valois , Henri de Lorraine, duc de Guise , Nogaret, duc d*Eper-
non , Anne de Joyeuse, Marie Stuart et Catherine de Médicis , tous gravés
en tàille-douce par Th. de Leu , plus celui de Muret , gravé sur bois.
Superbe exemplaire en giand papier, de la bibl. A. Bertin.
299. RONSARD. Les Qvatre premiers livre (sic) de la Fran-
ciade. Av Roy tres-chrestien, Charles, nevfîemede ce nom.
Par Pierre de Ronsard, Gentilhomme Vandomois. Paris j
Gabriel Buon, i5'j2. InT4> de i4 ff-j 229 pp. ch. et i p.
pour les errata; mar. olive, riches ornements sur les plats
a petits fers, tr. dor. (Cloi^is Eve).
Première édition, rare, d'un poème non achevé. Portraits de Ronsard et
de Charles IX gravés sur bois.
Bel exemplaire, réglé, grand de marges ; plusieurs ff. de la fin portent
une piqûre dans la marge supérieure. Très-riche reliure, bien conservée.
Le plat supérieur porte des traces de quelques coups de canif.
300. RONSARD. Les Meslanges de P. de Ronsard, dédiées a lan
Brinon. Seconde édition. Paris, Gilles Corrozet, t555. In-8,
de 56 fT. ch. — Continvation des Aoiovrsde P. de Ronsard
Vandomois. Paris, pour Vincent Certenas (sic), i555. In-8, de
91 ff. et I f. pour le priv. — En i vol.; mar. bleu, fil. à
comp., tr. dor. (Dura).
Bel exemplaire.
I
301. RONSARD. Les Hymnes de P. de Ronsard, Vandomois...
A Paris, ches André fVechel^ i555. ln-4> de 199 pp., les
quatre dern. non ch. — Hymne de Bacvs par Pierre de
Ronsard, avec la version latine de lean Dorât. A Paris,
ches André Wecliel, i555. ln-4, de 32 ff., dont les trois
dern. nonch. — En i vol.; mar. rouge, fleurons, tr. dor.
iCapé),
Édition originale, rare. Superbe exemplaire en grand papier, réglé, avec
témoins. De la coll. Desq.
30^. RONSARD. Responce de P. de Ronsard, Gentilhomme
Vandomois, avx inivres et calomnies, de ie ne sçay quels
122 BELLES-LETTRES.
Prédicans, et Ministres deGenéiie. Sur son Discours et Con-
tinuation des Misères de ce Temps. Paris^ GcJjriel Biion^
i563. In-4, de 26 ff.; mar. rouge jans., dent, intér., tr. dor.
{Smeers),
Magnifique exemplaire, grand de marges.
303. Réplique sur la response faite par Messire Pierre Ronsard,
iadis poète et maintenant Prestre^ à ce qui luy auoit esté
respondu sur les calomnies de ses Discours , touchant les
misères de ce tçmps. Par D. M. Lescaldin. 5. /., i563. 10-4*
de 55 pp. — Response avx calomnies contenves av dîs-
covrs et Suyte du Discours sur les Misères de ce temps, faits
par Messire Pierre Ronsard, iadis Poète et maintenant Prebs-
tre. La Première par A. Zamariel [Antoine de la Roche-
Chandieu] : Les deux aultres par B. de Mont-Dieu [nom
supposé de J..Grevin]. Ou est aussi contenue la Metamor*
phose dudict Ronsard en Prebstre. S., L (Orléans), î563.
In-4, de 3o ff. n. cli. — En i vol.; mar. rouge, fil., tr. dor.
Pièces rares. Au verso de ravant-dernier feuillet de la seconde on lit :
Imprimé le^de Feburier 1562. Exemplaire Sainte-Beuve.
304. RONSARD. Svperivs. Premier [Second et Troisiesme] livre
des amovrs de P. de Ronsard mis en musique à IIII par-
ties par Anthoine de Bertrand natif de Fontanges en Auuer-
gne. y/ Paris y par Adrian le Roy et Robert Bailardy impri-
meurs du Roj, 1578. In-4, de 32, 24 et 20 flf. ch.; veau
fauve, orn. sur les plats, tr. dor. (anc. reL).
Ce volume, extrêmement rare, contient le bel alphabet orné dessiné, pour
Le Roy et Ballard, par Jean Cousin.
Bel exemplaire, sauf une piqûre au troisième livre dans la marge du
bas. La reliure porte le nom d'Andreve de Pelletier.
305. RONSARD. Sonetz de Pierre de Ronsard, mis en mvsique
à cinq, six et sept parties, par M. Philippe de Monte, mais-
tre de la Chapelle de Tempereur. A Loifain chez Pierre Pha-'
lèse... et en Atwers chez lean Bellere, 15^5. 5 part, in-4
obi., de 18, 19, 20, 18 et 20 ff.; broché.
Première édition, non indiquée au Mamiel et rarissime. Elle se compose
de cinq parties : Supenus, Contratenory Ténor, Bossus^ Quinta pars.
Très-bel exemplaire.
306. RONSARD. Ténor. Sonetz de P. de Ronsard, mis en mv-
sique a 5. 6. et 7. parties par M. Phil. de Monte.... A Paris,
par Àdrian le Jioj et Rob. Ballard, imprimeurs du ttqy.
POÈTES FRANÇAIS. 123
T575. In-4obl., de 20 ff. plus i f. pour la marque; mar.
orange, fil. à fr., fleurons, tr. dor. (Lortic).
Très-rare. Alphabet d'après Jean Cousin. Magnifique exemplaire.
307. RONSARD. Terior. Poésies de P. de Ronsard et autres
Poètes, mis en Musique à Quatre et Cinq parties par M. Fran-
çois Regnard. ^ Paris, par Adrian le hoj et Robert Ballardy
1579. ln-4 obi., de 26 ff.; mar. orange, fil. à fr., fleurons,
tr. dor. {Lortic).
Complément du volume précédent, fort rare. lAême alphabet. Magni-
fique exemplaire.
308. BAIF. Les Amovrs de lan Antoine deBaif. Paris , V^^ Mau-
rice de la Porte, i552. In-8, de io3 pp. — Le Ravissement
d'Evrope, Par L Ant. de Baif. Paris, F^^ Maurice de la
Porte, i552. In-8, de 8 ff. non ch.; veau racine.
Éditions originales, extrêmement rares. Magnifique exemplaire, grand de
marges.
309. BAIF. Qvatre livres de Tamovr de Francine. Par lan An-
toine de Baif. A laqves de Cottier, Parisien. Première im-
pression. Paris, André l^echel. (Au r° du dernier f.:) A
Paris ^ de l'impr. de André Wechel i555. Pet. in-8, de
120 ff. ch. et 8 ff. n. ch.; mar. vert, fil., tr. dor. {Cape,
Masson^Debonnelle iS'**.).
Édition originale, fort rare. A la suite de la table, est insérée une poésie
de Jacques Tahureau : Contre t envieux. Très-bel exemplaire.
On trouve très-difficilement à réunir ce volume ainsi que les deux pré-
cédents en éditions originales.
310. BAÏF. Le Premier des Météores de lan Antoine de Baif. A
Caterine de Medicis Royne mère dv Roy. A Paris, par Ro-
bert Estienne, 1567. In-4, de l\o pp. ch. et 4 ff- n- ch.;
mar. bleu, fil., doublé de mar. orange à riches compart.,
tr. dor. {ChamboUe-Duru et Marias Michel),
Seule édition séparée, fort rare. A la suite des Météores, se trouvent trois
pièces de Baif, une Elégie à la France par Jodelle et un Sonet de Ph. de
Hotman.
Magnifique exemplaire, couvert d'une riche reliure.
3H. BAIF. Evvres en rime de lan Anthoine de Baif secrétaire
de là chambre dv Roy. Paris, Lucas Breyer, iS'j'i. — Les
Amovrs... Ihid., 1672. — Les levx.. Ibid,, (573. — Les
^24 BELLES-LETTRES.
Passetems... Ibid.^ i573. — Ensemble 4 ^ûl. in-8; mar.
rouge, fil. à comp., Heur., tr. dor. {Lortic),
Réunion de quatre volumes fort rares ; ce qui est encore plus rare, c'est
que le présent exemplaire est en grand papier, réjglé, et en parfoit état, sauf
qq. marges rapportées. Le premier volume est un peu plus grand que les
autres.
312. BAÏF. Etrènes de poézie fransoeze an \ers mezurés...
par Jan Antoéne de Baïf, Segretere de la Çanbre du Roe.
Paris, Denjs du Fui, i574. In-4; ^él., tr. dor.
Superbe exemplaire, unique dans cette condition, presque entièrement
non rogné, aux armes de J.-A. de Thou.
On a relié «\ la suite une autre pièce du même auteur : De profectione et
AdverUu Henrici Régis Polonorum augtisti in regnum mum. Ode, Joannis Au-
rati poetœ ilegii, ex GaUico Joannis Antonii Baifij. — Sur le voeiaje et Vari"
vée du Roe de P8/one an son Rœiautne Ode de Jan Antœne de Baif. Parisiis,
apud Dionysium Vallensem, 1574.
Pour la singulière orthographe employée par Tauteur dans ce livre, voir
Touvrage de M. Didot : Observations sur Vorthographe française*
Ce précieux volume a été payé 900 fr. à la vente Brunet.
313. BAÏF. Les Mimes, enseignemens et proverbes de lan An-
toine Baif. Reueus et augmentez en ceste dernière édition.
yé Paris j par M amer t Pâtisson, imprimeur du Rojr. Citez
Rob. Estienne, 1597. In-12; mar. rouge, fil., tr. dor. (Dû-
ifid).
Première édition complète; elle est imprimée en caract. ital.; les livres
III et IV portent une pagination à part.
Le dernier f. préliminaire, hlanc au recto, offre au verso un remanjua-
hle portrait de Baïf, fort bien gravé sur bois, et très-peu connu des icono-
graphes.
Très-joli exemplaire, grand de marges. Les 3 fif. rél. appartenant aux
livres III et IV ont été transposés à la reliure,
314. BAIF. Les Mimes, enseignemens et pï'overbes de !.. A. De
Baïf. A Tolose, pour Ican lagourt , 1608. In- 12, de 5 ff. Um.,
et 164 ff. cil.; mar. La Valiière, fii. à fr., tr. dor. {Petit).
Très-jolie édition en caractères italiques, non indiquée au Manuel qui ne
cite que celle de 1612 du môme éditeur. Le titre gravé est orné d*un beau
portrait du poëte.
315. PETIT BOIS. Discovrs satyric de la mort. Par le sieur du
Petit Boys, Poiteuin , Gentilhomme seruant du Roy de Na-
uarre. A Mon- Seigneur le Prince de Condé. A la Rochelle,
POÈTES FRANÇAIS. . 125
par P, Haultitij 1577. ï*^"8, de 16 ff. dont i bl.; mar.
orange, fil. àfr., tr. dor. (Loriic).
Pièce très-rare, non indiquée au Manuel, Exemplaire avec témoins, mais
malheureusement trop rogné en tête.
316. La Pvce de Madame Des-Roches. Qvî est vn recveil de
divers Poèmes Grecs, Latins et François, composez par plv-
sifîvrs doctes personnages avx Grans Jours tenus à Poitiers
l'An M. D. LXXIX. j4 Paris, pour Abel l'Jngelierj i583.
In-4; veau fauve, fil., tr. dor.
Ce recueil, devenu rare, est un des plus gracieux spécimens de la poésie
légère auXVIo siècle. Une puce, aperçue en 1579, pendant les Grands Jours,
sur le sein de M'^* Des-Roches, donna lieu à cette joute poétique des plus
beaux esprits du tempe : E. Pasquier, Scévole de Sainte-Marthe, Gourtin
de Gissé, etc. (voir Tavis au lecteur). On y trouve de fort jolis vers de
Madame Catherine Des-Roches elle-même que l'éditeur de ce recueil , Jac-
ques de Sourdrai (qui signe aussi de son anagramme : Qui à vous se dédira),
appelle la « perle de nostre pays poitevin. » Une charmante pièce en prose :
Louange de /a pvce/ termine la première partie (f. 60). La seconde est précédée
de ce faux titre : JHvers Poèmes tant svr les Grans lôvrs tenvs à Poitiers Van
M. D. LXXIX. qve svr avtres sviets faits aux mesmes Grans lovrs. Parplvsievrs
avtevrs. M.D.LXXXIL
317. DU MONIN. L'Vranologie ov le ciel de lan Edovard dv
Monin PP. contenant, outre l'ordinaire doctrine de la
Sphaere, plusieurs beaus discours dignes de tout gentil esprit.
A Monseignevr M. Philippes Des- Portes. Paris, chez Guil-
liaume Julien , i583. In- 12; mar. bleu jans. , tr. dor.
{Hardfy ^
Bel exemplaire d'un volume très-rare.
318. (THYARD, P. de.) Errevrs amovrevses, Augmentées d'une
tierce partie. Plus , Vn Liure de Vers Liriques. A Lyon,
par lande Tournes ^ i555. In-8; veau vert., fil., tr. dor.
i^Ducastin).
Première édition complète des trois livres, fort rare. Au verso .du titre,
un joli portrait de la dame de Fauteur, gravé sur bois.
Exemplaire de VioUet-le-Duc. Piqûres de vers race.
319. THYARD (P. de.) Les Oevvres poétiques de Pontvs de
ïyard, Seigneur de Bissy : asçavoir, Trois liures des
Erreurs Amoureuses. Vn liure de Vers Liriques. Plvs Vn
recueil des nouuelles œuures Poétiques. A Paris, par
Galiot du Pré, i573. In-4> de 4 ^m prél., 164 pp. et
126 BELLES-LETTRES.
20 fT. — Ponti Thyardei , Bissiani, ad Petrvm Ronsard vni,
De Cœlestibus Asterismis Poëmalium. Parisiis^ apud Galéo-
tum à PratOy 1*573. ln-4 > de 4 ff. — Manlice ou Discours
de la vérité de Diuination par Astrologie. Autheur Pontus de
Tyard Seconde Edition augmentée. Paris , Galiot du Pré.
S. d. In-4, de 2 ff., ii4 pp. et 1 f. (errata). — Solitaire
premier, ov Dialogve de la fvrevr poetiqve. Par Pontus de
Tyard... Seconde Edition, augmentée. Paris y Galiot du Pré.
S. d. (épîlre dédie, du i*' avril 1675, et non' i573). In-4, de
2 fî. et 68 pp. — 4 part, en i vol.; veau fauve, dent., tr.
dor.
Recueil fort rare. Au verso du titre des Œuvres^ un Sonnet de Ronsard
sur les Erreurs amoureuses, qui manque à l'édition ci-dessus. Le dessin des
belles initiales historiées et des en- té tes est attribué à Jean Cousin.
Exemplaire du comte de Corbière, assez grand de marges (sauf qq. ff,),
mais un peu roux.
320. LE FEVRE DE LA BODERIE. La Galliade ov de la Re-
volvtion des arts et sciences, à Monseignevr fils de France,
frère vniqve du Roy. Par Guy le Féure de la Boderie , secré-
taire de Monseigneur, et son Interprète aux langues pere-
grines. Paris, Guillaume Chaudière, 1578. In-4; mar. vert ,
fil., tr. dor. (iViedrée).
Première édition de ce poème peu connu , qui fournit de précieux ren-
seignements sur les artistes et les savants les plus renommés en France au
XVIo siècle.
Magnifique exemplaire, réglé, d'Armand Bertin , puis d'Yemeniz.
321. LA PRIMAUDAYE. Cent qvatrains consolatoires dv sievr
4e la Primaudaye. ^ Lyoriy par Benoist Riga\'d, i582. In-8,
de 27 pp.; mar. vert, fil., tr. dor. {Kœhler).
Bel exemplaire d'une édition rare. Haut.: 0, 156. De la bibl. Yemeniz.
322. SAINTE-MARTHE. Les premières œvvres de Scevole de
Sainte-Marthe, gentilhomme Lodvnois. Qui contiennent ses
Imitations de Traductions recueillies de diuers Poètes Grecs
et Latins... Â Paris, de l'Imprimerie de Federic Morelj
1571. (Au v° du titre : ) Acheuées d'imprimer le 25. de Fe-
hurler l\in M. D. LXIX (iSôg). ln-8 , de 8- et 120 ff. —
Hymne svr TAuant-Mariage dv Roy. Par Sceuole de Saincte- .
Marthe... /é/V/. 1670. In-8, de 16 ff. — En 1 vol.; mar. rouge,
fil. à fir., tr. dor. {Hardy),
Première édition, fort bien imprimée. Le second opuscule est très-rare.
Magnifique exemplaire, avec témoins.
POETES FRANÇAIS. 127
323. SAINTE-MARTHE. Les OEuvres [latines et françaises] de
Scevole de Sainte-Marthe. Dernière édition.' Paris j lacques
Villery^ 1629-30. 4 part, en i vol. in-4;'mar. rouge ancien,
riches compart., tr. dor. et cis.; étui de mar. vert [Lortic),
Première édition collective , non indiquée au Manuel, Chaque volume a
un titre .et une pagination spéciale.
Magnifique exemplaire, avec témoins , couverte d'une élégante reliure.
De la bibl. Desq.
324. ALIZET. La Caliiope chrestienne, ou Recveil De Prières,
Consolations et Méditations Spirituelles : par Benoît Alizet.
j4 GencKfe de V Imprimerie de Gabriel Cartier^ iSgS. In-8, de
4 ff. prél. et 120 pp.; mar. La Vallière, fil., tr. dor. {Lortic).
Poète huguenot, pour ainsi dire inconnu. Ni Viollet-le-Duc, ni M. Brunet,
ni les grands ouvrages de biographie ne parlent de cet émule de Du Bartas.
On trouve, entre autres , dans ce volume ral'issime , les pièces suivantes :
Aux fidèles Pasteurs et Docteurs des églises chrestiennes reformées.., es divers
pays de l'Europe; — Aiw? magnifiques Seigneurs^ Cité et République ]de Beme^
en l'an 1568 ; — Aux mesmes, tan 1574. Supplication pour l'assistance des
Eglises françoises dissipées (après la Saint-Barthélémy ) ; — A l'Eglise et
Republique de Genève en l'an 1580 ; — plusieurs pièces adressées à des pas-
teurs des églises reformées, etc.
Très-bel exemplaire.
325. DU CHESNE. Le Grand mh^oir dv monde; Par loseph Dv
Chesne, sieur de la Violette, D. médecin. Ljron , poi^r Bar-
theleml Honorât, 1587. ^^^"4» d<î 8 fî. et 206 pp.; cuir de
Russie, fil., tr. dor. {Thompson),
Première édition, fort rare. Bel exemplaire.
326. DU VERDIER. LesOmonimes, satire des mœvrs corrom-
pues de ce siècle Par Antoine dv Verdier, homme d'armes
de la compagnie de Monsieur le Seneschal de Lyon. A Lyon,
par Ant. ôryphius, 1572. (A la fin : ) y^ Lfon, de imprimerie
de Pierre Roussin^ 1672. Ia-4^ ^^ 12 ff- ch.; veau ant.,
fil., tr. dor. (Kœkler).
Seule édition publiée, fort rare. Magnifique exemplaire, de la coll. Van
der Helle.
327. PASSERAT. Le premier livre des poèmes de Jean Passerat.
Reueus et augmentez parTAutheur eh ceste dernière édition.
A Paris y par la veafue Marner t Pâtisson ^ 1602. Pet. in-8;
veau fauve, fil., tr. dor.
Bel exemplaire d'un volume rare.
128 liELLES-LETTRES.
328. DESPORTES. Les premières œvvres de Philippe Des Por-
tes. k\ Roy de Pologne. Paris, Robert le Mangnier, iB'j^.
In-4; niar rouge, fil., tr. dor. [Niedrée),
Première édition. Magnifique exemplaire, réglé. Une cassure race,
au 2e f.
329. DESPORTES. Les premières œvvres de Philippês Des-Por-
tes. Dernière édition, reueûe et augmentée. j4 Paris j par
Mamert Pâtisson^ i6oo. In-8; mar. rouge, fil. à comp., dos
orné, tr. dor. {anc. reL).
Une des plus belles éditions de ce poète et la plus recherchée. Magni-
fique exemplaire , couvert d'une riche reliure portant sur les plats et au dos
les initiales R, M, A, T, E, N, S, etc., entrelacées.
330. DESPORTES. LesOEvvres de Philippes Des-Portes , Abbé
de Thiron. Reueues et corrigées, yé Rov^en de l'imprimerie de
Raphaël du petit Val y i6r i. Pet. in- 12 ; vél. bl., avec une
bordure en mar. rouge , doré , milieu à compart. en mar.
olive , avec dorure en écaille de poisson , doublé de mar.
rouge, dent., tr. dor. {anc. rel,).
Édition la plus complète , ornée d'un joli titre gravé par L. Gaultier.
Elle a été donnée par Thibault Desportes, sieur de Beuilliers, secrétaire et
grand audiencier de France. Elle commence par huit pièces de vers en
rhonneur du poète , dont quatre en français, parmi lesquelles on remarque
une Élégie sur les CEuvres de M, Bes-portes, par Des Yveteaux. A la suite de
la table, se trouve le Tombeau de Messire Ph, Desportes, pièce en vers de I.
de Montereul.
La reliure qui recouvre ce volume est fort originale, mais malheureuse-
ment ce n'est qu'un remboîtage ; elle est d'un format un peu plus grand que
le livre. II. : 0, 133.
331. DESPORTES. Les CL. Pseavmes de David, Mis en vers
François , par Philippes Des-Portes abbé de Thiron. Auec
quelques cantiques de la Bible , et autres œuures Chrestien-
nes, et Prières du mesine Autheur. y4 Paris ^ par la vefue
Mamert Pâtisson, i6o3. In- 12; nfiar. vert, fil. à fr.', tr. dor.
[Dura).
Édition complète. Les œuvres chrétiennes et prières annoncées sur le litre
forment des parties distinctes ; la première est intitulée : Poésies chrestiennes
(îôirf., 4604), la seconde : Qvelqves prières et meditaiwis (sic) chrétiennes
(ibid., 4604).
Joli exemplaire.
332. VAUQUELIN DE LA FRESNAYE. Les Diverses Poésies dv
POÈTES FRANÇAIS. 129
sievr de ia Fresnaie Vavqvelin... A Caeriy Par Charles Macé
Imprimeur du Rof. 1612. Pet. in-8; mar. rouge, riches coin-
part., Ir. dor. (Cape),
Cette édition ne diffère de la première de 1605, dont les exemplaires ^ont
presque introuvables, que par un nouveau titre et les trois ff. suivants
qui ont été réimprimés. Tout le reste du volume appartient au premier ti-
rage. Les exemplaires de cette édition sont aussi extrêmement rares. Celui-ci
est très-pur et parfaitement conservé (H. : 0,150).
333. LU ROQUE. Les OEvvres du Sievr de la Roqve de Clair-
mont en Beavvoisis. Reveves, et augmentées de plusieurs
Poésies outre les précédentes Impressions. A la Royne Mar-
gverite. Paris y f^^^ Claude de Monstroeil, 1609. In- 1*2, de
8 ff. prél., 8o3 pp., et i4 ff. de table; mar. rouge, fil., tr.
dor. {Masson-Debonnelle),
Cette édition parait être la même que celle qui est décrite au Manuel sous
la date de 1619, au lieu de 1609, sans doute par suite d'une faute typogra-
phique. Très-bel exemplaire.
334. PASQUIER (E.). Les levx poetiqves d'Estienne Pasquier.
Paris* lean Petit-pas ^ i6to. In-8, de 8 ffl prél. et 799 pp.,
portr. ; veau fauve, fil., tr. dor.
M. Brunet indique cette édition sous le titre de Jeunesse d'E. Pasquier et
sa suite* Dans le présent exemplaire , le titre de Jeux poétiques se répète
après la p. 328 et il est compris dans la pagination. Le volume contient : le
Monophile, les Colloques d'amour, les Lettres amoureuses, les Jeu^ poétiques,
• la Puce (titre spécial), la Main (titre spécial). Le portrait de l'auteur, gravé
par Th. de Leu , est placé en tête , mais il devrait l'être avant le titre de la
Main, car il est compris dans la pagination.
Édition rare. Bel exemplaire.
335. PASQUIER (E.). Recveil des ryines et proses de E. P. A
Paris, Charles VAngeliery i555. Pet. in-8, de 68 ff. oh.;
mar. bleu jans., tr. dor. (Cape),
Le nom de l'auteur figure en toutes lettres dans l'extrait du privilège , du
24 octobre 1555, accordé au libraire Vincent Sertenas, dont l'adresse se
trouve sur le titre de certains exempl. Plusieurs pièces comprises dans ce re-
cueil fort rare n'ont pas été réimprimées dans les Œuvres complètes de Pas-
quier.
Très-bel exemplaire, de la bibl. Bordes.
336 REGNIER. Les Satyres et autres œuvres dv sievr Régnier.
Augmentés de diverses Pièces cy-devant non imprimées.
A Leiderij chez Jean et Daniel Elsevier, i652. Pet. in- 12;
mar. bleu, fil., tr. dor. (Trautz-Bauzonnet).
9
i30 BELLES-LETTRES.
La plus précieuse des éditions de Régnier. La dix-neuvième satire est
en originaL
Très-bel exemplaire. H, : 124 mill. i\2.
331. REGNIER. Les Satyres dv sievr Régnier. Dernière Edition,
reueiié, corrigée et de beaucoup augmentée, tant par le sieur
de Sigogne, que de Berthelot. Dédiées av Roy. Paris y de
rimpr, d^ Anthoine dif Biveilyi&i[\. Pet. in-8; mar. vert, fil.
à fr., tr. dor.
Cinquième édition. Très-bel exemplaire.
338 URFE (D'). Le Sireine de messire Honoré d'Vrfé... Reveu,
corrigé et augmenté de nouueau par l'Autlieur... aiiec ati-
tres Poésies du mesme Autheur, nouuellement mises en lu-
mière. A Paris^ chez Toitssainct du Brajr ^ i6i8. In-8, de
128 fr.; mar. rouge, fil. àcomp., fleurons, tr. dor. {Lortic).
Dernière édition de ce poème. Charmant exemplaire.
339. (AUBIGNÉ, Th. -A. d\) Les Tragiqves, Donnez av pvblic
par le larcin de Promelhee. Au dezert, par L. B. Ù, D.y
1616. Pet. in-4; mar. rouge, fil. à fr., tr. dor. {Cape).
Première édition, fort rare, mais sans Y errata^ qui, ayant été sgouté après
coup , ne figure que dans un petit nombre d'exemplaires. Celui-ci provient
de la coll. Max. Du Camp.
.T.«.
3i0. ArBlGNt(Tli.-A. d'). Les Tragiqves ci-devant donnez au
pvblic pnr le larcin de Promelhee et depuis avovez et enri-
chis piir le S*" d'Avhigné. S, /. n. d. In-8; veau antique, fil.,
tr. dor. [Kœhler).
Seconde édition, plus complète et rare. Elle a été exécutée vers 1620, à
rimprimerie particulière de d'Aubi<]^né, dirigée par J. Moussât. A la fin, se
trouve un élo^^e eu prose d'Henri IV, pour avoir donné la paix à la France.
341. MAILLIET. Les Poésies dv sievr de Mailliet. A la louange
de la Reyne Marguerite. Augmentées en ceste seconde Edi-
tion. Et dédiées à Sa Maiesté. A Paris, Par lean Hérault ^
1612. Pet. in-8, de 85 pp. ; mar. rouge, fil., doublé de mar.
citron, tr. dor. {Cliambolle-Duru).
Poète bordelais extrêmement rare.
Très-bel exemplaire provenant de la bibl. de M. H. Bordes, avec son ex-
libris frappé en or sur la doublure.
3i2. COLAS (P.). Les Lirmes d*Aron!he svr Tinfidélilé de Clo-
rigene Recil Paslornl diuiséen Cinq Journées Par P. Colas...
Lj'on, lean Lautret, 1G20. (Au r** du dernier f. :)... Imprimé
POETES FRANÇAIS. 131
à Ljon par lean Lautret ^ le 7 Nouembre 161 9. In- 12, litre
gravé; mar. vert, fil., tr. dor. {Thibaron-Echaubard).
Volume fort rare, que M. Brunet n'a sans doute pas vu, car il ne Taurait
pas classé au Théâtre. Outre le poème annoncé au titre , il contient encore :
Le Songe d'Ence,L Ombre d'AlciSy Les Alîarmes deCloeîis, et d'autres poésies
parmi lesquelles on remarque des stances Contre une qui dit au peintre de
luy faire les tétons durs.
Joli exemplaire.
343. LA BORDERIE. Les Prelvdes dePerroqvet, flvteur lolo-
sain. Dédies a Monseigneur le Duc de Mayenne. Par le
Sieur de la Borderie. ^4 Bourdeaus, par Gilbert Fernoy^
1620. Pet. in-4, de 4 ff- et 80pp.; mar. violet, fil., Ir. dor.
i^Ducastiii),
Volume fort rare.
344. SONNET DE COUR VAL. Satyre Menippée svr lespoingnan-
tes traverses et incommoditez du Mariage. Avec la Time-
llielie ov censvre des femmes. Par Thomas Sonnet, docteur
en médecine. Gentilhomme Virois. Troisiesme édition. Re-
ueué de nouueau par TAutheur et augmentée d'vne Def-
fence apologetiqve, contre les Censeurs de sa Satyre du Ma-
riage. A Paris ^ chez Jean Millot , cididcx (1610). 4 part, in-
8; mar. orange, fil. à comp., doublé de mar. orange, à ri-
ches compart. [Hering et M aller).
Cette édition n'a pas été suffisamment décrite. Chaque partie porte une
pagination distincte, mais les signatures des cahiers continuent pour les trois
premières parties. Elles ont chacune un titre particulier. La seconde est ainsi
intitulée : Thimethelie ov Censvre des femmes. Satyre seconde. En laquelle sont
amplement descrites les Maladies qui arriuent ordinairement à ceux qui vont
trop soutient à l'escarmouche soubs la Cornette de Venus. Par Th. Sonnet,
Sievr de Courval^ etc. A la suite de cette satire, on trouve : Six epitaphes ou
Tombeaux , contenant plusieurs détails biographiques inconnus. Après la
Deffence Apologetiqve, viennent 4 ff. non chiff. contenant une épître au lecteur
et des stances sur son livre, feuillets portant la signât. A et qui ne semblent
pas être ici à leur place.
La 4* partie jointe à cet ouvrage est intitulée : Responce d la Contre-Satyre
par VAvtheur des Satyres dv mariage, et Thimethelie. Imprimé à Paris^ 1609.
Cette Contre -Satire, non indiquée au Jtfanue/, était intitulée : ContreSatyre
pour la deffence des Dames, faicte par des Gentils- hommes des plus affidez à ce
sexe. Sonnet-Courval nous informe que Fauteur anonyme de cette Contre-Sa-
tyre, dédiée aux plus belles dames de la cour, avait déjà publié un opuscule
intitulé : A La Louange des femmes vertueuses, par unAdvocatdu Parlement de
Paris. Ces curieux renseignements bibliographiques nous paraissent complè-
tement nouveaux.
Volume rare, provenant des bibl. Courbonne et Yemeniz.
132 BELLES-LETTRES.
3i5. THEOPHILE (Viaud). Les OEvvres de Tlieo|>hile, Diui-
séesen trois parties. Première partie contenant 1 immortalité
de l'Ame, auec plusieurs autres pièces. La seconde^ les Tragé-
dies. £t la troisiesme, les pièces qu'il a faites pendant sa pri-
son. Dédiées aux beaux esprits de ce temps. Paris , Antlioine
de Sommavilley i656. In- 13, de 269 et 3o3 pp.; mar.
rouge, fil., tr. dor. [Dura).
Édition presque complète et l'une de celles qu'on recherche. Bel exem-
plaire.
F. Depuis Malherbe jusqu'à nos jours,
a. Poésies de divers genres.
346. MALHERBE. Les Oevvres de ]VP François de Malherbe,
Gentil-homme ordinaire de la chambre du Roy. Seconde
édition. Paris ^Char/es Chappellain^ i63i. In-4; mar. rouge,
fil. à fr., Ir. dor. {Petit),
Réimpression pure et simple de l'édition ori^nale, publiée par Franc.
d*Arbaud, sieur de Porchères, cousin de Tauteur. Les poésies ont une pagi-
nation à part. Le Discours sur les Oeuvres de M, de Malherbe (par Ant. Godeau)
a été transposé à la fm dans cet exemplaire. Il est suivi du privilège, à la fin
duquel on lit : Acheué d' imprimer le 22 de Décembre 1629, ce qui prouve que
cette partie de l'ouvrage provient du tirage fait pour l'édition originale.
Le portrait de Fauteur manque, mais l'exemplaire est superbe et grand de
marges.
3i7. Le Cabinet des mvses, ou nouueau recueil des plus beaux
vers de ce temps. y4 Rouen^ de timpr, de David du Petit-Val^
161 9. In- 12, de 943 pp. et 8 ff.; mar. rouge, fil. à froid,
tr. dor. {Lortic).
Recueil très-rare. Bel exemplaire.
348. Jardin des Mvses ov se voyent les Fleurs de plusieurs ag-
greables poésies, recueillies de diuers Âutlieurs tant anciens
que modernes. Paris^ A, de Sommaville et A, Courbé^ i643.
In- 12; mar. vert, fil., tr. dor. (TrautirBauzonnet).
Charmant exemplaire de ce recueil de pièces curieuses.
349. Recveil des plvsbeavx vers de Messievrsde Malherbe, Ra-
can, Maynard, Bois-Robert, Mon fvron, Lingendes, Tovvant,
Motin, de Lesloille et autres diuers Auteurs des plus fameux
Esprits de la Cour. Reueuz, corrigez et augmentez. PariSf
POÈTES FRANÇAIS. «3
Toussainct du BrajTy i63o. In-8 ; mar. rouge, fil., Ir. dor.
[Hardy- Mennil) .
Le privilège est du 2 juin 1626 et la première édition de ce recueil a été
donnée en 1627. Celle-ci est de beaucoup augmentée. Très-bel exemplaire.
350. Recveil chrestien, ov sont une Prophétie de S'^Brigîde
Royne d'Escosse Vn Discours faict, et présenté, par le feu
Cheu. de Bonnet au Roy Charles IX... et vn autre Discours,
faict par le sieur Mario Verdisot Vénitien... en vers italiens
[avec une trad. en vers français] audit Roy Charles.... des-
criuantet narrant, des grands voyages fàicts... en la Tur-
quie : Et les chemins, villes nommément de la Terre
Sainte. Par G. de Bonnet, son neueu , sieur et Baron d'Au-
melas.... A La. Royne Régente. A Paris^ chez Pierre Ches^a-
lier^ i6ii. — Exlraict d*vn Livre inlitvlé Historiale des-
cription de l'Ethiopie, imprimé en Anuers par Christofle
Plantin, Tan i558. Où sont des prophéties confirmatiues de
celles qui sont cy devant [dans le Recueil Chrestien]. Des
lettres escrites à nostre Sainct Père le Pape Clément VII, par
TEmpereur et Roy d'Ethiopie, autrement Prete-Ian A
Paris j i6ii. 2 part, en i vol. in-8; mar. rouge, fil. à
comp., tr. dor. {anc. reL).
Exemplaire de MARIE DE MÉDIGIS, portant, sur les plats et au dos, des
lis couronnés.
Le premier ouvrage est orné de beaux'portraits de Henri IV, de Louis XIII
et de Marie de Médicis, gravés par L. Gaultier. A la suite d'une longue
épître dédicatoire adressée à la reine-mère, de môme que dans le corps de
l'ouvrage, on trouve des pièces de vers de différents auteurs. Ce recueil
est omis dans le Manuel. Exemplaire Yemeniz.
351 . EXPILLY. Les Poèmes dv sievr d'Expilly à M""* la marqvise
de Monceavx. A Paris, chez Abel Langellier,,. iSgô. 2
part, en i vol. pet. in-4, portr.; mar. bleu., fil., dos orné,
tr. dor. (^Hardj- Mennil),
Première édition de ces poésies. Elle est très-rare et les exemplaires en
sont généralement incomplets. A celui-ci il manque un feuillet de dédicace,
et un feuillet blanc à la fin de la première partie, correspondant aux pages
107 et 108. Le texte de la première partie s'arrête à la page 106 et la pagi-
nation continue dans la seconde partie qui est dédiée à Messire Françoys de
Bone, seigneur de Lesdiguiéres, En tête du volume se trouve un beau portrait
de l'auteur, gravé, ainsi que les deux titres, par Th. de Leu.
Magnifique exemplaire. De la coll. H. Bordes.
352. EXPILLY. Les Poèmes de Messire Clavde Expilly, Conseiller
du Roy an son Conseil d'Etat et Prezidant au Parlemant de
434 BELLES-LETTRES.
Grenoble. A Grenoble^ de V imprimerie de Pierre Verdier^
1624. Gr. in-4; veau fauve, fil. {Kœhler).
Seconde édition, fort rare et plus complète que la première. Elle est im-
primée selon le système orthographique proposé par Tauteur. Très-bel exem-
plaire.
353. FRENICLE. Les OEvvres de N. Frenicle. Paris, Jean de
Bordeaux, 1629. In-8; inar. vert, fil., tr. dor. (Cape).
Très-bel exemplaire. De la coll. Desq.
354. (COLLETET, Guill.) Les Divertissemens deCoUetet. Paris,
Rob. Estienne^ i63i. Pet. in-8; mar. brun jans., tr. dor.
{Petit).
Première édition. Exemplaire grand de marges et très-pur.
355. SARASIN. Les OEvvres de Monsievr Sarasin. Imprime à
Roi^en et se vend à Paris, chez Augustin Courbé, i658. In- 1 2 ;
mar. rouge/ fil. à fr., tr. dor. {Hardy).
Joli exemplaire.
356. GOMBAULD. Les Poésies de Gombavld. Paris, Aug.
Courbé, 1646. In-4 ; inar. bleu, fil. à compart., tr. dor.
Magnifique exemplaire, presque à toutes marges, on dirait même en grand
papier (H. : 0, 231).
357. RACAN. Dernières œvvres et poésies chrestiennes de Mes-
sire Honorât de Eveil, Chevalier, Seigneur de Racan... Pa-
ris, Pierre Lamjr, 1660. Pet. in-8; mar. rouge, riches comp.
à pet. fers, tr. dor. {anc. reL).
Magnifique exemplaire, couvert d'une ricbe reliure à la Duseuil.
358. (CAILLY, J. de.) Diverses petites poésies dv chevallier
d'Aceilly. Premier volume. A Paris, imprimées chez André
Cramoisjr, 1667 (au-dessous de l'adresse :) Et se donnent au
Palais. In-i2', mar. rouge, fil., tr. dor. (Padeloup).
Exemplaire provenant de la coll. Dinaux et Tun des trois avec titre qui
soient connus de cette édition originale. Ghai'les Nodier, qui a donné une
nouvelle édition de ce jeune et charmant poète, d'après celle de La Monnoye,
n'avait jamais pu se la procurer ni même la voir (voir son Catalogue).
359. FURETIÈRE (Ant.). Poésies diverses dv Sievr Fvretière
A. E. P. (avocat en Parlement). Paris, Guill. de Luj-nes,
i655. In-4, front, gravé; mar. rouge, fil., tr. dor. {Cape).
Première édition. Très-bel exemplaire.
POETES FRANÇAIS. 135
360. BENSSERADE. Les OEiivres de Monsieur de Bensserade.
Paris ^ Charles de Sercf y 1697. ^ ^^'- în^^i^, front, gravés;
mar. vert, fil., tr. dor. {Chambolle-Duru).
Première édition des œuvres diverses de ce poëte. L'éditeur annonce dans
son épître qu'il se trouve dans le premier volume plusieurs pièces c qui n'ont
jamais veu le jour ».
Les pièces préliminaires contiennent un long Discours sommaire de Mon-
sieur L, T. (l'abbé Tallemant) touchant la vie de M. de Bensserade.
Très-bel exemplaire.
361 . SCARRON. Recueil des œuvres burlesqties de M. Scarron,
dédiées à sa chienne. Paris ^Toussainct Quinet, 1648. In-4;
veau fauve (anc, rel.).
Ce recueil contient en outre : Jodelet ou le maître valet, les Trois Dorotees
ouleJodelet souffleté.
Exemplaire aux armes de la comtesse de Verrue.
362. BOILEAU. Satires du Sieur D***. Paris, Fred. Léonard,
1666. In-i2, front, gr.; mar. rouge, fil., Ir. dor.
Édition originale. Elle contient les sept premières satires avec le Biscofurs
au Roi. Très-bel exemplaire.
363. BOILEAU. Satires du Sieur D***. Seconde édition. Paris,
Claude Barbin, 1667. In-12; mar. vert, fil. à fr., Ir. dor.
{Hardy).
Édition plus rare encore que la première.
364. BOILEAU. Satires du Sieur D***. Seconde édition. Paris,
Denjs Thierrj-y 1667. 'n-12; cuir du Russie, fil., tr. dor.
Édition faite sur le privilège de Claude Barbin, mais elle en diffère en
ce que le Discours au Roy se trouve répété une seconde fois avant la satire
YI et que la satire II à M. de Molière se trouve supprimée. Cette singularité
a échappé à Berriat Saint-Prix.
365. BOILEAU. Sa tires dvSievr D***. Paris, L. Billaine, D. Thier-
ry ,F. Léonard et CL Barbin, 1668. In-8, front., 4 ff. Hm.,
76 (et non 78) pp. et 6 ff; mar. vert, fil., tr. dor. (Lortic).
Troisième édition originale, contenant de plus que la seconde les satires
VIII et IX et le Discours sur la satire. Qq. piqûres devers.
366. BOILEAU. Satires dv sievr D***. Paris L. Billaine, D.
Thierry, F. Léonard et Cl. Barbin, 1669. In-i2, fronl. (de
1666), 3 ff., 76 pp. (les 9 prem. Satires), 6 ff. (Discours sur
136 BELLES-LETTRES.
la satire), et 1 1 pp. {E pitre- au Roy) ; mar. lilas, fil., Ir. dor.
{Niedrée).
Quatrième édition originale, fort rare.
367. BOILEAU. OEiivres diverses du sieur D***, avec le Traité
du Sublime ou du merveilleux dans le Discours Paris,
CL Barbin, 1674. In-4j 2 fig. gr.; mar. rouge, fil. (a/ic. re/.).
Première édition sous le titre d*OEMvrcs. On y trouve pour la première
fois \ATt poétique et les quatre premiers chants du Lutrin.
Précieux exemplaire, portant sur un f. de garde un envoi autographe de
Boileau à M. du Lignon de Bcttin, auteur de V Histoire de V idolâtrie payerme.
368. BOILEAU. OEuvres diverses du sieur D***. Avec le Traité
du Sublime... Paris, Cl. Barbin, 1675. 2 part, en i vol.
in- 12, fig.; mar. La Vallière, fil., fleur., tr. dor. (Lortic).
Belle réimpression de l'édition ci-dessus. Entre les pp. 132 et 133 on a
intercalé dans celle-ci VEpistre V, dont les pages sont chiffrées 133 à 139.
369. BOILEAU. OEuvres diverses du sieur D***... Nouvelle édi-
tion, reveue, corrigée et augmentée de plusieurs pièces
noiweWes, S uii^ant la copie à Paris, àu^msterdam, c/iezj4bra-
ham fFolfgang, 1680. In- 12, fig.; mar. bleu, fil. à comp.,
tr. dor. {Hardy).
Charmante réimpression de Tédition de Thierry, 1675, à laquelle on a
ajouté répître V et les satires (IX et X) contre les maltôtes et le mariage,
faussement attribuées à Boileau.
370. BOILEAU. OEuvres diverses du sieur D***. Avec le Traité
du Sublime... Sur V imprimé a Paris, chez Denys Tliierry,
1682. In-i2, de i55 pp. et 6 ff.; 118 pp. et 6 ff.; veau
fauve, fil., tr. dor. [Niedrée).
Jolie copie, avec quelques variantes, d'une édition inconnue jusqu'ici. On
lit au privilège : Achevé d'imprimer pour la seconde fois le 12 de janvier 1683.
371 . BOILEAU. OEuvres diverses du sieur D***. . . Nouvelle edi-
tion reveue et augmentée, y/ Paris , chez Denys Thierry,
i683. In-i:^; mar. rouge, fil. à comp., Ir. dor. (anc, reL).
Édition originale des épîtres VI à IX, des V» et Vie chants du Lutrin^ etc.
Elle est précédée d'une lettre autographe d'envoi de Boileau à M. de Guille-
ragucs , ambassadeur de France à Gonstantinople, auquel est adressée la cin-
quième épître commençant ainsi :
Esprit né pour la cour et maître en Vartde plaire,
Guilleragues, qui sais et parler et te taire.
POETES FRANÇAIS. 437
On conçoit, quand on songe à Textréme rareté des autographes de Boi-
leau, le prix qu'ajoute une pareille pièce à une édition originale.
372. BOILEAU. OEuvres diverses du sieur D***... Nouvelle édi-
tion .reveué et augmentée. Paris ^ Denjrs Thierry^ i685.
In- 12; mar. rouge, fil., tr. dor. {Lortic).
Édition originale, très-rare. Elle contient le Remerciement à TAcadémie
et cinq épigrammes.
373. BOILEAU. OEuvres diverses du sieur D***. . . Nouvelle édi-
tion, revue et augmentée de diverses pièces nouvelles.
Suwant' la copie de Paris y à Amsterdam y chez Abraham
fVolfgang^ 1686. In*i:s; mar. vert, fil., fleurons, tr. dor.
\Lortic).
Joli exemplaire d'une belle réimpression de Tédit. de Barbin , 1683, à
laquelle on a ajouté les maltôtes , la satire sur le mariage et la réponse.
374. BOILEAU. OEuvres diverses Du Sieur D*** Avec le Traité
du sublime... de Longin. Et les Reflexions critiques sur ce
Rhéteur : où Ton répond aux objections faites contre quel-
ques Anciens. Nouvelle Edition reveué et augmentée. Paris,
Denys Thierry , 1694. 2 vol. in- 12; mar. rouge, fil., tr.
dor. {anc. reL).
Cette édition contient de plus que les précédentes YOde sur la prise de
Namur et la satire (Xe) sur le mariage.
Bel exemplaire aux armes du marquis de Franconville, lieutenant général
des armées navales.
375. BOILEAU. OEuvres diverses du S' Boileau Despreaux...
Nouvelle édition reveué et augmentée. Paris, Denys Thierry,
1701. 2 vol. in-12; mar. bleu, fil., tr. dor. (Lortic).
Édition originale ce sans contredit la plus précieuse de Boileau, » dit
M. Berriat-Saint-Prix. C'est la dernière donnée par l'auteur et son « édition
favorite. » Les fautes commises dans l'édition in-4 de la même année ont été
corrigées dans celle-ci.
376. BOILEAU. OEuvres de Nicolas Boileau Despreaux avec
des éclaircissements historiques, donnez par lui-même...
La Haye, P. Gosse et /. Neaulme, 1729. 2 vol. in-fol., fig.
de B. Picart; mar. rouge, fil.-, tr. dor. {Deromé).
Réimpression de la première édition illustrée avec les mômes figures. En
tête du 1er vol. se trouve le portrait de la princesse de Galles, gravé par
Gunst, d'après Kneller.
Très-bel exemplaire, fort bien relié.
188 BELLES-LETTRES.
b. Poèmes sacrés, satiriques, badinSy etc. — Fables, Contes, ChanBom»
377. LA FONTAINE. Élégie. In-4, de 2 ff.; mar. orange, fil.
à coinpart., milieu en mosaïque, tr. dor. {Lortic). '
Édition originale de cette célèbre Élégie, aiuc Nymphes de Vaux^ écrite
à Toccasion de la disgrâce du surintendant Fouquet. G*est une pièce volante,
imprimée probablement à Paris en 1661 , d'une manière occulte. Les exem-
plaires en sont introuvables, et elle est restée inconnue à Walckenaer et i
M. Brunet. Les pages sont chiffrées et le texte finit au milieu de la troi-
sième.
Cet exemplaire a appartenu au fameux surintendant. Au haut de la pre-
mière page, on lit : Jtf. Foucquet, envoi écrit de la main môme du grand poète.
On a joint à cette haute rareté bibliographique un précieux AUTOGRA-
PHE DE LA FONTAINE. C'est le brouillon môme de son Ode pour la paix
qui a paru pour la première fois en 1671 (voir, plus bas, le n® 379). Le texte
en était d*abord conforme à l'imprimé , sauf deux changements, mais ensuite
La Fontaine a biffé les trois premiers vers qu'il a remplacés par sept au-
tres. La pièce ainsi modifiée a été réimprimée dans les Ouvrages de prose et
de poésies des sieurs de Maucroix et de la Fontaine ; Amsterdam, 1685, 2 vol. in-
12; 1. 1, p. 121. Notre autographe offre en outre la première pensée du po6te,
car il s'y trouve des mots ratués qui n'ont jamais figuré à l'impression.
378. LA FONTAINE. Poème de la captivité de saint Malc,
par M. de La Fontaine. Paris, Claude Bar b in, 1673. In-12;
mar. vert jans., tr. dor. {Trautz-Bauzonnet).
Édition originale de ce petit poème. On dit, ce qui expliquerait son ex-
trême rareté, qu'elle a été supprimée parce que l'auteur, dans son épttre
dédicatoire au cardinal de Bouillon , lui a donné le titre à! Altesse Séré-
nissime. Cette épithète est en effet biffée dans le présent exemplaire qm pro-
vient de la coll. Solar, et on y a substitué, à l'encre, le titre d'éminentiseime.
379. LA FONTAINE. Fables novvelles et autres poésies de M.
delà Fontaine. Paris , Dcnys Thierry, 1671. In- 12, fig. de
Cliauveau; mar. vert, fil., tr. dor. (Â^rtrrf/),
Ce volume contient huit fables alors inédites, V Élégie sur Fouquet, la se-
conde édition d'Adonts, l'Ode pour la paix, et autres poésies également pu-
bliées pour la première fois. Très-bel exemplaire.
380. LA FONTAINE. Fables choisies mises en vers par J. De La
Fontaine. Paris, Desaint et Saillant, 1755-59. 4 vol. gp.
in-fol., fig. d'Oiidry; mar. rouge, large dent./tr. dor. (Pa-
deloup).
Très-bel exemplaire, en grand papier de Hollande^ couvert d'une reliure
avec fers spéciaux à cet ouvrage.
POÈTES FRANÇAIS. 139
381. LA FONTAINE. Fables choisies, mises en vers par M. de
la Fontaine, et par lui reveués, corrigées et augmentées.
Paris ^ Denys Thierry et Claude Barbin, 1678, 1679, 1694.
5 vol. in-i2, fig. de Chauveau et autres;'mar. vert, fil., Ir.
dor. {Hardy).
Seule édition complète qui ait été imprimée sous les yeux de Tauteur.
Le t. Jei' est de premier tirage, avec les armes gravées du Dauphin, mais
sans le f. d'errata. L'avertissement suivi ^errata de la S® partie appartient
à cette même partie, qui commence le second recueil de Fables, et non pas
à la 4«, comme dit M. Brunet. Le t. III n'a pas le carton indiqué au Manuel,
pdhr la p. 99, mais, en revanche, le f. suivant est un carton dont M. Brunet
ne parle pas. Ceux du t. IV ne se trouvent pas dans cet exemplaire. La 5e
partie est de la bonne date, mais de troisième tirage.
Bel exemplaire.
382. LA FONTAINE. Contes et novvelles efl vers. De M. De la
Fontaine. Paris, Claude Barbin, 1667. Pet. in-8, de n pp.
93 pp. et I f. pour le priv. — Devxiesme partie des Contes et
novvelles en vers. De M. delà Fontaine. Paris^ Claude Bar-
bin, 1667. Pet. in-8, de 1 1 pp. prél., 160 pp., et 3 pp. pour
le priv. — En I vol.; mar. vert, fil., tr. dor. {Hardy).
La première partie parait être en édition originale, avec un nouveau titre ;
on remarquera que jusqu'à ce moment les bibliographes n'ont pas signalé de
réimpression avec la date de 1667 au nom de Cl. Barbin. Le privilège est
du 14 janvier 1664, et l'achevé d'imprimer du 10 janvier 1665, comme dans
l'édition originale. Cependant le vers 14 de Joconde est tel qu'il resta défini-
tivement après correction.
La seconde partie paraît être également en édition originale, avec un
nouveau titre. Le privilège est du 30 oct. 1665, au nom de Cl. Barbin seul,
et Vachevé d'imprimer du 21 janvier 1666. Or la réimpression connue jus-
qu'ici avec la date de 1667 est non pas au nom de Barbin, mais à celui de Louis
Billaine, cessionnaire de la moitié du piivilége.
En tout cas, il n'y aurait que la comparaison attentive avec l'édition ori-
ginale datée de 1675, édition presque introuvable, qui pourrait résoudre
cette question.
383. LA FONTAINE. Contes et nouvelles en vers. De M. de La
Fontaine. Paris, Claude Barbin, 1669. In- 12; mar. rouge,
fil., dos à petits fers et en mosaïque, tr. dor. {Lortic).
Troisième édition originale. On n'en rencontre pour ainsi dire pas
d'exemplaires avec le nom de Barbin, carie Manuel n'en signale point. Celui-
ci est un des rares où le conte de la Servante justifiée est terminé (p. 119)
par deux vers obscènes, imprimés en caractères italiques et qui ne sont pas
de La Fontaine.
Très-bel exemplaire, dans une charmante reliure.
140 BELLES-LETTRES.
384. LA FONTAINE. Contes et nouvelles en vers, De M. de la
Fontaine. Paris^ Claude Barbin^ 1673. Pet. in- 12, de88ff.;
mar. vert, fil., tr. dor. {Niedrée).
m
Contrefaçon hollandaise de la première partie, ce que Ton reconnidt aisé-
ment à la forme du caractère italique de la préface. Elle est fort rare et n'est
pas indiquée au Manuel,
385. LA FONTAINE. Nov veaux Contes de Monsievr de la
Fontaine. MonSy Gaspar Migeoriy 1674. Pet. in-8, de 168
pp.; mar. rouge, fil., doublé de mar. vert avec uneiriche
dent., tr. dor. (Smeers).
Édition originale de la quatrième partie des Contes, laquelle, ayant été
interdite, dut paraître secrètement. On présume que Mons, désigné comme
lieu de l'impression, n'est qu'une supercherie et que le livre est sorti des
presses d'un imprimeur de province, de Rouen, peut-être.
Très-bel exemplaire.
386. LA FONTAINE. Contes et nouvelles en vers. De Monsieur
de la Fontaine. Nouvelle Édition enrichie de Tailles-Douces.
Amsterdam y Henri Deshordes ^ 1 68 5. 2 t. en i vol. in- 12, gra-
vures à Teau-forte de Romain de Hooge; mar. rouge, fil.,
tr. dor, {rel. angL).
Les épreuves de cet exemplaire sont très-belles et de premier tirage. Il
est du reste en tout conforme à la description minutieuse donnée au Jtfomie/
de la première des trois éditions sous cette date. H. : 0,163.
387. LA FONTAINE. Contes et nouvelles en vers, par M: de La
Fontaine. Amsterdam [Paris ^ Barboii)^ 1762. 2 vol. in-8,
fig., mar. vert, fil., dent., doublé de tabis, tr. dor. [De-
rome).
Édition dite des Fermiers généraux, ornée de fig. d'Eisen et des culs-de-
lampe de Choffart. Admirable exemplaire, avec témoins, et contenant des
épreuves d'une beauté rare. Le Cas de conscience et le Biahle de Papeflguières
sont doubles, en états différents , couverts et découverts. On y trouve en
outre trois figures un peu libres et qui, comme telles, avaient été refusées par
les fermiers généraux; ce sont : une seconde gravure pour la Servante justi-
fiée^ une seconde gravure pour Richard Minutolo, enfin une autre pour le
Tableau,
Le portrait de Choffart est à fond blanc et de premier tirage.
Plusieurs portraits de La Fontaine ont été ajoutés : !<> deux portraits
différents par Aug. de Saint-Aubin ; 2o une charmante épreuve du portrait
gravé par Ficquet, avec le ruisseau blanc; 3» le portrait dessiné par Marilller,
avant la lettre; 4» deux petits portraits fort rares, gravés d'après H. Rigaud,
POÈTES FRANÇAIS. Ul
Tun par J.-6.-M. Dupréel, Tautre par G.-S. Gaucher; ils sont tirés sur la
même feuille.
La reliure, avec Tadresse de Derome le jeune, est celle avec lyre et tro-
phée que les fermiers généraux faisaient exécuter pour leurs exemplaires
particuliers.
Exemplaire de Renouard, avec sa signature.
388. LA FONTAINE. Contes et Nouvelles en vers par Jean de
la Fontaine. Paris , de Cimprim. de P. Didot l' aine ,l' an IIP
de la république^ ^19^* ^ vol., in-12; mar. rouge, fil. à
compart., tr. dor. (ilJolet).
Magnifique exemplaire en grand papier, auquel on a ajouté les culs-de-
lampe de Choffart tirés à part et quelques-unes des figures originales de l'é-
dition des Fermiers généraux^ ainsi que d'autres qui n'en sont que des copies.
389. (DORAT, Cl.-J.) Les Baisers, précédés du riiois de mai,
poème. A la Haye^ et se trompe à Paris chez Lambert^ etc.,
1770. Gr. in-8, fig.; mar. rouge, large dentelle à Toiseau,
dite Ponipadourj tr. dor. (Lortic).
Superbe exemplaire en grand papier de ce poëme, orné de charmantes vi-
gnettes et de culs-de-lampe d'après Eisen. Le titre est en rouge et noir; les
épreuves, de premier tirage, sont d'une beauté exceptionnelle.
390. (DORAT, Cl.-J.) Fables nouvelles. La Ha/e, et se trouve à
Parisy chez Delalain^ ^11^^ ^ tomes en i vol. in-8, mar.
vert, fil., tr. dor. (re/. angL).
Un des chefs-d'œuvre de Marillier : deux frontispices , vignettes et culs-
de-lampe.
Exemplaire en papier de Hollande, avec de fort belles épreuves.
391. Le Parnasse satyrique du sieur Théophile. M. DC. LX.
(1660). Pet. in-12; mar. rouge, fil. à compart., doublé de
mar. rouge avec dent., tr. dor. (Thbuveniri) ,
Jolie édition, en lettres rondes, et la plus recherchée.
Charmant exemplaire de Gigongne et de M»"^ le duc d'Aumale.
392. Le Cabinet salyrique ou recveil |)arfait des vers piquans et
gaillards de ce temps. Tiré des secrels cabinets des Sieurs de
Sigognes, Régnier, Motin, lierthelot, Maynard... Dernière
édition, reueuë, corrigée, et de beaucoup augmentée.
M, DC. LXyi (1666). 5. /. [Amsterdam^ D. Elzevier, à la
Sphère). 2 vol. pet.-in-i2 ; mar. rouge, fil. à compart., dou-
blé de mar. rouge, dent., tr. dor. (Thouvenin).
Très-bel exemplaire (H. : 0, 129), provenant des mômes collections que le
précédent, et couvert d'une reliure identique.
U2 BELLES-LETTRES.
393. Les Poésies facétieuses par les beaux esprits de ce temps.
S. L (Hollande), 16G8. Pet. in-12, de gS pp.; mar. bleu,
dos et coins ornés, tr. dor. {Trautz-Bauzonnet).
Première édition. Recueil de poésies libres et satiriques qui se joint à
la collection elzévirienne. Il est devenu fort rare.
Très-bel exemplaire.
394. SAINCTONGE. Poésies galantes de Madame de Sainctonge.
Paris^ Jean Guignard^ 1696. In- 12, de [\i{. prél., 300 pp.
et 4 ff-; mar. bleu, fil., tr. dor. {Cape).
En tête du volume se trouve une épître dédicatoire en vers adressée à son
Altesse royale Madame et signée GiUot de Sainctonge. M. Brunet ne cite pas
ces poésies, et les grandes biographies ne parlent pas de cette dame.
Charmant exemplaire.
395. GUEDRON et BOESSET. Airs de cour, à quatre et cinq
parties, par P. Guedron. Paris, Pierre Ballardj 1608, 1613,
1617, ^^ï8, 1620, 5 parties. — Airs de cour, à quatre et
cinq parties, par Anthoine Boesset. y4 Paris^ par Pierre Bal-
lard^ 1617, 1620, 1621, 1624, 1628, 5 part. — Ensemble
10 part, en i vol. in-8 obi.; mar. olive; fil., Ir. dor. {anc.
rel.).
Exemplaire de dédicace au roi LOUIS XIII, parsemé de son ch^fire cou-
ronné et de fleurs de lis. A la un , il contient une série de chansons ma-
nuscrites, parmi lesquelles il y en a deux autographes du roi lui-même.
a Ce recueil d'airs de cour n'aurait pas appartenu au roi Louis XIII , qa*il
serait encore bien rare et bien ])récieux, car tous les livrets de musique de
chambre que les Ballard publiaient seuls à cette époque, en vertu d'un pri-
vilège du roi, étaient bientôt gâtés et détruits par l'usage, et ne sarvindent
guère à la génération qui les avait vus naître ; de même que les livres de
chasse, de cuisine, de jardinage et de prédictions. Mais ce recueil, outre son
incontestable mérite de rareté et de curiosité, est en quelque sorte un mo-
nument historique, une relique de la vie privée de Louis XIII. Tallemant
des Réaux (édition de M. Paulin Paris, t. II, p. 246) a placé ce roi dans
la confrérie des musiciens : « Il composait en musique et ne s'y connaissait
ce pas mal. » Nous sommes donc fondés à lui attribuer les vers et la mnsiqpie
de deux chansons qu'il a écrites et notées de sa propre main à la fin du re-
cueil, l'une sur l'éloignement d'une dame qu'il ne nomme pas, Tautre sur
le départ à'Amarillxs. Cette Amarillis pourrait bien être madame de Haute-
fort, dont il s'était fait le chaste adorateur. Voici deux couplets de cette tou-
chante chanson d'amour :
Quels lauriers pui-je prétendre
Dans l'amertume ou je vy?
POETES ITALIENS ET ESPAGNOLS. 143
Sans cœur, que pui-je entreprendre ?
Hélas ! tu me Tas ravy.
Ah ! qu^il me vaudroit bien mieux
N'avoir point re?eu tes yeux !
Dans quel goufre de tristesse
Mes jours sont ensevelis !
Las 1 malgré moy je te laisse,
Tu le vois, Amariliis,
Et ne sçais l'arrest des cieux
Qui m'eslongne de ses yeux.
ce II y a plusieurs autres airs manuscrits qui sont certainement de ceux
que le roi aimait à chanter lui-même en basse-contre, mais qui ont été co-
piés par une autre main, peut-être celle de Moulinié, le compositeur favori
du roi, qui semble avoir mis son paraphe sur la dédicace du premier fasci-
cule. N'oublions pas d'indiquer dans ce fascicule la fameuse chanson du Pe-
tit pon, que Louis XIII entonnait de si gaillarde humeur quand il était dans
' ses bonnes. On voit cela et bien d'autres choses dans le Journal de son mé-
decin ordinaire, Hérouard. Peut-être y découvrira- 1- on quelque passage re-
latif à ce recueil d'airs de cour, formé et relié exprès pour Louis XIII, qui
Ta tenu plus d'une fois entre ses mains royales dans les concerts intimes
que dirigeait Antoine Boesset, l'intendant de la musique de la chambre du
roi et de la reine. » (Note de M. Paul Lacroix, jointe au volume,)
396. LA BOBDE (J.-B. de). Choix de chansons, mises en mu-
sique par M. de la Borde, premier valet de chambre ordi-
naire du roi, gouverneur du Louvre, ornées d'estampes par
J. M. Moreau (Le Bouteux, Le Barbier et Saint-Quentin).
Paris^ chez de Lormel^ ^11^- 4 L en 2 vol. gr. in-8, fig.;
mar. rouge, fil., tr. dor. [anc, reL).
Très-bel exemplaire, sans le portrait de l'auteur qu'on ajoute quelquefois,
mais qui ne fait pas partie de l'ouvrage.
3. Poètes italiens et espagnols.
397. DANTE. Credo che Dante fece quando fu acusalo per he-
retico allô Inquisitore esso lui a Bauenna. S. L n. d, ln-4,
de 4 ff-> caract. demi-gothique; mar. citron, fil., ornem.
. sur les plais, tr. dor. [Bedford) .
Édition du XV® siècle, de toute rareté.
Exemplaire Libri, le seul cité au ManueL
398. DANTE. Comincia la comedia di dan te alleghieri di firenze
nella qle tracla délie pêne et punicioni de uicii et demeriti
et premii délie uirtu. S. L (Foligno), /. Numeistery i[\^i.
144 BELLES-LETTRES.
Pet. in-fol.y de ^48 fT. non ch., sans aucun f. blanc; mar.
vert, fil.
Il est reconnu aujourd'hui que c*est la plus ancienne édition connue de
la Divine Comédie, Le texte, sans être irréprochable , oiïre de bonnes le-
çons. Elle est fort rare. (Voir Brunet.)
Ce qui rend précieux cet exemplaire, c'est qu'il est couvert de notes ma-
nuscrites de Lucca PULCI, célèbre poôte italien du XV' siècle.
399. DANTE. Qui comïcia la vila e costumi dello excellête Poe-
ta vulgare Dante aligliieri di Firenze... (A la fin des sonnets :)
De Spiera uendelinfu il stampatore || ciel mille quattrocento e
settantasetti (1477)... Gr. in-fol., gotli., de 874 ff.; mar.
citron, fil. à froid, tr. dor. [Dura).
Magnifique exemplaire d'une édition rare, accompagnée d'un commen-
taire attribué à Benvenuto da Imola, et précédée d'une biographie du poète
par Boccace. Pour la correction du texte, elle est supérieure à toutes les
éditions précédentes.
400. DANTE. (La Divina Commedia.) Comento dî Christophoro
Landino Fiorentino sopra la comedia di Danthe Alighieri
poeta Fiorentino. (A la fin :) Pinedel comento,.. impresso in
Firenze per Nicholo di Lorenzo délia Magna a di. XXX. da--
gosto. M. CCCC. LXXXI{i[\9^i). Gr. in-fol., fig.; mar. vert
foncé, compart. en or et à froid, tr. dor. [Lortic).
Édition rare et très-recherchée, d'abord parce que c'est la première du
commentaire de Landino, mais surtout parce qu'on y trouve assez souvent
des gravures en taille-douce attribuées à Baccio Baldini, qui les aurait exé-
cutées d'après les dessins de Sandro Botticelli. Ces gravures sont rangées
parmi les pièces rares et précieuses pour Torigine de la gravure en creux.
Le présent exemplaire, presque à toutes marges et fort bien conservé,
sauf qq. race, contient deux de ces gravures; ceux qui en ont plus de deux
sont extrêmement rares.
Il a aussi le f. blanc, qui manque presque toujours.
401. DANTE. Les terze rime di Dante. (A la fin :) Fenetiis^ in
sedib. Aldi, accvratissime. Men. A\^g. M. DU. (i5o2). Pet.
in-8; mar. rouge, fil. à froid, fleurons, tr. dor. [Hardj^.
Première édition donnée par Aide, et aussi la première qui ait été pu-
bliée dans ce format. Elle est rare, recherchée, et on en trouve difficilement
des exemplaires bien complets comme celui-ci. IL: 0,150.
402. PETRARCA. Le Cose volgari di messer Francesco Petrar-
clia. (A la fin :) Impresso in Vinegia nelle case d'Aide Ro^
mano, nel annoM.Dl. del mese di Luglio et totto cori^ommis-
sima diligenza dallo scritto di\mano medesimo del Poeta,
POÈTES ITALIENS ET ESPAGNOLS. 145
hauiUo da M. Piero Bembo nobile venetiano e daxlui doue
BisoGNOE sTATo RiUEDUTO ET RAccoNOSciUTo. Pct. in-8; mar.
rouge, comp.y tr. dor. {rel. ital. duXFP s.).
Première édition aldine. « Ce qui, indépendamment de sa rareté, lui
<( conservera toujours du prix, dit M. Brunet, c'est qu'elle a été donnée par
ce Pierre Bembo d'après un manuscrit autographe de Pétrarque et que l'é-
cc diteur, ainsi que l'imprimeur, ont apporté tout leur soin pour la rendre
« entièrement conforme à Toriginal. » Le dernier cahier, dépourvu ici d'un
des feuillets blancs annoncés au Manuel, n'aura été publié qu'après l'ouvrage
et manque très-souvent.
Précieux exemplaire sur vélin, provenant du marquis Terzi de Bergame ,
et vendu 3350 fr. (plus 5 OiO) à Paris , en mars 1861, quoiqu'il ne porte que
160 mill. La souscription contient le passage nobile venetiano,,,. racconos-
ciuto , qui paraît avoir été supprimé pendant le tirage.
La reUure de ce volume, dont le style ressemble , mais avec plus de sim-
plicité , à celui des reliures de Grolier, a probablement été exécutée dans
l'atelier qu'Aide avait établi chez lui.
403. BOCCACCIO. Comincia el nimphale fieso||lano damore
composto per || lo excellente hvomo mes||ser Giovanni Boc-
cacci poe||ta fiorentino nel qvale |J si contiene lo inamora-
men||to dafrico et dimensola[} e i loro accidenti et morte.
S. L n. d. In-4, de 8o ff. non ch., à 3 octaves par page, sans
ch., réel, nisign.; mar. rouge, fil. à froid, comp., tr. dor.
{Hardjr).
Édition du xv® siècle, non indiquée au Manuel , et excessivement rare.
Exemplaire de toute beauté.
404. ARIOSTO. Orlando fvrioso di Mèsser Lvdovico Ariosto
con la noua giunta... M. D. XXXVIIII (iSSg). (A la fin :)
Finisse Orlando furioso Stampato in Fenegia per Au-
gustino di Bindoni. Nelli anni del signore. M, D, XXXIX.
In-8, goth.; cuir de Russie fauve, fil., tr. dor. {rel, angL).
Édition de toute rareté. D'après le catalogue Dunn Gardener (n® 30, vendu
470 fr.), on n'en connaîtrait qu'un seul exemplaire complet, appartenant à
M. Melzi, de Milan. Celui-ci est superbe, avec témoins, et bien complet, car il
a les 2 ff . pour les portraits gravés d'après le Titien et un f. contenant la table
et les annotations.
405. Trabisonda Historiata ne laquale si contiene Nobilissime
battaglie con la vita e morte deRinaldo. (A la fin :)... Im-
pressa in Venetia. Nel M cccccxi (i5i i)adixxv de Otubrio,
In-4> à 2 col., lettres rondes, fig. s. bois; mar. ronge, comp.
à fr., Ir. dor. {Hardf).
Édition excessivement rare. Bel exemplaire, avec témoins.
10
146 BELLES- LETTRES.
406. El libro chiamato Trabisonda : Nel quai se traita de la
vila et morte de Rinaldo. (A. la fin :)... Stampato in Fine-
gia per Aloise Torti.., i535. In-4 ; "lar. rouge, fil., tr. dor.
{anc. reL),
Édition rare. Bel exemplaire.
407. ALAMANNI (Luigi). Gyrone il Corlese. Stampato in Parigi
da Rinaldo Calderio et Claudio sux)figluolo. (A la fin :) Stam-
pato in Parigi, VAnno i548. ln-4 ; tï\diV. La Vallîère, fil. à
froid, ornem. sur les plats, tr. dor. {Cape).
Seule édition imprimée sous les yeux de Fauteur. Beau frontispice gravé
sur bois. Magnifique exemplaire , grand de marges.
408. SANNAZARO. Arcadia del Sannazaro MDXXXIIII.. (A la
fin :) Impresso in Vinegia nelie case delli heredi d ^Aldo Ho-
mano, et Andréa Socero, i534. In-8; veau fauve, dos fleur-
delisé et dauphin couronné sur les plats, tr. dor. (reL du
XVI's.).
Exemplaire du Dauphin, depuis HENRI IL
409. BOSCAN. Las Obras de Boscan y algvnas de Garcilasso de
la Vega reparlidas en qvatro libros. (A la fin : ) Actxharon
se de imprimir, ., : en Barcelona en la officina de Garles Anw-
rosy i543. In-4; niar. brun, riches compart. à fix>id, tr.
dor. {Hagué).
La plus ancienne édition connue de ces poésies célèbres et fort rare.
Magnifique exemplaire,. très-grand de marges. La reliure a été faite à l'imi-
tation de Tancienne qui recouvrait ce volume.
IV. THÉÂTRE.
I . Théâtre grec et latin,
410. Tragœdise seleclse i^chyli, Sophoclis, Euripidis, cum. du-
plici interpretatione latina una ad verbum, altéra carminé.
[Gênerai) i567, excud. Henr, Stephanus. n vol. in-i6; mar.
rouge, fil., tr. dor. [anc, reL),
Très-bel exemplaire aux armes de de Thou. Il provient de labibl. de R.
Heber et de J.-Ch. Brunet.
4H. .'ESCHYLI tragœdiœ sex (en grec). (A la fin:) Feneiiis, in
œdibi^s Aldi et Andreœ soceri^ i5i8. ln-8; mar. rouge,
fil. , tr. dor. {anc, reL). •
Première édition. Très-bel exemplaire.
' «
THEATRE GREC ET LATIN. 147
412. SOPHOCLISlragœdiaeseptem... (en grec-). (A la fin:) Ve-
netiis, in Aid i Romani Academia^ i5o2. In-8; mar. brun,
fil., tr. dor. {Clarke et Bedford),
Première édition , rare et estimée. C'est le premier Lvre avec la sous-
cription au nom de V Académie aldine.
Très-bel exemplaire, grand de marges (H. : 0,161 ).
413. SOPHOCLE. Tragédie de Sophocles intitulée Electra....
traduicte du grec... en rythme francoyse (par Lazare de
Baïf)... Imprimée a Paris pour Estiene Roffetj iSS^. ln-8;
mar. vert, fil., tr. dor. (Bauzonnet-Trautz).
Bel exemplaire de cette pièce précieuse et rare.
414. (EURIPIDES. Medea, Hïppolytus, Alcestiset Andromache,
graece , cura lo. Lascaris. Florentiœ^ per Laurentium de Alo-
pa.) S. d. (vers 1496). In-4; mar. La Vallière, comp. a
fi'oid , tr. dor. (Cape).
Édition princepSy très-rare, imprimée en lettres capitales grecques. Elle
ne contient que les quatre tragédies qu'on connaissait à cette époque.
Magnifique exemplaire , avec témoins.
415. EVRIPIDIS tragœdiae septendecim, ex quib. quaedam
habent commentaria... (A la fin :) Fenetiis^ ap^^d Aldi^m
mense febn^ario, M. D. III. (i5o4 n. style). 2 tom. en i
vol. in-8; mar. rouge, fil. à compart., ancre aldine sur les
plats, tr. dor. (rel. angL).
Cette édition peut être considérée comme la première complète de ce
poète. Le titre n'annonce que dix-âept tragédies; la dix-huitième, V Hercule
furieux^ découverte pendant l'impression du second volume, a été ajoutée à
la fin.
Très-bel exemplaire.
416. EURIPIDIS tragœdiae XIX. Accedit nunc recens vigesimae,
cui Danae nomen, initium, e vetustis Bibliothecae Palatinae
membranis, graece et latine. Latinam interpretationem
M. y£milius Portus.... correxit et expolivit Carminum
ratio ex Gui. Cantero diligenter observata, additis ejusdem
in totum Euripidem noiis. Heidelbergœ^ typ^^ Hieronymi
Commelinij 1597. 2 vol. in-8; mar. rouge, comp., tr. dor.
Belle reliure du commencement du XYII^ siècle, à riches compartiments
d'une finesse d'exécution remarquable. Exemplaire de M. Brunet.
417. EURIPIDE. La Tragédie d'Euripide nommée Hecuba, tra-
duicte de Grec en rhythme Françoise (par Lazare de Baïf).
148 BELLES-LETTRES.
Dediee au Roy. Paris, Rob. Es tienne, i544* l^'^i DMr.
rouge, orn. à froid, tr. dor. {Bauzonnet-Trautz).
Édition ori^nale. « Depuis la t âge 77 jusqu'à la p. 104, se trouTent dii-
a férents morceaux de poésie : La fable de Caunus et Byblis suivant Ovide ,
« Siloe de Silvanius, etc., et à la fin la devise de Baîf : Rerum vices. (Bru-
net). »
Très-bel exemplaire.
418. EURIPIDE. Llphigene (sic) d'Euripide poète tragiq. :
tourne de grec en François par l'Auteur de l'art poétique
(Thomas Sibilet). Paris , Gilles Corrozet^ i55p. In-8} mar.
rouge jans., tr. dor. (Bauzonnet-Trautz).
Exemplaire très-beau et très-grand de marges.
419. ARISTOPHANIS Comoediae novein (en grec). (A la fin :)
Venetiis apuclAldum, M. IID. (1498). In-fol. ; cuir de Russie,
fil. à compart., tr. dor.
Première et très-rare édition. Les scolies qui accompagnent ces neuf co-
médies ont été recueillies par Marc Musurus, qui a fait insérer aussi en
tète du volume une préface enthousiaste, écrite dans un style trë&-coloré.
Elle a été traduite en français pour la première fois par M. Didot, dans son-
xUde Manuce (pp. 107-110).
420. PLAVTI Comœdiae. (A la fin :) Plautinç viginti Comœ-
die : lingue Latine delicie : magna ex parte emendatç
per Georgiuni Alexandrinum... Impresse faere opéra et
impendio loannis de Colonia Agripinensi : atqz Finaelini de
Spira. Venetiis. M. CCCC , LXXII, (1472). In-fol.; mar.
rouge, fil. à compart., milieu, Ir. dor. {^Hardjr),
Édition princqos, fort rai'e.
Très-bel exemplaire. Le recto du f. 5, par lequel commence le texte, est en-
touré d'une charmante bordure peinte en or et en couleurs, où figurent des oi-
seaux, des fleurs, etc. La banderole placée au bas d'une couronne de lau-
rier, dont le milieu a été laissé en blanc pour un blason , porte la devise :
Franche,
421. TERENTII (Pub.) Comœdiœ sex, ex recensione Heinsiana.
Lugduni'Bata\^oruni^ ex off, Elzci^iriana^ i635. Pet. in-12,
litre gravé; mar. rouge, comp., tr. dor. {anc. reL^.
Bel exemplaire de la bonne édition aux armes du cardinal de RICHE-
LIEU. Le dos a été refait. On a ajouté à Tintérieur une doublure en maro-
quin. De la coll. Brunet.
422. TERENCE. Les six comédies de Terence^ tresexcellent
THÉÂTRE FRANÇAIS. 149
poète comique, mises en francoys, avec le latin correspon-
dant Tvn a Tautre , en faneur des ieunes enfans désireux de
la pureté et intelligence de la langue Latine (par J. Bourlier).
Paris j pour Michel ClopeiaUy 1567. (A la fin :) A Paris ,
par Fleury Preuostj le vingtiesme iour de MarSj 1 667 . In- 1 6 ;
mar. bleu, fil. à fr., tr. dor. (Cape),
Charmant exemplaire.
423. SENECA. Scenecae (sic) Tragoedîae. (A la fin :) Venetiis in
œdihus Aldi et Andrese Soceri mense oclohri i^i'j, In-8 ; veau
noir, orn. à fi'oid, tr. dor. et cis.
Première édition aldine, due aux soins de Girolamo Avanzio.
Exemplaire dans sa première reliure , faite au XVIo siècle. De la coll. H.
Bordes.
2. Théâtre français.
A. Depuis l'origine jusqu'au milieu du XVI* siècle.
424. Le très excellent f sainct mysj tere du vieil testament par
personnages, auquel sont con|jtenus les hystoires de la Bible.
Reueu et corrige|| de nouueau et imprime auecques les
figu[res pour plus facille inlelligence|| nouuellement imprime
||a Paris. Lan mil cinq cens quarante ^Deux. On les vend a
Paris au palais... par Vincent Serlenas. (A la fin :)... Nou-
uellement imprime a Paris par lehan Real. Lan mil cinq cenz
quarante et deux (1642). In-fol., goth., à 2 col., fig. s. bois;
mar. rouge, fil., tr. dor. [anc, reL).
Édition fort rare. Exemplaire défectueux et complété à l'aide de i4 ff.
écrits en fac-similé par Fyot. Il provient des coll. Dufay et Soleinne.
425. Le sacrifice de A[|braham a huyt personnaiges, cest as|sa-
uoir Dieu, miséricorde, Ra||phael, Abraliâ, Sarra, Isaac, |ls-
mael f Eliezer. Nou||uellement corrige|| et augmente et ioue
deuâl|| le Roy|| en Ihoslel de Flandres a Paris, et despuis
a||Lyon. Lan Mil. D. xxxix. S, /. n. d. (Lyon^ iS'ig). Pet.
in-8, goth., de 44 ^^m %• sur le tilre; mar. rouge, fil., tr.
dor. (Bauzonnet).
Fac-similé d'une édition de la plus grande rareté, exécuté par M. A. Vei-
nant , avec une exactitude et une perfection surprenantes.
Exemplaire Desq.
426. MILLET. (La Destruction de Troye la grant.) (A la fin :)
im BELLES-LETTRES.
Çy finist listoire de la destruction de trojre la grarU mise par
personnai^es par maistre iacques miletlicecU en loixElimpri-
mee a paris le huytiesme iour de may par lehan driart Impri-
meur demourant a la rue saint Jacques a lenseigne de trois
pucelles. Lan mil quatrecens quatre vingt z^ dix huyt (1498).
Pet. in-fol., goth. à 2 col. de 4o lig., de 220 ff., fig. s. bois;
mar. violet, compart. en mosaïque, tr. dor. [Thoux^enin) .
Édition de toute rareté. Un dernier f. (221) qui ne contient que le chiffre
de Vérard , et qu'on ne trouve que dans quelques exemplaires , car il parait
avoir été ajouté après coup, ne figure pas dans celui-ci. Les gravures sur bois
sont très-remarquables et peu connues.
Magnifique exemplaire, provenant des doubles de la Bibl. nationale et en
dernier lieu de la coll. Soleinne.
427. MILLET. Sensuyt la de||structio de trojlyela grâtpar|{ pson-
nages faî||cte Par les Grecs auec les || nierueilleux faitz du
preux Hector de Troye filz || du grant Roy Priam... j(A la
fin : ) Cy finist Ihystoire de la destruction de Troye la grant
mise par personnaiges par maislre laques millet licecie en loix
^ imprimée nouuellemet a paris lan mil cinq ces xx\^i (1626)
le xxii iour de mars. In-4, goth., à 2 col., fig. s. bois; mar.
vert, fil. à froid [Petit),
Édition très-rare. Exemplaire un peu court de marges, mais très-pur. Qq.
race, au dernier f.
428. Le mistere de la concep|llion Natiuite Mariage. Et annon-
* cia=||lion de la benoisle vierge marie. Auec la natiui||te de le-
suchrist et son enfance. Contenant plusi||eurs belles malie-
res : dont les noms sont en la ||table de ce présent liure. Im-
prime nouuellemêl|| a Paris, xx. c. (A la fin :) Cy finist le
mistere de la conception... Imprime nouuellement a Paris par
Alain lotrian et Denis lanot. Demourans en la rue neufue
nostre Dame a lenseigne de Lescu de France. S. d. (vers
i53o). Pet. in-fol., golh.,à 2 col., fig. s. bois; mar. bleu,
fil., doublé de mar. bleu à large dent., tr. dor. [Derome).
Édition fort rare. Exemplaire de Gaignat, de Morel de Vindé et d'Yeme-
niz. Le texte avait été anciennement découpé, entouré de cadres en rouge
et noir, et monté sur des feuillets encadrés de cartouches. Riche reliure.
429. Le mistere de la co||ception : natiuite : || mariage et annû-
cialion de la benoisle vierge ma||rie. Auec la natiute de le-
suchrist et son enfance... i547. On les vend a paris en la
rue neufue nostre Dame a lenseigne sainct Nicolas par Pierre
sergent. (A la fin :) Cy finist le mistere ^ etc. Pet. in-4> goth.,
THÉÂTRE FRANÇAIS. iBi
à !2Col.y fig. sur bois; mari La Yallière, fil. à froid, fleurons
et milieu, tr. dor. [Traut z- Bauzonnet) .
Très-bel exemplaire, avec témoins. De la coll. Solar.
430. (La passion denostresaul|{ueur lesuchristauecles addicions
elcor| rectionsfaictes par treseloquent et scientifique doc |teur
maistre Jehan Michel, lequel mystère fust||ioue a angiers moult
triumphamment et ||sumptueusement en lan||mil quatre cens
qua=||tre vinglz et six|| en la fin daoust. On les vend a paris^
Chez Jeliandriard imprimeur demourarU en la rué^ Sainct iac-
ques a lenseigne des troys pucelles^ lan mil quatre cens quatre
vingtz et dix.) (Au v** du aernier f. :) Cjrfinist le mystère de la
passiô,,. imprime a paris le septiesme iour de may par iehan
driard imprimeur aemouràt a la rue Saint iacques a lensei-
gne des trois pucelles lan mil quatre ces quatre vingtz et diXj
(1490). In-fol., golh., à 2 col., de 2Z0 ff.; mar. rouge, fîl.,
dent., tr. dor. [aux armes de Roxburghe).
Le titre , le f. ci et les 2 derniers ff. sont manuscrits. C*est l'exemplaire
même qui a soulevé une grosse question en bibliographie au sujet de la plus
ancienne édition de ce Mystère. Cette question a été parfaitement élucidée
par M. Brunet. De Bure, sur la foi de la souscription manuscrite de cet
exemplaire, a cru à Texistence d'une édition de Driart de 1486. Or il est
prouvé que la présente édition est la même que celle dont le seul exemplaire
complet que l'on connaisse est aujourd'hui à la Bibliothèque nationale : édition
qui ne porte point de souscription et dont le titre, imprimé en deux lignes, est
ainsi conçu : Le mistere de la passionûsucrist iouee a Angiers. On aurait d'ail-
leurs pu remarquer que les caractères difTèrent complètement de ceux qui
ont été employés par Driart. Il faut cependant croire qu'il a dû exister une
édition de Driart non pas de 1486 , mais bien de 1490, édition dont on aurait
copié la souscription pour le présent exemplaire, car, détail à noter, le mot
dix, au titre et dans la souscription , a été surchargé postérieurement et
transformé en six (i486), sans doute pour être d'accord avec la date de la re-
présentation de ce mystère à Angers (fin d'août 1486). En tout cas cette édi-
tion doit être antérieure à 1490.
Cet exemplaire, précieux malgré ses imperfections, provient du duc de
La Vallière, de Gaignat et d'Heber.
431. Cest le mistere de la passion Iesu{|christ iouee a paris et
angiers. (A la fin : ) Fin du mistere de la passion nostre seig'
iesuchrist. loue a paris derrenierement cest an. mil quatre
cens quatre vingtz f dix imprimée pour Ânthoine verard li-
braire,.. S. 1. n. d. (avant i49o)« In-fol., goth., à n col.,
de 104 (et non io3) ff. pour la première, et de io4 ff.
pour la seconde journée ; mar. viol., riches comp. à petits
fers , tr. dor. {Kœhler).
452 BELLES-LETTRES.
Édition fort rare. M. Brunet avait fait la description de ce beau livre d'a-
près un exemplaire défectueux du f. blanc qui termine le dernier cahier de
la première partie. Celui-ci , très-pur (sauf qq. légères restaurations), très-
grand de marges, et orné de charmantes initiales peintes en or et en cou-
leurs , provient de la bibl. de M^** le duc d'Aumale ; c'est probablement le
môme que celui du prince d'Essling.
432. Sensuyt le mistere || de la passio nostre || seignr Jhesucrist [|
nouuellemêt corrigée Auec les adiciôs faictes || p treseloquêt
et scîentifiq docteur M. iehan ini||cbel. Leql mistere fut ioue
a angiers môlt triuplialement et dernièrement a Paris. 1. c.
(A la fin '.yk Ibôneur de dieu . . . Nouuellemêt imprimée a paris
par la vefue jeu ieha trepperel. Demeurant en la rue neufue
nfe dame a lenseigne delescude frace. S. d. (vers i Sai). ln-4>
goth., de cclxiii ff. chif. et i f. n. ch,, fig. s. bois; mar.
\ert, riches comp., tr. dor. {Lortic).
Édition fort rare et différente de celles citées au Manuel avec nom de
la veuve Trepperel. Le dernier f. n'est pas coté , et la pagination saute
de 89 à 100, de sorte que le volume n'a en réalité que 254 ff.
Raccommodages, et deux marges rapportées au dernier f.
433. La Résurrection de nostre seigneur lesuchrisl par per-
sonnages. Cornent il sapparut a ses apostres x a plusieurs
autres || et comment il monta es cieulx le iour de son Ascen-
* tion Nouuellement imprimée a Paris. XIII. (au-dessous une
grav. s. b. représ, la Résurrection). (Au v" de lav. -dernier
f. :) Cy fine le mistere de la résurrection de nostre seigneur
lesuchrist. Nouvellemet imprimée a Paris par Alain lotrian.
Demourant en la rue neufue nostre Dame a lenseigne de lescu
de France. S. d. In-4> go^h-? à 2 col., de li ff. chiff., plus
I f. (table ; au v** la grande marque de Timprimeur) ; veau
antique, comp. en or et en couleurs, tr. dor. {Hague).
Édition très-rare, exécutée avant 1539. Elle ne diffère de deux autres du
même imprimeur, décrites par M. Brunet , qu^en cela que le nombre de
cahiers y est porté à 13, tandis que dans celles-ci il n'est que de il.
Bel exemplaire, avec témoins. Les 7 derniers ff. ont été refaits avec une
rare perfection.
434. La vêgeanljce et destru[|ction de Hierusa||lem par per-
sonnaiges|| Exécutée par vaspasien et son filz Titus... Im-
primée dernièrement a Paris. idSq. On les vend a Paris en
la rue neufue nostre Dame a lenseigne de lescu de France ,
par Alain Lotrian. In-4> goth., à 2 col.; mar. violet foncé,
fil. à comp., tr. dor. {Fogel).
THÉÂTRE FRANÇAIS. 153
La composition de ce mystère est attribuée tantôt à P. Blanchet, tantôt à
Jean Michel.
Édition rare. Exemplaire un peu court en tête , mais avec témoins dans
le bas.
435. (GRESBAN, Arnoul et Simon.) Le premier [et le second]
volume du triom||phant Mystère des Actes des A postres trans-
late fidèlement a la ve|jrite hisloriale, escripte par Sainct
Luca Théophile. Et illustre || des légendes autenticques et
\ies de Sainctz Receues par leglise tout ordonne par per-
sonnages. (Au V* de Tav. -dernier f. du t. II : ) Cy fine le
neiifuiesme et dernier Hure des Actes des ^postres Nouuelle-
ment Imprimez a Paris pour Guillaume alabat bourgeoys et
marchant de la ville de Bourges par Nicolas couteau impri-
meur demourant a Paris et furent acheuez le, xsf^, iour de
Mars lan de grâce Mil cinq cens xxxm, (iSS^) auant Pas-
ques. 2 part, en i vol. in-fol., goth., à 2 col., fig. s. bois;
veau brun, riches compart. à froid, argent, et dor., avec
une plaque historiée dorée d'un côlé et argentée de l'autre,
tr. dor. (anc. reL).
Première édition connue. Précieux exemplaire qui contient, à la fin de
la première partie, les quatre ff. imprimés en plus petits caractères que ceux
du volume et qui manquent à tous les autres exemplaires connus. Il y a de
plus, à la fin de la deuxième partie , un feuillet contenant un rondeau. Le
volume est d'une conservation irréprochable. ^
La reliure est d'un grand intérêt. Elle porte sur le plat de dessus les ini-
tiales G H, et la date : 1597. Le petit sujet du milieu, frappé en or, représente
une femme debout dans un cercueil et tenant dans la main gauche un sa-
blier. Sur un côté du cercueil, on lit : Eodie unimus , cras monmur. Le sujet
de la plaque du second plat est une Nativité.
436. GRESBAN (A. et S.). Le premier [et le second ] volume
des II Calholicques œuures et Actes des Aposlres rédigez en
escript jj par Sainct Luc... Et les demonstrances ||des figures
de Lapocalipse veues par Sainct || Jehâ zebedee... Le tout
veu et corrige bien jj et deuemêt selon la vraye ve|rile. Et
ioue par personna||ges a Paris en Ihostel || de Flandres Lan
mil cinq cens. xli. (i54i). On les vend en la grand Salle
du Palais par Arnoul et Ch, les Ângeliers frères,., (A la
fin : ) Fin du mistere,,, El fut acheue ledit Hure dimprimer
le, xxm"^. iour de Maj Lan Mil cinq cens, xli, pour Arnoul
z Charles les Angeliers frères , 3 tomes en 2 vol. in-fol., goth.,
a 2 col., fig. s. bois; veau fauve, tr. dor. {anc. rel.).
Édition la plus complète et la plus recherchée.
Très- bel exemplaire aux armes de Le Fevre de Caumartin-Saint-Ange.
Il provient de la bibl. de M^^ le duc d'Aumale.
154 BELLES-LETTRES.
437. Miracle de || Nostre Dame comment elle deliura vne ||
abbesse qui esloit grosse de son clerc. El || est le dict mi-
racle a XIII personaiges... (A la fin :) : Cjrfinist.... Imprime
Noiiuellemet a Paris pour Pierre Sergent libraire demourat
a Paris en la rue neujue nostre dame a [enseigne sainct Ni-
colas, S. d.Pet. in-8, goth.,de 24ff.,sign. A. C, fig. s. bois;
mar. rouge, (r. dor. (Dura).
Fac-similé admirablement exécuté à la plume par Aug. Veinant.
Ce petit volume , qui provient de la coll. Desq, soulève un problème
assez important pour la bibliographie. Ce Miracle n*est connu jusqu'à ce
moment que par le manuscrit unique , conservé à la Bibliothèque nationale
(no 819 et 820 nouv., anc. f. fr.; n» 7208* A ancien), et qui contient une série
de Miracles de Nostre Dame, dont plusieurs ont été publiés de nos jours :
l'ensemble de ces Miracles fait Tobjet d'une publication due aux soins de
MM. ^Gaston Paris, de Tlnstitut, et U. Robert, qui s'imprime actuellement
pour la Société des anciens textes (Paris, 1876-78; in-8, t. I et II). On a tou-
jours cru que le Miracle dont nous avons rapporté le titre n'avait jamais
été imprimé : et en effet on n'en a encore signalé aucune édition. Le présent
fac-similé semblerait prouver qu'il en a existé une. La régularité des lettres ,
leur espacement, ainsi que la disposition typographique en général, font exclure
toute idée de supercherie à cet égard, et portent à croire que ce fac-similé a
réellement été exécuté d'après un original qu'on n'a pas encore retrouvé. En
attendant, ce petit volume devient précieux.
Au titre, se trouve une petite vignette représentant sainte Brigitte à
'genoux, et au verso du dernier f., la marque de Pierre Sergent, trois pe-
tites bordures et l'indication du nombres de feuilles (iij F).
438. Le cry et procla-||malion publicque : pour iouer le mis-
tere des Actes : des Aposlres, en la Ville de Paris: || faict
le leudy seiziesme iour de Décembre [llan mil cinq cens
quarante... Onies vend a Paris,., en la bouticque de Denys
Janol, i54i. in- 8, golli., mar. rouge, fil. à compart., dou-
blé de bas. bleue, dent., fil. à comp., tr. dor. (^Bauzonnet).
Réimpression d'une pièce dont le seul exemplaire connu se trouve à la
Bibliothèque nationale. Elle a été faite à Paris, chez Pinard, en 1830, par les
soins de M. Veinant.
Un des deux exemplaires tirés sur vélin. Il provient des coll. Armand
Bertin, Solar et Desq.
439. La Patience de lob, selon Thistoire de la bible, comme
il perdit lovs ses biens par guerre, et par fortune, et la grande
pauurelé qu'il eusl. Et comme tout luy fut rendu par la
^rî^ce de Dieu. Et est à quarante neuf personnages. XI. Fu.
feuilles], y^ Rouent chez Romain Beauuais près le grand por-
tail nostre Dame, S. d. ln-4, à 2 col., lettres rondes, fig.
sur bois; mar. rouge, fil., tr. dor. {cinc. rel.).
THÉÂTRE FRANÇAIS. 455
Édition fort rare. Sur le titre, une figure sur bois représentant Job, et à la
fin, une autre dont le sujet est S^ Jean à Patmos.
Exemplaire du ducdeLaVallière, puis du baron d'Heiss ; acquis au prix de
420 fr. à la vente Y emeniz.
•
440. Le procès que a || fait Miséricorde contre lustice. pour la
redempliô || humaine Laquel nous dennonstre || le vray mîs-
tere de lanuciation nostre || seigneur ihesucrist (à 24 per-
sonnages). S. L n. d. Pet. in-4, goth., de 4^ fT.; mar. bleu,
fil., doublé de tabis, tr. dor. [Rozeriati).
Copie figurée sur vélin, par Fyot, d'après le seul exemplaire connu. De
la bibl. de Soleinne.
441. (ANEAU, Barth.) Chant Natal, contenant sept noelz, ung
chant Pastoural, et un chant Royal, auec ung Mystère de la
Natiuité, par personnages. Composez en imitation uerbale
et musicale de diuerses chansons. Recueilliz sur Tescripture
saincte, et d'icelle illustrez. ApudSeh, Grjphiuni, Lugduniy
1539. Pet. in-4> de 16 fF.; mar. bleu, fil., doublé de tabis,
tr. dor. (JBozérian),
Copie figurée sur vélin, par Fyot, d'une pièce extrêmement rare.
Exemplaire Soleinne et Desq.
442. Le mystère de la vie ||ethystoire de mon=||seigneur sainct
Martin, lequel fut Archeuesque de || Tours.... (A la fin :) Im-
prime Nouuellement a Paris, pour la ueujue Jean Bonfons.
S. d. (entre i566 et iSySj. Pet. in-4j go^b., à 2 col.; mar.
rouge, fil., tr. dor. [Hardj), .
Reproduction en fac-similé, exécutée avec une rare perfection par M. Vei-
nant, d'une pièce découverte dans la bibliothèque de Chartres. M. Veinant a
pu, à l'aide d'un second exemplaire, refaire les deux feuillets qui manquent
à ce premier exemplaire.
443. Sensuit le mislere |j de môseigneur saïct pierre et sainct
paul par personnages. Conte|lnât plusieurs aultres vies || Mar-
tires ^ côsuersions de || sainctz Côme de sainct etienne,
sainct clemét || sainct lin, sainct clete... Nouuellement im-
prime a paris Par la ueufue feu lehan trepperel et lehan
iehannot.. S. d. (entre i5ii et i52o). In-4, goth.; mar.
rouge, fil., tr. dor. {anc. reL).
Seule édition connue, de toute rareté. Exemplaire du duc de La Vallière
et de Solar, avec le titre habilement refait à la plume :
444. Le Jeu et || Mystère de la Saincte Hostie par || personna-
456 BELLES-LETTRES.
ges. (Au-dessous, une vignelle; a h fin :) Fin du mystère de
la sainctc hostie, In-8, golb., de 38 ff.; mar. rouge, fil. à
comp., tr. dor. {Bradel).
Copie figurée sur vélin, par Fyot, d'une édition dont on ne connaît au-
jourd'hui aucun exemplaire, et qui n'est môme pas citée au Manœl, Mercier
de Saint-Léger, dans une note autographe jointe au volume, croit celle-ci
antérieure aux deux autres dont le texte aurait suhi beaucoup de modifica-
tions.
Exemplaire de Soleinne et Desq.
4i5. I^ mislere II du cheualier qui donna sa femme || au dya-
l>le. A dix personnages. Ceslassavoir. Dieu le Père S. L
n. d, (après i5o5). Pet. in-8, goth., de 28 ff.; mar. ronge,
compart., doublé de tabis, tr. dor. {Bradel).
Copie figurée sur vélin, par Fyot, d'une édition de toute rareté, qui pa-
raît être la plus ancienne connue de cette pièce. Elle ne se rapporte pas
très-exactement pour le titre à l'édition citée par M. Brunet ; les signatures
sont ici A-0 par 2, ce qui probablement du copiste.
446. L'Enfant Prodigue || par personnaiges. || Nouuellemët
Translate de lalin en frâcoys ]| Selon le texte de leuangille.
Etluy bailla sô II père la part, Laqlle il despendit meschâ-
mét II auec folles femmes, iiij (cahiers). (A la fin :) Cyfinist
le liure intitule lenfant prodigue Nouuellement Imprime a Pœ-
ris. Pet. in-4î goth., à 2 col., de 20 ff.; fig. s. bois; mar. La
Vallièrejans., tr. dor. {Duru).
Admirable reproduction en fac-similé, due à la phime de M. Veinant,
d'une édition extrêmement rare.
447. Moralité II Nouuelle du mauuais Riche et || du Ladre. A
douze personnages. S. /. n. d. Pet. in-8, goth., de 16 flf.;
mar. rouge, comp., doublé de tabis, tr. dor. [Bradel).
Copie figurée sur vélin, par Fyot, d'une édition fort rare.
448. Maistre Pierre pathelin Hystorie. (A la fin :) Cy fitve la
farce de maistre Pierre pd^helin. Imprimée a Paris ^ par
Marion de\\ malaunoy vefue de feu maistre Pierre fe|j paron.
Demeurant en la rue de la iuyfrie a || lenseigne de la Rose^
ou au palays a la pre\miere porte. S. d. (vers i5oo). I0-49
goth., de 3o ff. non chiff., sig. «-/par 6 et par 4 alternati-
vement, [\o lignes à la page; fig. s. bois; mar. La Vallière,
riches ornements sur les plats à pet. fers, tr. dor. [Masson^
Debonnellé),
CORNEILLE. 157
Édition non indiquée au Manuel, La marque de Pierre le Caron est au
verso du dernier feuillet. Sa veuve ne figure pas dans la liste de Lottin.
Magnifique exemplaire : De la Bibl. de M, le Marquis d'Aix a la Serraz.
449. JODELLE. Les OEvvres et meslanges poétiques d'Estienne
lodelle, sieur du Lymodin. Reueues et augmentées en ceste
dernière édition. Ljon, B. Bigaud , 1597. In-12; mar.
rouge, fil., tr. dor., dos à petits fers (^anc. reL).
Joli exemplaire, dans une excellente reliure. De la bibl. Brunet.
B. Depuis Corneille.
CORNEILLE.
(Pour les détails bibliographiques» consulter la Bibliographie cornélienne, par M. Emile
Picot; Paris, Â. Fontaine, 1876, in-8.)
450. OEVVUES de CORNEILLE. Première partie. Imprimé à
Boiïen [par Laurens Maurry], et se \fend A Paris ^ citez An-
toine de Somma^ille. . . Et Augustin Courbé, 1 644 • In - 1 2 , por-
trait et front, gravé. — Oevvres de Corneille. Seconde Partie.
Imprimé à Boûen^ et se vend A Paris, cfiez Toussainct Quinetj
1648. In-i2. — Oevvres 'de Corneille. Troisième partie.
Imprimé à Boûen^ et se vend A Paris ^ Chez Antoine de Som-
mai^ille. i652. In-12. — Ensemble 3 vol. in-12; mar. rouge,
fil. à compart., milieu et dos à petits fers à la Du Seuil,
doublé de mar. bleu, large dent., tr. dor.; étuis en mar.
vert [Lortic).
Première édition sous le titre d'ÇEuvres {Bibl. corn , n» 98, 100, 101). Elle
est très-précieuse , et c'est un bonheur rare aujourd'hui de pouvoir en réu-
nir les trois volumes; le t. pr surtout est devenu introuvable : il contient les
huit pièces de Corneille antérieures au Ciel. H. : 0,131 ; 0,132; 0,131 1/2.
451. OEvvres de Corneille. Première [Seconde et Troisième]
Partie. A Paris, chez Edme Pepitigué, i655. 3 vol. în-12;
mar. rouge, fil. à comp., dos à petits fers, tr. dor. {Lortic).
Charmante impression de l'édition originale des Œuvres [Bibl, corn.,
no 103). Il est bien difficile de trouver ainsi tous les trois volumes à l'adresse
de Pepingué. Le présent exemplaire est en outre fort beau. H. : 0,132.
452. OEvvres de Corneille. Paris, GuilL de Luyne^ 1657. 4
vol. in-12; mar. rouge, fil. à compart.
158 BKLLES-LETTKES.
Édition extrômement rare et qui ne diiT(>re que par le titre de celle de
1656, dont on n'a pas encore découvert un seul exemplaire de la première
partie (Bibl. corn., iv 105).
Le t. IV ne porte en tôte qu'ui) faux-titre sans nom de libraire : M. E.
Picot croit qu'il devait avoir primitivement un titre avec la date de 1C56. Cette
quatrième partie contient d'abord deux pièces de Thomas Corneille : Le
Feint Astrologue et D. Bertrande Cigarral^ avec pagination suivie ; mais comme
la table placée au verso du titre général indique encore : l'Amour à lamode
et le Bergei' extravagant, on a joint ces deux pièces en éditions séparées.
453. Le Theâlre de P. Corneille. Revev et corrigé par l'Av-
thevr. Imprimé à JRouen, Et se vend A Paris^ Chez TIxomas
Jollfj 1664. 2 vol. in-foL, portrait et front, gravé; mar.
rouge, fil., compart., tr. dor.
Édition dont le texte a été revu per Corneille pour la troisième fois (Bibl.
corn., n<* 108). Bel exemplaire avec témoins. Au titre, la signature : ex librts
Campy ; on peut consulter sur ce personnage les Mémoires de Retz, t. II,
p. 336.
454. Le Théâtre de P. Corneille. Reveu et corrigé par l'Autheiir.
A Rouen Et se vend A Paris y chez Thomas Jolly^ 1664-66.
4 vol. in-8, fig. — Poëines dramatiques de T. Corneille.
Imprimés à Roven^ Et se vendent A Paris y Chez Augustin
Courbé y etc., 1661, 1666. 2 vol. in-8, fig. — Ensemble
6 vol.; mar. rouge, fil. à comp., tr. dor. [anc. reL).
Précieux exemplaire, tant à cause de son excellente reliure que pour cer-
taines particularités que M. Picot a signalées dans son livre (n® 109). Ainsi
on ne connaît en tout que quatre exemplaires, y compris celui-ci, qui contien-
nent des figures dans la ¥ partie des Œuvres. Dans ce même 4* vol., on a
relié à la suite la 3*^ partie des poèmes de Th. Corneille. Cet exemplaire pro-
vient d'Armand Bertin et de Solar.
433. AGESILAS, Tragédie. En Vers libres rimez. Par P. Cor-
neille. A Eo^en^ Et se i'end a Paris, Chez GçilL de Lç^yne,
1666. In-12; mar. rouge, fil. à fr., tr. dor.
Édition originale {Bibl. corn., n° 85). Exemplaire non lavé, avec qq. ta-
ches et des race, aux trois premiers ff. H.: 0,145.
456. Andromède, Tragédie. Représentée auec les Machines sur
Je Théâtre Royal de Bourbon. Sur la copie imprimée à Rouen ,
Chez Laurens Maifrry^ i652. In-12 ; mar. rouge, fil., doublé
de mar. bleu, orn. int., tr. dor. [Gruel),
Contrefaçon de l'édition originale in-12. Bel exemplaire. H.: 0, 133.
437. LE CiD, Tragicomedie. A Paris, Ches François Targa [et]
CORNEILLE. 159
Augustin Courbé, S. d. (1637). ^^^' iii-12, front, gravé;
mar. rouge, fiL à froid, tr. dor. [Thompson).
Édition originale in-12 {Bihl. corn., no 10). Exemplaire non lavé. H.:
0, 116. Race, au dernier f.
458. Le Cid Tragicomédie. // Paris Ches Aug. Courbé [et] Pierre
le Petit. S. d. Pet. in-12; mar. rouge, fil. à froid, Ir. dor.
D'après le Manuel^ cette édition sans date aurait paru vers la même an-
née que la première. M. E. Picot (BibL corn., n^ 12) croit qu'elle n'a pu être
exécutée que vers 1642.
Exemplaire non lavé. H.: 0, 123.
459. CINNÂ ov la Clémence d' A vgvste. Tragédie. A Paris, Chez
Tos^ssainct Qçinet^ i643. In-12, front, gr.; mar. vert, fil.
à comp. , tr. dor. {IViedrée).
Édition originale in-12 (BibL com,^ n" 21). Exemplaire avec qq. taches.
H.: 0, 119.
460. HERACLIVS Emperevr d'Orient, Tragédie. Imprimé à
, Rouen ^ et se if end A Paris y Chez Antoine de Sommavilley 1647.
In- 12 ; veau fauve, fil. (rel. fatiguée).
Édition originale in-12 (fiibl. corn.^ n» 51).
Exemplaire avec des notes à l'encre. H.:«0, 129,
461. HORACE Tragédie. A Paris y Chez Ai^gi^stin Covrbé, i64i.
In-12; front, gr.; mar. orange, fil. à fr., tr. dor. [Smeers),
Édition originale in'12 {BibL corn,, n» 17). Bon exemplaire. H.: 0,123.
462. Horace Tragédie. Par le sievr Corneille. Suii^ant la Copie
imprimée à Paris ^ 1647. In-12; mar. rouge jans., tr. dor.
{BelZ'Niedréè) .
Jolie édition publiée par L. et B. Elzevier, à Leyde. Bel exemplaire, avec
témoins. H.: 0, 126.
463. LE MENTEVR, Comédie. Imprimé a Rouen j et se vend:
A Paris, Chez Antoine de Sonimas^ille... Et A\^g. Courbé ^
i644« Pet. in-12 ; mar. vert, fil., tr. dor. [Duru).
Édition originale in-12 {BibL corn,, n» 36). Très-bel exemplaire. H.:
0,130. Qq. coins race.
464. Le Mentevr, Comédie. S, L n. d. (i652). In- 12, de 3 ff.
et 120 pp.; mar. rouge, fil., doublé de mar. vert, orn. int.
tr. dor. (Gruel).
160 BELLES-LETTRES.
Contrefaçon excessivement rare. M. E. Picot n'a pu en citer (no 320)
que deux exemplaires : celui-ci, et celui de M. B. Fillon, faisant partie d'an
recueil.
Très-bel exemplaire. H.: 0, 134.
465. NICOMÈDE. Tragédie. Paris, Chez Àvg. Cosfrbéy i653.
In- 12; mar. violet, fil., doublé de mar. rouge, orn. int., tr.
dor. (Gruel).
Édition originale in-12 (Bibl, com.^ n° 66 bis). Bel exemplaire. H.: 0, 433.
466. OEDIPE, Tragédie. Par P. Corneille. Imprimée à Boi^en, et
se vend A Paris y Chez A\>g. Coirbé.. . EtGi^ilL deLçyne, 1 659.
In- 12; mar. lie de vin, fil. àcomp., Ir. dor. {Lortic).
Édition originale , rare {BibL corn,, n^ 73). Bel exemplaire. H. : 0,136.
467. OTHON. Tragédie. Par P. Corneille. A Paris, ChezGM-
lavme de Ls^yne, i665. In-12; mar. rouge, fila comp., tr.
dor. {Lorlic),
Édition originale, avec le titre rectifié {BibL corn., n® 84). Très-bel exem-
plaire. H. : 0,147.
468. PERTHARITE. Roy des Lombards, Tragédie. A Bo^en,
Chez Lai^rens Mayrry.^. Et,., A Paris. Chez G\nlL de Lçynts^
i653. In- 12 ; mar. rouge, fil. à fr., tr. dor.
Édition originale , rare {Bibl, corn,, n» 69). Bel exemplaire, non lavé.
H. : 0,131.
469. PULCHERIE. Comédie heroique. A Paris , Chez Guillaume
de Luffie, 1673. In-12; mar. rouge, fil. à fr., tr. dor.
Édition originale {Bibl. corn., n» 89). Exemplaire non lavé, grand de
marges (IL: 145 mill. et ly2), mais avec des taches au coin du bas de plu-
sieurs ff.
470. D. Sanche d'Arragon, Comédie Heroique. Suiuani la
Copie imprimée A Paris, i65o. In- 12; mar. La Vallière
jans., tr. dor. (Niedrée).
Jolie copie sortie des presses des Elzeviers, à Leyde, avec une sphère sur
le titre {Bibl, corn,, n» 350). Elle est fort rare, car M. Picot ne Ta connue
que par le présent exemplaire, qui est très-beau , non lavé, mais un peu roux.
H. : 0,126.
471. SERTORIVS, Tragédie. Imprimé à Roi^en, El se vend A
Paris;, Chez Ai^q. Cos^rbé.., Et GçilL deLç/ne, 1662. la-ia;
CORNEILLE. 161
de 6 fF. et 82 pp.; mar. lie de vin, fil. à comp., Ir. dor.
[Lortic).
Édition originale , dont il y a deux sortes d'exemplaires (BibL corn., n^
81). H. : 0,136.
472. SOPHONISBE, Tragédie. Par P. Corneille. Imprimée à
Roi^erij Et se vend A Paris ^ Chez Guilla\fme de Luyne^ i663.
In- 12; mar. rouge, fil. à fir., tr. dor.
Édition originale {Jiihl, corn., n» 82). Exemplaire presque non rogné
(H. : 0,150), mais avec qq. taches.
473. SURENA General des Parthes, Tv^^edie, A Paris, Chez
Guillaume de Lujrne^ 1670. In-12; mar. rouge, fil. à fr., tr.
dor.
Édition originale, rare (BibL corn., n» 90). Exemplaire non lavé , grand
de marges (H. : 0,147), mais avec des taches.
474. THEODORE Vierge et Martyre, tragédie chrestienne.
Imprimé à Rouen j Et se vend A Paris, Chez Aug, Coi^rbé, 1 646 .
In-12; mar. rouge, fil. à fr., tr. dor. [Lorlic),
Édition originale in-12 (JBi6/. com.^ n» 48). Très bel exemplaire. H. :
0,135.
475. TITE ET BERENICE. Comédie heroique par P. Corneille.
A Paris y Chez Guillaume de Luyne^ 1671. ln-12; mar. rouge,
fil. à fr., tr. dor.
Édition originale, rare {Bibl. corn., n» 87). Le présent exemplaire offre
cette particularité que la dernière page est chiffrée régulièrement 76 et non
pas 44 , ce qui prouve que la faute a été corrigée pendant le tirage. Grand
de marges (H. : 0,145), non lavé, mais avec des taches.
476. LA TOISON D*OR, Tragédie. Imprimée à Roi^en^ Et se vend
A Paris, Chez Avg. Courbé.,, et Cvillavine deLvjne^ 1661.
In-12; mar. lie devin, fil. à comp., tr. dor. (JLortic).
Édition originale , très-rare (Bibl. corn., n® 77). Bel exemplaire, sauf qq.
coins et le dernier f. restaurés. H. : 0,141.
477. LA VEFVE ov le traistre trahy. Comédie. A Paris, Chez
François Targa, i634. In-8; mar. vert, fil. à compart., mi-
lieu, tr. dor. (Lortic).
Édition originale très-rare (Bibl. com.,no 3),. Exemplaire un peu court
(H. : 0,157). Race, au titre.
11
162 BELLES-LETTRES.
MOLIÈRE.
(Pour les détails bibliographiques , consulter la Bibliographie moliéresquB, pt^r M. Paul
Lacroix (Bibliophile Jacob). Seconde édition; Paris, Fontaine, 1875, iii-8.)
478. LES OEVVRES de Monsievr Molière. Paris, GabrielQuinet
et Louis Billainé]^ i666. 2 vol. in- 12, front, gr.; mar. vert,
îl. à comp., milieu à la Duseuil, dos à petits fers, tr. dor.
(Lortic),
Édition précieuse, la première du théâtre de Molière avec une pagination
suivie (Bihl. moliér., n» ^67).
Très-bel exemplaire, sauf qq. race. H. : 0,142.
479. LES OEUVRES de Monsieur de Molière. ^ Paris, Chez
Denys Thierry... et Claude Barhin y 1674-1675. 7 vol. in-i:2;
mar. orange, fil. à comp., tr. dor. (Smeers).
C'est au savant auteur de la Bibliographie moliéresque, à M. Paul Lacroix,
que revient Thonneur d'avoir récemment démontré que c'est la Véritable
édition originale de Molière (voir sa notice sous ce titre ; Paris, A. Fontaine,
1873, gr. in-18), celle qui contient le véritable texte, revu et corrigé par
Molière peu de temps avant sa mort. L'importance de cette édition avait été
signalée pour la première fois, treize ans auparavant, par un autre savant bi-
bliographe, M. Pierre Deschamps, rédacteur du catalogue de la célèbre biblio-
thèque Solar (1860). Le t. VII renferme la première édition du Malade tma-
ginaire, d'après le manuscrit de l'auteur, et aussi la première édition de VOm-
bre de Molière, comédie par Brécourt.
Cette édition précieuse est aujourd'hui excessivement rare.
Très-bel exemplaire. H. : 0,152.
480. Les OEuvres de Monsievr de Molière. ^ Paris ^ Chez De-
nis Thierry... Claude Barbin... et Pierre Trabouillety 1681.
5 vol. in-12; mar. olive, fil., tr. dor. (Jjortic^,
Réimpression de l'édition précédente, exécutée à Lyon, au sentiment de
M. Potier. Elle est peu commune.
Très-bel exemplaire. H. : 0,148.
481. LES OEUVRES de Monsieur de Molière. Reveuès, corrigées
et augmentées. Enrichies de figures en Taille-douce. Pctris,
Denys Thierry^ Claude Barbin et Pierre Trabouillety 1682.
8 vol. in-12 ; mar. rouge, fil., tr. dor. {Hardy-Mennil).
Édition publiée par Vinot et La Grange. Elle contient six comédies qui
étaient restées inédites (Bibl. moliér., n® 277).
Magnifique exemplaire, réglé. H. : 0,164.
482. LES OEUVRES de Monsieur Molière. Édition nouvelle,
MOLIÈRE. 163
Enrichie de figures en laille-douce; et augmentée des OEu-
vres Posthumes. À Amsterdam y Chez Jaques le Jeime ^ i684-
1689 (OEuvres Poslhu mes). 6 vol. in-i2;mar. rouge, fil.,
tr. dor. {Lorlic).
s Jolie édition imprimée par D. Elzevier et mise en vente par H. Wetstein,
avec des frontispices ajoutés (BibL moliér.^n'* 279).
Très-bel exemplaire. H. : 0,130.
483. OEUVRES de Molière. Nouvelle édition. Paris, Christophe
Dat^idy 1739. 8 vol. in-12, fig.; raar. vert, fil.,tr. dor. {anc,
rel,).
Édition très-estimable , conforme pour le texte à celle de 1734 donnée
par Marc- Antoine Joly (BibL moUér., n® 320).
Magnifique exemplaire, réglé. H. : 0,160.
484. OEUVRES de Monsieur de Molière. Nouvelle édition. Ams-
terdam, Jr/cstée et Merkusy i744- 4 ^ol- p^t. in-12, porlr.
et fig. de Punt, d'après Boucher; mar. rouge, fil., tête dor.
( Trautz-bauzonrtet ) .
Superbe exemplaire, relié sur brochure et non rogné.
485. L'AMOVR MEDEQN. Comédie. Par I. B. P. Molière. Pa-
ris, Théodore Girard , 1666. In- 12, fi'ont.; mar. vert, fil. à
comp., tr. dor. (Lortic).
Édition originale {BibL moliér., n» 11 ).
Bel exemplaire. H. : 0,147 il2.
486. L'Amovr meclecin. Comédie. Par 1. B. P. Molière. Paris ,
Pierre Traboûillet, 1669. In-12; mar. vert, fil. à comp., tr.
dor. (Lortic).
Deuxième édition. Bel exemplaire. H. : 0,147.
487. L'Amour médecin. Comédie. Pari. B. P. Molière. Paris,
CL Barbin, 1674. In-12; mar. rouge, fil. à fr., doublé de
mar. vert, dent., tr. dor. {Gruel).
Joli exemplaire. H. : 0,146.
488. AMPHITRYON, comédie. Par. I. B. P. de Molière. Paris,
lean Riboi^, 1668. Pet. in-12; mar. vert, fil. à fi:., tr. dor.
Édition originale, rare {BibL moliér., n» 16).
Très-bel exemplaire. H. : 0,146.
489. Amphitryon. Comédie. Par I. B. P. de Molière. Sur l'Im-
164 BELLES-LETTRES.
primé y A Paris ^ 1669 (avec une Sphère sur le litre). In-12;
mar. rouge, fil., orn., double de mar. bleu, fil. àcomp., tr.
dor. (Gruel),
Contrefaçon faite peut-être à Rouen. Bel exemplaire. H. : 0,134.
490. Amphitryon, comédie. Par L B. P. de Molière. Paris ^
Claude Barbiriy 1674. In- 12; mar. rouge jans., tr. dor.
[Smeers),
Contrefaçon faite en France. Très-bel exemplaire. H. : 0,147.
491. L'AVARE, comédie. Par I. B. P. Molière. PariSy lean Ri-
bo\f^ 1669. In- 12; mar. vert, fil. à comp., tr. dor. [I^rtic).
Édition originale {BibL moliér., n» 17). Exemplaire restauré aux derniers
ff. H. : 0,142.
492. Le BotJRGEois gentilhomme comedie-balet. Faite à Cham-
bort, pour le Divertissement du Roy. Par I. B. P. Molière.
Paris, Claude Barbin^ 1673. In-12; mar. vert, fil. à comp.,
tr. dor. (^Lortic),
Deuxième édition, faite pour le compte de Molière {BibL moliér., n® 20).
Très-bel exemplaire, non lavé. H. : 0,148.
493. LA CRITIQVE DE L'ESCOLE DES FEMMES, comédie. Par
I. B. P. Molière. Paris^ Claude Barbin^ i663. In-12; mar.
rouge jans., tr. dor. (Chambolle-Duru) .
Édition originale, rare (JB16/. moliér,^ n^ 8).
Très-bel exemplaire, réglé. H. : 0,152.
494. LE DEPIT AMOVREVX, comédie. Représentée sur le
Théâtre du Palais Royal. De L B. P. Molière. Paris^ Gabriel
Qy>inetj i663. ln-12, de io5 pp.; mar. vert, fil. à fr., fleur.,
tr. dor. (^Niedrée).
Édition originale, dont il y a deux sortes d'exemplaires , ce qui n^est pas
indiqué dans la BibL moliéresque (n® 2).
Exemplaire mal lavé. H. : 0,138.
495. L'ESCOLE DES MARIS, comédie, de L B. P. Molière.
Représentée svr le Théâtre du Palais Royal. Paris, CL Bar-
biriy 1661. ln-12, fi:ont.; mar. rouge jans., tr. dor. {TrcuUz-
Bauzounet).
Édition originale (BibL moliér., n^ 5). Exemplaire avec témoins sur les
côtés, mais un peu court en tête. H.: 0,146. Qq. coins race.
MOLIÈRE. 465
496. L'ESCOLE DES FEMMES. Comédie. Par I. B. P. Molière.
Paris y Gabriel Qi^inet^ i663. In- 12, front., 5 flf. et 96 pp.;
mar. vert, fil. à comp., tr. dor. [Lortic).
Édition originale, second tirage (BibL moliér., n» 6). Bel exemplaire. H.:
0,443 \\2.
497. L'Escole des femmes, comédie. Par I. B. P. Molière. Pa-
ris, Estienne Lojsoriy i665. In-12, fig. ; mar. rouge, fil., tr.
dor. {Cape).
Deuxième édition. Très-bel exemplaire. H.: 0, 444 4i2.
498. L'ESTOVRDY ov les contre- temps, comédie Représentée
svr le Théâtre du Palais Royal. Par I. B. P. Molière. Paris ^
Gabriel Qvinety i663. In- 12; mar. rouge, fil., dent., tr.
dor.
Édition originale (Bi6^ moliér., n» 4). Exemplaire non lavé. H.: 0,437.
499. LES FASCHEVX comédie. De I. B. P. Molière, Représentée
svr le Théâtre du Palais Royal. Paris , Gifillavme de Lvyne^
1662. In-12; mar. vert, fil.
Édition originale ifiihl. moliér., n» 7). Exemplaire réglé. H.: 0,447.
500. LES FEMMES SÇA VANTES. Comédie. Par 1. B. P. Mo-
liere. Et se {fend pour VA ut heur. A Paris ^ Chez Pierre Promé^
1673. In-12; mar. rouge, fil., dent., tr. dor.
Édition originale {Bihl. moliér., n» 23).
Exemplaire non lavé, avec qq. taches. H.: 0,437.
501 . LE FESTIN DE PIERRE, comédie. Par J. B. P. de Molière.
Édition nouvelle et toute différente de celle qui a paru jus-
qu'à présent. Brtisselles j George de Backer^ 1694. Gr. in-12, '
de 72 pp.; mar. rouge, fil., doublé de mar. rouge à comp.,
tr. dor. {Niedrée).
Pour rédition originale, voir dans les OEwvres de 4682. On trouve dans
celle-ci la scène du Pauvre, avec d'autres variantes que celles qui sont dans
rédition de Wetstein, 4683.
Très-bel exemplaire. H. : 0,i57.
502. LES FRAGMENS de Molière. Comédie. Paris ^ Jean Ribou,
1682. In-12; mar. rouge, fil. à froid, tr. dor.
Édition originale (Bihl. moliér.^ n» 34). Ce sont des fragments du Fes-
tin de Pierre^ qui n'avait pas encore été publié, cousus ensemble par Champ-
meslé. Le texte diffère, en bien des endroits, du texte complet de cette pièce
166 BELLES-LETTRES.
publiée pour la première fois dans les Œuvres de Molière, en 1682 (voir ci-
dessus, u^ 481 ) ; en outre, plusieurs scènes qui se trouvent ici, scènes fort jo-
lies et qui sont certainement de Molière , ne figurent point dans Tédition de
la pièce entière. Bel exemplaire. H. : 0,144.
503. GEORGE DANDIN, ov le Mary confondv. Comédie. Par
I. B. P. de Molière. PariSy Jean Riboif^ 1669. In- 12; mar.
rouge jans., tr. dor. (Puru).
Édition originale {Bibl, moliér,, n» 18).
Très-bel exemplaire. H.: 0,146. Qq. taches.
504. Le Malade IMAGINA.IRE, Comédie, meslee de musique et de
dance. Par M. De Molière. ^ Cologne, chez Jean Sambix,
1674. In-i2, de 2 ff. et 126 pp.; mar. vert, fil. àcomp., tr.
dor. (^Lortic).
Contrefaçon de la pièce de Molière. On croit qu'elle a été imprimée en
France {Bibl, moliér,^ n» 27). Il y a eu deux éditions sous la même date;
celle-ci est plus rare que celle qui contient 160 pp.
Très-bel exemplaire. H.: 0,144.
505. LE MARIAGE FORCÉ. Comédie. Par l. B. P. de Molière.
Paris, lean Ribov, 1668. In-12; mar. vert, fil. à fir., tr.
dor.
Édition originale (Bibl. molier., n° 10).
Très-bel exemplaire. H. : 0,145.
506. LE MEDEQN MALGRÉ-LUY. Comédie. Par L B. P. de
Molière. Paris, lean Ribo\fy 1667. Pet. in-12, firont., 3 fî.
prélim. et i52 pp.; mar. vert, fil. à comp. tr. dor. (Lor-
tic) .
Édition originale (Bibl. moliér,, n® 13). M. Lacroix n'assigne à cette
pièce que 2 ff. prél., y compris le front, gravé : le présent exemplaire en a
4 : front., titre , 1 f. pour le privilège et 1 f. blanc.
Très-bel exemplaire. H.: 0,147.
307. Le Médecin malgré luy. Comédie. Par L B. P. Molière.
Et se vend pour la Feiwe de CAïUheur, A Paris ^ Chez Henry
Loyson, 1673. Pet. in-12; mar. bleu, fil. à compart., tr.
dor. {Lortic),
a On est étonné, dit M. Lacroix (Bibl. moliér., n®128), de voir paraître
« cette réimpression un mois après la mort de Molière. Le nouveau privilège
a est daté du 21 mars 1673 ! »
Fort rare. Bel exemplaire, très-grand de marges. H.: 0,140.
MOLIÈRE. 467
SOS. LE MIS AINTROPE , comédie. Par I. B. P. De Molière.
Paris ^ lean Ribov, 1667. In- 12, front, gravé; mar. vert,
fil. à comp., tr. dor. {Lortic).
Édition originale (Bihl, moliér., n® 12). Superbe exemplaire, très-grand
de marges. H. : 0,147.
509. Le Misantrope, comédie. Par L B. P. De Molière. Paris,
lean Rihov^ 1667. In- 12, de 10 ff. prél. et 84 pp.; mar.
rouge jans., tr. dor. {Smeers),
Contrefaçon de l'édition originale. Elle est[rare. Bel exemplaire. H. : 0,141.
510. MONSIEVRDE PO VRCEAVGNAC, Comédie. Faite aCham-
bord, pour le Diuertissement du Roy. Par I. B. P. Molière.
Paris y lean Rihov ^ 1670. Pet. in-12; mar. rouge, fil. à
fr., tr. dor. {Ihirii).
Édition originale (Bihl. moHér.f n° 19). C'est une des pièces de Molière
les plus rares.
Bel exemplaire. H. : 0,139.
5H. Monsievr de Povrceavgnac , Comédie. Faite à Chambord,
pour le Divertissement du Roy. Par L B. P. Molliere
[sic), Paris, Claude Barbin, 1673. Pet. in-12; mar. vert,
fil. à comp., tr. àox . {Lortic) ,
D'après M. Lacroix {Bihl. moliér., n** 169), .ce serait une édition pos-
thume, tandis qu'au n** 19, le savant bibliographe indique, sous la môme
date et chez le même libraire , une autre édition qui serait la dernière pu-
bliée du vivant de Molière , et n'aurait pas les deux ff. prél. qui se trouvent
dans l'autre après le f. de titre. Cette édition existe-t-elle réellement? Celle
que nous décrivons est fort rare , et le présent exemplaire est très-beau. H. :
0,146 1/2.
512. Les Précievses ridicvles. Comédie. Représentée av Pe-
tit-Bourbon. Jouxte la Copie Imprimée. Paris, GvilL de
Lajne^ 1660. Pet. in-12, de 5 ft\ prél., 83 pp. et 2 pp.
pour le privil. ; mar. vert jans., tr. dor. {I^rtic).
Contrefaçon de l'édition originale de toute rareté , faite dans la même
année. Le collationnement de cet exemplaire ne se rapporte pas à la contre-
façon signalée par M. Lacroix (BibL moliér., n® 3). 11 est très-bien conservé,
mais un peu rogné dans le bas. H. : 0,125.
513. Les Pretieyses ridicvles comédie. Représentée au petit
Bourbon. INovvellement mises en Vers. Seconde Edition.
Paris, Estienne Loyson^ 1661. In- 12, de 12 (et non 4)>
468 BELLES-LETTRES.
ff. prél. et 60 pp. ; mar. orange, fil. à comp., tr. dor.
{Lortic) .
Cette édition , indiquée souvent comme étant la seconde de cette pièce
de Molière , n'en est qu'une traduction en vers par Bodeau de Saumaize.
Très-bel exemplaire.
514. PsicHÉ, tragedie-ballet. Pari. B. P. Molière. Paris, daucle
Barbirty 1673. In-12; mar. vert, fil. à comp., tr. dor. {Lor^
tic) .
Deuxième édition {BibL moliér,, n®2i). Magnifique exemplaire, avec
nombreux témoins. H. : 0,159.
515. Sganarelle, o\ lecocv imaginaire. Comédie. Auecles Ar-
gumens de chaque Scène. ^ Paris, Chez Augustin Courbé^
1662. In- 12; mar. rouge jans., tr. dor.
Deuxième édition, publiée, sans la participation de Molière , par le sieur
de Neuf-Villenaine, auteur des arguments {Bibl. moliér, , n® 4).
Un des exemplaires rares qui offrent cette particularité signalée par
M. Lacroix que le nom du sieur de Neuf-Villenaine a été remplacé dans le
privilège par celui de de Molier. Il est très-beau et grand de marges ( H. :
0,153), sauf qq. ff. un peu plus courts que les autres.
516. Sganarelle ou le Cocu imaginaire. Comédie. Avec les Ar-
gumens de chaque Scène. Suii^ant la Copie imprimée^ à Paris
\ Amsterdam^ Abr. fVolfgang^ au Quœrenao\ 1662. Pet.
in-12, de 3 ff. préi. et [\o pp. — La Cocué imaginaire. Co-
médie (par Donneau de Vizé). Suwant la copie imprimée à
Paris {ibid.)j 1662. Pet. in-12, de 5 ff. prél. et 26 pp. —
En I vol.; mar., rouge, fil., tr. dor. [Cape),
Le collationnement donné par M. Lacroix pour la première pièce (J)i6/.
moliér., n<* 4) paraît inexact : c'est sans doute celui de la seconde, qui se
trouve généralement à la suite.
Joli exemplaire. H. : 0,123 1/2.
517. SGANARELLE ov le Cocv imaginaire. Comédie. ParL B. P.
MoIier (sic). Paris ^ Jean Biba^j 1666. Pet. in-12, de /|5
pp.; mar. vert, fil. à comp., tr. dor. (^Lortic).
a Cette édition, dit M. P. Lacroix, est probablement l^édition originale
<K publiée par Molière. » Elle est fort rare et on en a longtemps ignoré l'exis-
tence.
Exemplaire relié sur brochure et non rogné. H. : 0,157.
518. LE SICILIEN, ov Tamovr peintre, comédie. Par I. B. P. de
MOLIËRE. 169
Molière. Paris, lean Ribo^f^ 1668. In-12; mar. vert, fil. à fr.,
Ir. dor.
Édition originale [Bihl, moliér., n® 14). Bel exemplaire, non lavé, avec qq.
taches. H. : 0,145 1/2.
519. Le Sicilien. Comédie de Monsievr deMoUiere. Paris j Ni-
colas Pepinglé (sic), 1668. In-12; mar. rouge jans., tr.
dor. (Smeers).
Contrefaçon de l'édition originale. On croit qu'elle a été faite en pro-
vince. Exemplaire non lavé. H. : 0,140.
520. LE TARTVFFE, ov Flrapostevr, comédie. Par 1. B. P. de
Molière. Imprimé aux despens de V AuthewTy et se vend A
Paris ^ Chez leanRibos^j 1609. In-12 ; mar. vert, fil. à comp.,
tr. dor. {Lortic).
Édition originale , fort rare (Bi6/. moliér,, ri® 15). Bel exemplaire, non
lavé. H. : 0,140.
521. Le Tartvffe, ov Tlmpostevr, comédie. Par L B. P. de Mo-
lière. Paris, lean Rihoif^ 1669. Pet. in-12, front.; mar. vert,
fil. à comp., tr. dor. (Lortic).
Seconde édition. Bel exemplaire, non lavé. H. : 0,141.
522. Le Tartuffe, ou Tlmposteur, Comédie. Par I. B. P. Mo-
lière. Paris, Claude Barbin, 1673. ln-12; mar. vert, fil. à
comp., tr. dor. {Lortic).^
Dçrnière édition préparée par Molière, mais publiée après sa mort. Elle
est rare et offre des variantes. Bel exemplaire; raoc. au titre.
523. MOLIÈRE. Les Plaisirs de Tisle enchantée, Covrse de ba-
gve. Collation ornée de Machines , Comédie meslée de Danse
et de Musique, Ballet du Palais d*Alcine, Feu d'artifice :
Et autres Festes galantes et magnifiques; faites par le Roy à
Versailles, le 7 May 1664. Et continuées plusieurs autres
lours. Â Paris j Chez Robert Ballard^'\^^[\, In-fol., de 71
pp. ch. pour les deux premières journées et 12 pp. non ch.
pour la troisième, avec 9 grandes grav. dess. etgrav. par
Isr. Silvestre; mar. rouge, fil. à comp., tr. dor. {anc. reL),
Édition non indiquée au Manuel. « La première journée se compose de
a la course de bagues , dont les vers sont de Benserade. La seconde journée
a est l'édition originale de la Princesse (TÈlide, de Molière , complète , avec
a ses intermèdes et ses arguments ( que les éditeurs en ont séparés , bien à
« tort, par la suite). Cette première édition présente quelques variantes,
no BELLES-LETTRES.
« particulièrement à la fin du quatrième acte , avec les éditions suinuites.
« La pièce était jouée par Molière et sa troupe. La troisième JDumée est
« l'édition originale du Palais (TAldne, ballet dont les vers sont de Bense-
« rade. Dans le récit de cette troisième journée on trouve, au recto du der-
cc nier feuillet, le passage contenant un blâme adressé par le roi à laco-
(( médie du Tartuffe. Les planches de Silvestre sont de second état, avec
« son exeud. et le cum •privUegio. Ces belles planches avaient été tirées d'a-
a bord sans texte , avec ces mots : Isr. Silvestre delineavit et sculpsit (Didot,
« CataL raisonné, N<* 948). »
Magnifique exemplaire , aux armes de GOLBERT sur les plats de la re-
liure , et le SEUL CONNU de ce tirage.
524. Le II Songe dv|| resveur||. ^4 Paris j Chez Gifillaçme de
L\fjruej i66o. In-i2, de 36 pp.; mar. rouge jans., tr. dor.
[Belz-Niedréé) .
L'historique de cet. opuscule se trouve en partie dans la préfiice. Un
nommé Boucher avait fait imprimer, en la même année 4660, une pièce en
prose intitulée : /a Pompe funèbre de Scarron. Dans ce libelle, Tautear ano-
nyme , qui n'était autre que Bodeau de Saumaize , passait en revue les au-
teurs dramatiques capables de concourir à l'héritage du créateur du genre
burlesque. Après avoir mis de côté d'abord Corneille et ensuite Molière lui-
môme « comme un boufi'on trop sérieux », il se décida dérisoirement pour
Bois-Robert.
C'est en réponse à cette boutade que l'auteur inconnu du présent volume,
le Songe du resveur, a imaginé, en guise de représailles, cette bluette au milieu
de laquelle il a intercalé des épigrammes foudroyants contre Saumaize, épi-
grammes qu'il a mis sous le nom de Quinault, de Boyer, de Bois-Robert,
de Molière lui-môme, de Boileau, de Corneille, de Furetière, de Bense-
rade , etc. Il est hors de doute qu'il était en rapports intimes avec eux pour
avoir osé mettre en avant leurs noms, sans avoir encouru au(5tine récla-
mationàcet égard. M. Lacroix pense môme que ces épigrammes appartien.
nent bien à ceux dont elles portent le nom. La moitié du poème est consa-
crée à la défense de Molière contre Saumaize qui y est traité d'une rude &çon.
Ce volume est donc d'un grand intérêt pour une collection moliéresque.
M. Lacroix l'a réimprimé en 1867, d'après l'exemplaire qu'il croyait unique
et qui est conservé à la bibliothèque de l'Arsenal : il n'a appris que plus tard
l'existence de celui-ci.
525. L'Apollon francois , ov L'Abrégé des Règles de la Poésie
Françoise. Par L. L L. B. G. N. J Roiferiy chez I^Uen
Covranty 1674* In-8; mar. rouge, fiL, tr. dor. {Lortic).
Les initiales désignent : Les-Isles-Le-Bas , Gentilhomme normand , au-
teur de plusieurs tragédies. Ce qui donne de l'importance à ce petit Tolume
fort rare , que M. Brunet n'a cité que d'après le catalogue La Vallière-Nyon,
c'est qu'on y trouve un Sonnet sur la sépulture de Jean- Baptiste PocUn (sic)
dit Molieres (sic), Cotnédien, au cimetiei^e des Momés (sic), à Pcaris, sonnet
RACINE. 171
qui fait connaître les motifs pour lesquels le grand poëte fut inhumé au
cimetière de Saint-Joseph, réservé aux enfants morts sans avoir reçu le
baptême , aux suicidés et à ceux qui étaient décédés sans avoir demandé
le secours de la Religion.
RACINE.
526. OEuvres de Racine. A Paris ^ Chez Claude Barbin^ 1676.
3 vol. gr. in- 12, fig. grav. par Chauveau et Séb. Le Clerc
d'après Le Brun; mar. bleu^iil. à comp., milieu, tr. dor.
{Lortic),
Précieuse édition originale collective des neuf pièces représentées jusqu'à
cette date. La Phèdre, annoncée au v<* du titre du t. II comme devant faire
partie du volume, n'a paru qu'en 1677 et c'est cette édition originale qui
est jointe au présent exemplaire. Le t. III, qui complète la collection, se
compose d'Esther (Denys Thierry, 1689) et d'Athalie (le même 1692) en
éditions originales (figures).
Superbe exemplaire, avec témoins. H. : 0,160.
527. OEuvres de Racine. Suwant la Copie impriim'e A Paris,
1678. 2 vol. pet. in-i2, fig.; mar. rouge, fil., tr. dor.
{JSiedrée^,
Charmante réimpression de l'édition originale. Elle a été faite à Amster-
dam , par Wolfgang, au Quœrendo, et s'arrête à la Phèdre.
Bel exemplaire. H.. : 0,125.
528. OEUVRES de Racine. Paris, Denjs Thierry, 1697. ^ ^^1-
in-i2, fi'ont. et fig. de Chauveau; mar. rouge, fil., tr. dor.
{Hardy) .
Dernière édition publiée du vivant de l'auteur, et la première qui con-
tient Esther et Athalie. Elle est rare et recherchée.
Très-bel exemplaire. H. : 0,159 1/2.
529. OEUVRES de Racine. Nouvelle édition. Augmentée de
diverses Pièces et de Remarques, etc. Avec de très-belles
Figures en Tailles douces. A Amsterdam et à Leipzig, chez
Arkstée et Merkus, 1750. 3 vol. gr. in-12, fig. grav.
par Tanjé, d'après Du Bourg; mar. vert, fil., tr. dor. (JJe-
romé).
Très-bel exemplaire. H. : 0,164.
530. Alexandre le grand. Tragédie. Paris, Pierre Trabouillet,
1672. In-i2 ; mar. bleu, fil. à comp., tr. dor. (J^ortic).
Deuxième édition. Très-bel exemplaire. H. : 0,150.
172 BELLES- LETTRES.
53i. ANDROMAQVE. Tragédie. A Paris, Chez Claude Barbm,
1668. In-i2 ; mar. bleu, fil. à comp.,lr. dor. {Lortic).
Édition originale. Bel exemplaire. H.: 0,144. Race, au dem. f. et le titre
remargé en tête.
532. ATHALIE, tragédie, Tirée de l'Ecriture sainte. A Paris,
Chez De ny s Thierry^ 1692. In- 12, avec i grav.; mar. bleu,
fil. à comp.jtr. dor. {Lortic).
Édition originale in-12. Très-bel exemplaire. H.: 0,158.
533. BAJAZET. Tragédie. Par M' Racine. Et se vend pour
Va ut heur, A Paris ^ Chez Pierre Le Monnier, 1672. In- 12;
mar. bleu, fil. à comp., tr. dor. {Lortic),
Édition originale. Bel exemplaire. IL: 0,454. Qq. piq. de vers bouchées.
534. BERENICE. Tragédie. Par M. Racine.^ Paris, Oiez
Claude Barbin^ 167 1 . In- 12 ; mar. bleu, fil. à corap., tr. dor.
{Lortic) .
Édition originale. Très-bel exemplaire. H.: 0,454. Qq. piq. de vers bou-
chées.
534 his. (de S*** .) Réponse à la critique de Bérénice. Pa-
ris, Guillaume deLujne, 167 1 . In-12 ; mar. bleu, fil. à comp.,
tr. dor. {Lortic) .
Très-bel exemplaire.
535. BRITANNICUS tragédie. Prt/7>, Claude Barbin, 1670. In-
12, de 8 (et non 7) ff. et 80 pp.; mar. bleu, fil. à comp.,
tr. dor. {Lortic),
Édition originale. H.: 0,442.
536. ESTHER. Tragédie. Tirée de TEscriture sainte. A Paris,
Chez Denjrs Thierry^ 1689. In-4. — Chœurs de la tragédie
d'Esther, avec la musique , composée par I. B. Moreav,
Maistre de Musique du Roy. Pansj Thierry^ Barbin et Bal--
lardj 1689. In-4, avec la belle grav. de Séb. Le Clerc, d'après
Le Brun. — Athalie. Tragédie. Tirée de TEcriture sainte. A
Paris ^ Chez Claude Barbin y 1691. In-4,avec la belle grav. de
Mariette d'après J.-B. Corneille. — En i vol.; mar. rouge,
fil., fleurons, tr. dor, {Millier).
Éditions originales en ce format. Superbe exemplaire d*A. Bertin, parfoite-
ment complet.
RACINE. 173
537. ESTHER. Tragédie. Tirée de FEscrittire Sainte. A Paris ^
Citez Claude Barbin^ 1689. ï'i"!^? ^^^c ^ grav.; mar. bleu,
fil. à comp., Ir. dor. [Lortic).
Édition originale in-i2. Superbe exemplaire. H.:0,15d*
538. IPHIGÉNIE. Tragédie. Par M. Racine. y4 Paris, Chez Claude
Barbin, 1675. In-12; mar. bleu, fil. à comp., tr. dor.
[Lortic).
Édition originale. Bel exemplaire. H.: 0,153. Qq. piq. de vers bouchées.
539. MITHRIDATE, tragédie. Par M' Racine. À Paris, Chez
Clavde Barbin, 1673. In-i2,de 5 ff. et 81 pp.; mar. bleu,
fil. à comp., tr. dor. [Lortic).
Édition originale. Très-bel exemplaire. H.: 0,153. Qq. piq. de vers bou-
chées.
540. LES PLAIDEVRS. Comédie. J Paris, cfiez Gabriel Quinet,
1669. In-i2 ; demi-rel. de veau fauve, dos et coins {Trautz-
Bauzonnet).
Édition originale, de la plus grande rareté. Exemplaire un peu court.
H. : 0,137.
541. PHÈDRE ET HIPPOLYTE. Tragédie. Par M' Racine. A
Paris, Chez lean RiboUy 1677. ln-12, sans la grav.j mar.
bleu, fil. à comp., tr. dor. {Lortic),
Édition originale. Exemplaire d'une qualité exceptionnelle, relié sur bro-
chure et non rogné. H.: 0,180 1/2. Légers race, au titre et au dem. f.
542. LA THEBAYDE ov les frères ennemis. Tragédie. J Paris,
Citez Clui^de Barbirty 1664. Iii-12; mar. bleu, fil. àcompart.,
tr. dor. [Lortic).
Édition originale. Bel exemplaire. H.: 0,147.
543. LA FONTAINE. L'Eunuque. Comédie (imitée de Térence).
Paris, Chez Augustin Courbé^ i654. In-4; veau fauve, dent.,
tr. marb. [Thoui^enin).
Édition originale du premier ouvrage du grand poète dont le nom figure
dans le privilège. Magnifique exemplaire, très-grand de marges.
544. QUINAULT. Le Théâtre de M. Quinault. Suimnt la Copie
imprimée A Paris (Amsterdam, avec le Quœrendo d'Abraham
174 BELLES-LETTRES.
Wolfgang), i663. 2 vol. pet. in-12, %.; mar. rouge jans.,
tr. dor. (Duru).
Très-bel exemplaire et bien plus complet que les exemplaire ordinaires. Il
contient :
T. L La Mort de Cyrus (1662) ; — Le Mariage de Cambise (4662) ; — Le
Feint Alcibiade (1662) ; — Les Coups de V amour et de la fortune (1662) ; —
Amalasonte (1662); — Stratonice (1662) ; — Astrate, roy de Tyr (1665); —
La Mère coquette ou les amans brouillez (1666) ; — BelleropJion (1670).
T. n. La Comédie sans comédie (1662) ; — Le Pantosme amoureux (1662) ;
— La Généreuse ingratitude (1662) ; — L'Amant indiscret ou le maistre
étourdi (1662) ; — Les Rivalles 1662) ; — Agrippa roy d'Albe ou le Faux Ti-
berinus (1663) ; — Pausanias (1697) .
Il renferme donc seize pièces au lieu de douze que comporte Tédition de
1662.
545. REGNARD. LesOEuvres de M. Regnard. Bruxelles, frères
t'Serstei^ens, 171 1. 2 vol. in-12; fig., niar.' rouge jans., tr.
dor. {Petit).
Première édition du théâtre complet de Regnard , imprimée en caract.
elzéviriens , ornée à chaque volume d'un frontispice , gravé par Berterham
d'après B. Picart, et d'une figure sur cuivre à chaque pièce.
Charmant exemplaire , avec témoins.
3. Théâtre italien et espagnol. .
546. DIVIZIO DA BIBIENA. Comedia di Bernardo Divîtio da
Bibiena intitolata Calandra. Stampata in Venetia per Mar-
chio Sesstty m. d. xxxiiii (i534). ln-8, de 47 ff»; ™ar. rouge,
fdé, tr. dor. [Niedréè).
Magnifique exemplaire d'une édition extrêmement rare.
*
547. Les Abvsez, comédie faite à la mode des anciens G>naiques,
premièrement composée en langue Tuscane, et nonunée
Intronati^ depuys traduite en Françoys par Charles Estienne,
et nouuellement reueue et corrigée. À Paris ^ par Estienne
GroulleaUy i549. In- 16, fig. s. bois; mar. vert, comp., tr.
dor. {Bauzonnet).
Pièce fort rare. Très-joli exemplaire, dans une charmante reliure avec
compartiments dits à la rose. De la bibl. Brunet(350 fr.).
548. ANDREINI. L'Adamo. Sacra rappresentatione di Gio. Bat-
tista Andreino Fiorentino. Con priuilegio acT instanza di Gc-
ronimo Bordoni libraro in Milano. 161 3. In-4, fig. s. cuivre;
mar. rouge, comp. à froid, fleurons, tr. dor. {Hardy).
ROMANS DE CHEVALERIE. 175
Première édition de ce poème dramatique qui passe pour avoir fourni à
Milton le sujet et quelques détails du Paradis perdu. Les planches sont exé*
cutées d'après les dessins de Cari' Antonio Procaccini.
549. Celesline en la=[|quelle est traicte des déceptions des se-
ruiteurs [| enuers leurs inaistres, ^ des macqiierelles en=(|uers
les amoureux trâslate dytalie en frâcois (A la fin :) Im-
prime a Paris par Nicolas cousteau imprimeur, tour Galliot
du pre,.. Et fut acheue le pmier iour Daoust Lan mil cinq
cens vingt et sept (1527). In-8, goth., fig. s. bois; mar.
brun, fil., tr. dor. [rel, anqL).
Traduction française, des plus curieuses, de la Tragi-comedia de Calisto y
Melibea espagnole, d'après la version italienne.
550. CERVANTES (M. de). Ocho comedias y ocho entrenieses
nuevos , nunca representados. Compuestas por Miguel de
Cervantes Saavedra, etc. ^iïo 161 5. En Madrid, por la
viuda de Alonso Martin. Pet. in-4j de 4 ff« prél., 267 ff.
chiff. plus I f.; mar. rouge, fiil., tr. dor. {anc, reL).
Première édition, très-rare.
V. ROMANS.
I . Romans français .
A. Romans de chevalerie,
a. JntrodiLction.
551. (BONNOR, Honoré de.) Larbre des batailles. (A la fin :)...
imprime a paris le viii. io^ de iuing Mil. cccc. quatre vlgtz
(): treize [i[\qI^) par anthoirieverard In-fol., goth., fig» s.
bois; mar. vert, fil. à fr., doublé de mar. rouge à large
dent., tr. dor. [Duru).
Édition fort rare de ce beau livre dédié à Charles VIIL Magnifique exem-
plaire, couvert d'une riche reliure : il provient de la bibl. Yemeniz. H.: 0,253.
Le f. de titre et plusieurs £f. à la fin sont restaurés dans les parties blanches.
b. Romans du cycle de Charlemagne et des vassaux.
552. TURPIN (pseudo). Cronique et histoire faicte et composée
par II reuerend père en dieu Turpin archeues[|que de Reims,
lung des pairs de fi'àce ([Contenant les prouesses et faictz
darmes aduenuz en son temps || du très magnanime Roy
176 BELLES-LETTRES.
Charles le grât,autre-| met dit Charlemai-||gae : f de 8oa nep-
ueu Raoulâd|| Lesquelles il redi||gea || comme copilateur du-
dit œiiure. . . (A la fin : ) Imprime a Paris par maistre Pierre
yidouej pour hormeste personne RegnauU c/iauldiere. . . Ce hui-
tiesme iour de luing mil cinq cens, xxvii (iSa^). In-4, goth.;
mar. vert, dent., doublé de tabis, tr. dor.
Édition ori^ale, très-précieuse, de ce livre célèbre qui est une sorte de
roman de chevalerie. Très-bel exemplaire provenant des doubles de la BibL
royale.
S53. FIERABRAS. (A la fin :) Cyjinist Fierahras Imprime a Lyon
par Ia(jues maillet, Lan de ^ grâce MiL cccc, Ixxxix. (1489).
Le xxiiour de millet, Gr. in-4, semi-goth., fig. s. bois ; mar.
violet, comp. etornem. dor. et à froid, tr. dor. {Tliouçenin).
Édition rarissime. Elle est très-importante, car c'est la première et la
seule parmi celles du XV^ siècle qui nous révèle le nom de Fauteur de
cette fameuse compilation qui est pour la Suisse romande le plus ancien mo-
nument de son histoire littéraire. Cet auteur s'appelait Jehan Bagnton et
était de Lausanne : nom inconnu jusqu'ici dans les annales des lettres et que
nous avons la bonne fortune de signaler, croyons-nous, pour la première fois.
Nous avons donné plus haut quelques détails à ce sujet, à roccasion d'un
manuscrit précieux de ce roman en prose (voir le n° 42). Voir aussi aa n^ dû
la description d'un manuscrit de la célèbre chanson de geste de Fetabros
d'Alixandre,
Exemplaire Yemeniz, le seul qui paraisse avoir passé en vente. RaCc. au
bas du 1er f.
5Si. La côqste du grant[|roy Charlemaigne || des espaignes. Et
les vailîjlances des douze pers de|| France. Et aussi celles de [|
Eierabras (sic), (Au \^ du dern. f. :) Cy finist Fierbras (sic)
imprime a lyon près de nostre dame de confort par Pierre ma-'
reschal Barnabas Chaussard imprimeurs ^ libraires. Ltm
de grâce. M, ccccc, ^ ung (i5oi). Le. xxx. de lanuier.
In-/|, goth., fig. s. bois ; mar. rouge, riches comp., doublé
de mar. vert, avec encadrement de feuillage d'or, tr. dor.
(Lortic).
La Conqueste des Espaignes n'est autre chose que le roman de FieraXaui,
sous un nouveau titre. Édition fort rare.
Magniûque exemplaire, avec témoins : il a 235 mill. de haut., tandis celui
d'Yemeniz ne portait que 216 mill. Le titre, le dern. f. (blanc) et q(i. coins
sont habilement restaurés.
355. MORGANT. Histoire de Morgan t le Géant : Lequel avec ses
frères persecutoit souuent les Chresliens... Paris, Nicolas .
ROMANS DE CHEVALERIE. 177
BonfonSj i584. In-4> à 2 col., fig. sur bois; mar. rouge, fil.
à fr., tr. dor. (Bauzonnet).
Exemplaire en parfaite condition provenant de la vente Yemeniz (495 fr.).
556. OGIER LE DANOIS. Ogier le Dannoys duc de||dânemar-
che : qui fut lùg ||des douze pères de france, lequel auec
layde du roy Charlemaigne|| chassa les payés hors de Rome...
(A la fin :) Imprime a Lyon sur le rosne par Claude nourrj ^ dit
le Prince.,. Et fut acheue de imprimer le septiestne iour du
moys de Nouebre. Loji de grâce Mil. ccccc. xxi^ (i525). Pel.
in-fol., golh., à longues lignes , fig. s. bois; mar. rouge, fil. à
comp., doublé de mar. bleu, rich. orn. int., tr. dor. [Lortic).
Édition bien imprimée et d'une grande rareté, dont M. Brunet ne cite
que l'exemplaire de De Bure, vendu 2,200fr. chez Yemeniz : il avait 247 mill.
de haut. Celui-ci est superbe de conservation , avec témoins , et porte 250
mill.
557. MILLES ET AMYS [Amis et Amiles]. Milles (c Amys. || La
très ioyeuse plaisante ^ re||crealiue hysloire des faitz gestes
triûphes^ prouesses des très preux f vaillans cheualiers Mil
les ^ Amys. Et de leurs enfas, cestassauoir Anceaulme ^ Flo-
rissel... (A la fin :)... nouuellement imprimer Lyon sur le
Rosne par Oliuier Arnoullel ^fut acheue le dernier iour de
Aaoust. I^an. mil. CCCCC. liij (i553). ln-4, goth.,à longues
lignes, sign. A-S par 8, ï par 6, 35 lignes à la page, fig. s.
bois; mar. rouge, fil. à comp., doublé de mar. bleu, tr. dor.
{Lortic).
Édition non indiquée au Manuel, et de toute rareté.
Très-bel exemplaire, avec témoins.
558. HUON DE BORDEAUX. Les gestes et faictz || merveilleux
du no||ble Huon de Bor-||deaulx Per de France, Duc de
Guyenne, Nouuellement rédige en bon (| Francoys.. A Paris.
Pour Jean Bonfons. S. d. In-4, golh., à 2 col., fig. s. bois;
mar. bleu, fil., tr. dor. (Trautz-Bauzonnet).
Édition rare. Bel exemplaire, mais un peu court en tête. Race.
559. GUERIN DEMONTGLANE. Sensuyt la tres|Iplaisante hys-
toi[|redu Preux et || vaillant Guerin de Montglaue {sic)... (A la
fin : ) . . . Nouuellemet imprimée a Paris pour lelià TreppereL . .
en la rue neufue nostre dame A lenseigne de Lescude France.
S. d. Pet. in-4, goth., 94 ff., sig. A-V, 38 lign. à la page,
fig. s. bois; mar. rouge, fil. à comp., doublé de mar. bleu,
tr. dor. [Lortic) .
12
178 BELLES-LETTRES.
Édition non décrite. Elle contient à la fin le roman abrégé de Girard de
Viane. Maj^^nîfique exemplaire, très-pur.
560. MEURVIN. Histoire dv prevxet vaillant cheualier Meuruin,
fils d'C^er le Danois , lequel par sa prouesse conquis! Hieru-
salem^ Babilone, et plusieurs aulres royaumes sur les infi-
delles. A Paris^ par Nicolas Bonfons. S. d. (vers i58o). In-
4, à 2 col., fig. s. bois; mar. rouge, fil. à compart.,tP. dor.
[Kœhler) .
Roman rare, dont on ne connaît que trois éditions.
Très-bel exemplaire, de la coll. Yemeniz (310 fr.).
561 . QUATRE FILS AYMON. Les quatre]! filz aymon. (A la tin : )
C/y finist lystoire du preux et vaillàt cheualier [| regfiault de
Montauban, Imprime a lyon sur \ le rosne par Claude nourry,
Lan mil cinq cens et six (i5o6) le seiziesme iour daoast, Gr.
in-4, golli., à longues lignes, fig. s. bois; mar. vert, riches
compart., tr. dor. {Cliambolle-Duru).
Édition précieuse , non mentionnée jusqu'ici par les bibliographes. Elle
se compose de 139 ff. non ch., sign. as par cahiers de 8 if., sauf a qui en a
quatre et s. sept. Les gravures sur bois sont remarquables de composition.
Magniliquc exemplaire, très-gi^and de marges, avec témoins.
562. RENAUD DE MONTAUBAN. Sensuit la côqueste || du tres-
puissât em-|]piredeTresbisôde II et de la spacieuse asie... (A
la fin \)Cj fine,., La Comjuestc.faicle par regnault de Mon-
tauban., , Nouuellemet imprime a Paris par la vefue feulehoji
treperel demourant a la rue neufue noslre Dame a leséigne
delescude France, S. d. (de i52oà 1527). Pet. in-4> goth.,
fig. s. bois; mar. olive, fil. à fr. , doublé de mar. rouge, dent.,
tr. dor. [Kœliler).
Première édition, rarissime. Exemplaire du prince d'Essling, Solar et
Double, fort bien conservé.
863. MABRlAN.Histlioire II singulière f fort recreati||ue GStenât
la reste des faitz z Gestes des quatre filz || Aymon , Regnault,
Allard, Guichara, et le petit Rijlcliard. Et de leur cousin le
subtil Maugis( lequel fut II pape de Rome). Semblablement La
cronicque ^hYstoi||re du cneualeureux preux ^ redouble prîce
Mabrian||Roy dèHierusalezetdeInde la maiour filz deyuon||
roy deHierusalè Lequel fut filz du vaillâtRegnault ||de mon-
tauban... On les vend a paris en la grant salle du palajs :
au premier pillier En la boutique de Galliot du pre libraire
iure de Luniuersite, (A la fin :) Fin de la Cronicque.,. Du
ROMANS DE CHEVALERIE. 179
preux.,. Mabrian... Nouuellement Imprime a Paris par la-
ques Njuerd libraire ayant sa bouticle ioingnàt la Dtniere
Porte du Palays. S. d. (i525). In-fol., goth., à 2 col., fig.
s. bois; mar. rouge, fil., tr. dor. [anc. rel.).
SEUL EXEMPLAIRE CONNU de la première édition de ce roman de
chevalerie important. C'est par erreur que M. Brunet a mentionné un exem-
plaire chez le prince d'Essling : cet amateur n'avait que l'édition de 1530.
Il est fort bien conservé et grand de marges. Sur le titre, la signature de
Daniel Dumonstier, célèbre peintre de portraits au XYII^ siècle. Figures ma-
ladroitement coloriées.
56i. MAUGIST. LHistoire de Mau||gistDaigreinont|| et de Viuian
son||frere. En laquelle est contenu comme Maugist, a laydede
Oriande ||la Feesamye, alla en lisle de Boucaut... A Paris.
Pour la veufue lean Bonfons... S. d. In-4, goth., à lon-
gues lignes; mar. rouge, fil., tr. dor. {Derome).
Édition rare. Exemplaire de Girardot de Préfond, d'Héber et d'Yemeniz.
Piqûres sur qq. marges.
c. Romans de la Table ronde et des Amadis.
565. SAINT-GRAAL. Cest Ihystoire du|) sainct Greaal. Qui || est
le premier liure delà Table ronde... (A la fin ;)... Nouuel-
lement imprime a Paris. Par Phelippe le noir... Et fut acheue
le .xxiiii. iour Doctobre Mil cinq cens vingt et troys (iSsS).
2 tom. en i.vol. pet. in-fol., goth., à 2 col., fig. s. bois;
mar. vert, riche dent., orn. sur les plats, tr. dor. \anc. rel.).
Édition très-rare. Il paraîtrait que c'est la même que celle de 1516, dont
on aurait simplement recomposé le commencement et la fin ; car elles se rap-
portent ligne pour ligne. Le frontispice gravé sur bois porte la croix de Lor-
raine : il représente les fameuses aventures de Virgile et le Jugement de Pa-
ris, où ce dernier est remplacé par le roi François I^r.
Ce superbe exemplaire a appartenu au roi LOUIS XIV : la reliure est par-
semée de L couronnés. Il a été acquis au prix de 3950 fr. à la troisième vente
Techener.
I
566. MERLIN. Le premie [sic)^ [et le second] volume de merliu.
S. l. n. d. (Paris y Férard , 1498)* 2 part, en i vol. pet.
in-fol., goth., à 2 col., fig. s. bois; mar. rouge, fil. à com-
part., tr. dor. (anc. rel.).
Première édition, fort rare et la plus recherchée. Ces deux volumes con-
tiennent en entier Thistoire de Merlin. Le troisième, qui forme un ouvrage
indépendant, mais faisant suite à celui-ci, renferme les Prophéties de Merlin.
Très-bel exemplaire, non lavé.
180 BELLES-LETTRES.
367. PROPHÉTIES DE MERUN. Sensuit || les pphecies || de Mer-
lin Qui est la tierce p||tie et dernière... (A la fin : ) Noimelle-
meut imprimées a Paris y En la grant rue sainci lacques..,
aciieue dimprimer le xxiiii^ iour de Décembre Mil cimi ceritz
,xxviii {i52S). In-4, goth., à 2 col.; inar. rouge, fil., tr. dor.
(/Viedrée).
C'est le troisième volume de l'édition donnée par Philippe le Noir.
Très-bel exemplaire, avec témoins.
568. LANCELOT DU LAC. Le premier [ le second et le tiers]
\olume||De lancelot du lac nouuelleuient imprime a Pa-
ris***. (A la fin du t. P' :) Cjfinist le premier volume de la
table ronde lancelot du lac. Imprime a paris Lan mil quatre
cens quatre vingt z et quatorze (i494)« ^^ premier ious de
luillet pour Anthoine verard Libraire demourant a paris.
(A la fin du t. III :) Cf fine le derrcnier volume,.. Imprime
po^ anthoine verard.., 3 t. en 2 vol. in-fol., goth., fig. s.
bois; mar. rouge, large dent., mors de mar. et dent., tr.
dor. {Le^vis).
Edition à 45 lignes , fort rare. Magnifique exemplaire , de la coll. Yeme-
niz, adjugé 4400 fr. à M. Quaritch.
569. LANCELOT DU LAC. Le premier [le second et le tiers]
volume de Lance|jlol du lac nouuellemêt || imprime a paris.
Mil cinq cens ,xxxiii (i533). On les vend a Paris... par
Philippe le noir... (A la fin :) Cj fine le dernier volume de la
Table ronde... Nouuellement imprime a Paris pour Phelippe
le Noir.,. 3 part, en i vol. in-fol., goth., à 2 col.; mar.
rouge, fil., fleurs de lis, écu de France en mosaïque, dos à
petits fers, tr. dor. {Lortic).
Édition très-rare. Magnifique exemplaire, avec témoins.
570. PERCEVAL. Tresplaisante et Re||creatiue Hystoire || du
Trespreulx et vaillant Cheuallier || Perceval le galloys.., (A
la 2® col. du dernier f. :) Fin du Romant... Le tout nouuel-
lement Imprime a Paris j pour hônestes personnes lelian
sainct denys. et lehan long i s.,. Et fut acheue de Imprimer
le premier iour de Septembre, Lan mildnq cens tretite ( 1 53o) .
Pet. in-fol., goth., fig. s. bois; mar. vert, fil., tr. dor. {une.
rel.).
Seule édition connue de ce roman en prose. Elle est rare et fort recherchée.
Très-bel exemplaire. Les premiers ff. sont courts en tôte.
ROMANS DE CHEVALERIE. 18J
571. ARTUS DE BRETAGNE. Sensuit le preux || cheiialiier
Art'IJdeBretaigne. Traictant de||merueilleux failz. Imprime||
nouellemêt a Paris en la ||rue neufue nostre dame a lê||seigne
de lescu de France, xxxvj . (A la fin :). . . Imprime nouuellement
a Paris par ^lain Lotrian,.. S. d. In-4, goth., à 2 col., fîg.
sur bois; mar. rouge, riches comp., doublé de mar. bleu
aux armes de France, Ir. dor. (Lortic).
Édition fort rare, non indiquée au Manuel, Alain Lotrian exerçait seul à
VÊca de France depuis 1532 jusqu'en 1543.
Superbe exemplaire, avec témoins.
572. GIGLAN. LHystoire de Giglà ||Roy de Gallesfilz|| de mes-
sire Gauuaï || et de Geoffroy son compagnô tous deux che-
ualiers de || la table Ronde... Nouuellement translate Des-
paignol en Francoys. Imprime a Paris par Nicolas Chrestien
demourant en la rue neufue nostre Dame a lenseigne de lescu
de France. S. d. In-4> go^b., fig. s. bois; mar. rouge, fil.
à comp., tr. dor. {anc. relX
Édition fort rare, non indiquée au Manuel. Exemplaire avec témoins.
Qq. taches.
573. GYRON LE COURTOYS (par Hélie de Borron). Auecques
la deuise des armes de tous les cheua^||liers de la table ronde.
Imprime a paris pour j4n(hoine verard.,. S. d. (vers i5oi).
Gr. in-fol., goth., à 2 col., fig. s. bois; mar. rouge, fil à
comp. à la Grolier, doublé de mar. bleu, dent., tr. dor.
{Lortic).
Première édition, fort rare et la plus recherchée.
Bel exemplaire, mais avec le f. de titre et le 8^ f. prél. (blanc au v®)
refaits en fac-similé. D'ailleurs on ne connaît que quelques exemplaires ab-
solument complets. Celui-ci offre une particularité que M. Brunet a constatée
dans un des exemplaires de la Bibl. nat. : les 8 premiers ff. du texte ainsi
que les ff. 12 et 13 (11 et 12 dans l'autre) appartiennent à une autre édition
qui paraît avoir été faite aussi par Vérard, mais en caractères moins forts :
elle reproduit celle-ci page pour page.
574. MELIADUS || De leonnoys... On les vend a Faris... en la
boutique de Galliot du Pre.,, (A la fin : ) ... acheue dimprimer
a Paris le, xxv^. iour du mojs de Nouembre. Lan mil ,
cinq cens, xxviii (iSsS) (au verso, la marque de Galliot du
Pre). In-fol., goth., à 2 col.; veau fauve, a riches compart.
en or et en couleurs , Ir. dor. {Hagué).
Première édition, extrêmement rare. Magnifique exemplaire, très-grand
de marges, et couvert d'une charmante reliure ; le dessin des plats est com-
«82 BELLES-LETTRES.
posé avec beaucoup de goût dans le style Renaissance. H. : 0,322. Cet exem-
plaire avait appartenu aux mêmes personnages que le manuscrit des Aven-
tures des chevaliers de la table ronde que nous avons décrit plus haut (n® 44).
On y lit aussi, sur le titre et à la fin du volume , la signature et la devise
d'un amateur du XYI^ siècle ,| nommé Sallin, qui était assez au courant des
romans de la Table ronde, à en juger par quelques notes (pi'il a mises sur
les marges de qq. ff. du commencement. Le titre porte aussi la signature
d'un I. de Pyochet, avec la devise : In Pace nom hostes, et enfin celle du mar-
quis d'Aix à la Serraz. Le prologue de ce livre porte, en guise de signature,
Tanagramme : Gaing me nuy^ que maître Sallin explique en ces termes :
Cest a dire Jean Guagnim,
575. TRISTAN. Les grandes || proesses du tresvaillant, noble
et ex=||ceHent cheualier Tristan fîlzDu [| noble roy Meliadus
De Leon=||noys. .. Nouuellemet ini^prime a Paris Lan\\ Mil cinq
cens xxxiii (i533). (A la fin) : Nouuellement imprime... Le
dixiesme ioar de Septebre. 2 part, en i vol. in-foi., goth.,
à 2 col.; mar. vert, comp. à la Grolier, tr. dor. (LorUc).
Édition donnée par Denys Janot. Curieux frontispice gravé sur bois (voir
Didot, Catal. raisonné^ n° 607).
Très-bel exemplaire. Qq. race.
576. Le premier livre dv nouueau Tristan , Prince de Leonnois,
chevalier de la table ronde, et d'Ysevlte, princesse d'Yr-
lande, Royne de Cornouaille. Fait françoys, par lan Maugin,
dit l'Angeuin.. . ^ Paris, chez la venue Maurice de la Porie^
1554. In-fol.; mar. bleu, fil., tr. dor. (Kœhler).
Première édition de ce remaniement dédié à Maupas, abbé de Saint
Jean de Laon. Une épître et une ode à lui adressées se trouvent au com-
mencement du volume.
Bel exemplaire, sauf le dernier feuillet restauré. De la coll. Temeniz.
577. ISAIE LE TRISTE. LHistoire de Isaie || le triste filz de
Triljstan de leonnoys. . . (A la fin :)... nouuellemenl Imprime a
Paris : pour lehan Bonfons... S. d. Pet. in-4, goth., à lon-
gues lign., fig. s. bois; mar. bleu, fil., tr. dor. (Trautz^Bau"
zonnet).
Édition rare, exécutée de 1548 à 1572. Très-bel exemplaire. Légers race.
578. CLERIADUS ET MELIADICE. Cy cômence le prologue du
liure de cleriadus et meliadice. (A la fin :) Cy finist le ra^
mant ^ cronique de Cleriadus et Meliadice fille au roy Q den-'
gleterre, Nouuellemet imprime a Paris k huitiesme iour de
may mil\ quatrecens quatrevingz (C quinze (i495). Pour An-
thoine verad (sic) libraire demd^rant sur le pont nostfe d€une
ROMANS DE CHEVALERIE. 183
a limaige sainct lehan leuangeliste . . . In-fol., goth., à lon-
gues lignes, de 94 ff. (le dernier coté xcviij), fig. s. bois;
peau de truie, riches compart. à petits fers à froid, tr. dor.;
coins et fermoirs en argent oxydé; étui en peau de truie
{Trautz- Bauzonnet).
Première édition.
Exemplaire UNIQUE, imprimé sur vélin. Il est orné de trente-cinq mi-
niatures exécutées par un artiste du temps. Les lettres initiales des chapi-
tres sont peintes en or et en couleurs. Il y manquait le premier et le dernier
ff. que le relieur a remplacés par des ff. blancs : il est, en effet, très-probable
que ces ff. étaient blancs , ou bien le premier contenait le titre , et le der-
nier, la marque de Vérard, ce qu'il est impossible de vérifier, car on ne con-
naît de ce beau livre même aucun exemplaire sur papier. En tout cas, le
texte est bien complet et il contient (f» xxxv), chose rare à cette date , une
charmante chanson composée de neuf vers, dont le premier est :
Alez vous en mon désir amoureux !
C'est feu P. Jannet qui a trouvé en 1850 ce livre précieux, et il Ta cédé à
M. Yemeniz. On se rappelle la grande bataille qui a été livrée en 1867, à la
vente de la riche collection du célèbre bibliophile lyonnais , pour la pos-
session de ce trésor en son genre : il a été adyugé à M. Didot pour la somme
de dix mille francs, aux applaudissements de la salle entière.
579. PERCEFOREST. La Tresele=||c;ale Délicieuse || Melliflue et
trespiaisante Hystoire du. . . Roy Perceforest || Roy de la grand
Rretaigne Nouuellemet Imprime a Paris. Mil, v. ces.
xxxjl^iS'ii) (au bas du frontispice :) Egidii^s Gormontii^s.
(A la fin de la & partie :) Cj fine le sixiesme et dernier Vo-
lume des anciennes Crotiicques de la grant Bretaigne... Im-
prime nouuellemenl a Paris ^ et fut ac lieue ce présent volume
le. xmi. iour du moys de Décembre^ Mil cirui ^^^•^« •^•^•^'ï
(i532). 6 lom. en 2 vol. pet. in-fol., golli., à 2 col.; mar.
rouge, riches compart. à la Grolier, doublé de mar. bleu,
dent, à feuillages, tr. dor. (^Lortic).
Seconde édition connue, fort rare. Très-bel exemplaire, bien complet.
Qq. race.
580. AMADIS de GAULE (les vingt-quatre livres). Lyon, Chain-
héry et Parisy iS^S-iGiS. 24 vol. (dont 3 doubles) in-i6,
et 3 vol. in-8. — Le Thresor de tovs les livres d'Amadis do
184 BELLES-LETTRES.
Gaule. Lyon. 1606, 2 vol. in- 16. — Ensemble 29 vol.; mar.
bien foncé, fil., tr. dor. (anc. rel.).
Voici la composition de cet exemplaire :
T. le»" : Lyon, B. Rigaud, 1575; — t. II à VIII : Lyon, Franc. Didier,
1577 ; — t. IX : Lyon, B. Rigaud, 1575; — t. X : Lycm, F. Didier, 1577 ; —
t. XI et XII : Lyon, B. Rigaud, 1576; — t. XIII : Lyon, F. Didier, 1577 ; —
t. XIV : Chambéry, Fr. Poumar, 1575; — t. XV et XVI : Lyon, B. Bigaud^
1577-1578; —t. XVII : Lyon, Et. Michel, 1578; — t. XVIII : Lyon, L. Clo-
quemin, 1579; — t. XIX : Lyon, J. Beraud, 1582; — t. XX et XXI : lywi,
L. Cloquemin, 1581.
Les t. XIII à XXI n'ont paru que dans le format in-16, et c'est avec ces
volumes qu'on complète l'édition in-8 des douze premiers livres.
Cet exemplaire a en double les volumes suivants, complément nécessaire
des précédents : le XVÏ^ livre, trad. par Nie. de Montreux, un jeune homme
de 15 à 16 ans {Paris, J. Poupy, 1577): volume le plus rare de tous; —
le XIX^ livre , trad. par Jacques Chariot {Lyon, L. Cloquemin, 1581) ; — te
XX^ livre, trad. par Jean Boyron (Lyon, A, Tardif, 1582).
Les trois derniers livres de ce roman, qui n'ont paru que dans le format
in-8, sont ici en édition originale (t. XXII : Paris, Gilles Rohinot, 1615;
— t. XXIII : Paris, CL Rigaud, 1615; — t. XXIV : Paris, G. Bobinât, 1615).
Enfin, un dernier complément, le Thresor de tovs les livres d'Amadis de
Gavle.., (Lyon, J.-A. Hngv£tan, 1606, 2 vol. in-16) termine cette collection
qu'il serait pour ainsi dire impossible de se procurer aussi complète, sur-
tout en reliure ancienne et uniforme.
Cet exemplaire aurait fait partie de la bibliothèque de la marquise de Pom-
padour. Il est d'une belle conservation , sauf un certain nombre de coins
race. Il provient de la coll. d'Edward Vemon Utterson.
Le t. VII porte au titre cetle inscription à l'encre : Ce Hure est à Daniel
Dumonstier : c'est le célèbre peintre de portraits au XVII® siècle.
581. FLORES DE GRÈCE. Histoire du tres-vaillant et redovte
dom Flores de Grèce, svrnomnie le chevalier des Cignes,
Second fils d'Esplandian, Empereur de Conslâlinopie : mise
en François par le Seigneur des Essars Nicolas de Herberav,
commissaire ordinaire en Tarlillerie. Reueuê et corrigée de
nouueau outre les précédentes impressions. Paris^ lean
Ruelle, 1573. In-8; mar. fauve, fil., comp. en mosaïque, tr.
dor. (Cape).
Édition non indiquée au Manuel et fort bien imprimée.
Très-bel exemplaire, avec témoins.
582. OLIVIER DE CASTILLE. Oliuier de || Castille. (A la fin :)
Cy fine Ihysloire de oliuier de castille Et de artus dalgarbe
son loyal cô\)aignô Et de helajnefille au roy dagleterre ^ de
henry fdz de oliuier q gras \fais darmes firel en leur téps.
ROMANS DE CHEVALERIE. 185
Dieu leur pardoint^ a tous trespassez. Amen. S. 1. n. d.
In-fol., golh., à longues lign., fig. s. bois; niar. rouge, dou-
blé de mar. rouge, riche dentelle int., tr. dor. (Trautz-Bau-
zonnet).
« Il est dit dans le prologue que maistre Loys Garbin (dit Gruise), citoyen
« et imprimeur de Genesue^ a été sollicité d'imprimer ce roman. Les carac-
« tères sont, en effet, ceux des Sept Sages de Rome, imprimés par lui en
a 1492 (Didot, Catal raisonné, n<» 319) ».
Exemplaire UNIQUE, de toute beauté, avec témoins et non lavé.
583. PALMERIN D'OLIVE. L'histoire de Palmerin d'Oliue, filz
du roy Florendos de Macedone, et de la belle Griane... tra-
duit iadis par vn Auteur incertain de Castillan en Françoys,
mis en lumière et en son entier, selon noslre vulgaire, par
lan Maugin, dit le petit Angeuin. A Paris, pour Flncent Ser-
tenus.. . i553. (A la fin :) Nouuellement imprimé à Paris par
Est. GroulieaUy pour luy^ lean Longis et Vincent S er tenus Li-
braires. In-fol. , fig. s. bois; veau fauve, fil. à compart., tr.
dor. [Bauzonnei).
Curieuses figures sur bois ; le dessin de plusieurs est attribué à Jean
Cousin.
Très-bel exemplaire, réglé.
584. PALMERIN D'ANGLETERRE. Le premier [et le second]
livre dv prevx, vaillant et tresvictorievx chevalier Palmerin
d'Angleterre, filz dv roy dom Edoard... Traduit de Castillan
en François par maistre Jacques Vincent, du Crest Arnauld
en Dauphiné... A Lyon^ par Thibauld Pajen^ m. d. lui
(i553). 2 part, en i vol. in-fol.; veau fauve, riches com-
part. à la Grolier, tr. dor. [Hagué).
Première édition. Magnifique exemplaire, très-grand de marges. H. :
0,329; celui de M. Yemeniz ne comportait que 315 mili.
d. Rcymans de Rome la Grant, ou de V Antiquité.
585. JASON ET MÉDEE. Cest Ihystoire du preux || et vaillant
cheualier Ja=| son filz au noble roy Eson roy de Thebes, et
de samye Medee... (A la fin :) Nouuellement imprime a
Paris par Alain Lotrian... S. d. (entre i532 et i543).In-4>
golh., fig. s. bois; mar. vert, fil. à fr., Ir. dor. {Cape).
L'auteur de ce roman est Raoul Le Fèfre , dont le style a été retouché
dans la présente édition.
U. Exemplaire Yemeniz, avec témoins.
186 BELLES-LETTRES.
386. TROIE LA GRANDE. Le recueil des hystoires deTroye. ||
Le premier volume du recueil des|| stoires (sic) et singulari-
tez deTroye la grande... \jq tout côpose par excellét hysto-
riographe... Raoul le feure... chapellain de... monseigneur
Philippe duc de Bourgoigne. (A la fin :) Finist le recueil,..
Imprime a Lyon par Anthoine du Ry^ le second iour de Dé-
cembre. Lan mil cinq cens vingt x neuf [1^20^. 2 parties en
I vol. pet. in-fol., golh., fig. s. bois; mar. rouge, corop. à
froid, fil., tr. dor. (Ouru).
Très-bel exemplaire de cette édition rare, ornée de curieuses figures sur
bois. Qq. race.
587. FLORIMQ\T. Hystoire (C ancienne || Cronicque de lexcel-
lent roy Florimot filz du noble Ma||taqgas duc Dalbanie. . .
(A la fin :) nouuellement imprimée pour Jehan longis... et
fut acheuee dimprimer le vingtiesme iour Dauril . Lan mil
cinq cens vingt huyt (iSaS). In-4, goth., fig. s. bois; mar,
brun, fil. àcompart., tr. dor.
Première et rare édition d'un des plus rares romans de chevalerie.
Très-bel exemplaire, provenant de De Bure, Morel de Vindé et Yemeniz.
588. ALEXANDRE LE GRAND. ICy cômence lhystoi=:||re du
très vaillât no(|ble preux et hardy |1 roy Alixâdre le grât || ia-
disroy ^ seigneur de tout le monde... (A la fin :) ..nouoelle-
niet imprime a Lyon sur le rosne par Oliuier Arnoullct. S. d.
In-4, goth., à longues lignes, fig. s. bois; mar. rouge, fil. à
riches compart., doublé de mar. bleu, orn. intér., tr. dor,
[Lortic) .
Magnifique exemplaire d'une édition extrêmement rare.
589. JUDAS MACHA BÉE. Les excelléles magnifiques et trium-
phan|]tes croniques. des treslouables et moult vertueux faietz
de la saincte hystoire de bible du tres||preux et valeureux
prince ludas machabeus vng des .ix. preux tresuaillant iuif. ..
(Au r° du dern. f. :)... Imprime a Paris,,, pour Anthoine
bon mère Imprimeur,,, ^ acomply ou moys Daotist. Lan de
Salut Mil cinq Cens et ,xiiii, (i5i4). Pet. in-foL, goth., fig.
s. bois; mar. La Vallière, compart. à froid, tr. dor. {Bau-'
zonnel).
Première édition, rare, ornée de figures siir bois remarquables.
Exemplaire Cigongne , très-grand de marges. Race, aux premiers ff.
590. (DESTRUCnON DE JERUSALEM.) .V. /. n. d. {Lyon,
Guillaume Le Roy ^ vers i48o). In-fol., goth., ff. nonch.,
ROMANS DE CHEVALERIE. 187
sîgn. a-eij, à 24 et 25 lignes par page entière; mar. rouge,
fil., tr. dor. [Padeloup).
Édition imprimée avec les caractères du Doctrinal du temps de Michault.
Le présent exemplaire est incomplet des ff. a et dii, mais il est le SEUL
CONNU. Grand de marges ; celle du bas du dem. f. est rapportée. Race.
591 . LES SEPT SAGES DE ROME. Les sept sages de Rome. ( A la
fin : ) C^ fînist le présent Hure des sept \\ Sages de Romme,
Imprime a Gé^neue. Lan M.CCCC.XCiiii (i494)- Le \\ xxj iour
de lullet. Dieu en soit loue. || Amen. In-foi., goth., de 5^
ff. (le dem. blanc), fig. s. bois; veau fauve, compart. en
or et en couleurs, tr. dor. et cis. {Hagué).
L'une des premières éditions. Elle est ornée de 50 gravures sur bois des
plus intéressantes (voir Didot, Cotai, raisonné, n® 320).
Superbe exemplaire , très-grand de marges , et L'UN DES DEUX CON-
NUS : le second est à la bibl. de l'Arsenal. Qq. race.
592. (LES NEUF PREUX. ) ( A la fin : ) Cjfine le Hure intitule le
trium=^\]f)he des neuf preux... Et \\ a este imprime en la ville
dabbeuil==\\le par Pierre gerard et finy le penut^time iour de
maj lan mil. quatre cj quatre i'ingtz sept (1487). Pet.
in-fol., goth., à:;^ col., fig. s. bois; mar. rouge, riches com-
part. en mosaïque, doublé de mar. bleu à comp. en mo-
saïque, tr. dor. et cis; étui de mar. La Vallière (Lortic).
Première édition , extrêmement rare. C'est le troisième livre imprimé à
Abbeville.
Magnifique exemplaire , dans une superbe reliure.
593. Les neuf preux : || Nouuellement imprime a Paris. (A la
fin : ) Imprime a Paris par Michel le noir... Et fut acheue le
troiziesme lourde décembre. Lan mil cinq cens ^ sept. (iSo-y).
In-fol., goth., fig. s. bois; mar. rouge, fil., tr. dor. (anc.
rel.) .
Seconde édition connue et presque aussi rare que la précédente d'Abbe-
ville. Très-bel exemplaire, de la bibl. Cigongne. Les ff. Oiiii et Riiii sont
transposés.
594. LES TROIS GRANDS. Les troys grans. (A la fin :) Cr
fnent les troy^s grans. Cestassauoir \\ Alexandre. Pompée, et
Charlemaigne . S. 1. n. d. In-4, goth., fig. s. bois; mar.
rouge, fil., doublé de mar. bleu à riche dentelle, tr. dor.
( Trautz-Bauzonnet).
Seule édition connue de ce roman. Exemplaire UNIQUE et très-beau ,
sauf qq. race. Charmante reliure. De la coll. Yemeniz.
188 BELLES-LETTRES.
e. Romans d'aventures.
595. GÉRARD DENEVERS. Lhistoire de tres=|| noble et cheua-
lereux || prïce Gerad (sic) cote || de neuers ^ de relhel ^ de
la II vertueuse et très || chaste prïcesse euriant de sauoye sa
mye (auKlessous, la marque de Hemon le Fevre). (A. la fin :) .. .
Noullement (sic) Iprime a Paris Le .xxiij^ De may. M. ccccc.
XX. (i52o). Pour Hemon le Feure... In-4, golh., fig. s. boîs;
mar. rouge du Levant, fil. àfr., doublé de mar. bleu doré
en plein à petits fers, tr. dor. [Bauzonnet-Trautz).
Première édition connue. Elle est de toute rareté et M. Brunet n'en cite
que le présent exemplaire qui provient de la coll. Solar. Un certain nombre
de ff. soit remargés. La dorure des plats intérieurs Qst d'une grande richesse.
596. CLAMADES. (Au r° du dern. f. :) Cy finist clamades Hure
tresexcellent ^ pi^teux Imprime a Vienne par maistre pierre
\schenck, S. d.'In-4, golh., à longues lignes; mar. vert, fil.
a compart., Ir. dor. [Dura).
SEUL EXEMPLAIRE CONNU de cette édition , mais incomplet du feuil-
let de titre et du cahier d tout entier composé de 8 ff. Une figure sur bois
au vo du dem. f. De la coll. Yemeniz. Qq. race.
597. VALENTIN ET ORSON. Lhystoire des deux nobles et vail=-
lans cheualiers Valenlin ^ Orson enfans de lempereur de
Grèce et ne || pueux au treschrestiê roy de frâce Pépin...
(A la fin :)... Imprime a Lyon p OUiuier Arnoullet Lan
Mil. ccccc. xxxix (iSSg) (^ le xxj de Apuril. In -4, golh.,
fig. s. bois; mar. La Vallière, riches comp. à la Grolier, tr.
dor. {Hagué).
Édition extrêmement rare. Exemplaire avec témoins. Une piqûre de vers
non bouchée, et une autre mal raccommodée.
598. ROBERT LE DIABLE. LA lerrbile (.w) et mer=^||ueilleuse
vie de Robert le Dyable ||filz du duc Haubert de Normadie.
Ï Lequel en son cômencemêt estoit très maul=uais : et après
ùt nomme homme de Dieu. (A la fin :)... Imprime nouuel-
lement a Lyon : par lean Canterel dit Motin^ en la maison de
feu Barnabe Cfiaussard : . . , i545. Pet. in-4, golh., fig. sur
bois; mar. orange, compart. en or et à fr., tr. dor. {Du-
ru-Ctiambolle).
Édition de toute rareté , non indiquée au MantieL Très-bel exemplaire ,
avec témoins.
ROMANS DE CHEVALERIE. 189
599. GUILLAUME DE PALERME. Lhystoire du noble et preulx
vaillant cheualier Guillaunie de Palerne [sic)^deh belle Me-
lior... (A la fin :) Imprime nouuellement a Lyon, Le viij de
luing Mille, ccccc. et lij [i 552) par Oliuier Arnoullet, Pet.
m-4j go^h., fig. s. bois, mar. brun; comp. à froid, tr.
dor. {purU'Chambollé),
Première édition connue, de toute rareté. M. Brunet ne cite que l'exem-
plaire de la bibl. de l'Arsenal. Celui-ci est très-beau , mais a le titre refait
en fac-similé.
600. HUGUES CAPET. Ein lieplichs lesen vnd ein||warhamige
Hyslorij wie||einer (d' da hiesz Hug Schapler vn wz metz-
gers gschlecht) ein gewalliger kùng||zu Franckrich ward...
(A la fin : ) In dem iar M, Vc . . disz bûcchlin getnïckt vmi
seliglichen geendet durch Huns GriXningern in der kaiserli-
chen frjen Statl Strasburg (i5oo). In-fol., goth., fig. s.
bois; mar. lie de vin , fil., orneni. en mosaïque sur les plats,
tr. dor. [Lortic).
Le texle original de la chanson de geste de Eugues Capet^ composée vers
1340, n'a été publiée que de nos jours, par le marquis de La Grange (Paris,
1864, in-16), d'après le seul manuscrit connu. Il n'en existe aucune traduction
en prose française, mais a été traduit en prose allemande vers 1440, par Eli-
sabeth de Lorraine , comtesse de Vaudemont, mariée au comte de Nassau-
Saarbruck. L'édition ci-dessus est la première de cette traduction publiée par
Conrad Heindôi-ffer. Elle est ornée de 36 grandes figures sur bois, et les
exemplaires en sont presque introuvables. Celui-ci est magnifique et avec
témoins.
601 . MELUSINE nouuelle||mêt corrigée et im-||primee a paris
Par pierre le Caron-(| (au-dessous, la marquede Jehan Petit).
(A la fin :) Cj jiniu Ijsloire de melusine nouuellement Im-
primée a Paris par Pierre le Caron Demeurant en la rue de
la iuj-rie.^.S. d. (vers il\g5), In-fol., golh., à longues lignes,
fig. s. bois; cuir de Russie, fil., tr. dor. [Trautz-Bauzonnet).
Édition fort rare de ce roman dû à la plume de Jean d'Arras.
Exemplaire grand de marges. Piq. de vers race, et le dem. f. remargé.
602. (MÈLUSINA.) Das abenteiirlich bûch beweisetvns vo||einer
frawen gênant Melusina... (A la fin :) Getruckt vnd vollendt
von loliannibàmlerzu Augspurg,.,Annodiii M. CCCC. LXXX.
iar (i48o). In-fol., 'goth., fig. s. bois; mar. rouge, riche
dent., tr. dor. [reU angl.).
« Édition non citée au Manuel de ce roman de chevalerie. Les gravures
i90 BELLES-LETTRES.
a sur bois sont singulières par leur rudesse et leur extrême archaïsme. Elles
« sont exécutées dans la manière des xylographes primitifs (Didot , Catal.
a raisonné, n» 10). »
Cette traduction a été faite sur l'original français par Thûring von Ring-
geltingen. Magnifique exemplaire , très-grand de marges.
603. GEOFFROY A LA GRAND DENT. Sensuyt les failz et
gestes des || nobles coquestes de Geoffroy a[| la grât dêt sei-
gneur de Lusignen (sic) \\ ^ sixiesme filz de Raymondin côjjte
dudict lieu Z de Melusine. (A la fin :) Imprime a Lyon sur le
Rosne près nostre dame de côfort par Oliuier Arnoullet. Le,
xxi^. de Octobre. Mil. CCCCC. xlix (i549). ^""4^ g^th., fig.
s. bois; mar. vert, fil., tr. dor. {aux armes de Marlbo-
rough).
La plus ancienne édition connue de ce roman. Elle est de toute rareté. Le
héros du roman est Geoffroy II de Lusignan, fils de Geoffroy I®' et d*Eustache
Chabot. D'après la légende, il aurait été fils de la fée Melusine. C'était un
fameux guerrier du milieu du XlIIe siècle; il eut môme l'audace de se mettrç
en révolte contre le roi saint Louis.
604. BAUDOUIN DE FLANDRES. (Au r° du 5^ f.:) Cy com-
mence le Hure || de baudoyn conte de flan|ldres Et de ferrant
filz au [| roy de porlingal qui après || fut conte de flandres.
(A la fin :) . . . Impresse a lion sur le rosne & fini le douzeiesme
iour du moys de nouembre là courant mil iiii cens Ixxviii
(1478) (par Bar th. Buy er). Pet. in-fol., gotli., à 2col.; mar.
rouge, riches compart., doublé de mar. bleu, avec riches
orn. aux angles et au centre, tr. dor. {Lortic),
Première édition. Magnifique exemplaire, réglé. Piq. devers race.
605. PARIS ET VIENNE. Paris et la belle || Uienne. (A là fm : )
Cj finis t Ihjstoire du [tresualllat cheualier Paris et de la belle
Vienne fille du daulphin de viennq/s... Imprimée a Lyd sur
le rosne par Claude nourry alias le prince. Le. xxvi. iour de
Auril. Lan. M. CCCCC. & xx.{\^i6).\xi-l\'i goth.,fig. s. bois;
mar. bleu, comp., tr. dor. {Bauzonnet).
Édition extrêmement rare. Exemplaire d'Armand Bertin, Tun des deux
que signale le Manuel. Race.
606. IROIS FILS DE ROIS. Sensuit le Hure des || trois filz de
Roys II cest assauoir de fra==||ce, || dangle terre, et descosse ,
lesquelz en leur ieu^|nesse pour la foy crestiêne eurêt de
glorieuses vi||ctoires sur les turczau seruice du roy de cecille
Il leql fut fait après vng des lecteurs de lempire. (A la fin:)..«
ROMANS DE CHEVALERIE. 191
Imprime nouuellé^ment a Paris par Alain Lotria Imprf^meur
et libraire demouraten la rue neuf^ue nostrè dame a leseigne de
lescud* Frace. S. d. (entre i532 et i54o). In-4, goth., fig.
s. bois; mar. rouge, fil., orneni. ettr. dor. {anc. reL).
Édition de toute rareté, non indiquée au Manuel.
Très-bel exemplaire. Les figures sont coloriées.
607. FLORENT ET LYON enfans|| de lempereur de romme. ||
X. ca. (au-dessous, une grande grav. s. Dois). (A la fin :) Cj
finist Ihistoire de Florent et Lyon. Nouuellemet || imprime a
Paris en la rue^Neufue nostre Dame a len\\seigne de lescu de
France, In-4, goth., à 2 col. de 39 lignes à la page, de 42
ff.,fig. s. bois; mar. rouge jans., doublé de mar. rouge,
doré en plein à petits fers, tr. dor. {Cape).
Première édition , non citée au Manuel et rarissime. Elle est sortie des
presses d*Alain Lotrian, vers 1532-40.
Magnifique exemplaire, avec témoins.
608. HÉLÈNE DE CONSTANTINOPLE. Le Romant de la [j belle
Helaine de || Constantinople || Mère de Sainct Martin de
Tours en Touraine, p de Saint Brice || son Frère. XL Ca. A
Paris. Chez Simon Caluarin^ rue Sainct lacques a lenseigne
de la Rose blanche couronnée. S. d. In-4, goth., à 2 col.;
mar. vert, fil. à comp., tr. dor.] {Trautz-Bauzonnct).
La date de cette édition fort rare se rapporte à l'intervalle compris entre
1553 et 1593.
Exemplaire réglé, grand de marges. Qq. race. De la bibl. Yemeniz.
609. BERINUS. Sensuyt la descripl||ion en forme de ro=||mât
de Ihystoire du || noble cheuallier Berinus. Et du vaillant , et
très II cheualereux chàpion Aygres de laymant son filz||...
Nouuellemet réduit de langaige incôgneu au vulgaire lan-
gage firâcoys... (A la fin :)... Imprime nouuellemet a paris
pleha lannot (sic)... In-4, goth., à 2 col., fig. s. bois; mar.
bleu, fil. à fr., tr. dor. {Niedrée).
On apprend par le privilège , imprimé au verso du frontispice, que ce
livre a été achevé le 18 décembre 1521. C'est la plus ancienne édition de ce
roman. Le Manuel n'en cite aucune adjudication.
Exemplaire Yemeniz. Le dern. f. est réparé.
610. LE CHEVALIER DORÉ. La plaisante et amoureuse his-
toire du cheuallier dore, et de la pucelle surnommée cueur
dacier. (A la fin :).. nouuellement imprimée MDXLII (i542).
192 BELLES-LETTRES.
Pet. in-8, lettres rondes; fig. s. bois; mar. rouge, fil. , dou-
blé de mar. bleu , dent., tr. dor. (^Trautz-Bauzonnet).
Édition rare de ce roman qui n'est qu'un épisode de celui de Perceforest.
Exemplaire Yemeniz, couvert d'une élégante reliure.
6ii. PIERRE DE PROVENCE. Au nom de nostre || seigneur
ihûcrist cy conmence listoi||redu vaillant cheualier || pierres
filz du conte de ||prouence et de la belle || maguelonne... Et
fut II mis en cestui lâgage lan || mil CCCC Ijjj en lama||niere
qui sensuit (par Bernard de Treviers). (A la fin :) Cjrfinist le
liun & lyê^oire de pierre filz du cd\te de prouece S' de la bel\\le
fïiagueloruie fille du ^rof de naples, Dec gracias. S. 1. n. d.
In-fol., golh., à 2 col.; mar. rouge, fil. à fr., tr. dor. {Duru)d
Édition imprimée avec les caractères dont s'est servi Bart. Buyer à Lyon
vers 1478.
UNIQUE exemplaire complet, provenant des bibl. du prince d'Essling et
d'Yemeniz. Il est ma^ifîque de grandeur et de conservation ; les deux dern. ff.
réparés dans les marges.
6i2. La belle Maguelonne. (A la fin :) Cy finist le Hure et hjstoire
de Pierre filz du conte de Prouence, et de la belle Mague-
lonne fille du rojrde Naples. Imprime a Rouen, par Richard
Goupil. Pour Michel Angier LibraJre & relieur de luniuersite
de Caen^ demourani audit lieu... Pour lehan Mace libraire :
demouranl a Rennes^... Et pour Richard Mace : demeurant a
Rouen... S. d. (vers i53o).Pet. in-4, goth.; mar. vert, fil.,
riche dent., Ir. dor. {Hauzonnet).
Édition extrêmement rare. Exemplaire d'Armand Bertin. Très-pur.
613. GUERIN MESQUIN. Le premier liure de Guerin Mesquin. ||
La tresioyeuse plaisan||te z recreatiue liystoire des faitz, ges-
tes, triumphes || X prouesses du très preulx z vaillat cheua-
lier Gue=||rin par aduent nomme ||MesquinfilzdeMilloude||
Bourgogne, prince de Tarante , z en son temps roy || Dal-
banye... traduyct || de vulgaire Italien en langue Francoyse.
Par hô=||neste personne Jehan Decuchermoys... On les vend
a Lyon en la boutic=^ue de Romain Morin. (A la fin :)...
acheue de Imprimer le. x\?i. de Auril. Mil. ccccc. et. xxx.
(i53o) par Oliuier Arnx)ullet. Gr. in-4 > goth., fig. s. bois;
mar. rouge, riches comp. à la Grolier, doublé de mar.
orange, dent. àfeuilL, tr. dor. [Lortic).
Première édition, fort rare.
A la suite de la souscription, on lit : Smsayi em/cun brieftraicte du voyage
ROMANS DE CHEVALERIE. 193
de Hiernsakm de Rome. Et de Môsieur sainci Nycolas de bar en Poullie. Le
titre de ce traité porte : Sensuyt le sainct voyage de Uierusalem; il occupe les
6 derniers ff.
Magnifique exemplaire, très-pur et avec témoins.
614. GÉRILÉON D'ANGLETERRE. Le premier livre de la plai-
sante et délectable histoire de Gerileon d'Angleterre... Nou-
iiellement mis en François par Estienne de Maison-nevfve
Bordelois. j4 Paris j Par lean Borel^ i5']2. Pet. in-8, de
i56fF.; veau fauve, fil., tr. dor. {Kœhler),
Première et rare édition de ce roman. Elle n6 contient que le premier
livre. Très-bel exemplaire.
6i5. Le premier [et le second] livre de la plaisante et délecta-
ble histoire de Gerileon d'Angleterre... A Paris ^ Chez lean
Houzé^ i586. 2 vol. pet. in-8; mar. rouge, fil. orn., tr.
dor. {Mackenzie).
Première édition complète , contenant les deux livres. Elle est extrême-
ment rare. *
Très-bel exemplaire, non lavé, provenant des doubles de la bibl. du roi.
616. THESEUS DECOIjOGNE. LHystoireTresre-creatiue: traic-
tant II des faictz ^ gestes || du Noble ^ vaillant Cheualier The-
seus de Coulongne... A Paris, Pour Jehan Bonfons. S. d.
2 t. en I vol. in-47 goth. , à 2 col.; veau fauve, fil. , tr. dor. {Pa-
deloup).
Bel exemplaire d'un roman qui n'a eu que deux éditions. Fort rare.
f. Chroniques romanesques.
617. BERTRAND DU GUESCLIN. Bertrand du guesclin. (A la
fin : ) C/ finis t le Hure des faiz de mes sire Bertrand du gues-
clin cheualier Jadiz connestable de france et seigneur de Ion-
gueuille . S. 1. n. d. In-fol., golh., à 2 col., de 35 lignes, de
88 ff., sign. a-o, fig. s. bois; mar. rouge, fil. à froid, dou-
blé de mar. vert, riche dent., tr- dor. (Bauzonnet).
Première édition, fort rare. Les caractères paraissent appartenir à l'un
* des premiers imprimeurs lyonnais du XV^ siècle.
Magnifique exemplaire, provenant d'Armand Bertin. Le dernier f., conte-
nant la môme gravure sur bois que celle qui se trouve au v° du l^r f,, est
refait.
618. Bertrand du Guesclin. Les prouesses et vaillàces du |
et vaillât cheualier Ber[|lrand du Guesclin. làdis con
preux
Inesta-
13
idA BELLES-LETÏRES;
ble de France... (A la fin : )... Imprime nouuellemet a Lyon
par OliiUer /irnoullet. Et fat acheue le, Xidii. tour de May.
MU.CCCCC.&xxix{\^i(^, Pet. in-4>goth.,fîg^. s.boîs;inar.
rouge, fil. àcomp/, tr. dor. {Bauzonnet).
Édition presque aussi rare que la précédente. Très bel exemplaire y avec
témoins. De la bibl. du prince d'Essling.
B. Romans de divers genres , Contes , Nouvelles , etc.
> ... '
619. (LA SALLE , Arit. de. ) LHysloyue et plaisante cronicque ||
* du petit lehan de sainlre, de la ieune dannie des belles cou-
sines sans II autre nom nommer, auecques deux autres pe-
tites hysloires de mes|]sire Floridan et la belle Ellinde, et
Textraict des cronicques de flandres... (A la fin :)... N'ou-
uelleinent Imprime a paris par Michel le noir. . . Le quinziesme
iour de Mars Lan mil cinq cens & xm. (i5i7). Pet. în-Foi.,
golh., à 2 col., fig. s. bois; mar. rouge, comp. à la Gro-
lier, doublé de mar. bleu, rich. orn. int., tr. dor. (Lorlic).
Première édition connue de ce joli roman ; elle est aussi la plus rare et la
plus recherchée. L'exemplaire du duc de La Vallière a été Vendu 3,455 fr.
chez Solar. Celui-ci est grand de marges et d*une conservation parftdtie.
620. (LA SALLE, Ant. de.) Lbystoîre Z cronid|que du petit
le-liâ de sainlre z de la ieune dame des beUes cousines...
y4 Paris. Pour Jehan honfons.., rue neufue nostre Dame a
Lenseigne sainct Nicolas (i553). Pet. in-4, golh., à a coL;
mar. bleu, fil. àfr., doublé de mar. rouge, riche dent., tr.
dor. (puru).
Édition rare. La date de 1553 se trouve dans une souscription qui précède
la table. '.-. '^ , :.
Exemplaire très-pur, mais avec de petites marges. ....
621. JEHAN DE PARIS. Sensuyt ung tres.||beau z excellêtro||
mant nomme Jehan de Paris Roy de Francc||... (Au v*
du dern. f. :) Cy fiiiisl.». Imprime nouuellemcnt a Lyon par
Pierre de saincte Lucie , dict le Prince près nostre dame de
Confort. S. d. (avant i5^2). Pet. in-4, goth.,à longues lignes,
fig. s. bois; cuir de Russie, fil., tr. dor. (^aux calmes rf^Ux-
terson).
Nous avons dit plus haut (n® 47), en décrivant un important mamiscrit
de Jehan de Paris , que c'est un des meilleurs et des plus anciens romans
français dans le genre comique. Depuis que M. de Môntaiglon a établi avee
'beaucoup de probabilité que le sujet de cette charmante- œuvre littéraire ^est le
ROMANS, CONTES, NOUVELLES, ETC. 195
mariage de Charles Vin avec Anne de Bretagne, il ne convient plus de la
classer aux romans de chevalerie : elle est absolument originale et ne doit
rien aux chansons de geste.
L'édition ci -dessus est la plus ancienne que Ton connaisse de ce roman.
Elle est extrêmement rare et il y a une trentaine d'années on en ignorait
même l'existence.
Très-bel exemplaire, avec témoins. De la coll. Yemeniz.
622. Les cent nouuelles, nou||uelles. Contenant en soy || Cet cha-
pitres et hystoires, ou nou||ueauIx comptes plaisans f recrea||
tiz {sic) pour deuiser en toutes conipai||gnies par ioyeusete.
(Au r° du dernier f . : ) ty finissent lès cet uouueaux (sic)
comptes des cent nouue/les nouuelles. . . . Imprimes a paris Par
lehan trepperel Imprimeur et libraire.,. S. d. (entre iAqi
et i5i i). 1ji-4j goth., à 2 col., fig. s. bois; wiar. brun jans.,
tr. dor. (re/. angl.) .
Édition fort rare, imprimée par Jean I®»* Trepperel. C'est sans doute* la
plus ancienne dans le format in-4*'.
Exemplaire très-pur, de la bibl. Solar.
623. Les Cent nouvelles nouvelles... Cologne^ Gaillard y 1701.
2 voL pet. in-8, front, et fig. en taille-douce ;. mar. citron,
fil., tr. dor. {Deromé).
Édition recherchée pour les figures de Romain de Hooge. Très-bel exem-
plaire, avec les vignettes tirées à part.
624. Le droict che||min de Lopi-||tal , Et de ceulx qui en || sont
possesseurs z héritiers. S, L n, rf. In-8, goth., de 8 ff.; mar.
violet, fil., tr. dor.
Pièce en prose terminée par quatre vers. Fort rare.
Exemplaire avec témoins au bas, mais mal rogné en tête. De la bibl.
Yemenis.
625. (RABELAIS.) La vie inestimable du grantOnrgantua, père
de Pâtagruel, iadis côposee par L'abstracteur de quinte es-
sence. Liure plein de pantagruelisme M.D.XXXVII. On les
vendu Lyon cliés Francoys Liste , deuant nostre Dame de co/i-
fort. In- 16, goth., de 1 19 ff. ch.; mar. citron , orn. sur les
plats, tr. dor. (Trautz-Sauzonnet).
Édition fort rare, qui reproduit celle de 1535, la plus ancienne connue
avec date de ce premier livre de Rabelais.
Très-bel exemplaire, réglé, ayant appartenu à Madame de POMPADOUR
dont les armes, qui étaient sur l'ancienne reliure, ont été adaptées à l'inté-
rieur de la nouvelle.
196 • BELLES-LETTRES.
626. (RABELAIS.) La vie très hor||rificque du grand Gargan-||tua ,
père de Pantagruel iadiscôposee par M. || Alcofribas abs-
trac-||teur de quinte essence. Liure plein de Pantagruelisme.
M. D. XLIL On les vend a Lyon chez Franco js Juste ^ deuat
nostre dame de Côjort. (A la fin : ) Imprimé a Lyon par Fra-
coys Juste. — Pantagruel , || Roy des Dipsodes, restitue || a
son naturel , auec ses faictz || et prouesse^ espouenta|]bles :
côposez par feu y M. Alcofribas || abstracteur || de quinte || es-
sence. M.D.XLIL On les verula Lyon citez Francoys Juste. . ,
— 2 part, en i vol. in-i6,goth., fig. s. bois; mar. rouge,
fil. à comp. dor. à petits fers , doublé de mar. citron, dent.,
Ir. dor. [TrautZ'Bauzonnet).
Édition de toute rareté , dont il est extrêmement difficile de trouver les
deux parties.
Magnifique exemplaire, très-grand de marges, couvert d'une délicieuse
reliure. Il provient des bibl. de Glinchamp, Solar, Double et Desq. H. : 0,103.
627. (RABELAIS.) La Plaisante et ioyevse histoyre du grant
Géant Gargantua. Prochainement reueue, et de beaucoup
augmentée par TAulheur mesme. ^ Lyon, chez Estienne Do-
let, i542. — Pantagruel, roy des Dipsodes, restitvé à son
naturel.... Plvs Les merueilleuses nauigations du disciple
de Pantagruel dict Panurge. ^ Lyon y chés Estienne Dotet^
i542. — 2 tom. en i vol. in-i6, fig. s. bois; mar. vert,
rich. orn. sur les plats, tr. dor. [Niedrée).
Édition précieuse et rarissime, dont on trouve difficilement les deux
parties ainsi réunies.
Très-bel exemplaire, bien complet.
628. RABELAIS. Le Qvart livre des faictz et dictz Héroïques
du bon Pantagruel. Composé par M. Francoys Rabelais doc-
teur en Medicine. Auec priuilegedu Roy.' i552. (A la fin :)
A Rouen, par Robert Falentin, IJbraire. In-i6; mar. ci-
tron, fil., tr. dor. (Cape).
L'une des premières éditions de ce livre complet. Joli exemplaire. Un
certain nombre de ff. habilement remargés en tête.
629. (RABELAIS.) La plaisante et ioyevse histoyre du grand
Géant Gargantua... — Second livre de Pantagruel... — Tiers
liure des Faictz.... du noble Pantagruel. Faïence, Claude La
Ville, 1547. ^ ^oxxï. en i vol. in-i6, fig. sur bob; mar.
brun , fil. à fr., tr. dor. [Lortic).
Contrefaçon, faite au commencement du xvii^ siècle^ de rédition de Va-
lence.
Très-bel exemplaire.
ROMANS, CONTES, NOUVELLES, ETC. 197
630. RABELAIS. Les OEvvres de M. François Rabelais, Docteur
en Médecine. Contenant cinq Hures de la vie, faictz et dicts
Héroïques de Gargantua , et de son filz Pantagruel. Plvs
la prognostication Pantagrueline, auec TOracle de la diue
Bacbuc, et le mot de la Bouteille... Le tout par M. Fran-
çois Rabelais. A Lyon^ Pour Pierre Estiard^ i574. 3 tom.
en I vol. in-i6; mar. bleu, fil. à fr., tr. dor. {puru).'
La troisième partie porte au titre cette adresse : A Anvers^ 'par François
Nierg, 1573. Très-bel exemplaire.
531. CRÈNNE (Helis. de). Les OEvvres de ma dame Helisenne
de Crenne... A sçauoir, Les angoisses douloureuses qui pro-
cèdent d'amours. Les Espistres familières et kiuectives. Le
songe de ladicle dame. Le tout reueu et corigé de nouueau
par elle. A Paris, par Est. Grouleau, i55i. In-i6, fîg. s. bois;
mar. orange, fil. à comp., tr. dor. (TrautZrBauzormet).
La première vignette est la même que la SS"" du délicieux petit volume
intitulé V Amour de Cupido et Psiché dont les ravissantes gravures sur bois
ont été exécutées d'après Jean Cousin.
Charmant exemplaire.
532. MARGUERITE D'ANGÔULÊME. L'Heptameron des Nov-
velles de tresillvstre et très excellente princesse Margverite
de Valois, Royne de Nauarre... Paris ^ Gilles Kohinot {i55g),
(A la fin : ) Imprimé à Paris y par Benoist Preuost,.. iSSg;
mar. La Valliere clair, fil., riches compart. semés de mar-.
guérites, doublé de mar, orange à riches ornem., Ir. dor.
(Hard)'Mennil et Marias Michel).
Édition originale des 72 nouvelles ; c'est la même dont il y a des exem-
plaires avec les adresses de V. Sertenas ou de J. Gavellier. Elle est extrême-
ment rare.
Exemplaire grand de marges, très-pur, sauf. race, au titre. H. : 0,221.
633. MARGUERITE D'ANGOULÊME. L'Heptameron [|des nov-||
velles de |l tresillv|)stre et || lres||excellenj]te prin-||cesse , Mar-
gverite Il de Valois, || royne de Navarre. Imprime (sans lieu
d'impression ni nom de libraire) M.D.LX. (i56o). In-i6,
de i6 ff. et 726 pp.; mar. rouge jans., tr. dor;
De toute rareté. M. Brunet dit : a Édition peu connue, décrite par
Ebert », et il n'en cite aucune adjudication.
Très-bel exemplaire, avec témoins. Qq. marges restaurées.
\U. MARGUERITE D'ANGOULÊME. Les Nouvelles de Margue-
rite. Reine de Navarre. Berne , IVoui^elle Société typographi-
f98 BELLES-LETTRES.
qucj 1 780-8 ï . 3 vol . în-8 , avec fig. gr. par de Loogiieil , etc. ,
d*apres Freudenbei^, et front, et cius de lampes d'après
Dunker; mar. bleu, fil., tr. dor.
Magnifiqae exemplaire, a^ec témoins. Trës-joiies épreuves.
63o. LA FONTAINE. Les Amovrs de Psiché et de Cupidon , par
M. de La Fontaine. Paris^ CL Barhin^ i66g. ln-8; veau
brun (fl/ie. re/.); étui de mar. La Vallière {Lortic).
Première édition et la seule publiée du vivant de Tauteur. Elle contient
aussi en original le poème d'Adonis qui est le complément naturel du précé-
dent.
Précieux exemplaire comme ayant appartenu à LA FONTAINE lui-même
qui a écrit sur les marges de nombreux changements qu'il voulait introduire
dans son œuvre. Beaucoup de vers sont remplacés par d\iutres. Les correc-
tions de style sont de peu d*importance ; elles sont rares surtout dans le texte
en prose, texte qui avait été très-travaillé, et en effet, La Fontaine ayoae dans
sa pré£aice que la Prose, bien qu'elle soit la langue naturelle des hommes, loi a
coûté autant que ses vers. La modification la plus considérable dans cette paj^
tie se trouve à la p. 34 où le poète a biffé 10 lignes commençant par : c GeUi
devoit estre beau », et a écrit en mai^e : < (Hiez ghIol dans une réimpres-
siùti 1.
Cette réimpression ne fut faite que longtemps après sa mort, et le nouvel
éditeur n'avait pas â sa disposition les corrections indiquées par l'auteur dans
le présent exemplaire, corrections qui demeurent entièrement INÉDITES.
636. FÉNELON. Suite du qaatriénie livre de l'Odyssée d'Ho-
mère , ou les Avantures de Telemaque fils d'Ulysse. j4 Pa-
ris^ chez la veu^e Claude Barbin^ 1699. In- 12; mar. cilron,
fil., Ir. dor. {Loriic).
Édition originale de la pi*emière partie du Télémaque.
Très-bel exemplaire.
637. FÉNELON. Les AvanturesdeTelemaquefilsd'Ulysseou Suite
du quatrième livre de TOdyssee d'Homère. Suivant la copie
de Paris à la Haye chez Adrian MoetjenSy 1699. 5 part, en
3 vo). in- 12; mar. citron, fil., tr. dor. [anc. tel.).
La première partie est de la deuxième édition faite sur celle de^ Paris,
avant la rectification des titres courants; les quatre parties suivantes sont en
éditions originales. La II^' suite du t. 11 a été ti'ansposée'à la reliure avant la
l'e suite du même vol.
Exemplaire aux armes de la comtesse de Verrub ; le premier voliuae est
notablement plus C3urt que les deux autres.
638. FÉNELON. Les Avantures de Télémaque, fils d'UIysséF. Par
feu Messire François de Salignac de la Motte Fenelon^.. Pre-
ROMANS ÉTRANGERS. ^99
miere édition conforme au Manuscrit original. Paris ^ Fia-
rentin Delaulne^ ^1^1- ^ vol. in- 12, portrait et fig. s. cui-
vre; veau fauve, fil., tr. dor.
La plus belle de toutes les anciennes éditions de Télémaqae.
Exemplaire grand de marges et très-pur.
639. FÉNÈLON. Les Aventures de Télémaque, fî)s d'Ulysse, par
M. de Fénelon. Paris,, fie l'Imprimerie de Monsieur [P. Fr.
Didot jeune) ^ i79o« ^ ^^l* g^« i^^-S, porlr. et fig. en taille-
douce; mar. rouge, fil. à compart., doublé de tabis, tr. dor.
(Bozérian).
Exemplaire sur papier de Hollande , avec les figures de Mari Hier avant la
lettre.
640. La Fluste de Robin en laquelle les chansons de chasque
me&tier s'égaient , vous y apprendrez la manière deiouër de
la fluste, ou bien de vous en taire avectrailz de paroles dignes
de vostre veué si les considerez..4y. /. /%. d. Pet. in-8; mar.
^ vert, fil., tr. dor. {Simier),
Facétie d'une rareté extrême , écrite vers la fin du XVII« siècle. Exem-
plaire ayant appartenu successivement à Charles Nodier, au prince d*Ess-
Ung et à J.-Ch. Brunet.
64i.. (MONTESQUIEU.) Le Temple de Gnide. Nouvelle édilion
avec figures gravées par N. Le Mire d'après les dessins de
Ch. Eisen. Le texte gravé par Drouet. Paris ^ chez le Mire^
grosseur ^ ï??^. Gr. in-8; veau éc, fil., tr. dor. {Derome).
Très-bel exemplaire. La 2o pi. de Céphise (p. 103) est de premier tirage,
avec la légende : Embrassez^moi,,.
2. BomanSy Contes j etc. y étrangers,
642. LEONE. Léon hebriev (Abarbanel) de Tamovr (traduit
par Ponthus de Thyard). ^ Ljon, par lean de Toi^rneSy 1 55 1 .
2 t. en I vol. in-8; mar. noir, riches compart., tr. dor.
(anc. reL).
Exemplaire aux chiffres couronnés de LOUIS XIII et d'ANNE d' AU-
TRICHE. Au milieu des plats, on a frappé les initiales H. D.
Le dernier f. (fin du privilège) a été arraché; un mot coupé au titre.
643. BOCCACCIO. Il Decamerone de M. Giovanni Boccaccio,
novamente correttocon tre novelle aggivnte. (A la fin : ) Im-
presso in Vinegianelle case d Aldo Romano, et d Andréa Aso--
200 BELLES-LETTRES.
lanosuo socero nelV anno M. D. XXII. Del mesedi Nouembre.
Pet. in-4; mar. rouge du Levant, fii. et compart. à froid,
avec l'ancre Aldine sur les plats^ tr. dor. (Cape),
Édition à la fois belle, rare, et recherchée.
*" Magnifique exemplaire, très-pur.
644. BOCCACE. LeDécameron de Jean Boccace (trad. par Ant.
Le Maçon). Londres (Paris), 1757. 5 vol. in-8, fig.; mar.
rouge, fil., tr. dor. [Deromé).
Cette édition renfermie ensemble 116 pi. et autant de vignettes d'après
les dessins de Gravelot , Boucher , Eisen et Gochin. Très-belles épreuves.
645. BOCCACE. Fflammetle(5/c)côplaînte des tristes amours de
Flâmette a son amy Pàphile, Translatée Ditalien en vulgaire
francoys. On les vend a Lyô par Claude Nourry, dict le
.Prince : près nostre dame de Côfort. Zyo/i, Cl. Nourry^
i532. Pet. in-8, goth., fig. sur bois; mar. rouge, fil., tr.
dor.
Rare. Très-bel exemplaire.
646. (CAVICEO, J.) Le Peregrin. Dialogue très jelegftt intitule
le Peregrin traictat de Ihonneste z pudique amour cocilie
par pure z sincère vertu traduicl de vulgaire Italien en lan-
gue Frâcoyse par maistre Frâcoys dassy... (A la fin : ).... Im-
primez a Lyon par Claude nourry dict Le prince. Lan de
grâce Mil cinq cens vingt et liuyt. (iSaS). Le. xx. du moys
DauriL In-4, goth., front, et fig. s. bois; mar. rotige, fil.,
tr, dor. {Lortic).
Volume fort rare, que M. Brunet ne' cite que d'après le catal. La Yal-
lière. Très-bel exemplaire.
647. (PORTO, Luigi da.) Hystoria Nouellamente Ritrovata di due
nobili Amanti : Con la loro Pietosa Morte : Interuenuta
gia nella Citta di Verona. Nel tempo del Signor Bartholo-
meo dalla Scala. (A la fin :) Qui Finisse lo infelice Innamo^\(
ramenio di Romeo Montecchi]\ Et di Giulietta Capelletti.\\Siam'
pat a in la inclit\\ta citta di f^enetia\\ Per Benedettc\\ de Ben^
doni. S. d. Pet. in-8, de 82 ff. n. chiff., sign. A.-Dj mar.
La Vallière, riches compart. à pet. fers, tr. dor. (Hagué). .
Ce volume anonyme est de Louis da Porto. C'est la première édition de
la nouvelle ayant pour sujet les amours de Roméo et de Juliette. Elle est de
toute rareté : d'après les renseignements que nous tenons de l'obligeance de
M. Eug. Piot on n'en connaît que l'exemplaire de la bibl. Palatine et celui
de la bibl. Trivulce.
ROMANS ÉTRANGERS. SOI
Le titre est imprimé en rouge et en noir, et contient la marque de Tim-
primeur, avec les initiales A B; elle est accompagnée de ces mots : Im-
tus vt Palma Florebit, L'épitre dédicatoire est adressée r Alla bellissima et
leggiadra Madonna Ludna Sauoi'gnana.
Très-bèl exemplaire.
648. PICGOLOVIINI. Lystoire||de deux|| vrays a|Imâs eujlrial z
lu|Icresse. (yéu r* du 2*f. : ) Sensuyt listoire de eiirial t lu-
cresse cô||pillee parenee siluius t trâslatee de latin |[ en fran-
coys par maistre antitus chappel|{lain de la saïcte chappelle
aux ducz d' bourj^oigne a digon a la prière z reqste des
da-|lmes. S. L n. d. In-8, goth., de 48 ff. non chiff., a 29 ou
3o lign. par page, sign. a f. par 8, fig. sur bois; niar. La
Vailière clair, compart. or et noir à la Grolier, tr. dor. {/Vie-
drée) .
Édition excessivement rare d*une traduction moitié en vers, moitié en
prose. M. Brunet ne parait pas l'avoir connue , mais il en cite une qui porte
le même titre, édition également s. L n. d., avec cette seule différence qu'elle
est in-4 et compte 2 ff. de moins que celle-ci.
Le titre est orné d'une grande initiale historiée. Au verso on voit une vi-
gnette représentant les deux amants. Le dessin en est assez ferme et cor-
rect , et la gravure sort déjà du genre imiagerie. Les autres petites figures,
souvent répétées, sont légèrement ombrées au trait; presque toutes elles ont
été faites exprès pour cet ouvrage.
Superbe exemplaire, acheté 1000 fr. à la vente Yemeniz.
Voir notre manuscrit n» 28 pour le texte original de ce roman qu'on a
l'habitude de classer parmi les romans de chevalerie, et bien à tort on devrait
savoir que l'auteur y a retracé, sous des noms imaginaires, l'histoire tou-
chante des amours de son ami Gaspard Schlick, chancelier de l'empereur Si-
gismond, et d'une noble dame de Sienne.
•
649. (ARÉTIN.) Le liure des deux amans || Guisgard ^ sigis-
munde. (A la .fin : ) Imprime a paris ^ Michel le noir libraire
demourat sur le pont Saint Michel a Ijmaige saint lehan le-
uangeliste. S. d. Pet. in-4, goth., de i4 ff. non ch., fig. s.
bois; mar. orange, milieu en mosaïque, tr. dor. {Trautz--
Bauzonnet).
Traduction du latin de Léonard Arétia, par Jehan Fleury, dit Floridus,
en vers français.
Édition fort rare. Très-bel exemplaire provenant de De Bure , puis de la
coll. Double.
202 BELLES-LETTRES.
650. POLINDO. Historia del inuencible cauallero don Polindo
hijo del rey paciano, Rey de Numidia.... (A la fin :) Fue im-
pressa la présente historia en la.., cibdad de Toledo a diez
de abril de mill & quinientos & veynte & seysahos (i Saô). In-4,
go th., à 2 col., de 162 ff.; mar. rouge, fil., tr. dor. (Lortic).
Roman de chevalerie de toute rareté. Il manquait à la ricbe collection de
V. Salvà, et il ne se trouve dans aucune bibliothèque de Paris. Il commence
par le titre rapporté ci-dessus, au haut du i*' f., signe a\j. Le f . précédent,
qui manque ici, était-il blanc ou offrait-il un titre court, suivi d'une gra-
vure sur bois, ce qui arrive souvent dans cette classe de livres : c'est ce qu'il
nous a été impossible de savoir, personne n'ayant encore complètement dé-
crit ce volume.
Très-bel exemplaire, de la bibl. du roi Louis-Philippe.
6Si. CERVANTES (M. de). El Ingenioso hidalgo don Qvixote
de la Mancha. Compuesto por Miguel de Ceruantes Saaue-
dra.... ///îo 1608. En Madrid, Por Juan delà Cuesta. Ven-
dese en casa de Francisco de Robles, librero del Bey tiro se-
fior, — Segvnda parte del Ingenioso hidalgo. ... j^iîo 161 5.
En Madrid , etc. — 2 vol. pet. in-4; mar. olive, tr. dor.
....
La première partie est de la deuxième édition ; \% seconde est en édition
originale. La reliure de cette dernière est aux armes et au chiffre de de
Thou ; on a relié le premier volume à Timitation de celle-ci et on a appliqué
au milieu les deuxièmes armes de de Thou, empruntées à un autre ouvrage.
Ces deux volumes sont aujourd'hui fort rares.
. Très-bel exemplaire, avec témoins.
652. CERVANTES. LosTrabaios de Persiles, y Sigismvfida, His-
toria Selenlrional, por MigveldeCervantesSaavedra.... j4no
161 7 : En Madrid. Por luan de la Cuesta. A cosia de luan
de Villarroel mercader de libros en la Platerui. (Au v° du
dern. f.:)... En Madrid. Por luan de la Cuesta. Ano M, DC.
XFIL In-4, de 6 ff. prél. et ^32 fï. ch.Vtnar. rouge, fil.,
tr. dor. {Hardy).
Première édition , de toute rareté. Très-bel exemplaire , avec témoint.
653. CERVANTES. Novelas exemplares de Migvel de Ceruantes
Saauedra. Milan,, Juan Baptista Bidelo j 161 5. Pet..in-ia,de
12 ff. prél. et 763 pp.; mar. rouge ancien , milieu^ tr. dor.
{Lortic). • '.' ^
Édition rare. Magnifique exemplaire , très-pur, avec témoins.
ÉPISTOLAIRES ET POLYGRAPHES. 203
VI. EPISTOLAIRES ET POLYGRAPHES.
654. VICTORIUS. Pétri Victorii variarvm lectionvm libriXXV.
Florentiœ y exe, Laurentius Torrentinus (i553). Iii-foL;
veau brun, riches comp., tr. dpr. {anc, reL).
Première édition. C'est dans ce volume (p. 313) qu'on a imprimé pour
la première fois une ode d'Anacréon.
Exemplaire , couvert d'une superbe reliure faite pour Th. MAIOLJ, avec
son nom et sa devise (voir la reproduction au catalogue illustré).
655. GASPARINUS [Barziza], Gasparini pergamensis clarissinii
oratoris, episloIaR. liber fœlicilerincipit. (A la fin:)
Primos ecce libros quos hxc indiutria finxit ^
I Francorum in terris œdibusque atq. tuis ;
4 Michaelf Vdalricus, Martinus q. mngistri
Oos impresserunt : ac/acient atlos.
S. d. In-4; niar. rouge du Levant, comp. à la Grolier, tr.
dor. ( Thompson).
PREMIER LIVRE IMPRIMÉ A PARIS, en 1470, sous la direction de
Guillaume Fichet et avec le concours de Jean de la Pierre ( consulter un cha-
pitre fort curieux consacré à ce volume par M. Madden dans ses Lettres d'un
bibliograj>h€ ; Ve Série ; Paris, 1878, in-8).
Très-bel exemplaire. Race, dans le coin des quatre premiers fî.
656. PLVTARCHI Cheronaei... Vitae comparalae illustrium vi-
rorù Graecorum e Romanorum... Hermanno Cruserio I. C.
interprète. Lugduni y apud Antonium Grjrphium, i566-
67. 3 vol. in- 12. — Thesavrvs Plvlarchi... super moralia
opéra... Autore Francisco Le Tort Andegauo... ParisiiSj
apud loannem Poupjr^ ^^11* ^ '^^'"- ^^ ^ ^o'* in-12. — En-
semble 4 vol., les trois premiers en mar., rouge, le qua-
trième en mar. vert, riches comp., tr. dor. {anc, reL),
Exemplaire ayant appartenu à la reine MARGUERITE DE VALOIS, cou-
vert d'une délicieuse reliure dont les plats et le dos , dorés en plein, sont
semés de lis et de marguerites. Sur le plat supérieur de chaque volume, se
trouvent ses armes ; sur le plat opposé, un pied de marguerite entouré de la de-*
vise : Expectata non eludet (voir la reproduction au catalogue illustré).
On attribué Texécution de ces bijoux de reliure , dont la princesse bi-
bliophile faisait couvrir les volumes de sa collection , à Clovis Eve, relieur
d'Henri IV. Ce qui est exceptionnel, c'est de rencontrer un ouvrage en plu-
sieurs volumes, comme celui-ci, relié de cette façon.
Conservation parfaite. De la coll. L. Double.
204 BELLES-LETTRES.
6S7. BEMBO. Pétri Bembi de Aetna ad Angelvm Chabrielem
liber. (A la fin :) Impress\^m Fenetiis in œdibêfs Aldi Ro-
mani mense febrs^ario anno. M. y. D. {i495). In-8^ de 3o
ff. non chiff.; mar. rouge, fil., Ir. dor. {Trautz-BcLuzonnet).
a G*est une des plus belles impressions d'Âlde , et le premier ouvrage
« tout latin sorti de ses presses... Le sujet du dialogue intitulé V Aetna est le
ce voyage fait en Sicile par Pierre Bembo, avec un ami, pour assister à une
a éruption de ce volcan. Bembo y rappelle le souvenir des heureux moments
« qu'il a passés à Messine, près de Constantin Lascaris, dont il admire le
c goût passionné pour les arts, l'éloquence et la philosophie sublime (Didot,
< Aide Manace, p. 77). »
M. Brunet assure qu'il s'est conservé un très-petit nombre d'exemplaires
de ce volume intéressant : celui-ci est magnifique.
HISTOIRE
J. GÉOGRAPHIE. VOYAGES.
658. POMPONIUS mêla de totius Orbis descriplione... (marque
de Jehan Petit). (A la (in : ) Anno. Saluliferœ incarnalionis.
M. D. VII. Décima die lanuarii. 1 m pressa est hoc opus per
Egidiu Gormùtium et per Torinum Hituricum diligentiss . re-
cognitum. Parrhisiis. (au-dessous^ la marque de Gilles de
Gourmont). Pet. in-4 ; veau fauve, riches compart., tr.
dor. {Hagué).
En tête de ce rare volume, se trouve une dédicace de Tory à Philibert Ba-
bou, depuis cardinal. Le dessin des plats de la reliure a été habilement com-
posé dans le style de Tomementation des livres de Geoffroy Tory, avec Vem-
bléme du Vot cassé au milieu.
659. ANTONINUS. Itinerarium prouinciarum omniû Antonini
Augusti... Vénale hahelur uhi impressum esly in domo Henrici
Stephani e* regiôe schole Decretorum Parrhisiis. (i5i3).
In-i6; mar. rouge, comp., doublé de tabis^ tr. dor. {Si-
mier) .
Première édition, donnée par Geofroy Tory d'après les manuscrits de
Christophe de Longueil. Elle est fort rare. Très-bel exemplaire, avec le nom
de G. A. Walckenaer frappé en or- à l'intérieur de la reliure.
660. BREYDENBACH. Des sainctes pérégrinations de iherusa-
lem et des auirons et des lieux prochains. Du mont de sy-
nay et la glorieuse Katherine (tiré du latin de Bernard de
Breydenbach, par Frère Nicole le Huen). (A la fin :) Im-
prime a Lyon par hônestes homes Michelet topie de pymont :
S" laques heremberck dalemaigne demourant audit lyon. Là
de nostreseigne^ Mille xccc. quattre vigtz& huictz (i488) et
le xxi^ii de nùuebre. In- fol., goth., à longues lignes, de i3o
ff.; fig. s. bois et en taille douce; mar. La Vallière, com-
part. àlaGrolier à fr., doublé de mar. bleu, dent., tr. dor.
{Lortic).
Première édition française de cet ouvrage curieux qui est aussi le premier
où figure un alphabet arabe et un petit glossaire turc. Elle est fort rare.
Pour les gravures sur bois dont elle est ornée, voir Didot, Catal. raisonné,
206 HISTOIRE.
n^ 463. Elle contient en outre sept planches de vues, dont une de Jérusalem,
gravées en taille-douce.
Magnifique exemplaire, très-grand de, marges (H. : 0,291). La première
planche (Venise), dont il n'y a ici qu'un fragment de Toriginal, a été admi-
rablement reproduite par M. Pilinski.
661. BREYDENBACH. Le grant voyage de hie||rusalem diuise
en deux || parties. En la première est Iraicte des pérégrina-
tions de la saincte ci||tedeHierusalem, avec les a, b, c, des let-
tres grecques, caldees, hebraicques || et arabicques, auec au-
cuns langaiges des turcz tràslatez en frâcois Imprime a
Paris pour François regnault. . : ( A. la fin : ). .. Impritjie, . . le
.xx^. iour de mars Lan mil cinq cens, xxii (i522). 2 part, en
I vol. in-4, golb.,lig. s. bois; mar. rouge, riches compart.,
Ir. dor. (Lebrun),
« Ouvrage orné de 48 figures sur bois dont 4 grandes. Une ou deux «eu-
« lement sont copiées de l'édition de Lyon, 1488. L'édition de Regnault,
« moins remarquable sous ce rapport que celle-ci, contient néanmoins des
« additions considérables, dans la seconde partie, au texte primitif (Didot,
a CataL raisonné, n» 599). »
Fort rare. Très-bel exemplaire.
n. HISTOIRE UNIVERSELLE. .
662. CHRONIQUES DE FRANCE, dites de Saint-Denis: Le pre||-
mier [le second, le tiers, le quatrièsmë] vollume De la mer ||
des hjsloires f croniques || de france. (A la fin du i" vol. :)
C y fine le premier vollume,..: Et fust acheue de imprimer le
dernier iour Doctobre Mil cinq cens et dixsept {iSi'f) pour
Galliot du prcy librajre,,, 4 ^oL gr. in-4> à 3 col., fig. s.
bois; mar. bleu, fil. à fr., tr. dor. {Duru).
Le 2« Tol. a cette souscription : îm-prime nouuellement a Paris Lan mU
cinq cens. xvii. le xxix, iour doctobre. Par Mi^ihel le Noir libraire.,. Pour les
détails, voir Didot, Cotai raisonné, n® 595.
C'est la plus complète de toutes les anciennes éditions ; elle est fort rare.
Très-bel exemplaire, grand de marges.
*
663. (ROLEWINCK, W.) Le petit Fardelet des faits. (Au v*du
f. mï] :).... ce p' set Hure Uitule petit [fardelet des]/â/Vjs ou
fardelet des temps a este translate de latin en 'françoys par. . . .
maistre Pierre farget,.. de lordre des frères aùgustins du
couuenl de Lyon et imprime audit Lyon lan mil cccclxxxiii
HISTOIRE ECCLÉSIASTIQUE. 207
(i483)... In-fol., goth.; mar. bleu, fil., tr. dor.{TraiUz-
Bauzonnei),
Première édition de la première traduction française du 'Ba&cifMlv& tetn-
porwn de Werner Rolewinck, retouché par Henri Wirczbjzrg de Vach.
Les caractères sont ceux de Math. Husz, imprimeur lyonnais. Le passage re-
latif à l'invention de l'imprimerie est au v» du f. 88.
Superbe exemplaire de ce volume précieux, dont on ne connaît qu'un
second exemplaire : celui de la bibliothèque S^^ Geneviève.
664. MARTIN POLONAIS. La Cronique |1 martiniane || de tous
les papes qui furent iamais et || Gnist iusquesau pape alexadre
derrenier II decede mil cinq cens et trois... (A la fin :) Cy
fine la derreniere partie de la cronique Martinienne imprimée
a paris pour Anùioyne verard.,. S. d. (vers i5o3). In-fol.,
golh. à 2 col.; mar. rouge jans., doublé de mar. vert, large
dent, à pet. fers, tr. dor. {Hardy et Marias Michel).
Le second volume de cette rare et précieuse chronique est une histoire
de France abrégée et anecdotique depuis 1399 jusqu'en 1503.
Magnifique exemplaire, de la coll. Double.
665. BOSSUET (J.-B.). Discours sur Thistoire universelle a Mon-
seigneur le Dauphin : pour expliquer la suite de la Religion
et les changemens des empires. Paris^ Séb. Mahre Cramoisy,
1 68 1 . ln-4 ; veau brun (anc. rel.).
Édition originale, ornée d^unbeau portrait gravé par Edelinck.
Exemplaire portant au titr^ l'envoi autographe de BOSSUET k : M. de
Guenet (conseiller du roi au parlement de Rouen), dont Tex-libris armorié
est collé à l'intérieur de la reliure.
666. BOSSUET (J.-B.). Discours sur l'histoire universelle... Se-
conde édition. Paris , Séb. Mabre-Cramoisy ^ 1682. In-12;
mar. olive, fil., tr. dor. {anc. reL).
Dans une note sur l'article Bossuet de Nicéron (Mémoires, XI, 256), Mer-
cier de Saint-Léger s'exprime ainsi : ce Dans la 2^ édition, de 1682, Bossuet,
« à la suite d'une longue conversation avec l'abbé Duguet, mit une addition
tf qui ne se trouve plus dans les éditions suivantes. »
Très-bel exemplaire, de la coll. Brunet.
m. HISTOIRE ECCLÉSIASTIQUE.
667. EUSEBIUS. ( Ecclesiastica historia per Rufinum de graeco
in latinum traducta. Mantuœ^ loannes Schallus^ ^479)* r*el.
in-fol.; mar. bleu, fil. à fr., tr. dor. (Cape).
Édition rare. Le volume commence au v® du i^f f., sans aucun titre, par
â08 HISTOIRE.
une épitre dédicatoire de rimpiimeur Jean Schallus, médecin {physicus) d*He-
rosfeld, à Frédéric Gonzague, duc de Mantoue. Elle occupe trois pages, et
est suivie de 6 ff. d'index. Le volume est terminé par dix vers latins , où on lit
le nom de Timprimeur et la date de l'impression.
Très-bel exemplaire, à grandes marges , provenant de la bibl. de W^ le
duc d'Aumale.
668. (EUSÈBE.) Lhistoire ecclésiastique Translatée de Latin en
Frâcois, Par Messire Claude de Sevssel. On les vend a Pa-
ris deuant Leglise de la Magdeleine, .4 /enseigne du Pot
casse. Par Maistre Geoffroy Toiy de Bourges. (A la fin : ) Ce
présent Liure fut *acheue dimprimer le. xxi, tour Doctobre
M. D. XXXII (i532). Par Maistre Geoffroy Tory de Bourges ^
Marchant Libraire et Imprimeur du Roy. In-fol.; mar. noir,
fil., comp., tr. dor. {anc. rel.).
Bel exemplaire d*un des volumes les plus rares de la collection de Tory.
669. NICÉPHORE. L'Histoire ecclésiastique de Nicéphore...
traduite de latin en françois [par Jean Gillot]. Paris, Séb,
Nisfelley 1567. In-fol. ; veau brun, compart., tr. dor.
Exemplaire de dédicace au roi CHARLES IX, avec son chiffre, ses armes
et sa devise : Pietate et Justicia , sur les plats et sur le dos de la reliure , qui
a été habilement restaurée (voir la reproduction au catalogue illustré).
On ignorait jusqu'à ce moment le nom de l'artiste qui a exécuté les rares
reliures aux armes de ce souverain , et on a cru pouvoir les attribuer à Nico-
las Eve, qui semble pourtant n'avoir travaillé que pour Henri HT et Henri IV,
car les documents que nous possédons sur lui ne remontent pas au-delà du
règne du premier de ces rois. Ainsi entre Pierre Roffet, dit Le Faucheux, re-
lieur de François le^ et d'Henri H, et ce Nicolas Eve, il existait dans l'histoire
de la reliure une lacune d'une trentaine d'années au moins : c'est M. Lortic
qui a eu la bonne fortune de combler cette lacune par la découverte qu'il
a faite du nom du relieur de Charles IX. Nous devons à l'obligeance de '
M. Lortic de pouvoir communiquer à MM. les bibliophiles cet important
renseignement.
Qui eût cru que c'est dans un livre de médecine qu'on trouverait le nom
de ce relieur? C'est pourtant le chirurgien de Charles IX, le célèbre Ambroise
Paré, qui nous le fait connaître. Dans son Traicté de la peste (Paris , 1568,
in-8), à peine cité par M. Brunet, il rapporte (p. 226), un cas singuUer de
petite-vérole qu'il a constaté en 1568 chez « une petite enfant aagée de
« quatre à cinq ans, fille de CLAUDE PIQUÉ , relieur des livres du Roy, dé-
fi meurant rue saint lacques à Paris ».
On ne saurait avoir à cet égard un document plus authentique.
Ce beau volume provient de la collection de M. le baron Pichon.
670. BEDA. (Historia ecclesiastica gentis Anglorum.) S. l. n. d.
HISTOIRE ANCIENNE ET MODERNE. 209
[Strasbourg y Eggesteyn^ vers i473).In-fol., goth., à 2 col.;
mar. rouge, fil., tr. dor. [Lortic).
Première édition, fort rare. Magnifique exemplaire, très-grand de marges.
671. JOVIUS. Pavli Jovii Novocomensis episcopi nvcerini , de
vitaLeonis decimi, Pont. Max. libri qvatvor... Floreniise^ ex
off\ Laurentii Torrentinij i549. Ii^^-fol. ; mar. brun, riches
compart. en or et en mosaïque, tr. dor.
Exemplaire à la reliure de GEOLIER, avec son nom et sa devise. C'est as-
surément Tune des plus belles qui aient été faites pour ce bibliophile célè-
bre ( voir la reproduction au catalogue illustré).
IV. HISTOIRE ANCIENNE ET MODERNE. •
672. JUSTINUS. (In Trogi Pompei historias lib. XLIV.) (A la
fin:)
Megalltu uenela lensonNicolausinurbe
Formauit : Mauro principe Christophoro,..
M.CCCC.LXX{\[\^6). Gr. in-4; mar. rouge , riches com-
part., tr. dor. (Lortic).
Première édition.
Bel exemplaire, très-grand de marges. Au premier f., un large encadre-
ment fort bien enluminé ; nombreuses bordures historiées ; toutes les grandes
initikles de chapitres sont peintes en or.
673. JUSTIN. Les OEvvres de || lustin vray hystorîographe, sur
les faictz et gestes de Troge Pompée, contenant, xliiii. li-
ures traduictz de Latin en Frâcoys, || Nouuellement impri-
mez j4 Paris Mil cinq cens, xxxmj (i538)... (A la fin : )
Nouellement translate de Latin en Francoys par maistre
Guillaume Michel dict de Tours. Nouuellemet imprime a Paris
par Denys lanot... In-fol., gotb., fig. s. bois; mar. rouge,
fil., tr. dor. [Trautz-Bauzonnet).
Édition originale et fort rare de cette traduction. Elle contient plusieurs
gravures sur bois remarquables par la correction et la fermeté du dessin.
Superbe exemplaire, avec témoins.
674. JOSEPHE (Flavius). Lhistoire escripte pre||mierement en
Grec par losepbus le luif aucteur || tresnoble et ancien Et en
après mise en La]|lin dont elle a este depuys faicte || fran-
coyse... (A la fin i)... Et fut accomplye de imprimer le huy-
tiesme iour Doctobre mil cinq cens et trete par ( 1 53o) Nico-
le
210 • HISTOIRE.
las Saué\tier Imprimeur.. Pour honnestes personnes Galliot
du prey Poncet le preux et Claude Cheuallon Libraires.., In-
fol., goth.; mar. vçrt, 'doublé de mar. rouge, dent, de feuil-
lage en mosaïque, Ir. dor. ; étui de mar. rouge [Lortic).
Précieux exemplaire sur yéun , avec miniatures et initiales enluminées.
Le titre nous paraît refait, et il diffère complètement de celui cité au Manuel,
675. HERODOTI libri novem qvibvs mvsarvm indita svnt no-
mina... (en grec). (A la fin :) Venetiis indorno^ Aldi mense
Septembri. M.DII. (i5o2). In-fol.; mar* rouge, fil., Ir. dor.
(^Derome).
Première édition, qui est non-seulement un chef-d'œuvre de typographie,
mais dont le texte,, revisé par Aide lui-môme, a été reconnu excellent.
Très-bel exemplaire, avec notes marginales en grec.
676. THVCYDIDES (en grec). (A la fin :) Fenetiis in domx)
Aldi mense Maio, M. DU. (i5o2). In-fol., mar. rouge,
compart., doublé de labis, tr. dor. [Courtesfal).
Première édition, rare. Magnifique exemplaire.
677. THUCYDIDE. Lhystoirede ||Thucydide... translatée en lan
gue Francoyse par feu mes||sire Claude de Seyssel ... (A la
fin : ) Imprime a Paris [par lelian de lagarde pour Gilles de
Gourmont].S. d. In-fol.; mar. rouge, comp., tf. dor! (Trautz-
Bauzonnet) .
Fort rare. Très-bel exemplaire.
678. XENOPHON. Georgii Gemisti , qui et Pletho dicîtur, ex
Diodori, et Plutarchi historiis de iis, quae post pugnam ad
Mantineam gestasunt, per capita tracta tio. Herodiania Marci
principatu liistoriar. libri octo , quos Angélus Politianus ele-
ganlissime lalihos fecit. Enarratiunculae antiquae, etperbreues
in totum Thucydidem. . . (en grec) . (A la fin :} Fenetiis in Aldi
Neacademia mense octobri M,DJII{\ 5o3). In-fol.'; mar. noir,
fil., fleurons, tr. dor. [anc. reL).
C'est dans ce volume que se trouve la première édition des BetUmqaes
de Xénophon. En tête figure une épftre dédicatoire, fort intéressante,
adressée à Guido Pheretrio , duc d'Urbin ; elle a été traduite du grecs pour la
première fois par M. Didot, dans son Xlde Manuce (pp. 248-251).'
Exemplaire ayant appartenu au roi HENRI II, avec Fécu de France sur
les plats. Dos refait.
679. XENOPHONTIS... quae extant opéra (en grec), yinno
HISTOIRE ANCIENNE ET MODERNE. 209
[Strasbourg y Eggesteyn^ vers 147 3). In- fol., go th., à 2 col.;
mar. rouge, fil., tr. dor. {Lortic).
Première édition, fort rare. Magnifique exemplaire, très-grand de marges.
671. JOVIUS. Pavli Jovii Novocomensis episcopi nvcerini , de
vitaLeonis deciini, Pont. Max. libri qvatvôr... Florentiœ, ex
off\ LaurerUii Torrenlinij i549. In-fol. ; mar. brun, riches
compart. en or et en mosaïque, tr. dor.
Exemplaire à la reliure de GROLIER, avec son nom et sa devise. C'est as-
surément Tune des plus belles qui aient été faites pour ce bibliophile célè-
bre ( voir la reproduction au catalogue illustré).
IV. HISTOIRE ANCIENNE ET MODERNE.
672. JUSTINUS. (In Trogi Pompei historias lib. XLIV.) (A la
fin : )
Me galltu uenela lenson Nicolaus in urbe
Formauit : Mauro principe Christophoro,,.
M.CCCC,LXX{i[\^o), Gr. in-4; niar. rouge , riches com-
part., tr. dor. (Lortic).
Première édition.
Bel exemplaire, très-grand de marges. Au premier f., un large encadre-
ment fort bien enluminé ; nombreuses bordures historiées ; toutes les grandes
initikles de chapitres sont peintes en or.
673. JUSTIN. Les OEvvres de|| lustin vray hystoriographe, sur
les faictz et gestes de Troge Pompée, contenant, xliiii. li-
ures traduictz de Latin en Frâcoys, || Nouuellement impri-
mez ^ Paris Mil cinq cens, xxxmj (i538)... (A la fin : )
ISouellement translate de Latin en Francoys par maistre
Guillaume Michel dict de Tours. Nouuellemet imprime a Paris
par Denys lanot... In-fol., goth., fig. s. bois; mar. rouge,
fil., tr. dor. {TrautZ'Bauzonnet).
Édition originale et fort rare de cette traduction . Elle contient plusieurs
gravures sur bois remarquables par la correction et la fermeté du dessin.
Superbe exemplaire, avec témoins.
674. JOSEPHE (Flavius). Lhistoire escripte pre|Imierement en
Grec par losephus le luif aucleur |{ tresnoble et ancien Et en
après mise en La||lin dont elle a este depuys faicle [| fran-
coyse... (A la fin : )...Etfut accomplie de imprimer le hujr-
' tiesme iour Doctobre mil cinq cens et trete par (i53o) Nico-
le
212 HISTOIRE.
(libri VII , etc.) de bello gallico ab ipso confecto. (A ta fin :) . . .
Nicolûi^s lenson Gallicçs f^enetUs féliciter impressit. M.
CCCC. LXXI. (i470- In-fol.; mar. La ValUère, fil. à froid,
ornem.y tr. dor. (Dura),
Magnifique édition, ans$i rare que la première, celle de 1469, publiée par
Pannartz et Sweynheym. Très-bel exemplaire, à grandes marges.
684. CESAR. Les œuures et brefues exposi||cions de Julius césar
sur le fait des batailles de gaule. (A la fin du texte :.)... Im-
prime a Paris par Michel le noir libraire Lan mil cinq ces
et dix sept [i Si 'j) le a, iour daoast. Pet. in-4, goth.,de i38
ff., fig. s. bois; mar. rouge, fil. à fr., ornem., tr. dor.
{Cape),
Rare. Bel exemplaire. Piq. de vers race. *
685. TACITUS (Cornélius). Annalium et historiarum libri su-
perstites, etc. (A la fin :)
Finis Deo laus
Ceiareos mores scribit Cornélius....
pressa
Spirapremens : artis gloria prima sue,
S. 1. n. d. [Fenise, Vindelin deSpire^ i47o)« In-fol.; mar.
rouge, fil., tr. dor. [Lortic).
Première édition, précieuse et rare.
Très-bel exemplaire, avec des notes manuscrites sur les marges.
686. SUÉTONE. Svetone |[ Tranquile des faitz. Et Gestes || des
douze Césars... (A la fin : ) Nouuellenîet trastaiez de
latî enfràcojrs par Guillaume Mie fiel die t de tours. Et njou-
uellement imprime a Paris par maistre Pierre Vidoaee (sic)
imprimeur pour GalliotduPre.... ^fut acheue le Xi^i iour. de
FeburierMiLv. cens (f, vingt (i52o). In-fol., fig. s. bois; mar.
vert, fil. à froid, tr. dor. (Kœhler).
Première édition, fort rare, de cette traduction. Le Jlfanue/ n'indique à la
même date qu'une édition in-8o qui n'est pas la même.
Magnifique exemplaire , grand de marges et très-pur ; le dernier f., qui
ne contient que la souscription, a été remargé.
687. PROCOPIVS. De Bello persico (per Raphaël. Volaterra-
nura conversum). (A la fin : ) Impress^m Romœ per E.
Silher al^ s Franck... iSog. In-4 î veau brun , comp. en mo-
saïque, large dorure au pointillé, \olules et fleurs en or eten
couleurs, tr. dor. {rel. du XFP siècle).
HISTOIRE DE FRANGE. 2i3
Reliure de toute beauté , exécutée pour Thomas MAIOLI (voir la repro-
duction au catalogue illustré). Conservation parfaite.
688. EGNAZIO. Svmmaire de Chroniqves, contenans les Vies,
Gestes et Cas Fortuitz, de tous les Empereurs Deurope, De-
puis Iules César, lusques a Maximilian dernier decede....
Faict Premièrement en Langue Latine par Vénérable et Dis-
crète personne lehan Baptiste Egnace, Venicien. Et Trans-
late de ladicle Langue Latine en Langaige Francoys., par
Maistre Geoffroy Tory de Bourges. On les vendu Paris, a
Lemeigne du Pot casse,,, (A la fin:) Ce présent Liure fut
aclieue dimprimer a Paris le XIII, iour Dapuril M, D, XXIX,
(1529) pour Maistre Geofroy Tory de Bourges^ qui le vend
au dict Paris a Lenseigne du Pot casse, In-8; veau brun,
om. à fr., tr. dor. [rel, du XVP siècle).
Une des productions rares de Tory.
Exemplaire irréprochable, dans sa reliure originale, dite au Tôt cassé ,
exécutée dans les ateliers de Tory. Le dos et les bords du plat supérieur ont
été refaits.
V. HISTOIRE DE FRANCE et de L'ORIENT LATIN.
689. LE MAIRE. Les Illustrations de|| Gaule et Singularitez de
Troye ||... Auec Les deux epistres de Lamant Vert. Côpo-
sees II par lan le Maire de Belges. (A la fin :). Imprime A
Lyon , par Estienne Haland Imprimeur Et se vendent au-
dit lieu. Et sus maistre lacques Maillet libraire (iSog). —
Le secod liure des Ulustratiôs de || Gaule et sjngularitez de
Troye. || ... (A la fin :). Imprime a Lyon Par maistre Estiene
Baland Imprimeur, Imu Mil, v^, xij (i5i2). Et le ,xlj^ iour
du moys de Nouemhre Pour Geuffray de marnef,,, — Le
tiers Liure des Ulustratiôs de Gaule et Singu||laritez de Troye,
Intitule nouuellement de France Orientale, et || Occiden-
tale (A la fin :) Imprime a Paris ou moys de luillet, la
Mil cincq cens & treize (i5i3). Par le cômandemet de Mais-
tre lan le Maire Pour Geoffroy de MarneJ,., — Le
Traiclie Intitule, de la differêce des scismes || et des concilies
de leglise. Et de la pree||niinence et vtilite des concilies,
de II la saincte église Gallicaine... par lan Le Maire, de
Belges. M. v^. el. xj. (A la fin :) Imprime a lyon ou Moys
de May lan Mil. v^ et xj, ( 1 5 1 1 ). . . Par Esticne Baland Im-
primeur - LA légende des Vénitiens. . . (A la fin, la mar-
que de De Marnef; le privilège de Lyon est en date du 3o
Juillet iSog). — Spart, en i vol. in-4, fig. sur bois; mar.
2i4 HISTOIRE.
lie devin, fil., armes de Louis XI en mosaïque au milieu
des plats, dos orné, feuillage et mosaïque, tr. dor. {Lortic).
Recueil complet en éditions originales , ce qui est peu commun. Figures «
sur bois très-remarquables.
Superbe exemplaire , rempli de témoins et presque non rogné.
690. (? MAMEROT, Séb.) Les Passa||ges de oultre || mer. Du
noble Godefroy de buillon || qui fut roy de Hierusalem. Du
bon II roy sainct Loys, et de plusieurs verjjtueux princes qui
ce sont croisez pour || augméter ^ soustenir la foy crestiêne. . .
Ils se vendent en la rue sainct laques a /enseigne de Lele-
pliât deuant les Mathurins. (A la fin , la marque de François
Regnault.) In-8, goth.; mar, rouge, fil. à comp., tr. dor.
{Bauzonnet- Trautz) . .
Première (?) édition, fort rare. Très-bel exemplaire; le titre est refait.
691. (? MAMEROT, Séb.) Les passaiges doultremer || faitz par
les francoys... (A la fin :)... Nouueilement imprime a Paris.
Le vingt septiesme iour de Nouenibre Lan mil cinq cens et
dixhuyt (i5i8). Par Michel le Noir.,. Pet. in-fol., goth., à
2 col., front, gr. s. bois; mar. fauve, compart. à froid,
tr. dor.
Deuxième édition, très-différente de la première, et encore plus rare.
Très-bel exemplaire , avec témoins au bas et sur les côtés des marges ;
race, à la marge de plusieurs ff. à la un.
692. VILLEHARDOUIN. L'Histoire de Geoffroy de Villehar-
dovyn, mareschal de Champagne et de Romenie; de la con-
queste de Constantinople par les Barons François associez
aux Vénitiens, Tan 1204. d'un costé en son vieil langage ;
et de l'autre en vn plus moderne et intelligible, par Biaise
de Vigenere... Paris, Abel CAngeliery i585. In-4; ttiar.
La Vallière, fil. à compart., tr. dor. {lÂ)rtic).
Première édition. Superbe exemplaire , rempli de témoins.
693. JOIN VILLE. L'histoire et Cronîqve dv treschresiien roy
S. Loys, IX. du nom, et xliiii. Roy de France. Escritte par
feu messire lan Sire, Seigneur de lonuille (sic)... Et main-
tenant mise en lumière par Antoine Pierre de Rieus. A Poi^
tiers, Enguilbert. de Marnef. S. d. (i547). ï*^""4; iwar. bleu,
fleurs- de lis aux angles des plats, tr. dor. {TrautZrBauzim''
net).
Première édition, fort rare. Très-bel exemplaire.
HISTOIRE DE FRANCE. 245
694. GAGUIN. Corapendiura Roberti Gaguini super Francorum
gestis : ab ipso recognitum et auctnm. (A la fin :)... hn-
pressit... Tluelmànu^ keruer,., in incljto parrisioru gymna-
sio imptsis bibliopolaruni Durandi Gerlerii et Joanis par-
ai. Anno M. quingétesimo (i5oo). Adidus ianurias (sic).
In-fol., fig. s. bois; niar. rouge, fil. à comp., Ir. dor. [Bau-
zonnet).
La plus belle édition de cet ouvrage.
Précieux exemplaire imprimé sur vélin. Le titre nous semble refait.
695. FROISSART (Jehan). Le premier [le second, le tiers et le
quart] volume || de froissart. || Des cronîques De France.
Dangleterre, Descoce, || Despaigne, De Bretaigne, De Gas-
cogne, De flandres || Et lieux circunvoisins. (A la fin du
t. l®*" :). Cy fifiist le premier volume.,. Imprime pour anthoine
verard marthîit libraire demourant a paris aeuant la me
neufue nostre dame prcs Ihostel Dieu.,. (A la fin du t. IV : )
Cyfinist le quart volume de Mes sire iehan froissart... Im-
prime a paris pour Anthoine verard marchant libraire demou-
rant a paris sur le pont nostre dame.... S. d. 4 tomes en 3
vol. in-fol., goth., a 2 col.; mar. bleu, riches compart. en
or et à froid, écu de France au milieu; doublé de mar.
rouge semé de fleurs de lis, gardes en soie, tr. dor.; étuis de
mar. La Vallière {Lortic).
Première édition, fort rare. Le t. 1er est de second tirage (vers 1500), et
les trois autres, qui portent dans la souscription l'adresse sur le 'pont nostre
dame, sont de premier tirage , bien que les initiales gravées sur bois qui
commencent le titre de chaque volume représentent deux têtes, ce qui, selon
M. Brunet , indiquerait le second tirage. Cette distinction est loin d'offrir
une certitude complète , car elle se trouve en contradiction avec l'adresse ci-
dessus qui est bien celle qui figure, d'après M. Brunet lui-même, aux exem-
plaires de premier tirage. D'ailleurs ces deux tirages sont absolument identi-
ques , page pour page ; il se peut que Verard ait mis successivement deux
titres différents et qu'il ait fait tirer de nouveau la dernière feuille de cha-
que volume pour modifier son adresse après le changement de domicile.
Superbe exemplaire , très-grand de marges et couvert d'une riche re-
liure.
696. MOINSTRELET. Le premier [le second et le tiers] volume
de enguerran de monstrellet Ensuyuant froissart naguerres
imprime a Paris... (A la fin du t. 111 : ) Imprimez a paris pour
Anthoine verard demourant a paris deuant la rue neufue
nostre dame, S. d. (vers i5oo). 3 tomes en 2 vol. in-fol.,
goth.; mar. vert foncé, compart. dor. et en mosaïque, dou-
216 HISTOIRE.
blé de mar. rouge, avec un semis de fleurs de lis d'or, gardes
en soie moirée rouge antique, tr. dor. ; étuis de mar, rouge
(Lortic).
Exemplaire sur vélin de la seconde édition sans date. Il contient six mi-
niatures de la grandeur des pages ( voir une reproduction en camaïeu au
catalogue illustré) et cent cinquante-neuf petites, toutes parfaitement goua-
chées. Ce chef-d'œuvre de Vérard, destiné sans aucun doute par l'édi-
teur à une tête couronnée, a été acheté 18,000 fr. en 1862 à M. Techener.
Tous les bibliophiles savent que ce précieux exemplaire était incomplet d'un
f., remplacé par un feuillet sur papier; il a été refait sur vélin piar M. Pi-
linski.
La reliure de ces deux volumes est d'une richesse inouie, et elle fait le
plus grand honneur au talent de M. Lortic. Le dessin des plats offre une sa-
vante combinaison des plus beaux motifs d'ornement du XVI« siècle ; on y
voit des mascarons, des rosaces, des oiseaux, des entrelacs de branches de
chêne et de laurier sortant des cornes d'abondance , des cartouches mosaï-
ques avec fleurs de lis. Au milieu , figure l'écusson aux armes de France
également en mosaïque. On en jugera d'ailleurs par la reproduction que nous
en donnons au catalogue illustré. L'exécution ne laisse rien à désirer. C'est
la seule reliure que M. Lortic ait exécutée en ce genre, et elle ne saurait être
mieux placée que sur un livre de l'importance de celui-ci.
697. (PORCHIER, Etienne.) Le Rozier historial de France ||
Contenant deux Roziers... Hz se vendent a Paris en la rue
saint laques a lenseigne sainct Claude. (A la fin : ) C^y^''^
/e Rosier hfstorial defrance nouuellement imprime a Paris le
.r^t'/® iour de Feurier Lan mil cinq cens et xxii (iSas) auant
Pasques, In-fol., goth., à 2 col., fig. s. bois; veau fauve,
fil,, Ir. dor. {Simier).
Première édition de cet ouvrage écrit par ordre et avec le concours du
roi Louis XI. Au baS' du titre , est une grande figure sur bois , divisée en
quatre compartiments qui représentent autant d'ordres de bataille. Au v® de
ce f., se trouve un privilège pour François Regnault, libraire, à la date du
20 mars 1522. Le f. suivant commence par une figure qui représente Fau-
teur ofTrant son livre au roi ; elle est suivie d'une pièce de vers, contenant
l'anagramme de l'auteur, Estienne Porchier (voir, sur lui, la note du n* 39,
ci-dessus). Les nombreuses figures intercalées dans le texte représentent
des portraits des rois , et des scènes tirées de l'histoire.
Rare. Très-bel exemplaire , de la coll. Yemeniz.
698. Croniqve sommairement traictee des faictz heroiqves de
lovs les Rois de France , et des personnes et choses mémo-
rables de leurs temps. Ljon, Cl. Hatidin, 1570. In-8. ; mar.
olive, doré en plein, fleurs de lis sur les plats et riches bor-
dures, tr. dor. (C/om E\^e?),
HISTOIRE DE FRANCE. 917
• Livre orné de 59 portraits des rois de France , gmvéB à Teau-forte et si-
gnés d'un double G.
Exemplaire aux armes d*HENRI IV, placées au milieu d'un semis de
fleurs de lis entouré d'un double compartiment renfermant une guirlande
de marguerites et de fougères (voir la reproduction au catalogue illustré).
Cette superbe reliure dorée à petits fers est de la plus belle conservation.
699. COMMINES (Ph. de;. Cronique f HyI|stoire faicte et cô-
posee par feu messi||re Philippe de Comines. . . contenât les
choses aduenues || durât le règne du roy Loys vnziesme... //
se vend a Lyon sur le Rosne en la maison Claude nourry^ dit
le Prince : auprès de nostre dame de Confort. (A la fin : )...
Et fut aciieuee dimprimer le. xij. iour du moys Dauril Lan
mil cinq cens, xxvj (iS^ô). par Claude Nourry... Gr. in-4,
goth., fig. s. boisj mar, rouge, fil., semis de fleurs de lis,
Pécu de France en mosaïque, tr. dor. (Lortic).
Édition rare. Magnifique exemplaire , avec nombreux témoins.
700. COMMINES (Ph. de). Croniques || du Roy Charles huyties-
me... Co||pile et mise par escript en forme de mémoires
par II Messire Phelippes de Comines cheualier seignr Dar-
gêto... On les vend a Paris a la rue saîct iacqs alenseigne
du Pellicanj ^ a Poictiers au Pellican. (A. la fin :) Fin Des
Croniqs du.... Roy Charles huytiesme... Et furet acheuez
dimprimer lan mil clq ces .xxmi. Le .xx^. iour de Septebre.
Pour maistre Enguillehert de Marnefj libraye (sic) iure de
luniuersite de Paris. Pet. in-fol., goth., fig. s. bois; mar.
bleu, semé de fleurs de lis, tr. dor. {Cape).
Première édition de cette chronique qui fait suite à la précédente. Très-
bel exemplaire , avec témoins. Qq. race.
701 . DOLET CÉt.). Les Failz ^ ge||stes du Roy Frâcoys : premier
de ce nô || tant contre Lêpereur que ses subiectz || ^ aultres na-
tions estrâges : Depuys ||lan mil cinq cens treize iusques a pré-
sent. Composez par Eslienne Dolet. || La prinse de Luxe-
bourg, Làdrezy 11 f aultres villes circunvoysines.fl Les Fiâmes
prins a Cherebourg|| par les habitans de la ville. || Le trium-
phant Baptesme de mon||sieur le duc : premier Filz de mon-
sieur || le Uaulphin. || La description dung enfant ne en || forme
de monstre aux basses Alleniai||gnes *^* x. f. ^ d. [lo feuilles et
1/2]. S. Ln.d, (v. i544)- P^L in-8, goth., de 6 ff. prél. et 78
ff. ch.,sign. A. -P.; mar. rouge, fil., \?k Salamarulre co\xvoviX\é^
et le chiffre de François I" aux angles; doublé de mar. bleu,
dent., tr. dor. {Lortic).
218 HISTOIRE.
Seule édition publiée en caractères gothiques, et plus complète ,>pour la
partie historique, que les deux premières (1540 et 1543) : même dans les
chapitres qui se trouvent dans Tune etdansTautre, celle-ci contient plusieurs
passages nouveaux. Voici d'ailleurs sa composition : épitre dédicatoire , sans
date (elle est datée du 12 août 1539 dans Tédit. de 1540); — table des ma-
tières ; — mention delà naissance de l'enfant monstre en 1544 (f. 6 \^) ; — les
Gestes de François le»*, divisés en trois livres, dont le dernier n'avait qu'un cha-
pitre dans l'édit. de 1540; la suite compte deux chapitres : La venue de Lem-
pereur en France auecques son entrée a Paris et lordre qui y fut tenu : et Ihonneur
a luy faict. Et comme le duc de Gueldres vint en fronce et y fut marie (chap. II,
f. XLvn r®) ; La Prinse de Luxebourg (1539) , etc., qui finit au f. lv ^) ; —
Epistre contenante les faictz de guerre des ans 1542 et 1543, divisée en six
chapitres, et qui finit ainsi : Finis. \\ Imprime Nouueïlement; — Deffaicte des
Flamens deuant... Cherebourg (14 février 1543) : 2 ff., terminés par Fécu de
France gr. s. bois (f. Ixxv v», mal chiffré au lieu de Ixxiv) ; — Le Trium\\phant
bàptesme \\ de monseigneur \\ le Duc Premier]] fUt de môseignr \\ le Daulphin
(10 février 1543) : ce titre occupe un f. à part, et le récit du baptême termine
le volume (f. Ixxviii v®) par le mot : Finis,
SEUL EXEMPLAIRE CONNU de ce volume précieux, qui avait appar-
tenu à L. Aimé-Martin et à J. Goppinger. Il était rogné presque à la lettre :
M. Debroise Ta remargé avec une habileté extraordinaire.
702. BELLAY (du). Les Mémoires de Mess. Martin Dv Bellay
seigneur de Langey, contenans le discours de plusieurs choses
avenues au Royaume de France, depuis Tan M. D; XIII.
jusques au trespas du Roy François premier, ausquelsl'au-
theur a inséré trois livres et quelques fragmens des Ogdoades
de GuilL du Bellay, son frère. OEuvre mis nouvellement en
lumière, et présenté au Roy par Mess. René du Bellay
Paris y P. rHuillier, 1671. In-8 ; veau fauve, riches oom-
part. en or et en mosaïque , tr. dor. et cis. [reL du XFP
siècle) ,
Magnifique exemplaire , réglé , couvert d'une belle reliure aux armes du
cardinal de BOURBON- VENDOME , roi des Ligueurs sous le nom de
CHARLES X (voir la reproduction au catalogue illustré).
703. VALDOR. Les Triomphes de Lovis leJvste XIII. dv nom...
contenant les plvs grandes actions ov Sa Majesté s'est trou-
vée en personne , représentées en Figures i£nigmatiques ex-
posées par vn Poème Héroïque [en latin] deCh. B^s, et
accompagnées de vers François sous chaque Figure, com-
posez par P. de CORNEILLE. Avec les portraits des rois,
princes etgénéravx d'armées, qui ont assisté... Lovis lelvste
Combattant; Et leurs Ueuises et Expositions en formed*ÉIo-
ges^par H. Estienne... Ouurage entrepris et fini par Jean Val-
dor. Paris, imprimerie royale, par Antoine Estiene, 1649.
HISTOIHE DE FRANCE. 249
Gr. in-foL, fig. ; mar. rouge, fil. à comp., tr. dor. {anc.
reL).
On trouvera, dans la Bibliographie cornélienne de M. É. Picot (n» 195),
une description détaillée de ce bel ouvrage, curieux à bien des titres.
Exemplaire de dédicace, couvert d'une excellente reliure aux armes et
au chiffre couronné de la reine ANNE D'AUTRICHE. Il provient de la coll.
Double.
704. BOURDIGNÉ (Jean de). Hystoire agregatiue||des Annalles et
cronicques Daniou contenant le com||mencement et origine,
auecques partie des cheuale|lreux et marciaulx gestes Des
magnanimes prin|]ces, consulz , contes et ducs Daniou. Et
pareill|lement plusieurs faicts dignes de memoi||re, aduenuz
tant en France, Italie, Espaigne, Angleterre, Hierusalem et
autres royaulmes|| — RecueiI||Iies et mises en forme par no-
ble et Discret missire (sic) || Jehan de bourdigue, prestre,
docteur es droictz, || et Depuis reueues et additionnées par le
yVialeur. On les vend à l4ngiers en la boutique de Charles
de boingne et Clément alexandre marchans libraires iurez
de luniuersite dudit lieu. (A la fin : ).. . Nouuellement impri^
mees a Paris par Anthoyne couteau imprimeur, Pour/hon-
nestes personnes Charles de boigne^ et Clément alexandre,,,.
Et furent acheuees de imprimer au mojs de Januier, Lan
mil ciîui cens, xxix (1529). In-fol., goth., fig. s. bois;
mar. rouge jans., tr. dor. [Duru),
Première édition, fort rare. Auv» du 4ef., se trouve une curieuse gra-
vure sur bois qui occupe la page entière et représente l'auteur offrant
son livre à Louise de Savoie , mère de François l^^y assise sur le trône , en
présence des grands dignitaires du royaume.
Magnifique exemplaire, très-pur, avec témoins. Delà coll. Desq.
705. (BOUCHARD, Alain.) Les grades croniques de || Bretaîgne,
nouuellement Imprimées a Paris : tant de la || grande Bre-
taigne depuis le roy Brutus qui la conquist... que aussi de
nostre bretaigne de présent depuis la || conqueste du roy conan
meriadec || breton, qui lors estoit appelle le royaulme dar||-
morique iusques au temps et trespas de francoys. ii. de ce
nom duc de Bretaigne ... (A la fin : ) Imprimées a Paris par
lehan de la roche imprimeur demourZt en la rue sainct lac-
ques, pour Galtiot du pre,.. Le xxv de nouemhre Mil cinq
cens et, xiiii.{ i5i4). Pet. in-fol., golh., à 2 col., fig. s. bois:
veau brun à compart. gauffrés (anc, rel,).
220 HISTOIRE.
Première édition, ornée de curieuses gravures sur bois, dont la dernière
(dem. f. ro) représente les sept saints de Bretagne. Excessivement rare.
Très-bel exemplaire. Le f. de titre est refait.
706. BOUCHET (Jehan). Les Annalles Dacqiiitaine || Faîctz et
gestes en sommaire des roys de France et Dangleterre, || pays
de Naples et de Milan, Reueues et corrigées par ||Lacteur
mesmes iusques en lan Mil cinq cens|| trente et cinq et de
nouuel iusques en lan iJMil cinq cens, xxxvii... On les vend a
Paris... par Guillaume lebret. Mil, D. xxxifii. (A la fin :) Cjr
' finissent les Annalles Dncqnitaine... Et ont este acheuees de
Imprimer a Paris le premier iour de luing mil cinq cens.
xxxm (1537). Gr. in-4; goth., mar. rouge, riches com-
part., tr. dor. {Thompson).
•
C'est le meilleur ouvrage de Bouchet qui Ta dédié à Louis de la Tre-
moille, vicomte de Thouars. En tête figure une longue épître en vers adressée
à Antoine Ardillon , abbé de la Fontaine-le-Gomte.
Très-bel exemplaire.
707. CHAMPIER (Symph.). Le recueil ou croniques des hystoi{|
res des royaulmes daustrasie , ou france orientale dite a |] pré-
sent lorrayne De hierusalem , de Cicile. Et de la duché || de
h^r. Ensemble des sainctz contes et euesques de toulx j|
contenant sept liures tant en latin que en francoys... Venu'
dantur in vico rnercuriali apud Lugdunum in ojficina Vin-
cent ij de portunarijs de tridino. (A la fin:) Cj finit le re-
cueil des histoires... compose a nancy en lorrayne et finjr lan
de grâce mil. cccccx, (i5io) /e dixiesme de mars par maistre
Simp/iorien champier... In-4, goth., fig. s. bois; mar. rouge,
fil., tr. dor. (Trautz- Bauzonnet) .
Livre fort rare. Magnifique exemplaire , provenant des bibl. du prince
d'Essling et de M^r le duc d'Aumale.
VL GHEVALEftlE. MÉLANGES.
708. LA BERAUDIERE. I.e combat de sevl à sevl en camp clos:
Par Messire Marc de la Beraudiere... seigneur de Maiiuoi-
sin. Auec plusieurs questions propres à ce sujet. Ensemble
le moyen au Gentil-homme a euiler les querelles et d'en
sortir avec son hôneur. Paris ^ /4 bel l'Angelier^ 1608. In-4;
mar. rouge, fil., tr. dor .( Kœhler) .
Livre tnNs-recherché. Bel exemplaire, provenant des bibl. du prince d^Ess-
ling et d'Yemeniz.
CHEVALERIE. MÉLANGES. 221
709. Constitvtiones ordinis velleris avrei e gallico in latinum
conversae. S. L n, d, [ArwerSy Christ, Plantin, vers i566).
In-4, de 7 fF. et 91 pp.; mar. vert, fil., tr. dor. {Duru).
En tête, deux belles gravures de Corn. Galle représentant les armes d'Es-
pagne et les insignes de la Toison d*or.
Exemplaire sur vélin.
710. Le liure des statuts et ordoj|nances de l'ordre sainct Michel,
estably par le treschrestien Roy de France Loys vnzieme de
ce nom. Institvtion de loffice de prevost et rnaistre des cé-
rémonies, auec autres statuts et ordonances sur le faict du-
dict ordre. S. L n. d. {Paris, vers i55o). Pet. in-4, de 39 flf.,
sign. A-K.; mar. brun, fil. àcomp., tr. dor. {anc, reL).
Précieux exemplaire sur vélin, couvert d'une reliure aux armes et au
chiffre d'HENRI U , avec les emblèmes de DIANE DE POITIERS (voir la
reproduction au catalogue illustré).
711. (Ordonnances pour les chevaliers de Tordre de S. Michel.)
S. L n, d, (Paris^ vers i55o). In-4, de 28 flf., sans ch. ni
sign.; veau brun, riches compar t. en mosaïque, avec incrus-
tations de H et de fleurs de lis en or et aident (anc.reL).
Ce volume sans titre commence ainsi : La table des chapitres du liure de
lordre du treS chrestien Roy de France Loys vnzieme , a Ihonneur de sainct
Michel.
Exemplaire sur vélin. Le premier f. contient au v» les armes peintes
d'Henri (II) de Lenongourt, comte de Nanteuil, chevalier de l'ordre, mort
avant 1555 en Allemagne, où il avait été envoyé par le roi Henri U < comme
otage de sa parolle », dit le P. Anselme.
• La très-curieuse reliure qui couvre ce volume a-t-elle été faite pour
ce Henri de Lenoncourt et à son chiffre, ou est-ce le présent que le roi
Henri II aurait fait à son favori : c'est ce que nous ne saurions décider (voir
la reproduction au catalogue illustré).
712. Le liure des Statuts et ordonnances de Tordre et milice dv
benoist sainct Esprit, estably par le Tres-chrestien Roy de
France et de Pologne Henry troisième de ce nom. S. L n, d,
{PariSy 1578). In-4 ; mar. brun, setné de flammes et de fleurs
de lis, etc., tr. dor.
Précieux exemplaire, ayant appartenu au roi HENRI III, fondateur de
l'ordre. La reliure est d'une exécution très-remarquable. Sur le plat supé-
rieur, se trouvent les armes réunies de France et de Pologne, entourées du
collier de l'ordre ; la couronne qui les surmonte porte la devise : Manet vl-
tima cœlo. Le plat opposé ne porte que l'écu de France couronné, sans de-
vise. Les écussons sont accompagnés de l'emblème du Saint-Esprit ; et à
chaque coin des deux plats se trouve le chiffre royal couronné, composé
222. HISTOIRE.
de rinitiale H et des deux XX liés, qui désirent son épouse, Louise de Lor-
raine. (Voir la reproduction de cette reliure au catalogue illustré.)
713. VALERIJ MAXIMI Romane urbis iurispitissimi ! in librfi
factor. et dictorum memorabiliû ad Tiberiù ces£yrem Prefa-
tio incipit. (A la fin. :)... In nobili urbe Mogûtina Rlienij ter-
minatàlanno M, cccc.lxxi il\']i. xmj, kaledisiulijs! per.,.
Petru schoyffer de gernsshem... In-fol., goth.; mar. brun,
fil. à compart., ornem., tr. dor. {rel. angL\
Première édition avec date. Exemplaire sur vélin.
714. FILLASTRE. Le premier volume ||de la toison dor. || Com-
pose par reuerend père en Dieu Guillaume [Fillastre]... ia-
dis euesque de Tournay... et chancellier de lordre de la
Thoison dor du bon duc Philippe de bourgongne Auquel...
sont contenus les haulx vertueux et magnanimes faictz tant
des treschrestiennes maisons de france, bourgongne et flan-
dres que dautres roys et princes de lancien et nouueau tes-
tament. UjK se vendenl a Paris en la rue saint laques a len-
seigne sainct Claude. (A la fin :) Imprime a Paris Lan mil
cinq cens et dix sept (1317) par Anthoine bonne mère. Le
dixiesme iour de Décembre pour Francoys regnault marchant
libraire demeurant en la dicte uille en la rue sainct laccjues a
lenseigne sainct Claude auprès de sainct Vues. 2 tom. en
I vol. in-fol., ^oth., fig. s. bois; mar. rouge jans., tr. dor.
Bel exemplaire réglé de la 2® édition. Il y a quelques transpositions de
cahiers, mais l'ouvrage est bien complet. •
715. VINCENT DE BEAUVAIS. Le quart volume || de Vincent
miroir[|liystorial. (A la fin :) Cy fine le ,xxx.ii ^ dernier Hure
de Vincent miroir historial Nouuelleme(it imprime a Paris par
Nicolas couteau. Et fut acheue d imprimer le .x^i^. iour du
moys de mars Lan mil cinq ces, xxxi (i 53 1) pour lef^an de la
garde Libraire iure. In-fol., goth., à a col., fig. s. bois;
mar. brun, ornem. en mosaïque^ tr. dor. etcis. {anc. reL).
Magnifique reliure aux armes, chiffre et devise (Force m* est trop) de
Pierre-Ernest, comte de MANSFELT, prince du Saint- Empire, chevalier de la
Toison d'Or, célèbre général de Charles-Quint et protecteur éclairé des arts
(voir la reproduction au catalogue illustré). Sur un f. de garde ^ on lit : lan-
dem. Ce Hure apertient a Reiié de Chalon et à mon amé' Anne de Gros. 1607
4e de Mars. De feu mon gran père le prince et conte de Mansfelt Fier Ernest.
FIN.
TABLE DES DIVISIONS.
MANUSCRITS.
BELLES-LETTRES.
No».
Auteurs latins , anciens et modernes 1
Auteurs français 29
Auteurs italiens 48
HISTOIRE.
Auteurs grecs et latins, anciens et modernes 51
Auteurs français. , 63
IMPRIMÉS.
BELLES-LETTRES.
I. Linguistique; 71
II. Rhétorique 80
III. Poésie.
1 . Poètes grecs et latins . . 89
2. Poètes français,
A. Depuis Guillaume de Lorris jusqu'à Villon 125
B. Depuis Villon jusqu'à Cl. Marot 151
G. Poètes anonymes depuis la fin du XV® jusqu'au milieu du
XVIe siècle 214
D. Depuis Marot jusqpi'à Ronsard 238
E. Depuis Ronsard jusqu'à Malherbe 295
F. Depuis Malherbe jusqu'à nos jours.
a. Poésies de divers genres 346
b. Poèmes sacrés, satiriques, badins, etc. — Fables, Contes, Chan-
sons 377
3. Poètes italiens et espagnols 397
IV. Théâtre.
1 . Théâtre grec et latin 410
2. Théâtre français,
A. Depuis l'origine jusqu'au milieu du XVI© siècle 424
224 TABLE DES DIVISIONS.
B. Depuis Corneille.
CORNEILLE 450
MOLIÈRE 478
RACINE : 524
3. Théâtre italien et espagnol 546
V. Romans.
1. Romans français,
A. Romans de chevalerie.
a. Introduction 551
b. Romans du cycle de Charlemagne et des vassaux 552
c. Romans de la Table ronde et des Atnadis 565
d. Romans de Rome la Grant, ou de l'Antiquité 585
e. Romans d'aventures 595
f. Chroniques romanesques 617
B. Romans de divers genres, Contes, Nouvelles, etc 619
2. Romans et Contes étrangers , 642
VI. Epistolmres et Polygraphes • . . . . 654
HISTOIRE.
I. GÉOGRAPHIE. Voyages 658
II. Histoire universelle • 662
III. Histoire ecclésiastique 667
rV. Histoire ancienne et moderne 672
V. Histoire de France et de l'Orient latin 689
VI. Chevalerie. Mélanges 708
fin de la table des divisions.
Typographie Firmiri-Didot. — Mesull (Eure).
■■ r*3è^
; . '
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EXPOSITIONS
PARTICULIÈRE : le Samedi 24 Mai.
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(3haque jour de vente il y aura Exposition publique à une heure
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l'aria. — Typographie Pirmio-Didot «t O, rv JaoA.
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PRECEDE D'UN ESSAI SUR LA GRAVURE DANS LES LIVRES
Par M. GEORGES DUPLESSIS
C0N8BRVATBUR ADJOINT AU DBPARTBMENT DBS BSTAMPBS DB LA BIBLIOTHBQUB RATIONALB.
VENTE A L'HOTEL DES COMMISSAIRES-PRISEURS
RUE DROUOT, N* 9. — SALLE N* 3
Du Lundi 26 au Samedi 31 Mai 1879
A deux heures précises de Vaprés-midi
Par le ministère de M*' Maurice Delestre, Commissaire-Priseur
Successeur de M« Delbçrgue-Cormont
27, roe Dronot, 27
Assisté de M. G. Pawlowski, officier d'Académie, bibliothécaire du défunt
Et de M. Adolphe LABrrrB, libraire de la Bibliothèque nationale
i, me de Lille, 4
PARIS — 1879
i
• . >
f
r • '
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ORDRE DES VACATIONS
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Lundi !26 Mai 1879.
Livres d'heures {France, Allemagne, Italie) 135 à 155
Livres à figures {France) * . « . • ii64 à 501
Théologie {Bible de Mayence, i46â, sur véhn, etc.) 50 à 69
Uturgie {MisseU) 70 à 79
Manuscrit {Ltvre d'heures attribué à Memlmg) ... 26
Mardi 27 Mai.
Livres à ligures {Allemagne) 306 à 335
Livres d'heures {Geofroy Toty) 125 à 134
Sciences et Arts {Cicéron, de Mayence, 1465, sur
vélin, etc.) 196 à 239
Manuscrit écrit par Jarry 37
Manuscrit {La Sainte Abbaye) .' * . . . 36
. . Mercredi 28 Jlai. ^
Livres à figures {Albert Durer, etc.) 336 à 364
Livres d'heures {France) 108 à 124
Sciences naturelles, médicales, occultes. — Mné-
monique .- 240 à 270
Théologie \LOrloge de Sapience [Verard, 1493] sur
vélin, etc.) . . . ^ 156 à 172
Manuscrits (Durandus, Rationale, etc.) 32 à 35
Manuscrit {Livre d'heures d'Anne d'Autriehe)\ ... 30
— YI —
Jeudi 29 Mai.
Livres à figures [Italie, Espagne) iOl à 420
Arts divers- et Beaux-Arts ' 271 à 305
Livres d'heures [France) 103 à 107
Jurisprudence •. . 173 & 195
Manuscrits (Gratianus, Decretum; Gicéron, etc.) . . 38 à 44
Livre d'heures (!) de Bussy-Rabutin 45
Vendredi 30 Mai.
Livres à figures [Bibles de Holbein, etc.). ....
Manuscrits [Apocalypse; Gi^aduels et Missels) . . •
Livres à figures [Dessins originaux de Holbein, etc.)
Manuscrits [Bibles ^ Psautiers y Evangéliaires) ...
Beatus, Commentaire sur l'Apocalypse (manuscrit).
421 à 463
12 à 16
365 à 400
1 à 10
n
Samedi 31 Mai.
*
Livres d'heures [France) 80 à 102
Solennités et fêtes illustrées [Entrées, Sacres, etc.). 505 à 525
Manuscrits [Missel de Tours, Heures de Talbot, 4©
René II de Lorraine, du Grand Bâtard de Bour-
gogne, de Marie Stuart, de Catherine, duchesse
de Bourbon, etc.). . 18 à 25
Xylographes 46 à 49
Manuscrits (Heures d'Anne de Bretagne, etc.). . 27 à 29 et 31
Missel de Charles VI (manuscrit) 17
ESSAI
SUR
LA GRAVURE DANS LES LIVRES
Il faudrait remonter bien haut si Ton voulait désig^ner
d'une façon exacte Tépoque où, pour la première fois, le
dessin vint prêter assistance au texte et parler aux yeux un
hmgage particulièrement intellig^ible. L'examen attentif
des manuscrits permettrait sans doute de constater que les
callig^raplies associèrent de tout temps à leurs travaux des
artistes, et que Tart se produisit simultanément dans les
livres et sur les murailles. Notre ambition est plus bornée;
nous ne ferons pas une excursion dans un domaine qui
n'est point le nôtre, et nous chercherons uniquement à
indiquer- la part qui revient aux artistes dans les livres
imprimés. Celte tâche, déjà fort vaste, nous sera facilitée
par la riche collection de M. Ambroise Firmin-Didot qui
va être livrée aux enchères; dans le catalog'ue qu'accom-
pag'ne notre travail on trouve mentionnés en effet la plu-
part des ouvragées dont nous parlons, et si quelques-uns
sont absents, c'est qu'ils ont, pour la plupart,, fi g»uré dans
— YIÎI —
tes catalogues antérieurs, ou bien qu'ils sont réservés pour
des ventes futures qui se suivront d'année en année.
La g^ravure, à ses débuts, fut pour ainsi dire plutôt une
industrie qu'un art; elle n'avait d'autre mission que de
suppléer à la miniature et de satisfaire une classe de la
société qui jusque-là semblait déshéritée. Le jour où l'on
eut trouvé le moyen de tailler dans le bois ou dans le
métal des traits qui, soumis à une forte pression et recou-
verts d'encre, pouvaient être reportés sur le papier, on usa
amplement de ce procédé économique qui permettait de
répandre à un g*rand nombre d'^exemplaires un dessin
unique; on couvrit de couleur ces imag'es, et, popr les
yeux peu délicats, il n'y avait aucune différence entre ces
productions grossières et les peintures exquises exécutées
dans les monastères. Sans doute il serait injuste de mettre
çn parallèle des manifestations aussi dissemblables, il
n'est pas toutefois hors de propos d'indiquer à quel besoin
impérieux répondaient les tentatives des premiers inven-
teurs de la gravure. Ils avaient à cœur de faire profiter le
grand nombre des bénéfices dont jouissaient uniquement
quelques privilégiés; le moyen de propagande employé
par eux, quelque imparfait qu'il fût, servit admirablement
leurs projets et réussit au-delà de toute espérance.
La période d'enfantement ne fut pas d'ailleurs de longue
durée. Bientôt des orfèvres ou des miniaturistes mirent leur
expérience d'artistes au service de la gravure propreîoieiit
dite et vinrent prêter leur concours aux ouvriers qui
maniaient seuls jusque-là le burin ou l'échoppe. Dans
certains manuscrits ont été intercalées en tête des chapitres,. ^
ou des offices, si ce sont des livres pieux, des }danches qui
9ont tantôt gravées en relief tantôt gravées en creux ;F(
— IX —
tampe occupe la place accordée antérieurement à la minia-
ture et révèle ainsi d'elle-même l'usage auquel elle fut
primitivement destinée. Deux manuscrits précieux con-
servés à la Bibliothèque nationale nous serviront à appuyer
notre dire; dans l'un, contenant divers frag^ments de
l'Imitation de Jésus-Christ, on rencontre deux planches
gpravées en manière criblée entourées d'une écriture qui,
par des raisons que nous ne pouvons développer ici, mais
que M. Henri Delaborde a savamment produites, ne peut
être postérieure à Tannée 1406; dans l'autre, livre d'heures
sur vélin fait en 1466 pour Jean Le Bon, comte d'Ang^ou-
§
lème, inscrit parmi les manuscrits latins de la Biblio-
thèque nationale sous len** 1173, plusieurs planches d'Israël
van Meckenea, coloriées avec soin, sont collées sur des
feuillets réservés à dessein par le callig*raphe qui entendait
laisser à son collaborateur la place qui lui était attribuée
dans tous les ouvragées analog'ues.
Comme transition naturelle entre les manuscrits ornés
d'estampes et les livres imprimés proprement dits, il con-
vient de placer les ouvrages xylographiques dans lesquels
le texte est, aussi bien que les images, gravé dans le bois.
L'art du miniaturiste n'était pas encore abandonné lorsque
ces productions virent le jour, mais il était menacé. La'
date exacte à laquelle furent exécutées les premiers livres
xylographiques, le pays même qui les produisit, ont donné
lieu à des dissertations savantes et à des hypothèses fort
ingénieuses, mais souvent très contradictoires, et la lumière
est loin d'être complètement faite sur ces produits primitifs
de la typographie. Il faudra, pour que la vérité se fasse
jour, que quelque document d'archives soit découvert et
Fien ne trancher en faveur de tel ou tel pays la question de
— X —
nationalité si vivement réclamée par les historiens jaloux
pour leur patrie de la découverte de Timprimerie. Quoi
qu'il en soit, les livres sont là et il nous appartient dé faire
remarquer que les auteurs des planches qui composent
VArs moriendi, la Bible des Pauvres, l'Apocalypse de saint Jean
et surtout le Cantique des Cantiques, ont droit de prendre
rang* parmi les artistes et d'être nommés les premiers
dans un travail consacré à indiquer le rôle que joua la
g'rayure dans les livres. Sans doute les planches qui rem-
plissent ces volumes sont fort inférieures aux miniatures
qui virent le jour antérieurement, mais il importe de songper
que le procédé employé est tout nouveau, que les difficultés
qu'il présente sont grandes et que les g*raveurs comme les
miniaturistes n'arrivèrent pas du premier coup à la per^
fection.
Ces livres xylog^raphiques sont actuellement d'une
insig'ne rareté; ils sont pour la plupart immobilisés dans les
bibliothèques publiques, et, lorsqu'il s'en trouve quelqu'un
dans une collection privée, il suffit adonner à cette collec-
tion une renommée véritable. Ces volumes eurent cepen-
dant à leur apparition un succès énorme; on connaît de
*
chacun d'eux plusieurs éditions, et il est mômè assez rare
de trouver deux exemplaires absolument identiques des
livres xylog'raphiques. Cette variété dans les exemplaires
connus de VArs moriemli, de la Bible des Pauvres et de VApo*
calypse ne peut s'expliquer autrement que par l'empresse-
ment que mit chaque famille à posséder ces livres pieux
dont elle avait été privée jusque-là, et par l'usagée journalier
que chacun en faisait. Le papier n'offre pas la même résis^
tance que le vélin^ et, tandis que les manuscrits subissaient
presque impunément un maniement quotidien, les livi^
— XI —
xylographiques périssaient promplement, et, malgré le
soin que prenaient les éditeurs de les remplacer, finissaient
par être anéantis et par disparaître complètement. L'im-
primerie en caractères mobiles suppléa d'ailleurs assez
f)rômptement à l'impression xylographique et vint rendre
jusqu'à un certain point inutiles ces productions primitives*
Dans tous les pays à la fois, l'imprimerie proprement dite
prend un développement considérable au milieu du
XV* siècle. Si les premiers ouvragées ne contiennent pas
tous des gravures, il en est bien peu qui n'aient pas au
moins quelques lettres ornées placées en tète des chapitres
ou distribuées dans le texte à chaque renouvellement de
phrases. Ces alphabets, en usage chez les imprimeurs,
méritent souvent d'attirer l'attention des auiateurs et ont
quelquefois la valeur de véritables œuvres d'art.
Les artistes de haute valeur sont rares de tout temps,
et ceux qui consacrèrent à l'ornementation des livres une
part de leur talent sont particulièrement rares au début.
En Allemagne, avant Albert Durer qui, dans la Vie de la
Vierge, dans la Grande et la Petite Passion et dans \ Apoca-
lypse, mit au service de la typographie sa haute intelli-
gence de l'art, on no trouve que des artisans bien inten-
tionnés, mais imparfaitement instruits des ressources que
peut fourpir la gravure. Aussitôt que le maître apparaît, au
contraire, des graveurs, subissant son influence salutaire,
viennent se mettre sous sa discipline, réclamer ses conseils
et conquérir, grâce à leur docilité, une place qui leur était
refusée antérieurement. Ils méritent, dès lors, d'être mis
au rang des artistes, et la scrupuleuse exactitude avec la-
quelle ils transportent dans le bois les dessins que Durer
trace à leur intention a mérité à leurs ouvrages de vivre
— XII —
dans la postérité : le succès qui accueillit les planches g^ra-
vées sous les yeux de Durer suscita à des éditeurs du temps
l'idée de tirer profit des auxiliaires nouveaux qui s'offraient
à eux; ils remplirent de g'ravures en bois les livres qu'ils
publiaient et fournirent ainsi aux artistes qui se livraient
à ce g*enre de travail une occasion fréquente de s'exercer.
Hans Burg'khmair, Albert van Assen, Jobst Amman et
0
quelques autres consacrèrent une grande partie de leur exis-
tence à travailler pour les libraires et n'exécutèrent pas dans
ce g^enre leurs moindres ouvrag'es. Quiconque veut être
renseig*né sûrement sur l'état de l'art en Allemag'ne à la
fin du xv* siècle et au commencement du xvi* siècle est
tenu d'examiner avec soin les livres publiés à cette époque
de l'autre côté du Rhin; les peines que cette recherche
«•
pourra lui coûter serqnt amplement compensées par les
surprises qui lui sont réservées.
Non loin de Nuremberg», où était en réalité pour TAlle-
mag*ne le centre de la production intellectuelle au xvi" siècle,
vivait un g^rand maître qui doit certainement aux livres
auxquels il a fourni des dessins, au moins autant qu'aux
admirables peintures qu'il a exécutées, la lég^itime renom-
mée dont il jouit. Hans Holbein travailla à Bâle de 1516
à 1543. Malg*ré les très importantes publications qui lui
ont été consacrées dans ces derniers temps, sa vie est im-
parfaitement connue; il n'en est pas de même de ses ou-
vrag'es. En dehors des Simulachres de la mort (Lyon, Trech-
sel, 1538) (1 )et des Icônes historiarum Veteris Tes tamenti {Lyon ^
Frellon, 1547) que Hans Lutzelburg'er g»rava dans le bois
(i) Il est à peiue uéccssairc de rappeler ici que le premier tirage des Sumi-
lachres de lii mort parut sans texte, et que les exemplaires de ce tirage primitif
Koht de la plus insigne rareté.
— xni —
- -avec un incomparable talent, nombre de frontispices de
livres, de marques d'imprimeurs, d'iilphabets et de fleurons
typog'raphiques sont dus au crayon de Hans Holbein. Ce
g^nd artiste savait approprier à l'objet qu'il traitait sa
haute intelligence de Tart, et tel sujet renfermé dans un
tout petit cadre pourrait, sans rien perdre de sa valeur,
subir un ag^randissement considérable. Les livres auxquels
Holbein a prêté son concours méritent d'être recherchés
comme les modèles du g'enre; les g*raveurs qu'il avait
coutume d'employer, Hans Lutzêlburger surtout, tradui-
saient avec une scrupuleuse exactitude les dessins qui
leur- étaient soumis et employaient tous leurs efforts
à respecter le croquis du maître qu'ils avaient mission de
multiplier.
De l'autre côté du Rhin, les g'raveurs sur métal furent
assez rarement mis à. contribution par les libraires qui
trouvaient chez les g*raveurs sur bois des auxiliaires suffi-
samment habiles. Lorsque Ton aura cité un Ars moriendi^
publié au commencement du xvi" siècle auquel sont jointes
un certain nombre de planches g^ravées par Martin Za-
zîng'er (1) et accompagnées de ses initiales, on sera réduit à
s'en tenir là. Aucun des graveurs sur métal de haute valeur
qui vécurent en Allemagne depuis le maître E. S. de 1466
jusqu'à Henri Aldegrever ou jusqu'aux Beham, ne s'adon-i-
nèrent à l'ornementation des livres; ils se contentèrent de
mettre, au jour des planches qui n'avaient pas besoin, pour
se recommander, d'aucun autre attrait que leur mérite
intrinsèque, et pour trouver, au-delà du Rhin, un artiste qui
(1) Ce livre eut de nombreuses éditions. A la dernière, publiée à Munich par
Pierre Kônig en i623, on ajouta deux planches grossièrement gravées,' qui
n'oflErent aucun intérêt. . .....;:•:
— XIV —
semble avoir consacré, presque exclusivement» un talent
original h Tornemen talion des livres, il faut descendre jus-
qu'à la fin du siècle dernier, et interrog^er l'œuvre consi-
dérable de Daniel Ghodowieçki. Dans les innombrables
vignettes que le fécond artiste dessina et grava lui-même,
on constate, à côté d'une intelligence réelle du texte dont il
s'eflbrce de commenter à sa manière les passages princi-
paux, une entente de la composition qui recommande spé-
cialement toutes les productions de sa pointe.
En Italie, pendant les'xv* et xvi*^ siècles, les éditeurs, cu-
rieux de donner aux ouvrages qu'ils mettaient au jour un
intérêt particulier, usèrent de tous les moyens pour arriver
à leur but. La gravure sur métal, grâce aux travaux de
quelques orfèvres, acquit assez vite une importance réelle.
Nicolo di Lorenzo d'Allemagne introduisit dans le Monte
santo di Dio, d'Antoine Bettini de Sienne (Florence, 147T\
quelques planciies gravées sur métal, qui passent ajuste
titre pour les premiers ouvrages de ce genre qui aient été
insérés dans des livres. Le même éditeur, quatre ans plus
tard, en 1481, publiait une édition de la Divine Comédie du
Dante, dans laquelle il avait introduit un certain nombre
de planches gravées en taille-douce par Baldini, probable-
ment d'après les dessins de Sandro Botticelli. Ces ouvrage,
qu'ils soient ou non les premiers qui aient paru accompar
gnés de planches sur métal, sont, sans contredit, les plus
importants au point de vue de l'art qui aient été publiés
au XV* siècle. Le mérite des estampes qu'ils renferment, le
talent exceptionnel dont ont fait preuve les artistes qui les
ont exécutés ont^ de tout temps, attiré sur eux Tattentioii
des artistes. L'art florentin du xv* siècle, si particulier 'et
si charmant, a pu enfanter des œuvres plus importantes
— XV —
dans la gravure, il n'en a pas produit de plus exquises et
de plus essentiellement personnelles.
. Si le nombre des livres accompag*nés de planches g^ravées
en taille-douce est fort restreint en Italie comme ailleurs,
il n'en est pas de même des ouvragées pour lesquels les édi-
teurs ont fait appel aux g^raveurs sur bois; ceux-ci, fort
remarquables pour la plupart, seraient dig*nes d'une étude
spéciale. Le Songe de Poliphile (Venise, Aide Manuce, 1499)
est, sans contredit, le volume le plus important de cette
série. Le nom de l'artisle qui traça les dessins destinés à ac-
compag'ner le sing*ulier ouvragée de Francesco Colonna n'est
pas connu; mais, s'il ne nous est pas possible d'accepter
comme étant les auteurs de ces dessins les artistes qui
ont été proposés jusqu'à ce jour, nous nous empressons
de reconnaître qu'un maître de haute valeur a seul pu
inventer ces compositions qui révèlent, en môme temps
qu'utie main très exercée, une haute intelligence de l'art.
Les graveurs, auxquels incomba la mission de fixer dans le
bois ces inventions, surent justifier pleinement le choix
dont ils avaient été l'objet ; ils s^appliquerent à transmettre
avec une fidélité parfaite les modèles qu'ils avaient sous les
yeux, et ils réussirent si bien à faire disparaître leur per-
sonnalité qu'il est possible d'admettre qu'un seul et même
artiste g*rava dans le bois les précieux dessins qui accom-
pagnent cet ouvrage. Cette absence d'individualité si con-
damnable chez des artistes inventeurs doit être comptée
comn\e un mérite chez des interprètes auxquels incombe
Tunique mission de retracer avec les moyens particuliers
dont ils disposent un dessin qu'ils n'ont le droit ni de
s'approprier ni de modifier en aucune façon.
. A côté du Songe de Poliphile méritent de prendre place un
— xyi —
* '■
certain nombre d'autres livres qui, pour être moins oé-
lèbresy n'en sont pas pour cela moins intéressants. Parmi
ces ouvragées enrichis de planches excellentes» nous citerons
une traduction italienne des Métamorphoses d* Ovide, par
Uuonsig*nore, imprimée par Giov. Rosso ad instantia del
nobile huomo masser Luc Antonio Zonta (Venise, 1497); le
■
Théâtre de Térence , imprimé en 1499, par-Lorenzo de
Soardi; les ffistoires d Hérodote^ traduites en latin per vi-
rum eruditissimum Laurentium VaIensem.(Venitiis,J. et
•
(ir. de Greg'orii 1494); les Œuvres de Plante, qui virent le
jour à Venise en 1511 ; enfin une édition du Décamiron
de Boccace (Venise, Giovanni e Gregorio de Gregoni, 1492);
C'est à cette même catég'orie d'ouvragées qu'appartient
le Fasciculus medidnœ de Jean de Ketham, qui eut un
g'rand nombre d'éditions et dont les planches passent
aux yeux de quelques historiens, sans raison sérieuse,
selon nous, fiour avoir été dessinées par Andréa Manteg^na.
Dans tous ces livres et dans bien d'autres encore qui virent
le jour au même moment, sont renfermées des gravures
en bois qu'il importe d'examiner avec soin si l'on veut
connaître à fond les manifestations de toute une branche
de l'art italien. Cet art était si vivace à la fin du jy* siècle
et au commencement du xvi* qu'il se répandait partout.
Les peintres et les sculpteurs ne dédaignaient pas les be^
sog*nes les plus modestes, et les artistes n'avaient besoinj^^
pour se produire, ni de vastes espaces ni de pompeux édî*
iices; ils mettaient la main à tout et rendaient souvent des
services sig*nalés aux éditeurs qui les employaient. Quiaul
rait aujourd'hui conservé le souvenir du Songe de PoUr
phileelde tant d'autres ouvragées si des g^ravures exoellenfcte
n'avaient préservé d'un oubli mérité ces productione litlé-
— XVII —
raires, souvent d'un intérêt assez médiocre? Qui song^erait,
par exemple, à rechercher de notre temps les livres com-
posés par Doni si de nombreux portraits, dont le dessin
est attribué à Titien lui-même , n'avaient attiré l'œil
intelligent des artistes ou éveillé l'attention des curieux?
La plupart des livres que nous venons de citer et tant
d'autres que nous pourrions encore mentionner se reg^ar-
dent et ne se lisent pas; ils ont leur place marquée dans
la J)ibliothèque de l'artiste et trouveraient difficilement
accès dans le cabinet des bibliophiles proprement dits; il
faut aimer l'art pour apprécier, comme elles le méritent,
ces productions exquises auxquelles ne font défaut aucune
des qualités de l'école.
Venise n'avait pas seule en Italie le privilégie de produire
des livres ornés de belles estampes. A Rome parut vers 1480
un ouvrage intitulé: Tractatus solemnis et utilis per reli-
giomm virum magistrum PMlippum Syculum ordinis prœdi-
catorum.... dans lequel sont insérées treize planches sur
bois représentant les douze sibylles et Proba Falconia qui,
quoique fort g*rossièrement g*ravées, ne sont pas dénuées
de tout intérêt; à Florence, les sermons de Jérôme Savona-
rôle étaient, pour la plupart, accompag'nés de planches sur
bois pleines de charme dans lesquelles apparaissait, malgpré
la médiocre habileté des g^raveurs, le génie florentin avec sa
grâce singulière et sa rare entente de l'expression. A Milan,
outre un vjolume de Luca Pacîolo, De Proportione divzna^
dans lequel est inséré un profil dessiné par Piero délia
Francesca, fut publiée en 1518 une Vie de sainte Véro-
nique accompagnée de planches dont le dessin peut, sans
imprudence, être attribué à Bernardine Luini ; à Ferrare, le
livre du frère Jacques-Philippe de Bergame, De pbirimis
— XVIII —
daris selectisque mulieribus (1497) doit être rangée parmi les
plus intéressantes publications dans lesquelles la gravure
sur bois joue un rôle important; à Vérone, les planches
qui accompag^nent l'ouvragée de Valturius, De re Militari,
publié en 1472 par Jean de Vérone, sont attribuées à
Matteo Pasti. En cherchant bien, en tournant ses études
de ce côté, on parviendrait à constater que, dans chaque
ville de Tllalie où une imprimerie existait, il se trouvait
un ou plusieurs artistes qui ne refusaient pas à Fimpri-
meur le concours de leur talent le jour où celui-ci y
faisait appel.
Si, comme nous serions assez disposé àlecroire^Thonneur
d'avoir donné naissance aux premiers ouvragées xylog^ra-
phiques revient aux Pays-Bas, il faut reconnaître cependant
qu'en Hollande et en Flandre l'exemple donné par Lau-
rent Coster fut assez rarement suivi. Récemment on a dé-
couvert dans la bibliothèque de lord Lothian, à Newcaslle,
près d'Edimbourg*, un livre de Boccace, De la Rwjne des
nobles hommes et femmes, imprimé à Brug*es par Golard Man-
sion en 1476, dans lequel se trouvent neuf planches sur
métal que l'on connaissait jusqu'à ce jour à l'état d'es-
tampes isolées et que l'on désig^nait communément sous le
titre d'estampes du maître des sujets tirés de.Boccace, Ces
planches, qui paraissent g^ravées par quelque artiste de
l'école hollandaise , peut-être bien par le maître de 1480^
ne suffiraient pas à attester Tempressement que les éditeurs
des Pays-Bas mirent à appeler les artistes à leur aide.
Cette découverte intéressante, mais à peu près isolée jus-
qu'à ce jour, ne saurait beaucoup infirmer l'opinion reçue,
et on demeure toujours assez embarrassé lorsqu'il s*agit
d'attirer l'attention sur un livre orné de fîg'ures véritable-
— XIX —
ment intéressantes qui ait vu le jour sur les bords de
l'Escaut ou de rAmstel. Sans doute le nombre est g*rand
des ouvrag-es dans lesquels sont insérées quelques estampes
sur bois; mais, de là à rencontrer des planches offrant un
intérêt véritable, il y a loin. On est contraint de poursuivre
ses recherches plus avant, et, lorsque Ton parvient au
XVII* siècle, on rencontre une quantité considérable de livres
qui ont dû souvent aux vig*nettes qui les accompag*nent
d'échapper à l'oubli. Rembrandt fait précéder la tragédie
de son ami, le bourg^uemestre Six, Médée, d'une eau-forte
admirable composée exprès pour le livre qu'elle accom-
pag*ne; il prête le concours de son talent au juif Menasseh-
ben-Israël, qui publie à Amsterdam en 1655 un livre ayant
pour titre : Piedra gloriosa o de la estaiua de Nebuchadmzar^
f
con muchas y diversas authoridades de la S. S. y antiguos
sabios. P. -P. Rubens dessine pour l'imprimeur Planlin un
g^rand nombre de vig^nettes et de frontispices que g^ravent
avec habileté tous les artistes de Técole qu'il avait g*roupés
autour de lui et pour ainsi dire attachés à sa personne. Les
Wierix, Jean Valdor, Crispin de Passe et tant d'autres ne
cessent de produire pour les éditeurs, à côté desquels ils
vivent, des planches intéressantes qui accompag^nent les
moindres productions du temps. Au moment où les livres
d'emblèmes prennent une importance inconnue jusque-là,
on trouve à chaque pag^e une fîg^ure que des explications
sans nombre ne parviennent pas toujours à rendre claire;
le texte ne devient plus, entre les mains de certains édi-
teurs du xvu* siècle, en Flandre, qu'un accessoire, et les
libraires se transforment volontairement en véritables édi-
teurs d*estampes. Tous ces livres d'emblèmes qui voient le
jour à Anvers ne méritent pas d'être recherchés au même
— XX —
degré ; souvent, malgré les estampes qui les accompagnent.
Fart proprement dit en est à peu près absent, et l'amateur
est tenu de faire un choix sévère parmi ces productions
hâtives. C'est dans ce genre d^ouvrages que dans les Pays-
Bas la gravure unie à la typographie va se perdre ; les in-
habiles trouvent là un moyen facile de se produire, et les
maîtres disparaissent peu à peu lorsque Rubens et ses
élèves ont cessé de produire.
En Angleterre et en Espagne, l'art de la gravure ne fut
pas pratiqué avec la même suite que dans les autres pays;
sans doute, quelques ouvrages imprimés au xv* siècle par
William Gaxton sont accompagnés de planches sur bois
qui accusent une intention de se conformer aux usages
adoptés ailleurs^ mais l'exemple du célèbre imprimeur fut
peu suivi. Le livre d'écriture publiée Sarag^sse en 1550
par Juan de Yciar contient un grand nombre d'estampes
signées du nom ou des initiales de J. de Vingle, mais,
quand bien même on parcourrait avec soin les biblio-
thèques de LfOndres et de Madrid, on ne serait pas en me-
sure de constater un caractère particulier aux planches qui
accompagnent les ouvrages publiés en Angleterre ou en
Espagne aux xv"" et xvi* siècles. L'art fut très lent à s'établir
en Angleterre, et les pays voisins avaient coutume de fournir
aux Anglais leurs artistes; Holbein et Van Dyck parmi les
peintres, Wenceslas HoUar parmi les graveurs, pour ne citer
que les maîtres, furent les véritables fondateurs de recelé an-
glaise; à dater seulement de l'époque où ces artistes s'éta-
blirent à Londres, l'art, dans ce pays, existe réellement.
Même au milieu du xviii^ siècle, c'est à peine s'il se trouvait
en Angleterre quelques artistes qui songeaient à se- mettre
au service des libraires; les premiers qui introduisirent au*
— XXI —
delà de la Manche Tusage des vigpnettes, furent des Français
qui transportèrent avec eux les habitudes de nos compa-
triotes et les plus habiles des maîtres français en ce g*enre :
à Hubert Gravelot revient en partie l'honneur d'avoir
donné à TÂng^leterre le g'oût des vignettes; il emmena avec
lui quelques g'raveurs qui multipliaient ses dessins à mesure
qu'il les composait, et, g*râce à son talent, inventif et facile,
il obtint un tel succès qu'il trouva de suite de nombreux
imitateurs. A partir du milieu du XYIIT siècle, il se forma
à Londres une véritable école de vig*nettistes qui n'a pas
cessé d'existerjusqu'à nos jours. Ho^arth, Stothard, Rowlan-
dson, les Gruishank sont au nombre des plus célèbres, et, de-
puis les dernières années du XVIir siècle, il ne parut g'uère
en Angleterre un livre de quelque importance qui ne fût
accompagné de nombreuses vignettes dans lesquelles les
artistes du pays se laissaient aller à leur humour et à leur
imagination particulièrement originale. Les romans de
Walter Scott et de Fenimore Gooper ont fourni, à eux seuls,
aux artistes anglais plus que tout autre livre l'occasion de
témoigner de leur intelligence à saisir les parties intéres-
santes d'un roman; les journaux satiriques, fort nombreux
dans la Péninsule, ont permis aux caricaturistes de donner
cours à leur verve et à leur franche gaieté; la coutume de
publier chaque année sous le titre de Keepsake un recueil
d'articles de toute nature accompagnés de planches très
variées a contribué à entretenir le goût pour les vignettes,
et, nulle part ailleurs aujourd'hui plus qu'en Angleterre,
la gravure ne se trouve plus intimement unie à la librairie
de luxe.
Nous ne saurions en direautaiitde l'Espagne. Les artistes,
dans ce pays, ont été rares de tout temps^ Lorsque l'on a
— XXII —
prononcé le nom de quelques g^rands peintres tels que
Velasquez, Murillo et Ribera, on ne trouve plus que des
hommes de second ordre qui exécutent des ouvrages de
grande dimension et qui ne songent guère à soumettre leurs
travaux aux exigences de la librairie. Dans quelques livres de
prières apparaissent des vignettes sans grand caractère et
sans originalité réellequi sont plus propres à inspirer la piété
à leurs dévots lecteurs qu'à intéresser beaucoup les artistes.
Goya lui-même, dont le talent avait un côté essentiellement
littéraire, ne fît, que nous sachions, aucun dessin destiné à
trouver place dans ces livres, et, lorsque le plus récent des
artistes espagnols, Mariano Fortuny, introduisit dans un
volume imprimé quelque dessin de sa façon, il n'était pas
encore en pleine possession de son talent et ne donna que
des gages fort incomplets de ses aptitudes futures.
Dans tous les pays que nous venons de passer en revue,
il y a toujours un moment où Tart de la gravure cesse d'être
exploité par les libraires : tantôt c'est au début seulement
que les éditeurs font appel aux artistes; tantôt cette collabo-
ration, profitable à tous, ne se produit avec suite qu'assez
tard. En France, il en est tout autrement: depuis le moment
où les premiers livres sont publiés jusqu'à nos jours, il ne se
passe pour ainsi dire pas une année sans que l'on ne trouve
quelque manifestation intéressante de la gravure prêtant
son assistance à la typographie. En 1488, des planches sur
métal accompagnent les Saintes Pérégrinations de Jérusalem
de Bernard de Breydenbach (Lyon, Michel Topie de Pymont
et Jacques Herembeck); au même moment, également en
1488, des planches sur bois, d'une bien autre valeur, voient
le jour pour la première fois dans la Mer des Histoires, que pu-
blie, à Paris, Pierre Lerouge, imprimeur du Roi. Des livriBS
— XXIII —
d'Heures, sortis des ateliers de Simon Vostre, d'Antoine
Verard, de Kerver ou de Gilles Hardouin, sont remplis de
gravures, souvent fort remarquables, qui encadrent le texte
ou précèdent chaque office. C'est dans ces pieux ouvrages
qu'il faut aller étiTdier l'art de la gravure en France, au
commencement du XVI" siècle; c'est là que se trouvent les
témoignages les plus significatifs de notre art national. Les
chefs-d'œuvre que les miniaturistes avaient répandus à
profusion dans les manuscrits antérieurs étaient présents
à toutes les mémoires, et les dessinateurs qui confiaient
aux graveurs le soin de répandre les compositions qu'ils
inventaient faisaient amplement leur profit des exemples
que leur avaient légués leurs prédécesseurs. L'art français
a tout avantage à être étudié dans ces productions naïves
qui succèdent, sans sérieuse infériorité, aux miniatures
qu'elles sont appelées à remplacer complètement. A côté de
scènes pieuses, destinées à l'édification des fidèles, se trou-
vent, en regard des calendriers, par exemple, des sujets
empruntés à la vie de tous les jours, des compositions fami-
lières qui donnent sur les usages du temps des indications
précieuses. A côté de Toffice des Morts apparaît le plus
souvent une de ces danses macabres que les artistes du
moyen âge ont si fréquemment traitées, et on peut assurer
que l'examen attentif de ces petites planches répandues à
profusion dans les Heures françaises sera profitable à tous
les historiens de notre art national, quel que soit le but
particulier de leurs recherches.
Les graveurs employés par les imprimeurs de réputation
faisaient souvent usage d'un procédé particulier, que l'on
a désigné sous le nom de manière criblée; ils cherchaient
ainsi à rappeler ces fonds d'or couverts de petits points, sur
— XXIY —
lesquels les miniaturistes profilaient fréquemment la sil-
houette des personnag'es qu'ils mettaient en scène. Geofroy
Tory fut un des premiers g^raveurs qui rompit avec cet usage^
et, dans les Heures de la Vierffe, par exemple, dont la pre-
mière édition fut imprimée en 1524, il se servit d'un contour
savamment tracé, qui se détachait sur le fond blanc du pa-
pier. Les livres que Ton attribue avec sûreté à cet artiste
justement célèbre se distinguent de leurs aînés par une
science du dessin supérieure et par un goût particulier, qui
tend à s'éloigner complètement des procédés en faveur
au XV* siècle. Les planches dues à cet artiste, qui accom-
pagnent les Heures de la. Vierge ou le Champfleury ^ sont
dignes d'être comptées au nombre des productions les plus
importantes de la gravure sur bois. La sobriété des moyens
employés ne nuit en rien à la stricte exactitude du dessin,
et, en ne se préoccupant pas outre mesure du modelé, que
la gravure sur bois est peu propre à rendre complètement,
Geofroy Tory a témoigné qu'il se rendait un compte exact
des ressources que pouvait offrir l'art auquel il se livrait,
et qu'il renonçait volontairement à la lutte avec la gpravure
en taille-douce, dont la mission, comme les moyens, sont
tout différents.
Si l'on peut citer le nom de l'auteur des planches qui
accompagnent les Heures de la Vierge et le Champfteury (1),
il n'en est pas de même de celui qui grava les es-
tampes précieuses qui ornent le Songe de Poliphile (Paris,
Jacques Kerver, 1546). Ici, nous nous trouvons en pré-
sence d'un livre particulièrement intéressant. Nous
(I) On n*est pas encore tombé d'accord sur Tauteur des dessins qui accom-
pagnent V Entrée de Henri II à Paris, en la49 (Paris, Jacques Hoffet dit le Foui-
ckeur, in-4); mais il faut désormais rayer le nom de Geofroy Tory de la liste
des auteurs supposés de cet ouvrage : Thabile artiste était mort en 1533.
— XXV —
avons affaire à une traduction en français d'un livre
composé en italien, et cette traduction n'est pas limitée
au texte même, elle porte en même temps sur les plan-
ches qui le décorent. L'artiste qui fut charg'é d'orner la
traduction française du livre de François Golonna s'inspira
directement des planches insérées dans l'édition orig^inale,
publiée par les Aide en 1499; il interpréta à sa façon cha-
cune des estampes de l'artiste italien, et accommoda au goût
français les compositions italiennes qu'il avait mission de
retracer. Rien n'est plus intéressant à étudier que cette in-
terprétation d'un motif unique par deux intellig'ences dont
la nationalité est différente. On ne saurait reg'arder comme
des copies les planches de l'artiste français; cependant les
dispositions g'énérales de chaque planche sont les mêmes
dans les deux éditions; le sujet traité est toujours le même,
mais le g*oût du dessin est tellement différent, la manière
d'exprimer le même sentiment et la même pensée est telle-
ment peu conforme, que Ton doit considérer comme des
œuvres véritablement originales les planches qui ornent
l'édition française du Songe de Poliphile. A qui faut-il faire
honneur de cette traduction graphique? Quel est celui de nos
artistes français du XVP siècle qui put se tirer aussi bien
d'une tâche aussi difficile? Nous ne saurions répondre posi-
tivement à ces questions; mais le nom de Jean Cousin, que
M. Didot a prononcé à ce propos, ne nous paraît pas indi-
gne d'être cité. Ajoutons, toutefois, que si l'artiste senonais
est l'auteur des planches qui accompagnent l'édition fran-
çaise du Songe de Poliphile, il y sut mettre une réserve et une
sobriété dont on ne retrouve pas la trace dans la plupart
de ses productions bien authentiques.
Cette même exécution sobre et particulièrement intelli-
— XXVI —
génie que réalisent les planches qui accompagnent le poème
en prose française connu sous le nom de Songe de Poliphile,
se retrouve dans deux ouvragées qui, pour être moins cé-
lèbres, n'en méritent pas moins d'occuper dans les biblio-
thèques choisies une place d'honneur; nous entendons par-
ler de V Apocalypse de saint Jean (Paris, Et. Groulleau, 1547)
et de V Amour de Cupidon et de Psyché, mère de Volupté (Pa-
ris, J. de Marnef, 1546), qui rappellent, en les rajeunis-
sant, des compositions exécutées antérieurement. Il n'y a
pas à en douter^ le dessinateur qui a fourni au graveur
sur bois ses modèles a connu les estampes que Durer a con-
sacrées à l'Apocalypse et les compositions relatives a la fable
de Psyché, longtemps attribuées à Raphaël, que le maître
au dé a multipliées à l'aide de son burin; rarement même
il s'est permis d'apporter quelque modification à l'œuvre
originale; mais il a su donner aux figures répandues dans
les compositions inventées par des intelligences étrangères
une allure si française, qu'il s'est en réalité approprié l'œu-
vre d'autrui, et qu'il nous a donné le droit de réclamer
comme nôtres ces petits livres gravés avec une habileté in-
connue antérieurement. Les planches de Bernard Salomon,
dit le Petit Bernard, qui virent le jour à Lyon, procèdent
d'un talent analogue. Les petites estampes qui accompa-
gnent les livres publiés par Jean de Tournes, les Devises
héroïques de Claude Paradin (1557), les Quadrins historiques de
la Bible (1556), les Métamorphoses d Ovide (1557), les Em-
blêmes d Alciat (1548), et tant d'autres, attestent une rare
connaissance du dessin et une entente approfondie des con-
ditions spéciales qu'exige la gravure mise au service de la
typographie. Ces ouvrages eurent de très nombreuses édi-
tions; les planches passèrent de mains en mains, et^ en
— XX7II —
1681, plus d'un siècle après avoir été imprimées pour la
première fois, les fîg'ures de rAncien et du Nouveau Tes-
tament étaient de nouveau mises au jour par Samuel de
Tournes, qui trouvait encore moyen de tirer profit du pré-
cieux héritag'e que lui avaient lég*ué ses ancêtres,
" Le nom de Tartiste qui grava les estampes répandues
dans y Entrée de Charles IX à Paris en 1571 est connu; il se
nommait Olivier Codoré. Sa main n'avait pas la souplesse
que nous signalions plus haut chez Geofroy Tory, à Tocca-
sion des Heures de la Vierge, et les planches qu'il exécuta sont
surcharg'ées de travaux inutiles. La sobriété des moyens sied
dans un livre mieux qu'une trop grande profusion de détails,
et à un demi-modelé un contour net et précis est préférable.
A la fin du XVP siècle, la gravure sur bois tend, en France,
à perdre de son importance. Les graveurs au burin, au
contraire, occupent un rang qu'ils n'ont pas encore occupé.
Sous le règne d'Henri IV, Léonard Gaultier et Thomas de
Leu sont les deux artistes que les libraires occupent le plus
habituellement; ils sont chargées de graver quelquefois des
vig^nettes destinées à être répandues dans le texte; mais le
plus souvent leur rôle s'arrête à la première page; devant
le prix du tirag^e de ces planches en taille-douce, les édi-
teurs reculent. Ils consentent bien à faire g^raver un fron-
tispice, qui doit contenir le titre du livre, ou un portrait
donnant Timage de l'auteur ou du personnage qui a accepté
la dédicace; mais ils s'en tiennent là. Plus on avance dans
le siècle, plus les ouvrages ornés de planches gravées sont
rares. François Chauveau, Pierre Le Pautre, Jean Morin,
quelques autres artistes, cèdent bien encore quelquefois aux
instances des libraires et inscrivent leurs noms au bas de
planches lestement g^ravées à l'eau-forte qui ne suffiraient
— XXYIII —
pas toujours à les recommander à la postérité ; mais l'art, sous
Louis XIV, a besoin, pour se produire, de gprands espaces,
et les cadres dont disposent les éditeurs ne sont pas propor-
tionnés aux aspirations des artistes. Ge n'est que par acci-
dent que les véritables maîtres consentent à fixer dans le
métal une planche destinée à aller se cacher dans un vo-
lume, et, lorsqu'ils ne savent pas résister aux sollicitations
dont ils sont Tobjet, ils ne donnent pas g'énéralement la
mesure exacte de leur savoir.
Au XVIIP siècle, c'est tout le contraire qui se produit. La
g^ravure sur bois n'a pas encore retrouvé la faveur passée, et
Jean-Baptiste-Michel Papillon est à peu près le seul artiste
qui s'y exerce; mais il se forme en France toute une école
de dessinateurs qui consacrent le meilleur de leur talent à
traduire pour les yeux les passa g*es les plus intéressants des
livres qui sont publiés de leur temps. H. Gravelot, Maril*
lier, Eisen, GhoflFard, Gochin, Saint-Aubin et Moreau le
jeune ont acquis des droits sérieux à occuper dans l'histoire
de l'art français une place à part; soit qu'ils se contentent
de dessiner, soit qu'ils g*ravent eux-mêmes des milliers de
vig^nettes insérées dans les publications contemporaines, ils
déploient à cette besog*ne un esprit et une habileté dont ja-
mais auparavant, dans aucun pays, on n'avait eu d'exem*
ple. Les Co7Ues moraux de Marmontel, le Décaméron de Bo-
cace, les Contes de la Fontaine, les Fables de Dorât, let
Œuvres de J.-J. Rousseau et les Chansons de la Borde sont
remplis de planches qui joig^nent à une invention facile
une exécution délicate et soig*née, admirablement appro-
priée à l'objet auquel elles sont destinées. Souvent le
livre doit uniquement au talent de l'artiste qui Ta décoré
la réputation dont il jouit, et les amateurs d'estampe»
XXIX —
ont plus de droit que le bibliophile à rechercher certains
ouvragées dont le mérite littéraire est souvent contestable.
Moreau le jeune vécut fort long*temps, et lég'ua à ses suc*
cesseurs les préceptes de Fart qu'il tenait lui-même de ses
prédécesseurs. Bien qu'à la fin de sa carrière il subît Tin-
fluence du peintre David et qu'il modifiât, sans profit pour
personne, sa manière, il n'en conserva pas moins une ha-
bileté particulière à saisir dans un livre les passag'es qu'il
convenait spécialement de sig^naler à l'altention du lecteur.
Pierre-Paul Prudhon, qui vivait à ses côtés^ ne dédaig'na
pas, à ses heures, de fournir à la librairie quelques dessins;
il mettait dans les ouvragées publiés par les Didol et les
Renouard ce charme exquis qu'il répandait dans toutes les
productions de son crayon ou de son pinceau. Desenne et
Achille Devéria, les descenda,nts directs de ces maîtres de
la vig*nette, transmirent a nos contemporains immédiats,
aux Johannot, a Jean Gig*oux et à de Lemud cette inlelli-
^nce particulière qui consiste à saisir dans un livre les
passagpes qui se prêtent le mieux à une interprétation pitto-
resque. Dans deux ouvragées qui virent le jour de nôtre
temps, la Chaumière indienne (Paris, Gurmer, 1838) et les
Contes rémois-, M. Meissonnier témoig^ne de son merveilleux
talent; à l'exemple d'Hubert G ravelot, que nous nous plaisons
à sîg'naler comme le prince des dessinateurs de vig*nettes, il
traça de véritables tableaux dans ces petits espaces qu'il
était appelé à couvrir. Gertaines scènes des Contes rémois ont
la valeur d'une toile achevée, le dessin est aussi précis que
la composition est ing^énieuse; le peintre, justement jaloux
de son œuvre, surveillait de près les g^raveurs appelés à fixer
dans le bois les dessins qu'il leur confiait, et g^ag^na à cette
sage précaution de ne pas être trahi par ses interprètes.
— XXX —
Sans doute, si nous voulions n'omettre ici aucun des
artistes qui, depuis une trentaine d'années, ont conquis,
comme dessinateurs de vignettes, une place importante
dans Tart de notre pays, nous aurions encore bien des noms
à citer. Celui qui se présenterait le premier sous notre
plume serait celui du plus fécond de nos contemporains,
de M. Gustave Doré. L'auteur des Contes drolatiçtm de Balzac
et de tant d'autres productions remarquables est doué
d^une imag*ination extraordinaire, que sert admirablement
une main rompue à toutes les difQcultés du métier; mais
il est encore dans la lice, et son dernier mot n'est pas dit.
Nous avons indiqué sommairement les différentes étapes
de la gravure mise au service du livre, et notre but serait
atteint si nous avions inspiré aux amateurs d'estampes le
désir de connaître les ouvrages que des artistes de talent
ont accompagnés de planches. Pour les dirig'er dans cette
recherche, ils ont besoin d'un guide les renseig^nant sûre-
ment sur les ouvragées qu'ils doivent rechercher de préfé-
rence à d'autres. Ce g^uide, ils le trouveront en partie dans
les catalogues de vente de M. Firmin-Didot. Cet amateur
éclairé, dont les richesses se dispersent aujourd'hui, avait
réuni la collection la plus nombreuse de livres à fig'ures
qui ait jamais été formée; il aimait, de préférence à tous
autres, ces ouvrages illustrés qui faisaient suite à son admi-
rable collection de manuscrits à miniatures, et, lorsqu'il
song*ea à publier le catalog'ue raisonné de son cabinet, il
commença, comme pour indiquer clairement ses préfé-
rences, par les livres à figfures sur bois et par les solen-
nités.
Georges DUPLESSIS.
TABLE SPÉCIALE
DES
LIVRES IMPRIMÉS SUR VÉLIN
DES EXEMPLAIRES UNIQUES OU SEULS CONNUS
ET DES PROVENANCES CÉLÈBRES
I. LIVRES IMPRIMÉS SUR VÉLIN.
N" 51, 70, 73, 75, 76, 80, 81, 83, 81, 85, 86, 87, 88, 89, 90, 91,
93, 94, 95, 96, 98, 99, 102, 104, 105, 106, 107, 108, 110, 111,
112, 113, 114, 117, 118, 119, 120, 121, 122, 123, 124, 127, 128,
135, 136, 137, 138, 139, 143, 147, 148, 149, 151, 152, 153, 159,
167,174, 177, 178, 179. 191, 192, 193, 195, 202, 258, 311, 494,
508.
IL EXEMPLAIRES UNIQUES OU SEULS CONNUS.
N«* 46, 85, 107, 135, 143, 179, 258, 264, 454, 487, 488, 492, 494,
496.
III. SIGNATURES OU NOTES AUTOGRAPHES DES HOMMES
ILLUSTRES OU DISTINGUÉS.
Ballesdens, 241.
Guy on de Sardières , 296.
Jamet, 290.
MÉLANCHTHON , 68»
Thou(J.-A. de), 53.
— XXXII —
IV. PROVENANCES CÉLÈBRES.
a. Rois et Reines de France ^
Princes, Princesses, etc.
Charles VI, M.
Charles VU (?), 44.
René II, doc de Lorraine, 21.
Antoine, le Grand Bâtard de Bour-
gogne, 22.
Catherine d'Armagnac, duchesse de
Bourbon, 25.
PieiTe d'Auvergne, 179.
Anne de Beaujeu, 107, 179.
Anne de Bretagne, 28.
François P', 178.
Henri II, 258.
Catherine de Médicis, 28.
Marie Stiiart, 23.
(Uiarles de Valois, 200.
Henri 111, 64, 146, 494.
Marguerite de Valois', 232.
Anne d'Autriche, 30.
Louis XIV, 142.
Maintenon (Madame de), i69.
6. Sonverains étrangers.
Sixte IV, 402.
Sixte V, 240.
llenri VI, roi d'Angleterre, 17.
0. Bibliophiles on persoBiiages
célèbres.
ARUNDEL (lord), 381.
BOSSUET, 172.
Boufllers (le maréchal de), 215.
BUSSY-RABUTIN, 45.
COLBERT (le grand), 196.
Coligny (Fr. de), 82.
LENONCOURT (Rob. cardinal de), 73.
Mansfelt (Charles de), 262.
MONTMORENCY (Anne de), conné-
table, 238.
Neully (Et. de), 183.
TALBOT(J.), 19.
Thou (J.-A. de), 241.
I
MANUSCRITS
MANUSCRITS
THÉOLOGIE
ECRITURE SAINTE
1. BIBLIÂ SACRA. — In-12 carré, de 570 ff. à 2 col.;
bordures, lettres ornées et historiées ; velours violet, tr.
dor.
Précieux manuscrit du milieu du XIII« siècle, sur vélin très fin, exécuté
en France. Il commence par un prologus de saint Jérôme, composé de
deux pièces dont la première porte ce titre : Incip ep*la sci fon'i ad pav ||
lin de cUbz d*ine hysto* lib'Sj et la seconde (f. 3 v), celui-ci : Incipit prolo \\
gus s6î Jeronimi ï pentatheucU Moysi, Le Nouveau Testament commence au
f. 417 v® : rdpiût j)logi s*, math'i eii no^; les Actes des Apôtres, au f. 496 v® ;
enfin, l'Apocalypse occupe les fi*. ol6 v^ à 523. Le reste du volume con-
tient les Interpretationes, c'est-à-dire un index alphabétique et raisonné
des noms hébreux cités dans la Bible.
C'est un véritable chef-d'œuvre de calligraphie et d'ornementation. Le
te:fte est d'une écriture gothique fine et^serrce. L'illustration est des plus va-
riées. De nombreuses lettres toumeures, d'un goût exquis, enserrent les co^
lonnes du texte, tantôt en partie, tantôt en totalité, dans leurs méandres
savamment combinés, où les chimères jouent le rôle principal. L'initiale elle-
même, dont les dimensions n'excèdent pas en général huit millimètres de
hauteur, offre à son centre soit un joli motif d*ornement, soit une scène
de la Bible, d'une délicatesse de touche surprenante pour un cadre si mi-
croscot)ique, et le nombre de ces petites compositions n'est pas inférieur
.à SOIXANTE-DIX. Celle qui figui^e à la première page nous fait voir, dans sa
partie supérieure, un moine assis et écrivant un manuscrit, tandis que
l'appendice, prolongé de façon à servir de cadre à la première colonne de
texte, représente, dans sa paiiic inférieure, un oiseau fantastique à queue;
animalesque, feuillagée, dans les replis de laquelle se tient debout Un
jeune homme qui lui perce le flanc de son javelot. D'autres sujets de
chasse, servant aussi d'appendices à des lettres historiées, figurent au bas
des pages ; telles sont deux chasses au sanglier, ff. 25 r® et 159 V».
MANUSGlllTS.
Ce qu'il y a pont-Atrc cncoro do plus intéressant, ce sont les bordure^
liistoriées. Celle du f. 4 \^ est de^ plu-^ remarquables. Elle est disposée
sous forme de la lettre L, dont la partie verticiile représente une tour à
six étages; dans l'ouverture ogivale de cbacun d'eux est encbilssée l'une
des scènes des six jours de la création, tandis que le dernier comparti-
ment du bas oflfre la figure de Dieu assis sur son trône. La partie borizon-
tale de cette bordure renferme cinq épisodes de la vie de nos premiers
parents jusqu'à leur expulsion du paradis terrestre. Cette ricbe composi-
tion arcbitecturalo est appuyée sur dt»s figures d'bommes et d'animaux et
repose sur un nuage. On peut juger de la finesse de son exécution par
une excellente reproduction en cbromolitbograpbie, un peu enjolivée, qui
en a été faite par feu Matbieu dans son Livre de Prières (18o8)> p. 118
(rencadrement de la page en regard est une composition à l'imitation de
celle-ci, pour lui faire pendant).
Nous signalerons encore la bordure du f. 187 v® où Ton voit les tra-
vaux de construction du Temple de Salomon. L'or a été semé à profusion
dans toutes ces compositions, et ni son éclat, ni la vivacité des couleurs,
n'ont été ternis par les six siècles que ce beau livre a traversés. Ajoutez que
chaque verset de la Bible commence au moins par une initiale diaprée,
rouge et bleue, qui souvent se développe en ramifications s'étendant sur
lés marges en guise d'encadrement; que les titres courants sont écrits de
même et que les titres des chapitres sont en rouge, et vous aurez une idée
suffisante de la beauté de ce volume et de l'énormité de la tâche du mi-
niaturiste et surtout de celle du calligraphe. I^ sûreté de main de ce der-
nier est étonnante, et son attention ne parait s'être jamais troublée, puis-
qu'on n'y remarque aucune rature, aucune correction, et que l'égalité
parfaitement rigoureuse des lettres semble l'œuvre de l'imprimerie et non
de la calligraphie. Aussi n'est-ce pas sans émotion qu'on peut lire cette
simple mais éloquente souscription que le scribe a placée à la fin du
texte de la Bible :
Sit nomen domini benedictà
Ex hoc nunc et usq) m secuhim,
BenedicUis dhs Deus qui scribendo
Arnulphum dk Camphaing usq;
Iluc perduxit Amen,
L'œuvre n'était cependant pas entièrement terminée ; il restait encore
la table de noms hébreux qui n'occupe pas moins de 94 pages à deux
colonnes serrées. Le même scribe tint à constater que ce fut lui aussi qui
exécuta cette partie finale, par cette seconde souscription qu'on lit à la fin
du volume :
Arnulpuus de Campuaing
Scripsit h'xnc hyllium.
Dans l'intervalle de ces deux lignes, il ajouta en caractères microsco-
piques :
Hic liber est s'cptus q* s*cpsit s' bndôs [sit benedictus].
Ad gaudia et*na^ducat eU fjiita' s6a [trinitas sanctà].
Amen,
THEOLOGIE. ' 5
i
ê
Le lecteur s'associe à la joie qui perce à travers ces lignes. Quel est
cet Amulphe de Camphaing dont on admire ici Toeuvre d'habileté et de
patience? On l'ignore. A en juger par son nom, il devait être originaire
du département du Nord actuel, où l'on trouve près Lille deux villages :
Camphin-en-Garembault et Camphin-en-Pévèle.
La conservation de ce volume est parfaite, sauf les ff. 178 et 482 où il
manque de petits morceaux; la marge supérieure a été un peu trop
atteinte par le couteau du relieur, au point d'entamer quelquefois le titre
courant. Il provient de la bibliothèque Giraud.
2. BIBLIA SA.CRA. — In-i2 carré, de 638 ff. à2 col.; lettres
historiées et ornées; mar. vert foncé, fil. à fr., tr. dor.
Charmant manuscrit de la première moitié du XIII® siècle, sur vélin,
exécuté en France. Il commence par cette rubrique : Incipit ep'la stï
ieronimi psbri \\ ad paulinum de omnibus diuine \\ hystorïq, libris. Sa compo-
sition est à peu près identique avec la Bible décrite au n? précédent; mais
il manque ici un dernier feuillet contenant la fm de la table des mots
hébreux, table qui s'arrête au mot Zemri.
L'écriture de ce volume est très-fine, très-serrée et remplie d'abré-
viations; l'encre a conservé tout l'éclat de son noir, et le vélin, d'une
finesse de pelure d'oignon, toute sa pureté et sa blancheur.
L'illustration on est des plus gracieuses. Sans égaler le luxe de la
Bible ci-dessus, il n'en offre pas moins à cet égard un intérêt particulier.
Les initiales historiées ne dépassent pas le nombre de douze (fol. 4, 122,
183, 236, 249, 261, 292, 302, 3og, 447, 473, 582), mais ce sont autant de
petits chefs-d'œuvre. Précision du dessin, proportion des figures (qualité
rare à cette date!), coloris d'une harmonie parfaite, et par-dessus tout
une merveilleuse finesse de pinceau : tout y est réuni. On ne peut se
rendre compte du mérite de ces compositions presque microscopiques
(H. : 0™,015; L. : 0™,012) qu'en les examinant à la loupe; on voit alors ce
qu'il a fallu de dextérité et de science consommée pour faire vivre ces
petites figures par l'expression empreinte sur leur visage. Dans plus
d'une on trouve de précieuses indications pour les costumes de l'époque.
Nous citerons en particulier Judith coupant la tête à Holopheme (f. 236),
et Job entouré de sa femme et de ses amis (f. 249). L'initiale I qui com-
mence la Genèse représente, en compartiments superposés, les Six Jours
de la création, et, au bas, un Ci'ucifiement,
Les lettres enluminées, au nombre de cent quatorze, sont d'une grande
beauté. Elles n'ont ni l'éclat ni les appendices tortueux des initiales dra-
contines de la Bible d'Arnulphe de Camphaing; mais cette simplicité n'en
diminue nullement le mérite. L'or n'y est employé qu'avec la plus grande
sobriété, et seulement pour mieux faire valoir l'harmonie des couleurs
d'une tonalité discrète. Les motifs d'ornementation sont variés à l'infini;
le dessin est d'une pureté remarquable.
Chaque chapitre commence en outre par une petite initiale peinte
alternativement en bleu et en rouge, et dont les filaments s'étendent le
long des colonnes du texte.
6 MANUSCRITS.
Les intitulés des livres sont en rouge ; les titres courants, en rouge et
en bleu.
Ce beau volume avait fait partie de la bibliothèque des Frères Mineurs
d'Ângoulême, ce que constate une double inscription sur la première
page : Ex Bibliotheca F, F. Minorum Engolismensium, suivi de cette signa*
ture : Fr, G. Gandilland Minor Engolisfli, '
3. LA SAINTE BIBLE, en français. — Gr. in-fol., de 383 ff.
à 2 col.; miniatures, bordures et lettres ornées ; mar. rouge,
fiL,dos orné, tr. dor. {Deromé).
Magnifique manuscrit de la première moitié du XV* siècle, sur veux,
exécuté en France. Le texte commence, sans aucune rubrique, par cette
pbrase : Le (sic) liure est appelle genesis pour ce quil est de la generatiô du ciel
[et] de la terre ou cÔmencefUit ia soit ce quil parle aps de plus^s cîtoses, ainsi
corne leuangile saït Mahieu est appellee le liure de la generadon ihûorist, A
la suite de ce préambule à la Genèse, se trouve une version de ce livre,
découpée par pbrases accompagnées d'un ample commentaire. Les livres
suivants de la Bible n'ofûrent que la traduction s^ule, parfois avec Vaddi-
tion d'un prologue ou d'un épilogue. Cette version est un texte rajeuni
d'une de nos plus anciennes traductions littérales de la Sainte Ecriture,
qu'on pourrait peut-être, de l'avis de M. P. Paris {les ManuseriU flrançois,
t. I, pp. 185-196), attribuer à un Lyonnais,* nommé Etienne de Hansa
ou d'Ansa^ qui l'aurait faite vers 1170. Les plus anciens manuscrits que
nous ayons de la version originale remontent à la première moitié du
xm" siècle; un des meilleurs est celui de notre Bibliothèque nationale,
coté 899 f . fr. (anc. 7268*-*«) ; mais malheureusement il est incomplet et très-
mutilé. Nous lui empruntons quelques passages que nous mettons en re-
gard des textes correspondants de notre manuscrit, afin d'établir l'identité
primordiale de ces deux versions.
Genèse. Chap. III.
Fol. i.
Mais li serpenz estoit li plus voi-
sens de toutes les choses qui ont
ame et que dame Dex avoit fct. Et
il dist a la femc : por quoi vos a
Dex comandé que vos ne mengiez
pas de touz les fuz de Pcu^adis.
Fol. 3 v«.
Mais le serpent est le plus noiseox
(sic) de toutes les choses q ont ame
et que dame Dieu avoit fait. Et il
dist a la femme : pour quoy tous a
Dieu commandé que vous ne men-
giez pas de tous les fus de Paradis.
Psaume I. Beatus vir qui non abiit...
Fol. 233,
Li hom est beneoiz qui n'ala pas
el conseil des félons et qui n'estut
mie en la voie des péché ors et qui
ne sist mie en la chaicro de pesti-
lence.
Fol 279 v^.
L'ome est benoit qui ne va mie
ou conseil des félons et qui n'eslnt
mie en la voye des felpns et quijie
siet mie en la chaiere de pesti-
lence.
THÉOLOGIE.
Évangile de saint Marc. Chap. P'.
Fol. 29i .
Li comencemenz de Tevangile
Ihesus Crist filz Deu. Si corne il est
escrit en Ysaïe le prophète, ge en-
volai mon angle^ ce est a dire mon
mesage...
Fol 329 r«.
Le commencement de Tevangile
Ihesucrist filz de Dieu. Si comme il
eA escript en Ysaïe le prophète
Veez cy je envoie mon angle c'est
a dire mon message...
Évangile de saint Jean. Chap. I•^
Fol. 331.
Parole estoit au comencement et
celé parole estoit envers Deu, ce est
en la conoissance Deu le père...
Fol. 359 v\
Parolle estoit au commencement
et celle parolle estoit envers Dieu,
ce est en la congnoissance de Dieu
le père...
Pour TAncien Testament, la composition des deux manuscrits est iden-
tique : l'un et l'autre ne vont pas au-delà des Psaumes. Pour le Nouveau
. Testament, le nôtre ne contient que les Évangiles et l'Apocalypse, à l'ex-
clusion des Actes des Apôtres et des Épitres, tandis que le manuscrit de la
Bihliothèque nationale s'arrête au milieu de la deuxième épitre de saint
Pierre. Le nôtre fmit ainsi : Et cy finist lapocalipse, Cestadire la vision
que le st esperit mÔstra a môs^ saint Jehan leuuàgliste en lisle de pathmos.
benoit soit le no de Dieu. Amen.
L'illustration de ce heau volume est digne d'une attention particulière.
On y compte trente-trois miniatures, dont vingt-neut pour l'Ancien
Testament, et quatre seulement pour le Nouveau. Le côté intéressant de
ces petits tahleaux consiste en ce que l'artiste y chercha à faire preuve
d'originalité en évitant en général de représenter les scènes de la Bible
les plus connues, de sorte qu'on y rencontre des compositions qu'on cher-
cherait vainement dans d'autres manuscrits antérieurs ou postérieurs. En
outre, on constate que le miniaturiste s'est préoccupé bien plus de peindre
les plus beaux costumes, l'ameublement et l'architecture de son temps
que de faire passer sous les yeux de ses contemporains une série de sujets
bibliques propres à frapper leur imagination.
La première miniature (f. 1 r**) occupe presque la moitié de la page
(H. : 0",180; L. : 0",198). Coupée verticalement en trois parties, elle repré-
sente au milieu Dieu le Père assis sur son trône et accompagné de chéru-
bins jouant et chantant; les parties latérales, divisées horizontalement
chacune en trois compartiments, représentent les Six Jours de la Création.
La page entière est entourée d'un large encadrement avec fleurs, fruits,
animaux et chimères ; les deux colonnes de texte sont séparées pai* un
montant d'une ornementation fort gracieuse, sur fond d'or. *
Les autres miniatures de l'Ancien Testament sont de grandeur à peu
près uniforme (H. : 0™,1 17 ; L. : 0™,089) ; elles sont toutes en hauteur, affec-
tant la forme d'un rectangle cintré par le haut.
La deuxième miniature {Exode; fol. 51 r®) représente un groupe
d'hommes arrêtés devant la porte d'une ville, dont les riches édifices
8' MANUSCRITS.
frappent le regard : c'est sans doute Joseph et ses frères en Egypte.
La troisième {Lévitique; fol. 68 r°) nous fait voir I'Intérieur du Taber-
nacle au moment où les fidèles viennent offrir au Seigneur un holocauste
d*agneaux et de veaux, en présence de Moïse.
La quatrième (Nombres; fol. 79 v°) représente Dieu parlant a MoIse
au désert de Sinaï.
La cinquième {Deutéronome ; fol. 98 v"), Moïse parlant au peuple
dTsrael dans la plaine du désert, vis-à-vis la mer Rouge. Charmant
paysage.
La sixième [Josué; fol. 115 v*»). Dieu parlant a Josué.
La septième (les Juges; fol. 127 r*») nous fait assister à une Bataille
LIVRÉE par JuDA AUX Cdananéens. Elle est très-curieuse pour les costumes
militaires, pour les armes et les armures. Un des guerriers tient une ban-
nière ornée des trois fleurs de lis ; un archer porte sur sa veste les ini-
tiales P N, dont la signification nous échappe.
La huitième (Ruth; fol. 139 t^) représente Élimélech quittant Bethléem
AVEC SA femme Noémi ET SES DEUX FILS. Elle cst très-rcmarquable pour ses
ornements d'architecture et pour les costumes de la bourgeoisie au
XV* siècle.
Dans la neuvième (I" livre des Jlois; fol. 141 r*>), une femme richement
vêtue, tenant par la main deux petits garçons et accompagnée d'une ser-
vante, se présente devant un roi assis sur son trône, entouré de sa cour;
on ne trouve pas dans ce livre de la Bible de sujet pouvant s'appliquer
exactement à cette scène, à moins d'y voir celle, infidèlement représentée
par l'artiste, où les deux femmes d'Elcassa, avec un enfant, viennent
offrir un sacrifice à Dieu devant le grand-prêtre Hélie. Curieux détails de
costumes.
Dans la dixième (II* livre des Rois; fol. 157 r<»), un jeune Amalécite,
MEURTRIER DE Saûl, APPORTE LE DIADÈME DU ROI A David, qui lui fait incon-
tinent couper la tête pour avoir mis la main sur l'oint du Seigneur.
La onzième (III* livre des Rois; fol. 170 r*») représente le vieux roi
David couché dans son lit et recevant la visite de la jeune Abisag de
SuNAM, sujet tiré des quatre premiers versets du premier chapitre de ce
hvre.
.La douzième (IV* livre des Rois; fol. 185 r*) nous fait assister, dans la
rue d'une ville, à la rencontre de deux groupes, dont l'un représente
sans douté les envoyés du roi Ochozias, qu'on voit d'autre part tomber
de la fenêtre d'une chambre haute de son palais, à Samarie. Cette minia-
ture est un petit tableau composé d'une façon délicieuse et finement
exécuté. Les costumes et l'architecture sont traités d'une manière très-
pittoresque.
La treizième (I*' livre des Paralipomènes ; fol, 199 v*) représente Adam
ET SES DESCENDANTS.
La quatorzième (II* livre des Paralipomènes; fol. 212 v*) a pour sujet la
Construction du palais et du temple de Salomon.
La quinzième (I*' livre d'Esdras; fol. 229 v°) représente plusieurs per-
sonnages venant offrir de l'or à un roi ; il s'agit sans doute des Offrandes
apportées par les Israélites pour la reconstruction du temple a Jérusalem,
ordonnée par Cyrus, roi de Perse.
THEOLOGIE. 9
La seizième (II® livre d'Esdras ou Néhémiè; fol. 234 v^) nous montre le
roi de Perse Artaxerxês I«', accompagné de sa femme et de sa cour, au
moment où il remet à Néhémie, son échanson, un édit l'autorisant à faire
relever les murs de Jérusalem. A* gauche de ce groupe, digne d'attention
pour les costumes, on voit une ville entourée de murailles, et d'une des
portes de laquelle sort un homme complètement nu : sujet qui ne se
trouve point dans le livre de Néhémie.
La dix-septième miniature (fol. 242 r^) nous reporte en arrière. Elle
est placée en tête d'un livre intitulé Josie, mais qui n'est qu'une légère
paraphrase des deux derniers chapitres du second livre des Paralipo-
mènes et du P' livre à'EsdraSy et qui se termine par ces mots : Cy fenist
le Hure de Esdras. Cette miniature représente deux scènes distinctes : d'un
côté, la CÉLÉBRATION DE LA PaQUE PAR LE ROI JOSIAS ; de l'autrC, la BATAILLE
DES Juifs contre les Chaldéens, en dehors de l'enceinte de Jérusalem; au
premier plan, Nabuchodonosor renverse de sa lance le roi Joakim.
La dix-huitième (Tobie; fol. 249 v®) représente, au fond, la salle de
festin chez Tobie ; au dehors, dans la rue, un Israélite tué (voir chap. ii),
et, au premier plan, un groupe composé de deux femmes et de ttois
hommes. Très importante pour la variété des costumes.
Dans la dix-neuvième [Judith; fol. 234 r°) on voit, à gauche, le camp
des Assyriens rempli de guerriers; l'une des tentes porte les initiales N. R.
(? Nabuchodonosor, roi); sous une autre, gît le corps décapité d'Ho-
LOPHERNE. A droite, au sommet des murs de Béthulie, est exposée, au
bout d'une pique, la tête du général assyrien, et Judith, richement
vêtue et suivie de sa fille, vient contempler la consternation de l'armée
ennemie.
La vingtième [Esther ; fol. 260 v°) représente Esther devant Assuérus.
Curieuse pour les coiffures des deux sexes.
La vingt et unième {Job ; fol. 266 v®) nous montre Job sur son fumier,
VISITÉ PAR SES AMIS. Contrairement au texte de la Bible, tous les person-
nages y sont représentés jeunes.
La vingt-deuxième (fol. 279 v°) commence le Psautier et représente le
roi David en prière.
La vingt-troisième (fol. 284 r^) représente David a genoux, éclairé par
LA lumière divine ; elle est placée en tête du psaume xxvii : Le Seigneur
est ma lumière et mon salut,,. Joli dessin d'étoffe.
Dans la vingt-quatrième (fol. 287 r°), nous voyons le roi Davjd accom-
pagné d'une nombreuse suite, se promenant en dehors de l'enceinte de
Jérusalem ; elle figure en tête du psaume xxxix : J'ai dit : Je veillerai sur
mes voies.,,
La vingt-cinquième (fol. 290 r^) offre une scène de mœurs très cu-
rieuse ; elle représente un jeune roi, assis sur le trône, accompagné de
SES courtisans, et écoutant attentivement un fou de cour, habillé de jaune
et de bleu, et tenant une marotte à la main». Elle est placée en tête du
psaume lui (coté ici lu), par allusion à son premier verset: L'insensé a dit
en son cœur,,. Nous donnons, au catalogue illustré, une reproduction de
cette belle miniature, de la grandeur de l'original..
La vingt-sixième (fol. 293 r®) représente le roi David dans l'eau jus-
qu'à LA ceinture, adressant une fervente prière à Dieu, qui apparaît dans
10 xMANUSCRITS.
lescieiix; elle est placée en tête du psaume lxix: Sauvez-mùiy Seigneur,,,
Je suis plongé dans la vase de l'abîme y et elle fuit sous mes pas,,.
La Yingt-septième*(fol. 294 v^) nous montre David faisant sonner le
avRiLLON ; en tôte du psaume lxxxi : Célébrez le Dieu, notre appui...
Dans la vingt-huitième (fol. 300 r*>) le roi David fait chanter des can-
tiques ; les lévites y sont remplacés par des prêtres, couverts de leurs
chapes. Elle figure en tète du psaume xcviii : Chantez à Jéhovàh un can-
tique nouveau.,.
La vingt-neuvième (fol. 303 v»), qui est ici la dernière de l'Ancien
Testament, représente la sainte Trinité ; en tête du psaume ex (coté ax) :
Le Seigneur dit à mon Seigneur: Asseyez-vous à ma droite...
Le Nouveau Testament (fol. 312 r®) débute par une splendîde minia-
ture, occupant presque la moitié de la page (H.: 0™,180; L.: 0«n,207) et divisée
horizontalement en trois compartiments. Elle représente la descendance
d'Abraham jusqu'à Jéscs-Ghrist. Ce véritable petit tableau ne compte pas
moins de quarante-neuf personnages, groupés d'une manière pittoresque
et dans des attitudes très-variées. Abraham, placé au milieu du compar-
timent supérieur, est assis sur le trône, ayant ses descendants à sa droite
et à sa gauche ; leur suite se déroule dans les deux autres compartiments,
de gauche à droite, pour se terminer par une représentation de la Nati-
vité de Jésus-Christ, Le nom de chacun des personnages est inscrit sur son
vêtement, sauf de rares exceptions. Pour donner plus de charme à sa com-
position, l'artiste y intercala plusieurs femmes, de celles même que saint
Mathieu ne cite point, toutes en toilettes ravissantes. On remarquera sur-
tout, à la suite du roi David, une jeune femme d'une grande beauté,
avec une haute coiffure. Cette figure a été peinte avec un soin tout par-
ticulier, et comme elle porte sur sa robe un nom peu lisible (? Jemie)
qui n'est ni celui de Michol, épouse de David, ni celui de la mère de Salo-
mon, représenté à la suite, on est autorisé à y voir le portrait d'une
pei^sonne de la famille de celui pour qui ce beau manuscrit a été exécuté.
Cette miniature est on ne peut plus intéressante à cause de toute une série
de costumes du xv^' siècle qu'elle fait passer sous nos yeux ; on pourra
s'en faire une idée en examinant la reproduction réduite que nous en
donnons au catalogue illustré. Dans le riche encadrement de cette page,
est représenté saint Mathieu accompagné de son ange.
La trente et unième miniature, placée en tête de l'Évangile selon saint
Marc (fol. 329 r<»), représente saint Jean-Baptiste prêchant et baptisant
DANS LE DÉSERT, qui cst ici agrémenté de charmants édifices et d'un beau
pont jeté sur une rivière.
L'Évangile de saint Luc (fol. 340 r^) n'est orné d'aucune peinture.
La trente-deuxième, placée en tête de l'évangile selon saint Jean
(fol. 359 v^), représente Jésus-Christ apparaissant a ses disuples; au fond,
saint Jean assis et écrivant.
La dernière, qui orne l'Apocalypse (fol. 374 v<^), est divisée en deux
parties : dans celle du haut, on voit saint Jean dans l'Ile de Pathmos; au
dessous est figurée deux fois la bête apocalyptique à sept têtes. '
La richesse d'illustration de ce manuscrit ne se borne pas à cela. Cba-
cune des miniatures est accompagnée d'un cadre qui entolire soit la page,
soit la colonne entière du texte, et qui est composé d'une double bordure :
THEOLOGIE. 11
l'une, plus large, est remplie d'une ornementation en fleurs, fruits, rinceaux,
etc.; l'autre, plus étroite, offre une décoration très-variée d'entrelacs, de
losanges, etc., sur fond d'or; on y Toit souvent des fleurs de lis d'or sur
azur. Un nombre considérable d'initiales de toutes dimensions, peintes en
or, fleuronnées et diaprées, complètent cet ensemble fastueux.
Les miniatures offrent un des plus beaux spécimens de notre art natio-
nal dans la première partie du XV« siècle, et elles accusent la main d'un des
plus habiles artistes de cette époque. La science du dessin y est considé-
rable, la conception souvent* d'une grande originalité, et le coloris vigou-
reux, brillant et harmonieux. Assurément une Bible d'un si grand luxe
n'a pu être faite que pour un haut personnage.
Ce beau volume, parfaitement conservé, est couvert d'une excellente
reliure dans le genre de celles qui ont été exécutées spécialement pour le
duc de la Vallière. On croit même çu'il provient réellement du cabinet de
cet amateur célèbre, bien qu'il ne puisse être identifié avec aucun des
manuscrits de son catalogue.
4. PSALTERIUM, CANTICA, etc. — In-fol., de 1 19 ff.; mar,
La Vallière, riches compart. à froid, tr. dor. {Hanué).-
Précieux manuscrit sur vélin, exécuté dans l'abbaye Saint-Martin de
Tournai et daté de 1103. Il commence, au verso du premier feuillet, par
ce titre, écrit en rouge, en lettres capitales : Incipit Origo || Prophetiae \\
Régis David || Psaîmorum numéro \\ ceniû quinquaginta. Les sept premiers
feuillets contiennent des pièces préliminaires, écrites sur deux colonnes.
La première de ces pièces est une courte notice sur la composition des
psaumes et sur les auteurs auxquels ils ont été attribués ; elle commence
par une superbe lettre onciale D (David filius lesse, etc.), historiée, peinte
en rouge, bleu, vert, bistre, et relevée de noir. Suivent quatre lettres de
saint Jérôme, relatives aux psaumes et à leur traduction.
Le psautier commence au f. 8 v®. Il offre quatre versions différentes,
dont trois latines et une grecque, disposées sur quatre colonnes. La pre-
mière de ces versions, désignée par la rubrique de [psalterium] gallicum,
est celje de l'ancienne Vulgate latine ou italique, corrigée par saint
Jérôme, et qui fut adoptée, aux X® et XI® siècles, dans la plupart des églises
des Gaules, d'où lui vient son nom; la seconde {romanum) est Fancienne
Vulgate italique, prise sur les Septante et dont l'usage fut rétabli au
XVI® siècle pai* ordre de Pie V ; la troisième (hebraimm) offre une version
latine faite sur le texte hébreu par saint Jérôme ; la quatrième nous donne
une version grecque reproduisant celle des Septante, mais écrite en carac-
tères latins. L'importance de cette dernière est considérable au point de
,vue philologique, car, étant écrite conformément à la prononciation
d'alors, elle permet de constater que cette prononciation est absolument
la même que celle d'aujourd'hui chez les Grecs.
A la suite des cent cinquante psaumes, se trouve le cent cinquante et
unième, apocryphe, en une seule version latine, avec le texte grec en
regard, et l'ensemble est terminé (fol. 108 r®) par ces quatre expHcit, cor-
12 MANUSCRITS.
respondant à chacune des quatre versions respectives: i^ Explicit psalte-
rium galHcum scdfa hebraicum ^ Ixx inf prêtes emendatû a sôo Hieronimo
prb'o; — 2° Explicit psaWiû romanû q^d de hebreo in grecû t'nstuler't
Ixx int'pretes ; — 3*» Explicit psalteriû hebraicû quod de hebreo in latinû
t'rstulit Hieronimus prb*,; — 4° Explicit psalteriû grecû q^d in aliq^b^ lods
concordat cU gallico in aliq^b^ cû romano in aliquib^ cum Hebraico,
Viennent à la suite une série de Cantiques : dlsaîe (une seule version
latine et texte grec), d'Ézéchias, d'Anne, mère du prophète Samuel, de
Moïse, d'Ahacuc, de Moïse {Ad filios Israhel), toutes en quatre versions;
ceux des Trois jeunes Hébreux (Trium puerorttm), de Zacharie, de la Sainte
Vierge et de saint Siméon, sans la version de l'hébreu, qui n'existe pas.
Au fol. 116 v<> on trouve d'abord trois tableaux, contenant : Talphabet
latin ; Valphabet grec, avec les noms des lettres, leur valeur et leur emploi
numérique; Valphabet hébreu, avec la valeur des lettres et leur nom;
ensuite* l'Or ati'o dominica, le Simbolum apostoloinim de fide catholicaf VHym-
nus sanctorum doctorum Ambrosii et Augustini episcoporum, le tout en
latin et en grec, sauf le dernier ; enfin la Fides catholica édita ab Athana'
sio episcopo Alexandrie, en latin, et la Litanie, en latin et en grec.
Le volume est terminé par l'importante souscription qui suit, écrite en
gros caractères diplomatiques, laquelle, outre la date de ce manuscrit,
nous donne encore des renseignements sur l'abbaye de Saint-Martin de
Tournai, où il fut exécuté, et sur son premier abbé, le célèbre Odon, plus
tard évoque de Cambrai. Ce document occupe les trois dernières lignes
de l 'avant-dernier feuillet et le côté recto du suivant; en voici la teneur :
Lib' scï Martini Tornacensis Cenobii. || Si quis hune librû de eccl'sia sÔi
Martini Tornacensis abstulerit, ut\\auferri ^misent, Anathema sit. Fiat.
Fiat. Afn. Aili. \\ Anno ab incarnatione dni Millesimo centesimo quinto. Et
a II restaui'atione huius cenobii quartodecimo : Scriptus est lib* iste || in hoe
ipso cenobio a quodam fre [fratre] monacho ^ subdiacono. WprecipienU toro
uenei^and^c memoine^ domno ODONE primo || monacho et primo abbâte buius
scï CENOBII. Qui vene\\randv£ abbas eodem anno raptus ad episcopatum Came||
RACENsis ciuiTATis : non sine damno totiiu nostr^ congreg<xticnis \\ moins
ablatus est . Consecratusque est episcopus supradict^ Cameracensis ciuUatit
a Manasse remensi metropolitano âç septemWcQmprouinjcialih^àis episoopis,
anno dhic^c incarnationis millesimo \\ centesimo quinto . indictione tertia
décima . epacta iii. | sexto nonas iulii die dhica. Romane urbis caihedrae
Il présidente domno Paschali papa . Francorum regnum \\ gubemante rege
Philippo . Nostrum uero cenobiû rexit \\ annis . xiii; in quib^ ita ei diuina
gra affuit ut eû ante ei' [ejus] aduentû j) I t'ecentos fere annos nuUus in
hoc loGO monachus fuerit : infra . xii . annos h I solû terras âp tnansiones
êç o^cinas âç qur^qs usibus seruoi^û dt [Domini] \\ sunt necessatia . utrû
etiam plusquâ . Ixx . monachos omïpotenti dho il regularît semiturùs in hoe
loco aggregauent. -f-.
Ainsi l'exécution de ce manuscrit a été terminée avant le mois de
juillet 1105, sous le règne de Philippe P^ Odon, natif d'Orléans, mort
en 1113 à l'abbaye d'Anchin, est un des hommes les plus savants de son
siècle. Appelé à diriger l'école attachée à la cathédrale de Toanud, il
fit de cette ville un des centres intellectuels, et le présent manuscrit
prouve qu'on avait dans l'abbaye de Saint-Martin une certaine coimai»"
.-.<
THEOLOGIE. 13
sance de la langue grecque, fait rare à cette date chez nous, et qui est
important pour Thistoire de rhellénisme en France.
Un des possesseurs de ce manuscrit, probablement un marchand
ignare, avait cru devoir, dans la souscription rapportée ci-dessus, gratter
les lettres médianes du mot Tomacensis, aux deux endroits où il figure,
pour le transformer, et encore très maladroitement, en Turonensis, afin
de faire croire qu*il avait appartenu à Téglise Saint-Martin de Tours,
comme si cela devait lui* donner plus de valeur. Mais le naïf faussaire
n'a sans doute pas compris que la suite de la souscription trahissait
immédiatement cette grossière supercherie. Ce manuscrit a été rapporté
de la Belgique, et il a figuré, ainsi que plusieurs autres de même pro-
venance, à la deuxième vente du marquis d'Astorga (1870), dans le
catalogue de laquelle on Ta présenté aussi comme ayant appartenu au
monastère de Saint-Martin de Tours, et où la première version, dite
gallicane (gallicum), a été qualifiée de française.
L'écriture de ce manuscrit est très belle et d'une grande netteté. Tous
les titres sont en rouge, de môme que les initiales des versets. Les
grandes majuscules, par lesquelles commencent les pièces, sont souvent
ornées avec! beaucoup de goût et de simplicité. La conservation du vo-
lume est parfaite.
5. PSALTERIUM, CANTICA, etc.— Pet. in-8 carré, de 2i8ff.;
minialures, lettres historiées; relié avec des ais de bois
recouverts de velours rouge, tr. dor., fermoirs {anc. reL).
Superbe manuscrit du milieu du XIII® siècle, sur vélin, exécuté en
France. Il commence par six feuillets contenant un calendrier. Certains
jours, à raison de deux par mois, réputés malheureux, et appelés jours
égyptiens, attendu que cette superstition remonte aux temps de l'idolâtrie
égyptienne, y sont marqués peir un signe abréviatif, sauf pour le mois
d'avril où ils sont désignés par les mots dies mala, écrits en rouge.
Chaque page de ce calendrier est accompagnée d'une petite miniature sur
fond d'or, enchâssée dans un cadre gothique, et représentant, en général,
des personnages des deux sexes et principalement des villageois se livrant
à des travaux agricoles propres à chaque mois. Ces miniatures sont sur-
tout très intéressantes pour les costumes populaires.
Les GRANDES MINIATURES, occupautla page entière (H. :0™,096;L. : 0™,072)
sont au nombre de quinze, dont les sept premières suivent immédiate-
ment le calendrier. Toutes, elles sont peintes sur un fond d'or, au verso
des feuillets, le recto restant le plus souvent en blanc. Presque chacune
des scènes représentées se passe sous un portique ogival, trilobé, surmonté
de clochetons, et le tout est entouré d'un encadrement dont l'orne-
mentation est fort sobre. Voici l'indication des sujets : j» V Annonciation
(f. 7); la Vierge et l'ange sont debout; — 2° la. Nativité (f. 8); le dessin
se ressent de l'influence byzantine; — 3® l'Adoration des mages (f. 9); —
4*» le Baptême du Christ assisté d'un ange (f. iO); — 5° VEntrée à Jérusalem
(f. 11 ) ; — 6<» la Flagellation du Christ (f . 12);— ?<> le Christ en croix (f. 1 3) ;
cette miniature est entourée d'un cadre à seize compartiments dont cha-
cun offre le buste d'un prophète ; — 8*» le Christ et Marie-Madeleine (Noli
14 MANUSCRITS.
me tangere ! ) (f. 44) ; — 9«» V Incrédulité de saint Thomas (f. 59) ; — 10» VAs-
cension (f. 77); -r- ii«» la Pentecôte (f. 94); — 12» la Mort de la Vierge et
son Assomption (f. ii5); — 43o Saint Dominique faisant subir aux livres
l'épreuve du feu (f. 135) ; — 14° le Discours de saint François aux oiseaux et
son allocution à Vhirondelle (f. 139); — 15® le Jugement dernier (f. 157).
Les grandes initiales historiées sont au nombre de dix. La première,
qui occupe la page entière (f. 14), est un B entouré d*un riche cadre fUur-
delisé, dans la partie inférieure duquel on lit les mots : (B)«atu$ vir qui
commencent les psaumes; dans la partie supérieure de cette initale est
ajustée une Késun^ection du Christ, et au dessous : le Christ délivrant les
âmes de Venfer. Les autres (H. : 0™,0o3 ; L. : 0™,060) représentent : —
2® le Martyre de saint Etienne (f. 42) ; — 3® le Martyre de saint Laurent
(f . 60) ; — 40 le Martyre de saint Barthélémy (f. 76) ; — 5« la Décollation de
saint Jean-Baptiste (f. 78) ; — 6» le Martyre de saint Jean Vévangéliste (f- 95) ;
au bas de cette page, dans la bordure, on a peint à tort les mots : Sô.
Nicholavs pour indiquer le sujet de cette composition ; — 1^ Saint Nicolas
jetant par la fenêtre de la maison d'un pauvre des sacs d'argent pour doter
ses trois filles (f. 116) ; — 8<> Saint Martin de Tours (f. 136); — 9» le Mar-
tyre de saint Pierre (f. 140); — 10° le Couronnement de là sainte Vierge.
Au point de vue de Fart, c'est un des types les plus parfaits de ce
beau style du X1II° siècle qui fit Tadmiration du Dante. La naïveté y est
alliée à la noblesse et à la grandeur; la science du dessin est remarqua-
ble. Telle miniature est un petit chef-d'œuvre par Tordonnance de la com-
position, par le fini de Texéculion, par le sentiment qui se reflète dans
l'attitude des personnages et dans l'expression des figures. Ainsi dans la
Flagellation le contraste des physionomies est saisissant; dans le Crud'
fiement, l'expression du Sauveur et de la Vierge est touchante et vraie;
dans la représentation de VIncrédulité de saint Thomas, on admire la gran-
deur et Téucrgie du geste du saint. La plus belle de toutes et celle dont
le dessin est le plus savant nous paraît être la miniature qui a pour siget
Saint François parlant aux oiseaux ; on en jugera par la reproduction gra-
vée que nous en donnons au catalogue illustré.
Ce qui ajoute encore à la beauté des peintures, c'est leur conserva-
tion parfaite : la fraîcheur des couleurs et l'éclat de Tor. La page qui nous
offre le Christ en croix, avec son cadre de compartiments à sajets, pro-
duit un .effet éblouissant : on dirait un beau vitrail éclairé par un soleil
couchant.
Toutes les pages du texte sont entourées sur les trois côtés d'une bor-
dure d'un style simple ot sévère, où les initiales des psaumes et de leurs
versets et celles des autres pièces mises à la suite se détachent en or sur
un fond d'azur diapré de blanc.
Le dernier psaume finit au fol. 197 r^\ il est suivi de plusieurs canti*
ques, d'une litanie et de quelques oraisons.
A quelle date et dans quelle partie de la France ce beau manuscrit
a-t-il été exécuté? Il offre une grande ressemblance avec le célèbre psau-
tier de saint Louis (postérieur à 1253) conservé à notre Bibliothèque natio-
nale ; il a peut-être môme appartenu à ce souverain à en juger par les
Heurs de lis qui décorent la bordure du f. 14. Toutefois, il est un peu plus
ancien. En effet, bien que saint François et saint Dominique y soient re-
THÉOLOGIB. 15
présentés nimbés, avec ]a qualification de saints, et qne le premier ne fût
canonisé qu'en i229 et le second en i234, Tabsence de leurs noms, tant au
calendrier que dans la litanie, autorise à penser que le manuscrit fut exé-
cuté dans les années qui suivirent immédiatement ces consécrations su-
prêmes. D*un autre côté, l'absence au calendrier du nom de saint Louis,
canonisé en 1297, prouve son antériorité à cette dernière date. S'il est
permis de tirer à ce sujet une conclusion de ce fait que Pâques est marqué
au calendrier et fixé au 27 mars, et que dans tout le cours du XIIP siècle,
cela n'eut lieu que deux fois : en 4239 et en 1250, notre manuscrit aurait
été exécuté soit en 1238, soit en 1249; l'absence au calendrier des noms
de saint François et de saint Dominique semblerait indiquer, comme
nous venons de le dire, que ce fut plutôt à la première de ces dates. Le
style particulier des bordures enluminées ajoute une preuve de plus à
Fappui de cette hypothèse.
En ce qui concerne son pays d'origine, on lit sur le feuillet de garde
cette note manuscrite dont l'écriture ne paraît pas remonter au-delà du
siècle dernier : « Ce manuscrit a été écrit dans le treizième (mot sur-
« chargé) siècle, par un nommé Foulques, un des copistes du monastère
« de Saint-Hubert, dans les Ardennes, qui avoit un talent particulier
« pour peindre les lettres capitales. Ces lettres étoient comme des
« vignettes dont le cénobite ornoit ses manuscrits. » Rien ne vient à l'ap-
pui de l'authenticité de ce renseignement, mais la présence au calendrier
du nom de sainte Geneviève, patronne de Paris, de celui de sainte
Bathilde, fondatrice et patronne des abbayes de Chelles et de Corbie;
enfin de celui de saint Mumbol ou Momble (Mumbolus, abbas', 18 nov.),
abbé de Saint-Pierre de Lagny, permet plutôt de croire que notre ma-
nuscrit a vu le jour dans un monastère d'une région plus centrale de la
France et voisine de Paris.
Un acte de donation, inscrit au verso du dernier feuillet, constate que
dans la seconde moitié du XIV* siècle il avait appartenu à Gérard de Dain-
ville, évoque et comte de Cambrai, qui le légua, par devant Etienne de
Matheny, notaire apostolique à Cambrai, le 4 février 1374 (vieux style), à
l'une de ses parentes, Jeanne des Planques, religieuse au monastère de
Strumis (?), au diocèse d'Arras. Voici d'ailleurs cet acte, que nous
transcrivons sans reproduire les abréviations :
« Nos, Gerardus de Dainvilla, episcopds et comes Cameracensis, con-
« cessimus et concedimus Johanne de Plancqdis, moniali de Strumis, Atre-
« batensis dyocesis, consanguinee nostre, quod presenti nostro psadterio quoad
« viœit uti et gaudere possit. Et si dicta consanguinea nostra ante nos deces-
« serit, illud ad nos vel heredes nostros proprietarie ad nos revertetur. Et si
« ante eam nos decedere contingat, dicta Johanna de eo disponere valeat
« secundum devocionem suam, in personam takm quepro nobis orare per-
« petuo teneatur, Actum Cameraci anno Domini M^CCC^lxxxiiij*^, die mj'«
« Februarij, presentibus venerabilibus viris magistris Johanne Hennekin,
« Leodiensis et Noviomensis ecclesiarum canonico, vulgo de Bellovisu, offi-
« cialis Cameracensis; Nicolao de Flosco (?), canonico sancte Pechine in
« Sancto Quintino; Johanne Buigneti, capellano ecclesie Atrebatensis ;
« Johanne de Bova [ou Bona], armigeroy et me Stephano de BIathent,
« notario apostolico, (Signé : ) de Matheny. »
16 MANUSCtllTS.
Sur ce prélat donateur, voir Gallia christiana, t. III.
Le volume a, en effet, passé par les mains des religieuses, car le der-
^ nier feuillet de garde contient des formules à Tusage des abbesses pour
l'imposition du voile, etc.
Au commencement de ce siècle, sans doute, il a été porté en Alle-
magne, à en juger par un envoi en allemand, à moitié effacé, inscrit sur
la garde, adressé à un A. von Monck et daté du 18 mai 1809.
6. PSALTERIUM, CANTICA, etc. — In-iô, de 229 ff. (dont le
dernier blanc) ; miniatures, lettres historiées ; veau fauve
estampé, tr. dor. et ois. {reliure du xv® siècle).
Charmant manuscrit de la seconde moitié du XIII^ siècle, sur yéun,
exécuté en France. Il débute par un calendrier orné de miniatures dont
les sujets sont les mêmes que dans celles du ms. précédent, sauf celui du
mois de décembre, qui représente ici deux mitrons, nus jusqu'à la cein-
ture, se livrant à Texercice de leur profession. Chaque mois est précédé
d*un vers latin qui indique les jours égyptiens. Ces douze vers diffèrent
de ceux attribués à Béda qu'on rencontre le plus communément, c'est
pourquoi nous les transcrivons.
Vrima dies mensis : et septima truncat ut ensis,
Quarta subit mortem : prostemit terda fortem.
Primus mandentem : disrumpit quarta bibentem,
Denus et undenus : est mortis vulnere plenus,
Tertius occidit : et septimus hora relidit.
Denus pallescit : quindenus fédéra nescit,
Tredecimus mactat : iulij denus labefactat.
Prima necat fortem : perditque secunda mortem.
Tertia septembres : et denus fert mala membris»
Tercius et denus : est sicut mors alienus,
Scorpius est quintus : et tertius est nece cinctus.
Septimus exanguis : virosus denus ut anguis.
Il contient, en outre, six grandes miniatures et neuf grandes lettres
HISTORIÉES. Les premières, de la grandeur de la page (H.: 0™,083; L.: 0*,057),
peintes au verso des feuillets, avec les rectos en blanc, suivent immé-
diatement le calendrier. Voici leurs sujets: 4» V Annonciation (fol. 7); —
20 la Visitation {fol 8); — 3« \sl Nativité {M. 9); — ^^V Annonciation aux ber-
gers (fol. 40); — 5" le Massacre des innocents; — 6® la Présentation de Ven^
fant Jésus au Temple (fol. 12). Chacune de ces belles compositions, qui se
détachent vigoureusement sur un fond d'or très-éclatant, est surmontée
d'une riche décoration architecturale en ogives trilobées, et entourée
d'un cadre dont l'ornementation est d'un plus grand luxe que dans le
psautier décrit au n® précédent.
Parmi les grandes lettres historiées, la première mérite une place à
part : c'est l'initiale B du premier psaume. Elle occupe la page entière
(fol. 43 v<»), comme au manuscrit précédent, et représente, dans la partie
THÉOLOGIE. 17
supérieure, le roi David assis, jouant de la harpe, et, au dessous, David
coupant la tète à Goliath, L'encadrement de cette peinture est des plus
curieux par remploi des sujets profanes : on y voit une chasse au cerf,
une femme jouant du violon, etc. Les huit autres initiales (H. : 0™, 046;
L. : 0™,044) offrent les sujets suivants: i® V Arrestation de Jésus (fol. 40);
— 2« Jésus devant Caîphe (fol. 58);.— 3« la Flagellation (fol. 73); — 40 le
Portement de croix (fol. 74); — 5<> la Descente de croix (fol. iiO); — 6*» la
Mise au tombeau (fol. 129); — 7<> la Résurrection (fol. 131); — 8<> la Sainte
Trinité {îol 449).
La finesse de toutes ces miniatures est merveilleuse et leur conserva-
tion ne laisse rien à désirer.
L'initiale de chacune des pièces de ce volume renferme tantôt des
figures d'animaux, tantôt, ce qui est le plus fréquent, un buste d'homme
ou de femme, dont le contour et les lignes du visage ne sont indiquées
que par un trait à la plume d'une sûreté de main et d'une finesse sur-
prenantes; la carnation est formée par le blanc môme du vélin et légè-
rement relevée de vermillon. En outre, chaque verset commence par une
initiale en or sur un fond diapré, vert ou rouge, du plus bel effet.
L'ornementation des bordures est des plus attrayantes. Tandis que
dans le psautier décrit ci-dessus elle est d'un caractère sévère et mono-
tone, dans celui-ci on ne se lasse pas d'en admirer la variété et la concep-
tion amusante. L'artiste y a donné un libre cours à son imagination iné-
puisable et à son humeur qui n'a rien dû avoir de triste. Nous sommes
ici en plein monde profane, où le fantastique l'emporte sur le réel : petites
scènes de mœurs, oiseaux, quadrupèdes de toutes sortes, mais par-dessus
tout des chimères et des figures grotesques.
Bref, ce manuscrit des psaumes est presque l'égal du précédent pour
la finesse des peintures et la science du dessin, quoiqu'il lui soit inférieur
pour la noblesse et la grandeur des attitudes des personnages.
Au point de vue du texte, sa composition est identique avec le précé-
dent, sauf dans les oraisons de la fin. Les psaumes s'arrêtent au fol. 187 v°,
et les compléments ajoutés à la suite vont jusqu'au fol. 209. Les feuillets
suivants, écrits d'une autre main et d'une date postérieure, contiennent
des prières ; on y trouve à la fin, encore d'une autre main, cette signa-
ture : Haton, qu'on lit aussi au haut du fol. 7 r^.
L'absence au calendrier du nom de saint Louis place la date de l'exé-
cution de ce manuscrit avant 1297, comme la présence de ceux de saint
François d'Assise et de saint Dominique ne permet pas de le faire remon-
ter plus haut que le milieu du XIII® siècle. Les noms de saint Quentin, de
saint Orner, de saint Winnoc, qu'on lit au calendrier ou dans la litanie,
prouvent qu'il est originaire du nord de la France. L'inscription du nom
de saint Omer (Audomari epï t conf,; 9 septembre) en lettres rouges, ce
qui n'a lieu ici que pour quelques grands saints français, tels que saint
Denis ou saint Martin, permet môme de conclure qu'il est originaire soit
de la ville de Saint-Omer, soit de Térouanne, dont ce saint est le patron,
ou, à coup sûr, d'une contrée voisine. Il a été longtemps conservé à
Soissons, dans la famille de Lapisse, dont l'un des représentants l'a cédé
à M. Didot.
48 MANUSCRITS.
7. EVANGELIARIUM. — In-4, de 191 ff.; lettres ornées; ais
de bois recouverts de veau brun et de plaques en métal
doré, avec émaux et cabochons, ainsi qu un ivoire sculpté
au centre {anc. reL).
Précieux manuscrit du VIII® au IX° siècle, sur vélin. Il commence par
répitre de saint Jérôme au pape Damase sur les quatre évaugélistes :
Incipit ep'la Ilieronimi presbiteri. || Beato papœ Damaso Hieranimtis, Ce
titre est écrit en rouge, en lettres majuscules. A la suite de cette épltre,
viennent les pièces suivantes : Prologus quattuor evangeliorum, par saint
Jérôme (f . 2 v^) ; Eusebius Carpiano fratri (f. 4 r^) ; Hieronimus Damaso
papas (f. 4 V®) ; Argumentum scd . Mattheum (f. 5 r») ; Breviarium eiusdem
(f. 0 v°). Les canons des évangiles occupent douze pages (f. 8 v"). Ils
sont simplement tracés à la plume, et offrent une grande variété de
chapiteaux, soutenant tantôt une suite d'arcades de plein cintre, tantôt
des frontons qui semblent avoir été copiés sur quelque temple de Tan-
tiquité. L'ornementation en est très variée, et certains motifs sont d'un
style grec très pur; nous appelons surtout l'attention sur celle du fron-
ton du troisième canon (f. 11 r^). Dans les arcades, on voit les bustes des
évaugélistes répétés plusieurs fois, et leurs symboles. Des paons, des
grues, d'autres oiseaux, ainsi que des figures d'anges, complètent la
décoration de ces canons, dont l'intérêt pour l'histoire de l'art est consi-
dérable.
Le texte de chaque évangile commmence par un feuiUet où brillent
l'or et le minium : la première ou les deux premières lettres, convrant
presque la page entière, sont toujours d'une grande richesse d'orne-
mentation ; la suite est en écriture onciale ou en demi-ondale arrondie.
La première page de l'évangile selon saint Mathieu ne contient qae le
mot : Liber, dont les deux premières lettres sont réunies de façon à n'en
former qu'une, au milieu de laquelle les trois lettres suivantes sont su-
perposées verticalement. Le verso de ce feuillet donne, en lettres d'or,
cette suite du texte (en onciale) : GENERATIO || NIS IHV XPÎ FI||Ln
DAVID FILIIIIABRAIIÂ.ABRAIHÂ GENVIT ISA G. 1 (En demi-onciale :)
Isa g autE genuit Jacob .JaI|cob autê genuit Judâ et fr3 ki'.
L'ornementation de ces grandes initiales offre un des beaux spéci-
mens de l'art carlovingien, comme on pourra s'en convaincre en exami-
nant la reproduction que nous donnons au catalogue illustré de la page
qui commence l'évangile de saint Jean (f. 138 r®).
Chaque évangile est précédé d'un prologue et d'un sommaire des
chapitres (Breviarium ou Capitula), et le volume est terminé par une
table des évangiles pour tous les jours de l'année {Capitulare eoangeUorû
xk circula anni), qui occupe les ff. 175 à 101.
L'écriture de ce manuscrit est une petite minuscule d'une rég^aiité
parfaite et d'une netteté admirable. Souvent des lignes entières sont
écrites sans aucune séparation des mots, ce qui constitue un des traits
distinctifs des manuscrits antérieurs au X*' siècle. Son état de conseira-
tion est surprenant.
Ge respectable monument d'une époque reculée avait appartenu 4
THEOLOGIE. 19
l'église Saint- Pierre de Liège, d*où, au commencement du siècle dernier,
il passa dans le cabinet du baron Guillaume de Crassier, antiquaire lié-
geois. Montfaucon en a parlé dans sa Bibliotheca bibliothecarum manu-
scripiorum nova (il 39; 1. 1<", p. 605), ainsi que d'un autre évangéliaire de
même provenance, qui aurait été écrit en 794, et dont la couverture en
ivoire représentait le savant Notker, évoque de Liège au X« siècle. La
description sommaire qu'il en donne a été faite d'après la rédaction
fournie par le baron de Crassier lui-môme. Voici quelques lignes extraites *
de celle qui se rapporte à notre manuscrit : « Textus cUter Evangeliorum
ejusdem cir citer œtatis, prœfixam habens in tabella ebumeay Christi 4 clavis
cruci affiœi excisam imaginem inter B, V, Mariam et S. Joannem Evangelis-
tam hinc inde stantes, Circumferentia tabellœ decorata est quatuor Evange-
listis ex vitrea gemma, gemmis aliisque omamentis deauratis.,,, »
Une note autographe ilu baron de Crassier, écrite sur la couverture inté-
rieure de ce volume, nous renseigne sur ses antécédents : « Antiquum
hune 4. SS, Evangeliorum Textum ab Ecclesia Collegiata S'* Pétri Leodien :
acquisivi, lacunam in eo . 5 . foîiorum ex alto meo, anno D.CCC. scripto res-
titui, ac de novo compactum, prisds omamentis suis et gemmis decorare
curavi, quod lubens attestor, G. B : de Crassier. NB. Quod in Capitulari
Evangeliorum ^c. in hujus Codicis fine scripto, reperiatur ad diem XIII .
maii, festum dedicationis Eccksiœ S. Mariœ ad Martyres, dnde certo con-
stat DICTUM CODICEM FUISSE OCTAVO S^CULO SCRIPTUM. »
Le passage auquel l'auteur de cette note fait allusion se trouve au
f. \ 84 v° et est ainsi conçu : « Lie , xiii . mens' || supscripf dedicatio eccV(i
sêq, mariQ, ad mar. legit* lectio cui' concurrent ebdomadfi eo qd* semj) in die
dominico celebratur ipsa sollempnitas. »
La conclusion tirée de ce passage par le savant antiquaire n'est pas pro-
bante, attendu que la fête de la dédicace de l'église en l'honneur de la
Vierge et de tous les martyrs, fête commune à toute la chrétienté, a été
célébrée bien au-delà du VIII" siècle. Elle est, en effet, indiquée dans
notre missel du XII° siècle, décrit au n*» 15, avec cette remarque au crayon,
d'une date plus récente : « Hoc festum hodie non amplius est cognitum, »
La lacune de cinq feuillets originaux, comblée p^ Crassier au moyen
des feuillets copiés sur son autre évangéliaire (aujourd'hui à la biblio-
thèque de l'université de Liège), se rapporte aux feuillets 79 à 83.
En tête du volume se trouvent deux feuillets ajoutés, d'une grosse écri-
ture du XrV® ou du XV° siècle, contenant le commencement de l'évangile
selon saint Mathieu, une Lectio legenda in scrutiniis, et une Nota ordine
legendi in scrutiniis. Ces deux dernières pièces sont aussi copiées dans le
corps du manuscrit, à une place qui avait été laissée en blanc avant les
canons des évangiles.
La couverture du plat supérieur est un digne ornement de ce beau
volume. Au milieu, dans un creux, est enchâssé un ivoire sculpté, repré-
sentant Jésus en croix entre la sainte Vierge et saint Jean. La croix est à
deux branches ; le corps du Christ y est fixé par quatre clous, et sa tête
est entourée d'un nimbe crucifère : signes caractéristiques qui, joints au
caractère général de cette sculpture, aux costumes des personnages et à
l'ornementation de la bordure de l'encadrement, assignent à cette œuvre
une origine byzantine. Son exécution nous parait être contemporaine du
20 MANUSCRITS.
manuscrit. Cet ivoire est entouré d^une bordure en saillie, aux quatre
coins de laquelle figurent des plaques carrées en émail champlevé, repré-
sentant les quatre évangélistes. Les intervalles sont garnis de lames de
métal dorées et ciselées, d'un beau dessin, et ornées de cabochons en cris-
tal de roche, en onyx, en agate, etc., ainsi que de têtes de clous argentées.
Cette reliure ne parait pas bien homogène, car les lames ciselées ne
semblent pas avoir primitivement appartenu à ce volume. Elle est cepen-
dant telle que le baron de Crassier l'avait fait reconstituer avec ses an-
ciens éléments, comme il le déclare dans la note transcrite ci-dessas. En
tout état de cause, ses parties constitutives offrent, par leur archaïsme,
un grand intérêt pour l'histoire de l'art. Nous en donnons une repro-
duction au catalogue illustré.
8. EVANGELIARIUM. — In-4, de 1 76 ff.; miniatures et lettres
ornées ; ais de bois recouverts de velours rouge et d'une
plaque en émail de Limoges, avec figure en cuivre repoussé
et une bordure frappée [anc. rel.).
Précieux manuscrit du X« siècle, sur véli.n. Il commence, au verso du
premier feuillet, par l'épître de saint Jérôme au pape Damase (Incip,
* pfatio, s. Hier, in, evang, \\ Beatissi\\mo, Papae, || Damaso. \\ Hieronim',)^
suivie de la préface d'Eusèbe et (d'une autre épltre de saint Jérôme
adressée au même pape {Sciendum etiam, etc.), intitulée à tort Argumen-
tum. Les canons des évangiles commencent, après deux pages blanches,
au f. 5 r^, et occupent les douze pages suivantes. Leur encadrement
architectural est au trait rouge, sans aucun ornement; seuls les cha-
piteaux ont des formes très variées. Le f. 12 est blanc. Le texte des
évangiles commence au f. 13 r«, par l'introduction générale ou prœfatio
de saint Jérôme, à la suite de laquelle vient le prologue à Péyangile de
saint Mathieu et le sommaire [capitula) du même.
Cette disposition se répète à chaque évangile. L'écriture est une petite
minuscule assez serrée.
11 est orné de six miniatures, de quatre lettres ornées occupant la page
entière, et de plusieurs lettres onciales richement enluminées.
La première de ces miniatures (f. 17 r») est du plus grand intérêt.
Elle représente la Sainte Vierge en pied, debout dans un sanctuaire, les
mains légèrement écartées. Ses vêtements, ses chaussures, son attitude,
tout, en un mot, porte le caractère byzantin. A ses pieds, on voit deux
feijimes prosternées. Au-dessus de celle de gauche, on lit: SVENEHILD.
ABB.; — au-dessus de celle de droite : Brigita. Le premier de ces noms
désigne évidemment l'abbesse sous la direction de laquelle ce manuscrit
a été exécuté, et il atteste en morne temps son origine germanique; ce
nom fut en effet porté par une fille de la maison des ducs de Bavière, et
seconde femme de Charles Martel. La seconde personne représente très
probablement la religieuse qui a écrit le livre ou peint les miniatures dont
il est orné, car on a des exemples de cette manière de perpétuer le sou-
venir des scribes ou des peintres des manuscrits. Mais ce qu'il j a encore
de singulier et de très imporiant dans cette composition, c'est la tnmscrip-
THEOLOGIE. 21
tion, autour de la Vierge, en lettres grecques, d'un vers léonin latin. En
voici la disposition :
CXA MAPYA
(Sancta Maria)
AA npn
(Ici la
npYUM
natU
figure
({)EP
NPM
•
de \n
UYpra
npE
Vierge.)
XATÛ
(Ad proprium natum fer nostrum Virgo precatum,)
Rarement on rencontre dans les manuscrits des transcriptions de ce
genre, qui semblent prouver qu*au temps où la langue grecque était si
peu cultivée dans TOceident, on voulait au moins se donner une apparence
de culture hellénique.
La seconde miniature se trouve au verso du môme feuillet. Elle repré-
sente, dans une bordure ovoïde, Jésus-Ghrist, assis sur un arc-en-ciel,
bénissant d'une main, et de l'autre, tenant le livre des évangé listes, dont
les quatre symboles figurent aux quatre coins. Le tout est entouré d'un
cadre orné. La figure du Christ est très belle et très expressive.
Les quatre autres miniatures (ff. 48 r°, 63 r% 91 r® et 144 v®) repré-
sentent LES quatre ÉvANGÉLiSTEs, en pied, assis devant leurs pupitres de
travail. Chacune d'elles est entourée d'un cadre dont l'ornementation très
simple n'est pas sans mérite.
Toutes ces miniatures sont exécutées avec des teintes plates et très
peu de modelé ; leur coloration est sobre et sans éclat : le rose pâle, le
vert et le gris y dominent ; l'or y est d'un emploi restreint.
L'ornementation des grandes initiales est un peu lourde et confuse;
la plus curieuse d'entre elles est la lettre L, qui commence l'évangile
selon saint Mathieu (f. 18 v®).
On n'a pas d'éléments pour déterminer avec? quelque certitude de quelle
partie de l'Allemagne ce manuscrit est originaire, mais le style des minia-
tures les ferait plutôt attribuer aux contrées rhénanes.
Le texte des évangiles est complet, sauf celui selon saint Marc, qui
s'arrête au chap. xiii, i 9, ce qui constitue une lacune de quatre à cinq ff.
L'évangile de saint Jean finit à l'avant-dernier f., et le f. suivant contient
le commencement d'un indicateur général des évangiles pour tous les
jours de l'année.
Ce manuscrit est très endommagé par l'humidité, mais les miniatures
ont admirablement résisté à son action destructrice et ont môme conservé
une fraîcheur étonnante.
Le plat supérieur de la reliure est d'un grand intérêt. Sur une
plaque en émail champlevé de Limoges, dont les coins portent les sym-
boles des quatre évangélistes, et le milieu de beaux rinceaux dans un
22 MANUSCRITS.
cadre ovoïde, est appliquée une figure du Christ assis, en caivre repoassé,
d'un travail remarquable , qui doit remonter aux XII*-XIII« siècles. Cette
plaque est entourée d'une bordure en saillie, frappée et dorée. Nous don-
nons> au catalogue illustré, une reproduction de cette reliure.
9. EVANGELIARIUM. — In-fol., de 5o ff . ; miniatures et
lettres ornées; chagrin noir, tr. dor.
Précieux fragment d'un évangéliaire sur vélin, exécuté dans l'abbaye
de Luxeuil, au milieu du XI° siècle.
Les peintures à pleine page dont il est orné sont d'une richesse ex-
ceptionnelle ; leur beau style, leur date certaine et leur conservation
parfaite les classent au rang des trésors de l'art chrétien.
La première, servant en quelque sorte de frontispice (f. 1 v*), est très
compliquée. Au centre, dans un cadre ovoïde et sur fond d'or, le Christ,
en robe blanche recouverte d'un manteau rose, est assis sur un trône
droit, garni d'un coussin. Sa tête est entourée d'un nimbe crucifère; ses
pieds sont nus. Il bénit de la main droite, et, de la gauche, il tient, ap-
puyé sur son genou, le livre des Évangiles ouvert. Il est représenté avec
une figure jeune, imberbe, comme cela a lieu dès les premiers siècles
de l'art chrétien. Cette composition est entourée d'une autre bordure,
affectant la forme d'un octogone allongé, reliant entre eux huit mé-
daillons, dont quatre plus petits que les autres. Les quatre plus grands
renferment, sur fond d'or, les bustes des évangélistes, munis d'aUes, et
dont les têtes sont remplacées par celles des animaux traditionnels qui
les symbolisent. Les quatre autres, intercalés séparément entre les
précédents, oQrcni, sur un fond bleu bordé d'or, les bustes des quatre
grands prophètes (Isaïe, Jérémie, Ézéchicl et Daniel]. La bordure qui relie
ces médaillons porte des inscriptions tirées soit de chacun des évangiles,
soit des prophéties qui s'y rappoiient. Le tout est entouré d'une double
bordure en or formant un parallélogramme à chaque côté duquel il y a
une saillie demi-circulaire produite par le petit médaillon qui dépasse le
cadre.
La seconde peinture est placée en regard. C'est la plus importante, car
elle nous renseigne sur l'origine et la date de ce manuscrit. Sous un portique
à trois arcades de plein cintre, est assis saint Pierre, vêtu d'une r^e
blanche et d'un manteau vert. Dans la main gauche, il tient un sceptre, *
et, de la droite, il reçoit un livre que lui présente un religieux debout.
A la gauche du saint, sur un autel, est placé debout le même livre. Les
têtes des deux personnages sont tonsurées ; l'un et l'autre ont la barbe
et les cheveux blancs. Deux vers léonins, écrits en lettres d'or au-dessus
du portique, servent do légende à cette présentation :
Luxovii PASTOR GERARDUS lucis amator
Dando Petro librum lumen michi posco supemum.
Il s'agit ici de Gérard II, trente-sixième abbé de Luxeuil, dont le nom
figure dans des actes datés de 1040^ 1040, 1051 (voir la continuation delà
Gallia chmtiana, par M. Ilauréau, t. XY, col. 152-153. L'expression de Jiictt
THÉOLOGIE. 23
amaior est sans doute une allusion au nom primitif de Luxeuil : Lucilovium.
Nous donnons, au catalogue illustré, une reproduction de cette page en
photogravure.
La page suivante offre deux cadres parallèles, divisés horizontalement
chacun en treize bandes, peintes alternativement en vert et en pourpre.
Sur le pourpre est tracée en or cette inscription en grandes majuscules,
souvent enclavées ou liées : Incipiunt \\ capitula \\ su^ evglia \\ quae \\ in s'ta\\
leguntur eccîà || in vigilia || natalis \\ dni sôdm I camem || ad gaUi\\ cantum.
Les onze pages qui suivent contiennent les dix canons des évangiles,
écrits sur fond pourpre en lettres d'or; de magnifiques portiques à cha-
piteaux variés leur servent d'encadrement. La richesse de ces pages est
éblouissante. Les colonnes qui supportent les chapiteaux sont, soit en marbre
de toutes couleurs, soit entièrement dorés, soit peiuts avec luxe. Au centre
des arceaux qui bordent le fronton de chaque portique, se trouve un petit
médaillon représentant un buste d'apôtre, dessiné au trait blanc sur fond
d'or; sur les côtés de ces arcades, des rinceaux supportent des figures
d'hommes ou d'animaux, tels que charpentiers, couvreurs, tailleurs de
vignes, ou bien des coqs, des grues, des aigles ou des faucons tenant leur
proie, des cygnes, des cigognes, etc. Pour offrir une idée de la disposi-
tion de ces portiques, nous donnons au catalogue illustré une reproduc-
tion réduite de celui du f. 8 r<», empruntée à la Gazette des Beaux- Arts,
t. XX (1866), où elle est accompagnée d'une courte notice de M. A. Darcel,
faite à l'occasion de l'exposition rétrospective organisée en 1865 par
l'Union centrale des beaux-arts, exposition où ce manuscrit a figuré pour
la première fois.
La page qui suit les Canons (f. 8 v°) est entièrement occupée par un
frontispice du prologue de saint Jérôme à l'évangile de saint Mathieu.
Elle est peinte en pourpre, vert et or, et ne contient que le titre inscrit
sur une tablette, les grandes initiales M A, du mot : Matheus^ formées de
rinceaux en or, et la fin de ce mot écrite en lettres blanches sur or. La
suite du texte de ce prologue manque.
La page en regard offre, dans un cadre oraé de médaillons, les pre-
miers mots de l'évangile selon saint Mathieu {Liber generationis ihû xpi)y
peints en or sur pourpre. La lettre L et la lettre I enclavée, composées
de beaux rinceaux et d'entrelacs, mesm'ent plus de 23 cent, de haut.
La peinture suivante occupe le verso du f. 10. Elle représente, sous un
beau portique, saint Marc, assis sur un trône à côté de son pupitre de
travail, et tenant un livre à la main gauche ; il est vêtu du costume archié-
piscopal, comme patriarche d'Alexandrie; au-dessus de sa tête est le sym-
bole de cet évangéliste, le lion ailé et nimbé, couché sur un piédestal
dont la tablette porte cette inscription :
Marce tvis scriptis vox est similata leonis.
La page en regard, entourée d'un riche encadrement où l'on voit des
médaillons avec les symboles des quatre points cardinaux de l'horizon,
contient, en lettres d'or, sur un fond pourpre, une pièce de vers léonins
qui compare Dieu à un lion ;
Conuenit omimodis xpo natura leonis,
U MANUSCRITS.
Et qui se termine ainsi :
Nemo rcsistebat illi quia nemo valebat.
Fit leo surgendo de terra soma (aûjifli) levando
Auxilio cvivs pivs avctor codicis hvivs
Abba GERART vivat aninKi et de morte resorgat.
Ces deux derniers vers constatent une seconde fois que c'est bien
à l'abbé Gérard qu'on doit l'exécution de ce manuscrit.
Au surplus, le mot grec aûjia (corps), introduit au milieu de ces vers
latins, oifre cet intérêt spécial qu'il est en quelque sorte un dernier écho
de la culture hellénique jadis si ilorissante dans l'abbaye de Luxeuil.
Voici à cet égard quelques passages que nous extrayons de l'ouvrage
de M. Ambroise Firmin-Didot sur Aide Manuce :
« Dans les dernières années du sixième siècle, un moine austère,
« Golumban, accompagné de douze autres religieux, vint de l'Irlande en
« France, et y fonda, avec la permission du roi bourguignon Goniran,
« plusieurs monastères, parmi lesquels l'abbaye de Luxeuil devint plus
« tard si célèbre. 11 alla ensuite porter l'Évangile aux bords du Rhin, en
« Helvétie et chez les Lombards. L'Église reconnaissante pour son apos-
« tolat le rangea au nombre des saints ; la littérature s'honore de pos-
te séder en lui le plus grand poète latin de son temps, et cette gloire,
« saint Golomban la doit à sa forte éducation littéraire, sur les grands
« modèles de l'antiquité, grecque surtout, dont les souvenirs se rencon-
« trent tant de fois sous sa plume.
<( Tous les moines qui paiiicipèrent à la fondation de l'abbaye de
« Luxeuildevaient savoir le grec; cette science s'effaça graduellement en
« France au contact du purisme romain, mais encore au onzième siècle
« on en aperçoit les vestiges dans quelques mots grecs qu'offrentlesraanus-
« crits exécutés dans cette abbaye, comme le témoigne un prédeox évan-
« géliairc de cette môme époque, œuvre de son abbé Gérard, et qui
« fait partie de ma collection. » (Introduction, p. xviii.)
Dans la page suivante, on lit, en grandes majuscules en or sur fond
pourpre, l'intitulé de l'évangile de saint Marc (Incipit 0 evangelivm | ihB
xpi I filii II Dei\\dhi nri \\ secv7idvm \\ Marcvm), etenregard,lemot J||iit||ei|vm
en lettres onciales formées de rinceaux.
A la fm de cet évangile (f. 29 r<>), se trouve un Explicit en belles ma-
juscules enclavées, peintes en or sur fond pourpre; au verso de ce
même feuillet, un Incipit analogue pour le prologue de l'évangile suivant,
et, en regard, les deux premiers mots de ce prologue : Lucm Syrtu^ peints
en onciales. Chacune de ces inscriptions est placée dans une tablette en
hauteur, encadrée.
L'évangile de saint Luc commence (f. 3i r<>) par une page splendide
qui ne contient que ces premiers mots : Quoniam quidé mvlti eanoH naU,
en lettres d*or sur pourpre ; l'initiale Q est surtout d'une grande beauté.
Le titre et les premiers mots du prologue de l'évangile selon saint
Jean ( f. 4^ v^) sont peints en lettres d'or et disposés de même que la
page respective de l'évangile précédent (f. 29 v®).
Une peinture, placée au verso du f. qui suit, représente saint Jean,
THÉOLOGIE. 25
vêtu à l'antique, les cheveux longs et nattés. Il est assis, sous un porti-
que, sur un trône à dossier, à côté de son pupitre de travail, et tient un
livre sur ses genoux. Au-dessus de sa tête, repose sur un piédestal un
aigle ailé et nimbé, tenant un livre entre ses serres.
La page en regard contient, en lettres d'or sur fond pourpre bordé de
vert et entouré d'un cadi*e orné, neuf vers léonins consacrés à saint
Jean.
Les deux pages suivantes offrent, d'un côté, l'intitulé de cet évangile
(Incipit II evange \\ lium || secundû \\ lohannê), et, en regard, ces premiers mots :
In\\prin\\cipio\\erat\\ver\\bumy peints et disposés de la même manière
qu'aux pages semblables qui figurent en tête de l'évangile de saint Marc.
Le sommaire de l'évangile de saint Jean qui termine ce volume est
orné d'un Incipit (f. 49 v®) et d'un Explicit (f. 50 r®), en belles majuscu-
les peintes en or sur pourpre, au milieu des tablettes encadrées et pla-
cées en regard du texte.
Si l'on ajoute que chaque chapitre commence par une grande initiale
formée de beaux rinceaux d'or bordés de rouge, sur un fond bleu, rose ou
vert; que chaque verset est orné d'une majuscule en or; que l'écriture,
d'une netteté parfaite, a encore conservé tout l'éclat de son noir; on
pourra se faire une idée de la splendeur de cet évangéliaire lorsqu'il était
dans son intégrité. Malheureusement, en dehors d'assez longues lacunes
dans le texte, cet admirable monument d'ai*t a été évidemment dépouillé
de plusieurs pages de peintures, entre autres de celles qui représentaient
saint Mathieu et saint Luc.
Est-ce l'abbé Gérard lui-même qui est l'auteur de ces peintures? La
qualité d'AUCTOR codicis hujus, qui lui est donné dans les vers cités plus
haut, semblerait l'indiquer, bien qu'elle puisse aussi signifier qu'il n'en a
été que le scribe, ou même seulement le promoteur. Le style de ces pein-
tures est profondément empreint de caractère byzantin; d'un autre côté,
leur coloris, un peu monotone dans les figures, où les chairs sont traitées
dans une gamme presque monochrome, avec peu de modelé, constate
chez le moine-artiste de Luxeuil de grandes affinités avec les écoles des
bords du Rhin. La partie décorative est exécutée avec beaucoup de pré-
cision, et fournit de véritables modèles d'ornementation du style romano-
byzantin.
Ce qui augmente encore notablement la valeur de ce précieux manus-
crit, ce sont les dessins qui se trouvent au revers de certaines pages de
peintures. Celui de la première page, teinte en pourpre, représente une
série de lions affrontés, dessinés presque au trait, en or et en argent ;
celui du f. 19 r<> offre, sur un fond gris, une suite de grands anneaux
circulaires peints en argent et renfermant des animaux fantastiques ; dans
les intervalles de ces anneaux, il y a de beaux fleurons peints en jaune, en
vert, en bleu, etc.; la même décoration se répète au f. 30 v<*. Les ff. 45 r<*
et 50 v°, teints en pourpre, présentent aussi une ornementation identique,
consistant en un échiquier dont les cases offrent deux motifs d'un beau
style, dessinés en noir et disposés de façon à se succéder alternativement
dans les deux sens. Ces dessins, qui semblent reproduire des décorations
d'étoffes, remontent à une époque bien antérieure au XI® siècle, et sont
d'un intérêt immense pour l'histoire de l'art, d'autant plus que des spé-
26 MANUSCRITS.
cimens semblables à ceux-ci sont en quelque sorte introuvables. On con-
jecture que c'était ce qu'on appelle du vélin impérial, envoyé de Cons-
tantinople ainsi préparé.
- Ce manuscrit a été acquis par M. Didot pour une somme considé-
rable, il a été conservé pendant très longtemps dans la famille de la
Boriette, en Auvergne.
10. VIE DE JÉSUS-CHRIST. — In-foL, de i6 fF.; minia-
tures; mar. La Yallière, compart. à froid, tr. dor. ; doublé
de mar. rouge, avec rinceaux et une croix historiée en
mosaïque ; étui en mar. La Vallière (Lortic).
Suite de trente superbes miniatures, sur vélin, représentant les prin-
cipales scènes de la Vie de Jésus, et exécutées dans la seconde moitié du
XII» siècle (H. : 0»,22o à 0»,250; L. : 0»,171 à 0»,178). Elles sont peintes
des deux côtés des feuillets, sauf la première page et la dernière, qui sont
blanches. Chacune de ces compositions est entourée d*un beau cadre, de
deux et demi à trois centimètres de largeur, dont les motifs d'orne-
mentation varient d'une page à l'autre .
Voici les sujets de ces peintures : 1<^ la Salutation angélique; Tange et
la Vierge sont debout ; — 2° la Nativité ; la Vierge, ayant auprès d'elle saint
Joseph, est couchée sur un lit au-dessus duquel est suspendue une petite
lampe; au-dessous, dans un compartiment séparé, TEnfant-Jésus, soi-
gneusement emmailloté et encapuchonné, aux traits peu enfantins, repose
dans la crèche : l'âne et le bœuf viennent poser leurs museaux sur son
petit corps; dans le coin de droite, un buste d'ange dans les airs;
— 3<» V Annonciation aux bergers; — 4° la Fuite en Egypte; un jeune hom-
me, portant des bagages et muni d'un martinet, suit la sainte famille,
que guide un ange planant dans les airs ; — 5° la Présentation de l'En-
fant'Jésus au Temple; — 6* les Mages devant le roi Hérode, composition
dont il y a peu d'exemples; — T» V Adoration des Mages; — 8® le BapUme
de Jésus-Christ; — 9° Jésus tenté par le démon, qui est représenté sous
une forme hideuse; — 10° l'Entrée à Jérusalem; — 11° la Dernière Cène;
— 12° Jésus lavant les pieds à ses disciples; — 13° V Arrestation de Jésiu; —
14° le Couronnement d'épines; — lo° la Flagellation; — 16° le Portement
de croix; — 17° Jésus en croix; — 18° la Descente de croix; 19* — la Mise
au tombeau; — 20° les Saintes femmes au tombeau du Christ; — 21* la
Descente de Jésus aux limbes; — 22° VAppantion de Jésus à Madeleine; —
23° rincrédulité de saint Thomas ; — 24° l'Apparition de Jésus aux disciples
d'Emmaùs ; — 2o° Jésus à table avec ces disciples ; — 26° V Ascension; —
27° la Descente du Saint-Esprit; — 28° Jésus dans sa gloire, montrant ses
blessures ; — 29° Jésus sur le trône, ayant à ses pieds la Vierge et saint Jean;
— 30° le Couronnement de la Vierge,
Quatre de ces peintures (la 4°, la G», la 11° et la 14°) sont absoloment
identiques avec celles reproduites par le comte Aug. de Bastard dans son
grand ouvrage : Peintures et ornements des manuscrits, tirées d'un évan-
géiiaire provenant de l'abbaye de Saint-Martial de Limoges, et faisant
alors partie de la collection de l'auteur. Cette identité s'arrêterait 1&, car
M. de Bastard indique que son manuscrit contenait un texte latin, tandis
THEOLOGIE. 27
que notre recueil n'en a jamais eu et ne forme qu*un seul cahier où les
feuillets, se tenant deux par deux, s*emboltent les uns dans les autres ;
toutefois, nous pensons que c'est réellement le même volume que celui
qui lui avait appartenu, et que, dans les légendes de ses reproductions, il
y a une erreur dans la mention d'un texte.
M. de Bastard ne faisait remonter l'exécution de son manuscrit qu'à
a première moitié du XÏIl® siècle ; l'examen du caractère de nos peintures
et de certains détails archéologiques, tels que les motifs d'ornement des
encadrements, les costumes populaires, les casques normands à nasale,
qu'on ne rencontre plus depuis le règne de Philippe-Auguste, ne per-
mettent pas de leur assigner une date postérieure à ce dernier terme. Au
contraire, on serait autorisé à les rapprocher plutôt du XI» que du
XIII« siècle.
L'exécution de ces miniatures est large et les figures ont du caractère.
Il n'est guère facile de déterminer avec certitude l'école à laquelle appar-
tient cette importante œuvre d'art ni la contrée dont elle est originaire.
Elle est du style romano-byzantin et a plus d'un rapport avec la manière
des émailleurs de Limoges ou des peintres-verriers français de cette époque.
Sur la première page, on lit la signature : Henry Martin, d'une grosse
écriture du XVI® ou du XVII® siècle.
La conservation de ces peintures est merveilleuse ; les couleurs ont
encore leur vigueur primitive, et l'or, très en relief, qui garnit le fond de
toutes les compositions, brille de tout son éclat.
La reliure de ce volume est digne d'attention. Le dessin des plats inté-
rieurs offre nne composition à la fois simple et savante dans le beau
style du XHI® siècle. Une croix, ornée de charmants entrelacs, renferme,
aux quatre extrémités, les attributs des évangélistes, et au milieu, la sainte
Vierge tenant à la main le livre divin et les pieds posés sur le corps d'un
serpent. Des têtes d'animaux fantastiques, mouvant des coins de la croix,
tiennent dans leur gueule des rinceaux qui se développent, chacun sépa-
rément, sur la surface restée libre. Le tout est exécuté en mosaïque avec
une rare précision.
H. BEATUS (S.). In Apocalypsin Commentaria. — HIERO-
NIMUS (S.). Explanalio Danielis proplietae. — Gr. in-fol.,
de 248 ff. à 2 col. ; miniatures et lettres ornées; veau
marbré, tr. rouge {une. rel.).
Précieux manuscrit de la seconde moitié du XII® siècle, sur véun,
exécqté dans le midi de la France.
D est d'un intérêt capital pour l'histoire de l'art du XII^ siècle en rai-
son des CENT DIX MINIATURES dout il cst omé (quatre-vingt-dix-sept pour
VA^calypse^ et treize pour les Prophéties de Daniel) ; son texte est d'une
haute importance pour l'exégèse apocalyptique, car il est le seul à nous
transmettre à ce sujet la traditionj de l'Église primitive : tradition qui
s'est perdue dès le IX" siècle.
Un certain nombre de manuscrits du commentaire de Beatus ont été
décrits plus d'une fois, soit séparément, soit plusieurs ensemble, à
commencer par Ambroise de Morales, historiographe du roi d'Espagne
?8 MANUSCRITS.
Philippe II. De nos jours, d'importantes notices leur ont été consacrées
par José de Ëguiren {Memoria desa^iptiva de los côdices notables conserva^
dos en los archivos eclesiâsticos de Espaha; Madrid, 1859; in-8), par M. le
baron d'Avezac (Une Digression géographique à propos d^unbeau manuscrit
à figures de la bibliothèque d'Altamira, dans le Bibliophile français, t. lY
[1860], pp. 223-230), par feu M.- Ambroise Firmin-Didot (îks Apocalypses
figurées, manuscrites et xylographiques; Paris, 1870; in-8). Enfin, le même
sujet a fourni tout récemment à M. Léopold Delisle, membre de l'Institut,
la matière d'une lecture fort intéressante, faite à la séance de TAcadémie
des inscriptions et belles-lettres du 14 février 1879, à l'occasion d'an se-
cond manuscrit du même commentaire que venait d'acquérir l'administra-
tion de notre Bibliothèque nationale. M. Delisle a donné pour la pre-
mière fois l'indication complète de toutes les copies du livre de Beatas
dont l'existence actuelle parait bien constatée, et qui sont au nombre de
dix, y compris la nôtre. Le plus ancien de ces manuscrits est celui qui
appartient à lord Ashburnham et qui passe pour remonter au IX* siècle;
l'Espagne en possède quatre : à la cathédrale de Girone, à celle de la Seo
d'Urgel, à l'Académie royale d'histoire à Madrid, à la Bibliothèque royale
de Madrid ; deux sont conservés à notre Bibliothèque nationale, dont l'un
jouit d'une grande célébrité sous le nom de manuscrit de Saint-Sever;
un exemplaire, provenant de l'abbaye de Silos, se trouve au Musée britan-
nique; enfin^ un autre fait pailie de la Bibliothèque de Turin. Après avoir
signalé certaines questions d'histoire littéraire et d'histoire ecclésiastique
que soulèvent ces manuscrits, M. Delisle s'est surtout attaché à faire res-
sortir l'intérêt multiple des peintures dont ils sont ornés, et il a étudié
parallèlement colles du manuscrit de Saint-Sever (XI* siècle), très proba-
blement le plus important de tous à cet égard, et celles du nôtre. Ce der-
nier, acquis chez un brocanteur de Madrid, fut placé dans le catalogue de
la bibliothèque du marquis d'Astorga, comte d'Altamira, dont la vente a
eu lieu à Paris en janvier 1870, et de là il passa chez M. Didot (1 9,000 fr.}.
Les peintures de tous ces maimscrits, autant qu'on en peut juger par
un petit nombre de reproductions de quelques-unes d'entre elles, et par
quelques renseignements recueillis çà et là, semblent dériver d'un proto-
type commun, remontant à l'époque carlovingienne, mais modifié gra-
duellement sous l'influence du style dominant dans telle ou telle contrée
au moment de l'exécution de ces copies successives, et aussi selon le gé-
nie individuel de l'artiste. Toutes ces peintures sont dues aux miniatu-
ristes soit du nord de l'Espagne, soit du midi de la France.
Les CENT DIX MINIATURES dout uotrc mauuscrit est enrichi lui assurent
une place à part parmi les monuments de l'art des siècles passés. M. le
comte Auguste de Bastard, à qui Ton doit la reproduction dans son grand
ouvrage {Peintures et Ornements des manuscrits) des trois belles pages du
manuscrit de Saint-Sever, a apprécié le nôtre en ces termes : «c Aucune
((*de nos bibliothèques ne possède un manuscrit plus curieux k cette date
« du XII® siècle, et je ne vois que le Hortus deliciarum de la célèbre Herrat
« de Landsperg qui puisse lui être comparé. J'ai vu de même les exem-
« plaires de Turin et de Londres [aussi du XII' siècle], et je déclare .qu 'an-
ce cun de ces livres ne montre, comme celui-ci, la permanence des tra-
ce ditions antiques de l'art. » Ajoutons que le célèbre Hortus deUdarum,
THÉOLOGIE. 29
dont il est ici question, a péri depuis dans l'incendie de la bibliothèque
de Strasbourg.
Copiées sur le même type que le manuscrit provenant de l'abbaye de
Saint-Sever, ce qui ressort pleinement de l'identité des sujets et de leur
ordre, et aussi de l'entière ressend^lance de certains détails secondaires,
celles du nôtre représentent, dit M. L. Delisle, « un art inférieur par
« plus d'un côté à celui du siècle précédent, dans lequel resplendit la
« beauté d'un idéal où la foi la plus pure domine et inspire tout, » mais
d'un autre côté le même savant constate qu'elles offrent souvent plus de
correction dans le dessin, que les figures « rappellent les majestueuses
« statues qui font la gloire de nos cathédrales du XII" siècle » ; que les
animaux sont bien compris, vigoureux, pleins de vie ; que les détails d'ar-
chitecture et de costume sont parfaitement rendus. Il faut ajouter qu'on
y reconnaît la main de deux artistes d'un talent inégal. L'expression
des physionomies, en général d'une vérité saisissante; les couleurs très
vives, mais harmonieusement combinées; enfin, les dimensions excep-
tionnelles de ces peintures, dont la plupart sont à pleine page (hauteur :
45 centimètres J/2; largeur : 31 centimètres), leur donnent un caractère
imposant. Au surplus, notre manuscrit est peut-être un de ceux qui con-
tiennent le plus grand nombre de miniatures, et il est parfaitement complet,
tandis que ceux de la Bibliothèque nationale ne le sont pas ; celui de
Saint-Sever n'a plus que cent deux peintures , y compris les nombreuses
pages d'ornementation; le second n'en a que soixante. Il a été exécuté
incontestablement, dans le midi de la France, par des artistes apparte-
nant à ce qu'on appelle l'École d'Aquitaine, et auxquels la péninsule
ibérique ne paraît pas avoir été étrangère, car, dans tous les monuments
d'architecture qui y sont représentés, on a associé au style roman l'ar-
cade cintrée à la manière mauresque.
Nous n'entreprendrons pas ici d'énumérer les sujets des miniatures de
notre manuscrit, dont les vingt- trois premières représentent les princi-
paux faits ou des personnages de l'histoire sacrée depuis la création jus-
qu'à dispersion des apôtres, et servent ainsi d'introduction aux sujets apo-
calyptiques : leur description matérielle, avec beaucoup d'erreurs d'inter-
prétation, a été donnée par M. A. Bachelin dans le Bibliophile français
(1869), et ensuite en une brochure à part. Elle est accompagnée de quatre
excellentes reproductions des miniatures, de la grandeur des originaux,
exécutées sous la direction de M. A. Racinet (dont les deux premières en
chromolithographie et les deux autres au trait), plus de cinq gravures sur
bois. La première représente Deux Anges tenant un livre muni de trois
sceaux, et, au-dessus, le symbole de saint Jean l'évangéliste, un aigle à
corps humain. Des deux suivantes, qui ne se trouvent pas dans le manuscrit
de Saint-Sever, l'une représente l'intérieur de V Arche de Noé, d'une façon
bien naïve et fort originale ; l'autre, d'un grand caractère, a pour sujet le
Triomphe de VAgneau. Dans celle-ci, le Christ, sous la figure de l'agneau
sans tache, nimbé et tenant le bois de la croix, est aux pieds de Dieu le
Père; autour de lui, sont les quatre évangélistes représentés sous leurs
attiibuts et montés sur des monocycles. Les Dominations et les Archanges
lui apportent leurs oifrandes. Cette composition est renfermée dans ime
bordure circulaire, constellée d'étoiles, qui représente la voûte du firma-
30 MANUSCRITS.
ment et qui est soutenue par quatre anges. Au-dessous, on voit saint Jean
expliquant V Apocalypse à son commentateur. Nous donnons au catalogue
illustré des reproductions réduites, en gravures sur bois, de ces deux mi-
niatures ainsi que celles des trois autres (la 52« : chap. ix, 1-5; la 77* :
chap. XVI, 13-14; la 89® : chap. xx, 1-3). La quatrième lithograpliie repré-
sente les Rois et les marchands pleurant sur Babylone : composition fort
remarquable. La dernière des cinq gravures sur bois données dans le
Bibliophile français appartient au commentaire sur Daniel et représente
un fragment du Siège de Jérusalem par Nabuchodonosor; elle oflfre on grand
intérêt pour les costumes, les armes et les armures du XII* siècle.
Un certain nombre de ces peintures intéressent au plus haut degré la
symbolique chrétienne ; nous n'en citerons qu'un exemple. La cinquième
miniature (f. 3 r°) représente saint Mathieu (et non le Christ, qui est tou-
jours représenté avec un nimbe crucifère) qui parait donner des instruc-
tions à un jeune personnage à la tête nimbée, un apôtre sans doute, car
son mouvement de départ et le livre ou plutôt le rouleau qu'il tient à la
main indiquent qu'il a pour mission d'aller prêcher l'Évangile. Au-dessus
de cette scène, on voit un homme jeune, nimbé, qui doit être le symbole
de saint Mathieu. Il tient dans ses mains un long bâton surmonté d^une
tête de fol,, une espèce de marotte. Quelle est la signification de cet at-
tribut de la folie? M. Didot y a vu, avec beaucoup de probabilité, une allu-
sion au caractère essentiel de la vocation apostolique, dont saint Paul
parle en ces termes dans sa première épltre aul Corinthiens (chap. I» 21) :
« Il plut à Dieu de sauver par la folie de la prédication ceux qui croiraient
en lui ».
Il ne faut pas oublier non plus la fameuse mappemonde circnlaire
(fol. 43 v^ et 44 r®) que Pasini fit connaître le premier d'après celle du ma-
nuscrit de Turin, en 1749, et qui depuis a été classée parmi les monu-
ments cartographiques les plus importants du moyen âge. Cette mappe-
monde, dont le but a été de donner une représentation figurée du champ
de la prédication évangélique, se rapproche beaucoup de celle de Tarin.
Passons maintenant au texte de ce commentaire. Le nom de son au-
teur n'y figure pas en toutes lettres, de sorte que le plus souyent Tou-
vrage a été indiqué comme anonyme, et on l'attribuait tantôt k Rhaban
Maur, tantôt à Victorin de Pettau et même à saint Amand, comme le
prouve la reliure do notre manuscrit où on lit au dos ce titre imprimé :
S. Amandus in Apocalypsin. Et cependant, des écriyains espagnols, entre
autres le célèbre bibliographe Antonio, ont depuis longtemps signalé un
commentaire sur l'Apocalypse composé au VIII* siècle par an moine es-
pagnol, nommé Hcatus, Bieco ou Yieco, en citant même quelques phrases
de la dédicace de ce livre, phrases qui se retrouvent ici textuellement.
11 est resté inédit pendant près de mille ans et ne fut publié qn*ea
1770 par le R. P. Henri Florcz, augustin, sous ce titre : SancU BêoU prts-
byteri Liebanensis in Apocalypsin (Madrid, Ibarra, 1770, in-4), Yolume
qui a dû être l'objet d'une sorte de suppression (on verra pourquoi), car
il est devenu tellement rare, qu'il ne paraît s'en trouver même un seul
exemplaire ni en France ni en Belgique, au point que ce n'est que par le
I)lus grand dos hasards que M. Didot a pu en avoir communication pour
son travail, grâce à l'obligeance d'un savant ecclésiastique allemand.
THEOLOGIE. 31
Beatus était moine du monastère de Saint-Martin, fondé au VI® siècle
dans les montagnes de Liébana par le moine Toribio, dont il porte en-
core aujourd'hui le nom. Ce monastère devint, au dire des écrivains es-
pagnols, le foyer de la restauration littéraire dans le nouvel État des
Asturies. Beatus joua un grand rôle dans les discussions théologiques
contre les doctrines nestoriennes d'Elipand, archevêque de Tolède, et de
Félix, évoque d'Urgel, et mourut en odeur de sainteté le 19 février 798,
au monastère de Valcavado ou Val-Gabado, en Asturie, dont il était de-
venu abbé.
L'attribution de ce commentaire à Beatus résulte de ce fait qu'il est
dédié à son disciple reconnu, Etherius, qui fut depuis évoque d'Osma, à
la prière duquel il a été composé {Hoc ergo, sancte pater Etheri, te petente,
ob edificationem studii fratnim tibi dedicavi,,,). Le nom d'Etherius a été
omis par le copiste du manuscrit de Saint-Scvcr. La date de la rédaction
de ce commentaire est exprimée dans un coraput de six mille ans, corres-
pondant aux six jours'de la création, et à l'expiration desquels le genre
humain devait être délivré de la domination de Satan. Cette date se rap-
porte à l'année 786 dans notre manuscrit, à l'année 776 dans celui de
Saint-Sever, aux années 784 ou 785 dans d'autres. Toutefois, le P. Florez
estime que la date de 784 est plus conforme avec celle de la promotion à
l'évôché d'Osma d'Etherius, que Beatus, son maître, appelle ici sancte
pater, probablement en raison de sa dignité épiscopale.
En ce qui concerne l'exégèse apocalyptique : « les docteurs les plus au-
« torisés de l'Église, dit M. Didot, Bossuet, entre autres, ont établi avec
c< netteté la coexistence dans les Révélations de Patmos d'une double ap-
« plication : un sens historique, direct, qui appartient à la critique et
« qui ne relève que de la science; un sens mystique, indirect, ayant trait
« aux destinées de l'Église, qui est du domaine de la foi et réservé à ses
« interprètes ». Si la critique moderne a démontré que l'Apocalypse a
été écrite avant la destruction de Jérusalem, et qu'elle a été inspirée par
la terrible persécution des chrétiens sous Néron, on ignorait jusqu'à ces
derniers temps que la même tradition a existé au sein de la primitive
Église et qu'elle s'est maintenue jusqu'à l'époque de Beatus, et même au
delà : c'est ce que M. Didot a fait connaître lo premier dans son travail
cité plus haut. Saint Jérôme rapporte qu'un grand nombre de Pères de
'Église et d'écrivains des premiers siècles du christianisme ont affirmé
que l'auteur de l'Apocalypse a désigné sous le nom de Babylone la ville
de Rome, et qu'il a attribué le rôle d'Antéchrist à Néron, qui, selon la
croyance populaire chez ses contemporains, quoique mortellement blessé,
n'était pas mort, mais simplement réfugié en Asie d'où il devait revenir
pour reconquérir l'empire avec le secours des Parthes et continuer son
œuvre de persécution des chrétiens. Cette opinion des docteurs de l'Église
se retrouve, quoique un peu embrouillée et dénaturée, dans le commentaire
de Beatus (f. 153 v°). {<'Capita septem hujus bestiœ, dit-il, septem montes
unt, in quibus mulier sedet; id est civitas romana ». Et plus loin (f. 154 r® :
« Unum autem ex capitibus bestix, quant supra diocimus in pseudoprophetis
esse, tamquam jugulaium ad mortem, et plagam mortis ejus sanatam esse,
Neronem DiciT, QUI Antichristum pRiEFiGURAviT : et quîa octava bestia est, ipse
Antichristus est, qui Jiunc in Ecclesia per pseudosacerdotes subtiliter reg-
32 MANUSCRITS.
natf tu7ic aperte Ecclesiam devastabit ; quia Jtidœi Christuim cnudfixenmt,
et PRO Christo Neronem Antichristum expect.^t. » Ailleurs (f. 177 r*»), il
fournit ce renseignement capital : « Usque in tempus quo hase Joanni rêve-
lata sunt, quinque Reges ceciderunt : sextus fuit vero (et non Nero, comme
Ta lu le P. Florez) sue quo h.ec vidit in exilio, » ce qui indique bien
Galba, sous le règne duquel l'Apocalypse a été écrite, bien que Beatus
commette ensuite plusieurs erreurs dans Ténumération des sept premiers
empereurs de Rome, où il ajoute Jules César, supprime Caligula et place
le règne de Galba avant celui de Néro»; il rectifie cependant cette der-
nière erreur quelques lignes plus loin : « Post Neronem vero Galba in
Yberia, Oto in Roma imperium arripuit ». Il insiste plus particulièrement
sur Néron : « Nam primus de Romanorum reges (sic) Nero fecit maetiria
posT pAssioNEM DoMiNi m Petro et Paulo apostolosy qui ktiâm Neho Antichris-
tum PREFIGURAVIT. »
A mesure qu'on s'éloigne de l'époque où vivait Beatus, cette interpré-
tation s'écarte davantage de la tradition primitive, surtout dans l'expli-
cation de l'énigme du nombre du nom de la Béte personniûant TAnte-
christ, désigné par le cbiffre cabalistique 666, chiffre d'un homme, dit le
prophète. Beatus n'a pas non plus trouvé la solution de ce problème (le
feuillet contenant cette dissertation a été arraché dans le manuscrit de
Saint-Sevcr), qu'il était rùseiTé à la critique moderne d'expliquer en
confirmant ainsi la tradition des premiers siècles. On sait, en effet, qu'en
décomposant l'alphabet hébreu et en calculant la valeur numérique des
lettres, on a trouvé que le nom de Néron (Nron KsR=:iV^ron César) est con-
tenu dans ce chiffre 666 qui avait exercé l'imagination de tant de savants
exégètes. (Voir Didot, Apocalypses figurées^ pp. 14-15.)
Aucun des commentateurs de l'Apocalypse postérieurs à Beatus n'a cité
sou travail, enseveli dans la poussière des cloîtres ; aucun d'eux n'a indiqué
que l'Antéchrist c'était Néron ; mais un vague souvenir de ces antiques
traditions s'est conservé dans l'Église d'Espagne jusqu'au XVI* siècle,
comme le prouve le commentaire du P. Fr. Ribera, de la Société de Jésus
(Salamanque, 1591 ; in-fol.).
On vient de voir de quelle importance est le texte de notre manus-
crit qui, en outre, a le grand avantage d'être parfaitement complet,, ce
qui n'a lieu que pour un ou deux autres.
Il commence seulement à la suite des miniatures préliminaires et de
la généalogie de Jésus-Christ (f. 16 r^) par ces mots: c< Que dttiersw | (em-
poribus II in uet'is testa \\ fnti libris \\ p'nûtiata sût \\ de naiiuitate || dm... »
début d'un prologue, suivi d'un autre et d'un sommaire de l'Apocalypse
(explanatio). Le commentaire proprement dit (f. 25 r®) porte ce titre:
Incipit tracVus de apocalips (sic) iohHs in explanatione sua a mViU doc-
torib* t pbatissimis uiris illustrib', etc.; il finit au f. 205 ▼<», où commence
VExplanatio Daniel prophethe, prophéties qui se lient intimement avec la
vision de saint Jean. La dernière page, arrachée, a été complétée par nne
main moderne.
Ce livre est écrit avec beaucoup de soin, en gros caractères gothiqaesi
sur deux colonnes de 38 ligues chacune dans les pages pleines. Le texte
de l'Apocalypse et de Daniel est en rouge ; le commentaire, en noir. Il est
orné eu outre de belles initiales, dont plusieurs richement décorées.
THÉOLOGIE. 33
La conservation de ce beau volume, intéressant à tant de titres, est
aussi parfaite que possible.
12. HISTORIA SANCTI JOHANNIS EVANGELIST^, EJUS-
QUE VISIONES APOCALYPTIC^. — In-4, de a4 ff. ; mi-
niatures ; vélin blanc, compart. en or, tr. dor.
Superbe manuscrit sur vélin, exécuté probablement en Italie au com-
mencement du XrV« siècle. •
C'est une suite de quatre-vingt-seize miniatures, à deux par page,
dont les huit premières, ainsi que les cinq dernières, représentent des épi-
sodes, souvent apocryphes, de la vie de saint Jean, tandis que les quatre-
vingt-trois autres offrent des sujets des visions apocalyptiques. Chacune
de ces miniatures est entourée d'une double bordure au simple trait, et la
page entière est en outre renfermée dans un cadre commun (H. : 0™,222;
L.: 0",175). Elles sont accompagnées de légendes explicatives, en rouge
et en noir, empruntées le plus souvent au texte môme de l'Apocalypse.
Les deux premières et la 92® se rapportent à la légende de Drusiana,
tirée d'une vie plus ou moins fabuleuse de saint Jean, attribuée à Abdias
de Babylone et composée réellement vers le IIP siècle.
Les représentations des scènes apocalyptiques de ce volume n'ont rien
de commun avec celles qui ornent les manuscrits du commentaire de
Beatus. Tandis que ces dernières sont une conception espagnole, les autres
portent une empreinte vivace d'un modèle primitif de provenance grecque,
remontant probablement à l'époque antérieure à Charlemagne, et cons-
tituent ainsi un groupe à part, auquel appartient aussi un fort beau
manuscrit de l'Apocalypse figurée, de l'an 1200 environ, malheureuse-
ment incomplet, qui fait partie de la Bibliothèque nationale (f. fr. 403,
anc. 7013), et qui avait servi de modèle à la célèbre tapisserie de Saint-
Maurice d'Angers (voir là-dessus une notice de M. A. Giry, dans le journal
l'Art, décembre 1876, pp. 300-307). Il existe encore un troisième groupe
de peintures apocalyptiques, différent des précédents et dont le type a dû
être composé au nord de la France vers le XIII® siècle.
La perfection des miniatures de notre manuscrit, qui provient de la
collection de Van Hulthem, est surprenante pour l'époque de son exécu-
tion. La beauté du dessin des figures, l'harmonie discrète des couleurs,
enfin certains détails caractéristiques permettent de lui assigner une ori-
gine itaUenne.
Pour offrir une idée de ces compositions, nous donnons, au catalogue
illustré, la reproduction de celle, d'un dessin très pur, qui a pour sujet la
Vierge revêtue du soleil et le Dragon à sept têtes (la 39®), de la grandeur de
l'original, et de celle (la 42®) qui représente saint Michel pr,écipitant Satan
dans les entrailles de la teire, avec le secours de deux anges.
Ce que notre manuscrit offre de particulièrement intéressant pour
l'histoire de l'art, c'est qu'il se rapproche beaucoup du type, aujourd'hui
perdu, qui a servi de modèle aux 'éditions xylo graphiques des mêmes
figtires apocalyptiques, sauf les changements dans les costumes, dans
l'architecture, dans les légendes, et les simplifications que le graveur sur
. bois a été obligé d'introduire dans son œuvre. Il ne correspond dans son
3
34 MANUSCRITS.
intégralité qu'à l'édition unique en cinquante feuillets^ car toutes les
autres, qui n'ont que quarante-huit feuillets, ne donnent pas les quatre
sujets de la vie de saint Jean qui précèdent les visions. La modifîcation
des légendes est éminemment curieuse. Tandis que le manuscrit, dans les
cinq dernières miniatures, consacrées à représenter les principaux
moments de la vie de saint Jean depuis son retour de l'exil, reproduit le
texte du pseudo-Abdias, tous les xylographes ont suivi la leçon de la Lé-
gende dorée de Jacques de Voragine (XIII® siècle), sauf pour la composi*
tion 93.
On ne connaît que peu de manuscrits pareils au nôtre, et rarement ils
sont complets. Celui-ci a été décrit en détail, et étudié parallèlement avec
les éditions xylographiques, dans la notice de M. Didot sur les Apocalypses
figurées manuscrites et xylographiques (1870), ce qui nous dispense d'y
insister davantage, tout en ajoutant qu'il constitue un document précieux
pour les costumes, les armes et les armures de son époque.
13. MANDUCATOR (Petrus). Historia Veteris et Novi Testa-
menti. — Gr. in-fol., de 2o3 ff. à 2 col.; miniatures^
bordures et lettres ornées; mar. vert foncé, compart.
à froid, tr. dor., plaques, ornements et fermoirs en
métal doré.
Précieux manuscrit sur vélin, exécuté en France et daté de 1229.
La première page offre, dans un encadrement simulant un portique
surmonté de la représentation d'une ville, l'inscription suivante en belles
majuscules, peintes alternativement en rouge et en bleu : In nomine Patris
et Fi\\lii et Spiritus sancti. Amen, || Anno ah Incamatione Dom\\ini Mule-
siMo DucENTEsiMo v||iGEsiMo NONo, PETRUS monac\\horum omnium minimus
obtul\\it istum lib7*û beatissimo mart\\iri QUINTINO. Si quis eum absttderiit
ï die Judicii ante conspectum || dni nostri Jhesu Xpisti ip\\sû sêtissimum mar-
tirem con\\tra se accusatorè sentiat. En marge, se trouve une transcription
du texte ci-dessus, et au bas de la page^ de la même écriture, on Ut cette
note : Fertur tre^fuisse fratres unius nominis Petrus nominatif viri glorioH
et excellentis doctrine. Primus fuit Petrus Lumbardus, magister ac doctor
sacrz theologiq, et author seu scriptor libri sententiarum, in quatuor lU^rw
totam sacram theologiam complectentis. Secundus fuit Petrus Gaatianus,
doctor egregiuSy decretorum scriptor, Tertius fuit huius libri scriptor seu au-
thor et confector dictus Petrus Comestor aut Manducâtor, exceJkns doctor
utpatuit ex présente libro,
Pierre Comestor, ou Manducâtor, ou le Mangeur, auteur de ce liTfe
célèbre, naquit à Troyes, où il devint successivement cbanoine et doyen de
la cathédrale, puis chancelier de l'église de Paris, en 1164, et mourat
dans cette ville en octobre il 79, étant alors chanoine régulier & l'abbajre
de Saint- Victor. Son surnom lui vient de son ardeur pour la lecture des
livres saints.
On le voit, le présent mahuscrit n'est postérieur que de ciii*
quante ans à la mort de Comestor. Il a été exécuté dans Tabbaye da
Mont-Saint-Quentin, près Péronne, abbaye de l'ordre de saint Benoit,
jadis très florissante et dont il ne reste aigourd'hui que des mines. Le
1 _y.
THÉOLOGIE. 35
scribe, nommé aussi Pierre, et qui se dit le plus humble des moines, le
consacra à la mémoire de saint Quentin; le patron de son monastère.
Le texte commence au verso du second feuillet par cette rubrique :
Incipit prologus epistolaris ad Guillelmum, tunc senonensem, postea vero
REMENSEM ARCHiEPiscopuM. Une miniature sur fond d'or, placée au-dessous
de ce titre, représente l'auteur assis et offrant son livre à Guillaume, fils
de Thibaut le Grand, comte de Champagne, alors archevêque de Sens,
d'où il passa en H76 à l'archevêché de Reims. La rédaction de cet ouvrage
est antérieure à l'année H64.
La grande initiale R, par laquelle débute la dédicace {Reverendo patri
ac domino sua Guilklmo dei gratia senonensi archiepiscopo, Petrds servus
christi presbiter trecensis, etc.), renferme une autre miniature où le scribe,
pieds nus, est représenté copiant ce volume sur le texte original placé
devant lui sur un second pupitre.
A la colonne suivante, se trouve une préface de l'auteur, à la suite de
laquelle on lit le titre de l'ouvrage entier en majuscules peintes en rouge
et en bleu : Incipit Historia || magistri Pet\\ri Manducato\\ri8 Veteris et \\
Novi Testamenti,
Une bordure, formée d'élégants enroulements sur fond d'or et ter-
minée aux extrémités par des chimères, sépare les deux colonnes du texte.
La page suivante n'est pas moins richement décorée. Les premiers
versets de la Genèse et leur commentaire figurent à la seconde colonne,
tandis que l'emplacement de la première est entièrement occupé par
une belle composition, sous forme de la lettre I {Inprincipio erat Ferôuwi),
consistant en sept médaillons superposés qui renferment les sujets des
sept jours de la Création ; le tout est entouré d'une riche bordure. Aux
quatre extrémités de cette initiale s'adaptent en appendice quatre rec-
tangles où les quatre verscaux sont représentés par des hommes à moitié
vêtus et tenant chacun une urne penchée. Ce symbolisme est conforme
aux règles tracées par le moine Théophile, écrivain de la fin du XP siècle,
qui, dans son célèbre traité sur les arts {Diversarum artium Schedulà), dit
que les quatre fleuves du Paradis doivent être représentés « sous la forme
d'hommes, avec leurs urnes d'où semblera se répandre une eau ruisse-
lante (chap. Lix) ».
Notre manuscrit est en outre orné de vingt et une miniatures, sous
forme d'initiales historiées, finement exécutées sur fond d'or. En voici les
sujets : 1® le Commentateur devant son pupitre (f. 30 r°); — 2° Moïse retiré
des eaux (ibid.); — 3® le Sm6e à son travail (f. 46 r°); — 4» le Sacrifice à
Dieu dans le Tabernacle (f. 46 v") ; — 5<> le Commentateur (f. 62 r«) ; —
6<» Moise parlant au peuple (f. 62 v°) ; — 7° la Destruction de Jéricho
(f. 66 r<») ; — 8° les Représentants d'Israël demandent à VÊternel de dési-
gner le successeur de Josué ; au-dessous : V Expédition de Juda contre les Cha-
nanéens (f. 70 r^) ; — 9<> le Parent de Ruth laisse ôter son soulier en signe de
cession à Booz de son droit d'épouser la bru de Noémi (f. 76 r*) ; — 10® Elcassa
avec ses deux femmes et son fils vient offrir un sacrifice à Dieu devant le
grand prêtre Hélie (f. 77 r") ; — H ® Tobie aveugle guéri par son fils (f. H6 v<»);
— 12° Jérémie parle au peuple (f. 118 v°); — 13° Ezéchiel dévore le livre
que lui présente le Seigneur (f. 119 v°); — 14° Daniel dans la fosse aux
lions (f. 12i r°) ; — 15° le Commentateur (f. 129 v°); — 16° Judith emporte
36 MANU&CRITS.
la tête d'Holopheme (f. 130 r®); — 17o Esther devant Asmérus (f. 134 r«);
— 180 Matathias tue un Juif idolâtre (f. 139 r*); — 19* VAnnonciation à
Zacharie de la naissance d'un fils (f. 149 r®); — 20® VAnnonciation à la
sainte Vierge (ibid.); — 21<» ï Ascension (f. 181 r®).
Plusieurs initiales richement enluminées, et d'autres peintes en bleu ou
en rouge, avec des fonds diaprés et des appendices filiformes, complètent
la décoration de ce beau manuscrit, dont le texte, écnt par une main ha-
bile, a conservé toute sa fraîcheur. Les titres des chapitres sont en rouge.
Le volume finit ainsi (f. 203 r®) : Explicit lib* actuÛ a'p*lo%.
On sait que les manuscrits contenant le texte original de Fouvrage de
Gomestor sont bien plus rares que ceux qui renferment la traduction fran-
çaise due à Guiart des Moulins. Gelui-ci, par le beau style de ses minia-
tures, par sa date certaine qui permet de s'en servir comme d'un guide
sûr pour déterminer l'âge et le pays d'origine *des œuvres d'art sembla-
bles, enfin par sa conservation exceptionnelle, mérite une place à part.
La reliure, sévère et solide, porte sur chacun des plats une plaque en
cuivre doré, où le titre du volume, sa dédicace et la date de son exécu-
tion sont tracés avec un émail bleu, en caractères copiés sur les belles
majuscules de la première page de ce manuscrit.
LITURGIE
GRADUELS, MISSELS, LIVRES d'hEURES, ETC.
14. GRADUALE ROMANUM. — Petit in-fol., de a84 ff. ;
miniatures et lettres ornées ; dérelié^ dans un étui.
Très précieux manuscrit sur vélin, exécuté du X® au XI" siècle dans une
abbaye des Bénédictins, probablement au nord de l'Italie. Le premier
feuillet, transposé à la couture, est en réalité le cinquième, et dès lors le
volume commence par un calendrier perpétuel, à deux colonnes, écrit en
rouge et en noif et occupant trois feuillets. Il porte en tête : In N. Dni
incip Martyrologiû, Les jours égyptiens y sont désignés par l'abréviation :
D. JEg.; au surplus, ils sont encore indiqués dans un de ces douze vers de
Bôde, inscrits au bas du mois respectif :
Jani prima dies et septima fine timetur,
Ast Febmi quarta est ; precedit tertia finem,
Martis prima necat, cuius in cuspide qiuirta est.
Aprilis décima et undena a fine minatur.
Maius tercim lupus, et septimus anguis.
Junius in decimo quindeno a fine salutat.
Tredecimus Julii, decimo innuit ante halendas.
Augusti prima nepa, fugat de fine secunda.
Tercia Septembris vulpis f&iii a pede dena.
Tercius Octobris gladius decimo ordine necat,
Quinta Novembri acus vix tertia mansit.
Dat duodena cohoi's, septem inde decemque DeeembriB,'
THÉOLOGIE. 37
Contrairement à ce dernier vers, le premier jour égyptien de décembre
est marqué au li de ce mois et non au 7. De nouveaux noms de saints
ont été ajoutés au calendrier à une date plus récente.
A la suite du calendrier vient une litanie et trois pièces fort curieuses
pour les épreuves judiciaires par le fer chaud, par Teau chaude et par l'eau
froide, qui n'occupent pas moins de trois grandes pages.
La page suivante (f. 7 t^) offre une composition dont le style rappelle
celui des Catacombes de Rome. Elle représente le Chnst en croix, les
pieds cloués à une tablette ; la sainte Vierge et saint Jean se tiennent à
ses côtés ; leur costume offre une réminiscence très visible du costume et
du style romain ; leurs mains sont recouvertes par leurs vêtements. Aux
quatre coins de la page sont figurés les symboles des évangélistes. C'est
une large esquisse à la plume, légèrement coloriée et très intéressante
pour l'histoire de l'art italien.
Les deux pages qui suivent sont restées en blanc, et la troisième est
remplie par une tablette encadrée et surmontée d'une croix au milieu
d'un enroulement en or et en argent. On y lit, en belles majuscules
romaines, sur un fond pourpre, ce fragment de la préface : Aeqvv et
•salutare,,.\\gràs agere, dne sce,., \\per Xpm Dnm nrm,., \\ laudant ang'li.
ado.,. Il potestates, caeli cç... || beata séraphin soda \\ ,.,brant, cû gb't nràs
voce\., depcamvr, supliciô..,\\Scs, Ses,
La page en regard, qui a été arrachée, oflrait sans doute une disposi-
tion analogue à celle-ci, et contenait l'autre portion de la préface, qu'on
a écrite, comme on vient de le voir, de façon que les mots se suivent dans
chaque ligne d'une page à l'autre.
A la page qui suit se trouve un dessin à la plume représentant pour
la seconde fois le Crucifiement, La sainte Vierge, placée à gauche, dirige
ses mains vers Jésus, tandis que du côté opposé saint Jean porte la main
à son cœur; an pied de la croix est agenouillé un saint, sans aucun
attribut. Dans le haut, deux têtes d'anges.
La suite du texte de ce graduel reprend au f. 10 r<» par ces mots:
Supplices rogamus \\ et petimus uti accepta habeas, et \\ benedicas hsec
dona, etc.
Ce qu'il y a de particulièrement intéressant dans* ce manuscrit, c'est
qu'il constitue un véritable monument de liturgie romaine, par le re-
cueil qu'il contient de toutes les hymnes, de toutes les prières, de tous
les chants adoptés dans l'Église ancienne, avec la notation musicale en
neumes, écrite avec beaucoup de soin. Des recueils de ce genre sont fort
rares.
Il est terminé par un grand nombre de messes spéciales, dont nous
signalerons les suivantes : Missa in adventu iudicum; — Missa contra
iudices maie agentes ; — Missa contra episcopos maie agentes ; — Missa pro
iter agentibus; — Missa pro navigantibus ; — Missa pro febnbus in ho-
norem S. Sigismundi martyris; etc.
Les feuillets 254 à 265 , d'un format plus petit et d'une date posté-
rieure, ainsi que les feuillets 266 à 273, encore d'une autre écriture,
pouvant remonter au XIV® siècle, ont été intercalés après coup. Les pre-
miers contiennent une série de messes; les autres, l'office des morts,
les prières pour la bénédiction de l'eau, une litanie, etc. Au bas du
38 MANUSCRITS.
f* 270 r«, on lit en lettres rouges : Eoeplicit bndicio aque. Ego ÇUALDUS
scRiPsi isTAs LiTERÀS. RoQo oiTimbus q'bus (mots corrigés ensuite en omnes
ques) legët quod ifd rogët dnm ^ me. Au-dessous, se trouve on croquis à
la plume et à l'encre rouge, représentant un moine en buste, avec cette
légende : Fraf minÔ. Ce f^ère mineur est évidemment le scribe dont on
vient de lire le nom.
L'écriture de ce manuscrit est superbe ; le noir de Tencre, dans beau-
coup de pages, est presque aussi brillant qu'à l'origine ; les initiales des
paragraphes, les titres, etc., sont d'un beau rouge.
15. GRADUALE ET SACRAMENTARIUM. — In-4, de ^46 ff.;
miniatures, bordures et lettres ornées ; ais de bois recou-
verts de peau de truie estampée ; • fermoirs (reliure du
XF* siècle).
Admirable manuscrit sur vélin, exécuté au XIP siècle dans Tabbaye
d'Ottenbeuem, en Souabe, diocèse d'Augsbourg.
Les vingt-quatre premiers feuillets contiennent des bymnes et des
cantiques, avec la notation musicale en neumes, et des prières d*ane écri-
ture plus grosse que celles des pièces dont nous venons de parler, qni sont
écrites en petites lettres gothiques d'une netteté et d'une régularité mer-
veilleuses. Les six pages suivantes sont consacrées à un calendrier soi-
gneusement écrit en rouge et en noir, sur deux colonnes, placées sous
des portiques de style saxon, peints en or et en couleurs et dont les fron-
tons renferment la représentation des signes du zodiaque.' Au-dessus des
arcatures de ces portiques, on lit les douze vers de Bède indiquant les
jours égyptiens, vers qui n'oifrent de différences réelles avec ceux du ma-
nuscrit précédent que dans les deux cas qui suivent :
Avril : Aprilis décima est undeno (sic) a fine, timenda.
Mai : Tertius in Maio lupus est et septimtis anguU,
m
Au bas de chaque mois, se trouve un autre vers qui a trait au signe res-
pectif du zodiaque. Cette particularité n'est pas commune, ce qui nous
engage à transcrire ces douze lignes.
Mense nume medio, solidum stat sydus aqiuiri.
Precedunt dupUces in Martia tempore pisces
Respicis Apriles aries fryree Kalendas
Maius ageno rei miratur comua tauri #
Junius ^quatos c^lo iubet ire laconas.
Solsticio ardentis cancri fert lulius astruor.
Augustum mensem leo fervidus igné perurit.
Sydere virgo tuo Bachum September opimat.
EqiMt et October sementis tempore libram.
Scorpius hybeimum princeps iubet ire Novembrem.
Terminât arci tenens medio sua signa Décembre.
Prindpium iam sancit tropicus capricomus.
THÉOLOGIE. 39
Le calendrier lui-môme est fort curieux. On y trouve l'indication des
jours où se seraient passés certains grands faits de Thistoire sacrée, selon
les traditions du moyen âge ; nous y apprenons, par exemple, que la cons-
truction du temple de Salomon aurait commencé le 8 février (Initium
primo, Uierosolimq,), que l'Enfer aurait été créé le !2 du môme mois (In fé-
rus hic faclus est) y que notre père Adam aurait commis son péché le i8
suivant {Adam hic peccavit), que la seconde Jérusalem a subi son sort le
20 février (Ultima Hierosolima), et qu'elle datait du 13 mars {Ultimum ini-
tium Hierosolim^)\ que le déluge eut lieu le 3 avril (Diluvium hic factum
est), et que Noé se réfugia dans l'arche le 27 du môme mois (Noe intravit
in arch^im). On y a joint aussi quelques renseignements astronomiques et
cette prescription d'hygiène, marquée au 13 juillet, qu'à partir de ce jour
personne ne doit se faire saigner jusqu'au 5 septembre, c'est-à-dire pen-
dant toute la durée des jours caniculaires {Abhinc usque in nonas Septem-
bris nemo sanguinem minuat).
Parmi les noms des saints, on rencontre un certain nombre de ceux
dont le culte est spécial à l'Allemagne, et plus particulièrement à la
Souabe, tels que s*« Walpurge, s**» WibrandCy s, Godard, s. Ulric, s. Goar,
s. J^ilien, s, Wolfgang, s, Othmar,
Enfin, l'indication placée au 19 novembre désigne la localité où ce
manuscrit a été exécuté. Elle est ainsi conçue : Toto abbas fundator loci
isTiDs. D. Mabillon, dans ses Annales ordinis S. Benedicti (t. II, lib. xxiii,
n? 74), nous apprend que Toto, descendant d'une illustre famille d'Alle-
magne, ordonné prêtre à Vienne, en Dauphiné, fut élu en 767 premier
abbé du monastère bénédictin d'Ottenbeuern, en Souabe, fondé trois ans
auparavant par ses parents, et qu'il y mourut en odeur de sainteté le i9
novembre 815.
La première peinture de ce missel (f. 32 v**) représente deux abbés de
ce môme monastère, portant chacun un tau, et agenouillés aux pieds d'un
crucifix qui forme le T initial du Te igitur clementissime pater. A côté du
premier, on lit cette inscription en lettres d'argent : S. Rvopei^tvs abb, ; à
côté du second : îslngnmvs ab. Or, D. Mabillon nous apprend (t. VI,
p. 397), d'après les auteurs allemands, que Rupert, qualifié de saint dans
son pays, quoiqu'il ne fût jamais canonisé, devint abbé d'Ottenbeuern en
ilOo; qu'il y gouverna cette abbaye pendant quarante ans, et qu'il mou-
rut le i4 septembre 1145, à l'âge de cent vingt ans. Son successeur fut
Isengrim, moine du monastère de S. Ulric à Augsbourg. C'est lui qui,
après l'incendie de 1152, releva l'abbaye confiée à sa direction, en orna
l'église et augmenta la bibliothèque (Hic muros et œdificia monasierii
instaurasse dicitur, ecclesiam omavisse, bibliothecam auxisse, etc.). La mi-
niature que nous venons de citer nous paraît offrir une preuve évidente
que c'est aussi sous l'administration éclairée d'Isengrim que ce manuscrit
a été exécuté, avant l'année H60, car à cette date ce savant abbé n'exis-
tait plus.
L'illustration de ce manuscrit est extrêmement variée. En dehors du '
petit sujet décrit ci-dessus, on y trouve plusieurs autres miniatures et un
grand nombre de lettres historiées. Trois de ces miniatures occupent
la page entière. La première (f. 40 v*>) représente Jésus en croix, as-
sisté de sa mère et de saint Jean (H. : 0",2il ; L. : 0",i60). La seconde
40 MANUSCRITS.
(f. 49 V») a pour sujet la Nativité (H. : 0",193; L. : 0»,150). C'est une
composition fort curieuse. La Vierge, dont la tête est ceinte d*im diadème,
est couchée sur un lit couvert d'une étoffe rouge et placée à côté de la crè-
che où repose l'Enfant Jésus. Saint Joseph, coiffé d'un bonnet pointu, est
assis à côté. Deux arcades de plein ceintre, placées au-dessus de la crè-
che, laissent voir Tâne et le bœuf traditionnels ; elles sont surmontées
d'un clocheton de chaque côté duquel est agenouillé un ange tenant une
banderole.
La troisième miniature (H. : 0",18o; L. : 0",158) représente les Sain-
tes Femmes au tombeau du Christ (f. 95 v«).
La quatrième, plus petite (H. : 0^^,142; L. : 0°^,140) a pour siget la
Descente du Saint-Esprit (f. 107 v«).
Sept grandes initiales renferment les compositions suivantes : 1*^ le
Martyre de saint Etienne (f. 52 v<») ; — 2« s. Jean l'évangéliste (f. 53 V) ; —
3* le Massacre des Innocents (f. 53 v<») ; — 4° V Adoration des rois mage»
(f. 56 ro); — 5<» s. Jean (f. 153 r») ; — 6» s. Pierre et s. Paul (f. 155 v»); —
enfin 7«, à propos d'une prière Pro Rege (f. 219 v«), on a représenté un
souverain, en buste, portant sur la tête une couronne princière dans le
style du X" siècle.
Toutes ces peintures sont d'un beau caractère. Les contours sont tra-
cés en noir; le coloris, à teintes plates, relevées de bistre dans les om-
bres, est d'une certaine crudité. Les encadrements indiquent la main d'un
ornemaniste habile.
Mais là ne s'arrête pas le luxe de ce merveilleux manuscrit. Vingt-qua-
tre PAGES pleines, peintes alternativement en or, en pourpre et en outremer,
contiennent un texte écrit entièrement en lettres capitales d'or et d'argent,
quelquefois de pourpre et d'azur (ff. 38 v«, 39 v<», 41 r« et v«, 42 r« et ▼•,
43 r« et v<>, 44 r» et v», 45 r<> et v*», 46 r« et v«, 47 r« et v*, 48 r«, 96 ▼•,
104 V», i08 v% 135 v^ 156 r», 160 v«, 173 t°). Sauf les pages des flf. 41 v«
à 48, toutes les autres commencent par de grandes initiales décorées
d'enroulements multicolores; un certain nombre sont en outre renfer-
mées dans de belles bordures.
Ce n'est pas tout. Plus de quatre cent cinquante grandes initialis ri-
chement enluminées en or et en couleurs, près de deux mille initialis
plus petites, en or ou en argent, enfin plusieurs centaines de lignes en-
tières de texte écrites en majuscules d'or, d'argent, d'azur, sur fond d'or,
de pourpre, de vert, d'outremer, etc., complètent cet ensemble d'une
magniflcence incomparable. Dans toutes ces peintures décoratives ou his-
toriées on remarque, en plein douzième siècle, la persistance de rioflaence
du grand art carlovingien.
Ce qui met ce manuscrit absolument hors de pair, c'est son ad-
mirable conservation. La peau de vélin est d'une grande blancheur^
l'encre et les couleurs sont presque dans leur fraîcheur primitive; l'or,
semé à profusion, n'a pour ainsi dire rien perdu de son édaitliais
ce qu'il y a de^ vraiment extraordinaire, c'est que l'argent y a con-
servé tout le brillant du premier jour, après plus de six cents ans
d'existence : ce qui ne se voit probablement dans aucun autre manuscrit
avec la même intensité, car d'ordinaire il s'oxyde bien vite et tonne
au noir.
THEOLOGIE. 41
Assurément, il y a été employé nn procédé particulier dont le secret
s'est perdu depuis.
Cette merveilleuse épave de la bibliothèque d*Oitenbeuern nous est
venue de la Hongrie, par l'intermédiaire de la librairie Tross.
16. MISSALE ECCLESIiE PARISIENSIS. — Pet. in-fol., de
292 ff.; miniatures 9 bordures et lettres ornées; man
rouge, fil., dos orné, tr^ ciselée et peinte.
Superbe manuscrit sur vélin, exécuté en France dans la première
moitié du XIV® siècle.
Le calendrier, qui occupe les six premiers feuillets , est écrit en noir
et en rouge, mais cette dernière couleur y domine. On y remarque les
noms suivants: s. Rigobert ou Robert, archevêque de Reims (8 janv.);
s. Maur; s. Laumer {Lannomarus)f abbé de Corbion (19 janv.) ; s^® Bathilde;
s. Landri (10 juin); s. Lanfran (21 juin); s*. Éloi (sa translation, 24 juin);
s. Thomas -Becket (sa translation, 7 juillet); s. Benoit (sa translation,
H juillet); s. Marcel, évoque de Paris (sa translation, 26 juillet); s. Clotid;
S*® Aure, abbesse de Saint-Martial dans Paris (4 oct.). Cette circonstance
que les noms de tous les saints vénérés plus particulièrement à Paris y
sont inscrits avec soin, souvent avec la mention de l'octave de leur fête
et du jour de la translation de leurs reliques, et d'autres indices encore
permettent d'affirmer que ce missel a été exécuté dans une abbaye des
Bénédictins du diocèse de Paris. Ce qui nous confirme dans cette opinion,
c'est qu'il a été fait pour le service de l'église métropolitaine de
Paris. En effet, dans l'office pour le jour des Rameaux, on lit cette ins-
truction (f. 70 v°) : (( Congregantis processionibus conventualibus in ecclesia
Béate Marie exitur de ecclesia nichil cantando et sic eundum est usque
AD EccLESiAM SANCTE Genovefe DE MoNTE. lu cuius introîtu Tiichil dicituVy
facta autem benedictione palmarum et ramorum ab episcopo vel ab aîio de
ecclesia Béate Marie^ statim legitur,,, » Et ailleurs, à l'occasion du cérémo-
nial de la semaine sainte ; « Post prandium conveniunt canonici in maiori
ecclesia Béate Marie, et lavantur altaria,,, »
Les jours égyptiens, marqués par un signe conventionnel, sont aussi
désignés dans un vers placé en tête du mois respectif. Ces vers sont iden-
tiques avec ceux du petit Psautier décrit plus baut, sous le n*> 6, sauf
pour le mois d'octobre, qui porte ici :
Tercia cura dena clama sit intégra vena.
Chaque page du calendrier est ornée, sur les trois côtés, d*une bordure
peinte en or et en couleurs.
Le texte du missel est écrit sur deux colonnes, en beaux caractères
gothiques; les titres et les instructions sont en rouge. La première page
de ce texte est décorée avec luxe. L'initiale A renferme une petite com-
position où est représenté un prêtre à genoux devant un autel et tendant
son âme, sous la figure d'un petit enfant, vers Dieu l'e Père, qui apparaît
dans un nuage ; c'est une interprétation figurée de ces premiers mots de
l'office : Ad te levavianimam meam, Deus meus/ Cette initiale est le point
42 MANUSCRITS.
de départ d'un appendice à feuillages qui encadre la page entière et déli-
mite les deux colonnes du texte ; elle est agréablement historiée,, car on
y voit une femme pinçant une sorte de guitare, un homme jouant du
violon, un autre s'amusani avec un écureuil, un combat singulier, enfin
des quadrupèdes et des oiseaux.
Le prêtre agenouillé, que représente la miniature de cette page,
nous offre probablement l'image de celui pour qui ce beau manuscrit a
été exécuté, et qui était sans doute un des dignitaires de Téglise de Paris.
Au bas de la page, sont peintes ces armoiries ayant appartenu à nn des
possesseurs ultérieurs de ce missel : Êcartelé : au !•', d'azur à troU ehan-
deliers d'or, celui du milieu surmonté d'une étoile atissi d'or; au 2«, d^or à
un chevron d'azur, accompagné en pointe d'une ancre de sable; au chef
d'azur chargé de trois étoiles d'or; au 3®, d'azur à trois têtes de léopard
d'or, au 4®, d'azur à un chevron d'argent accompagné de trois griffons
d'or. Supports : deux dauphins.
Les autres miniatures, renfermées aussi le plus souvent dans des ini-
tiales, sont au nombre de dix-sept. Leurs dimensions varient entre 41 et
50 millim. de largeur et 38 à 49 millim. de hauteur. En voici les sujets:
1° la Nativité; la sainte Vierge allaite l'Enfant Jésus couché à côté d'elle
(f. 17 r») ; — 2« l'Adm-ation des Mages (f. 19 r«) ; — 3» un Prêtre célébrant la
messe (f. 111 r^) ; — 4<^ une Sainte tenant de la main gauche le calice
surmonté d'une hostie, et de la droite, une croix à banderole; c'est peut-
être sainte Aure, l'une des patronnes de Paris ; à côté d'elle se tient debout
une jeune fille, avec un bandeau sur les yeux; — 5° la Résurrection de
Jésus-Christ (f. 118 r*>); — e» l'Ascension (f. 131 v»); — 7® la Descente du
Saint-Esprit {f. 136r°); — 8° la Sainte Trinité (f. 141 r«); — 9<» le Martyre
de saint André (f. 182 r*»); — 10° la Présentation de l'Enfant Jésus au
Temple (f. 192 r°); — 11° V Annonciation à la sainte Vierge (f. 195 r«);
— 12° la Naissance de saint Jean-Baptiste (f. 202 r°); — 13® le Martin de
saint Laurent (f. 212 r°); — 14° la Mort de la Vierge (f. 214 1*); — 4 3* la
Naissance de la sainte Vierge (f. 219 r°); — 16° le Martffre de saint
Denis et dé ses compagnons (f. 225 r°); — 17° le Service des trépassés
(f. 256 r°).
Toutes ces miniatures sont peintes avec une grande finesse, sur des fonds
quadrillés ou diaprés, en or et en couleurs ; à chacune d'elles se rattachent
des appendices à feuillages qui courent dans les deux sens, le long des
colonnes du texte, et dans les branchages desquels l'artiste a logé une
foule de petits sujets de genre, traités avec beaucoup de verve, et tout
un monde réel et fantastique de créatures.
On y trouve, en outre, une quarantaine de belles initiales enluminées,
avec appendices feuillages, et plusieurs milliers de charmantes initiales
de toutes les grandeurs, peintes en or ou en couleurs sur des fonds dia-
prés. Il y a aussi un certain nombre de pages de plain-chant.
L'exécution de ce beau spécimen de l'art français doit remonter à la
première moitié du XIV° siècle. La calligraphie et le style des miniatiires
offrent une analogie frappante avec le beau livre d'heures ay&nt appartenu
à Louis II, duc d'Anjou, et qui est aujourd'hui un des ornements de notre
Bibliothèque nationale.
Sa conservation ne laisse rien à désirer.
THÉOLOGIE. 43
17. MISSEL DE CHARLES VI. — In-fol., de 364 ff-, dont
les deux premiers et les quatre derniers sont blancs; mi-
niatures, bordures, lettres ornées; ais de bois recouverts
de velours vert, dos en maroq. brun, tr. dor., coins et
fermoirs en argent ciselé {^nc. rel.).
Merveilleux manuscrit sur vélin, exécuté au commencement du XV®
siècle pour CHARLES VI, roi de France, et ayant successivement appar-
tenu à sa fille Catherine, femme d'HENRi V, roi d'Angleterre, et à leurs
descendants Henri VI, Henri VII et Henri VIII.
Il est unique en son genre, et il en existe très peu d'aussi richement
illustrés. En effet, il contient, outre deux frontispices, à pleine page, cent
SEPT grandes et QUATRE CENT VINGT-HUIT PETITES MINIATURES, SanS COmptcr
les bordures d'encadrement et un nombre infini d'initiales enluminées.
Dans l'impossibilité d'accorder ici la place nécessaire à la description
détaillée de toutes ces peintures, nous nous bornerons à donner l'in-
dication des sujets des grandes miniatures, nous réservant cependant d'en
signaler quelques autres accidentellement.
Le volume mesure trente-six centimètres et demi de hauteur, sur vingt-
six centimètres de largeur.
La première page offre l'intérieur d'une salle tapissée d'une étoffe
bleue avec un semis de ronds renfermant alternativement des initiales K
et des fleurs de lis ; une table, adossée au mur et couverte d'un tapis vert,
garnit les trois côtés de la salle, au milieu de laquelle se dresse un pilier
surmonté d'un écusson aux armes de France soutenu par un ange, qui
tient aussi une banderole rouge avec cette inscription en lettres d'or :
KAROLUS VI, REX FRANCIAE. Au piédestal de ce pilier est attaché un
écu aux armes de Charles VI accolées à celles de sa femme, Isabeau de
Bavière. Aux deux autres piliers latéraux sont fixés, à gauche, les écus-
sons de six grands feudataires de la couronne : le duc de Bourgogne, le
duc d'Aquitaine, le duc de Normandie, le comte de Flandre, le comte de
Champagne et le comte de Toulouse ; à droite, ceux de six duchés-pairies
ecclésiastiques : Reims, Langres, Laon, Beauvais, Noyon et Châlons. Le
premier écusson de chacune de ces deux séries est tenu par un ange ;
tous les douze sont accompagnés de banderoles rouges portant, en latin,
en lettres d'or, la désignation de la qualité de chacun de ces dignitaires
laïques et ecclésiastiques. Les éci'ssons, les piliers et les bustes d'anges
sont peints en camaïeu d'or.
Certains indices démontrent que ce frontispice n'est pas contemporain
du manuscrit. On y voit la main d'un peintre peu habile du XVII** siècle,
mais l'ordonnance de la composition est bien dans le style du XV® siècle.
Évidemment c'est une copie un peu modernisée de la page primitive,
qui, en raison de sa place en tête du volume, était plus exposée que
d'autres et a sans doute subi des dégradations assez fories pour engager
leurs propriétaires (on verra plus loin de qui nous voulons parler) à en
faire faire un fac-similé, afin de conserver le souvenir de cette haute
provenance. Des juges compétents sont d'accord sur ce point.
Le feuillet suivant offre au recto une autre peinture à pleine page. Au
44 MANUSCRITS.
centre d'un riche encadrement est représenté un Tabernacle, simulant une
œuTre d'orfèvrerie dans le style gothique fleuri, avec l'exposition du Saint-
Sacrement. Le fond en est garni d'une étoffe rouge avec un semis de fleurs
de lis. Au bas de ce monument on lit ces mots en lettres d'or: VOf/ice de
la messe. Le cadre, de forme rectangulaire, se compose de quatre bor-
dures de rinceaux de feuillage, reliés aux quatre coins par des carrés à
fond rouge avec ornements architecturaux en camaïeu d'or rehaussés de
perles et de pierreries. Au-dessus de l'encadrement se développe un
vigoureux rinceau auquel, de chaque côté de la page, est attaché un cha-
pelet, terminé l'un par deux médailles, l'autre par une croix, le tout peint
en camaïeu d'or. Dans la bordure, à gauche du Tabernacle, sont les
armes du roi Henri Y d'Angleterre {écartelé de France et d'Angleterre), et,
du côté opposé, sous forme de losange, celles de sa femme, Catherine de
Valois {parti : au i«', écartelé de France et d'Angleterre; au 2®, de France).-
Ce feuillet a été ajouté après coup ; les rinceaux d'ornements sont de
même style que ceux de toutes les autres bordures des pages, mais l'en-
semble de la composition accuse la main d'un artiste d'une école dif-
férente.
Les trois feuillets suivants contiennent une table 'pour trouver les offices
chascun jour par an ; elle est terminée par la messe de saint Loys roy de
France.
Les grandes miniatures commencent dès la page suivante. En voici
les sujets : 1« V Entrée de Jésus à Jérusalem (f. 6 r«); — 2^ Jésus prédit à ses
disciples la destruction de Jérusalem , qui sera annoncée par des prodiges
dans le soleil, dans la lune et dans les étoiles (f. 7 r«); — 3® JésuS'Christ
reçoit les deux disciples envoyés par Jean-Baptiste pour savoir si c'est lui
qui est le Messie (f. 9 r*>); — 4° saint Jean-Baptiste parle aux sacrifica-
teurs et aux lévites envoyés par les Juifs de Jérusalem pour lui demander
qui il était (f. 16 v»); — K» la Nativité (f. 22 r«); — 6» la Circùneision
(f. 25 r«) ; — 7'> V Adoration des Mages (f . 27 r») ; — 8» Mirack de Jésus aua
noces de Cana (f. 31 r°) ; — 9° Jésus guérit un lépreux (f. 32 v*); — 10« Jésus
explique à ses disciples la parabole des ouvriers envoyés à la vigne {t. 35 v*);
— 11° la Parabole du semeur (f. 38 r*>); — 12° Jésus erUre avec ses disciples
à Jérusalem (f. 40 v°); — 13° Jésus tenté par le démon (f. 48 r»); —
14'» Jésus dans une me de Jérusalem (f. 51 v«); — \ 5« Jésus se rend à Jérusalem
pour la fête de la Pâque (f. 56 r<>); — 16Ma Transfiguration (f. 58 r»); —
'17'» la Chananéenne va au-devant de Jésus suivi de ses disciples (f. 61 v«);
— 180 Jésus aux abords de Jérusalem en compagnie de ses disciples (f. 66 t*) ;
— 190 le Mauvais riche et Lazare (f. 67 v*»); — 20® le Départ de VEnfùiit
p7'odigue (f. 71 v°); — 21 <» Jésus guérit un possédé muet (f. 74 r*); — 22* Jésvs
répond aux Nazaréens que nul n'est prophète dans son pays (f. 76 t*)\
— 23* Jésus guérit la belle-mère de saint Pierre (f. 81 r®); — 24* /élut ei la
Samaritaine (f. 82 v») ; — 25o Jésus ])réche au Temple (f . 85 r«) ; — Î6« Jésus
avec ses disciples dans le désert au-delà du lac de Tibériade (f. 88 ▼•); —
270 Jésus guérit un aveugle (f. 93 v<») ; — 28° Jésus ressuscite lefiU delà veune
de Naim (f . 96 v») ; — 29«» la Résurrection de Lazare (f . 98 v») ; — 30» Jésus
discute avec les princes de la Syriagogue (î, 102 v*); — 31*» la Pécheresse mm
pieds de Jésus (f. 108 v<»); — 32° Marie-Madeleine répand despar/kms sur
la tête de Jésus (f. 113 r»); — 33» Marie-Madeleine oint les pieds de Jésus
THÉOLOGIE. 45
(f. 119 yo); — 34« la Cène (f. 122 r«); — 35« Judos reçoit le prix de sa tra-
hison (f. 127 r^); — 36° Jésus à table avec les Apôtres et le Lavement des
pieds (f. 133 v°); — 37» le Calvaire (f. 135 v»); — 38« la Résurrection
(f. 153 r°); — 39'» Y Apparition de Jésus aux disciples d'Emmaùs (f. 154 v<>);
— 40® l'Apparition de Jéstis atix Apôtres (f. 1 56 v») ; — 41 » l'Appanïion de
Jésus aiut bords du lac de Tibériade (fol. 158 \^) ; — 42<> Marie-Madeleine au
tombeau du Christ gardé par deux anges (f . 1 60 v*>) ; — 43« l'Entrevue de
Jésus avec les Apôtres en Galilée (f . 1 62 v«) ; — 44° Marie-Madeleine devant
le tombeau vide du Christ (f. 164 r°); — 45° l'Incrédulité de saint Thomas
(f. 165 v°); — 46° l'Ascension (f. 175 r°);— 47° la Descente du Saint-
Esprit (f. 1 83 r°) ; — 48° Jésus au milieu des docteurs (f. 189 v°) ; — 49° Jésus
entre chez saint Pierre (f. 191 r°); — 50° la Sainte Trinité (f. 195 r°); —
51° le Mauvais riche et Lazare (f. 196 v°); — 52° Jésus au bord du lac de
Tibériade (f. 202 r°) ; — 53° Jésus dans le désert avec ses disciples et une
foule de peuple (f. 205 r°) ; — 54° Jésus s'approche de Jérusalem (f. 209 r°) ;
— 55° Jésus guérit un sourd-muet (f. 212 r°); — 56° Jésus guérit dix lépreux
(f. 215 r°); — 57° JéSTis ressuscite le fUs de la veuve de Naîm (f. 218 r°); —
58° Jésus guérit un enfant lunatique (f. 220 v°) ; — 59° un Homme ( ? saint
Jean-Baptiste) est amené par des gens d'armes devant un roi (f. 223 r°) ; —
60° Jésus guérit un paralytique (f. 229 v°); — 61° Jésus retourne en Galilée
(f . 232 r°) ; — 62° Jésus ressuscite la fille de Jaîr (f. 236 r°) ; — 63° Jésus
au désert et la multiplication des pains (f. 237 r°) ; — 64° Jésus et Zachée
(f. 238 v°) ; — 65° le Martyre de saint André (f . 242 r°) ; — 66° un Saint
reçoit de l'ai;gent de la main d'un riche seigneur (f. 244 v°) ; — 67° le Martyre
de saint Etienne (f. 245 v°) ; — 68° les Miracles de saint Jean l'évangéliste
(f. 247 r°) ; — 69° Hérode donne à ses soldats l'ordre de massacrer tous les
nouveau-nés (f. 248 v°) ; — - 70° le Martyre de saint Sébastien (f. 253 v°) ; —
71° Jésus, suivi d'une foule, rencontre plusieurs hommes à cheval (f. 255 r°);
— 72° saint Paul sur le chemin de Damas (f. 256 r°); — 73° la Présentation
de l'Enfant Jésus au Temple (f. 258 v°) ; — 74° la Prédication de saint Pierre
(f. 261 r°); — 75° la Descente du Saint-Esprit (f. 262 v°); — 76° ÏAîinon-
ciation (f. 264 v°) ; — 77° saint Philippe l'apôire ressuscitant ceux qui avaient
été tués par un dragon (f. 268 v°) ; — 78° l'Empereur Constantin à cheval,
précédé et suivi de nombreux cavaliers, se rend pour recevoir le morceau de
la sainte croix que lui envoie sa mère, sainte Hélène (f. 270 r°) ; — 79° le
Martyre de saint Jean à la Porte Latine (f. 272 r°) ; — 80° saint Barnabe
(f. 273 r°); — 81° la Circoncision de saint Jean-Baptiste (f. 276 r°); —
82° 'saint Pierre et saint Paul (f. 279 v°); — .83° sainte Marguerite devant
le juge (f. 284 r°) ; — 84° l'Apparition de Jésus à Marie-Madeleine (f. 285 r°);
— ^ 85° saint Jacques l'apôtre devant le juge (f. 287 r°) ; — 86° le Martyre de
saint Jacques l'apôtre (f. 288 r°) ; — 87° le Martyre de saint Laurefit (f. 291 r°) ;
— 88° la Mort de la Vierge (f. 293 v°) ; — 89° saint Barthélémy (f. 295 r°); —
90° Salomé apporte à sa mère la tête de saint Jean-Baptiste (f. 297 r°) ; —
91° saint Joachim, accompagné de son épouse, vient au Temple offrir un
agneau au Seigneur (f. 298 v°) ; — 92° VEmpereur Uà^aclius transporte à
Constantinople la portion de la croix laissée à Jérusalem par sainte Hélène
(f. 300 v°) ; — 93° saint Matthieu mettant en fuite deux dragons que des
magiciens avaient évoqués (f . 303 r°) ; — 94° saint Maurice et ses compa-
gnons (f. 30i r°); — 95° l'Archange Michel terrassant le dragon (f. 305 v°);
46 MANUSCRITS.
— 96« saint François aux stygmates (f. 308 ro); — 97* le Martyre de saint
Denis et dl ses compagnons (f. 309 r«); — 98» saint Luc (f. 310 r<»); —
99° saint Simon Vapôtre (f. 312 r»); — iOO» la Toussaint (f. 314 ▼•); —
lOlo la Commémoration des morts (f. 316 r«); — 102» saint Jtfartm de
Tours (f. 317 ¥<>); — 103» sainte Cathanne et son martyre (f. 319 v»); —
104° wn Apôfre écrivant une épître, et dans un autre conft)artiment un
groupe d'hommes assistant à la lecture de Fépltre (f. 320 v»); —
105» un Groupe de saints (f. 322 v»); — 106» deux Saints se livrant à
l'étude des livres sacrés (f. 326 v»); — 107» le Martyre de sainte Catherine
(f. 330 r»).
Toutes ces grandes peintures ont, en général, i63 millimètres de lar-
geur sur 123 millimètres de hauteur.
Les pages qui les contiennent sont entourées d'encadrements très
variés où de beaux rinceaux, peints en or et en azur, sont entremêlés de
nombreux spécimens de la flore. Dans chacune de ses bordures sont pla-
cées quatre petites miniatures, deux dans la marge extérieure et deux
dans la marge inférieure. Les premières, toujours de forme rectangulaire,
ont de 65 à 70 millimètres de hauteur sur 45 à 53 millimètres de largeur;
les autres sont le plus souvent renfermées dans des médaillons d'environ
60 millimètres de diamètre. Leurs sujets sont en rapport intime avec ceux
des grandes miniatures. En général, ces petits tableaux offrent les épi-
sodes successifs du sujet principal, comme par exemple dans Tadmirable
page du f. 218, où la grande miniature représente Jésus suivi de ses dis-
ciples au moment où il rencontre une veuve éplorée deNaîm, qui accom-
pagne^e porteur d'un petit cercueil renfermant le corps de son unique
• enfant, tandis que les miniatures complémentaires représentent : la pre-
mière, Jésus consolant la mère désolée; la seconde, Jésus touchant le
cercueil; la troisième, la résurrection du petit garçon; la quatrième,
enfin, son départ avec sa mère. Quelquefois, lorsque la scène principale
ne comporte pas de développements, les miniatures marginales em-
pruntent leurs sujets à cette partie de l'Ancien Testament qui se rapporte
à l'office du jour.
L'ensemble de ces peintures offre, comme on a pu le constater, une
iconologie presque complète du Nouveau Testament, et une série consi-
dérable de sujets tirés de la Vie des saints; certaines de ces composi-
tions ne se rencontrent peut-être nulle part ailleurs. On remarque aussi
que le môme sujet est représenté deux ou trois fois, par cette raison bien
simple que le môme fait étant rapporté dans plusieurs évangiles revient
presque autant de fois dans les offices des divers jours de l'année, et que
c'est révangile du jour qui fournit le sujet de l'illustration de la page
respective pour la partie touchant le Nouveau Testament.
Trois artistes au moins, d'un talent inégal, ont concouru à rexécotion
de ces belles peintures, mais l'un deux a eu la plus grosse part. Le chan*
gcment de main est facile à constater danscelles des ff. 108, 189, 205,209,
215, 220, etc., d'une part, et dans celles des ff. 195 et 304 de l'autre. Les
qualités brillantes de l'école de Touraine s'y développent dans toute leur
plénitude : on y sent le pinceau des prédécesseurs immédiats de Jehan
Fouquet. Chaque peinture est un tableau achevé, plein de vie et de mou-
vement : tout y est bien conçu, bien ordonné, et rarement à cette époque
THÉOLOGIE. 47
ou voit une aussi merveilleuse intelligence de la composition. Rien n'est
banal ici : chaque figure a une physionomie individuelle, une attitude
propre au rôle qui lui est assigné et la place qui lui convient dans l'en-
semble. Les têtes, très expressives, sont en général étudiées avec beau-
coup de soin; tout y est souple, naturel, sans affectation. La science du
dessin y est prodigieuse, surtout dans la représentation du nu et des rac-
courcis, ainsi que dans la perspective : on voit bien que les artistes
avaient étudié la nature à fond. Chacune de ces scènes est placée dans un
milieu qui la fait valoir et en rehausse*le mérite. Se passe-t-elle dans un
intérieur, aussitôt nous voyons une décoration architecturale d'une grande
richesse ou d'une simplicité pleine de charme ; a-t-elle pour théâtre une
rue, une place publique, notre regard est attiré par de beaux monuments
d'architecture; mais lorsqu'elle est placée en pleine campagne, l'artiste
se plaît, la plupart du temps, à accumuler devant nos yeux toutes les
splendeurs de la nature savamment combinées avec des chefs-d'œuvre de
l'art monumental. On ne se lasse pas d'admirer ces beaux paysages
de la Touraine, leur luxuriante verdure, leurs cours d'eau sinueux, leurs
douces ondulations de terrain, leurs châteaux forts avec leurs tours im-
posantes et leurs gracieuses tourelles, leurs villes si charmantes avec leurs
clochetons découpés à jour et les flèches de leurs églises qui pointent vers
le ciel, enfin leurs lointains azurés pleins d'une douce poésie. Tout y est
traité avec amour et avec un rare sentiment du pittoresque. Les mêmes
qualités se retrouvent dans les miniatures marginales. Parmi ces der-
nières, un grand nombre sont d'une finesse exceptionnelle, vu la petitesse
du cadre, et nous nous bornerons à signaler un ravissant busta de sainte
Vierge, qu'on croirait volontiers être un portrait, buste qui accompagne
le tableau de la Salutation angélique (f. 264). Ailleurs, l'artiste donne un
libre cours à sa fantaisie, comme au f. io8, où il nous fait voir deux
apôtres occupés à faire cuire du poisson sur un gril, et auf. 196, où il a
représenté deux diablotins emportant dans une brouette l'âme du mau-
vais riche. Un certain nombre de ces miniatures marginales sont peintes
en cam^eu d'or (ff. 189, 205, 209).
Que dire maintenant du coloris? Il est éclatant sans cesser d'être har-
monieux. Le Christ porte toujours une robe en drap d'or, et ce métal a
partout été employé à profusion pour marquer les parties lumineuses.
De là une splendeur sans pareille.
Bref, c'est plus qu'un beau manuscrit : c'est un riche musée, et d'autant
plus intéressant qu'on y trouve une représentation fidèle et très variée des
monuments d'architecture, du mobilier, des armures et des costumes de
l'époque. On aura une idée de la disposition des pages ornées de peintures,
ainsi que de la b^uté du dessin, par l'examen de la reproduction au
trait, en grandeur de l'original, de celle du f. 297 r<*, qu'on trouvera au
catalogue illustré, et qui offre au centre la magnifique miniature repré-
sentant Salomé apportant à Hérodiade la tête de Jean- Baptiste,
On ne saurait assez regretter d'ignorer les noms des grands artistes à
qui nous devons ce chef-d'œuvre. Les documents recueillis sur les peintres
de l'école de Touraine ne remontent pas plus haut qu'aux dernières an-
nées du XIV® siècle et ne fournissent que peu de renseignements relatifs à
la peinture des manuscrits. Une comparaison attentive de nos miniatures
48 MANUSCRITS.
avec les chefs-d'œuvre de Jehan Fouquet démontre sarabondammeut
qu'elles sont sorties des mains des maîtres à Técole desquels a dû se for-
mer le célèbre artiste tourangeau. Nous appelons, à cet égard, l'attention
sur le Crucifiement de notre manuscrit (f. 135). On pourra d'ailleurs faire
sur ce chapitre plus d'un rapprochement instructif, notamment dans la
décoration architecturale et dans les riches armures des guerriers.
La date de son exécution ne saurait être fixée d'une manière précise.
La double représentation du martyre de sainte Catherine (ff. 31 9 et 330)
porterait à croire qu'il a été commandé à l'occasion du mariage de Ca-
therine de Valois, dernière fille du roi Charles VI, avec le roi Henri V
d'Angleterre, mariage célébré en 1420. On a déjà vu que le second fron-
tispice constate cette provenance, qui sera encore appuyée par des ren-
seignements relatifs aux destinées ultérieures de ce manuscrit. Son ori-
gine royale est en outre attestée dans nos peintures par la présence assez
fréquente des fleurs de lis, pièces héraldiques qui n'ont nullement id le
caractère purement décoratif, comme cela se voit dans beaucoup de
manuscrits. Sur les frises de plusieurs intérieurs, on remarque des
inscriptions énigmatiques qui n'ont aucun rapport avec le sujet repré-
senté, et où l'on serait tenté de voir les signatures des artistes. Cette
particularité est surtout sensible au f. 229, où, dans la seconde mi-
niature marginale, sur une frise, on lit une série de monogrammes
dont voici à peu près la transcription ; NBR. NBR'. N. PEEUNBL, et,
à la suite, quatre signes où Ton peut voir hardiment la date de 1422
enchiifres du temps, suivis des initiales AN liées {?anno). Si cela est exact,
il faudrait en conclure que le volume, commencé avant le mariage de
Catherine, n'aurait été terminé que cette année-là et adressé immédia-
tement à la reine d'Angleterre, puisqu'il ne figure pas dans rinventaîre
' de la bibliothèque de Charles VI, dressé en 1423, après le décès de ce
prince, par ordre du régent, duc de Bedford.
II nous reste encore à noter que le texte de ce missel, écrit en belles
lettres gothiques, avec les titres en vermillon, et orné d'un nombre infini
d'initiales, petites ou grandes, peintes en or et en couleurs, est mdére-
ment en français, sauf le rappel des premiers mots des oraisons, épltres,
évangiles, etc., dont il est donné ici une traduction complète. Voilà donc,
indépendamment de sa valeur artistique, un monument précieux pour la
langue française du XI V*' siècle, et probablement unique dans ce genre.
Ce précieux manuscrit provient de la célèbre abbaye de Tongerioo, de
l'ordre des Prémontrés, en Belgique, et voici son odyssée. Après la mort
de la reine Catherine, en 1438, il devint la propriété de son fils, Henri VI,
et fut déposé à White-Hall. Lors du schisme sous Henri VIII, il foi trans-
porté à Anvers par un nommé Gilles, et vendu, en 1545, aux religieux
de l'abbaye de Tongerioo par les héritiers de Jean Legrand, avec une
copie de la Cène exécutée par Léonard de Vinci pour Henri YM. Notre
missel y resta jusqu'au mois de juin 1869. A cette date, ses pieux
possesseurs, désireux d'envoyer au souverain Pontife une sommé d'nne
certaine importance, se décidèrent, non sans regret, à aliéner ee trésor.
Averti de cette résolution, M. Bachelin réussit à conclure le marché quel-
ques heures seulement avant l'arrivée de feu l'honorable M. Boone, libraire
de Londres, chargé de l'acquérir pour un célèbre bibliophile anglais.
THEOLOGIE. 49
M; Bachelin le céda ensuite, à un prix très élevé, à M. Didot; c'est, du
reste, un des joyaux de cette riche collection.
M. Didot a fait refaire le dos de la reliure, passablement dégradé, et,
sous le velours qui recouvre les plats, on a trouvé la couverture antérieure,
en veau brun, à compartiments à filets, portant à leur centre des médail-
lons allongés avec la représentation de Jésus en croix; ces couvertures
ont été placées à l'intérieur des plats. Les larges ornements des coins,
découpés en argent ciselé, ainsi que les fermoirs avec six petits sujets
représentant les quatre évangélistes, l'Annonciation et la Nativité, portent
en dedans la date de 1610.
' Qu'il nous soit permis d'exprimer ici le vœu que cet admirable volume,
d'une conservation et d'une fraîcheur exceptionnelles, réintégré enfin
; dans sa patrie, après plus de quatre siècles de pérégrinations, ne reprenne
plus le chemin de l'étranger.
18, MISSALE ECCLESI^ TURONENSIS. — In fol. à 2 col.,
de 170 ff., dont 9 blancs; miniatures, bordures et
lettres ornées ; velours violet, tr. dor. et cis. ; dans une
boîte-étui.
Superbe missel de I'église de Tours, sur vélin, exécuté en France au
commencement du XVI® siècle.
Il est d'une magnifique écriture gothique, sur un vélin d'une beauté et
d'une conservation admirables. Les deux premiers feuillets contiennent
une table des matières {Sequntur misse de tempore que continentur in hoc
libro, etc.).
Ce qui le rend surtout précieux, c'est son illustration consistant en
SIX- GRANDES MINIATURES et DIX-HUIT PETITES, saus comptcr Ics ravissautcs
bordures et lettres ornées.
La première de ces grandes compositions (f. 8 r°) occupe presque la
moitié de la page (H. : G"»,! 50; L. ; 0^,195, cadre non compris) et repré-
sente la Nativité. Dans cette belle composition, à la fois naïve et poétique,
l'enfant Jésus est couché dans une auge posée par terre, et autour de la-
quelle sont agenouillés six anges aux ailes et aux vêtements bleus. A
leurs côtés, la Vierge et saint Joseph, un genou à terre, sont absorbés dans
une douce contemplation. Six autres anges, aux ailes et aux vêtements
rosés, planent dans les airs au-dessus de cette scène. La disposition
du fond est ingénieuse. Une étable, à moitié ruinée, est adossée à un ro-
cher dans la cavité duquel on aperçoit l'âne et le bœuf traditionnels. A
droite, derrière s. Joseph, deux bergers se tiennent debout aux abords de
retable; deux autres apparaissent à gauche, à l'entrée d'une ouverture
taillée^dans le roc, d'où la vue s'étend sur la campagne ; dans le lointain, un
ange lumineux annonce la naissance du Christ à deux autres bergers.
Les douze lignes de texte qui se trouvent au-dessous de cette peinture
sont entourées, sur les trois côtés, d'un beau cadre renaissance, peint en
or sur fond bleu, et inspiré du goût italien ; la page entière, enfin, est
enfermée dans une double bordure de filets d'or sur fond noir. L'ensemble
est d'un effet des plus gracieux.
La seconde peinture, de la même grandeur (f. 50 v°), a pour sujet la
4
50 MANUSCRITS.
Résurrection de Jésus-Christ. A gauche, on voit la porte da tombeau
taillé dans un rocher et renfermé dans une enceinte ; elle est munie des
scellés. Trois gardes, couverts de riches armures et assis par terre, sont
saisis de stupeur à la vue du Christ qui apparaît au fond dans une auréole
lumineuse. Un ciel bleu foncé, d'où se répand une douce clarté, contraste
agréablement avec la scène représentée, que Tartiste a traitée dans une
gamme sombre et énergique. La composition de ce tableau est vraiment
grandiose. La page entière est disposée de la même manière que celle
que nous venons de décrire, mais la bordure du texte est encore d'un
plus grand luxe d'ornementation, consistant en beaux vases azurés, avec
garnitures d'or, et en arabesques peintes en or sur fond bistre. Le cadre
commun est aussi garni d* arabesques.
La troisième peinture (f. o9 i^) est un peu plus petite (H. : 0",133;
L. : 0"*,1G3). Son sujet, d'une belle exécution et d*un grand effet, est la
Descentk du Saint-Esprit. L'encadrement de la page est composé de
motifs variés, du plus beau style.
Les deux grandes compositions suivantes sont placées en regard Tune
de l'autre (f. 85 v® et 86 r^) et forment deux superbes tableaux, cha-
cun occupant la page entière (IL totale : 0°»,84o; L. : 0",228). Ils offrent
deux principaux épisodes de la grande tragédie du CALVAiaE. Le premier
représente les Apprêts du Crucifiement; au milieu, Jésus-Christ, dépouillé
de ses vêtements et les mains liées, est assis sur une pierre; à cdté de lui,
un bouiTeau est occupé à percer des trous dans la croix destinée au sup-
plice du Sauveur; au fond, les deux larrons sont adossés à leurs croix déjà
dressées, et les exécuteurs font leurs préparatifs, en présence de liants
fonctionnaires à cheval et de gardes à pied ; sur le devant, à la suite
d'une escoi-te de soldats, armés de lances et d'arbalètes, s'avancent la
Vierge, saint Jean et les trois Mai'ie, plongés dans la douleur. Le ^tableau
en regard représente le Crucifiement de Jésus-Christ au milieu des deux
laiTons, les jambes et les cuisses brisées; leurs figures, quoique faisant
contraste avec la noblesse du visage du Christ, n*ont rien de disgra-
cieux. Le dessin de ces trois éorps nus révèle un véritable artiste. Au
premier plan, à gauche, sont groupées les saintes femmes. L'une
d'elles soutient sur ses genoux la Vierge, qui, succombant à sa douleur,
semble être rappelée à la vie par la tendre affection que lui témoigne
saint Jean ; la tête est d'une admirable expression. Sur la droite, deux
soldats jouent aux dés les vêtements du Christ; leur attention au jeu et
leur indifférence au milieu de cette scène poignante sont rendues avec
une grande perfection et avec un naturel parfait. En arrière des croix, on
voit des pontifes juifs à cheval et une nombreuse escorte de piétons et de
cavaliers. Au fond, une vue de Jérusalem entourée de montagnes.
Nous donnons au catalogue illustré une reproduction en chromolitho-
graphie, un [>eu réduite, de cette belle page. Ces deux tableaox sont
renf(;rmés dans d(;s cadres analogues aux précédents, avec les bords
des marges en nuir. Par leur exécution large et vigonreuse, par la
pureté du dessin , par l'ordonnance savante de la composition, |iar la
sincérité et l'élévation du sentiment, enfin par leur coloris brillant, ils
a|)partiennent aux plus belles créations de Tart français, à l'anTore de la
Henaissance.
THEOLOGIE. 51
A ces cinq grandes peintures, il faut ajouter une sixième page (f. 99 r®)
où les instrunients de la Passion et tous les accessoires qui s'y rattachent
sont peints sur les marges autour du texte, et où la grande initiale T, du
Te igiturj renferme le Christ à mi-corps, nu, couronné d'épines et les
mains liées ; sa tête, pleine de noblesse, exprime une vive douleur.
Les dix-huit petites miniatures représentent: 1° ï Annonciation aux
bergers (f . 5 r<*) ; effet de nuit rendu avec bonheur ; — 2° la Circoncision
(f. iO r«); — 3« V Adoration des mages (f. li r*»); -- 4<> VEntrée de Jésus à
Jérusalem (f. 43 r«); — S*» T Ascension (f. 52 r<»); — 6<» Lieu le Père dans sa
gloire (f. 61 r®); — 1^ VInstitution du sacrement d'Eucharistie pendant la
Cène (f. 63 v«) ; — 8® la Prédication de saint Catien, premier évêque de
Tours (f. H5 v<>); — 9° le Martyre de saint Etienne (f. H7 r»); — lO» la
Présentation de VEnfant Jésus au Temple (f. 119 v^); — ii^V Annonciation
(f. 12 v*>); délicieuse peinture où la Vierge et l'ange sont debout; —
i2« la Naissance de saint Jean-Baptiste (f. 125 r<*); — IS*» l'Assomption
(f. 431 r<>); — 14° la Naissance de la Vierge (f. 132 v»); charmante scène
d'intérieur; — 15® s. Maurice et ses compagnons à bheval (f. 136 v®); —
1 6® s. Jean dans Vile de Pathmos ; dans le haut. Dieu dans la gloire céleste
entouré de saints .et de saintes (f. 141 r*»); — 17® la Résurrection de
Lazare (f. 143 r®); — 18<> s. Martin de Tours partageant son manteau.
Chacune de ces miniatures occupe la largeur d'une colonne du texte
(6 centimètres, sur 85 millimètres de hauteur), et est accompagnée, sur
ses deux côtés extérieurs, d'une ravissante bordure à angle droit, compo-
sée d'arabesques variées, peintes en or ou azur sur fond bleu ou or.
Toutes ces délicieuses compositions sont d'une fraîcheur étonnante,
et, en les admirant, on éprouve le regret d'ignorer le nom de l'artiste
ou plutôt des artistes à qui nous les devons, cai* tout indique une colla-
boration. Quant à leur pays d'origine, quoi de plus naturel que l'illus-
tratioB d'un missel à l'usage de l'église de Tours ait été confiée à des
miniaturistes de l'école de Touraine? On y trouve en effet beaucoup de
traits caractéristiques de cette école : variété des physionomies, habi-
leté d'ajustements, prédilection pour les paysages avec de riches monu-
ments d'architecture, entente de la perspective linéaire et aérienne,
sentiment de la nature, coloris lumineux. On est tenté d'y voir la main
de quelques émules ou disciples de Jehan Fouquet ; et, si l'influence
flamande s'y fait vivement sentir, n'oublions pas que tout porte à croire
que le grand artiste tourangeau a fréquenté l'atelier de Jean van Eyck,
et que d'ailleurs l'ascendant de l'école flamande sur l'école de Touraine
est incontestable. L'ornemaniste des bordures semble avoir connu l'Italie
ou au moins ses œuvres décoratives.
Nous avons dit que ce splendide missel a été exécuté pour l'église de
Tours. Cela résulte non-seulement de ce fait que parmi les principaux
saints qui font les sujets des petites miniatures on a représenté les deux
patrons de la ville de Tours : saint Catien, premier évêque de cette cité
(cette effigie ne se rencontre que fort rarement), et saint Martin; que
dans les litanies on lit les noms de ces deux prélats, et, ce qui est encore
plus significatif, celui de sainte Monegonde, recluse à Tours; mais
aussi d'une constatation plus positive, consistant en plusieurs rubriques
d'instruction destinées spécialement au clergé de Tours : In ecclesia Turc-
52 MANUSCRITS.
nensi introitus \odie quinquies dicitur, etc. (f. 50 t®); In ecdeHa Tiironensi
propter solennitatem solum dicitur una oratio et episioïa (f. 76 ▼•), etc.
Ce manuscrit cependant n'a pas dû ôtre fait pour l'une des églises
de Tours, mais bien pour un particulier cpii fut saos doute on des
dignitaires ecclésiastirpies de cette ville. En effet, dans la bordure des
deux premières grandes peintures, ainsi que dans celle des six petites
miniatures, se trouve un écusson avec ces armes : de gueules à un chevron
d'or, accompagné de trois roses d'argent. Dans les nobiliaires, on ne ren-
contre, comme ayant porté ces armes, que trois familles françaises : celle
d'AiNTRÂS, en Gascogne, celle d'EsTANG, en Normandie, et celle de Lale-
MANT, dans le Berry. C'est probablement à cette dernière qu'appartenait
le propriétaire de ce manuscrit, en raison du voisinage de la province de
Berry avec la Touraiiie, mais cependant on ne saurait rien affirmer à
cet égiird à défaut de renseignements généalogiques.
Les initiales enluminées du texte, de plusieurs dimensions et au nom-
bre de plusieurs centaines, offrent une grande variété d'ornementation,
en or et en couleurs.
Parmi les messes en l'bonneur des saints, on remarque celle de
s. Gatien, celle de s. Martin et celle de s. Guillaume, archevêque de
Bourges au Xlll° siècle.
Ce magnifique volume ne parait pas avoir été achevé, car l'emplace-
ment de plusieurs miniatures est resté en blanc.
19. HEURES. — In-fol. étroit, de 4 et i36ff.; miniatures,
bordures et lettres ornées; ais de bois dépouillés de leur
couverture.
Précieux manuscrit sur vélin, exécuté en France, dans la première
moitié du XV<^ siècle, pour le célèbre général anglais Jran TALBOT. Le
format allongé de ce livre de prières (275 mill. de hauteur sur 115 mill. de
largeur) prouve ^uil était destiné à être porté par son propriétaire dans
ses campagnes incessantes, ce qui se trouve confirmé par d'antres parti-
cularités pleines d'intérêt.
11 est orné de vingt-six miniatures de diverses dimensions.
Dans le calendrier, qui occupe les six premiers feuillets, on remarque
beaucoup de noms de saints dont le culte est particulier à TAn^eterre,
tels qu(^ s. Cuthbert, s. Richard, s. Dunstan, s. Edme, s. Alban^ premier
martyr d'Angleterre , s^c Etheldride, s'® Cuthburge^ s** EéUhe^ 8. Huguei^
évoque de Lincoln, etc.
Le verso du f. suivant est entièrement occupé par une grande compo-
sition qui constate la provenance illustre de ce volume. Une miniature,
qui couvre la moitié de cetlc page, représente la sainte Vierge assise sur
un trône peint en rouge sur un fond à damier. Devant elle sont age-
nouillés, à gauche, Jean TALBOT, assisté par son patron guerrier, saint
Georges, qui terrasse le dragon; à droite, MargOerite de Bbauchamp,
seconde femme de Talbot, assistée par sainte Marguerite, accompagnée
• THÉOLOGIE. 55
I
aussi d!un dragon à face humaine. Talbot, armé de toutes pièces, est
vêtu d'une cotte armoriée ; son épouse porte un large manteau de drap
d'or; une pièce d'étoffe rouge, disposée sur sa tête en guise de hennin,
et dont les bouts retombent jusqu'à terre, lui sert de coiffure. Au-dessous
de cette peinture, figurent les armoiries et \e^ devises des deux époux.
Sous Talbot est une bannière déployée avec ces armes : Parti: au 1*', écar-
telé de Talbot et de Strange; au 2®, écartelé de Fdrnival et de Verdon; sur
le tout: écartelé de Lisle et de Tyes. Talbot était en effet seigneur de
Fumival et de Verdon du chef de sa première femme, Mathilde, fille de
sir Thomas Nevill, et seigneur de Lisle et de Tyes du chef de sa seconde
femme, Marguerite de Beauchamp, fille du comte de Warwick. La ban-
nière déployée au-dessous du portrait de cette dernière est aux armes de
sa maison. Chacune de ces bannières surmonte les insignes de l'ordre de
la Jarretière, renfermant au centre le petit chien des Talbot sous Talbot,
et l'ours de Warwick sous Warwick. Un pied de marguerites, autour du-
quel s'enroule une banderole avec cette devise : Mon seul désir.,, (deux
mots illisibles) est, passe entre les deux bannières. Dans le célèbre manus-
crit offert par Talbot à Marguerite d'Anjou, épouse de Henri VI, manus-
crit conservé au Musée britannique sous le nom de Shrewsbury-Book, la
devise de Talbot est exprimée dans ce rondeau :
Mon seul désir
Au roy et vous
Et (est) bien servir
Jusqu'au mourir ;
Ce sachent tous :
Mon seul désir
Au roy et vous.
(Notice, par Vallet de Viriville, dans la Gazette des Beaiue-Arts, i866,
t. II, p. 456.) Le chiffre enlacé des deux époux (Jehan et Marguerite),
surmonté d'une couronne ducale et entouré d'une natte de marguerites,
occupe le bas de la page. Cette même fleur, emblème parlant de Margue-
rite de Beauchamp, s'étale sur deux autres marges de cette page, ainsi
qu'en beaucoup d'endroits du volume. Nous donnons au catalogue illustré
une reproduction légèrement réduite de cette belle et importante com-
position qui a un peu souffert du frottement et de l'humidité.
Ce manuscrit n'est bien homogène ni pour les miniatures ni pour le
texte : il a été successivement développé et complété par des mains dif-
férentes. Il est en latin, en anglais et en français, Talbot n'ayant jamais
cessé de se considérer comme citoyen français en môme temps qu'an-
glais, en raison de son origine et des prétentions de son souverain sur le
royaume de France.
La première partie, comprenant les Heures de la Vierge, est ornée
des huit miniatures traditionnelles : i° V Annonciation (f. 8 r°) ; — 2<» la Visi-
tation (f. 12*ro); — 30 la Nativité (f. 25 r^);— 4*» V Annonciation aux ber-
gers (f. 27 r<»); — 5° V Adoration des mages (f. 28 v°); — 6° la Présentation
de VEnfant Jésus au temple (f. 30 r») ; — 7° la Fuite en Egypte (f. 31 r»); —
8® le Couronnement de la Vierge (f. 32 v»).
54 MANUSCRITS.
La seconde partie, qui commence au f. 37 r®, renferme le Psautier
précédé d'une miniature représentant le rot David en prière dans le désert.
II est suivi d'une litanie où abondent les noms des saints anglais.
La troisième partie, consacrée aux offices, commence (f. 47 r*) par
une miniature dont le sujet est un Christ, à mi-corps, sortant de son tum-
beau, avec cette rubrique : Quicunqs regardera remëbrance de IhOcrist en
la remëbrance de sa benoîte passion il aura quarante iovrs de vray pardon
de par Léon apostole de Romme. Ce souvenir de la Passion est figuré
dans la miniature qui suit et qui ofifre une draperie ronge portant au
milieu, dans un double cadre en losange, la représentation de la a mesure
de la plaie du costé nostresegneur ihûcrist », selon la légende placée au-
dessus. Une pièce appropriée à la circonstance, en vers français de douze
syllabes, au nombre de quinze, dont le premier et le dernier sont :
Beau tresdoulx ihûcrist, ie vous viens aonrer
Et pour nous racheter tout son sanc espandi,
et qui se termine par une petite miniature représentant les insignes de
la Passion, occupe la page suivante. Dans l'office de la Croix, qui vient
après, on remarque deux pièces en anglais (f. 50 v® et r«). Plus loin vien-
nent les Cinq Joies de Notre-Dame (f. 51 v®); les Sept Paroles de Jésuê-^^hrist
sur la croix (f. 53 \^) ; quelques lignes en français sur saint Denis (f. 58 r*),
et, à la suite, une nouvelle miniature avec les Instruments de la Passion et
un commentaire en français.
Le Propre des Saints commence, après une lacune d'un f., au f. 61 r».
On y remarque des hymnes en vers latins en l'honneur de sainte Agnès,
une longue prose consacrée au récit du martyre de sainte Catherine
(ff. (il v°-64 T°), une autre prose ayant pour sujet les Sept Joies de Marie-
Madeleine (if. 64 v<^-65 T°),cl une série d'oraisons dévotes : pour tribulaiionp
à s. Mellon, premier évoque de Rouen, à s. Michel, etc.
En tAte de la première page du f. 73, se trouve une charmante minia-
ture représentant, entre deux pieds de marguerites, un lis blanc; les
pétales de la fieur du milieu supportent une Vierge tenant VEnfant Jésus
dans ses bras. Elle sert de vignette à une prose en l'honneur de la Vierge,
qui n'occupe pas moins de douze pages. Une oraison à saint Érasme, pré-
cédée de dix vers latins rimes; l'office de sainte Barbe et celui de l'Ado-
ration do la croix terminent le Propre des saints.
Les if. 81 et 82 ofirent sept petites miniatures, de forme et de dimen-
sion différentes. Elles représentent : i^ les Instruments de la Passion
(f. 81 ro); — 20 Dieu le Père (ib.); — 3° Dieu le fils (ib.); — 4« ie Sosni-
Esprit (f. 8i vo); — 5o la Trinité (ib.); — 6» la Confession (f. 82 r*); ie
pénitent, en robe de velours bleu, agenouillé devant un évoque qui loi
donne l'absolution, doit représenter TALBOT en costume civil. Chacune
de ces six miniatures est accompagnée de sept vers anglais, La septième
représente saint Ursin, premier évoque .de Bourges, au pied duquel sont
agenouillés Talbot, vêtu d'une cotte blasonnée, et sa femme, tenant char
cun une banderole avec ces mots : Sancte Ursine, ora pro nobis! Suit mux
prose et des oraisons latines en l'honneur de ce saint. On se demande d'où
THÉOLOGIE. 55
vient cette dévotion spéciale du héros anglais au saint protecte.ur de la
ville de Bourges, ce dernier refuge de la royauté française avant l'entrée
en scène de Jeanne d'Arc ; il faut probablement en chercher la raison dans
l'hypothèse que saint Ursin, aussi patron de la ville de Lisieux, aurait été
en même temps celui du pays voisin, Cleuville en Caux, dont les ancêtres
de Talbot avaient été les barons pendant plusieurs siècles.
L'office des morts, qui commence au f. 83 r®, est orné de deux minia-
tures, dont l'une représente une Absoute devant un cercueil couvert d'un
drap rouge, et l'autre Vlnhumation du corps au cimetière (f. 96 r*»). Cette
partie contient les Douleurs de Notre-Dame et plusieurs prières à la Vierge,
en français (ff. 103 r«-106 v°).
Les ff. 108 à 131 ont probablement été ajoutés après coup, en deux
fois, car l'écriture est de deux mains différentes ; ils n'ont pas de bor-
dures marginales, et les initiales qui les décorent sont d'une autre
ornementation que dans les parties qui précèdent. Ils contiennent l'office
de la Visitation de Notre-Dame, avec des hymnes; la messe du nom de
Jésus, à laquelle étaient attachés des privilèges particuliers, avec plu-
sieurs séquences (ff. H 5 v<»-li6 v^) ; la messe de la Visitation de Notre-
Dame, avec une séquence (ff. 118 v^-llO r«); la messe de saint Gabriel,
avec une séquence (f. 120 r®); les offices de saint Georges, de la sainte
Trinité, du Saint-Esprit, etc., etc., aussi accompagnés de séquences.
Le feuillet 136, appartenant au Propre des saints (office de s. Sévère),
a été placé à tort à la fin du volume, par suite d'une transposition du
relieur.
Plusieurs miniaturistes ont concouru à l'exécution des peintures de
ce manuscrit. La grande composition qui suit le calendrier, les huit mi-
niatures des Heures de la Vierge, celles du psautier et celles de l'office des
morts paraissent être de la môme main ; la fleur de lis avec la Vierge et
les sept miniatures suivantes sont d'un autre artiste beaucoup plus habile,
et peuvent compter au nombre des belles compositions de la première
moitié du XV® siècle. La majeure partie de ces miniatures sont sur un fond
à damier or et couleurs. Les pages qu'efies décorent sont renfermées dans
de jolis encadrements, et, de plus, cent et quelque^ feuillets ont les marges
ornées de charmantes bordures à feuillages de houx d'or d'une grande
finesse, parsemés de fleurs et de fruits peints au naturel et quelquefois
combinés avec des rinceaux. Des milliers d'initiales, petites et grandes,
richement enluminées en or et en couleurs, complètent l'ornementation
de ce volume. Son exécution ne doit pas être de beaucoup postérieure à
l'année 1439, date du mariage de Talbot avec Marguerite de Beauchamp.
Son origine française n'est pas douteuse, ce qui résulte non-seulement
du caractère de l'art de ses peintures, mais aussi de ce fait que le scribe
ne connaissait évidemment pas l'anglais, comme le prouvent les coupures
maladroites des mots dans les rubriques ou dans les pièces écrites en
cette langue.
Il est très probable qu'il a été exécuté en Normandie ; en tout cas, il est
certain que son art appartient à la contrée du nord-ouest de la France, ce
qui est encore attesté par la présence au calendrier des noms de sainte
Bathilde, de s, Vaast, de s. Quentin, etc.
Un intérêt tout particulier se rattache à certains morceaux intercalés
58 MANUSCRITS..
octogénaire, fut tué à la tête de ses troupes sous les murs de GastUion,
en 1453, par une bande de Bretons. Son livre de prières, qui ne paraît
ravoir jamais quitté, aura sans doute été pris dans le pillage qui sui-
vit la déroute, car, après quatre cents ans, il a reparu, en 1855, chez
un brocanteur de Nantes, d'où il passa dails la collection d'an bibliophile
breton. Dans ses pérégrinations, il a perdu quelques feoiUets, et il a
gagné la signature d'un Henry de Bourbon , répétée plusieurs fois. D est
d'une conservation parfaite, sauf les deux premières miniatures qui ont
un peu souffert du frottement.
Il a figuré dans les vitrines de l'exposition rétrospective en 1867^ et
depuis il est entré dans la bibliothèque de M. Didot, qui n*a pas hésité à
en offrir une somme considérable.
20. GHETIDE. (Livre de prières en hollandais.) — Pet. in-8,
de 176 ff. ; miniatures, bordures et lettres ornées; mar.
La Vallière clair, riches compartiments en mossdque à la
Grolier, tr. dor. ; dans un étui {Cape).
Très beau manuscrit sur vélin, exécuté au XV® siècle à Delft.
Il est écrit en caractères gothiques, avec rubriques, et commence par
un calendrier qui occupe douze feuillets. Le texte est entièrement en
hollandais. Les miniatures sont au nombre de am et couvrent presque
la page entière. En voici les sujets : i^ Jésus enfant au milieu des docteurs
(f. 13 V») ; — 20 la Descente du Saint-Esprit (f. 34 v»); — 3* VAnnmeiatùm
(f. 58 v®). — 4® le Jugement dernier (f. 113 v®); — 5° s. Michel pesant ks
âmes (f. 146 v^). (H.: 0°»,091 ; L.: 0»,60.)
Chacune de ces miniatures est entourée d'un bel encadrement; la page
en regard est décorée avec plus de luxe encore : l'initiale du texte, d'assez
grande dimension, est peinte en or sur fond à nuances variées et d'une
ornementation charmante; dans les bordures, un paon est représenté
deux fois et accompagné de banderoles avec des légendes en latin.
La légende de la bordure du f. 35 nous apprend que ce mannscrit a
été exécuté au monastère de Sainte-Agnès, dans le val de Jos^hat, à
Delft {Iste liber sc*ptus et illuminatus est in môsterio scè A^nelis in vaUe
Jozaphat dtate Delf),
Un grand nombre de pages sont en outre ornées de ravissantes ini-
tiales en couleurs, dont les appendices filiformes s'étendent snr les
marges.
C'est un des plus curieux spécimens de l'art hollandais pur, surtout an
point de vue décoratif. Sa conseiTution est parfaite ; le vélin en est très fin
et très blanc. Il est beau de marges et couvert d'une charmante reliare.
21. HORiE. — In-8 carré, de 78 ff.; miniatures, bordures
et lettres ornées ; velours rose, tr. dor.
Précieux manuscrit sur vélin, exécuté dans la seconde moitié dn
XV« siècle pour RENÉ II, DUC DE LORRAINE.
Le calendrier, qui occupe les douze premières pages, est éerit en noir
• THÉOLOGIE. 57
Anglais, où Ton invoque saint Georges, patron de Talbot, et où Ton sol-
licite rintercession de saint Christophe pour revoir T Angleterre, n*est
pas de la composition môme de Talbot et écrite de sa main ?
D'autres pièces occupent les quatre derniers feuillets. La première' est
une prière en vet*8 anglais, en huit strophes de huit vers chacune. Elle
commence ainsi:
Mercifull quene as ye best can and may.
Elle est suivie de plusieurs prières en anglais, en prose, et de deux prières
en vers anglais, adressées Tune à Jésus-Christ, l'autre à saint Alban, pre-
mier martyr d'Angleterre. Enfin,, à la dernière page, on lit, d'une écri-
ture gothique, une prose latine en l'honneur de saint Georges, en douze
strophes^de trois vers :
Salve martir gloriose.,.
L'initiale S de ce vers, dessinée à la plume avec un certain luxe d'orne-
mentation, ofifre au milieu trois banderoles qui portent en lettres rouges
les mots : TALBOT, TALBOT, TALBOT.
A la suite vient une dévote oraison à saint Georges, et au bas on lit,
d'une écriture du temps, cette signature : Vre (votre) loyalk seur Magde-
leine.
Les quatre premiers feuillets, ajoutés en tête du volume, contiennent
deux pièces en vers français. La première compte cent cinquante six vers,
dont les premiers sont :
Royne qui feustes hault mise
Et assise
Lassus ou throne divin
En ceste belle vostre église
Sans faintise
Suis venu à cest matin...
Comme idée et comme forme, c'est une des plus gracieuses poésies
pieuses du moyen âge. La seconde, composée de six douzains, commence
ainsi:
Je te salue Maria
A qui Dieu son fîlz maria
A humaine fragilité...
C'est la même pièce, sauf variantes, que celle qui a été publiée .par
E.-H. Langlois, sous le titre d'ùroison plaisant à saincte Marie, d'après un
manuscrit du XY'^ siècle (Essai sur la calligraphie des maniiscrits du moyen
âge, pp. 174-177). Notre texte est plus correct.
On peut se rendre compte de l'intérêt multiple qu'offre ce pieux sou-
venir d'un des plus fameux guerriers du XV» siècle, du plus illustre des
adversaires de Jeanne d'Arc, de celui auquel Shakespeare a accordé
le surnom d'Achille anglais. Talbot (premier comte de Shrewsbnry), déjà
58 MANUSCRITS.-
I
octogénaire, fut tué à la tête de ses troupes soos les murs de GastUlon,
en 1453, par une bande de Bretons. Son livre de prières, qui ne parait
ravoir jamais quitté, aura sans doute été pris dans le pillage qui sui-
vit la déroute, car, après quatre cents ans, il a reparu, en 1855, chez
un brocanteur de Nantes, d'où il passa dails la collection d'an bibliophile
breton. Dans ses pérégrinations, il a perdu quelques feuillets, et il a
gagné la signature d'un Henry de Bourbon, répétée plusieurs fois. D est
d'une conservation parfaite, sauf les deux preinièrés miniatures qui ont
un peu soufifert du frottement.
Il a figuré dans les vitrines de l'exposition rétrospective en 1867^ et
depuis il est entré dans la bibliothèque de M. Didot, qui n*a pas hésité à
en offrir une somme considérable.
20. GHETIDE. (Livre de prières en hollandais.) — Pet. îii-8,
de 176 ff.; miniatures, bordures et lettres ornées; mar.
La Vallière clair, riches compartiments en mosaïque à la
Grolier, tr. dor. ; dans un étui {Cape).
Très beau manuscrit sur vélin, exécuté au XY^ siècle à Delft.
Il est écrit en caractères gothiques, avec rubriques, et commence par
un calendrier qui occupe douze feuillets. Le texte est entièrement en
hollandais. Les miniatures sont au nombre de cinq et couvrent presque
la page entière. En voici les sujets : !<> Jésus enfant au milieu des docteurs
(f. 13 v») ; — 20 la Descente du Saint-Esprit (f. 34 v»); — 3° VAnnoneiatUm
(f. 58 v<»). — 4° le Jugement dernier (f. 113 v®); — 5° ». Michel pesant ks
âmes (f. 146 v^). (H.: 0"»,091 ; L.: 0»,60.)
Chacune de ces miniatures est entourée d'un bel encadrement; la page
en regard est décorée avec plus de luxe encore : Tinitiale du texte, d'assez
grande dimension, est peinte en or sur fond k. nuances variées et d'une
ornementation charmante; dans les bordures, un paon est représenté
deux fois et accompagné de banderoles avec des légendes en latin.
La légende de la bordure du f. 35 nous apprend que ce manuscrit a
été exécuté au monastère de Sainte-Agnès, dans le val de Josaphat, à
Delft {Iste liber sc'ptus et illuminatus est in môsterio scè A^nelis in valle
Jozaphat dtate Delf),
Un grand nombre de pages sont en outre ornées de ravissantes ini-
tiales en couleurs, dont les appendices fiUformes s'étendent sur les
marges.
C'est un des plus curieux spécimens de l'art hollandais pur, surtout au
point de vue décoratif. Sa conservation est parfaite ; le vélin en est très fin
et très blanc. Il est beau de marges et couvert d'une charmante reliure,
21. HORiE. — In-8 carré, de 78 ff.; miniatures, bordures
et lettres ornées ; velours rose, tr. dor.
Précieux manuscrit sur vélin, exécuté dans la seconde moitié du
XV« siècle pour RENÉ II, DUC DE LORRAINE.
Le calendrier, qui occupe les douze premières pages, est écrit en noir
THÉOLOGIE. 5d
et en bleu. Chaque mois est orné, à la marge extérieure, de deux petites
compositions en hauteur (H. : 0",045; L. : 0™,028); Tune représente une
scène de la vie champêtre ou seigneuriale ; Tautre, le signe du zodiaque.
Ces peintures sortent du commun habituel de ces sortes d'images non
par la nature des sujets* qui sont toujours les mêmes, mais par. leur
interprétation indépendante des modèles antérieurs, par la science par-
faite du dessin et un talent de composition très remarquable, ce qui
leur donne la valeur de véritables petits tableaux de genre. On y remar-
que surtout deux • chaînantes vignettes : celle du mois d'avril et
celle du mois de mai. La première nous fait voir, dans un pré ver-
doyant, au bord d'un cours d'eau, une jeune dame assise, tressant une
couronne, et, à côté d'elle, un jeune homme jouant de la harpe; au fond,
la silhouette d'une ville aux tours nombreuses et élevées. La seconde re-
présente le départ pour la chasse d'un jeune seigneur à cheval avec une
dame en croupe ; il tient sur son poing un faucon, tandis que deux lévriers
courent à ses côtés. Même dans les représentations des signes du
zodiaque, l'artiste a fait preuve de beaucoup de goût : il a placé ses sujets,
chaque fois que cela se pouvait, au milieu de beaux paysages, dont la
peinture n'a rien de conventionnel et qui révèle un profond sentiment
de la nature; il s'est plu aussi à en garnir les fonds de monuments d'une
architecture fort pittoresque.
Parmi les saints du calendrier, on remarque plusieurs évêques du
Mans ou d'Angers, dont les noms sont suivis de l'indication de leur siège
épiscopal, tels que : s. Aldric, s. Julien, s. Aubin, s. Tiburce, s. Liboire,
s. Pavace (avec la mention du jour de sa translation) et s. Maurille, ce
qui témoigne de l'origine angevine de ce manuscrit. Des liens de parenté
rattachaient en effet René II de Lorraine à cette province par sa mère
Yolande d'Anjou, fille du roi René; et qui sait si ce n'est pas son bon
aïeul, si célèbre par son culte des beaux-arts, qui fit exécuter ce manus-
crit par un artiste de son ancien pays pour l'offrir au jeune vainqueur de
Charles le Téméraire? La suite de notre description viendra à l'appui de
cette hypothèse. •
En dehors des vingt-huit miniatures du calendrier, ce volume en con-
tient encore quatre autres petites (H.: 0™,036; L. : 0",026) et treize
grandes, soit en tout quarante-cinq peintures.
Les quatre petites représentent les quatre évangéustes (ff. 7 r® et v®,
8 v» et 9 r«).
La description des grandes exige plus de détails en raison de leur im-
portance.
La première (f. 40 r<»), qui occupe la page entière (H.: 0™,144; L.: 0"*,100)
représente le jeune RENÉ II DE LORRAINE , armé de toutes pièces et
vêtu d'une cotte d'armes armoriée, à genoux sur un coussin, les mains
jointes, adressant une prière à la sainte Vierge, en robe et en manteau
bleus, tenant l'Enfant Jésus et assise sous un péristyle à colonnade,
ayant vue sur une belle campagne. Le heaume du duc est posé à cOté de
lui. Deux anges, dont l'un joue de la harpe et l'autre de la guitare, se
tiennent debout au second plan. Au bas de la page, dans une bordure
marbrée en camaïeu d'or, on lit sur une banderole ces premiers mots
d'une prière : Obsecro te domina. C'est un véritable tableau, et la tête
60 MANUSCRITS.
f
du duc, très étudiée et peinte de main de maître, doit être d*nne res-
semblance parfaite. Nous en donnons, au catalogue illustré, une repro-
duction en photogravure.
La seconde miniature (f. 13 r<>), occupant aussi la page entière, est
coupée horizontalement en deux parties inégales. La partie supérieure,
plus grande que Tautre, offre une composition dont le symbolisme est peu
transparent. Dans le haut, est la sainte Trinité, entourée d'un nuage;
deux anges, jouant et chantant, planent aux côtés du trône derrière
lequel un chœur de chérubins resplendit dans une lumière de feu. Au bas,
est agenouillé un messager céleste, un sceptre à la main, les regards
tournés vers le groupe divin. A gauche, une religieuse tient dans ses
mains celles d'une jeune femme, dont la robe entr'ouverte laisse Yoir une
jupe en brocart d*or garnie d'hermines ; elle est coiffée d'un haut bonnet
pointu, rouge, à revers noirs, comme dans les deux miniatures du calen-
drier décrites ci-dessus. A droite, une autre femme, vêtue presque
de même, le bras droit armé d'un gantelet de fer, et tenant dans la main
une épée nue, embrasse une femme, vêtue à peu près de même, mais
coiffée d'un bonnet pointu à bourrelet, de couleur jaune, et qni tient dans
la main droite une sorte de dé sur les trois côtés duquel on lit les ini-
tiales : a, p, X, Dans la partie inférieure, décorée d'un beau cadre archi-
tectural, de style gotliique, avec colonnes surmontées de petites statuettes,
est représentée la Salutation Angélique.
La troisième miniature (f. 22 t^), renfermée dans un rectangle cintré
par le haut (H. : 0°^,087 ; L. : 0°*,058) a pour sujet la Visitahon de saimti
Elisabeth. Dans ce charmant tableau, le peintre, partout passablement
réaliste, a beaucoup accentué la situation respective des saintes femmes.
Derrière la Vierge se tient saint Joseph appuy'é sur un bâton. Cette scène
se passe dans la cour d'un château dont on admire l'architecture pitto-
resque.
Dans la quatrième (f. 27 v<*) est figurée une Nativité. Au dehors de l'é-
table, en plein air, la Vierge et son époux sont agenouillés devant l'Enfant
Jésus étendu sur un linge. L'âne plie aussi ses genoux devant lui, tan-
dis que le bœuf se repose avec gravité dans un coin. Derrière le mur de^
clôture se tiennent debout deux bergers, et au fond apparaît' une cam-
pagne verdoyante.
La cinquième miniature (f. 30 r^) offre un ravissant tableau de genre,
dont le sujet est I'Annonciation aux bergers. Dans une verte prairie, om-
bragée par des saule's et arrosée par un cours d'eau où nagent des oiseaux
aquatiques, on voit quatre bergers et autant de bergères se tenant par la
main, danser une ronde au son do la musette, à côté de leur troupeau
de moutons. Deux anges apparaissent dans le ciel pour annoncer la bonne
nouvelle.
Dans la sixième (f. 32 v<*), I'Adoration des mages, un des rois semble
représenter René de Lorraine en costume de l'époque. La scène est placée
au dehors de l'étable, qui est copiée, avec ses accessoires et son fond de
paysage, sur celle de la Nativité,
La huitième (f. 3i v<>) a pour sujet la Présentation au TemplIi ornée
d'un beau cadre gothique.
Dans la neuvième (f. 37 r®), qui représente la Fuife kn Égtptb, le saint
THEOLOGIE. 61
' cortège est accompagné par une jeune paysanne portant un panier d'œufs
sur sa tête. Sur leur passage , la statue d'une divinité païenne roule de
son piédestal. Au fond, apparaît une ville fortifîée, d*un aspect charmant,
avec ses palais, ses tourelles et les flèches de ses églises.
La dixième (f. 41 r°) nous offre le Couronnement de la Vierge, age-
nouillée aux pieds du trône sur lequel Dieu est assis, la tête ceinte d'une
tiare. Deux anges accompagnent la Vierge et un troisième lui pose une
couronne sur la tête ; au fond, un chœur de chérubins.
Ces huit dernières peintures sont de même dimension et de même
forme. Chacune des pages qu'elles ornent est entourée d'une belle bor-
dure, avec fleurs, feuillages, oiseaux, papillons et animaux fantastiques
La onzième miniature (f. 47 r®), de la grandeur de la page, représente
le Roi David en prière devant l'arche, dans le Tabernacle de Jérusalem,
accompagné des lévites qui exécutent un concert sacré. L'œil se repose
agréablement sur cette belle page où tout est intéressant, depuis la
savante disposition du tableau, depuis les instruments de musique, tels
qu'orgue, harpe, guitare, clarinette, etc., jusqu'au mobilier et à l'archi-
tecture de l'enceinte sacrée.
La douzième (f. 56 r°) a pour sujet la Descente du Saint-Esprit. L'in-
térieur de la salle de réunion, éclairé par cinq fenêtres ogivales, est d'un
charmant eâet.
La dernière peinture (f. 58 r®) offre un intérêt historique considé-
rable et est la plus importante de toutes. Elle représente la BATAILLE
DE MO RAT, gstgnée par René II de Lorraine sur Charles le Téméraire, le
22 juin 1476. Le très grand nombre de personnages qu'on fait participer
à l'action ne produit aucune confusion dans ce tableau, où tout est sage-
ment combiné, où la perspective est scrupuleusement observée, où les
transitions sont ménagées avec art. Au fond, on voit le choc de la cava-
lerie des^ deux armées. Les Lorrains et les Suisses sont à gauche, les
Bourguignons à droite. Le regard est attiré de suite sur deux guerriers
l'un couvert d'une armure dorée de pied en cap et portant l'écu avec deux
lions sur champ de gueules, l'autre n'ayant de doré que son heaume et
sa cotte d'armes et défendu par un bouclier armorié de deux chevrons
d'argent sur champ de gueules. Les lances en arrêt, ils vont fondre l'un
sur l'autre. En avant de la mêlée générale, des fantassins s'entr'égorgent ;
les uns portent une veste violacée par-dessus une cotte de maille et un
bassinet doré ; les autres, une veste bleue et un casque d'acier à visière.
Au premier plan on voit Tenterrement des morts sur le lieu même de la
bataille ; les corps sont complètement dépouillés de leurs vêtements et
descendus tout nus dans des fosses. Cette belle peinture est placée en tête
de l'office des morts.
Toutes ces miniatures révèlent chez leur peintre un talent peu commun
et une grande habileté de main. Malgré certaines affinités avec l'école de
Touraine, il s'en éloigne sensiblement sous beaucoup d'autres rapports,
et semble obéir à des traditions et à des pratiques différentes, où il faut
peut-être voir des traits caractéristiques d'une école angevine, formée sous '
les auspices de René d'Anjou, roi-artiste. Nous sommes ici bien loin de
l'éclat des coloristes tourangeaux, et les peintures y gagnent peut-être
quelque chose en douceur et en poésie. Dans les vêtements, notre artiste
61 MANUSCRITS.
marque ane prédilection constante pour la nuance d*nn lilas pâle, et nn
peu moins pour le bleu de ciel ; toutes les autres couleurs sont presque
exclues : Tor, le Yerm*illon et quelquefois le vert ou le noir, ne sont em-
ployés que pour éviter la monotonie particulière aux grisailles. La dernière
peinture est la plus colorée : l'artiste a senti combien la variété des teintes
relève une scène mouvementée et passablement chargée. En un mot, ce
manuscrit offre un caractère tout particulier, et il en existe sans doute
bien peu de similaires.
Le texte est en belle lettre gothique, très régulière, avec titres et
remarques en carmin. Il est orné d'une quantité infinie d'initiales
moyennes et petites, les premières en grisaille sur fond d'or où brillent
souvent des papillons, dos oiseaux, etc.; les autres en or sur an fond
bistre. Les bouts des 'lignes sont garnis de tirets peints en or et en cou-
leurs. Le dernier feuillet, resté en blanc à l'origine, contient quelques
prières d'une autre écriture.
La date de l'exécution de ce manuscrit peut être fixée avec assez de pré-
cision. II n'est pas antérieur à l'année 1476, comme le prouve le s^jet du
dernier tableau où nous croyons voir plutôt la bataille de Morat, première
victoire du jeune duc de Lorraine, que celle de Nancy, que Tartiste n'eût
pas manqué de représenter sous les murs d'une ville. Il ne doit pas être
de beaucoup postérieur à cette date, car la figure de René II de Lorraine,
dans la première grande miniature, n'accuse pas plus de vingt et quelques
années: or, ce prince, né en 145i, était âgé de vingt-cinq ans lorsqu'il
infligea la première défaite à Charles le Téméraire.
Ce précieux volume a été cédé à M. Didot, en 1866, par un riche collec-
tionneur irlandais. Il est fort bien conservé, sauf quelques peintures où la
gouache s'est légèrement écaillée à certains endroits.
22. HOR-^. — In- 12 carré, de 226 ff., dont le dernier est
blanc ; miniatures, bordures et lettres ornées ; mar. rouge,
compart. en or et à froid; tr. dor. ; fermoirs en argent;
étui en veau fauve {R. P. Sckauye).
Fort beau manuscrit de la seconde moitié du XY* siècle, sur vélin, exé-
cuté pour Antoine, dit le Grand Bâtard de Bourgogne,
Il est orné de dix-neuf grandes miniatures et de soixANTE-cmo petitbs.
Lo calendrier, on français, écrit alternativement en carmin et en aznr,
et quelquefois en or, occupe les treize premiers feuillets. Le scribe, s'étant
proposé d'indiquer un nom pour chaque jour de Tannée, sans la moindre
lacune, y a fait figurer un grand nombre de saints qu'on aurait sans donte
beau chercher dans des calendriers de beaucoup d'autres manuscrits, tels
que : s. Metran, s. Bride, s. Osenne, s. Buille, s. Presme, s. Frofert,
s. Candre, etc. On y trouve aussi les noms des deux saintes spécialeinent
vénérées à Paris et dans la région voisine : sainte Geneviève et sainte
Bathilde dont le nom est écrit Batheuch,
Les grandes miniatures (H.: 0™,084; L.: O^jOSS) représentent: !• s. Jean
IV^angmste (f. V6 r»); — 2° s. Luc (f. 17 r*); — 3° s. Matthieu (l 19 r-); —
40 s. Marc (f. 21 r^) ; — 5» la Descente du Saint-Esprit (f. 23 r«) ; — 6» la
Vierge avec l'Enfant Jésus, accompagnée d*anges jouant et chantant
THEOLOGIE. 63
(f. 30 y^)', —■ 7<» la Vierge au croissant (f. 38 i^); — 8® la Vierge allaitant,
accompagnée d'un chœur d'anges (f. 43 r®) ; — 9° VAnnonciation (f. 46 r<») ;
-r lOMa Visitation de sainte Elisabeth (f. 70 r«);— 11» la Nativité (f.86 r<»);
— 12* l'Annonciation aux bei^gers (f. 93 r<»); — 13<> TAdoratton des rois
mages (f. 100 r°); — 14° la Présentation de l'Enfant Jésus au Temple
(f. 406 r»); — 15Ma Fwiee en Egypte (f. 112 r*) ; — 16» le Couronnement de
la Vierge (f. 122 ro); — 17» le roi David en prières (f. 138 r»); — 18» un Sei-
gneur, richement vêtu et tenant au poing un faucon, est frappé d'un javelot
par la Mort (f. 163 ro); — 19» sainte Barbe (f. 252 r»).
Chacune* de ces dix-neuf pages est entourée d'une large bordure, et
neuf d'entre elles sont ornées de quatre médaillons représentant des scènes
intimement liées avec le sujet de la miniature principale. Plus d'un de
ces épisodes est exprimé avec une naïveté charmante, tel le roi David
debout, jouant de sa harpe à proximité d'un grand baquet où Bethsabée
aux cheveux d'or prend son bain ; tel Job sur son fumier conversant
avec un diable représenté avec des oomes sur la tête et une jambe de
bois, etc.
Les vingt-neuf autres petites miniatures sont renfermées dans de belles
lettres capitales, de grandeur inégale variant entre 28 et 38 millim. de
hauteur sur 28 et 40 millim. de largeur. En voici les sujets: !• une céré-
monie de Funérailles (f. 174 r°); — 2® la Vierge glorieuse (f. 221 r^); —
3° la Rencontre de Joojchim et de sainte Anne à la Forte dorée (f. 223 r«) ; —
4» {'Enfant Jésus jouant avec un cheval de bois en présence de la sainte
Vierge (f. 224 v«) ; — S* buste de sainte Vierge allaitant (f. 225 r«) ; —
6® la Vierge debout avec l'Enfant Jésus (f. 226 r») ; — 1^ le Corps de Jésus
crucifié reposant sur les genoux de sa mère (f. 227 r<») ; — 8** la Salutation
angélique (f. 229 r°) ; — 9<> s*® Véronique avec le saint suaire (f. 230 r») ;
— lOMa Trinité (f. 231 v»); — 11 <> la Toussaint (f. 232 v»); — 12» s.
Fierre et s. Faul (f. 233 v»); — 13<» s. Jean-Baptiste (f. 234 v*); —
14» s. Jean l'évangéliste (f. 235 r»); — IS*» s. Jacques (f. 236 r«); — ^
160 5, Adrien (f. 237 r»); — 17° s. Sébastien (f. 238 r*) ; — 18o s. Georges '
(f. 239 v»); — 190 s. Christophe (f. 240 v»); — 20* 5. Antoine (f. 242 r»); —
21» s. Nicolas (f. 243 r»); — 22° s. Michel (f. 244 r»); — 23° s, Gilles
(f. 245 r*») ; — W s'« Anne et la Sainte Vierge avec l'Enfant Jésus (f. 246 r*);
^— 250 fi*« JBarôe (f. 247 r^) ; — 26° s*« Suzanne (f. 248 r») ; — 27° s*« Catherine
'(f. 249 r*); — 28o s'« Marie-Madeleine (f. 250 r»); — 29° s*^ Marguerite
(f. 251 r®). Chacune des pages ornées de ces miniatures est décorée sur les
trois côtés d'une bordure composée d'enroulements de feuillages ; la page
verso du f. 257, quoique ornée d'une initiale non historiée, porte une
bordure semblable.
Toutes ces peintures sont le produit d'un art bien français. Elles ont
été largemer)t exécutées par un habile artiste, qui avait le sentiment
de la couleur, ainsi qu'on peut en juger entre autres par le tableau placé
à la fin, représentant sainte Barbe en pied. Les riches intérieurs de cer-
m
taines miniatures sont traités avec finesse en camaïeu d'or; les paysages
sont charmants et révèlent une connaissance complète de la perspective.
Leg petites compositions ont les mêmes qualités de dessin et de coloris que
les grandes.
Le texte , écrit en grosse bâtarde du XV^ siècle^ est orné de plus de
64 MANUSCRITS.
1,800 belles initiales de plusieurs dimensions, peintes en or ou en cou-
leurs, avec des fonds diaprcs et des appendices filiformes.
Les armes de Bourgogne, brisées de la barre de bâtardise, figurent
dans trois bordures (if. 43, 100, ^51 ); dans d'autres, on lit, à vingt-six
endroits différents, la devise du Grand Bâtard de Bourgogne : Nul ne ti
frotCj qui accompagne presque toujours son emblème figurant nne bar-
bacanc d'où jaillissent des flammes. Olivier de la Marche, poète et chro-
niqueur contemporain à la cour de Bourgogne, décrit ainsi , dans ses
mémoires, la housse que le cheval du Grand Bâtard portait au Pas d*armes
tenu à Bruges en i468, à l'occasion du mariage de Charles le Téméraire
avec Marguerite d'York : « SailUt le chevalier à l'Arbre d'Or, son cheval
« couvert de velours tanné, à grandes barbacannes de fil d'or en brodare,
« et lettres de niesme à sa devise, et d'icelles barbacannes issoyent flammei
a de feu, »
Antoine, bâtard de Bourgogne, fils de Philippe le Bon et de Jeanne de
Presles, et frère naturel do Charles le Téméraire, ne s'est pas seulement
rendu célèbre par ses exploits guerriers et dans les tournois, mais aussi
par son amour pour les lettres et les beaux-arts. De sa riche bibliothèque,
il ne reste aujourd'hui que quelques épaves, souvent de premier ordre, par
exemple le célèbre manuscrit do Froissart, conservé à Breslaa. Fait pri-
sonnier à la bataille de Nancy, en H77, le Grand Bâtard de Bourgogne se
mit au service de Louis XI et devint duc de Châtean-Thierry en 1478.
C'est à une époque postérieure à cette date que nous rapportons l'exécu-
tion de ce livre d'heures qui est, comme nous l'avons dit, un produit de
l'art français et que, d'après certains indices, nous croyons avoir été fait
à Paris môme : un livre d'heures qui aurait été exécuté pour ce person-
nage au temps où il résidait dans les États de Bourgogne, l'eût sans
doute été par un iirtiste tlaniand, et on n'y trouverait pas au calendrier le
nom de sainte Geneviève, patronne de Paris.
Les fermoirs en argent proviennent de la reliure primitive, qui n'au-
rait pas été conser>'ée à cause de sa dégradation, et qu'on a remplacée
par une lourde reliure flamande.
Kn tète du volume a été placée une note bien insignifiante, écrite de
la main de M. Pieters, son dernier possesseur. Elle a été reproduite dans
le catalo;?uo de sa bibliothèque, dont la vente a eu lien à Gand en mai
1864, et elle y est accompagnée d'une reproduction au trait de la page
entière contenant la miniature de la Pentecôte (f. 23 r*). Le volume a été
chaleurcuseinont disputé en raison de sa provenance célèbre, de sa
richesse, et de sa conservation iiréprochable : il fut acquis par M. Didot
pour la somme de 4,085 fr., non compris les frais.
23. HEURES. — Pet. in-S carré, de ao6 ff.; miniatures,
bordures et lettres ornées; mar. brun à riches compart*^
avec des fleurs de lis et une devise, tr. dor. (rel. du
XVr siècte).
Précieux manuscrit sur vklin, exécuté en France & la fln du XV* siècle
et qui a appartenu à la reine MAIIIE STUART.
Le calendrier, qui occupe les douze premiers feuilietS| est écrit en or,
THÉOLOGIE. 65
en carmin et en outremer. Chacun de ces feuillets est décoré, sur le côté
recto, d'une bordure à angle droit qui s'étend de la marge du haut à la
marge extérieure, et renferme dans cette dernière partie une petite mi-
niature en hauteur, ayant pour sujet un des signes du zodiaque, tandis
qu'au bas de la page une miniature plus grande, en largeur, offre la
représentation traditionnelle d'un épisode de la yie des champs ou du
château. Le côté verso est orné d'une bordure qui occupe les trois
marges extérieures. L'ornementation de chacune de ces bordures est diffé-
rente.
Le texte de ce calendiier est assez semblable à celui du Uvre d'Heures
du Grand Bâtard de Bourgogne, qui précède; il est aussi au grand com-
plet sans aucune lacune, et contient à peu près les noms des mêmes saints,
mais dans une autre forme dialectale. Ainsi on y lit: Désir au Iieu.de
Desier, Odouart axi lieu d'Édouart, Eufenie au lieu à'Yfeme, Emoui au lieu
d'Amouly Pierre au lieu de Père, Affradose au lieu d'Offradoxe, Osonans
au lieu d'Osenne, etc. On y trouve en outre les noms suivants, qui man-
quent dans l'autre : s'« Arragonde (pour Radegonde), s, Psalmon (pour
Salmon)j s. Beath, s. Genon, s'« Venice, s. Hytèche, s. Ludan, etc.
En dehors de vingt-quatre miniatures du calendrier, ce livre d'Heures
est enrichi de vingt grandes miniatures, dont cinq sont accompagnées
chacune de quatre sujets marginaux, et de dix petites miniatures, ce qui
présente un ensemble de soixante-quatorze peintures.
Voici les sujets des grandes miniatures : 1° s. Jean Vévangéliste à Vile
de Patmos (f. 13 r^); — 2** s. Luc (f. 15 v*); — S* s. MaUhieu (f. 17 v») ; —
-4® s. Marc (f. 19 r<»); — o*» la Sainte Vierge, assise avec l'Enfant Jésus,
accompagnée de deux anges qui jouent (f. 21 r°); — 6° Jésus crucifié sur
les genoux de sa mère (f. 26 r®) ; — 1^ V Annonciation (f. 31 r«) ; elle est
accompagnée, en guise de cadre, de quatre miniatures marginales qui
représentent ; a. la Rencontre de Joachim et d'Anne à la Porte dorée ; b. Joa-
chim et Anne apportant au Temple Voffrande d'un agneau ; c. la Naissance
de la Vierge; d. la Présentation de la Vierge au Temple; — 8® la Visitation
de sainte Elisabeth (f. 57 r^); — 9° la Nativité (f. 69 v*) ; — 10» l'Annoncia-
tion aux bergers (f. 76 r»); — 11° l'Adoration des mages (f. 81 r^); — 12*» la
Présentation de l'Enfant Jésus au Temple (f. 85 v°); — 13» la Fuite en
Egypte (f. 90 r°); — 14» le Couronnement de la Vierge (f. 96 v»); — 15» le
Jugement dernier (f. 103 r»), avec quatre miniatures marginales : a. David
jouant de la harpe devant le roi Saùl; b. le roi David en prière; c. une
Bataille; d. un Messager remettant une lettre à David; — 16» Jésus crucifié
(f. 122 V»), avec quatre miniatures marginales : a. l'Arrestation de Jésus;
b. Jéstis devant Pilate; c. la Flagellation; d. le Portement de croix; — 17» la
Descente du Saint-Esprit (f. 130 v»), avec quatre miniatures marginales:
a. le Baptême de Jésus; b. un Apôtre administrant le baptême; c. un Apôtre
préchant l'évangile; d. la Dispersion des apôtres; — 18» la Mort d'un juste
(f. 137 r»), avec quatre miniatures marginales : a. la Confession; b. VEnse-
velissement du mort dans un drap ; c. le Transport du cercueil par quatre
religieux; d. l'Enterrement; — 19» la Sainte Vierge avec l'Enfant Jésus et
deux anges jouant (f. 187 v»); — 20» la Sainte Trinité (f. 194 r»). Ces
miniatures ont la forme d'un rectangle cintré par le haut, et leurs dimen-
sions vaiient entre 88 et 90 millimètres de hauteur et 52 et 63 millimètres
5
66 MANUSCRITS.
de largeur. Celles qui ne sont pas accompagnées de sujets marginaux
ont à leur place une large bordure.
Les petites miniatures représentent: 1<* s. Michel terrassant le dragon
(f. 198 ro); — 2» s. Jacques, l'apôtre (f. 198 V»); — S» s. Christophe
(f. 199 v»); — 4» s. Sébastien (f. 200 v<>); — 5o la Décollation de s. Jean-
Baptiste (f. 201 v»); — 6» s. Antoine (f. 202 v«); — 7» la Décapitation de
sainte Catherine (f. 203 t*^) ; — 8® s'« Geneviève, avec le diable qui éteint
son cierge à l'aide d'un soufilet, et l'ange qui le rallume ; au fond, une
'vue de Paris (f. 205 r*»); — 9® Jésus apparaissant à Marie-Madeleine
(f. 204 v<>) ; — lOo s'* Marguerite (f. 205 v«). De ces miniatures, la 1", la
6® et la dernière forment un rectangle cintré par le haut, et ont 63 mil-
limètres de hauteur; les autres, de forme presque carrée, ont 45 à 46 mil-
limètres de hauteur sur 39 à 41 de largeur.
L'art de ces peintures appartient à la même école que celui des Hem^s
du Grand Bâtard de Bourgogne, mais le pinceau de l'artiste qui les a exé-
cutées a ici plus de (inesse et plus d'éclat dans le coloris. Le talent de
composition incontestable se révèle plus particulièrement dans les minia-
tures marginales, où, dans un petit espace, le peintre a souvent su groa-
per avec art un assez grand nombre de personnages. La présence de
l'image de sainte Geneviève, patronne de Paris, accompagnée de
prières spéciales, et le caractère général de ces peintures prouvent qu'il
faut les ranger au nombre des produits de l'art parisien.
Chacune des pages du texte est ornée, sur la marge extérieure, d'un
montant de bordure décoré avec goût, où la tlore et la faune se com-
binent avec de beaux rinceaux peints en or et en azur ; le dessin de ces
compositions varie à chaque feuillet. Le texte est en outre orné de plu-
sieurs milliers d'initiales richement enluminées et de tirets [diaprés qui
garnissent les bouts des lignes. Il est écrit en beaux caractères gothiques,
avec les titres en bleu. Au f. 187 v® commence le texte français de Quini^
Joyes de la sainte Fierge, suivi (f. 194 r*») des Sep* requestes adressées ^
Dieu et terminées par une prière à la sainte croix, en vers français (f. 197)-
La reliure de ce volume est du plus beau style Grolier. Le dos port^
un semis de fleurs de lis, et dix fleurs de lis isolées figurent sur chacun des
plats, au centre desquels on lit cette devise : Humilité je prise ^ accompa^
gnée au-dessus et au-dessous de la date de 1558. Or, c'est précisément
l'année du mariage de Marie Stuart avec François II, et la reine, aprè5
la mort de ce prince, a dû emporter ce livre, avec beaucoup d'autres, car
il provient îl'une famille d'Ecosse où traditionnellement il était transmis
de père en fils comme un précieux souvenir de cette belle et infortunée
princesse. Il est clair qu'il n'avait pas été fait spécialement pour elle qui
ne vint au monde qu'en 1544, tandis que son exécution parait remonter
à la période comprise entre l'année 1480 et la fin du siècle. On trouvera,
au catalogue illustré, la reproduction de cette belle reliure.
24. HORiE. — ln-8 carré, de i85ff. ; miniatures, bordures
et lettres ornées ; mar. rouge, doré en plein à petits fers,
tr. dor. (? Eue).
Charmant manuscrit sur vélin, exécuté en France dans la seconde
moitié du XY^ siècle.
THÉOLOGIE. 67
Il est orné de cinq grandes miniatures et de soixante-dix-hdit petites.
Dans le calendrier, qui occupe les douze premiers feuillets, et qui est
écrit en français, en or, azur et carmin, on remarque les noms de
6". Lomer, s. Bandent, s, Mettran, s. Desier^ s, Verain, s'« Venice, s, Boutoul,
s. Mondain, s. Mathelin, s, lybault, s. Osonans, s. Fiacre, s. Godegrand,
s, Fauste, etc.
Les cinq grandes miniatures (H. : 0™,079; L. : 0",048) ont pour sujets :
i® V Annonciation (f. 28 r»); — 2^ le roi David en prières (f. 67 r»); —
3« Jésus en a'oix (f. 34 r») ; — 4° la Descente du Saint-Esprit (f. 88 r^) ; —
5® la Mortj armée d'une flèche, poursuivant un homme, qui, pour lui échap-
per, se précipite dans un fleuve ; dans un cartouche, au-dessus, on lit ces
deux vers :
Tous ceulx qui sont et seront
Par ce pas mortel passeront.
Les petites miniatures représentent : 1® s, Jean (f. 13); — 2® s. Luc
(f. 14); — 30 s. Matthieu (f. 15) ; — 4° s. Marc (f. 17); — î)^ l'Arrestation de
Jésus (f. 18); — 6® la Visitation de sainte Elisabeth (f. 37); — 7° la Nativité
(f. 47); — S^ V Annonciation aux bergers (f. 51); — 9° V Adoration des
Mages (C. 54); — lu*» la Présentation au temple (f. 57); — 11° le Massacre
des innocents (f. 60); — 12° le Couronnement de la Vierge (f. 62); — 13® la
Vierge adorée par les saints (f. 119); — 14° la Vierge instruisant VEnfant
Jésus que soutient un ange (f. 121); — 15° la Vierge à la pomme, (f, 122); —
16° la Vierge au croissant (f. 124); — 17° la Vierge au navire (f. 125); —
18° la Vierge glorieuse {î. 127); — 19° la Vierge assise, tenant l'Enfant
Jésus (f. 128); — 20° la Vierge apprenant à lire à l'Enfant Jésus (f. 132);
— 21° Jésus crucifié, sur les genoux de sa mère (f. 135); — 22° s. Ber-
nard (f. 136); — 23° Dieu le père entouré de chérubins (f. 137); — 24° la
Trinité, représentée soas la figure de trois personnages (f. 138); —
25° Jésus-Christ tenant un rameau à la main (f. 139); — 26° Jésus en croix,
au pied de laquelle est agenouillé un personnage (f. 141); — 27° VEnfant
Jésus portant les instruments de la passion (f. 142) ; — 28° Jésus portant sa
croix (f. 145); — 29° le Couronnement d'épines (f. 147); — 30° Jésus dans sa
gloire (f. 147 v°); — 31° la Flagellation (f. 148); — 32° Dieu le père dans sa
gloire (f. 148 v°); — 33° un Personnage à genoux devant Dieu (f. 149); —
34° le Mariage mystique de sainte Catherine (f, 151); — 35° sainte Catherine
au milieu des docteurs (f. 151 v°); — 36° la Flagellation de sainte Catherine
(f. 152); 37° sainte Catherine convertissant une reine et un nommé Prophyre
(f. 153); — 38° sainte Catherine devant la roue (f. 154); — 39° la Décolla-
tion de sainte Catherine (f. 154 v°); — 40° les Anges emportant au ciel le
corps de sainte Catherine (f. 155); — 41° sainte Catherine devant son pu-
pitre (f. 156); — 42° le Baptême de Jésus-Christ (f. 157); — 43° la Descente
du Saint-Esprit (f. 1 58) ; — 44° un Personnage embrassant le crucifia que
lui tend un prêtre devant l'autel (f. 158 v°); — 45° s. Michel (f. 159); —
46° s. Pierre devant lequel est agenouillé un personnage (f. 159 v°); — 47° le
MaHyre de saint Paul (f. 160); — 48° s. André (f. 160 v°); — 49° s. Jacques
(f. 161); — 50° s. Jean-Baptiste; au fond, une charmante vue d'une grande
ville (f. 161 v°); — 51° le Martyre de saint Etienne (f. 162); — 52° s. Denis,
68 MANUSCRITS.
s. Georges, s, Christophe, s. Biaise, s. Gilles (f. 162 v®); — 53* «. Antoine
(f. 463); — 54» s, Sébastien (f. 164); — 55» s. C^mtop^ic (L 166); —
56» s. jEttirope (f. 167); — 57* s. Nicolas (f. 167 v»); — 58»5. Fiacre (f. 168);
— 59» s. Julien (f. 168 v«); — 60» s. Cdme et s. Damien (f. 169); — 61» 5.
Gatien (f. 169 v»); — 62» s. Martin (f. 170); — 63» s. Avertin (f. 171); —
64» s. Laurent (f. 171 v»); — 6o» 5. Claude (f. 172); — 66« 8. Mathurin
(f. 173); — 67» s. Corneille et s, Cyprien (f. 174); — 68» le Martyre de
s. Thomas-Becket (f. 174 v»); — 69» 5. Anthelme (f. 175); — 70« sainte Anne
instruisant la Vierge (f. 175 v»); — 71» Jéms apparaissant à Marie-Made-
leine (f . 1 76) ; — 72» sainte Marguerite (f . 1 76 v») ; — 73» sainte Barbe (t. 1 77);
— 74» sainte Apolline {t 177 v»); — 75» sainte Radegonde (f. 178); —
76» la Trinité (f. 179); — 77» Trois Personnages agenouillés devant tm autel
(f. 182); — 78» la Descente du Saint-Esprit (f. 183).
Voilà, certes, une riche iconologie des saints, et (l*antant plus remar-
quable que les petites miniatures, dont les dimensions varient entre 24 et
28 millim. de hauteur, et 20 et 33 millim. de largeur, sont touchées ayec
beaucoup d'art et de finesse.
Toutes les pages du texte, qui est écrit avec soin et orné d'on très
grand nombre d'initiales et de tirets enluminés, portent à la marge
extérieure une large bordure composée avec goût. Les cinq pages
décorées de grandes miniatures sont renfermées dans des encadrements
d'une ornementation encore plus riche, où la faune et la flore sont habile-
ment associées. Le texte contient beaucoup de proses latines.
Les miniatures de ce volume n'ont pu être exécutées que par nn de nos
meilleurs peintres. Leur style se rapproche sensiblement de celui des minia-
turistes parisiens ; toutefois, comme sainte Geneviève, patronne de Pans,
n'a point ici été représentée parmi les nombreuses effigies des saintes, et
que son nom ne figure même pas au calendrier où Ton tronve, an con-
traire, bon nombre de saints vénérés particulièrement dans la région plus
septentrionale de la France ; et que d'un autre côté la miniature du f. 121
représente Notre-Dame de Laon, accompagnée d'une prière spéciale (Oratio
ante nostram Dominam de Loduno), on est amené à en conclure que notre
manuscrit a dû être exécuté dans cette contrée. Celui qui Tavait commandé
est représenté dans cinq peintures (la 26», la 33», la 44», la 46* et la 77»),
mais aucun indice ne permet de dévoiler son anonymat; tout au plus, de
l'absence de tout emblème héraldique et aussi du costume des person-
nages, pourrait-on inférer que ce devait être non pas un gentiUionuDie,
mais un riche roturier.
La conservation de ce charmant manuscrit est parfaite et les peintures
sont d'une rare fraîcheur. Il est couvert d'une fort jolie reUnre da
XVI» siècle, qui est bien dans le style de celles qu'on attribue à l'un des Ere.
25. HEURES. — Pet. in-8 carré, de i44 C; miniatures,
bordures, lettres ornées; ais de bois recouverts de Ydoiirs
rouge, tr. dor.
Manuscrit de toute beauté, sur vélin, exécuté en Franee dans la se-
conde moitié du XV" siècle, pour CATHERINE D'ARMAGNAC^ épousa de
JEAN II, dit le Bon, duc DE BOURBON.
i 1^
THÉOLOGIE, 69
Il est orné de vingt-quatre petites MiNiATUitES au calendrier et de
TREIZE GRANDES MINIATURES. Le Calendrier, écrit en noir et en bleu, occupe
les six premiers feuillets. Chacune de ses pages est ornée, sur le côté ex-
térieur, en regard du texte, d'un montant de bordure divisé verticalement
en trois compartiments égaux, dont les dimensions ne dépassent pas
78 millim. de hauteur, sur 21 millim. de largeur. Les compartiments supé-
rieurs renferment de petits sujets relatifs aux travaux des populations
rurales ou aux distractions de la vie seigneuriale; les compartiments
inférieurs représentent les signes du zodiaque ; ceux du milieu, servant
de démarcation, sont garnis de touffes de plantes fleuries, sur fond d*or,
et le même motif se répète deux fois de suite. Ces charmantes peintures
fournissent des spécimens variés des costumes des deux sexes.
Dans le calendrier, qui est en latin, on remarque les noms de : s, Aldric
évoque du Mans (7 j^nv.), s. Julien, premier évêque du Mans (27 janv.),
s, Aubin, évoque d'Angers (!•' mars), s. Tiburce, évêque du Mans
(16 avril), s, Liboire, évêque du Mans (9 juin), s, Pavace, évêque du Mans
(24 juill.), s. Maurille, évêque d'Angers (13 sept.), s, René, désigné
comme évêque d'Angers (12 nov.). Chacun de ces noms étant excep-
tionnellement suivi de la mention du siège épiscopal occupé par le
saint, il faut en conclure que ce manuscrit a été écrit dans ie Maine ou
dans l'Anjou.
Les grandes miniatures, exécutées par une autre main que celles du
calendrier, offrent un échantillon de ce que l'art français au XV* siècle a
produit de plus parfait. Leur forme est celle d'un parallélogramme cintré
par le haut (H. : 0«»,074; L. : 0«»,048).
La première (f. 27 r«), qui a pour sujet I'Annonciation, est un chef-
d'œuvre d'expression et de grâce. L'architecture du temple où se passe la
scène est très riche. (Voir une reproduction au catalogue illustré.)
La seconde (f. 41 v°) représente la Visitation de sainte Elisabeth. Une
douce joie se peint sur les traits de la Vierge, à la blonde et ample che-
velure, avec laquelle contraste vivement la figure réjouie de sainte Elisa-
beth agenouillée. Le paysage est ravissant et la perspective est par-
faite; les maisons, en bois, avec leurs pignons et leurs cheminées
rondes , comme on en voit tant en Touraine, apparaissent au milieu des
arbres.
La troisième (f. 51 r<») est une Nativité. L'Enfant Jésus, étendu à terre
et entouré d'une auréole lumineuse, reçoit aussi des rayons célestes à
travers le toit délabré de la crèche^ La Vierge est agenouillée et en ado-
ration. Saint Joseph, à la figure expressive, se découvre. L'aurore qui
commence à poindre ne fait qu'augmenter l'effet mystérieux de cette scène
sublime que des bergers viennent contempler par une ouverture.
La quatrième (f. 55 r°) représente I'Annonciation aux bergers. L'effet
de nuit, accompagnement obligatoire de cet épisode, n'a peut-être nulle
part été aussi bien rendu et avec autant de poésie que dans ce petit chef-
d'œuvre. L'ange lumineux apparaît dans toute la splendeur d'un or écla-
tant qui se détache sur un ciel d'un bleu sombre où brillent les étoiles. Le
profil des trois bergers et d'une bergère, assis autour d'un feu auquel la
lumière céleste a fait perdre son éclat, ressort vigoureusement grâce à la
pureté du dessin. Le paysage est charmant; il nous montre, à droite, un
70 MANUSCRITS.
château fort dominant une hauteur sur le versant de laquelle patt un
troupeau de [moutons, tandis qu*au fond, à gauche, au pied des coteaux
bleuâtres, un fleuve coule paisiblement à travers les îles.
Dans la cinquième (f. 59 r**), nous assistons à rÀDORATiON des Mages.
L'artiste fait contraster ici l'effet du crépuscule avec celui de Taurore du
tableau de la Nativité. Au fond, le soleil couchant éclaire de ses derniers
rayons la silhouette des édifices d'une ville. Le regard de la Vierge est
concentré sur son fils, qu'elle tient sur ses genoux et qui tend ses bras
vers la coupe que lui présente un des rois mages.
La sixième (f. 62 v<>) a pour sujet la Présentation de l'Enfant Jésus au
Temple. La belle ordonnance de la composition, l'attitude des nombreux
personnages qui assistent à cette cérémonie, l'expression des tdtes, la
perfection de l'exécution et la beauté du coloris attestent un artiste
consommé. «
Dans la septième (f. 66 r^), qui représente la Fuite en Égtpte, ioat est
en pleine lumière. L'expression du visage de saint Joseph, plein de ten-
dresse et de sollicitude pour la Vierge, tenant son fils, et dont il guide la
monture, est touchante. Le paysage du fond est d'un effet charmant.
La huitième (f. 72 t^) nous offre I'Assomption de la Vibhgb.- Drapée
dans un voile doré aux plis dessinés simplement, mais où l'artiste a
montré son habileté, la Vierge s'éfève vers le ciel, enveloppée de rayons
et portée sur un plateau d'azur que soutiennent des anges dont on ne
voit que les charmantes têtes, ceintes d'un léger bandeau surmonté d'une
croix. Aux deux côtés de la Vierge, deux anges vêtus de blanc se déta-
chent sur le ciel et tiennent une couronne au-dessus de sa tête. Dans
le haut de cette belle composition est Dieu le père, entouré de diè-
rubins. L'admirable expression de la tête de la Vierge, malgré l'exiguïté
des dimensions, inspire une vive émotion.
La neuvième (f . 77 r^) représente le Christ en croix. Composition d*an
effet poignant ; la douleur profonde de la Vierge est fort bien rendue.
La dixième (f. 80 r«), la Pentecôte.
La onzième (f. 83 r^*), I'Ascension. Le Christ, assis sur un .aro-en-ciel,
et les pieds posés sur un autre, est entouré d'anges qui tiennent les ins-
truments de la passion. L'expression de sa physionomie est des plus heu-
reuses et d'un peintre véritablement inspiré. Au bas, on voit d'un cdté les
élus, de l'autre les réprouvés.
La douzième (f. 96 t^) représente Job sur son fumier. Sa tête et son
attitude sont pleines de noblesse; il est drapé avec fierté dans ses
haillons.
La dernière (f. 143 t^) n'a plus trait à la Bible. On y voit la sainte
Vierge, en costume de reine et la tête couronnée, donner la. communion
à une jeune prisonnière, à la tête nimbée, qui se montre, les mains
jointes, à la fenêtre garnie de barreaux d'une tour crénelée. Deirière la
Vierge, des anges vêtus de blanc portent l'un une croix, d'autres des
cierges allumés; le plus rapproché tient le saint linge et deux linrettes.
On peut mettre hardiment cette miniature au rang des plus beaux tableaux
de l'école française. D'après une prière en vers placée à la suite, cette
scène offre un épisode de la vie de sainte Avoie {Avia)^ vierge et mar-
tyre. Son culte a jadis été très répandu dans certains diocèses de la
THEOLOGIE. 71
France; Paris possédait même une église placée sous son invocation.
C*est peut-être l'unique représentation que nous ayons de cette sainte, et
l'on ne paraît même pas avoir connu ses attributs, attendu qu'il n'en est
fait aucune mention dans le savant ouvrage du R. P. Cahier, les Caracté-
ristiques des saints.
On ignore le nom du grand artiste à qui l'on doit ces admirables pein-
tures dignes de Jean Fouquet ; on peut toutefois affirmer qu'il apparte-
nait à l'école de Touraine.
Les encadrements et les bordures des pages, dont les motifs d'orne-
mentation sont empruntés à la flore, à la faune, et très souvent aussi au
domaine du merveilleux, offrent une grande originalité d'invention. On
y rencontre quelquefois de petits sujets de genre, tels qu'une fîleuse,
un écuyer avec son cheval, une dame avec son chien, etc. Les pages con-
tenant des miniatures^ sont complètement encadrées; les autres n'ont
qu'un simple montant de bordure, ou sont sans aucun ornement. Ce
qui est aussi à remarquer, c'est l'agencement de ces bordures, dont
l'ornementation des deux côtés d'un même feuillet est absolùmenjt iden-
tique, mais tracée en contre-partie, et répétée de telle sorte que le des-
sin se correspond trait pour trait, au point qu'un feuillet ainsi décoré,
se trouvant opposé à la lumière, présente, grâce à la blancheur et à
la finesse du vélin, comme un vitrail où l'on ne distingue qu'une
ornementation unique et d'une grande intensité par suite de cette juxta-
position.
Dans l'encadrement de la première miniature, on voit, au bas de la
page, un cerf et une biche, couchés sur la verdure au milieu d'un enclos,
et portant au cou un collier bleu. Cet emblème du cerf, qui est celui des
ducs de Bourbon, se rencontre, sous une autre forme, dans plusieurs
bordures. A la même page figurent, répétées quatre fois, les initiales ï K
Uées par une cordelière, qu'on retrouve d'ailleurs en bien des endroits de
ce volume : ce sont celles du duc de Bourbon et de son épouse, pour qui
ce livre d'heures a été exécuté. Jean II, duc de Bourbon et d'Auvergne,
surnommé le Boriy et aussi le Fléau des Anglais, né vers 1426, devint con-
nétable de France en 1483. Après avoir perdu, en 1482, sa première
femme, Jeanne de France, fille du roi Charles VU, il épousa en 1484
Catherine d'Armagnac, fille de Jacques d'Armagnac, duc de Nemours, et
de Louise d'Anjou. Cette seconde union fut de courte durée, car la jeune
duchesse mourut en couches en mars 1486, et cette circonstance nous
explique pourquoi les peintures de ce livre n'ont pas été achevées. En
effet, bien qu'il soit évident que l'artiste se proposait de mettre une bor-
dure ornée à chaque page, un certain nombre n'en ont point; l'écusson
destiné à recevoir les armoiries du duc et de la duchesse, qui se trouve
dans l'encadrement des miniatures des ff. 41 , 62 et 77, est resté en blanc.
D'autres indices encore, à part les initiales et l'emblème, prouvent que ce
manuscrit a été fait incontestablement pour Catherine, duchesse de Bour-
bon : d'abord le nom de sainte Catherine est inscrit en bleu dans le
calendrier, ce qui n'a lieu ici que rarement; ensuite, tout au commen-
cement du volume, se trouve une dévote oraison à la même sainte, en vers
français, contenant le récit de sa vie et de son martyre, oraison suivie
d'une antienne et d'une prière en latin. Immédiatement après vient une :
72 MANUSCRITS.
Dévote oroison à saincte Avoye
Qui les gens ajde et avoye.
écrite en vers latins, malgré ce titre en français, et plosienrs antiennes
et oraisons en Thonnear de la même sainte, ce qoi, joint à^ sa repré-
sentation dans la dernière miniature, constate que sainte Avoie était
aussi une patronne de la duchesse de Bourbon.
Mais ce qui mérite de fixer plus particulièrement Tattention des icono-
graphes, c'est la figure de la sainte Vierge. Dans tontes les miniatares
où elle est représentée, mais notamment dans les deux premières et dans
la dernière, c'est toujours le même type, emprunté à la réalité et non à
l'imagination. L'intention du peintre d'y reproduire les traits d'une même
personne est évidente, de sorte qu'on pourrait presque affirmer que nous
avons là, sous nos yeux, le portrait de la duchesse de Bourbon, avec
sa blonde chevelure.
Ce beau livre a dû avoir trois miniatures de plus : l'une à la suite du
calendrier, au début du P' chap. de Vévangile de saint Jean; une autre
entre les ff. i2 et 13, au commencement da chap. xviii du même évan-
gile ; une troisième entre les ff. 21 et 22, en tête de la dévote oraison à
sainte Catherine, en vers français. Dans chacun de ces trois cahiers^
l'absence d'un ou de deux feuillets est facile à constater. La suppression
de ces miniatures est d'autant plus regrettable que très probablement,
à en juger par le texte qui les accompagnait, les deux premières donnaient
le portrait du duc Jean de Bourbon , et la troisième , encore une fois,
celui de la duchesse Catherine.
Le texte même de ces heures, d'une belle écriture gotbiqqe, orné de
plusieurs milliers d'initiales et de tirets enluminés, avec titres en bleu et
en rouge, offre un intérêt exceptionnel, en raison d'un certain nombre de
prières et surtout de pièces originales en vers français. On y trouve,
comme nous venons de le dire : une Dévote oraison à sainte Catherine, sans
commencement, et qui, telle qu'elle est, compte soixante-onze vers dont
les premiers sont :
Mon âme et mon corps te présente.
Qu'il te plaise à les garder
De mal faire et de mal penser;
— une Dévote oraison à sainte Avoie, en vers latins et firançaU alternés;
— deux prières en prose à Jésus-Christ (fï. 135-138), dont l'une prouve
une fois de plus que ce livre a été fait pour une femme {Beau tirti Dieux
soyez débonnaire à moy pécheresse); — une Prière à la sainte Vierge
(ff. 138-139), composée de cinquante-six vers, dont les premiers sont:
Doulce vierge Marie
En qui humanité
Prist cellui qui est vie
Et voye de vérité...
— une autre prière en prose (ff. 139-142);— enfin une PHtfrtfdfoMtAiwit
(ff. 143-144), qui compte cinquante-deux vers, dont les premiecB sont:
) ■
THÉOLOGIE. 73
Saincte AToye vierge glorieuse,
Mère de Dieu, fille et espeuse,
Violette d'uinilité
Lis de pure virginité...
La conseiTation de ce beau volume est tout à fait exceptionnelle. Le
timbre d'une bibliothèque a été gratté en plusieurs endroits. A la pre-
mière page du calendrier, on lit ces mots presque effacés : Pierre Vischer
àBasîe, 1793.
26. HORiE. — In-i6, de 209 ff. ; miniatures, bordures, lettres
ornées; chagrin noir, orné d'une garniture historiée en
argent ciselé, avec fermoir.
Admirable manuscrit sur vélin, de Técole flamande, exécuté dans la
seconde moitié du XV® siècle. C'est un des plus beaux qu'on connaisse en
ce genre, et sa célébrité est déjà grande sous le nom de manuscrit de
Bure, car c'est de la collection de ce bibliophile qu'il a passé dans celle de
M. Didot. Il a cent cinq millimètres .de hauteur sur soixante-dix-huit mil-
limètres de largeur.
Son origine flamande est attestée non-seulement par le style de ses
merveilleuses peintures, mais aussi par le texte du calendrier, très sobre en
indications (il ne donne souvent que huit ou neuf noms de saints pour
tout un mois), où pourtant on trouve un assez grand nombre de noms
de saints dont le culte est plus spécial aux Flandres et aux Pays-Bas,
tels que : s'® Aldegonde, fondatrice de l'abbaye des chanoinesses de Mau-
beuge ; s. Amand, évoque de Maëstricht et l'un des patrons de la ville de
Gand; s. Medard, évoque de Tournai; s. Willibald; s. Lambert, patron de
Liège ; s. Hubert, premier évêque de cette ville.
Ce calendrier, qui commence au verso du premier feuillet et se con-
tinue pendant vingt-quatre pages suivantes, à raison de deux pour chaque
mois, est écrit en noir avec un petit nombre de lignes en rpuge. Chaque
page est renfermée dans un cadre d'une ornementation délicieuse. A l'ex-
ception des deux premiers, composés de modèles de bijoux peints sur
un fond bleu foncé, tous les autres offrent une succession variée de fleurs
et de fruits au milieu desquels rampent les chenilles et les limaçons, ou
voltigent les oiseaux, les mouches, les cigales et les papillons aux ailes
multicolores, peints au naturel sur fond or mat. Le choix de ces motifs de
décoration, principalement pour les fleurs et les fruits, est souvent en rap-
port intime avec le moment de leur apparition dans le règne de la nature.
Ainsi les violettes dominent dans les bordures du mois de mars, les fraises
ornent les cadres du mois de mai, les grappes de raisin remplissent ceux
du mois de septembre, etc. Dans la bordure inférieure de chacune des
pages, se trouve enchâssé un petit médaillon dont la peinture offre alter-
nativement un sujet de genre emprunté aux occupations propres à cha-
que mois, et la représentation figurée d'un des signes du zodiaque; on
y remarque, au mois de mai, un canot conduit par deux rameurs et
monté par une jeune dame, en compagnie d'un seigneur.
A part ces vingt-quatre miniatures, on y trouve encore trente-deux
74 MANUSCRITS.
autres, dont seize de la grandeur des pages, et seize antres renfermées
dans des lettres initiales.
Les grandes miniatures ont 64 à 65 millimètres de hantear sur 41 à
42 millimètres de largeur, non compris le cadre. Toutes occnpent les
versos des feuillets dont les rectos sont blancs.
La première (f. 14) représente Adam et Eve dans le paradis terrestre,
devant le fatal pommier autour duquel est enroulé un serpent à tête de
démon caché sous la figure d'un ange aux ailes de chauve-sonris.
La seconde (f. 1 6) offre l'image du Christ à mi-corps, bénissant d'une
main, et tenant le Monde dans l'autre.
La troisième (f. 19) a pour sujet Jésus en croix, ayant k ses côtés la
Vierge et saint Jean.
La quatrième (f. 26) représente la Descente du Saint-Esprit.
Dans la cinquième (f. 32) la Vierge, en buste, tient l'Enfant Jésus.
La sixième (f. 44), ayant pour sujet 1 'Annonciation, est d'une finesse
merveilleuse.
La septième (f. 63) représente la Visitation de sainte Éusabeth.
La huitième (f. 75) représente la Natiyité dans un décor très pitto-
resque.
La neuvième (f. 81) a pour sujet I'Annoncution aux bergers.
La dixième (f. 86) offre une Adoration des mages, entourée d*an grand
faste.
La onzième (f . 97) représente la Fuite en Egypte ; elle est d'un carac-
tère réaliste.
La douzième (f. i05) offre le spectacle du Massacre des innocents, où
le drame n'est qu'indiqué, l'artiste ayant voulu nous épargner la vue du
sang des victimes.
La treizième (f. 112), d'une beauté extraordinaire, représente le Cou-
ronnement DE LA Vierge.
Dans la quatorzième (f. 122) on voit le roi David en prière.
La quinzième (f. 144) nous fait assister à un Service funèbre en com-
mémoration des morts.
Enfin la seizième (f. 1 87) représente Jésus descendu de la croix.
Les seize petites peintures ont pour sujets des effigies de saints et de
saintes : l^ s. Louis (f. 195 r») ; — 2<> s. Michel (f. 196 r«); — 3« f. Jean-
Baptiste (f. 196 vo); — 4° s. Pierre et s. Paul (f. 197 r«); — 5« s. Jacques
(f. 197 v«>); — 60 $. Antoine de Padoue (f. 198 v»); — 7« «. François aux
stigmates (f. 199 v») ; — 8* s. Jérôme (f. 200 r<>); — 9» «. Nicolas (f. 200 v«);
10«> s^ Marie-Madeleine (f. 201 v<»); — 11° s'* Catherine (f. â02 r»); —
12° s'« Barbe (f. 203 ro); — 13o s*' Suzanne (f. 204 r«); — 14* i^ Marfpiô'
rite (f. 204 v») ; — IS*» la Toussaint (f. 205 ro) ; — 16* s. Athanase (f. 206 r*).
Elles sont presque carrées et ont 25 millimètres de côté.
Un examen attentif de toutes ces peintures démontre qne phuieors
mains ont concouru à leur exécution. L'artiste qui a peint le Christ à mi-
corps, la Vierge avec l'Enfant Jésus, Y Annonciation et le CouronnemmU de
la Vierge était incontestablement un des maîtres de son temps» Des con-
naisseurs n'bésitent pas à l'attribuer à Jean Hemling on MemÛng, morteo
1495 et sumonmié le Virgile de l'art fiamand; on y trouve, en effet, les
qualités maltresses qui le distinguent assez nettement de ses contam-
THÉOLOGIE. 75
porains : c'est la même pureté du dessin, la môme entente du coloris, la
même finesse du pinceau, le même charme dans Texpression, et le talent
de l'artiste grandit en raison même de l'exiguïté du cadre. Les têtes sont
d'une beauté idéale et les chairs d'un modelé exquis : tout y est simpli-
cité et douceur. Quoi qu'il en soit, d'ailleurs, de leur paternité, ce
sont bien certainement de rares chefs-d'œuvre de l'art du miniaturiste.
Les autres peintures procèdent, en général, du même esprit et des
mêmes principes, et leur exécution est admirable ; les têtes sont étudiées
avec le plus grand soin, et l'expression individuelle est rendue avec un
rare bonheur. Nous pensons qu'on peut y reconnaître le pinceau de deux
artistes au moins, et d'un mérite inégal.
Toutes les pages où se trouvent de grandes miniatures, ainsi que les
pages en regard, de même que celles ornées de petites miniatures, sont
entourées d'encadrements semblables à ceux du calendrier. La plume est
impuissante à décrire l'eflfet que produisent ces délicieuses bordures,
d'une variété extrême ; ce sont des bijoux d'élégance où l'artiste fait passer
devant nos yeux des fleurs aux couleurs tendres ou vives, des oiseaux
au plumage éclatant, des quadrupèdes, etc., et une foule de sujets
grotesques dont certains témoignent d'une imagination extravagante.
La nature y est saisie sur le vif, et tous ces motifs de décoration se
détachent merveilleusement sur un fond or mat, vert, bleu ou rouge
pourpre.
Le texte, écrit en caractères gothiques avec la plus grande régularité,
estx)rhé de centaines de charmantes initiales en or et en couleurs; le vélin
est d'une finesse et d'une blancheur remarquables.
Sur le premier feuillet de garde, on lit la signature de J.-J. de Bure
l'alné et la date du 23 janvier 4826.
La conservation de ce volume est irréprochable.
27. OFFICIUM B.MARIiEVIRGINlS.—In-S carré, de 120 ff.;
miniatures, bordures et lettres ornées ; peau de truie, riches
ornements à froid, tr. dor. , feï'moirs en argent oxydé ; dans
une boîte en peau de truie [Trautz-Bauzonnet).
Précieux manuscrit de l'école flamande, sur VÉLIN NOIR, exécuté à la
fin du XV® ou au commencement du XVI° siècle.
La première page offre le titre ci-dessus, suivi, en guise de fleuron,
d'une grande fleur de lis héraldique renfermée dans une couronne
murale. Le calendrier occupe les douze feuillets suivants, et le texte com-
mence par les heures de la croix.
Il est orné de quatorze miniatures d'une grande fraîcheur (H.: 0™,H0;
L. : 0",058) dont chacune, encadrement compris, couvre la page entière
(H.: 0™,i54; L. : 0",104). En voici les sujets : 1« Jésus en croix (f. 14); —
2® la Descente du Saint-Esprit (f. 18); — 3** la Vierge assise, tenant l'Enfant
Jésus que des anges amusent (f. 22) ; — 4® l'Annonciation (f. 29) ; — 5® la
Visitation de sainte Elisabeth (f . 39) ; -. 6° la Nativité (f. 49) ; — ?<» l'An-
nonciation aux bergers (f. 54) ; — 8*» l'Adoration des rnages (f. 58) ; — 9® le
Massacre des innocents (f. 62); — 10° la Euite en Egypte (f. 66); — 11<> le
Couronnement de la Vierge (f. 72); — 12° le roi Jki.vid en prières dans le
76 MANUSCRITS.
désert (f. 76); — 13» la Résurrection de Lazare (t. 93); — 44« im Service
funèbre (f. 98).
Toutes ces miniatures sont peintes an verso des feuillets qui ont les
rectos inoccupés. L'exécution en est fort habile et d'une grande déli-
catesse de touche. Les bordures qui leur servent d'encadrements sont
peintes en or sur fond bleu; Tomementation est d'un style parti-
culier, peu commun : elle consiste en un feuillage peu touffa, avec
fleurs et fruits, entremêlés de petits rinceaux qu'accompagnent des
oiseaux, des quadrupèdes, des grotesques ou des chimères. L'aspect de
la page ainsi enluminée est très gracieux : on croirait avoir devant ses
yeux de beaux émaux du moyen âge. Le soin particulier donné aux
figures, la préoccupation prédominante de leur imprimer une expression
naturelle et fortement individualisée, enfin le coloris et aussi les accessoires,
tels que costumes, motifs de décoration, etc., accusent suffisamment la
main d'un artiste flamand. Cette origine est encore confirmée par l'exa-
men du calendrier, où, sur une centaine d'indications qu'il oflfre en tout,
on trouve relativement un grand nqmbre de noms de saints flamands,
tels que : s. Amand, s. Waast, s. Lambert, s. Bavon, etc.
Le texte est entièrement écrit en lettres d'argent gothiques, avec titres
en or, et orné de belles initiales peintes en or sur fond vert. Ce qui est
rare, c'est que l'argent a presque partout conservé son éclat primitif, et
se détache vigoureusement sur le noir funèbre du vélin, ce qoi produit
un effet assez étrange. La plupart des pages du texte sont entourées de
bordures semblables à celles dont nous avons parlé plus haut.
Assurément c'est un tour de force que l'exécution de ce manuscrit, et
cette tentative n'a sans doute pas eu J)eaucoup d'imitateurs, car il ne
parait en exister aucun autre spécimen. Cette haute curiosité iconogra-
phique provient de la collection de M. Yemeniz, dont le chifl&re figure sur
les plats de la reliure et aux fermoirs. Elle a été acquise à sa Tente par
M. Didot au prix de 6,000 francs.
28. HOKM AD USUM ROTHOMAGENSEM. — In^ carré, de
78 fT. ; miniatures, bordures et lettres ornées; velours
rouge, tr. dor., fermoirs en aident {anc. rei.); dam un
étui de mar. bleu (Lortic).
Précieux manuscrit sur véun, exécuté au commencement du XVI* siè-
cle pour la reine ANNE DE BRETAGNE.
Les six premiers feuillets sont occupés par un calendrier illostrè avec
luxe, et dont voici la disposition : la page est entourée d'un cadre archi-
tectural peint en camaïeu, en or; au bas du texte, sur toute la largeur,
un rectangle (H. : 0^,034 ; L. : 0'^,091) renferme la représentation historiée
d'un des signes du zodiaque ; le côté extérieur de la page, en regard da calen-
drier, offre un petit panneau en hauteur (H. : 0»,123; L. a«,058 à 0^,032)
rempli par une charmante miniature dont le sujet est emprunté à la vie
des champs et de château, en rapport avec les occupations propres à
chaque mois. Ainsi celle de Janvier représente un seigneur à table; celle
de Février^ le roi lui-môme se chauffant debout devant une grande che-
minée dont le dessus porte un écusson aux armes de France, et la ftise.
THEOLOGIE. 77
une inscription qui ne paraît offrir aucun sens (? DOSVSATIR); ceUe de
MarSf la taille des arbres ; celle* d'Avril offre un petit tableau d'un cbarme
incomparable : une jeune dame, assise* sous un berceau fleuri, tresse une
couronne de fleurs, avec l'aide de deux jeunes filles ; celle de Mai repré-
sente, au milieu d'une belle campagne, un seigneur à cheval, ayant en
croupe une femme; celle de Juin, la tonte des moutons; celle de Juillet,
la moisson; celle d'Août y le battage des grains au fléau; celle de Sep-
tembre, la vendange apportée au pressoir ; celle d'Octobre, les semailles ;
celle de Novembre, l'abatage des glands; celle de Décembre, la saignée
du porc. Dans plusieurs de ces miniatures, ainsi que dans toutes celles
des signes du zodiaque, on trouve de beaux paysages bleu de ciel.
Le calendrier, écrit en or, en rouge et en bleu, est en français; on y
remarque : s. Amador (i2 janv.); s. Ansbert (9 févr.), évoque de Rouen;
s** Austreberte, vierge normande (10 févr.); s, Cloust{2i févr.); s, Eogart
(31 mars); s, Perpetin (8 avril et aussi 17 mai); s, Fremin (18 avril et aussi
25 sept.) ; s. Spire (24 avril) ; s, Aquilain (2 mai) ; s. Richier (3 juin et aussi
4 août); s. Tyrin (13 juin); s. Lieffroy (21 juin); s. Taurin, premier évoque
d'Évreux (8 août); s. Vulfran (15 oct.); 5. Saimman (19 oct.); 5. Mellon,
premier évoque de Rouen (22 oct.); s. Aignen, évêque d'Orléans (17 nov.);
s. Columbain (21 riov.); s. Ursin, patron de Bourges et de Lisieux (30 déc).
Le nom de sainte Anne est peint en or.
En dehors des miniatures du calendrier, ce manuscrit contient douze
PEINTURES de la grandeur des pages (H. : 0"158; L. : 0°»108).
La première (f. 14 r<*) représente I'Annonciation : c'est un chef-d'œuvre
de noblesse et de grâce naïve. La reproduction en chromolithographie
que nous en donnons au catalogue illustré ne rend pas, et, malheureuse-
ment, ne pouvait pas rendre la finesse de touche et l'extrême douceur du
coloris.
La deuxième (f. 19 v») a pour sujet la Sibylle Tiburtine interrogée par
l'empereur Auguste. Elle a la tête nimbée.
La troisième (f. 25 v<») nous fait voir Dieu apparaissant a Moïse. L'artiste
n'a pas scrupuleusement suivi le texte de la Bible : Dieu apparaît ici enve-
loppé de nuages, et non plus au milieu d'un buisson ardent, qui est
remplacé par une forêt en flammes. Moïse, occupé à faire paître ses
brebis, ôte sa chaussure à la voix du Seigneur.
La quatrième, placée en regard (f. 26 r®), nous montre une Nativité;
dans le fond, est figurée l'Annonciation aux bergers.
La cinquième (f. 29 r^) représente Gédéon, sous les traits de LOUIS XII,
armé de toutes pièces, agenouillé, les mains jointes et le regard tourné
vers Dieu qui apparaît dans le ciel. Un écuyer tient son cheval par la
bride, et deux autres serviteurs se tiennent debout à côté. Ce tableau est
d'un naturel parfait et d'une vérité saisissante par l'expression des phy-
sionomies; le portrait du roi est fait de main de maître.
La sixième (f. 31 v**) nous offre une seconde fois le portrait de LOUIS XII,
couvert de la même armure. Il est descendu de son cheval, dont la housse
est fleurdelisée, et, un genou à teiTC, il présente un vase à un noble vieil-
lard, magistralement drapé dans un manteau blanc, coiffé d'un chapeau
rond entouré d'une couronne et assis sur un trône surmonté d'un dais. A
la droite du trône, un groupe d'hommes en habits blancs. Derrière
78 MANUSCRITS.
Louis Xn deux guerriers à cheval, couveiis d'armures, tiennent chacun
un yase richement orné. Au fond, sur le versant d'une verte colline
dominée par une viJle, on aperçoit une troupe de chevaliers. An-des-
sous du guerrier agenouillé, on lit : Bananias (sic); sur les brides des
chevaux de ses deux compagnons, sont tracés les mots : Soboeay et
Abissay, Nous ne connaissons pas d'autre représentation de ce sujet
biblique emprunté au II« livre des Rois (xxiii, 48 et suiv.), et an I«' livre
des Paralipoménes (xi, 20 et suiv.), qui nous fait assister à un hommage
RENDU AU ROI David, saus doute au retour d'une expédition contre les
ennemis de l'Israël, par trois de ses plus fameux guerriers : BanaIas de
Gabséel, fils de Joîada et conseiller du roi-psalmiste, Abisaî, Ûls de Sarvia,
et SoBBOCcHAî d'Husath.
La septième miniature, placée en regard (f. 32 t^), repré'sente FAdora-
TiON DES Mages. La Vierge est d'une grande beauté.
La huitième (f. 35 r<>) a pour sujet la Descente du Saint-Esprit. Dans
cette composition, d'un caractère solennel, domine la figure idj§ale de saint
Jean.
La neuvième et la dixième, qui se font face (ff. 37 v^ et 38 r®), offirent
deux parties d'un même sujet. Dans l'une, on voit des Apôtrbs adorant la
Vierge, que l'autre représente dans sa gloire. La simplicité des yèteroents
blancs des apôtres contraste avec le luxe des couleurs des ailes des ché-
rubins et des anges qui entourent la Vierge et la transportent an cieL Ces
deux belles compositions produisent un grand effet.
La onzième miniature (f. 40 v<*) est un Ecce Homo^ remarquable par
l'étude anatomique du nu.
La douzième et dernière (f. 53 r*^) représente, encore sons les traits de
LOUIS xn, SAINT Louis servant les pauvres, la couronne royale sur la tète,
et revêtu d'un manteau bleu fleurdelisé. Au bas de ce tableau, qui
révèle chez son auteur un grand talent de composition, on lit : Mfignifeat!
Gesta darissima scti Lvdovici divino cvltvi devotv hodie presens eoU^gnm.
Nous donnons au catalogue illustré une reproduction de cette scène tou-
chante.
Chacune de ces miniatures est entourée d'un cadre architectural de
style gothique, peint en camaïeu sur fond d'or et orné de petites fignres
placées dans des niches.
Le côté extérieur de chacune des pages du texte est couvert d'une bor-
dure large de 24 à 28 millimètres, d'une ornementation unique en son
genre par le goût et la précision de l'exécution. Le ton de ces bordures est
généralement assez sombre ; la plupart du temps, ce sont des camaïeux
en or sur des fonds bistres ou noirs. Sauf de rares exceptions, on y voit par-
tout le monogramme de la reine Anne de Bretagne, répété plusieurs fois
dans la même bordure, et composé des lettres ANE disposées de façon
à présenter, même à rebours, toujours la même forme. Presque dans
chacune d'elles, sont représentées une ou plusieurs hermines dans des atti-
tudes variées ; souvent on y trouve aussi des fleurs de lis ou bien des
cordelières formant des nœuds gracieux. Aucune description ne saurait
donner une idée de la variété infinie de ces cent quarante-quatmb bordnies
différant toutes entre elles ; assurément aucun manuscrit n'offire rien de
semblable ni d'aussi parfait.
THEOLOGIE. 79
Chaque alinéa commence par une charmante initiale ornée, renfer-
mant souvent le même monogramme ; les bouts des lignes sont garnis de
tirets diaprés ou de troncs d'arbres ébranchés peints en or ; les titres sont
écrits tantôt en bleu, tantôt en rouge.
L'origine illustre de ce manuscrit est mise hors de doute par la pré-
sence' multipliée du monogramme d'Anne de Bretagne et de son symbole
héraldique. Son exécution ne peut pas être antérieure à l'année i499, date
de son mariage avec' Louis XII, dont l'artiste nous a donné ici, à trois
reprises, un portrait d'une ressemblance frappante, et dont il a su habi-
lement, sous voile d'allégorie , faire ressortir les grandes qualités : la
bravoure et cette charité féconde qui lui a valu le surnom de Père du
peuple.
Quel est l'artiste à qui l'on doit les histoires riches, comme on disait au
XV* siècle, qui ornent ce volume inappréciable? On l'ignore. Aucun des
documents recueillis sur les miniaturistes employés par Anne de Bretagne
et par Louis XII ne peut s'appliquer à ces petites Heures qui sont a l'usage
DE Rouen (à la suite des évangiles, on lit, f. 13 v*», ce titre : Incipiunt hore
béate virginis marie secundum vsum Rothomagen,). La beauté des miniatures,
qui nous fait amèrement regretter l'absence de plusieurs autres dont une
main sacrilège a dépouillé ce manuscrit (l'une paraît avoir figuré à la
suite du calendrier, une autre entre les flf. 42 et 43, une troisième entre
les ff. 77 et 76) et où nous aurions probablement trouvé le portrait de la
reine, permettent d'en attribuer l'exécution à l'un des peintres les pjus
habiles de cette époque. Est-ce Jean Perréal, dit de Paris, est-ce Jean
Poyet Bourdichon, qui peignirent en commun les célèbres grandes Heures
d'Anne de Bretagne ? Quelques traces d'archaïsme autoriseraient peut-être
à les attribuer plutôt à ce dernier qui eut l'office de peintre auprès de
Louis XI et de Charles VIÏI, et fut plus tard attaché à la personne de
Louis XII et de François I«'; cependant, on ne peut rien affirmer à cet
égard.
Ce livre d'Heures resta longtemps dans la maison royale de France.
Deux feuillets de vélin ajoutés en tête offrent d'un côté un grand écusson
avec les armes de CATHERINE DE MÉDICIS (parti de France et de Tos-
cané)y surmontées de la couronne royale et entourées de la cordelière de
veuve, et en regard, l'emblème qu'elle prit après la mort de Henri II,
et qui représente une montagne de chaux qu'allume et vivifie une pluie
dont les gouttes figurent les larmes de la veuve, avec ce vers pour
devise :
Ardorem extincta testantur vivere flamma,
ainsi que nous l'apprend Brantôme dans son discours sur la vie de Cathe-
rine.
Notre manuscrit faisait partie en dernier lieu du cabinet de M. Norzy,
qui fut livré aux enchères en 1860. Le rédacteur du catalogue (n« 223) ne
s'est même pas douté qu'il tenait entre ses mains les Heures d'Anne de
Bretagne. Il a aussi échappé aux longues et savantes recherches de M. Le
Roux de Lincy.
Sa conservation, sauf de légères éraillures, est parfaite.
80 MANUSCRITS.
29. HORiïl. — Pet. in-i6, de 146 ff. ; miniatures et lettres
ornées; mar. bleu^ doublé de mar. bleu à compart., tr.
dor. et cis. ; étui de mar. bleu {rel. anglaisé).
Charmant manuscrit sur vélin, exécuté en France dans ]a première
moitié du XVI« siècle. (H.: 0«»,080; L.: 0»,0o2.)
Il est orné de seize grandes miniatures et de trois PEnxES, et com-
mence par un calendrier occupant dix feuille.ts.
Voici les sujets des grandes miniatures : 1<^ s. Jean l'évangéliste à file
de Pathmos (f. H r<>) ; — 2» V Arrestation de Jésus (f. 16 r»); — 3« la Saluta-
tion angélique (f. 26 ¥<>); — 4o la Visitation de sainte Elisabeth (f. 41 r«); —
5« la Nativité (f. 49 v«); — 6« V Annonciation aux bergers (f. 53 r*); —
7<» V Adoration des mages (f. 56 v®) ; — 8» la Présentation de VEnfani Jésus
au Temple (f. 60 r») ; — 9» la Fuite en Egypte (f. 63 v»); — 10» la Mort de la
Vierge (f. 69 v») ; — 11» Jésus crucifié (f. 80 r«) ; — 12» la Descente du Samt-
Esprit (f. 83 r<>); — 13® le roi David recevant un messaget (f. 86 r«); —
14<» la Résurrection de Lazare (f. 102 v»); — 15» la sainte Trinité (f. 135 f);
16° Jésus crucifié reposant sur les genoux de sa mère (f. 137 v®).
Chacune de ces miniatures (H.: 0'>,046; L.: 0"',035) est renfermée dans
un joli cadre renaissance peint en or, en camaïeu, avec des incrustations
en pierres de couleur.
Les trois petites miniatures, de forme carrée, entourées d'une mince
bordure unie, représentent : 1«> s. Luc (f. 12 v®); — 2® «. Matthieu (f. 13 i*);
— 3« s. Marc (f. lor«).
Toutes ces compositions, où se trouvent combinés les principes de l'art
français, de l'art flamand et de Tart italien, sont d'une grande délicatesse
d*ex/îCution et d'un coloris harmonieux.
Le texte, admirablement écrit en lettres rondes, est orné d'une quan-
tité d'initiales enluminées; les titres et les instructions sont peints en or;
le vélin est d'une finesse remarquable. Le calendrier a beaucoup de rap-
ports avec celui du manuscrit suivant.
Dans trois pages, le bas de l'encadrement porte un écusson armorié:
d*or à une croix d'azur, accompagnée de trois soleils de gueules. Ces armes
paraissent être celles de la famille Hurault qui a donné à la France le
chancelier de Chiverny.
Les plats de la reliure portent, d'un côté, un écusson aux initiales de
Théodore Williams, avec sa devise : Deus alit me, de l'autre, ses armes.
La conservation de ce manuscrit est parfaite.
30. OFFICIUM B. VIRGINISMARI^.— In-12, de i25ff.;non
compris a ff. blancs^ mais encadrés au commencement, et
un f. blanc à la fin ; miniatures, bordures, lettres ornées ; mar.
rouge, doré en plein à petits fers et au pointillé; doublé
de mar. rouge, doré de même, avec le chiffre couronné
d'Anne d'Autriche; tr. dor. ciselée et peinte {Le Gascon).
Ravissant manuscrit sur véun, exécuté en France dans la première
moitié du XYl^ siècle, et ayant appartenu k la reine ANNE D'AUTRICHE.
THEOLOGIE. 81
Orné d'un titre-frontispice, il a douze miniatures au calendrier, quinze
MINIATURES de la grandeur des pages, vingt-huit petites miniatures et
QUINZE BORDURES d'cncadrciTient, ce qui forme un ensemble de soixante et
ONZE peintures d'une beautô extraordinaire.
Le frontispice consiste en un portique très élégant, du plus beau style
de la Renaissance. Il est peint en or, avec des arabesques sur fond rouge
ou bleu; dans l'ouverture de ce portique, un ange debout, vôtu d'une
robe écarlate, tient une draperie avec le titre du manuscrit en lettres d'or.
Les douze vignettes du calendrier (H. : 0™,04o à 0™,05i; L. : 0^,045)
offrent des sujets traditionnels avec quelques variante!? : i° Un Seigneur et
une dame à table, servis par un petit garçon ; — 2° la Coupe des branches
sèches en forêt; — 3° la Taille des arbres; — 4° un Seigneur richement vêtu,
monté sur un cheval blanc et suivi d'un piqueur, lance un faucon à la pour-
suite d'un héron ; — 5° un Couple amoureux assis sur un gazon ; le jeune
boinmc porte l'épée au côté et des habits somptueux de l'époque de
François I**'; — 6<* la Tonte des moutons; — 7° la Fenaison; — 8<» la Mois-
son; — 9° le Semeur; — iO° les Vendangeurs portant le raisin à la cuve; —
il® un Troupeau de porcs dévorant des glands dans une forêt; — 12° un
Paysan, aidé de sa femme, saignant wi porc. Toutes ces miniatures sont
entourées d'un simple cadre doré; dans le coin supérieur de chacune
d'elles, à gauche, figure le signe respectif du zodiaque peint en or sur un
nuage bleu.
Les grandes miniatures, enchâssées dans de charmants portiques d'un
dessin varié, ont la forme roctan^i^ulaire, sauf une seule. Leurs dimen-
sions sont, cadre non compris : IL 0'°,0y2 à 0°»,0y6; L. : 0°»,0oi à 0",0o6;
avec le cadre : IL : 0^,145; L. : 0'",084.
Dans la première (f. 14 v<*), on voit saint Jean l'évangéliste a l'Ile de
Pathmos, assis au bord de la mer dans une attitude extatique. Ravissant
paysage dans le fond.
La deuxième (f. 18 v®) représente Jksus en prière au jardin des Oli-
viers. Trois apôtres, accroupis sur le devant, dorment, tandis que le
Christ implore à genoux Dieu le Père les mains tendues vers le ciel où,#
dans une auréole lumineuse, apparaît un ange tenant une croix. Au fond,
à l'entrée d'une petite porte, on voit un groupe de Juifs qui viennent
arrêter Jésus. Les contours d'une ville, légèrement éclairés par les rayons
rosés du crépuscule, se détachent dans le lointain. L'effet de cette scène
dramatique est saisissant.
La troisième (f. 27 r<*) a pour sujet I'Annonciation. La Vierge, aux
formes peut-être un peu trop vigoureuses, est assise sous un riche dais ;
l'archange Gabriel, vêtu de blanc, se tient debout, et le Saint-Esprit des-
cend, sous forme d'une colombe, sur un rayon céleste. Au fond, par une
porte ouverte, on voit les murs d'une ville.
La quatrième (f. 39 v°) nous montre la Visitation de sainte Elisabeth ;
la scène se passe en pleine campagne, qui est agrémentée par un paysage
délicieux.
La cinquième (f. 47 v°) représente la Nativité. La Vierge?, avec un petit
ange, est agenouillée en adoration devant l'Enfant Jésus. Saint Joseph se
tient debout. L'artiste a placé cette scène dans un beau palais en ruine, et
dont les nombreuses ouvertures laissent passer la lumière du jour.
S2 MANUSCRITS.
La sixiAmo (f. lii r°;, I'Annonciation aux bergers, ost un véritable la-
blcau, très Inon comi»ost\ Los bergers sont au nombre de cinq et le mi-
niaturiste leur a donn('! des attitudes qui révèlent sa science du dessin,
surtout celle des raccourcis. Le [iotit troupeau de moutons blancs, les
maisons de campagne et 1<'S monuments en njine qui garnissent le fond,
les lointains accidentés, les costumes des bergers, tout cela donne à ce
tableau un certain cacliet antique : on dirait une scène des églogues de
Virgile.
Le sujet de la septième (f. 53 v°) est TAdoration des Mages, placée au
milieu des ruines imposantes d'un palais. Le contraste, habilement cal-
culé, des pbysionomies et des costumes, la disposition et l'attitude des
personnages, la finesse des tètes, le coloris chatoyant, et par-dessus tout
la ravissant!* figure de la Vierge, font de cette petite composition un
délicieux tableau digne d'un des maîtres de la peinture.
La huitième (f. ."JG r"; otFre la Prksentation de l'Enfant Jésus au
TEMPLE, scène mouvementée où il n'entre pas moins de onze personnages
nettement individualisés. La jeune femme aux contours vigoureux qui
vient oflVir, un gf^nou à terre, deux colombes renfermées dans une cage,
est d'un beau modelé.
La neuvième f. iiî) r'*} a pour sujet le Repos en Egypte. La Vierge,
assise au pied d'un arbre, allaite rEnfatit Jésus auquel saint Joseph vient
présenter un des fruits que deux anges cueillent pour lui aux branches
voisines.
Dans la dixième (f. Oi- r°) on assiste aux Funérah^les de la Vierge,
portée par les apôtres ayant î\ leur tête saint Jean, qui tient la branche
de [lalmier apportée par Gabriel ; l'artiste y a représenté aussi la punition
de la tentative sacrilège de Jéphonias et de ses compagnons, dont les
mains, détachées des poignets, demeurent fixées au cercueil.
La onzième (f. 07 v°) représente Jésus en croix, entre la Vierge el
saint Jean qui se tiennent debout. Le corps du Christ est admirablement
modelé.
Le suj(»t de la douzième (f. 70 r°) est la Dksce.nte du Salnt-Esprit.
La treizième (t*. 73 r°) est un tableau aux allures passablement pro-
fanes. Au milieu d'une cour intérieure, Betusabée, prenant son bain dans
une fontaine, re(;oit le messager du roi David qu'on aperçoit à Ja fe-
nêtre d'un palais somptueux. Deux femmes se promènent dans la conr;
d<Mix autres sont assises par terre sur le devant, et à côté d'elles un so-
prrlM» lévri<T blanc se ti«Mit couché.
La quatorzième f. 8>> v") représente un Festln a Gomorriie au moment
où le feu du cii'I pénèti\^ à travers le plafond de la salle. Dans cotte com-
position figinent >ix personnages des deux sexes.
Lnlin, la quinzième (f. 109 v") représente la SArNTE Trlvité dans la
gloire céleste.
Les pages qui se trouvent en regard de ces peintures sont entoorées
de bordures d'une bejauté rare. Des fraisiers avec leurs fruits, de»
touil'es de p<.Misé(^s à nuances variées, des myosotis, des cerises, des pmnes,
des amandes et des framboises en branches, des coquelicots, des pois de
senteur, drs nifirguerites, etc., s'épanouissent librement sur un fond or
mat, aceompagnés de papillons, de cigales, de chenilles et d'autres
THEOLOGIE. 83
petits insectes, le tout peint avec une finesse et une exactitude à défier
la nature.
Les petites miniatures, de forme presque carrée, et dont les dimen-
#
sions varient entre 23 et 27 millimètres de hauteur, et 23 et 27 millimètres
de largeur, offrent les sujets suivants : 1° s. Luc (f. 16 r°); — 2® s. Ma-
thieu (f. 16 v»); — 3° s. Marc (f. 17 v»); — 4° Dieu le père (f. HO r»); —
50 Dieu le fils (f. 110 v»); — 6° le Saint-Espnt (f. IH r»); — . 7° s. Michel
(f. 1 H v°) ; — 8° s. Jean-Baptiste (f. H 2 r») ; — 9° .s. Jeaw Vévangéliste (ibid.);
— 10<> s. Pien-c ef s. Pau/ (f. H 2 v<>); — 11° s. Jacques (f. 113 r^); —
12° s. Etienne (f. 113 V»); — 13° s. Laurent (ibid.); — 14° s. Christophe
(f. 114 ro); — lo» .s. Georges (f. 114 v»); — 16° s. Sébastien (f. 115 r^); —
170 s. Claude (f. 116 r»); — 18° 5. Antoine l'ermite (f. 117 r°); — 19° s.
Denis (f. 117 v°); — 20° s. Rock (f. 118 r°); — 21° sainte Anne instruisant
la Vierge (f. 118 v°) ; — 22° sainte Marie-Madeleine (f. 119 r°) ; — 23° sainte
Catherine (ibid.); — 24° sainte Geneviève (f. 119 v°); — 2.*)° sainte Margue-
rite (f. 120 r°) ; — 26° sainte Barbe (f. 120 v°); — 27° saiiite Apolline
(f. 121 r°); — 28° la Vierge avec l Enfant Jésus (f. 121 v°). Toutes ces
figures sont représentées à mi-corps.
Nous avons déjà fait connaître quelques-unes des qualités brillantes
que réunissent les peintures de ce manuscrit. Un grand talent de com-
position, une science complète du dessin, une entente parfaite de la
perspective et du clair-obscur, une finesse de touche incomparable, indi-
quent qu'il faut chercher l'auteur anonyme de ces miniatures parmi les
premiers artistes de son temps et parmi les coloristes les plus brillants.
Sous son pinceau, les chairs palpitent, les visages s'animent, tout se
meut et vit, et l'éclat du coloris contribue à mettre en valeur chaque
figure individuellement et à les fondre dans un ensemble harmo-
nieux. L'art y est bien italien, mais certains indices, comme par
exemple la représentation de l'effigie de sainte Geneviève, patronne
de Paris, prouvent que c'est en France qu'eut lieu l'exécution de
ce volume. Tout porte à croire que l'artiste à qui on doit ces admi-
rables miniatures devait être un des peintres italiens de la cour de
François P', ou un des plus habiles élèves de Técolc de Fontainebleau. Ce
qui fortifie cette hypothèse, c'est que la calligraphie du texte est aussi
tout à fait italienne; et que le calendrier, où l'on trouve les noms
de s. Félix de Noie; s. Gcminien^ évé(fue de Modène; s*° Cathenne de
Sienne; s. Bernardin de Sienne; s. Maxime, cvcque de Padoue; s. Paulin,
éxiêque de Nota; s. iloc/i, patron de Parme et de Venise, dont le nom est
écrit en rouge; s. Prosdocimc, premier évéque. de Padoue, etc., saints
dont le culte est plus particulier à l'Italie, a dû aussi être combiné par un
italien.
Le texte est écrit en lettres rondes, avec une admirable régularité.
Il est orné d'un nombre considérable de délicieuses initiales ainsi que de
tirets pour garnir les bouts de lignes, peints en or et en couleurs. Toutes
les pages du texte sont entourées de filets d'or bordés de noir et terminés
au bas par des entrelacs. Le vélin est d'une finesse extraordinaire.
Il est probable que la reine Anne d'Autriche a trouvé ce précieux
volume parmi les livres de la cour ; elle l'a fait couvrir d'une ravissante
reliure dont les plats intérieurs portent des ileurs de lis et son monogramme
84 iMANUSCRlTS.
couronné. Malheureusement le relieur, sans doute pour ramener ce manus-
crit à un format très commode, l'a un peu trop rogné, et a atteint quel-
quefois, quoique légèrement, les encadrements des miniatures. On
trouvera au catalogue illustré une reproduction des deux plats de cette
reliure dont la conservation est parfaite.
31. HORyil. — In-32, de 194 ff., dont le dernier blanc;
miniatures, bordures et lettres ornées; mar. rouge, à
compart., tr. dor., fermoirs en argent [anc. rel.).
Charmant manuscrit sur vklin, exécuté en Italie au commencement du
XV« siècle. (H.: O'»,07o; L.: 0°»,0oi.)
Il commence par un calendrier écrit en noir et en rouge, occupant
douze feuillets. Ce calendrier n'offre l'indication que d*un peut nombi'e
de saints, mais on y remanjue ct^lle de s. Zénobe, évéque et l'un des patrons
de Florence (25 mai) et celle de sa translation (26 janvier). L'inscription
en lettres roujk'cs de ces d(?ux fêtes, ainsi que Tadjonction exceptionnelle
du nom de la cité où ce saint a exercé ses fonctions épiscopales (Zcno-
bij cpï/loren.) servent à démontrer l'origine de ce manuscrit^ ce qni ressort
pleinement d'ailleurs de l'examen de ces peintures où brille l'art llo-
rentin.
Ces peintures, à pleine page, au nombre de huit, et placées par deux,
en regard l'une de l'autnî, consistent en quatre miniatures afférentes aux
quatnî parties de ce volume, et en autant d'initiales historiées' entourées
les unes et les autn?s de riches encadrements à sujets.
La première miniatun? (f. 13 v°) représente TAnnonciation ; Ja page
en regard otlVe, au centre, ce titre peint en lettres d'or sur fond d'azur:
Offician Bcatc Marie vir, sër. cô. romane cvrie. ver. L'initiale D (du Domine
labia nua apcrùs) renferme une petite peinture représentant la Vierge ex
ADORATION DKVA.NT L'EnFANT JkSFS.
La seconde niiniaiuie (T. 102 v°) a pour sujet la Résurrection d'une
MoiiTK, en piésen<M' dos apôtres. La page en regard offre le titre pour les
Oflirvs des trépasses, (;t l'initiale D (du mot Dilexl) renferme une petite
scène de la Danse des nwrfs; on y voit la Mort, peinte en grisaille, tenant
l'AU LA MALN" IXK JKINK FILLK.
La tioisièine minialunî (f. 15!) v°) représente David vainqueur de
CoLiATii. La pa^e en regard donne le titre des Sept psaumes de lapénitenee,
et la petite pointure renfermée dans l'initiale D (du mot Dominé) a pour
sujet LK noi David en piiikre dans lk désert.
La (jnati'iènie miniature (f. 18S v°j représente Jésus en croix. Elle est
placée en tête de VOffice de la sainte croix, dont la page en regard con-
tient le titre; (;t où l'initiale D (du mot Domine) offre la figure de Jésus
cnuciFiÉ, à mi-corps, adossé à sa croix.
Les encadrements qui entourent ces huit peintures sont dans le beau
style de la renaissance italienne avec des ornements peints en or et eu
couleurs, sur fonds à nuances variées, au milieu desquels; à chaque page,
se trouvent placés six ou sept [«.'tits bustes de saints ou de saintes renfer-
més dans des médaillons ou dans, des losanges, avec accompagnement de
ligures.d'anges, de têtes de moit, d'oiseaux, etc.
THEOLOGIE. 85
Le texte, écrit en lettres rondes, sur un vélin très fin et très blanc, est
orné d'un grand nombre d'initiales enluminées, quelquefois avec de petits
bustes de saints au centre qui, dans ce cas, sont accompagnés en marge
d'une belle bordure.
Ce délicieux manuscrit, d'une grande fraîcheur, provient de la biblio-
tlièque Yemeniz (n*» 74).
32. DURANDUS (Guillelmus). Rationale divinoi-um officio-
rum. — In-fol., de 268 ff. à 2 col. ; miniatures, bordures
et Jettres ornées; vélin blanc [(tnc. reL).
Précieux manuscrit sur vélin, exécuté en Italie au XlVe siècle.
On connaît l'importance, an point de vue de l'histoire de la liturgie,
de cet ouvrage célèbre, composé dans la seconde moitié du XIII*' siècle par
Guillaume Durand ou Duranti, originaire du midi de la France, qui fut
évêque de Mende et qui rendit de grands services à la papauté comme
gouverneur de la Romagne. Ce Rational eut de nombreuses éditions; la
première fut imprimée à Mayence par J. Fust et P. SchoyfTer, et on en
trouvera plus loin un superbe exemplaire sur peau de vélin.
L'intérêt exceptionnel de notre manuscrit réside dans ses belles pein-
tures, œuvre d'un artiste de l'école de Bologne. La partie décorative est
surtout très remarquable.
La miniature-frontispice (H.: 0™,088; L.: 0",164), placée en tête de la
première page, est divisée en huit compartiments qui représentent autant
de petits sujets dont chacun se rapporte à l'un des huit livres qui com-
posent cet ouvrage. Ainsi dans le premier on voit Vlnténeur d'une église
avec la pierre fondamentale du maitre-autel ; dans le second, VEntrée à
l'église de nombreux ecclésiastiques; dans le troisième, la Conséa\ition du
maitre-autel; dans le quatrième, la Célébration de l'office divin; dans le
cinquième, VÉlévation du Saint- Sacr ement ; dans le sixième, l'Aspersion
des fidèles à l'entrée d'une église; dans le septième, une Procession; dans
le huitième, ÏEnseignement du comput ecclésiastique. Au bas de cette
grande peinture, est peint, en lettres capitales, ce titre : Incipit Racinale
(sic) divinorum officiorum.
Chacun de ces huit livres, à l'exception du premier, était en outre
précédé d'une miniature à plusieurs compartiments où étaient représen-
tés les principaux sujets dont il est question dans le texte respectif. Mal-
heureusement il ne nous reste que deux de ces miniatures, les autrea
ayant été arrachées avec les pages qu'elles ornaient ; pour conserver le
souvenir de celles qui ont échappé à la destruction, nous en donnons, au
catalogue illustré, des reproductions en gravures sur bois, avec plusieurs
lignes de texte et leurs bordures, de la grandeur des originaux.
La première de ces peintures (livre III, f. 33 v°), divisée en huit petits
compartiments, représente les phases successives de la Cérémonie de
l'habillement d'un évéque pour sa consécration; l'initiale T, qui y est accolée
en dessous, offre, dans sa partie supérieure, deux autres petits compar-
timents dont les sujets sont étroitement liés avec les précédents.
86 MANUSCRITS.
La seconde peinture (livre VIII, f. 2,'it r°) est à deux compartiments, et a
pour sujet VEîisciynement du comput ecclésiastique, qui fonnail la base du
calendiier chrétien pour toutes les frtes de l'année; l'initiale Q, placée
au dessous, renferme une troisième représentation de cet enseigne-
ment.
Les pages où se trouvent ces grandes peintures sont décorées de riches
bordures historiées; nous donnons au catalogue illustré un fragment de
celle du f, 33 \\
Le texte est en outre orné de dix autres grandes initiales a sujets et
de CINQUANTE ET UNE INITIALES d'uue oriu'inentation de toute iieauté. L'ini-
tiale historiée du fnologue (Q) représente un Moine dans sa cellule écrivant
sur un rouleau de parchtmin. Les neuf autres otfrent les sujets suivants:
1° Vliitérieur d'une cylise, avec un autel au milieu (lettre I, f. 2 v°); —
2° une. Église avec son enceinte (lettre P, ibid.)\ — 3° Travaujc de maçonne-
rie pour le maitre-autel (lettre K, f. G r°;; — 4° Décoration extérieure d'une
église (lettre P, f. 7 r°) ; — .'>° Fonte et bénédiction d'une cloche (lettre C,
f. Il v*"), dont on trouvera une reproduction au catalogue illustré; —
fio le Chant au lutrin (ItHtre N, f. 20 v<>); — 1^ la Tonsure ecclésiastique
(lettre P, f. 21) r°i ; nous en donnons une reproduction au catalogue
illustré ; — 8" la Remisr par un éiéque de la clé du sanctuaire à ses gardiens
(lettre 0, f. 2î) r°;; — î)° un EviJque transmet ii de nombreux ec4:lésiastiques
le pouvoir d'exorciser (lettre K, f. 29).
Les cinquante et une autres ^'randes initiales, d'une fin»^sse d'exécution
remarquable, offrent ce que* l'ait italien de cette époque a produit de
plus beau en ce génie. iU' sont des rinceaux entn'lacés, combinés
avec de jrracieux enroulements et avec des grotesques et des chimères;
le tout peint en or et en couleurs de nuances variées. On trouvera
au catalogue illustré la reproduction de dix de ces initiales d'où partent
de longs appen<lices servant d'encadrements aux colonnes du texte.
D'autres lettres ornées, bien plus petites mais enluminées avec le môme
luxe, complètent la riche décoration de ce manuscrit. 11 est essentiel
d'ajouter ({ue, dans toutes ces peintures, l'or, employé à profusion et
appliqué sur une coucht; épaisse, est décoré de petits ornements au poin-
tillé.
Ilarement on rencontre des manuscrits italiens de cette date pouvant
être mis en parallèle» avec celui-ci pour la fmesse des peintures à sujets,
surtout en raison de l'exiguïté i\o leurs dimensions et du grand nombre
des personnages qui y sont accumulés, dont chacun a cependant une phy-
sionomie individuelle.
Le texte est d'une superbe écriture gothique, avec les titres en rouge.
Il est ainsi terminé à la première colonne de la dernière page : Explicit
rationale dicinorum offirionnn.
Au bas de la première page, dans l'encadrement, se trouvent placés trois
écussons d'armoiries. Celui du milieu, répété dans les bordures de
plusieurs autres pages, est : dUirgent ci la fasce d'azur, surmontée de trois
quinte feuilles de gueules; celui de gauche olfre : d'argent ii la fasce d'azur,
avec deux sci'ittrcs fie gueules en sautoir posés sur le tout: celui de droite:
de sable à trois roses d'ia\
Ce superbe manuscrit est dans un très bel état de consenation.
THEOLOGIE. 87
THEOLOGIE DOGMATIQUE, MORALE, ETC.
33. GREGORIUS papa. Moralia in Job. — In-A, de i45 ff.;
lettres ornées; mar. La Valliére, compart. et ornements à
froid, tr. dor. (Duru).
Très précieux manuscrit sur vklin, exécuté dans le nord de l'Italie,
au couvent de Bobbio, fi ce qu'on croit, du VII° au VIH« siècle.
Il commence par ce titre, écrit en vert et rouge, en lettres capitales et
onciales : fncipit prologvs\\Explaiiacîonis in sco /ob Gregorii pape\\Reve-
rentissimo (sic) et scissimo fratri Lciuidroco \\ episcopo Gregorius seruus ser-
itoinim DT. Le texte est d'une belle écriture lombarde, et chaque livre est
orné d'une grande initiale enluminée (une seule est au trait) formée
soit de (igureà de poissons, soit de figures de colombes, soit de leur com-
binaison. Le volume est incomplet de la fin; il s'arrête avec les mots :
.... qui . , . , est et singulis tota, . .
Ce commentaire sur Job, entrepris par le pape Grégoire le Grand
(mort en 004), à la prière de saint Léandre, évoque de Séville, ollre une
interprétation où l'histoire se mêle à l'allégorie. 11 a été imprimé dès le
XV" siècle.
L'état de conservation de ce manuscrit est surprenant, principalement
pour le brillant noir de l'encre. 11 portait l'indication de sa provenance
en tête de la première page, où on lit: Iste liber est monasterii..., mais le
nom de la localité a été gratté. Il a été vendu à M. Didot par M. Tross,
qui l'avait reçu de l'Espagne. La reliure dont il était couvert étant trop
endommagée pour pouvoir être conservée, M. Didot a fait reproduire
exactement sur celle-ci les ornements que portaient les quelques lam-
beaux restant de l'ancien cuir, ornements qui consistaient en comparti-
ments losanges, décorés de glands et de petites roses. L'ancieinie reliure
portait cette mention : Codex longobardicus Dagoberti mvo scriptus.
34. HIEROlSlMUS (S.). Epislola^. — In-fol., de 35i (T.; lettres
ornées; velours rouge, tr. dor. et ois. [fi/ic, re/.).
Superbe manuscrit sur vklix, exécuté en Italie au commencement du
XVI« siècle.
Les trois premiers feuillets contiennent une table des matières écrite
en carmin : Incipiunt epistnle sancti ieronimi presbiteri per ordinem infra \\
scripte; ces épîtres sont au nombre de cent quarante-neuf. Le 4^' f. est
blanc. Le f. suivant nn contient que quatre lignes de titre {Incipiunt epi-
stole, etc.) placées au bas de la page dont la majeure partie, réservée sans
doute pour une grande miniature, est restée en blanc. Au bas de la page
recto du f. 0, est peint un charmant lleuron d'entrelacs, au centre duquel
un ange tient un écusson (jui n'a pas été remi>li. L'n grand nombre d'ini-
tiales enluminées décorent le texte, écrit en lettres rondes avec une
régularité merveilleuse. Le volume finit au recto du dernier feuillet par
ces mots : çj* in omnia secula scrulonim. Amen.
88 MANUSCRITS.
. Lo vélin est en général d'une blancheur éclatante et d'une qualité
exceptionnelle; les marges sont superbes.
Ce magnifique volume provient de la Hongrie, et l'on croit qu'il avail
appartenu au célèbre ])ibliophile-roi, Mathias Gorvin.
35. BONAVENTURA (S.). Breviloquium, — In-8, de laSff.;
peintures et lettres ornées; ais de bois recouverts de
velours vert, avec une plaque d'émail champlevé, entourée
* d'une bordure en filigranes, avec cabochons et pierres
gravées (anc, rel.).
Beau manuscrit sur vélix, de la fm du XIII^ ou du commencement du
XIV® siècle, ayant appartenu à l'église de Saint-Jacques, de Liège. '
Ce manuel dogmatique, dû k l'un des plus grands docteurs de l'Église,
et en môme temps l'un des plus célèbres pliilosopbes scolastiques (mort
en 1274), se présente ici dans une transcription très peu postérienre à la
date de sa composition.
Il commence par ce titre en rouge : Incipit breuiloq^um fris ho-
neuèture, et finit par ces mots: ... bMictiis in secula sd^o^f. Amen. Il
est divisé en sept livres dont cliacun débute par une grande initiale en-
luminée.
Le feuillet de garde, placé en tête, porte au recto l'indication du con-
tenu de ce volume, et oiire au verso l'ébauclie d'un dessin finement exé-
cuté au trait et d'un beau style, représentant Dieu le père dans $a
gloire, ayant à sa droite et à sa gaucbe la figure du soleil et celle de la
lune, et au bas, un religieux, sans doute saint Bonaventure, tombante
genoux, les mains tendues vers Dieu ; il est assisté d'un ange.
Ce qui augmente le prix de ce manuscrit, c'est sa reliure, d'une grande
pureté et qui est un clief-d'œuvre d'orfèvrerie. Au centre est une plaque
en métal doré représentant en pied Timage de saint André, en émail
champlevé. La ligure du saint est expressive et son attitude pleine de
dignité. Sur la gauche, on lit, en lettres émaillécs : S. Ancb*eas. Cette
plaque est entourée d'une mince bordure en filets, avec coins supérieurs
en filigranes ornés de deux pierres précieuses. Des spécialistes estiment
que ce travail doit être attribué à des émailleurs de l'école de Lorraine. La
bordure en saillie qui forme le cadre est en filigranes d'une grande élé-
gance, au milieu desquels sont enchâssés trente-neuf cabochons en cristal
de roche et en i)ierres précieuses (rubis, topazes, émeraudes, améthystes,
turquoises, etc.) ainsi que cinq intailles antiques. Cette belle reliure
a été reproduite en couleurs par Libri, dans ses Mimumenis inédit»
([)1. X); on en trouvera au catalogue illustré une reproduction en photo-
gravure.
A rintérieur du second plat est collée une garde en parchemlDy coa-
verle d'une écriture du XIII^' au XIV*^ siècle, dont la première ligne est
conçue en ces termes : Liber ccdcsie sancti Jacobi in Leodio; qui eum fdo-
lenter hmierit, annthemn [sit]. Suit un article sur Pierre Lombard et ses
travaux.
En dernier lieu, ce manuscrit provient de la collection Double (n^ 383}*
THEOLOGIE. 89
36. LA. SAINTE ABBAIE. — DE PLUISORS MANIERES
D'AMOURS. — DE LESTAT DE L AME. — DES PROFIZ
DÈS TRIBULACIONS. — In-4, de 8i ff . à a col, ; minia-
tures et lettres ornées; vélin blanc.
Manuscrit on ne peut plus précieux au point de vue de Fart, et qui
offre aussi un grand intérêt pour la littérature et la linguistique. Il est
écrit sur vélin et a été exécuté en France au commencement du
XI V« siècle.
Il contient quatre ouvrages ascétiques. Le premier, dépour\^u de titre,
est un traité sur la. perfection de la vie chrétienne, d'une conception
ingénieuse, mais sous la forme d'une allégorie outrée. « La Sainte
« Abbaie, lisons-nous au début, et la religion doit estre fondée esperituel-
lement en la conscience. » Partant de ce précepte, l'auteur s'engage dans
un dédale de subtilités allégoriques sur la fondation et l'administration
de cette communauté spirituelle. Ainsi, pour déblayer d'abord le terrain
delà conscience, " li sainz esperiz i envoie, ij. de ses damoiseles, preuz
« Si vaillanz et saiges », qui sont : la Vérité et VAmour, Deux autres
demoiselles feront alors les fondements de la future abbaye : « Humi-
« Utez qui les fera parfonz, et Povre/ez qui les fera granz et larges ».
j. Pénétré du sentiment profond de l'esprit de l'Évangile, le pieux auteur
érige en principe que ces deux vertus doivent sei-vir de base à la com-
munauté (religion). « He ! beneoite religion, dit-il, fondée en povreté et
« en humilité, c'est contre aucuns mauves religieus qui sunt orgueilleus
« et couvoiteus. » Puis, il ajoute : « Geste religion doit sooir sur iave
« [eau] courant de larmes et de pleurs. » Les fondements ainsi établis,
on passe à la construction : « Damoiscle Obédience, d'une part, et Miseri-
« corde, de l'autre, feront les murs granz et hauz... Damoisele Padence et
« damoisele Force feront les pilers por soustenir et'por apoier.... >;
L'administration de la Sainte Abbaye sera composée d'une manière ana-
logue : « Madame Charitez, qui est la plus granz vertuz et la plus vail-
« lanz, sera abbaesse.... sainte Sapience sera prieuse... dame Humilité en
« sera souprieuse.... dame Discrecion, qui moût est saigc, sera tresoriere
« et gardera le profit de l'ostel... Penilance sera cuisinière... ele fera les
« bones viandes et pou en mengera... Damoisele Jalousie, qui touziourz
« est esvcillie pour bien faire, sera secretaine et tendera l'auloge; ceste
« esveille toutes les autres... et les fait lever aux matines pour Deu ser-
« vir. Et devons savoir qu'il i a auloge de vile pour esveillier les pai-
« sanz : c'est le cor; si a auloge de cité pour esveillier les marcheanz :
« c'est la gueitc qui corne le iour; et auloge de religion qui chiet aus
« matines, et auloge de contemplacion et de saint beguinaige : c'est ialou-
« zie et amor de perfection... Cest auloge doit chanter par trois manières
« de chanz : par nature, par bequarre, par bémol. » Toutes ces promo-
tions mystiques sont longuement discutées et appuyées de citations
latines tirées de la sainte Écriture. Cependant le moraliste ne se dissimule
pas que cette œuvre de sainteté peut quelquefois être compromise, et que
« la portière par négligence et par sa defaute i laisse entrer et denjourer
« quatre filles à un mauvais userier du pais, que il a moût laides : c'est
« li diable d'enfer qui est le plus fort userier qui soit, car pour un pou
90 MANUSCRITS.
« d'oneur, un pou de ioic, un pou de délit qu'il preste en cest monde, qui
« si pou dure, voudra que l'en li rende en Tautre, qui touziourz duira,
.< si grant usure que cliascuns de se deteurs li rendra honte et confasion,
«t doleur et aflliction sanz fin et sanz consolacion. » Ces quatre filles du
démon sont : VFMvie, « et ceste est borgne, qu*ele ne puet regarder- droit,
« mais touziourz de travers, si comme il parut de Saûl contre David » ;
la Presumption, « et cest(î est enllée ou piz, car ele cuide plus savoir que
'( les autres « ; la Detractlon, « et ceste est bègue, qu'ele ne set palier, ne
« dire nul bitMi d'autrui » ; le Fnus Jugement et Soupeçon, « et ceste est boi-
<( teuse, car ele ne puet aler droit ». Toutefois la charité et la prière
peuvent conjurer le péril, « et einsi sera l'abbaïe ordenée et renformée
" comme devant ». C'est par cette conclusion que se termine ce premier
traité (f. 7 r"), adressé évidemment à une religieuse, de mémo que les
I suivants.
Le second, placé immédiatement à la suite, et sans aucun titre, com-
mence ainsi : « Vous vouliez que je vous envoiaisse chose qui confortast
« vostre ame, mes ie fais le contraire, car je vous envoi mes grevances.
'» Comment porroit envoy(U" confort a autrui qui ne puet trouve^ confoil
« «*n sui-mesme? » Le sujet do ce traité est ainsi résumé dans une phrase:
De IHuifiors ManiereH d'amours qui sunt entre (jenz. Ces différentes espè-
ces (ramoui* sont : l'amour charnel et mondain, Tamour naturel ou de
famille, l'amour divin.
Le tioisiémo traité (f. 28 v°) est précédé de cette rubrique : Ci com-
mence li lii:rrs m: l'Kstat dk l'Ame. Voici son début : « Trois cstaz de
<t l)()iws amos sunt (jue nous trouvons en la sainte escriture. Li premiers
«' est (les comnienranz <|ui sont on servaip:e do cremeur; li seconz est des
'< prolitanz qui sunt (mi confort d'espérance; li tierz est des parfaiz qui
« sunt on fianehisti do charité.... El premier estât est cuers vcnduz; el
«' sooont ost cuors douez; "ol tiorz est cuers toluz. » C'est une sorte de
sermon pour la féto de l'Epiphanie, ou Ticphaine, comme on la nom-
mait à cotte époque.
Le (juatriémo ot dornior traité (f. IV.) r^) pourrait être intitulé : Des
Profits qu'on doit tirtr des tribulations, il commence par cette rubrique :
Du nobis domine auxiliif, de tribulatione, et débute en ces termes : « A toi
âino livrée ans tomptacions et ans triliulacions de ceste vie est adrecic
la do(iiin(; do reste parole, et à ce que tu apreignes à connoistre de
riuox nn'slioj's Iribulacions servent ans saigos, et les services que tu
pnoz d'olos Irairo... » Dans ce morceau, d(î même que dans le pi*emier,
on rornarquo un ^rniid ponrliant aux j)arabolos, aux com[>araisons allé-
.iroriijui's, aux rcipprochonionls ontio los idées [mremont éthiques et les
faits scoondairos do la vie matériollc, h; tout appuyé de nombreuses cita-
tions on latin, do maximes tirées do la saitite Écriture. Ce traité, qui
olfro au m(H'ali>lo un intérol particulier, ost terminé par un résumé des
douze s(M'vicos cpio Irs tribulations rondont aux mortels.
Au point do vuo littéraire, oos quatn» traités peuvent être rangés au
nondn»' dos moijlouros productions on prost^ du Mil" siècle. Les idées y
sont bion coordonnées; lo stylo on ost clair ot coulant; la phrase est
ra|)ido, ima^^éc cl souvent d'un grand olfet, gràc(M'i rein[)loi habile d'anti-
lliôsos: on y ooii>tato, en un mot, un réel tal<»nl d'écrivain. La langue en
THEOLOGIE. 91
est excellente et les romanistes peuvent y recueillir non-seulement de
curieuses formes dialectales, mais aussi un bon nombre de mots qu'on
aurait beau chercher dans les f?lossaircs; le- dialecte paraît être celui du
centre de la France. Les règles orthographiques suivies dans le XIII'' siècle
y sont scrupuleusement observées.
Au point de vue de l'art, nous sommes ici en présence d'un chef-
d'œuvre incontestable. Aucune description ne saurait donner une idée sa-
tisfaisante de la beauté parfaite des quatre peintures dont ce manuscrit
est orné, ni des qualités précieuses qui s'y révèlent. Malgré l'abondance
des détails, la composition est toujours claire et saisissante; on est émer-
veillé de la pureté et de la finesse incomparables du dessin; on est ébloui
par l'éclat harmonieux des couleurs.
La première de ces peintures, placée en regard de la première page
du traité de la Sainte Abbaye, est divisée horizontalement en deux parties
inégales. Au centre du compartiment supérieur, dans une bordure ovoïde,
est figuré Dieu le père, assis sur un trône droit; il bénit de la main
droite et tient dans la gauche un globe surmonté d'une croix; de chaque
côttt est placé une tourelle où apparaît un saint qui encense le Créateur.
En dehors de la bordure ovoïde, aux quatre coins, se" trouvent les sym-
boles des évangélistes, et, à l'extrémité des deux pointes, sont appliqués
deux médaillons, dont l'un offre le symboîe du Saint-Esprit et l'autre
celui du Fils de Dieu, sous forme d'agneau sans tache, tenant la croix de
la résurrection et le calice. Ce compartiment central est accompagné de
deux compartiments latéraux de la moitié de sa largeur, en guise de volets
d'un triptyque. Chacun d'eux ofTn? les figures de quatre anges, en pied,
renfermées dans des arcatures géminées, superposétis et séparées par un mé-
daillon circonscrit dans un cadre en losange : celui du côté gauche repré-
sente la Vierge assise sur un trône entre deux chandeliers; celui du côté
droit représente saint Pierre. Chacun des huit anges tient une banderole
avec une inscription en latin; les deux de la partie supérieure du côté
gauche sont montés sur des monocycles. Le coin|)artinient inférieur de
cette pcîinture représente deux des bâtiments de la sainte abbaye : à gau-
che, deux professes suivent, dans un livre ouvert, les explications que leur
donne une religieuse, assise et tenant dans la main gauche la verge de
correction, indice de sa charge de maîtresse; à droite, l'abbesse et l'une
de ses religieuses sont agenouillées dans l'attitude de la prière,
La seconde peinture (f. G v**), qui paraît s'a[)pliquer mieux au premier
traité, a été placée en tête du suivant. Elle est divisée horizontalement en
deux parties égales. La partie supérieure donne la coupe verticale de la
chapelle et diî la portion attenante de l'abbaye, et nous fait assister
à la Célébration de l'oifice divin. Le saint religieux qui dit la messe a la
tête nimbée; au-dessus de l'autel, Dieu apparaît dans les airs. Derrière
les deux acolytes qui accompagnent l'officiant, deux religieuses sonnent
les cloches, et au milieu d'elles se ti<Mit l'abbesse. Près d(î l'entrée de
la chapelle, quatre autres religieuses, munies de leurs bréviaires, sont
debout sous les arcades des bâtiments de l'abbaye ; au dehors, trois autres
religieuses apparaissent aux fenêtres. Dans la partie inférieure est repré-
sentée une PRofiEssiuN se dirigcNint de gauche à droite dans l'ordre sui-
vant : un porte-croix, accompagné de deux professes portant des chande-
92 MANUSCRITS.
liers; un diacre tenant un missel entre les mains; le saint religieux de la
peinture préc^nionte; cinq religieuses munies de livres de plain-chant ;
enfîn l*abbesso, fermant le cortège. Nous donnons, au catalogue illustré,
une reproduction en photogravure do cette page intéressante.
La troisième peinture (f. 29 r«), qui se rapporte au traité de VEstai de
rame, est divisée, par une ligne verticale et une ligne horizontale, en
quatre compartiments égaux. Dans le premier est représentée la Confes-
sion d'i'xr RKLiGiKi'SE au momcnt où elle reçoit Tabsolution; dans le
second, la mémo religieuse est à genoux devant un autel au-dessus duquel
on voit Dieu couronnant la Vierge; ces deux compartiments, séparés
par un charmant clocher, ont pour encadrements de gracieuses arca-
tures ornées do médaillons historiés. Dans le premier des compar-
timents inférieurs, on voit une religieuse prosternée devant un autel sur
lequel se trouve un calice où coule le sang jaillissant des blessures du
Christ, qui apparaît dans un nuage, et est accompagné d'un ange tenant
la croix du supplice; dans le second compartiment, on a représenté la
même roligicnso, à genoux devant le môme autel, au-dessus duquel la
sainte Trinité piano dans les aii-s; le sang que reçoit le calice coule
des pieds du Sauveur sur la croix, que Dieu le père tient entre ses
bras.
La quatrième miniature (f. 52 v») a pour sujet le Sermo?! suh la mo.x-
TAGNE. Jésus, tenant le Monde dans la main gauche, est assis sur le som-
met d*unc montagne rocheuse, sur les ilancs de laquelle sont groupés les
douze apôtres. Au bas, sont assis huit personnages en costumes laïques
et ecclésiastiques. Au bas de cette page, dans la bordure, on lit cette
légende : Dieux qui fait la Pater IÇostre,
Ces morvoilleuses peintures, exécutées sur des fonds d*or guillochés,
sont de la même main, du môme format et de la môme disposition que
celles qui ornent le manuscrit de la Somme des Vices et des Vertus, con-
servé actuelloniont au Musée britannique et dont une miniature a été
reproduite dans le t. III du Bibliophile finançais (1869) d'après un fac-
similé exécuté [)ar les soins de M. le comte A. deBastard, pour son grand
ouvrage sur les Peintures et ornements des manuscrits. Cette circonstance,
ainsi que l'identité do l'écriture dos doux manuscrits, prouvent qu'ils n'en
formaient qu'un à Forigine. En dehors d'eux, on ne connaît rien d'aussi
beau et d'aussi lin en fait de peintures françaises de cette époque.
Les doux parties avaient appartenu à M. Barrois, député du Nord, et
il parait que les fouillotsdo garde de l'ancienne reliure foumisbaient quel-
ques indications relatives aux antécédents de ce manuscrit. D'après ces
notes, la signature Jacques, que pointent toutes les miniatures, serait celle
de Jacques H do Bourbon, comte de la Marche, et roi de Sicile par son
second mariage; ce prince aurait donné ou légué cette merveille aux
Dominicaines de Poissy. La première de ces assertions ne parait pou-
voir être admise, attendu que Jacques II de Bourbon mourut Mn H38,
tandis que les signatures en question sont d'une écriture du XVI" nède.
Au siècle suivant, ce manuscrit était possédé par Guillaume Dupeyrat,
prêtre et trésorier de la Sainte-Chapelle, mort en 1645 et à qui l'on doit
plusieurs ouvrages.
La Somme des Vices et des Vertus, que nous venons de citefi ouvrage
THEOLOGIE. 93
jadis célèbre dont il existe de nombreux manuscrits et qui eut plusieurs
éditions, a été composé en 1269, à la requête du roi Philippe le Hardi (d'où
lui Tient aussi le nom de Somme te Roy, sous lequel il est désigné quel-
quefois) , par Laurent ou Lorens, de Tordre des Frères Prêcheurs. Il est
possible que les quatre traités que renferme notre manuscrit soient du
même auteur. Us sont inédits et, à notre connaissance, il n'en existe
aucune autre copie.
Il faut encore noter que le texte est enrichi de nombreuses initiales
d'un goût exquis et d'un grand luxe d'ornementation. Toutes ces peintures
ont conseiTé leur fraîcheur et leur éclat primitifs, au point que l'argent
même ne s'est point terni.
37- ABRÉGÉ DE L'INSTRUCTION DU CHRESTIEN. — EXER-
CICE QUOTIDIEN DU CHRESTIEN. — PRIERE k JESUS-
CHRIST. — En un vol. in-iG, de 4 1 pp. chiffrées, fleurons
et initiales enluminées; mar. rouge, cforé en plein à petits
fers et au pointillé, doublé de mar. rouge à riches com-
part., tr. dor., fermoirs en filigranes {Le Gascon).
Ravissant manuscrit sur vélin, écrit et orné par Jarry en 1645. Il est
composé de trois parties ou chapitres dont chacune commence par un
simple litre de départ, en lettres capitales peintes en or et azur, titre
précédé d'un en-tête de Heurs. 'Chaque page est entourée d'un cadre en
filets dorés. L'écriture, en lettres romaines et italiques, est un chef-
d'œuvre du plus célèhre de nos calligraphcs, qui l'a ainsi signé à la der-
nière page: X Jarry Pans, scripsit, 16i5.
La reliure est un bijou pour le dessin et ])our la dorure : elle est d'une
conservation irréprochable; une plaque de fermoir manque.
Ce délicieux volume, qui n'est cité ni dans le Manuel de Brunet ni
dans le supplément à cet ouvrage, provient de la collection de
M. L. Double.
JURISPRUDENCE, SCIENCES, BEAUX-ARTS
38. GRATIANLJS. Decretum , cum apparatu Bartholomaei
Brixiensis. — Gr. in-fol. à 2 col., de 354 ff« 5 miniatures,
bordures et lettres ornées ; mar. La Vallière, riches coin-
part, à froid, tr. dor. [Haguc],
Superbe manuscrit sur vklin, exécuté au XIII'' siècle dans le nord de
la Franco, et orné do TRENTK-ciNg mimatires et de quatre grandes l\i-
TiALEs enluminées.
Les dix premiers feuillets contiennent un sommaire développé do
l'ouvrage entier. Il débute ainsi : In prima parte ayitur de iusticia natu-
rali et positiua, tam ofititiita qiià inconstifitta, etc. L'initiale I, finement
exécutées sur un fond d'or et placée en guise de bordure, ii*a pas moins
de trente-neuf centimètres de hautcfur sur trois centimètres de largeur;
(^llo est d'une grande richesse d'ornoniontation (jui consiste en entrelacs
au milieu desquels sont placés quatre médaillons historiés dont le premier
représente Dieu le Pèro, et les autres, trois figures allégoiiques.
Le texte du Décret de Gratien (f. il) commence par Tinitiale H riche-
ment enluminée et renfermée dans un carré dont le côté droit est borné
par un compartiment qui contient les deux premiers mots ([H]umanum
genus) en lettres d'or superposées. Cotte première partie de Touvrage
{Distinctiones] s'arréto au vorso du f. 80.
La seconde partie (6V/w.sa?), qui a surtout rapport à Tapplication pra-
tique du droit canon et i\ la procédure, est enrichie de trente-quatre
suPERUEs MiNiATi'REs, renfermées dans de belles initiales, et deux grandes
LETTRES ORNÉES, placéos rospoctivonient OU toto des trente-six causes qui con-
stituent cette {>artie de l'ouvrage. La première peinture, relative aux simo-
nies (f. 87 r°', se rapporte î'i la première question de droit et représente un
Abbv, l'ii rompaynie tVunreUijieud-, recevant un particulier qui lui amène son
jeune (jarron destiné à entrer dans les ordres et lui remet un sac d'argent afin
de lui assurer un brnrfitr dans l'avenir. Le sujet de chacune des trente-troL«
autres miniatures (If. i07, 123, 13i, 137, 143, ii6, 149, «52, 162, 172,
170, 170, 183, lîKi/l08, 201, 202, 204, 2O0, 213,*233, 243, 247, 233, 260,
263, 264, 267, 26î>, 287, 313, 314, 320} est tiré de Tune des trente-trois
questions du droit canon, discutées à fond et résolues par Gratien, parmi
lesquelles il y en a de passablement scabreuses, comme celle du«£. 287.
La quatrième et la cinquième question débutent par de superbes initiales
enluminées. Nous donnons, au catalogue illustré, la reproduction de deux
dp ces initiales historié(*s (fol. 172 et 2i7;.
JURISPRUDENCE, SCIENCES, BEAUX-ARTS. 95
La troisième partie [De Consecratione ecclesiat*um) commence au f. 321
et porte en tôte une belle miniature représentant la Consécration d'une
église. Elle finit ainsi (f. 346 r°) : Eœpliciunt Décréta Gratiani.
Ces trente-cinq miniatures, finement exécutées sur fond d'or, sont
d*un gi'and intérêt, surtout pour les costumes civils et religieux. Leurs
dimensions sont variables; la moyenne est de 62 millimètres de hauteur
sur Ip millimètres de largeur. Leur agencement est semblable à celui de
la lettre II (f. i 1), que nous avons décrite.
Le texte, écrit avec un soin particulier, avec titres en rouge et des
milliers d'initiales en couleurs, est disposé sur deux colonnes. Le com-
mentaire de Barthélémy de Brescia est placé tout autour.
Les huit derniers feuillets contiennent les premières gloses du Décret
de Gratien, désignées par le nom de Palee {Incipiunt palee distïctionû —
Incipiunt palee causarum), qui dérive sans doute do celui de Paucapalea,
le plus ancien disciple du célèbre canoniste. Le volume finit à la première
colonne de la dernière page par cette souscription on lettres capitales
rouges : Expliciunt palee Decretor\
Il serait superflu d'insister sur l'importance de cet ouvrage, qui fait
époque dans l'étude du droit canonique : sa célébrité fut immense, et il
en existe un assez grand nombre de manuscrits. Le nôtre doit être incon-
testablement compté au nombre des plus beaux. Les peintures sont
d'une fraîcheur étonnante, le vélin est d'une finesse rare et l'écriture a pres-
que conservé son éclat primitif. Il a été exécuté, nous l'avons dit, daiis
le nord de la France, comme le prouvent le style de ses peintures et son
écriture; le commentaire de Barthélémy de Brescia a été écrit au
XIV® siècle par une main italienne, il provient de la Belgique et a figuré
dans la seconde vente de la bibliothèque d'Astorga (1870), sous le titre
inexact de Livre de la jurisprudence civile et ecclésiastique (n<» 14).
Cet ouvrage eut de nombreuses éditions, dont la première est de
Strasbourg, 1471 : on en trouvera un exemplaire plus loin, dans la section
des imprimés, ainsi qu'un exemplaire de l'édition de Mayence, 1 i72.
39. CICERO (M. T.). De Officiis. Somnium Scipionis. — Iiî-/|,
de 63 ff. ; lettres ornées ; velours rouge, tr. dor.
Fort beau manuscrit sur vélin, d'une belle écriture italienne du XllI" au
XIV« siècle.
Il commence par ce titre en rouge': Marcl Tulij Ciceronis de officijs liber
pmus incipit. utrU \\ quod agitur sit honestum an twye. Et duorum hones-
iorû II propositorum quod sit honestus. Le traité des Offices est terminé
(f. 58 r°) par ces lignes :
Deo gratias
Excellùt cûctos hi libros phylosophorum i . * r ,
-., . - ., , rr r cp - AuGUSTLNis utfertur.
Libri quos fecit très Tulms officiorum. S
96 MANUSCRITS.
Le second traité (f. uO r^) est précédé de cette rubrique : Marci Tuiij
Ciceronis de Somno (sic) Scipionis Liber incipit, et il finit au f. 62 r**.
A la suite viennent deux lettres apocryphes : Tune, attribuée à Len-
tulus, a pour sujet la description de la personnalité de Jésus-Christ au
physique et au moral {Ephtola j) Lentulum ad Romanos missa de specie
nri saluato7*is dhi dhi yhu xpl filij Dei uiui, etc.); Tautre, adressée à
Tibère, serait de Ponce Pila te qui donne le récit du supplice du Sauveur,
et cherche à dégager sa responsabilité.
Le texte de" Cicéron est accompagné d'un certain nombre d'annotations
marginales en grec et en latin. •
Ce volume a de belles marges et sa conservation est parfaite.
40. CICKRO (M. T.). Tusculanarum Disputationum librî V. —
Pet. in-'/i^ ^1<' 174 f f • ; l)orclure et lettres ornées; inar.
brun, ornem. à froid, tr. dor. et cis. (anc\ reL îtaL).
Foil, beau manuscrit sur vklin, exécuté en ItaUe au XV» siècle.
11 commence par ce titre, en lettres capitales, en carmin : M. T, C Tt«-
culanar' DifipvUationvm, Liber, primvs D iiicipit, Lege féliciter, \ji page est
décorée, sur los trois côtés, d'une admirable bordure composée d'enrou-
lements variés, au milieu desquels se trouvent un oiseau, an papillon et
un ange. Deux autres ang(»s supportent une couronne de laurier dont le
centre, resté en blanc, était réservé pour un écusson d'armoiries. L'ini-
tiale C, qui commence le texte, fait corps avec cette charmante bordure,
dont on pourrait attribuer l'exécution, sans trop d'invraisemblance, au
célèbre Attavante.
Le texte, d'une superbe écriture ronde, est orné de belles initiales
onluniinéos. Il finit au f. 173 v°, et la page suivante ne contient que cet
explicita écrit en lettres de carinin : M. T. Ciceronis Tvscuîtina\\rvm Dispv-
tationvm U'^\ber. v. 4- vltimus finit.
Le vélin est d'une grande beauté, et la conservation de ce charmant
manuscrit, couvort (1(^ sa première reliure, et provenant de la bibliothèque
Uonuuard, ne laisse rien h désirer.
41 . CKIKRO (M. T.). Leiius sive de Amicitia. Cato Major vel
de Senectute. Paradoxa. — In-16, de 128 ff. ; bordures
historiées et lettres ornées; mar. brun, ornem. à froid,
tr. dor. et cis. (anc. rcL ital,).
(lliarinant manuscrit sur vélin, exécuté en Italie à la fin da XV* siècle.
;IL : 0'",(MH); L.: O°»,120.)
II commence par ce titre, écrit en or sur azur: M. T. C. Le/tu* svos (»icj
de \\ amicitia dialoyos. Ad T. Pôiponio Atticvm prefatio. L'initiale Q, du
'texte de c(^ traité, peinte en or et entourée d'un cadre en rouge aveclili-
graiies d'or, n'iiferiue une petite miniature représentant Cicéron en buste,
(couronné de laurier. Les cincj premières lignes soat écrites en lettres ma-
juscules d'or sur fond vert. La i)age entière est décorée d'un encadrement
ravissant sur iond d'or, où de gracieux rinceaux combinés avec des fleurs
JURISPRUDENCE, SCIENCES, BEAUX-ARTS. 97
ensen*ent, aux quatre coins, ainsi que dans la marge supérieure, de petits
médaillons renfermant des bustes et une figure en pied, peints en gri-
saille sur. fond noir, à l'imitation des camées antiques. Au centre des bor-
dures des côtés, sont peintes deux figures en buste; et, dans la marge du
bas, au milieu de deux cornes d'abondance d'où sortent de petits anges,
se trouve un écusson avec ces armoiries : Coupé de gueules et d'or.
Le traité sur la Vieillesse commence (f. 53 r°) par ce titre, écrit en
capitales d'or sur pourpre: M. T. C. Cat° Maior vel\\ de Senectvte, Ad Ti\\
tv Pôponivm Atticvm Prœfatio, Les quatre premières lignes du texte sont
peintes en capitales d'or sur fond rouge. L'encadrement de la page est
du môme style que le précédent, mais d'une composition différente. A
chaque coin est un petit médaillon historié, et, au bas, un médaillon plus
grand dont le sujet est un Faune tenant Cupidon par la main.
Les Paradoxes commencent (f. i03 r°) par ce titre : M. T. C*. Paradoxa.
Les premiers mots du texte sont peints en majuscules d'or sur fond rouge,
et disposés sur sept lignes; l'initiale A est sur un fond diapré de trois cou-
leurs. L'encadrement de la page otîre la même disposition que celle du
traité précédent; le médaillon de la marge du bas représente V Enlèvement
d'Amyinone.
Tous ces encadrements sont du plus bel effet, et leur exécution est
admirable de finesse, surtout dans les petits camées.
Le texte est élégamment écrit en lettres rondes, avec beaucoup de
petites initiales et quelques bordures enluminées. Le vélin est très fin et
très blanc.
Au verso du f . 101, on lit : liber hic est meus qui nomine vocor.,,., mais
le nom du propriétaire est effacé.
L'elat de conservation de ce délicieux manuscrit, encore couvert de sa
première reliure, est excellent.
42. CICERO (iVr. T.). Laelius, sive de Amicitia dialogus. —
SËNECA, Sententiaî Senecœ pliilosoplii. — En un vol.in-4,
de /\3 If ; mar. La Valiière, fil. à fr., tr. dor. (Dura).
Précieux manuscrit sur vélin, exécuté à la fin du IX*' siècle.
♦ Le premier traité conmience, sans aucun titre, par les mots : Quintus
Mvcius augUTf etc., et se termine ainsi (f. 32 r°): Explicit liber Tullii, sous-
cription suivie d'un dessin archaïque à la plume, représentant un homme
en pied, et une tête isolée. Il est incomplet de deux ff., l'un entre les
ff. 24 et 25, l'autre entre les ff. 28^ et 29; le f. 6 a été transposé par le
relieur après le premier.
Th. Mommsen, célèbre philologue et historien allemand, a consacré un
long article (De Laelii Ciceroniani codice Didotiano narratio, dans le Muséum
fur Philologie ; nouv. série, t. XVÏII (1862), pp. 59't-60l) à ce manuscrit de
Cicéron dont il a relevé les nombreuses variantes et les particularités
orthographiques.
La seconde partie est précédée de ce titre : Inciplunt Sententiae Senece
phylosophi, écrit en rouge. Ces sentences sont disposées dans Tordre
alphabétique de la première lettre. Mommsen en a noté une (Nonflum
7
!<8 MANUSCRITS.
felix^ etc.), qui appartient au nombre do (telles attribuées à Syrus, <•( iiiu*
autre {Nam etsi nuUos, etc.), dont Toriginc est plus raconte. Cette partii*
finit au recto du dernier feuillet par le mot l Explicit A la suite, on lit
ces lignes Rentes de la môme main :
Incipiunt versL
0 mortalis homo morlis reminiscere casus
Nil pecudc disUis tantum si prospère (sic) captas*
Au revers de ce feuillet, il y a vingt et une lignes de vers ou de sentoiures,
qui sont devenues illisibles.
Ce précieux manuscrit a appailcmu à la bibliothèque de l'église de
Constance, ce qui résulte de cette mention écrite au XV* siècle, à l'avant-
dernière page : Iste lih* est ecclïe Constan. Il est d'une magnifique écrituiv
et fort bien conservé, sauf la première page qui est un peu fatiguée.
43. CICERO (M. T.). De Finibiis bonorum et malorum. —
Fet. in-fol., de gS ff . ; bordures et lettres ornées; mar.
vert, fil., tr. dor. etcis. [Lorlic).
Superbe manuscrit sur vklin, exécuté en Italie au XV* siècle. U com-
mence par co titre en rouge ; M. Tullij Ciceronis de Finib' bonor' cj' tnalor*
ad Brutù lib* pm\ La page est entourée d'un délicieux encadrement, com-
posé d^Mitrelacs dans lesquels se jouent des anges, des oiseaux et une
biche. L'initiale N, qui commence le texte et qui fait corps avec le cadre,
renferme une charmante miniature représentant un savant, À mi-corps,
vêtu d'untï robe écarlate, la tète couverte d'un capuchon bleu dooblé do
fourrure blanche, et tenant à la main un livre relié en volours vert. Dans
la bordure du bas de la page, deux anges tiennent un médaillon laissé
en blanc pour recevoir un blason. Cette page ravissante, du plus beau
style florentin, est digne d'Attavante par la précision du dessin et la Ûnesse
de Texécution. Le texte, d'une belle écriture ronde, est orné d'initiales
enluminées.
44. FR0NT1^ (J.). Les Stratagèmes ; traduction française par
Jehan de Rovroy. — In-foi. de 70 ff. , miniatures çt lettres
ornées; mar. vert, fil. à fr., doublé de mar. rouge, comparL
à filets, avec fleurs de lis, tr. dor. [Lorfic).
Superbe manuscrit sur vklin, exécuté en France dans la première
moitié du XV*' siècle.
Il est orné de quatre grandks miniatures. Celle qui est en tête du vo-
lume (IL: 0™,nO; L.: 0™,ioO) représente Charles VII, en habits royaux,
assis sur le tri^ne et accompagné de trois pei^sonnagcs, recevant l'onvrage
de Frontin que le traducteur, la tête tonsuive, vêtu d'une robe bleue et
d'un manteau écarlate doublé d'hermine, en sa qualité de doyen de la
faculté de théologie de Paris, lui présente à genoux. Cette composition
est exécutée avec talent, et la tête du roi offre très probablement son
portrait authentique. ;■ : . .
JURlSPRUDEiNOE, SCIENCES, BEAUX-ARTS. 99
La seconde miniature (f. 16 r®) représente l*AE«Éfi de Scipion l'Afri-
• ALN EN Espagne. A gauche, un détachement de cavalerie; à droite, des
piétons prenant debout leur repas : un soldat, placé en avant de ce
♦groupe, présente du vin dans une écuelle àTunde ses compagnons d'ar-
mes. Au fond, une ville fortifiée. (H.: 0^,ibl; L.: 0»,lo3.)
La troisième miniature (f. 45 v*) représente une Troupe de cavaliers
DEVANT UN CHATEAU FORT..(H.: 0,™145; L.: 0™150.)
La quatrième (f. 60 v®) offre un exemple de discipline militaire. Scipion
l'Africain, suivi de ses soldats, chasse de son caiTp « toutes manières de
« gens qui suivoient l'ost [Farmée] pour gaigtier, comme tavarniers,
<• rôtisseurs, merciers, lavandières et femmes connimunes ». Le groupe
de proscrits compte six personnes sur les figures desquelles se peint un vif
chagrin : deux femmes marchent en tète; deux rôtisseurs, portant de
longues broches, viennent à la suite; deux autres honfimes ferment le
petit cortège. Scipion, dont Tarmure est recouverte d'une robe écarlate,
s'appuie sur une hallebarde; sa prestance est fière et ses traits pleins de
noblesse. An fond, la vue d'un château fort. (Hl: 0™,436; L.: 0™,152.)
Ces quatre peintures sont assurément l'œuvre ^d'un des meilleurs
miniaturistes du temps.
L'ouvrage a été dédié A tresxpian, trcshault et trespuissant \\ prince
Charles septiesme par la grâce de Dieu \\ Roy de France, etc. Il finit ainsi
(f. 68 v°) : . . . et furet soudainernt, . . || f des confiz touz en vng io^ jc par
mer ^ par terre. A la suite, vient la declaracion daucuns noms g» sortt en ce
Hure lesquelx ne se pouoient pas bonti. tràslaier de mot à mot sas aucûe
obscurtê.
Enfin, au verso de Tavant-dernier feuillet : Senssuiuent aucuns notables
extrais du Hure \\ de Vegkce quil fistpo'' enseigne f/it des princes t des || gen-
tilz homes en la science des armes t de cheualerie» Ces extraits finissent par
cette phrases : // appartient aux plus grans t doibt estre leur, Deo
Grratias.
L'oHivre de Jehan de Hovroy n'est pas seulement une traduction, mais
elle est encore accompagnée d'un petit commentaire. Elle n'a jamais été
imprimée, et les manuscrils en sont rares. La richesse du nôtre permet
de supposm* que c'est peut-être l'exemplaire qui a été présenté au roi
r^iarles VIL Sa conservation est parfaite, toatefoisj il est incomplet de 2 ff.
A la fin on lit : u Ca" livre ici est « et apartient à frère René Girard,
-. demeurant à la Boyssiere, lan mil six sans dis le premier iour de juglet
<« (siC', ce liurc tVcro Honé Girard, Religieux de la Boyssiere. »
45. LIVKE D'HEURES (!) DU COMTE DE BUSSY-RABUTIN.
— In-i6, de 37 ff., dont huit contiennent des portraits;
raar. cilron doré en plein à petits fers, double de mar.
rouge, doré de même, tr. dor. {rc/. du XVll^ siècle).
Livre précieux au double point de vue de l'art et de l'histoire^ et
rendu célèbre par trois vers de Boileau. Les quelques pages de texte
tOO MANUSCRITS.
([u'il «•oiilcnait ont rtc soi^^noiiseinont grattées, de soile qu'il ne i-esle
aiij()unl*hui <iihî Ios hiit imjrtraits des personnages de la corn de
Loi'is XI II, \ coMF'Ris cKLi'i DU ROI, ct saiis doutc aussi de celle de Louis XIV:
iiiiiis ircs huit ininigturcs, pcint(>s sur véUn, avec une Hoessc extraor-
dinaire, sont <los clicfs-d'ii'uvn» do prcinior ordre. Bien qu'il porte au dns
le titre de Piiéns, on voira que linssy-Rabutin n'en a nullement com-
posé \o toxto ol fait peindn; h's portraits en vue du salut des âmes. Au
siôclo dornicr, ce polit bijou a apj»ailonu au duc de La Vallière, et voici la
notice qui lui a été consacrtM' par Van Prtiot ou par de Bur(\ dans le cala-
lo^ruo do vonto do cotto niorvoillousi» bibliothèque (t. 111, n° .*i2'i,'>i :
«< Moi? j'irois épousor uno foniine coquette?
«< J'irois, par ma constanco aux atlronts endurci,
« Me mettre au nunj des saints un a vèlébrès Bussy ? »
(HiULKAr, Satire Mil, vois 40 et suiv.*'
u Co diM'nior vers do Hoileau fait allusion au livre précieux dont il est
ioi quo^ti«>n, et a occasionné, dans ses «Hivros, une note pour en expliquer
lo son*^; ollo est conyuo on cos t<»rinos:
(« Lo oointo do IJussy-Uabutin avoit fait un petit livre, relié propD'-
- mont en manicro d'IIonros, où, au lieu dos Images que Ton met dan>
« Ios livH's de prières, étoiont les portraits en mignature de cjuciques
i' Honinu's do la (!our dont les Fominos étoient soupçonnées de galan-
<■ torio. Ht, ce que dans la suifr il a lui-même condamné tout le premier.
« il avoit mis au bas do chaque portrait un petit discours en forme
V d'oraison ou do prière accommodé au sujet...» \ Œuvres de Roileau, vdi-
t'um dr 172-2, t. I", pp. \2'^-ir^.\
« (l<;llo note, qu'on no trouvera pas exacte après cju'on aura lu la des-
cription «pio nous allons donner de ce livre, est suivie de dcox lettres de
Madann* de Soudéri, écrites à Hussy en aoilt 1G74, dans lesquelles on
.ipprond que Louis \IV, lorsqu'il lut les vers de Boileau, où il est parlé
do Hussy-Habutin, demanda ce que c'étoit que les* Saints qu'il avoit cc'ilé-
brés, et qu'on lui dit que c'étoit une baïUneric un peu impie qa'il avoit
fait<'. Hussy répondit aux lettres de cotto Dame, qui ne les avoit écrites au
(lointo (pie pour l'animer contre Hoileau, parce que ce Poète avoit fieu
nn^na^é son mari dans ses satyres, (juc ce vers de Boileau faisbit pins
contre Hoileau lui-même que contre lui, ct que la métaphore étoit ridi-
«'ulc d'avoir dit les Suints qu'a célébrés Bussy, pour dire les Cocus. »
« (Test un volume in- 10, relié en maro<|U'n citron doré, avec den-
telles, et doublé de maroquin rouge enrichi de la même dorure. Il y avoit
autn^fois des f(>rinoirs et des clous aux quatre coins, de chaque cAtédela
couverture. On y voit encore des marques aux endroits où ils étoient atta-
chés. On lit sur le dos : PHIEUKS.'
« Le premier feuillet est do papier; sur le recto est collé du tabis
bl«>u. F. 2, de papier blanc. F. 3, de papier blanc, sui* lequel est écrit:
Le deujc^ nuril il2i)J*ay remis ces heures à Mad'^ la Marquife de Montàiaire,
plie de Mon/, le Comte de Bujpy-Ra butin, Foucault [et non Goucault.]
.' Ff. 4, ;>, 0, 7, 8, 1», de vélin blanc, entourés d'un filet (for.
•' F. 10, de vélin; sur le verso, il y a un chiffre dor couronné d'une
JURISPRUDEiNGE, SCIENCES, BEAUX-ARTS. 101
couronne de Marquis. Ce chiffre est formé d'une R et d*un C. Ces di;ux
iBtlres y sont doubles, parce qu'elles y sont' aussi en sens contraire. .
'< F. H , de vélin blanc, entouré d'un filet d'or.
« F. 12, de vélin, dont le recto est blanc, et le verso représente, sous
la figure de s'^ Cécile, le portrait d'une jeune et belle femme, vue presque
de face, assise devant un (Javecin et tenant devant elle, dans ses mains,
un livre de musique.
« Ff. 13 et fi, de vélin blanc, entourés d'un filet d'or.
« F. 15, de vélin blanc; le recto contenoit 16 lignes d'une belle écri-
ture, qui ont été gratées, ainsi que 8 lignes au verso. On y lit encore
quelques mots, et à la dernière ligne .... AinJi-foit-iL Au-dessous, il
y a un chiffre d'or formé d'une L et d'une S, et couronné d'une couronne
de Duc.
« F. 16, de vélin, dont le recto est en blanc et dont le verso repré-
sente un s, Sébastien, vu de face, plus qu'à mi-corps; il est lié à un arbre
et percé de deux fièches ; il a le visage plein et le corps robuste.
« Ff. 17 et 18, de vélin blanc, entourés d'un filet d'or.
« F. 19, il y avoit 9 lignes d'écriture sur le recto et 8 lignes sur' le
verso qui ont subi le même sort que celles du f. 15. Nous n'avons pu y
lire que ces mots qui sont contenus dans les 2, 3 et -k^ Ugnes du verso...
fchent point d'aymer toute ma vie ce que je nefawrois aj/ez aymer ^ qu. . .
fur/oir.,, et ces autres mots, qui sont dans les deux dernières lignes. . .
dieu que faurayji bien feiu:y ainjt-f oit-il. Au-dessous se voit un chiffre en
or, formé des mêmes lettres que celui du feuillet 10, et couronné d'une
couronne de Comte.
« F. 20, de vélin blanc au recto, représentant au verso une belle et
jeune femme, vue de face, plus qu'à mi-corps, tenant dans ses mains la
palme des martyrs et un panier de fleurs et de fruits. C'est ainsi qu'on
représente ordinairement s'*' Dm^othée.
« Ff. 21 et 22, de vélin blanc, entourés d'un filet d'or.
« F. 23, de vélin blanc au recto, représentant au verso un portrait vu
presque de-face et plus qu*à mi-corps, sous la figure d'un s. Jean-Baptiste,
ayant devant lui l'Agneau qui porte un bâton le long duquel on lit ces
mots : ecce Agnus Dei,
« Ff. 24 et 25, de vélin blanc, entourés d'un filet d'or.
« F, 26, de vélin blanc au recto, représentant au verso une belle
femme, vue de face, plus qu'à mi-corps, avec les attributs de s'« Catherine,
tenant dans une de ses mains la palme de martyn, dans ses bras une
dague, et ayant devant elle une roue.
« Ff. 27 et 28, de vélin blanc, entourés d'un filet d'or.
« F. 29, de vélin blanc au recto, représentant au verso LOUIS XIII,
vu presque**de face, sous la figure de s, Louis, Il porte des moustaches
et une longue perruque qui lui tombe sur les épaules. Sa tête est ornée
d'un nimbe; il est revêtu d'un manteau de pourpre fleurdelisé, et il tient
d'une main la Main de justice et de l'autre le Sceptre. Sa couronne,
qui est celle que portent les Rois de France, est posée sur un tabouret
devant lui.
« Ff. 30 et 31, de vélin blanc, entourés d'un filet d'or.
« F. 32, de vélin blanc au recto, représentant au verso une très belle
102 xMANUSCRITvS.
.femme, vue de profil, tenant sur ses genuux un Agneiiu, elclaus sa main
la palme de martyr. Ces attributs appartiennent à nainte Agnès.
K Ff. 33 et 3^, de vtVIin blanc, entourés d'un filet d'or.
« F. 3o, do vélin blanc an recto, représentant au Terso un «. Gvoiy^
vu presque de face, plus qu'à mi-corps, ayant une longue perruque et un
casque sur la t(Hc ; il a le corps couvert d'armures, et fient d'une main
une épée levée prête à frapper un dragon, qu'il saisit de rautrc main.
i< Ff. 3(J, 37 et 38, de vélin blanc, entourés d'un Hlet d'or.
« F. 30, de papier blanc. F. 40, de papier blanc, couvoil de tahis
bleu.
« Nous laissons aux amateurs le soin do deviner les personnes que Buss,\
a eues en vue en Je^ représentant sous les figures de ces différents saint'*
et saintes. Nous ajouterons seulement que ce livre est sans contredit un
des plus précieux, des plus intéressants et des plus curieux que Ton puisse
voir, soit à cause des portraits véritables des plus belles personnes dis-
tinguées de la cour de Louis XIV qu'il renferme, soit pour les anecdote>
et les voi's de Boileau qu'il a fait naître, soit enfin pour sa parfaite exé-
cution, qui est un clief-d'œuvre de peinture en miniature.
« La première invention d'un pareil livre n>st point due à Bussy-Ra-
bntin ; les seigneurs de Henri III en portoient de semblables ; mais aucun
ne nous est parvenu. »
L'auteur de cette notice, publiée sous le régne de Louis XVI (4783 ,
n'a peut-être pas osé citer les noms des personnes représentées dans ce
volume; car il est à présumer qu'on devait, par tradition, avoir quelques
renseignements à ce sujet. Aujourd'hui, il n'est guère facile d'identifier
ces portraits avec certitude, <\ défaut de point de comparaison pour quel-
ques-uns d'entre eux. Il nous parait clair qu'il ne faut pas y voir seule-
ment les victimes des infortunes conjugales, car les poiiraits de femmes
nous semblent représenter exclusivement de belles pécheresses, et parmi
les effigies d'hommes il y a sans doute plus d'un galant complice. D'un
autre côté, c'est peut-.étrc trop que d'affirmer, comme Ta fait Tauteur de
la notice ci-dessus, qu'on n'a ici sous les yeux que les portraits des ptT*
sonnes de la cour de Louis XIV; il nous semble, au contraire, que la ma-
jeure partie appailienncnt au monde galant du règne précédent^ et à cet
égard le peintre ne devait pas manquer de modèles bien authentiques du
temps de Louis XIII, comme le prouve le magnifique portrait de ce roi.
Au surplus, nous croyons qn<s dans cette enquête iconographique, il
ne faut inillement s'iittacher à identifier ces portraits exclusivement avec
les personnes ayant porté le même prénom que celui de tel saint ou de
telle sainti* : les prénoms de Cécile et de Dorothée ne paraissent pas avoir
été très usités dans la haute société française de cette époque, et n Tar-
tiste n'a certainement pas manqué d'observer cette identiAcation chaque
fois que les attributs d'un saint ou d'une sainte lui ont paru avantageux
pour son modèle, il a pu, dans certains cas, choisir ceux qui lut parais-
saient les plus propres à faire valoir les personnes dont il fixait les traita.
Ainsi le premier portrait (s^^ Cécile) offre une très grande ressem-
blance avec celui de la reine Anne d'Autriche; on croit que le «uivant est
(^elui du duc de Buckingham que l'artiste aurait représenté sous les traits
(le saint Sébastien, afin de pouvoir montrer la beauté robuste •'de son
JURISPRUDENCE, SCIENCES, BEAUX-ARTS. IdS
corps; le quatrième (s. Jean-Baptiste) est celui de Gasfon-JEAN-BÂPTiSTK
d'Orléans, frère de Louis XIII; le cinquième (s*^ Catherine) rappelle énor-
mément la figure de M™® de Montespan; le septième (s*« Agnès), celle de
M"« de la Vallière.
L'exécution de ces chefs-d'œuvre doit être antérieure à Tannée 1667,
date de la satire de Boileau, où l'existence de ce livre de prières fut dé-
voilée. Bussy-Rahutin frisait alors la cinquantaine et il avait déjà composé
son Histoire amoureuse des Gaules, Dans une excellente notice insérée
dans le Bulletin du Bibliophile (1877, pp. 151-168) et intitulée Boileau et
Bussy-Rabutin.'SL. E. Mcaume a étudié les rapports qui existaient entre ces
deux hommes célèbres à des titres si différents, et il a essayé de démon-
trer, contrairement à l'opinion accréditée jusqu'à ce jour, que ce n'est
point au Livre de prières qui nous occupe que Boileau a fait allusion dans
sa satire VIII, puisqu'à cette date il en aurait même ignoré l'existence,
mais exclusivement à ÏHistoire amoureuse des Gauks. Malgré le talent
incontestable qu'il a déployé pour la défense de cette thèse, nous avouons,
avec tout le respect que nous portons à l'éminent historien de Callot,
que ses conclusions ne nous paraissent pas admissibles. Que Boileau n'ait
pas vu ce recueil de portraits, c'est très possible; mais tout sembla
prouver qu'il en connaissait l'existence au moment où il écrivit ses trois
vers révélateui*s. A ce moment il ignorait, selon toute probabilité, que le
père du Roi-Soleil était compris dans cette catégorie peu majestueuse de
malheureux, sans quoi il aurait sans doute gardé un silence absolu à ce
sujet. Plus tard, s'étant aperçu qu'il avait inconsciemment dénoncé un
outrage sanglant fait par Bus^y à la majesté du trône, il jugea prudent
de nier qu'il avait voulu parler de ce recueil dans ses vers, et il trouva
très sage d'ajouter à sa satire une note tendant à faire croire que ces
vers s'appliquaient à V Histoire galante de Bussy. C'est principalement sur
cette déclaration de Boileau que repose la thèse soutenue par M. Meaume,
et cependant le fait seul de l'absence de cette note dans les éditions an-
térieures à 1674, et apparaissant tout-à-coup au moment même où le
fameux livre de Bussy fait du bruit à la cour, prouve bien qu'elle a été
rédigée pour les besoins de la cause, et non dans l'intérêt de la vérité.
C'est encore pour ce même motif que Bussy, effrayé de sa propre audace
et des conséquences que pouvait avoir pour lui l'indiscrétion involontaire
de Boileau, ainsi que l'explication demandée par le roi, a cherché à
donner le change dans sa réponse à M™® de Scudéry (voir plus haut). C'est
du reste à cette époque qu'il faut faire remonter le grattage du texte qui
accompagnait deux de nos portraits. L'expression de SAINTS qu'a célé-
brés Bussy, dont Boileau s'est servie, et qui convient si bien à notre
volume, ne serait réellement qu'une métaphore ridicule, comme l'a dit
astucieusement Bussy-Rabutin, s'il fallait l'appliquer à son Histoire amou-
reuse des Gaules; et ce n'est point au législateur moderne du Parnasse
qu'on pourrait reprocher une semblable inconséquence. On savait bien à
Paris à quoi s'en tenir sur ce sujet, comme le prouve Texpress^pn em-
ployée par M™® de Scudéry, expression qui caractérise parfaitement ce
prétendu livre de prières. Ayant à s'expliquer devant Louis XIV (car rien
ne s'oppose à ce que nous tenions pour authentique la révélation qu'on a
été obligée de lui faire) et n'osant pas lui avouer le fin mot, on ne pou-
lOi MANUSCRITS.
vuit le faire plus adroitement qu'en qualifiant cette œuvre de badinetne un
peu impie, expression qui ne saurait en aucun cas ôtre appliquée h VHis-
toire amoureuse des Gaules : icomme chronique, elle ne peut nullement être
taxée de badinerie, et, tout en étant scandaleuse, elle ne contient absolu-
ment aucune impiété, tandis qu'il n'en est pas de même de notre Livre de
prières avec portraits.
Quel est Tartistc à qui nous devons ces merveilleuses peintures? Il est
incontestable qu'il faut le chercher parmi les plus habiles, et à cette date
on ne trouve guère que PETLTOT, dont le pinceau fût capable de cette ex-
trême délicatesse de touche et de cette richesse harmonieuse de la cou-
leur.
Quant au texte qui accompagnait ces portraits, il n'a jamais été publié
et on n'en connaît aucune copie. Il est présumable qu'il consistait en
plus de deux oraisons, occupant quatre pages de notre volume, et que
les autres n'y ont pas été transcrites, car on n'en trouve nulle trace. Le
texte de ces quatre pages grattées pourrait probablement être reconstitué
à l'aide de réactifs chimiques.
Depuis que ce précieux recueil était sorti de la collection du duc de 1^
Vallière, on ignorait ce qu'il était devenu. A la vente de cette collection,
il avait été acheté, ainsi que la fameuse Guirlande de Julie, par le libraire
anglais Paync, pour lë compte de la duchesse de Châtillon, fllle unique da
duc. A la mort de cotte dame, ces trésors échurent à sa fille aînée, la
duchesse d'Uzés, et furent soigneusement conservés dans la bibliothèque
de son château de Widcville, près Saint-Germain. La duchesse d'Uzés
légua ce château et sa bibliothèque à sa fille, la marquise de Rougé,
excepté la Guirlande de Julie, qui fut considérée comme un souvenir de
famille d'un prix inestimable, et donnée au duc d'Uzès. Au décès de la
marquise de Rougé, le château de Wideville et sa bibliothèque furent
attribués à son petit-fils le vicomte de Lostanges-Béduer. Ce dernier
étant mort assez jeune, sa bibliothèque fut vendue en plusieurs fois au
profit de ses héritiers. Le livre d'heures de Bussy-Rabutin affronta pour
la seconde fois le feu des enchères publiques le 13 janvier 1872^ et attei-
gnit le prix de 13,500 francs.
La reliure, fort bien conseiTÔc, est un .vrai bijou de dorure.
«'.
IMPRIMÉS
IMPRIMÉS
INTRODUCTION
IMJ»RESSIONS XYLOGRAPHIQUES.
46. (ARS MORIENDI.) — Pet. in-fol., de 24 ff.; mar. bleu,
compart. à froid, tr. dor. {Trautz-Bauzonnet),
SEUL EXEMPLAIRE CONNU d'i;nk hyiiTioN xylographique qui se rap-
proche beaucoup de la première d'Heineckeii, sans pouvoir être identifn'îe
avec elle. Il provient de la bibliothèque Yeineniz. La notice^ qui lui a été
consacrée dans le catalogue de vente de cette collection, est très inexacte.
On y a présenté cette édition comme identique avec la première d'Hei-
necken, mais on lui a attribué la description affectée par cet iconographe
à l'édition qu'il considère comme étant la seconde : de là, une confusion
inextricable.
La confrontation de notre édition avec la première d'Heinecken n'est
guère facile, attendu qu'il n'existe de cette dernière aucun exemplaire
complet. Celui de Munich, décrit par Guiehard, et peut-être le môme
que celui de Wolfenhiittel, signalé par Heineckcn, est dépourvu du pre-
mier et du dernier feuillet; la bibliothèque de Memmingen n'en possède
que six feuillets (1, 2, 7, î>, 21 et 23), et notre Bibliothèque nationale n'en
a que deux (19 et 20).
Notre exemplaire compte 2i ff., dont 13 de texte et H de figures,- im-
primés au frotton, avec une encre très noire, et d'un seul côté du papier.
Lés pages sont encadrées d'un double filet noir. Il est sans chiffres, récla-
mes ni signatures. Le recto du premier feuillet et le verso du dernier
sont blancs.
La première page ne commence ni comme celle de l'édition classée
par Brunet au premier rang (la deuxième d'Heinecken), ni comme la pre-
mière d'Heinecken, par l'intitulé : Ars moncndi, ce qui semble prouver
lOK IMPRESSIONS X\ LOGUAPHIQUES.
l'antériorité de la nôtre sur cette dernière, mais immédiatement par |cs
premiers mots du texte : Qvàiiis semndà iMlosopM^ etc.
Il y a encore d'autres différences entre notre exemplaire et la des-
cription donnée par Heinecken de sa première édition, mais elles peuvent
n'être qu'a|)|)an'ntes. Les gravures paraissent identiques. Dans la sep-
tième (Temptntio dy aboli de varia glonaj^ les figures des deux diables,
mAle et femelle, sont d'un dessin indécent, ce (pii a'a lieu dans aucune
autre édition.
L'ordre chronologique des plus anciennes éditions xylographiques de
VArs morivndt est encore loin d'être établi d'une manière certaine, et les
thèses soutenues k ce sujet par Sotheby, Weigel et d'autres sont très dis-
cutables. i]Q qui nous parait hors de doute, c'est que ce n'est point parmi
les types de l'école de Cologne, auxquels appartient une édition d'une
grande beauté ayant fait pai-tie de la collection de M. Weigel et qualifiée
par lui de première édition, qu'il faut chercher le type le plus ancien,
mais bien parmi ceux qui sont sortis dos mains des artistes des Pays-Bas,
ce berceau des productions xylographiques. Notre édition appartient à
cette dernière classe, et elle est l'une des premières, sinon la plus an-
cienne de toutes. Les costumes sont bien ceux des Pajs-Bas, et Pail néer-
landais y apparaît avec tous s<»s traits caractéristiques. On croit pouvoir
en attribuer l'exécution à Laurent Coster.
Notre exemplaire est dans une condition exceptionnelle; il est abso-
lument NON ROGNÉ (H.: 0°»/287; L.: 0,198), et d'une grande fraîcheur;
aussi a-t-il atteint le prix de 0,o.*iO francs à la vente Yemeniz. Les figures
ont été coloriées avec beaucoup de soin, au temps de l'impression.
47. (HISTORIA SANCII JOHÂ^i^IS EVANGELIST^E, EJUS-
QUE VISIONES APOCALYPTIC^.) — Pet. in-fol., en
feuilles, dans un double étui de mar. rouge.
Prrmikrk kdition xyl()grai>hiqi:k, selon Heinecken, et cinquième, selon
Sotheby. Elle se compose de quarante-huit feuillets, imprimés au frottoa
et d'un seul cùté du papier. Les sujets sont au nombre de quatre-vingt-
douze, et les planches, en général réunies deux par deux sur la même
page, sont imposées par quatre sur une même feuille de papier, avec
toute l'habileté d'un typographe de nos jours. Le recueil forme trois
caliiei*s de seize feuillets chacun. L'encre est bistre et non grasse. Les
figures sont au trait et entremêlées de légendes latine^* Cette suite a été
exécutée en Allemagne, aux environs de l'année 1460. Il est aujoard*hui
démontré que c'est un manuscrit type qui a servi de modèle À toutes les
éditions xylographiques des figures de l'apocalypse. (Voir plus haatla des-
cription de notre manuscrit n° 12.)
On ne connaît qu'un très petit nombre d'exemplaires de cette édition, et
ils sont de qualité variable. Celui de la collection Weigel a atteint, en 1872,
le prix de 12,500 francs, quoiqu'il fût passablement rogné. C'est à tort qjaCïl
a été annoncé conmie le seul complet. Le nôtre est d'une qualité excep-
tionnelle : il est en feuilles et dans un état de conservation parfaite; le
dernier feuillet a été doublé. Il est couvert, comme à l'ordinaire, d*an
enluminage du temps, et a de belles marges (H.: 0"*,28i ; L.: 0*,2t3).
IMPRESSIONS XYLOGRAPHIQUES. 109
48. (HlSTORl/V SANCTI JOHANNIS EVANGEL1SL«, EJUS-
QUE VISIONES APOCALYPÏICyE.) — Pet. in-fol.; mar.
vert, compart. dor., Ir. dor. {Smith).
Deuxième édition xylographiouk, selon Heinecken, et quatrième selon
Sothoby. Elle se compose aussi de quarante -huit feuillets, imprimés d'un
seul côté du papier. La 111" planche, marquée B et sans division, ainsi
que la XXll" planche, sans marque, sont conformes à la description des
mômes planches de l'édition qu'il nomme la première. Comme la précé-
dente, elle est d'origine germanique; l'exemplaire de lord Speiicer porte
une annotation qui en attribue l'exécution à frère Ulrich Gyslinger et la
reliure exécutée en 1467 à Jean Richenbach.
Exemplaire avec ligures enluminées dans un magnifique état de con-
servation (H.: 0™,283; L.: 0°»,202). Quelques marges du bas, on l'on avait
cherché à enlever une ligne d'écriture allemande au moyen des acides,
ont souffert de celte opération maladroite. Cet exemplaire a été acquis
à la vente Yemeniz au piix de ."ijOOO francs.
*
49. OPERA r,Ol]A COiNTEMPLATlUA p||ogni fidel christiano
laqiiale tra||lla de le figure del teslamento || vecchio : le
quale figure sonno veri|| ficate nel testamenlo{| nuouo : con
le II sue exposilione: Et con el detto||de H propheti sopra
esse figure : || Sicome legendo trouerete : Et || nota che
ciascliuna figura del tes- || tauiento nuouo trouareti dua
dil te-||stamento vecchio : le quale sonno || affiguratte a
quella dil nuouo. Et ||sempre quella dil nuouo sara posta ||
nel meggio di quelle dua dil ve-|| chio : Cosa belissima
da ïtèdere||aclii se dilectano de la sacra ||scritlura : Noua-
mente||stainpata. (Au \° du 6i* f. :) Opéra di Giouànian-
(lrea\\tJciuassore ditto Uadfigni\\no : Slampata nouamète\\
nella iiiclita cilla di\\ Uine^j^ia, || Laus Deo. S. d. Pet. in-8,
de 64 ff., dont le dernier blanc; mar. vert, ornem. sur
les plats dans le style italien, tr. dor. [Lorlic).
Imitation de la Bible des Pauvres^ et le seul livre xylographique italien
que l'on connaisse. Le titre et la souscription ci-dessus sont inexacte-
ment rapportés par Brunet, qui n'a pas reconnu quec*était un xylographe.
Une jolie bordure d'entrelacs blancs sur fond noir décore la première
page. Les planches sont au nombre de cent-vingt, plus une image de la
Madone, assise sur un trône et couronnée par deux anges (au verso de
l'avant-dernier feuillet). La gravure de ces planches est de Giovanni An-
dréa Vavassore, dit Vadagnino, dont le nom figure dans la souscription
finale : c'est sans doute l'artiste plus connu sous le nom de Zoan Andréa.
Leur exécution ne peut pas être antérieure à 1510 ou 1512, attendu que
la planche représentant Jésus chassant les vendeurs du Temple est une
copie fidèle du môme sujet de la Petite Passion de Jésus-Christ d'Albert
Durer, publiée en iiiOO. Cicognara, qui le premier a décrit ce volume fort
110 IMPRESSIONS XYLOHHAPUUKUES.
rare [Cataloyoy t. I, n° 1002), iu)us dit qui' «MMlainas planches scinbleiil
îivoir viv gravros d'aprùs los (iossins de Hellini, de Carpaccio, de Squar-
cione et de Montagna; folli» d«» la Madone est Ma remarquable.
Libri, dans le catiilogiie de la partie rt^senée de sa collectiun (1802.,
a coiistatù rcxistence de trois tirages dlifôrents de ce curieux volume.
Dans le premier (dont il possédait un exemplaire [n** o70], ri^puté unique),
le texte est entièrement xylographi({ue et en caractères gothiques; dans
le second, la petite planche de rappoii qui se trouve au bas du 5'^ f. r® du
cahier H, et qui ollVe les bustes des deux prophètes, a èti'; gravée à nou-
veau, et le texte qui rat'compagne est en caractères ronds (Libria donné
une n^productiou des deux tirages de cettt^ pnge, dans ses MonumetUn inv-
ditH^ pi. LUI); dans le troisième, il en est de même pour la partie analogue
du .*)•' f. r° du cahier K. A ces remarques, on peut en ajouter d'autres qui
porteraient le nombre, de tirages i\ plus de trois, Ainsi^ il y a deux sortes
d'exemplaires du second tirage : dans le premier (au(|uel appaiiiont le
mHre), la planchi^ de la Madone n'est entourée que d'un simple iilct uoir,
et la gravun' est dans toute sa beaut/i ; ce lilet se trouvant ensuite brisé,
• on a ajouté, dans b» tirage suivant, deux petites bordures placées vertica-
lement sur les ciMés de la planche; ces bordures sont d*un dessin dilTé-
r(>nt dans le dernier tirage. Libri a nié Texistence du leuillet blanc final:
il est cependant indisp(>nsable pour que le dernier cahier soit bien com-
[>let, v\ il se trouve, paifaitement autbentique, dans noti'e exempIaiiH}, ipii
*»st beau de marines «•! dans un état exceptionnel de conservation.
THÉOLOGIE
I. KCIUÏUHE SAINTE.
50. Sacrai Scriplvrae veteris, novaeq^ve omnia (en grec). (A la
fin :) yenetiis in œdih, Aldi et Andrew Soctiri, T^W.XyilI,
mense Febfvar£o(^i5iS), In-fol.; cuir de Russie (rmc. rel,).
m
liclJc et rare édition, la première du texte grec des Septante. Elle est
dédiée par André d'AsoIa au célèbre cardinal Gilles de Viterbe (Egidio
Autonini), un des prédicateurs les plus éloquents de son époque, c'est ce
que Renouard a oublié de constater avec précision.
Magnifique exemplaire, très pur et grand de marges. Timbre de deux
bibliothèques sui* le titre.
51. (hiblia latina.)(A la fin :) Pns hoc opusculû in ciuilale
Mogunlfi,.. perjofiem fust ciuê etPetrûschoiffher de gerns'-
heym,.,. Anno dni M.ccccJxij (1462). In vis^ilia assum-
pcôis vir^\ marie. In-fol., goth., à 2 col. de 48 lignes;
mar. La Vallière, comp., tr. dor.; étui de mar. [Lortic),
Première édition de la Uiule avec une date certaine.
Magnifique exomplairci sur vélln, du second volume seul.
52. Summa totius Sacra; Scriptural. — Decem Dei verba, siue
praKîepta. — Parisiis, e.v ofj\ Rob. Slephani y M.i).XLII
(i54'a). In-8; mar. olive, doré en plein, tr. dor. (rel. du
xyi' s.).
Cbarmante reliure dans le genre de celles d'Eve. Au centre des plats,
d'un côté, rinitiale P; de l'autre, l'initiale S.
Exemplaire de Renouard, dont le nom a été frappé au bas du plat de
dessus de la reliure.
53. Biblia. Hebrœa, Chaldaea, Grneca et Latina nomina viro-
rum, mulierum.... cuin Latina interprétations Locorum
descriptio è .Cosmographis. Index praeterea reruni et sen-
tentiarum quae in iisdem Bibliis continentur. His accesse-
runf schemata Tabernaculi Mosaici, et Templi Salomonis,
IIJ THÉOLOGIE.
qua? prœeuntc Francisco A'alablo Hebraicarum literarum
Regio professore doctissiino, summa arte et (ide expressa
sunt. Pansus j ex officina Roberli Slephani Tfpographi
Regii, iS/jo. 4 pai't. en i vol. gr. în-fol., fîg. sur bois:
mar. olive foncé, riclies compart. en mosaïque, Ir. dor.
et cis. [rel. du .XPT s.).
Magnifique exoiuplairc vu ifrand papier, réglé, ayant appartenu ù
J.-A. m: Tiior. qui a écrit doux mots au titre et quatorze lignes en marge
de la prélace de saint Jérôme sur le Pentateuque.
Cette quatrième édition de la Bible d'Estieime, publiée avec luxe, est
très insutlisamment décrite dans le Manuel. Elle se compose de quatre
parties, dont cbacune est pourvue d'un titre. La seconde (Prophetx), porte
la date de loVO; la troisième (.Yorum Testatncntumjy celle de 1539; la der-
nière [llebrxa.,. nomina), celle de Ij38. La première partie est ornée de
f^ravures sur bois, dues aux soins de François Vatable, selon renoncé du
titn». Pour la correction des textes et pour le commentaire, Hob. Eslienni*
a été aidé par ce même Vatable et par (iuill. Fabricius, chanoine de Poi-
tiers. Toutes ses éditions de la Bible ont été vivement censurées par la
Sorbonne, et le présent exemplaire semble témoigner de cette prévention.
car le nom de rimprimeur a été soigneusement bitfé au titre; de Thou l'a
rétabli à l'encre.
Ce beau volume est revéln d'uni' splendide reliure à compartiments
d'entrelacs et de gracieux rincreaux dans le style tlorcntin, avec des fond>
«l'or au pointillé, qui otl're beaucoup de rapports avec les ravissantes
reliures exécutées pour Maioli. Elle a été très habilement i*estaurée. Nou-^
en donnons une reproduction au catalogue illustré.
54. lUblia. O/iua lloberti Stephani M. D.L^F. (i555). — Sanc-
tum Jesu C.liristi Euangeliuni secundum Mattliœum. 2 part.
en I vol. in-8; mar. roiij^e, riches compart», tr. dor. [tinc.
rel,'.
Bel exemplaire dans une reliure très fraîche.
55. ESTIKîNNE (Rob.). Ad Censuras theologorum parisien-
sium, quibus Biblia à Roberto Stéphane typograpoo Regio
excusa cahimniose notarunt; eiusdem Roberti Stephani
responsio. Oliiui Roberli Slephani , i552; in-8; mar. rouge
ancien, fd. à comp. et orn. sur les plats, tr. dor, [lorUc],
Kio(|uente apologie du savant éditeur, pour la défense de ses éditions
grecques et latines de la Bible contre les censures et persécutions de la
Sorbonne.
Très bel exemplaire.
56. ESTIEiNNE (Rob.) Les Censures des théologiens de Paris,
par lesquelles ils auoyent faulsement condamné le^ Bibles
ECRITURE SAINTE. 113
imprimées par Robert Estiêne, imprimeur du Roy : auec la
response d'iceluy Robert Estienne. Traduictes du Latin
en François. VOliuier de Robert Estienne , i55-2. ln-8;
mar. rouge, anc, fii. à comp. et orn. sur les plats, tr. dor.
(Lortic) .
Magnifique exemplaire d'un livre dont on connaît la rareté excessive.
Une note manuscrite du précédent possesseur de ce volume, le savant
bibliographe Parr Greswell, explique que cet exemplaire est le seul qu'il
ait vu, et qu'il lui a fallu trente ou quarante années de poursuites pour se
le procurer. C'est, dit-il, le plus précieux de tous les livres.
57. La Bible qui est toute la saincte Escriture.... On a nou-
uellement adiousté en ceste édition enlre autres choses des
figures esquelles sont cottez les passa «[es correspondans des
quatre derniers liures de Moyse. {Genève) V Olivier de
Henri Eslienne, i565. In-fol.; veau fauve, comp. en ar-
gent, plaque avec mosaïque d'or et d'argent {reL datée de
i566).
Version protestante d'Olivetan, revue par Jean Calvin, qui a joint une
préface à cette édition. On trouve à l'endroit indiqué au titre dix-neuf
gravures sur bois dans le genre lyonnais. (Didot, dit. rais,, n*» 321.)
Très bel exemplaire.
58. La Bible q\i est tovte la Saincte escritvre dv vieil et nov-
veau testament Le tout reueu & conféré sur les textes
Hébreux & Grecs. ^ Sedan, par Jean Jannon, inipr. de
[ Acadérniey i633. In-i6; mar. rouge, riches compart., tr.
dor. [lel. du temps).
Charmante édition de la version de Genève, imprimée avec les petits
caractères dit sedanais.
Très-bel exemplaire, réglé, dans une reliure riche et bien conservée.
59. Psalterium Hebrçum,Grçcù, Arabicù, & Chaldçù, eu tribus
latinis ïterptatôibus & glossis. (A la fin;) Impressit
Pet rus Paulus Par rus, Genuse in œdibus Ni col ai lustiniani
Pauli.,.. anno millesimo quingentesirru) sexto decimo
niense . Vil II bri (i5i6). Gr. in-4 ; mar. La Vallière, fil. à
fr., tr. dor. [Cape).
Première édition polyglotte du psautier, imprimée à Gênes. Elle est
surtout curieuse pour la biographie assez détaillée de Christophe Colomb,
que Justiniani a insérée dans une note sur le psaume Cœli marrant. Le
titre est entouré d'un beau cadre.
Superbe exemplaire, très pur.
8
Hi THEOLOGIK.
GO. (Psalterium Graecum, cura Justini Decadyi. Venetiis^ Aldus
lilanutius.) S. d. (v. i49^l)- 1^-47 iiwprimé en rouge et en
noir; mar. La Yalliére, fil., tr. dor. {Dura).
C'ost riin des trois premiers livres destinés à servir de spécimens
à rimprimorie d'Aide Manuce. Il ne porte ni nom d'imprimeur ni date,
mais son exécution est antérieure à Tannée 1494, conformément à l'opi-
nion de Maittaire, appuyée par M. Didot (voir son Ahle Manuce, pp. S8-61),
et contre le sentiment de Renouard qui la plaçait de 4497 à 149B. Ce
psautier est précédé d'une préface en ^rec, adressée par le diacre Justin
Decadyos aux Grecs de la Grèce; peu connue et très importante pour
l'histoire de l'iniprimerie, cette préface a pour la première fois été tra-
duite en français par M. Didot.
■
Très bel exemplaire, avec la première ligne du f. * (oubliée au tirage,
lemplie à la main, caractère distinctif du premier tirage. »
61. Qvincvplex Psalterium. (A la fin : ) /4bsoli^lifm flfit hoc
(juincK^plicis psallerii opvs in cœnobio Suncli Germani prope
muros Purisienses : ^nno a natali Chrisli Domini, i5o8.
Et in clarissimo Parisioruin Gymnasio ex calcotypn Hen-
vici Stephuni officina e régions scholarû Decrelorum ad
secundani & castigalioreni eniissionem suscepluni anno eius-
dem Chrisli Saluatoris omnium i5i3, Idibus luniis,... elo.
In-fol.; mar. La Vallière, ornem., tr. dor. (Loriic).
Très bel exemplaire d'un livre rare.
62. Psalmes du Royal Prophète Dauid, fidèlement traduiclz
de Latin en Francoys. Âusquelz est adiouxté son argument
& sommaire à chascun particulièrement. Chés Estienrie Do^
let à Lyon. 1 54^2. In-i6, de 368 pp. cli. ; mar. brun, jans.,
tr. dor. {Trautz-Buuzonnet).
Édition fort rare. Bel exemplaire.
63. Les sept pseaulmes de la Pénitence de Dauid, par Pierre
Âretin. Traduictz d'Italien en lâgue Frâcoyse. D'ung uray
zèle (par Jean de Vauzelles). i54i. Paris, Denys lanoi.
Pet. in-8; mar. vert, fil., tr. dor. {Trautz-Bauzonnei).
Ce Jean de Vauzelles est l'auteur du texte des Stmutocres de la mo9i de
Holbein.
Magnifique exemplaire, de la coll. Desq.
64. Psaultier de David, torné en prose mesurée, ou vers lil
par Biaise de Yigenère, Bournonnois. Paris, AbelFAnge^
KCUITURE SAINTE. 115
li€i\f i588. In-8, fig. ; mar. olive, ornem., tr. dor. [rel. du
temps).
Vignette de Thomas de Leu au titre, et d'autres gravures sur cuivre
dans le corps du livre.
Magnifique reliure de HENRI III, à la tête de mort et aux emblèmes
de la Passion. Ce genre de reliure est extrêmement rare. Nous en don-
nons une reproduction au catalogue illustré.
63. NouumTestamentum. Ex bibliotheca regia (en ^vec).Lute'
lise, ex off. Rob. Stepliani, M.D.XLVl (iS^ô). 2 tom. en
I vol. in-16; mar. brun, compart. en mos. avec cette de-
vise au centre : Intev utrumque vola^ tr. dor. et cisel. (r^/.
du XJTs.).
Jolie édition. Exemplaire revêtu d'une fort belle reliure.
66. Nouum lesv ChristiD. N. Testainentum (en grec). Li^telisSy
ex ojjie. Rob. Stepliani M. D.L. (i55o). In-fol.; mar. rou-
ge, doré en plein à petits fers, tr. dor. [rel. du XyP s.).
« Cette édition, dit Brunet, imprimée avec les beaux caractères de
Garamond, peut soutenir avantageusement la comparaison avec ce qui
existe de plus beau en ce genre. »
Exemplaire couvert d'une splendide reliure du XVI® siècle, exécutée
probablement dans l'atelier des Eve. Elle est du même artiste et dans le
même style que celle de notre Xénophon de l'édition d'Estienne vendu,
pour sa reliure, 4,000 fr. l'année dernière (n« 079 du cat.).
67. (Le Nouveau Testament.) (En tête :) Cy commence la
table du j| nouueau testament. (A. la fin : ) Cy finist lapoca-
lipse et II samblablernent le nouueau \\ testament veu et cor-
rige ^ Il vénérables persanes frères || iullien macho et pierre
far
Ijô
get docteurs en théologie de \\ lordre des augustins de
sus le rosne Imprime en la || dicte ville de lyon par Bar
tholmieu bufer citoien du\\ dit lion. S. d. (vers i474)« P^t-
in-fol., goth., à a col.; mar. La Vallière, comp., doublé
de mar. bleu, riche dent., tr. dor. (Lortic).
Livre extrêmement rai*e que l'on considère comme l'un des premier?
ouvrages imprimés en français.
Magnifique exemplaire, réglé, grand de marges.
68. Le Nouueau Testament de nostre Seigneur lesus Christ,
latin et françoys : les deux translations traduictes du grec,
respondantes Tune à l 'autre verset à verset. L/on, par
116 THEOLOGIE.
Guillaume Houille^ iSS'j. In-i6; mar. fauve^ comparr. en
mosaïque, tr. dor. (rel. du Xf^P s.).
Très bel exemplaire, couvert d'une charmante reliure. Sur le f. de
garde à la fin, se trouvent neuf lignes autographes de MELA.NCHTHON.
69. GUILLERMUS. (Postilla.) (A. la fin :) Finit pastilla suj)
euangetia dnicalia et super eunngelia de sanctis : s*m sensu
lilteralem collecta... Itnpressûqs est hoc opus... per ningis-
truni ylricûGering. AnnoM. cccc''\^lxxviii{\[\^%^penultima
Octobris. In-Zj, letlres rondes; mar. rouge, large dent., tr.
dor. (anc. reL).
Édition parisienne, non citée au Manuel, d'un des ouvrages les plus
répandus de Guillaume d'Auvergne, évoque de Paris.
Magnifique exemplaire, réglé, avec les initiales peintes à la main. Au
bas de la première page, ces armoiries peintes: de gueules à deux chevrons
(l'or ; au chef d\izur, chargé de trois étoiles d'or.
II. LITURGIE.
I. Généralités.
70. (DURANDUS, G.) incipit raconale diuino!^ officio:^. (A
la fin:) P resens racômdis (t ino*^ codex officô*^ est ^sû-
niatus Per Johnnnê fu.st ciaê Magûtinuz. Et pettû Gerns-
zheyni,... Anno dni Millesinio quadringentesimo quîqua-
gesimonono (1459). Sel: die Octobris. In-fol., goth.^ de
160 ff. à 1 col. ; peau de truie, fermoirs et coins en cuivre
(rel. du XF* siècle) ; élui de mar. La Vallière.
Première édition, imprimée à Mayence, et un des plus précieux incu-
nables.
Magnifi(}ue exemplaire sur vélin, et dans sa première reliure admi-
rablement conservée. Les initiales des livres sont peintes, et la première
« l)age est ornée d'un bel encadrement historié.
71. (DURAND.) Le Racional des diuins offices. (A. la fia :) Cj
fine le Rntional des diuins ojfices translate de laiin- en
franco is Lan mil CCC.lxxii. a la reqneste (sic) de ires
sage price Charles le quint roy de fràce très viciorieitx.
Par frère Jehà goulain.^ docteur en théologie de tordre de
' nostre dame du Carme. Nouutllement imprime a Paris
Le XKnii. iour de Juillet Lan mil cinq cens ^Mi (i5o3). Pour
LITURGIE. 117
Anthoine vevard marchant libraire, In-fol., goth.; veau
brun estampé, tr. dor. et cis. {anc. reL).
Édition unique de la seule traduction française qui ait été imprimée.
Très bel exemplaire.
2. Missels.
72. Missale ad sacrosancte Romane ecclesie vsum. Irnpressum
nouis\\sime quocp in aima Parisioru academia... Anno dni
virtutum côdi || torisq^ mttndi : Millé^simo quingen(es{\\mo
decimo\\quinto (i5i5). ln-8, goth., impr. en noir et en
rouge avec le plain-chant noté, fig. s. bois ; mar. rouge,
fil., fleur, tr. dor. {Lortic).
Ce livre ne renferme qu'une grande figure, mais il contient de nom-
breuses vignettes. Très bel exemplaire.
73. Missale insignis ecclesie cathalaunen. i543. (A la fin : )
Excudebat lolanda Bonhomme vi\\dua spectabilis viri
Thielmanni Keruer, Parisiis... sumpùbus et diligenlia
discreli vi\[ri magislri Nicolai Lanisson presbyte ri in de^
cretis licentiati ecclesieq^ Ca- 1| thalaunensis canonici ac
thesaurarij, necnon reuerendissimi domini car\\dinalis de
LENONCOURT vicnrij generalis, Anno domini millesinio
quin\\gentesimo quadragesimo tertio (^i 5l\'5) mense octobri.
In-fol., goth., à 2 col., impr. rouge et noire, fig. s. bois;
mar. La Vallière, orné de beaux rinceaux et d'une croix
historiée en mosaïque; doublé de mar. rouge, avec un
semis de marguerites et une riche dent., tr. dor.; étui en
mar. La Vallière {Lortic).
Superbe missel à l'usage du diocèse de CHALONS-StJR-MARNE, non
cité au Manuel et fort rare.
Exemplaire sur vélin, et celui-là même qui a été fait spécialement
pour le cardinal ROBERT DE LENONCOURT, évoque «t comte de Châ-
lons-sur-Marne, pair de France, dont les armes se trouvent à la première
page, au-dessous d'une miniature représentant le martyre de saint
Etienne, patron de la ville. Cette page est entièrement peinte, y compris
le titre, mais sous la gouache on aperçoit la gravure. Il est orné de cent
DIX-HUIT PETITES, de TRENTE MOYENNES ct de DEUX GRANDES MINIATURES,
tantôt originales, pour lesquelles la place avait été laissée en blanc,
tantôt recouvrant des gravures sur bois. La grande gravure enluminée du
canon, représentant Dieu le père, porte dans le cadre la date de 1538. Les
grandes initiales sont presque toutes peintes à la main. Le dernier f. a
été anciennement refait à la plume ; il porte aussi au verso les armes de
ItK THEOLOGIE.
Lcnoncourt. Dans la table pascale on lit : In unno -presenti M.cccccxliij
(1543) in quo fuit scripta presens tabula. Malheureusement le vélin de ce
hoau volume a an peu soulfert de l'humidité. La reliure dont ce remar-
quable exemplaire est revêtu est d'une grande richesse et du même style
du XIII® siècle que celle que nous avons décrite plus haut, au ii® 10.
74. Missale opus qiiiflemdi||uinù/ omiiibusqj sacerdotib'/ rem
dillinam, iiixtà||Rothomagei archiepiscopatus institutii fa-
ciêli||bus/ vtilissimù.... frênaie habetur Parisius apud
Franclscutn Rcgnuidl Et Rolhomagi apud GuiUermum
fiauent et Johànem Mallardin bihliopolaruni poiticu iuxta
(empli portant mnnenleni M.D,xxx\iij [\^'i%). (A la fin :)
Ad laitdern ahsolutum est ac exaratum hoc preclarum
insigtiis ecclesie Rot/tornagêsis Missale elimatissime nuper
liotlioinagi pcr Nicolauni le Roux typographurn. Impensis
ac sumpiihas honeslissimorum virorum Francisai Re-
gnnult bibliopote befwnierili Parisijs Guillermi bauél
et Johannis M(dlard Rotffonutgi,., Anna dhi .M.D.xxxviij,
die dccirnaterlid mensis Januarij. In-fol., gotb., imprimé
en rouge et en noir, avec plain-chant noté etfig. s. bois;
mar. brun, compart., tr. dor. [anc. rel,),
•
Missel de l'église de ROUEN, fort rare. Il est orné de trois fîgores sur
bois de la grandeur des pages, y compris le frontispice, de dix-huit gra-
vures moyennes, d'un grand nombre de petites, et d'initiales historiées.
Une des planches porte une marque ayant la forme d'une flèche.
Très bel exemplaire. Le canon de la messe, ainsi que les deux grandes
figures du texte, sont imprimés sur vélin.
7&. Missale insignis ecclesie Trajectësis : optimis caracteribus
(vt patet) exaralû... (À la fin : ) Curavit... vvolffgàgus ho-
pili*,,,, Intpressu Parisii in pngo diui lacobi ad insi-
gne sci gcorgii per iohànè higmanu Anno dni M. CGCX).
xcvij (1/197). I"-fol-5 golh., fig. ; mar. noir estampé {rel. du
\rs,).
Missel de l'église d'IJTRECHT, d'une belle impression en ronge et noir,
avec plain-chant noté. Il est de toute rareté.
Superbe exemplaire sur vélin, avec figures soigneusement coloriées.
76. Missale monasticum scd'm mo-||rem (z; ritum Casineasis
con-||gregationis^ ai's san-||cte Justine. || Cum priùili^o.
(A la fin : ) Missale monasticà féliciter explicit : f^ene^
tiisqsjp Lucà anloniu de giuntis florentinu$ accuratissime im^
pressant Anno a saluiifera incarnatione g^ngêtesimo sexÊO
supra rniltesimum (i5o6) xiiij kaC. maias. lD-foK| goth.,
LITURGIE. H9
à 2 col., fig.s. bois; velours rouge, tr. dor. et ch. (ancre/.).
Missel à l'usage de l'illustre abbaye du MONT-CASSIN, le berceau '
de Tordre des Bénédictins. C'est un chef-d'œuvre d'impression de luxe, el
l'un des plus beaux livres de ce genre. D'une rareté extraordinaire, il n'a
point été décrit dans le Manuel et il méritait de l'être, surtout pour son
illustration. Une gravure placée au-dessus du titre, et intitulée : Congre-
gatio CasinensiSj représente s. Benoît, accompagné de ses disciples s. Pla-
cide et s. Maur, instruisant ses prosélytes. Quinze pages sont renfermées
dans des encadrements historiés d'un beau style, dans les bordures des-
quels sont représentés, entre autres, les principaux épisodes de la vie de
saint Benoît. Une seizième page encadrée (f. 100 v°) offre une grande gra-
vure du Crucifiement. Ce beau volume, imprimé en rouge et en noir,
contient en outre dix-neuf gravures moyennes,- vingt grandes initiales
historiées, enfin, plus de quatre cents petites gravures, lettres ornées ou
historiées el superbes bordures.
Admirable exemplaire sur vélin, avec toutes les gravures soigneuse-
ment enluminées à l'époque même. Il est revêtu de sa première reliure.
77. Missale Romanum s'm consuetudinê fratruni ordinis sancti
hieronynu. (A. la fin : ... Quodqs sagax ille Geori^ius Coci
theufonic nrlls impressorie nô modo mediocri expeiiëtia
preclarus.,. In insii^ni inclitaq^ Ces(ir\\augf/s/finn ciuitate.
Anna chrisiiane salut is decinio posl nullesimu qulgêtesimù
(i5io). i>ij, kCsnifircids. dr. in-foL, goth., à i col., fig. s.
bois; mar. rouge, tr. dor. {/Juru),
Missel à l'usage des HIÉRONYMITES d'Espagne, imprimé à Saragosse,
« Ce livre est d'une remarquable exécution typographique et est on ne
peut mieux imprimé en noir et en rouge. La grande planche de la cruci-
fixion est d'un caractère un peu germanique. Cependant les grandes
initiales et leurs annexes paraissent avoir été exécutées en Espagne. »
(Didot, Cat. rais., n° 454.) M. Aies {Bibliothèque liturgique, n° 309) a
consacré une intéressante notice à l'édition de ce missel imprimée l'année
suivante, et reproduisant les mômes gravures.
Superbe exemplaire sur vélin, le seul cité dans le Manuel,
78. Missale ad consuetudinem fra||trum Predicatorum : or-
dinis Il sancti Dominici. /arisi/s \\ Ex officina libraria
yidue sprct(ihi\\lis viri T/iiehnanni Keruer..,. M. D.xxix
(1529). ln-8, golh., à 2 col., imprimé en rouge et noir,
nombr. fij[. sur bois, avec le plain-chant noté; mar. La
Vallière, écusson au centre représentant Jésus en croix ^
Ir. dor. {Cape).
Ce rare missel, à l'usage des Frères Prêcheurs, contient quatre grandes,
figures et bon nombre de petites.
Très bel exemplaire.
120 THÉOLOGIE.
79. Missale secvndvm ritvm et ordinem sacri ordinis prse-
monstrateiisîs.... Parisiis^ apud lacobum Keruer^ Via laco-
bxUy suh Sr'gno Vnicornis. M. D. LXXVIII. (A la fin :) P^r/-
siis^ excudebat Carolus Roger, anno Doinini 1578. In-fol.,
à 2 col.; ais de bois, recouverts de mar. estampé, riches
ornem. etcompart., tr. dor. et cis. {une. rel.).
Missel à Tusage des Prémontrés, fort rare.
« Ce volume contient un très grand nombre de lettres ornées, repré-
sentant des sujets bibliques, quelques grandes planches d'un assez bon
style français et un certain nombre de petites vignettes bien composées,
mais un peu grossoyées, que je ne vois nulle part' ailleurs. » (Didot, Cat,
rais., n« 586.).
Très bel exemplaire. Deux feuillets du Canon de la messe sont impri-
més sur vélin. La reliure porte les dates de 1571 et 1616.
3. Heures et Offices.
A. — France.
Paris.
PU. PIGOUCHET, seuL
80. ( Heures à Tusage de Rome.) (A la fin : ) Imprimées par
Philippe pigou \\ chet Libraire de luniuersite de Paris, S. d.
(almanach de 1488 à i5o8). Pet. in-8, goth.; mar. brun,
riches ornem. sur les plats, tr. dor. (? Ei^e).
C'est Tune des plus rares et des plus anciennes éditions données par
Pigouchet.
« Elle est ornée de dix -huit grands sujets, dont les 14* et 15* présentent
les Trois Mwis et les Trois Vifs, Entourages variés, de la même main : ils
sont naïfs et archaïques et nullement comparables à ceux des Heures au
nom de Simon Vo-strc. Pas de quatrain au calendrier. » (Didot, Cat. rais.,
no 764.)
Très bel exemplaire sur vélin.
PIGOUCHET pour SIMON VOSTRE.
81. Ces présentes heures a lusaige de Rommefuréi ac/ie\\ uees
le viu. iour de. Aoust. Imh, M. eccc (les autres chiffres effa-
cés) Il pour Simô vaslre Libraire.... (almanach de 1488 à
i5o8). Pet. in-8, i^olh.; uiar. brun, fil. etorn., tr. dor..(<i/ic.
reL).
Cette édition, de toute rareté, a quatorze grandes planches, non èom-
pris le titre. « On y voit déjà les jolis entourages à fond criblé, particuliers
LITURGIE. 121
à Simon Voslrc. Les sujets dont se composent les bordures sont, outre de
nombreuses arabesques : les Vertus théologales et cardinales, la Vie de
Jésus, la Vie de la Vierge, l'Histoire de Susanne, celle de TEufaut prodigue
et la Danse des morts en 78 sujets. >» (Didot, Cat, rais., n« 767.)
Superbe exemplaire sur vklin.
82. Heures a lusage de Rome. (Au v° du dern. f. :) Ces pré-
sentes heures a liisnge de RôtneJ tirent ackeuees le.xxiiiJour
de Jàuier\\ Lan M. cccc. iiii . xx. et xvi. (i497 »• si.) pour
Si\\ mon Fostre Libraire, In-8, golh., de 8^ If. (le cahier /;*
n'a que a ff .) ; mar. noir, ornem. arg. sur les pi., tr. dur.
{anc. reL),
« Cette édition, fort rare, renferme douze grandes planches. On voit
reparaître dans les encadrements quelques-uns des entourages des Heu-
res primitives de Pigouchet. Les sujets de la Danse des morts forment
78 compositions. L'impression en est soignée et très belle. » (Didot. Cat,
rais., n« 770.)
Magnifique exemplaire sur papier. La reliure porte les initiales C C
et M A entrelacées, qu'on attribue à la reine Catherine de Médicis, mais
qui sont celles du fils du célèbre Amiral Gaspard de Coligny, François de
Coligny-Chatillon, et de Marguerite d'Ailly, sa femme.
83. Ces psentes heures a lusaige de Uome/tirêt\\ ac/ieuees le
IX. iour de luin Lan MilCCCC\\(jU(Urevingiz t xvji. (1/197)
pour Simon vostre librai\\re, elc. (Marque de Ph. Pigouchet.)
In-4i goth. , de 90 ff.; demi-rei., dos et coins de vélin
blanc.
« Ces Heures, en gros caractères, non décrites, contiennent 45 grandes
gravures, sans compter l'homme anatomique. La Danse des moits, com-
posée de 72 sujets, dont quelques-uns se répètent, commence au verso
du f. giiii. A la fin, 8 ff. de prières en français. » (Didot, Cat. rais.,
no 774.)
Exemplaire sur vélln de la plus grande beauté, et haut de 230 mil-
limètres.
84. Ces présentes heures a lusaige de TOURS //«/e/// ach\}uees
lexxi. iour de nouêbre.Lan mil. CCCC. iiiixx r^||xvH (1497)
pour Simon Rostre Libraire... In-8, goth; veau brun, fil. et
ornem. à froid [anc. rel.).
Édition d'une rareté extrême et dont Bru net ne cite que le présent
exemplaire, imprimé sur vélin. Il est un peu fatigué. (Didot, Cat, rais.y
n« 773.) Sur le dernier f. de garde est écrit l'acte authentique de baptême
d'un Jehan de la Tour, né le 20 mai 4498, qui eut pour parrain Jean de.,,
maréchal de Bretaigne.
l-iJ TlIKOLOGIE.
85. riore présentes ad vsum SARUM im presse jnPîùtPa^ r/sias
per Pldlippii Pigouchrt Aniw salulis. Si. CCCC. \\ xcviii.
(1498). (lie veto, xvi, MaiL pro Symone vostre lihrario,,,,,.
In-8, goth.; mar. noir, coinp. et tr. dor. {(me, rel.).
Cette édition, à l'usapo «le Salisiury, est orni'e de treize pran<i»'>
planches.
« Les l>ordures sont variées et choisies parmi le» plus jolies pièces dt»
ce genre que Pigouchet et Vostn^ employaient dan?^ leurs Heures k ladat««
de celle-ci. La Danse des moris figure dans ces bordures en 129 sujets la
plupart doubh'îs. Les deux derniers IL contiennent des prières en anglais. ••
(Didot, Cat, rais., n*» 774.)
Exemplaire sur vklin, LE SELL dONM'.
86. Ces présentes heures a lusaige de Rome //^/r^ acfieuez'
Lan MîLCCCC, iin,xx. ixviii [i[\Cj%)Jexxit\ iourdc /iousl
\\ pour Symô vostre Librairr... Petit in-4, goth.; mar. brun
estampé, tr. dor. (nnc. reL).
<t Ces magnillquos Heures, extrêmement rares, contiennent 2i grandes
ligures, i movennr cl plusicMirs petites, sans compter le titre, ni riionime
anatomique. » (Voir Brunet, et Didot, Cat. rais.y n** 77;î.)
Exemplaire sur vklin, d'une pureté irréprochahle et haut de 243 mil-
limètres.
87. Ces présentes heures a lusaige de ^b\i\e/u]^rèl acheuez le
xvL tour de Sepletnhre, Lan /î///||cccc.iiii. xx. elxwïïï (149^)
pour Sitnoti vostre^ li\\ hrat'rc.Vet, in-4, goth.; mar. vert,
riches ornem., tr. dor.
Cette édition, fort rare, renferme quinze figures. « Dans les bordures,
on remarque les Vertus théologales et cardinales, la Vie de Jésus, celle de
Marie, Susaime, l'Enlant prodigu(t et la Danse des morts. » (Didot, Cai.
rais., n" 776.)
Très h A exemplaire sur vklln. Hauteur : près de 205 millim.
88. Les présentes heures a lusaige du MANS au long sâs || re-
qnire : Furèl ac/iruees Lnti Mil citicq ces [\Soo)le.xxs^» iour
il Dnpuril pout Simoti vnstrc: Ubrait*e demourataPa\\ris,..
(Au-dessus, la marque de Pigouchet.) In-8,goth.,sigti. a-q;
mar. La Vallière, fil., comp., tr. dor. {Lortic).
Édition non décritk, ornée de dix-neuf grands sujets, sans compter
l'homme anatomique, petites figures et encadrenaents. (Didot, Cat, mit.,
n« 770 bis,)
Très bel exemplaire sur vki.in.
LITUlKiiK. 123
89. Ces presêtes heures a lusaige de AMIES : tout ||au lôg sans
reqre ont este fa ides pour Simo vo\\stre. Libraire... (Mar-
que de Ph. Pigouchet.) 5'.r/.(alman. de i5oi à i52o). In-8,
gotlî.; mar. La Vallière, compart. à froid, tr. dor. et cis.
Éditipn ornée de quinze grandes figures. (Didot, Cat, rais., n« 777.)
Exemplaire sur vélix, le seul cil6 par Brunci, avec figures enluminées
et initiales en or et couleurs. Les deux derniers fl'. ont souffert.
90. Ces présentes heures a lusaige de LION au long sans || re-
quérir o/ft este faictes pour Simon vostre: Libraire (le\\moU'
rant a Paris. (Non) et marque de Ph. Pigouchet.) S. d, (al-
man. de i5o2 à i52o). In-8, goth., sign. a — m; mar. La
Vallière, compart. àfroid, tr. dor.
Édition non di-xrite, ornée de quinze grandes figures et de plusieurs
petites, avec encadrements. (Didot, Qai. rais,, n° 770.)
Magnifique exemplaire sur vklin, avec initiales en or et couleurs.
SIMON VOSTRE, SGul.
91. Hore béate marie secundû vsum Romanum cum iMiusH
miraculis vna cum figuris apocahpsis post hiblie figuHras
insertis. (Marque de Simon Vosire.) (Au v^dudern. ï.\)Einit
(sic, pour Finit) officia btêmarie^irginis scdni vsu Hornanu..
Impssu parisiis ^iino dni millesinio qingetesirno septimo
(ibo'j). vhima die mësis Junii. Opéra. Symoinis vostre.
Io-8, de I02 ff.; mar. rouge, ornem., comp. et tr. dor.
[anc. reL).
« Édition non décrite. Ce précieux livre d'Heures, qui contient quinze
grandes gravures, sans compter la marque et Tliomme anatomique, et
plusieurs petites enluminées avec soin, et dont les pages sont encadrées
de bordures dans lesquelles on remarque l'histoire de l'Ancien et du Nou-
veau Testament, et la Danse des morts, est surtout remarquable pai' la
souscription, qui enlève toute espèce de doute sur la part qu'a prise Simon
Vostre à l'exécution des gravures des Heures qu'il a publiées. Il présente, .
en outre, cette particularité qu'il est imprimé en lettres rondes. » (Didot,
Cat. rais., n^ 780.)
Exemplaire sur vkllx. En tête, sur un f. blanc, on a peint des armoi-
ries, au bas desquelles on lit : A madame de Pontos. Toutes les initiales
et les alinéas du livre sont peints en couleurs et rehaussés d'or.
NICOLAS HIGMAN pOUF SIMON VOSTRE.
92. Las Horas de nuestra senora con muchos j| otros offiçios
y oraçiones Impressas en Paris (vers 1 5o7). (Au v" du dern.
124 THÉOLOGIE.
f. : ) Fenescen las Iwras... impressas en Paris por Nicolew
Higmà. par el Symon ^oestre... In-8, golh. de 119 ff.;
mar. La Vallière, compart. à froid, tr. dor. [Lorlic).
Édition non décrite, ornée de seize grandes gravures et ayant des pages
encadrées de petites bordures qui ne sont plus celles des précédentes édi-
tions de Simon Vostre. (Didot, Cat, rais,, n*> 784.)
Très bel exemplaire, sur papier.
93. Ces présentes heures a lusaige DAUTUN au || long sans re-
quérir : auec les figures t signes de j lapocalipse, les acci-
(iens de Ihôme, les miracles || nostredame : t plusieurs hys-
toires de nouueau ||adioustées : ont este imprimées a Paris
par Ni^colas Higmà : pour Symô Vostre libraire... S. d.
(alman.de iSiiià r53o). In-4,goth.,de 1 16 (f.; vélin blanc
comp. et orn., tr. dor. {anc. rel.).
Édition extrêmement rare et non décrite. « Les grandes figures sont
au nombre de vingt, et tout à fait différentes de celles en petit format ;
leur grandeur a nécessité la suppression des bordures dans les pages qui
les renferment. Il y a aussi plusieurs petites figures. Les Accidenté de
Vhommey annoncés dans le titre de ce livre, sont 26 petits sujets analogues
à la Danse des morts, et placés immédiatement après cette suite. Ce vo-
lume est très important: il s'y trouve des sujets nouveaux et des légendes
très intéressantes qui ne se rencontrent pas ailleurs. » (Didot. Cat. raU.,
n» 784.)
Magnifique exemplaire sur vélin, haut de 212 mill.
Marque seule de simon vostre.
94. Ces psentes heures a lusaige de Rome... ont este îprimees
pour Symon Vostre Libraire : demouràt a Paris a la rue
neuue (sur le titre^ les deux léopards de la marque de Si-
mon Vostre.) 6\ é/, (alttian. de i5o6à i52o). Iu-8, goth.;
mar. rouge, compart. en mos., tr. dor. {rel. du XVIlPs.).
Cette édition contient seize planches de la seconde manière, plus
grandes et plus belles que celles des Heures imprimées par PigoacÂiet.
Dans les bordures, la Danse des morts. (Didot, Cat. rais,, n* 786.)
Très-bel exemplaire sur vélin. Haut.: 180 mill.
95. Ces presêtes heures a lusaige de XAINTES (Saintes) au ||
long sans requérir ont este faictes pour Simon\\ Vostre li^
braire,.. S. d. (alman. de 1607 à 1527). Pet. in--8| goth»;
mar. rouge, fil., tr. dor.
« Cette édition contient dix-huit grandes figures, dont plosieun sont
différentes de colles qui se trouvent ordinairement, comme par eZjSiDple
LITURGIE: 125
l'avant-dernière, qai nous paraît être une miniature faite exprès pour
l'exemplaire, et qui porte une inscription, et au-dessous le chiffre A. P.
en or sur fond d'azur. Ce chiffre se voit aussi sur le titre où il remplace
le nom de Vostre, de môme que l'inscription : M. Amateur : Blandi, peinte
en or, remplace le nom de l'imprimeur. Dans les bordures ily al65 sujets
de la Danse des morts et, à la fin, les Miracles de Nostre Dame, avec les
quatrains français. » (Didot, Cat, rais,, n« 787.)
Très bel exemplaire sur vélin ; les figures sont enluminées avec beau-
coup d'art.
96. Ces presêtes heures a lusaige de CABRAY au lôg sans | re-
quérir Il ont este imprimées pour Symon vostre Libraire. S. d.
(alman. de ï5o7-i528). In-8, goth.; veau racine [anc, rel.).
u Vingt et une grandes gravures et encadrements variés. Cette édi-
tion, inconnue jusqu'à prt^sent, provient de la bibliothèque de M. Dinaux,
qui toute sa vie s'est occupé de réunir les livres concernant le nord de
la France. Elle est rarissime et regardée comme UNIQUE. » (Didot, Cat,
rais,, n» 788.)
Mg"^ le duc de Parme possède un exemplaire incomplet d'une édition
qui est presque identique avec celle-ci.
Très-bel exemplaire sur vélin.
97. Ces présentes heures à lusaige de ROUAN au || long sans
requérir... ont este imprimées pour Symon \ vostre Libraire:
demourant a Paris. S. d. (alman. de i5o8 à iSaS). In-4,
golh.; veau olive, compart. et ornem. à froid, tr, dor.
Cette magnifique édition des Grandes Heures de S. Vostre contient
vingt-cinq grandes planches sur bois et des bordures. (Pour les détails,
voir Didot, Qai, rais,, n° 789.)
Superbe exemplaire sur papier, réglé et avec témoins, haut de 250 mill.
Il provient de la vente Pieters.
98. Hore béate marie v'ginissecundùvsùroma |num... (marque
et nom de Simon Vostre). ^S". d. (alman. de i5o8 à iSaS).
In- 4, goth., de 88 ff.; mar. vert, fil., tr. dor. (^anc, rel.).
Ces belles heures contiennent vingt grandes planches (non compris le
frontispice et l'homme anatomique). Le dernier f. donne la table de ces
présentes heures, finissant par VOraison du Saint Sépulcre. (Didot, Cat, rais,,
n« 790.)
Magnifique exemplaire sur vélin. Les grandes planches et les initiales
sont enluminées avec le plus grand soin et rehaussées d'or. Hauteur :
227 mill.
99. Ces présentes heures a lusaige || DAGIERS sont au lOg
sans requérir (marque et nom de Simon Vostre). S. d. (al-
lâti TllKOLOGlK
mail, de i5ioà i53o). In-8, goth., de i32 (T.; mar. rouge,
riches ornem. sur les plats, doublé de tabis, tr. dor. (rel,
du xnir sX
Édition de toute rareté.
« C'est un des livres de Simon Vostre le plus richement ornés. Il ren-
ferme vingt et une grandes figures de la seconde manière, c'est-à-dire un
peu plus germaniques que celles imprimées par Pigouchet, plus un cer-
tain nombre de vignettes initiales. >> (Didot, Cat» rais., b9 791.)
Très bel exemplaire sur vklin.
100. Ces présentes heures a lusage de LAN || GRES... ont este
\\f aides a Paris pour Syrnon vostre libraire:^ demeurât a la
rue neuf ue: près la grcmt église. S. d. (alman. de i5i2à
i53o). in-/|, goth., de roi ff. (le f. aii manque); mar. noir,
fil. à froid, tr. dor.
Édition de toute rareté, dont Brunet ne cite aucune adjudication. Elle
est ornée de vingt grandes fîgures, les mômes que dans le u® précédent,
et de plusieurs petites ainsi que de bordures. (Didot, Cat, rais,, n^ 702. i
Très bel exemplaire sur papier.
101 . Ces présentes heures à lusaîge de LION... ont este faictes
a Paris pour Synion vo\ sire libraire.,., S. d. (almaD. de
i5i3 à i53o). ln-4, goth., de ïoo ff.; mar. violet, fil. à
froid, tr. dor.
Édition extrêmement rare. On y trouve dix-neuf grandes plauches,
plusieurs petites et deux moyennes dont la seconde porte un monogramme
(îomposé (les lettres A B V. (Didot, Cat, rais,, n« 723.)
Très bel exemplaire sur papier.
102. Ces psentes heures a lusaige de AMIENS... ont este faictes
a Paris : pour Siniô\\vostre dernouràt en la rue netrfue nte
dame. S. d. (alman. de i ji3 à i53o). In-8, goth.; veau éc,
ni.(a//6'. rel.).
Cette édition, dont Brunet n'a connu que le présent exemplaire,
renftu'ine dix-huit planches plus /rrandes et presque généralement plus
Ix^lles que dans les éditions antérieures à celle-ci. « C'est dans cette édi-
tion que paraissent pour la premi^in; fois les trois compositions attnbaées
par Renouvier et M. Bernard à Geoffroy Tory, et dont la première porte
im G gothique et les deux autres la marque GF. La troisième, la C^reom*
cision, est bien composée et linement gravée, mais elle ne porte nallement
les caractères du desshi de l'artiste tourangeau. Ce sont ces Heures qui
constitueraient la troisième manière de Simon Vostre indiqaèe par Re-
nouvier. >) (Didot, Cat, rais,, n« 704.)
Très bel exemplaire sur v(^:li.\.
LITUH(ili:. 1-27
ANTOINE VEÏLVRD.
103. (Heures à Tusage de ROUEN.) A la louenge de dieu de
sa tressaincte erfiglorieuse mère, et a ledification de tous
bôsjl catholiques yA//'<?/i^ commencées ces presen-W tes heures
par le cômarulemêt du roy noslre\\sire pour àlhoine ve-^
rard libraire deniouràt a\\/)nris sur le pont nostre\\danie a
lymage saint\\iehan leuangeliste ou au palays au premier\\
pilier deuant la chapelle ou len (sic) chante la mes^se de
nœsseigneurs les presidens. (Au-dessus de ce titre, deux
stances, Tune de cinq vers commençant par : lesus soit en
ma testey etc., et Tautre, de quatre vers : Qui du tout son
cueur, etc.) *.V. d. (alman. de 1^88 à i5()8). 2 part, in-4,
goth., de 84 et 78 ff., sign. A-B, aa-Jf,, à, ê, p, y), et A-C,
A-G, par 4, f> et 8 ff.; mar. brun, riches compart. en mo-
saïque à la Grolier, en mar. pourpre et noir; doublé de
mar. rouge ancien, dent, en mosaïque, tr. dor. [Cape).
Édition NON DÉCRITE de ces Heures précieuses, dites Grandes Heures de
Vérard, M. H. Bordes, qui a consacré à ce volunft une note dans le cata-
logue de sa collection, note reproduite dans celui de Benzon (n° 25), a cru
que le présent exemplaire appartenait à l'une des deux éditions longuement,
mais encore insuffisamment décrites par Brunet (t. V, col. 1600-1602), la
première d'après l'exemplaire de la Bibliothèque nationale, la seconde,
d'après celui de la Bibliothèque Mazarinc, les seuls complets qu'on con-
naisse. Il n'en est rien, et notre exemplaire est d'une édition sensiblement
différente de toutes les autres de ces Grandes Heures, non-seulement par
une disposition du titre légèrement modifiée et par le nombre de feuillets
dont se composent ses deux parties; non-seulement par le nombre de
grandes gravures sur bois et la nature de leurs sujets , mais aussi par sou
texte et sa destination spéciale. La première partie est ornée de seize (et
non treize) grandes gravures (non compris celle de V Acteur, au v^ du
I®' f.), dont deux se répètent, ce qui les réduit à quatorze sujets. Douze de
ces sujets sont les mêmes que ceux des douze premières gravures de
l'exemplaire de la Bibliothèque Mazarine, dont Brunet a donné la liste;
les deux autres : la Renconti*e de Joachim et d'Anne à la porte dorée et la
Nativité sont nouveaux. La seconde partie (Suffragia plunmorum sanc-
torum) compte cent trente petites figures. Les bordures, très larges, sont
t^omposées de sujets presque au trait. Toutes ces gravures sont du style le
plus archaïque qu'on ait rencontré dans les Heures de Paris. A la dernière
page, est la grande marque de Vérai^d, avec un huitain au-dessous. Dans
la collection Benzon se trouvait au^si un autre exemplaire des Grandes
Heures de Vérard, celui-là sur véfin ; il comptait 90 et 78 ff., et appartenait,
comme nous l'avons constaté, surtout pour la première partie, à une édi-
. tion bien différente de celle que nous décrivons; contrairement à Topinion
émise par le rédacteur du catalogue.
Mais la particularité la plus intéressante, qui avait échappé à l'auteur
I2S THEOLOGIE.
de la note inentionnôe ci-dessus, c'est la destination spéciale de notre
édition. Tandis que les autres éditions connues de ces Grandes Heures
sont soit à l'usage de Rome, soit à celui de Paris (c'est ce dernier titre
que le relieur a imprimé sur le plat de ce volume, titre que nous ayons
fait modifier), la nôtre est a l'usage de ROUEN. En effet, au verso du
i«' f. du cah. aa, au bas de la grande gravure représentant la Création
d'Èvc, on lit ce titre pour les Heures de la Vierge qui suivent : Incipiunt
hore intemerii'Wtfi virginis marie secun(lû\\vsum Rot^omagensem. On n'en
connaît pas d'autre exemplaire.
Bien qu'on ait ignoré toutes ces particularités, qui augmentent consi-
dérablement l'intérêt de notre volume, il n'a pu être acquis par M. Didot
à la vente Benzon (1875) au-dessous de 4,000 fr., et il doit cette enchère,
déjà élevée, à sa conservation exceptionnelle. C'est, en effet, le plus grand
(il porte 252 millim. de haut.) et le plus beau (malgré quelques légers
raccommodages) de tous les exemplaires connus des Grandes Heures de
Vérard; le tirage est d'une pureté parfaite. Toutes les initiales sont
peintes à la main, en bleu et en rouge; souvent elles sont soigneusement
enluminées en or et couleurs. A deux endroits du volume (2* f. r* du
cah. aa, et 4" f. r<> du cah. ce), se trouve, dans la bordure, un écusson peint
avec les initiales lA entrelacées; à la première page de la seconde partie»
on voit un écusson semblable, de la même main, mais avec les ini-
tiales IB. •
104. A la louenge de dieu de sa tressaincte et||g1orieuse mère,
^ a ledification de tous bons || catholiques yï/re/i/ cô/necees
CCS prcsèles heu |I res pour Anthoinc verard libraire. . . (Cette
suscriptioii est précédée de six vers français : tesus soit en
ma leste et mon entemlement, etc.) S. d. (alman. de i488
à i5o8). Pet. in-4, goth., de iia ff.; mar. rouge, fil. à
comp., tr. dor. {re/. angL).
« Ces Heures diffèrent complètement des précédentes par leur stjie et
Ton y découvre au premier coup d'œil l'inlluence de la publication des
belles bordures de Simon Vostre. Elles doivent sortir des presses d*Ëtienne
Janot. » (Pour plus de détails, voir Didot, Cat. rais., n» 799.)
Très bel exemplaire sur vélin, le seul cité par Bmnet. Toutes les
grandes planches et les initiales sont enluminées avec beaucoup d'ha-
bileté. Haut. : 200 millim.
105. (Heures à Tusage de Rome.) (Au r® du dern. f. :) Ces pre-
sentes heures a lu\\sage de Home furent ache\^uees le xx.
iour de Januier.\\Lan M, CCCC C {iSoo). In-8, goth., de
124 ff.; veau brun, orneiQ. au centre des plats, avec les
lelires IM au milieu, Ir. dor. (anc. rel.).
« Édition non décrite. Ces Heures doivent être de Verard, quoiqu'on
n'y trouve ni marque ni nom. La plupart des grandes figures, au nombre
de quinze, sont composées d'après S. Vostre. La Danse des mortSi dans
LITURGIE. 129
les encadrements, n'est représentée que par trois sujets (le pape, Vempe-
reur et le cardinal), deux fois reproduits. » (Didot, Cat, rais,, n^ 804).
Très bel exemplaire sur vélin.
^ JEAN DU PRÉ.
106. Hore be{{ate ma||rie virgînîs se||cundum vsuin||Ll]G-
DUNENSEM. (\ fa fin :) Cy finissent les heures de nfe\\
dame a luscv^ede Lyon Impri\\ rnees a Paris. S. d. (alman.
de 1491 à i52o). Pet. in-8, goth.; mar. rouge, fil., tr. dor.
[reL du Xyill' s.).
« Ces Heures, dont le nom de l'imprimeur paraît avoir été gratté, sont
fort rares, et elles méritent d'être connues parce que, pour l'ornementa-
tion, elles ne ressemblent à aucune autre de la même époque; elles sont
ornées de quinze grandes gravures. Parmi ces grandes planches, qui sont
assez bien dessinées et soigneusement gravées, on en remarque deux qui
ont déjà été employées dans les Heures à Vusage de Kome, imprimées par
Jehan du Pré, en 1488, dont les bordures sont gravées en relief sur cuivre.
Le style archaïque des encadrements sur fond noir, imité d'anciens ma-
nuscrits, donne à ce précieux volume un caractère tout particulier. »
(Didot, Cat, rais,, n^ 811.)
Très bel exemplaire sur vélin, le seul connu do Brunet.
ULRIC GERING.
107. (Horaî béate Virginis Marie ad usum Parisiensem. Pari-
siuSy U. GeriiigyW. i49^)- In-8, goth,, de 1 16 ff,, sign. a-o;
mar. noir, tr. dor. (anc. rel,).
Édition non décrite. On peut regarder ce livre comme un des chefs-
d'œuvre de la typographie parisienne, pour la beauté et la régularité des
types, ainsi que pour la perfection du tirage ; on y remarque surtout la
grande habileté avec laquelle deux caractères de grosseur différente ont
été fondus sur le même corps pour éviter les parangonnages.
Dans le présent exemplaire, auquel on a voulu donner l'apparence
d'un manuscrit, on a soigneusement gratté le titre ainsi que la souscrip-
tion finale, de sorte qu'il n'était point facile au premier abord de déter-
miner avec certitude de quelles presses ce beau livre d'Heures était sorti.
Le rédacteur du catalogue de la collection de la duchesse de Berry, d'où
». provient ce volume (n<> 34), n'a prononcé aucun nom d'imprimeur.
M. Didot [Cat, rais., n° 812), ayant constaté que les gros caractères étaient
les mêmes que ceux qui ont servi au Missel à l'usage d'Utrecht, imprimé
à Paris, en 1 i97, par Wolfgang Hopyl (voir le n° 75), a cru pouvoir aussi
attribuer au même typographe le livre qui nous occupe. Or Hopyl tenait
ces beaux caractères du premier imprimeur de la ville de Paris, d'Ulric
Gering, dont il fut lo successeur, et nous pouvons affirmer que l'impres-
130 THEOLOGIE.
siuii de CCS Heures esl du<.' entièrement et exclusivement À Gering. En effet,
malgré le soin qu*ûn a mis à gratter dans cet exemplaire la souscription
finale, composée de six lignks, on y distingue encore, k la fin de la qua-
trième ligne et au commencement de la suivante, le mot : ge || ring, de
même qu'on peut lire à la première : béate Mane virginis, et à la dernière :
décima octobris. Cette édition ne se trouvant dans aucune des biblio-
thèques de Paris, il ne nous a pas été possible de restituer en entier cette
souscription et surtout d(^ connaître la date qui y est exprimée, et qui est
peut-être antérieure à liOi. Brunet ne cite aucune édition d*Hcnres de
(iering seul, et il n*en mentionne que trois mises au jour par celui*ci et son
associé Berchtold Rembolt : Tune datée de 1494, dont un exemplaire se
trouverait à la bibl. de Munich; une autre datée du 7 mars i498 [I499d.
st.]; une troisième, de 1502(20 mai); la date de la première de ces
éditions (citée d'après une mention rapide de Van Pra6t) aurait besoin
d'être vérifiée. Nous connaissons encon» une édition de i497 [1498 n. sl«]
due à Gering seul {,.,Oj)a vdalrici\\gcrXy. Anno diii millesimo ccccxixij,\\
die vcro se2)titfio Marcij), particularité curieuse qui semble prouver qu'il y
a eu une interruption dans l'association de Goring avec B. Rembolt, asso-
ciation remontant à 1494. Notre édition nous parait être la plus aneicune
de toutes celles qu'on connaît actuellement; elle contient un almanach de
1490 à 1508.
Le titre, gratté, se composait de quatre lignes. Le commencement des
deux premières, imprimées en gros caractères et en rouge, est facile à
déchiffrer; on y lit ; Jlore béate lfa||ric virginis advsum [*t parisicnsem].
Les deux suivantes, imprimées en noir, sont illisibles; le premier mot
paraît être : Impressc... Cette édition n'a dû être imprimée qu'à très pou
d'exemplaires, réservés pour de hauts personnages; son exécution a dA
être très coûteuse. Pour lui donner, comme nous l'avons dit, Tapparencc
d'un manuscrit, on a ménagé la place pour dix-sept grandes minviturts
qui sont fort bien pointes dans notre exemplaire, de même que les bor-
dures variées qui entourent toutes les pages sans exception, et où Ton
trouve encore quarante-sept petites miniatures. Ce qui augmente considé-
rablement son intérêt, c^est que chaque bordure renferme un monogramme
composé des lettres ÂNE (Anne) souvent répété plusieurs fois dans la
même page et accompagné de fleurs de lis d'or sur champ d*aznr. Ce
monogramme, ])resque identique avec celui qu'on trouve dans notre beau
manuscrit d'Heures ayant appartenu à la reine Anne de Bretagne, et que
nous avons décrit plus haut (n<>28), semblerait indiquer que le présent yo-
lume a été fait pour la même princesse. La miniature placée au r* du
f. 6m représente une dame en prière dans son oratoire; elle est Tètoe
d'une robe écarlate, à manches garnies de noir, et avec la cometta de
même couleur. Ge costume ressemble beaucoup à celui avec, lequel on re-
présente la reine Anne ; toutefois, comme l'hermine, son emblème favori,
n'y figure pas une seule fois, on est plutôt porté à croire que ce riche
volume a appartenu h Annk de Braujku, régente de France pendant la
minorité de Gharles VIII, et plus tard beile-sœur d'Anne de Bretagne.
Superbe exemplaire sur vklin, probablement UNIQUE.
LITURGIE. 131
LES KERYER.
108. Horse întemerate Vgîs Ma|jrîe secundù usum Romanù...
(A la fin : ) Ces présentes heures a /iisasfe r/e l\ô me furent
acheuees le Xi'. lotir de liiillet Lan M, CCCC. iiiixx (C Xi'ii
(i/lQ-y) j> Malstre lehà philippe pour Thielmà Keruer, Li-
braire... In-8, golh.; mar. rouge, fil, à fr., Ir. dor.
L'une des plus anciennes éditions données par Kerver; elle est fort
rare. On y trouve seize grandes figures, trente-quatre petites, et des bor-
dures historiées. (Didot, Cat, rais., n° 814.)
Très bel exemplaire sur vélin.
109. Hore béate Marie ad usum CABILONE3EM||adlongum cum
plurimis orationibus. (A la fin ; ) Ces présentes heures furet
nche\\uees le, viL iour de Octobre Lan Mil. CCCC. iiiixx
et xix (1499) ^'"' Il Thirlmà Keruer pour Hugues Pa\]geot
libraire demourant a dis ion [\)\]6ï\). In-8, goth.; veau. gr.
.< Ces Heures, à l'usage de CHALON-SUR-SAONE, sont fort rares. Elles
contiennent seize grandes planches, plusieurs petites et des entourages à
chaque page. Cette belle édition, fort bien imprimée, est décrite sous le
n® 164 de la notice de M. Brunet, d'après un catalogue de la librairie
Techener, mais sous un titre français. » (Didot, Cat, rais,, n° 816.)
Une notice développée et d'un grand intérêt axL point de vue icono-
graphique, a été consacrée à ces Heures par M. Anatole Aies, dans le Ca-
talogue raisonné de la collection de:* livres de liturgie faisant partie de la
riche bibliothèque de S. A. R. Ms' le duc de Parme {Bibliothèque litur-
gique; Paris, 1878; in-8; n" 37). Ce beau travail, que nous avons déjà cité
et auquel il faudra recourir chaque fois qu'il s'agira des livres de liturgie,
est conçu sur un plan original, et fait honneur à la bibliographie fran-
çaise. Nous regrettons qu'étant tiré seulement à 150 ex., dont aucun n'a
été mis dans le commerce, il soit si peu à la portée des bibliographes et
des iconophiles.
Notre exemplaire, sur papier, est fort beau.
TlUELMAN KERVER pOUr GUILLAUME EUSTACE.
110. Hore întemerate virginis marie secundû || vsum Roma-
nù... (Marque de G. E. (Guillaume Eustace). Au v* du
dern. (. :) Ces présentes heures a lusaige de Rome || furet
• nclieuees le. .n^. iour de Mars ian mil ^ cinq cens (i5oo;
i5oi n. st.) par Thielman keruer. Pet. in-4, de 116 ff,;
mar. rouge^ riches compart. sur les plats, doublé de mar.
LaVallière, avec ornem. en moMïque, tr. dor. et cis. {Loriic).
132 THÉOLOGIE.
Dix-huit grandes figures, en grande partie les mêmes qa'au numéro
précédent.
« Ces Heures sont curieuses non-seulement pour leur exécution, leur
belle conservation et leur ancienneté, mais encore par un petit traité de
Jean Quentin, pénitencier de Paris, intitulé : VExamende conscience, etc.,
qui se trouve à la fin. Il contient des détails d*une étrange précision sur
des questions délicates. » (Didot, Cat, mis,, n^ 817.)
Magnifique exemplaire sur très beau vélin, le seul conna de Bnmet.
Toutes les pages , sans bordure , sont réglées et soulignées en rouge ;
les lettres initiales, ainsi que les alinéas, sont peints en or et en
couleurs.
J 1 1 . Ces présentes heures a lusaige de Paris || sont toutes au
long sans ries requérir aueq || les heures saincte geneuiefîie
et la coinemo||ration saint Marcel et de saint Germain . (Mar-
que et nom de Guillaume Eustace ; au v® du dern. f, : ) Ces
psenles heures a lusaige de Paris fu\\rent acheuées le xx.
iour de iuing Lan Mil. \\ CCCCC. (i5oo). Par Thielmà
Keruer pour Guil\\laume eustace^ etc. Pet. in-/|, goth«, de
96 ff.; mar. rouge, fil. à comp., tr. dor. et cis. (^Duru).
(c Édition non décrite. Dix^-scpt grandes gravures dans une bordare
sobre et d'un goût excellent. La i^^ est celle de la Mort, Les initiales sont
peintes en or et en couleurs. Les pages n*ont point de bordures, mais sont
encadrées d'un filet d'or. » (Didot, Cat, rais,, n« 818.)
On lit à la fin cette note manuscrite : Ces présentes Heures apparHennit
a honorable femme Jehanne Cocault fème de honorable home Pierre Johànes
archer de la garde du Roy nfe sire. Qui les trouuerra cy les rapporté on lui
douera le vin.
Superbe exemplaire sur vélin, haut de 197 millira.
•
112. Hore intemerate virginis marie secûdum || vsum Ro-
manù... (A la fin :) Ces psentes heures a lusaige de RÔme
fu\\rrnt acheuées le xiiii. iour de Nouembre, Par)\ Thielmà
Keruer pour Guillaume eustace,., S. d. (alman. de i497 à
iSao). Pet. in-4, goth., de 96 ff. ; mar. brun, ornem. en
mosaïque, tr. dor. [anc. reL à la Groller).
Édition non décrite. Quatorze grandes gravures (la 14* est celle de la
Mort)j et plusieurs petites. Les pages sans gravures n*ont point d'encadre-
ments. (Didot, Cat, rais,, n® 819.)
Magnifique exemplaire sur vélin. Les figures ont été enlaminées avec
soin, et les initiales sont peintes on or et en couleurs. Il est reréto d'une
c.urioiise reliure du \\l° siècle, dont nous donnons une reproduction an
catalogue illustra'.
LITURGIE. 133
TUIELlfAN KERVER pOUr GILLET REMACLE.
H 3. Hore intemerate virginis marie secundû || vsum Roma-
num ciim pluribus oratiOibus || tam in gallico q^ in latino.
(Au \® du dern. f. :) Ces présentes heures a lusaige de
Rome Wfurèl acheuees le x. four de làuier Lan A///|| cinq
ces et trofs. (i5o3; i5o4 n. st.). Par Thielman Keruer.,.
Pour Gillel Rernacle. In-/|, golh.; mar. brun estampé, tr.
dor. [rel. du temps).
Cette édition, fort rare, contient dix-huit grandes planches et des enca-'
drements, les mômes que dans l'in-S décrit ci-dessus, n^ 109. (Didot, Càt.
rais., n° 820.)
Magnifique exemplaire sur vélin, avec initiales peintes. Haut. :
223 millimètres.
114. Hore diue virginis Marie scdm verum vsum Roma||num...
(Au v° du dern. f. :) Finit officia béate Marie vginis
scâtm vsus II Romanu... Impssu Parisiis anno dni Ali/le^
simo gns^êtesimo quarto. (i5o4) vi. Kalendas Âugusti.
Opéra \[ Thielmàni Kcruer,.. Pet. in-8, lettres rondes;
mar. rouge, ornem., tr. dor. {anc, rel.).
« Cette édition est ornée de dix-huit grandes planches (les mêmes
qu'au numéro précédent), de plusieurs petites et d'encadrements. On y
trouve quatre planches qui n'ont pas été employées dans l'édition de 1505.
Ces Heures sont fort bien imprimées en caractères romains que Kerver
déclare être siens, et peuvent servir de type pour reconnaître les gravures
appartenant à Thielman Kerver. » (Didot, Cat. rais. y n® 821.)
Très bel exemplaire sur vélin.
YOLANDE BONHOMME, veuvc de Thielman Kerver.
115. Ces présentes heures a lusai||ge de Paris.... (Au r^du
dern. f. des Heures : ) Cy finissent ces .psentes heures a
lusaige de Paris y nouuellemèt imprimées par la veufue
de feu Thielrnà Keruer.,.. et furent acheuees Lan AI il, ccccc.
xxij\ (i522) le Xi>j. iour. de Feurier. (Au v** du dern. f. du
cah. r/a, contenant les cômendationes defunctorûy on lit : )
Les recômandaces des trespasses nouuellemèt imprimées a
Paris par la veufue de feu Thielmà keruer. ...M. cccccxxij
(i522). Gr. in-8, ouin-4, goth., de i3i ff., groscaract.;
mar. olive, doré en plein, tr. dor. {rel. duXI^P s.).
tt Toutes les gravures de l'édition de septembre 1522 se retrouvent
dans celle-ci, moins les bordures. Elle contient 59 figures, y compris celles
iU THÉOLOGIE.
du calendrier et les armes du Rédempteur. La 40^ et la 4i* représentent
les Trois Morts et les Trois Vifs. » (Didot, Cat. rais., n? 82t.)
Magnifique exemplaire sur papier, couvert d'une splendide reliure
genre Eve, dans la bordure de laquelle se trouvent les initiales MA et 4^
entrelacées, ainsi que des marguerites,* etc. Postérieurement, on a fait
frapper, dans les médaillons du centre, d'un côté le mot : Agnès, de
Taulrc : de la Chappelk.
116. Heures a liisage de CHARTR.ES.... (Marque et nom de
Th. Kerver, et la date M. I). AyV (i556). Au r* du deru. f.
des Heures :) ^ Paris y chez loland bonhomme^ etc. In-8,
gotli., terminé par trois opuscules ; mar. fauve, riches orn.
en mosaïque, tr. dor. [reL du temps).
Édition fort rare, ornée de soixante et une figures sur bois. Point de
bordures. (Didot, Cat. rais., n® 830.)
Très bel exemplaire sur papier.
LES UARDOUIN.
117. (Heures à Tusage de Rome.) (Au v® du dern, f. :) Ces
présentes heures a lusaige de Rome : ont este imprimées
a Paris par Guillaume anabnt pour Giltel hardouin
libraire El pour germain hardouin libraire S. d.
(alman.de i5oo à iSio). In-8,goth.; ais de bois recouverts
de mar. brun estampeur et argent, tr. dor., fermoirs en
cuivre, {rel. du XFP s.).
Relie et très rare édition. « H y a, dans le volume, dix-neaf grandes
miniatures et plusieurs petites, qui sont dans le texte. La 17* grande mi-
niature représente la Mort à cheval sur un bœuf. La place des grandes
miniatures a été laissée en blanc au tirage. Les bordures sur bols sont
variées. >» (Didot, Cat. rais., n° 835.)
Magnifique exemplaire sur vélin, revêtu d'une reliure fort originale.
J18. A la louengè de Dieu de sa tressaincté et glo||rieuse
mère.... furet cOmêces {sic) ces présentes heures A lusai||ge
de Romme. Pour giilet hardouin libraire. •• (Au-dessus, les
deux strophes : Jésus soit en ma (este, etc. Au v* du dern.
f.) : Ces présentes heures a lusaige de Rom\ifne ont- este
acheuees A paris Le xxiiii. iour de || Nouembre. txin mil
cinq cens et trois (i5o3.) In-8, goth.; velours violet, tr.
dor.
M Belle édition ornée de quinze grandes miniatures et de TÎnglHMpt
petites. On croit que ces peintures, dont les entourages sont d*iiiia ezé-
LITURGIE. 135
cution remarquable, sont l'œuvre de Germain Hardouin, in arte litterariœ
picturœ pentissimus. » (Didot, Cat, rais,, n^ 836.) Voir sur ce livre une ex-
cellente notice de M. A. Aies, dans la Bibliothèque liturgique, n® 183.
Très bel exemplaire imprimé sur vélin, avec toutes les initiales et
Tersets peints et rehaussés «d'or, mais sans bordures à compartiments.
Haut. : 193 millimètres.
119. k\si \ouenge de dieu... farenl commencées ces présentes
heures. A lus(ii\\gede Roinine. Pour Gillel hardouin libraire...
(Au-dessus, deux strophes de vers français; au v® du 8' f.
du cah. /;) ('es présentes heures a lusaige de Rome furent
Il achcuées le . ix. iour de lanuier lan mil cinq cens^\[quatre.
(i5o4; i5o5 11. st.). Par Anthoine Chu ppiel ï primeur..,
In-4i gotl*«; veau fauve estampé, Ir. dor. {/y7. du temps\
Ce volume contient douze grandes figures et un grand nombre de
petites. (Didot, Cat, rais. y n° 837.)
Très bel exemplaire sur vélin. Haut. : 237 millimètres. Les figures et
les initiales sont enluminées avec un soin extrême.
120. Hore intemerate virginis Marie secundù || vsum Roma-
num... (Marque de Guillaume Eustace et le nom de Ger-
main Hanlouin; au v° du dern, f. : ) Ces présentes heures a
lusaiife\\fle Ro/n me furent acheuees te pre\\mier iour de
Octobre Lan Mil\\ cinq cens et cinq (i5o5j. Par Guillaume
Anabal Imprimeur demourant a\^Paris... Pour Germain
Hardouin libraire..,. Pet. in-/|, golh.; mar. olive, fil. et
ornem. sur les plats, tr. dor. [anc. reL).
« Ce volume contient quinze grandes planches, plusieurs petites, et
encadrements à toutes les pages, présentant de jolies arabesques et des
petits sujets divers ayant du rapport avec ceux des grandes Heures de
Simon Vostre, sauf qu'on n'y voit que fort peu de motifs pieux. » (Didot,
Cat, rais., 11° 838.)
Magnifique exemplaire sur vélin, haut de 21 i millim. Figures et ini-
tiales enluminées et rehaussées d'or, de la main, sans doute, de Germain
Hardouin.
121. A la louenge de dieu... ont este cômencees ces presètes
Heu||res a Tusaige de Romme... Nouuellement imprimées a
Paris par Gil\\let Hurdouyn imprimeur... : pour Germain
Hat\\loujn... (Au v" du dern. f. :) Ces présentes Heures..,
ont este nouuellemèt imprimées a Paris pour Germain Har-
doujn,.. S. d. (alman. de i5o5 à iSaS). Gr. in-8, goth. ;
mar. rouge, fil., chiffres aux angles des plats, tr. dor. {anc.
136 THÉOLOGIE.
rel. aux armes et au chiffre de Guillaume Pot, pré\*ôi et
maître des cérémonies de tordre de Saint-Michel).
Édition de toute rareté, ornée de dix-huit grandes figures et de plu-
sieurs petites. Point de bordure autour des pages. (Didot, Cat. rais.,
n« 839.)
Superbe exemplaire sur vélin, haut de 216 millim. Les planches sont
enluminées de la môme main qu'au volume précédent; les initiales sont
peintes en couleurs et rehaussées d'or.
122. Heures a lusaige de Romme... (Au\® du dern. f. :) Ces
présentes heures a lusaige de Rij^me... Ont || este acheuees
a paris le huitiesme iour de \ Mars, Lan mil cinq ces et
neuf (i5o9; i5io n. st.). Par GU\\let Hardouyn Impri--
meur.,. ln-4i goth,; mar. brun, riches comp. et orn., tr.
dor. {reU du X^I' s.).
« Cette belle édition renferme vingt grandes planches dont une se
répète. Plusieurs d'entre elles sont, pour la composition, une imitation
des grandes planches de Simon Vostre; quelques-unes cependant sont
originales. Les entourages sont d'une très grande richesse, finement exé-
cutés, mais présentent de petits sujets souvent mal appropriés k la nature
de l'ouvrage. Ce sont, entre autres, des sièges de forteresses, des amours,
des centaures. On remarque au bas de ces pages une suite très cmieuse. »
(Voir les détails dans le Cat, rais., n® 840.)
a En marge de ce volume remarquable sont des sujets de la Danse des
morts d'un dessin tout différent de celui des autres Heures. Somme tonte,
c'est là un beau livre et peut-être la meilleure production des presses de
Hardouin. »
Magnifique exemplaire sur vélin, haut de 227 millim. Trois feuillets de
vélin ajoutés à la fin du volume contiennent des notes très dëtaiUées des
mariages, naissances et décès survenus dans une famille du nom de Jforeau
qui a habité Paris et Dijon, notes remontant à 1627 et s'arrêtant k 1711.
GUILLAUME EUSTACE.
123. Ces presêtes heures a lusaige de R5me |au long sans
requérir on/ este imprimées a \ Paris par Philippe pigoUf^
chel I pour Guil\\laume eustace marchant Libraire... MU.
V. c. ^. /a:(i5o9). In-8, gotb.; veau fauve, riches compàrt.
en or et en mosaïque, tr, dor. [Hagué).
« Ces Heures sont ornées de quatorze grandes figures et de belles bor-
dures, où figurent des ornements nouveaux et des arabesques d*im goût
remarquable ; mais on n'y a pas introduit la Danse des morts. La plupart
de ces gravures, grandes ou petites, sont des copies exécutées à redotov de
LITURGIE. 137
celles des Heures imprimées par Phil. Pigouchet pour Simon Vostre. »
(Didot, Cat. rais,, n» 851.)
• Très bel exemplaire sur vélin, haut de 177 millim., avec initiales enlu-
minées. C'est le seul cité par Brunet.
GUILLAUME GODARD.
124. Hore in laudem beatissime virgi||nis Marie... Vénales
habentur in officina Guiller\\mi Godard librarij iurati
Parisien (i5!ï3). Pet. in-8, pet. caract. ronds; mar.
vert, tr. dor.
Édition rare. Au milieu du titre est un charmant médaillon représen-
tant la Vierge et TEnfant-Jésus. On voit à la fin la souscription suivante
en rouge, disposée d'une façon particulière :^
Finiût Hore semper benedicte, virginis Marie SecÛndum usum Romanum
.... typis ac caracteribus Grecis noniter Parisiis exarate, opéra industrii Biblio-
graphi Pétri Vidou^i, impressons peritissimi , ère ac impendio Honesti viri
Guillermi Godard Anno a partu virgineo. M, ccccc. xxiii, ad calculU
Rôanû.
« Mais Gourmont avait précédé Vidoue, dans l'emploi des caractères
grecs. La transcription des lettres grecques de l'alphabet (l'avant-demier f .)
nous démontre que la prononciation n'était pas celle d'Érasme, mais
celle que les Grecs modernes ont conservée : Vita, Zita, Thi, Mi, Ni, Taf,
Ypsilon, Les gravures de ces Heures sont au nombre de trente-quatre
parmi lesquelles quinze grandes. Les encadrements de forme ovale offrent
un caractère tout particulier. L'impression est belle. » (Didot, Cat. rais,,
n» 890 «.)
Très bel exemplaire sur vélin; les gravures sont soigneusement enlu-
minées.
GEOFROY TORY Ct SIMON DE COLINES.
125. Horae in laudem beatiss. semper virginis Mariae secun-
dum consuetudinem curiae Romanœ^ vbi orthographia,
puncta & accentus suis locis habentur. Parisiis, apud
Magistrum Gotofreclum Torinù Bituricum. Ad insigne, vasis
effracli, in via lacobaea. Gallice Au pot casse, en la rue
sainct lacques. (A la fin:) Excudebat Simon Colinœifs
Parisiis e regione scholarvm decreiorvm anno a Chrisli
lesif natii^ilate M. D. XXV (i5îi5). xvii cal, Febr. In -8,
de 144 ff-; inar. rouge, larg. dent, sur les plals^ Ir. dor.
{anc. rel.),
« Précieux volume, orné de treize grandes figures sur bois au trait et
de seize encadrements complets dans lesquels on voit la croix de Lor-
raine. Voir, pour la description de ces belles Heures, dites à Vantiquey le
I3S THEOLOlilK.
Maniidj V Essai sur fa yravw*e et le Geofroy Toiy de M. Bemai'dy 2« édition,
p. i 47. Il } a des (exemplaires au nom de Simon de Colines comme libraire. »
(Didot, Cat. rais,, n° 727.) •
Bol exemplaire sur papier, avec de petites marges. Noies manuscrites
à la dernière page, et qq. taches.
12n. Flore in laudem beatissime virgi||nis Marie : secundum
consuetu||dineni Ecclesie Parisiensis. || Vénales faabentiir
ParrhisiisapudllMagistrumCotofredumTorinûJlBiturigicum:
sub insigni vasis|| effracti : gallico sermone Au pot Casse.
(A la fin :) Ces présentes heures a lusage de Pa^risj priuile-
£>iees pour dix ans conm2êceâs\\a la présente date de leur
impression! furêl^acheuees dim primer le vin»t deuxiesme^),
iour Doctobre Milj cinq cens vingt sept (1527) || Par
maistre Simon du bois imprimeur\pour maistre Geofroy
Tori de bourgesj \ ' q les vend a Paris a lêseigne du pot
casse, Gr. in-8, gotb.; veau fauve, ricbes orn. en mosaïque,
tr. dor. (tel. du Xl'P s).
Édition rare et recherchée.
« Toutes les pages sont entourées d'encadrements en arabesques, de
llcurs et oiseaux. Vingt-six encadrements complets, dits à la nuxieme;
treiz(^ grands sujets au trait, dont 1 1 sont les mêmes qu'au n^ précédent.
Le [)rivilége est très remarquable. » (Didot, CcU. rais., n? 728.)
Magnifique exemplaire sur papier. Hauteur: 230 millim. Il estcouTert
d'une superbe reliure, fort bien conservée.
127. Hore in laudem beatissime virginis Marie... Paris, Si-
mon du Bois pour Geojroy Tory (1527). Gr. în-8, golb.;
mar. La Vallière, ricbes compart. en mosaïque, doublé
de mar. vert, avec une croix byzantine en mosaïque,
Ir. dor.; étui en mar. La Vallière (Zor/ic).
Même édition que celle décrite au n® précédent.
Superbe exemplaire sur vélin, avec toutes les gravures et initiales,
ainsi que les encadrements légèrement enluminés et rehaussés d'or. Le
f. de titre parait avoir été retouché dans les enluminures et à plusieurs
endroits du texte. La reliure de ce volume est d'un fort beau stjle et
d'une exécution irréprochable.
I i28. Hora* in laudê {| Beatissimœ Virginis || Mariae secundfl usum
Romanum. (Au v"" du dern. f. : ) Parr/iisiis, apud Goiofre*
dum Torinù liiturigicum, çiii die Feb. ^nnoSah H. D. XXIX
(1529) ad insigne Fasis effracti. In-i6, de 176 ff. ; mar.
rouge, doublé de mar. bleu, orn. en mosaïque, armoiries
à rinlérieur et sur les plats, tr. dor. etcis. (£or//c).
« Ce volume, de toute rareté et de toute beauté, contient dix«nenf
LITURGIE. 139
pc^tites gravures de Tory et ses arabesques. » (Didot, Cat, rais., n° 730.^
Exemplaire sur vélin, couvert d'une charmante reliure aux armes de
S. A. M8^ le duc de Parme, qui a bien voulu faii*e un échange de ce pré-
cieux volume avec M. Didot. Hauteur: iiO millira. i/2.
129. Horfie in laudè beatiss. virginis Mariae. Ad iisuro Roma-
num. Farrhisiis, apud Gotofredum Torinunî Biturigicum.
Regium Impressorem (A la fui : ) Parrhisiisy ex o/ficinn
Golofiedi Torini BIturigici Regfj intpressorisy Ad insigne
Fasis effracii. Anno snlu. M. D. XXXI (i53i) die xx niêsis
Octo. In-8, lettres rondes; veau fauve, plais incrustés re-
présentant.le Pot cassé, tr. dor. et cis. {leL du XV T s,).
« Treize grands sujets dont neuf ont fait partie de l'édition de 1525,
avec un npuvel encadrement. Voir, pour la description de ce volume, la
notice de M. Brunet, en remarquant qu'il a eu tort de dire que le pri-
vilège manque : il se trouve au recto du dernier f. Sous le rapport de l'an-
cienneté, de la pureté du style du dessin et de l'exécution typographique,
ces Heures à l'antique sont le plus beau spécimen de l'art français de la
Renaissance. Cet exemplaire est dans sa reliure originale de Geofroy
Tory, du format in-8, mais il y a une autre plaque d'un plus petit for-
mat. Toutes deux représentent son Pot Cassé et ses accessoires, avec une
ornementation sobre et de bon goût. Le présent exemplaire a l'avantage
d'avoir la plaque de Tory imprimée en or. » (Didot, Cat. rais,, n<> 731 .)
Exemplaire d'une pureté remarquable. Hauteur : 201 millim. La reliure
est dans un état de conservation parfaite, sauf le dos qui a été refait; nous
en donnons une reproduction au catalogue illustré.
130. Horae in laudem beatiss. virginis Mariae, Ad vsum Roma-
nuin. Officium Triplex (A la fin :) Panhisiisy ex Offi-
cinti Oliuerij Mal lard Rcgij itnpressorisy Ad insigne vasis
e/fracli. Anno Sala. ia. d. xlii {\Sl\i), Mense Augusti, ln-8,
lettres rondes; veau fauve, riches orn, en mosaïque sur
les plats, tr. dor. et cis. {rel. du XV,P s,).
« Treize grands sujets, les mômes qu'au n<> précédent. Ce volume est
un des trois exemplaires parfaitement complets; des deux autres, l'un fai-
sait partie de la collection Yemeniz, l'autre appartient à M. Destailleur.
La reliure de ce dernier exemplaire est toute semblable à celle du mien,
ce qui semblerait indiquer que c'était la reliure de l'éditeur Olivier
Mallard. Celui-ci provient du cabinet de M. Aerts de Metz. Il contient la
grande planche du Triomphe de la Vierge. » (Didot, Cat. rais., n° 732.)
Superbe exemplaire, presque non rogné, et couvert d'une délicieuse
reliure dont on trouvera une reproduction au catalogue illustré.
131. Heures en Latin &||en Frâcoys a lusaige de Rd|{me
nouuellemêt imprimées || Auec plusieurs oraisons. A Paris.
140 THEOLOGIE.
En limprimerie de O. Mallard imprimeur du Rojr. i543.
ln-8, lettres rondes, sign. A-X. par 8, à l'exc. de S qui est
par 4; veau fauve, compart. en mosaïque, tr. dor. etcis.
{rel. du Xyr s.).
« Celle jolie édition, qui ne fîgure pas dans la seconde édition du
Geofroy Tory par M. A. Bernard, et qui prouve que 0. Mallard vivait encore
en 1543, contient quinze petites vignettes presque au trait dans nn enca-
drement en forme de portique. Les deux premières seulement avaient
déjà figuré dans les Heures dont les dessins sont attribués à Tory. Les
autres sont des compositions nouvelles et du môme style. » (Didot, CaU
rais. y no 733.)
Très bel exemplaire. Race, au titre. La reliure est restaurée.
132. Horae in laudem beatissimne virginis Mariae ad vsum Ro-
manum. Parisiisy npud Simone m Colinœum, i543. Gr.in-S,
de 176 ff.; veau fauve, comp, en mosaïque, tr. dor. {rel,
du Xl^r s.).
u Magnifique exemplaire d'un des plus beaux spécimens de l'art des
Heures historiées au XVI° siècle. Toutes les pages sont entourées de riches
encadrements on arabesques, tantôt en clair, tantôt en noir et toujours
sur fond blanc. Les cadres sont au nombre de huit. L'un d'eux porte
la date de 153G, d'autres 1537, enfin 1539. Les grands si^ets sont an
nombre de quatorze et diffèrent complètement, comme style et comme
exécution, des gravures de Geofroy Tory, bien que plusieurs d'entre
eux portent la croix de Lorraine. Ce beau livre parait avoir été fait
en concurrence avec les Heures de Mallard de 1542, et l'on doit, je
crois, le restituer entièrement à Simon de Colines. » (Didot, CcU, rais,,
n« 73i.) La reliure a été restaurée.
133. (Horae ad usum romanum.) S. l. n. d. (Paris, Sitnon de
CoUneSy v. i54o; la Tabula cycli Lunœ^ qui commence
au v" du i" f., sïtend de i5/i3 à i586). Pet. in-8, de 166
ff., sign. Ajj-X; mar. La Valiière, fil. à comp., doublé de
mar. bleu, dent, et coins^ fig. en mosaïque, tr. dor. etcis.
(Lortic).
« Les entourages de ces Heures, qu'on sait avoir été imprimées par
Simon de Colines, dont le nom se trouve plusieurs fois dans Toieadre-
ment, sont dans le goût des Heures à l'antique de G. Tory. Une date se
rencontre dans Tune de ces bordures; on y voit 1537, et l'on sait qae
G. Tory était mort en octobre 1533. Les grandes figures sont an nombre
de quatorze; plusieurs d'entre elles portent la croix de Lorraine. Ces
petites Heures sont une sorte de réduction des Heures précédentes de
Simon de Colines; le système d'ornementation y est tout à fait le même
ot la gravure semble de la même main. On ne saurait donc les'attriboar
qu'à un imitateur, émule de Tory. On ne connaît pas, je crois, d'autre
LITURGIE. 141
exemplaire de cette charmante édition, inconnue à M. A. Bernard et à
M. Brunet. » (Didot, Cat rais, y n» 734 bis,)
Très bel exemplaire, grand de marges; piq. de vers; race, dans la
marge du bas. La première page, quoique encadrée, n'a pas de texte, et
le Tolume commence au f. Aij, sans aucun titre, ce qui suppose l'ab-
sence des deux premiers ff.
134. Horae in || laudem Dei, ac || beatissimae Virginîs || Mariœ,
ad usum Romanuin to|| tailler ad longum. ParisiiSy apud
GuilL Merlin, i555. Pet. in-8, de i68 fh non ch., sig. A-X
par 8, impr. rouge et noire; veau br., rich. comp. en
mosaïque, tr. dor. (anc. rel.).
« Cette édition, fort rare, est inconnue aux bibliographes. A la fin du
volume, on lit: .... nouiter impressum per loannem Bridier typographum
pro Guillermo Merlin, iooo. Les charmantes bordures qui entourent les
pages sont spéciales à Simon de Colines. Les vignettes sont au nombre
de quatorze, dont la première porte la croix de Lorraine. » (Didot, Cat,
rais., n° 890 e.)
Magnifique exemplaire. La reliure, du plus beau style de la Renais-
sance, est en rapport avec les entourages intérieurs.
AUTRES LIBILVIRES DE PARIS.
135. (Heures à lusage de BOURGES.) (\u v^ du 5" f. du cah.
ee : ) Ces présentes heures a lusaige de ùourgis {sic) \\ furent
ac/ieuees le . viii, iour du nioys de rriny\i^ Par denys nieslier
libraire demeurant a pis (sic, pour Partie) \\ en ta rue de la
fierpe a lenseigne du pilie vert. S. d. (alman. de i488 à
i5o8). Pet. in'4, goth.; mar. brun estampé, tr. dor. (/•<?/. du
temps).
« Cette édition rarissime est fort curieuse. Elle contient quatorze
figures moyennes généralement bien composées et d'une très grande
naïveté; la 12® représente les Trois Morts et les Trois Vifs, Les bordures
qui entourent les pages sont parfaitement gravées.,...
« Le présent exemplaire sur vélin semble n'ôtre pas complet, car on
y lit sur le dernier feuillet, après la 20® ligne : Sequuntur suffragia. Quoi
qu'il en soit, cette édition, dont on ne connaît pas d'autre exemplaire, est
un des plus anciens livres d'Heures imprimés à Paris, et demeure un mo-
nument précieux et original des plus importants pour l'étude de ce genre
de productions. » (Didot, Cat. rais,, n" 858.)
Cet exemplaire, réputé UNIQUE, est dans sa première reliure. Hau-
teur : 200 niiliini.
136. Hore iiilemerale l)ealc marie il virainis secundiim vsuni
Il «
llo||mane ctirio incipifit féliciter. || Par Laurens phelippe
lt:2 THEOLOGIE.
(ce litre se trouve imprimé au v* du lo* f. du cah. ù; aiï
V® du derii. f. : ) Imprimées a Paris furent ces ^présentes
heures a lusaige de Rome ^pnr Laurës philippe demourant
en |l ht me de g(d(inde deuât sainct /j/af\\se le tlixiesme tour
de iullet mil cccc. j| quatre Knngz et ireze (i493). Pet. în-4,
goth.; mar. rouge, comp., tr. dor. {fine. rel,).
« Ce volume est encore un essai de concurrence aux Heures de Verard^
qui ne paraît pas non plus avoir t'té couronné de saccès. Dix-sept figures
de grandeur moyenne. Les figures des encadrements et les compositions
rappellent le type archaïque de Verard, mais présentent un elfet général
qui n'est pas sans élégance. » (Didot, Cat. rais.y n* 859.)
Très bel exemplaire sur vkli.n. Hauteur: 190 millim. Les planches
sont habilement coloriées et les initiales peintes.
137. Hore ad vsum TRECENSEM. (Au r" du dern. f. : ) Ces
présentes heures a lusaige de TROVESW ont este acheuees
le.xiii, iour daoust. Lan \\ mil. quatre cens quutre vingtz et
xiii. {il\(^'i)pour\\ loffroy de Marne f libraire. .\ Pet. in-4i
goth.; uiar. brun, riches ornem. en mos.j Ir. dop. [anc.
reL).
Édition de toute rareté. « Les grandes planches sont au nombre de dix-
sept, et presque toutes contiennent deux sujets. Le frontispice porte la
marque de graveur G Les petits sujets qui forment les bordures sont
nombreux et assez variés. Toutes ces compositions, de caractère archaïque,
diiFèrent do celles que présentent les Heures de Vostre, de Verard et de
Kerver. » (Didot, Cat. rais,, n° 860.)
Très bel exemplaire sur vklix. Hauteur : 187 millim. Les flgures et
bordures sont couvertes d'une légère enluminure. Sur on feuillet de
garde à la fin, on lit cette note : Livre de la bibliothèque du château de
Dampierre donné par M. le duc de Chevreitse. Le 25 novembre 4838. Ce
vertueux ami a été enlevé instantanément à sa famille, à ses amis, au
monde, le 20 mars 1839.
138. Heures a lusaige {{ de LA.NGRES anecqs || recSmâdaces (t
plus||ieurs belles oraisôs. (Au v°du dern. f. : ) Ces présentes
heures a lusai\\ge de Ijingres furent imprimes (sic) [ja Paris
par maistre Nicole de\\ la barre. . . pour \\ ledicl de lu barre ^
Martin ale^xandre libraire... S. d. (alman. de i5o6 à
i5ao). ln-24 allongé, de 72 ff., car. goth.; mar, rouge,
fil. à froid^ tr. dor. et cis.
Édition extrêmement rare, ornée de trois planches peu importantes.
(Didot, Cat. rais., n» 8»)2.)
Très bel exemplaire sur vélix. Hauteur : 130 millioi.
LITURGIE. 143
139. Hore virginis intemerate secùdnm vsiiin j| Romane ec-
clesie. (Au r°du dern. f. :) Apud Parrhisios per Cuiller mû
le liouge. S. d. Pet. in-8; mar. noir, fleuron en mos. au
centre des plats, tr. dor. {nnc. reL).
« Édition remarquable à plus d'un titre, d'abord par ses beaux carac-
tères semi-italiques et sa belle exécution, et surtout par ses 41 gravures
dues à différentes mains, dont plusieurs sont curieuses. Il n'y a aucun
entourage. Le chiffre de P. Le Rouge est surmonté de la croix de Lor-
raine. » (Didot, dit, rais., n^ 86i.)
Magnifique exemplaire sur vélin. Hauteur: 165 miilim.
140. Hore deipare Virginis Marie secùdnm vsum Uo||ma-
num (A la fin : ) Finiunl hore,.,, lypis ac caractcrihus
Gréais nouiler\\Parisiis exarate arfe industrij Bibliogra-W
pliis rnni^istri Pelri Vidouo^ imprcssoris^pcritissifiu^ ère
ac impendio honesii viri || lohànis de Brie. Anna a partit
yirgtneo \\ Millesirfw. CCCCCXXII [\5ii). In-8, car. ronds;
veau brun, riches compart. en mosaïque, tr. dor. et cis.
(rel. du XVI' s.).
Édition extrêmement rare, non citée au Manuel, et imprimée avec les
jolis caractères ronds que Pierre Vidoue a employés dans plusieurs ou-
vrages publiés par Galliot du Pré. L'imprimeur, comme la souscription
rindique, y a fait usage de ses nouveaux caractères grecs. Elle est ornée
de grandes planches gravées sur bois, et de curieux encadrements.
Magnifique exemplaire, revêtu d'une riche reliure du temps, et celui-là
même qui a servi à la description de ce livre dans le Supplément an Ma-
nuel.
141. Officiù béate Marie virginis ad vsum Ci||stercieîi. Venun-
dâtur Parisiis in vico sancti lacobi 1| sub signo Pellicani.
Il M. D. xlvj (i546). (Au v° du dern. f. :) Impresse Parisii
opéra loannis Kaerbriandals Huguelin intpressoris Impc-
sis vo honesti viri Ambrosii Giraull.,, Pet. in-8, gotb.;
mar. rouge, fil. à froid, ornem. et tr. dor. [Cape).
Édition à l'usage de l'ordre de CITEAUX. «Les figures, au nombre de
quatorze, et les bordures historiées de ce volume, imitations de Simon
Vostre et des Hardouin, sont fatiguées. Elles paraissent avoir servi déjà
à de plus anciennes éditions. » (Didot, Cat. rais, y n® 871.)
Exemplaire sur papier, le seul connu de Brunet.
142. L'Office de la Semaine sainte, corrigé de nouveau, par le
commandement du Rov. Conformément au Bréviaire et
Messel de N. S. P. le Pape Urbain VIII. Nouvelle édition
corrigée et augmentée. A Paris , chez Ch. Fosset, S. d.
144 THÉOLOGIE.
(après 1680). In-8, front, gr.; mar. olive, doré en plein,
armes de France au centre, tr. dor. [rel. du temps).
Exemplaire rcy^tu d'une superbe reliure aux armes et au chiffre
couronné de LOUIS XIV; les compartiments, faits au pointillé, sont très
riches; la conservation est parfaite. Nous en donnons une reproduction
au catalogue illustré.
Lyon.
143. Officium béate Marie virginis||ad vsum Romane eccle-
sie. (Au r* du dern. f. :) Exploit (sic) officium béate Md^ie
virginis eus mu/ fis laudibus || ^ deuotissimis orutionibus.
Im^pressum Lugduni expensis Bo\\nini de boninis dalmatini
Ânn(>\\domini. AIcccc. Ixxxxix. (1499) die xx, Martij. Pet.
in-8, golli., de 24 ff. Uni. et i52 Ff., impress. rouge et
noire; mar. vert, orneai., tr. dor. et ois. {cinc. rel.).
« Ce charmant livre d'Heures, imprimé à Lyon, le 20 mars W^
(ioOO nouveau style), est en cai'actèrcs d'un beau gothique rond... Les
grandes planches sont au nombre de seize. Ces Heures sont fort rares, et
les gravures, exécutées probablement en relief sur métal, qui les décorent
les rendent très curieuses; rajustement des entourages révèle un typo-
graphe consommé. Le goût italien s'y fait surtout remarquer, et Ton peut
dire que c'est en ce genre, après les Heures de Venise de Hertzog (voir
ci-dessous, le n° io2), le plus beau livre de stylo italien que nous connais-
sions. » (Didot, Cat, rais,, n° 878.)
Précieux exemplaire sur vélin , le seul connu avec les 24 ff, préiim.
Les initiales sont peintes à la main.
144. Horoe {| in lavdem || beatissimœ virginis ||Marise ad vsum||
Romanum. Âccesserunt denuo alijjquot suffragîa. Luffiluni
apud Guliel. Rovillium^ i55o. (Au v"* du f. X, :) Lugduni
Mat/lias Bonhomme excudebat. In-8^ sign. A,-Y,; veau
fauve, riches comp. en mosaïque, tr. dor. et cis. {reliure
duXk^rs.).
Édition foii 'rare, ornée des mômes figures et encadrements que la
suivante.
Magnifique exemplaire sur papier, revêtu d'une ravissante reliure
lyonnaise , genre Grolier, admirablement conservée.
145. Las Horas de nue|{stra senora segû el vso|| romano... En
Lyon por Gvilielmo Rovillio, i55i. (Au v' du dern. f. :)
Fucvon i m pressas lus présentes Horas en laciudad de Léon
de Francia en casa de Mathias Bonhomme. Gr.in-S, lettres
LITURGIE. 145
rondes; mar. brun, comp. noir et or, riches ornem.^ tr.
dor. (anc. rel.).
Édition de toute rareté. « Encadrements à chaque page analogues à
ceux des emblèmes d'Alciat, du même éditeur, et portant la marque
P. V. Les grandes figures sont au nombre de quinze, assez bien compo-
sées dans le style de Fontainebleau, mais mal gravées. « (Didot, Cat,rais.,
n^ 879.)
Très bel exemplaire sur papier, revêtu d'une riche reliure du temps.
146. Hore btê || Marie yir{|ginis secundu^ vsuj || Hierosolymita-
nuj. (Au V* de Tavant-dern. f. :) Expiiciunt hore s'm or-
dinê ffm gloriose || virgïs Marie de Môle Carmeli : excerpte
Il (C extrade de approbato vsu dnici sepuichri j] hierosoly-
mitani sancte ecclesie. In ciiius || finibus dictorû fratrii Re-
ligio sumpsit ex||ordium. Impres'se Lugduni anno domini\\
M. ccccc. xvi (i5i6), die xifiii Mensis Maij, Pet. in -8,
goth., de 96 ff., impr. en rouge et noir; veau fauve,
comp., tr. dor. {rel. du XVV s^.
Précieux livre d'Heures à l'usage des religieux du MONT-CARMEL, et
totalement inconnu des bibliographes. Il contient seize grandes figures,
192 moyennes et 178 petites de 30 millim. environ, toutes remarquables
par leur charmante simplicité, dans le style italien. A la dernière page
se trouve la marque de l'imprimeur (San Busignan Gorgoni), accompa-
gnée des initiales S. B. et de cette légende : Fatorum imperio, Gorgonius
héros.
Très bel exemplaire sur papier, à la reliure attribuée à HENRI III. Le
dos a été refait. De la coll. Yemeniz.
Rouen.
147. Les psentes heures a hisaige de Rome..., ont este
nouueilemêt ïprimees a Roue. M. ceccc. xxxvij (iSSyj...
(A la fin :) Cj finissent ces présentes heures imprimées
pour Francoys\\Regnault Libraire iure de luniversite de
Paris \ct\ pour Jehan marchant libraire demeurât a Rouen\i
deuant le graiit portrtil sainct Maclou, In 8, de i36 ff.
non ch., impr. rouge et noire; mar. brun, fil. à froid,
doublé de vélin bl., tr. dor.
Édition rarissime et non décrite.
« Ce livre d'Heures nous fait connaître le nom d'un libraire, peut-être
même d'un imprimeur de Rouen, Jean le Marchant. Sa marque, inconnue
à M. Silvestre et que je rencontre pour la première fois, occupe la pres-
que-totalité du titre... Le caractère, petit d'œil, est bien gravé, bien
fondu et bien imprimé. Ce volume contient plusieurs oraisons en français
10
i46 THÉOLOGIE.
ot une Instruction pour soy confesser composée par le Révérend Père en
Dieu Monsieur l'évAquc de Senlis, de Vô pages. » (Dîdot, Col. rais.,
iio 890 6.)
Très bol exemplaire sur vélin.
B. — Allemagne,
Augrsbourg.
148. (Diurnale seu liber precum imperatoris Maximiliani.)
(A la fin :) foannes\\Sc/iônsper£fei\ OWuis Âugustanus
imprime\\h(iL Anno salutis Bf, d. xiiij (i5i4) ka^Jiendas
jn\\nnarn. Pet. in-foi., goth., de i57ff., sans cli., réel, ni
sign., à 22 lign. par pa.qe ; veau noir estampé, tr. dor.,
fermoirs (/•/?/. du temps).
« Exemplaire sur vélin de cette édition rarissime qui n'a été tirée qu'à
dix oxcmplaircs, dont quatre seulement sont parvenus à la connaissance
des bibliographes [ceux do la bibl. do Munich, de la bibl. de Vienne, da
Musée britannique et celui-ci]. Elle est imprimée en rouge et noir avec
■
des carf'ict(''res à boucles imitant récriture, analogues à ceux da Tî^mr-
(lannckhj mais beaucoup plus jc^os. Voir, pour la descriptioA de ce ma-
f^mifique exemplaire, Tarticle important que M. Brunet loi a consacré au
Manuel, t. II, col. 768. » (Didot, CAit. rais., n» 887.)
Notre exemplaire, d'une conservation merveilleuse, a cela de parti-
culier que les places des grandes initiales y sont toutes remplies par des
majuscules runiqiies imprimées en rouge, ce qui ne se voit dans ancan
dos trois autres.
Strasbourg.
•
149. (Hortiilus anima;, seu Officium beatae marie Tirginis.)
(Au V* du dern. f. : ) Elaboraturn per prouidum virurn ma-
gistrum lohànem Grilninger in irisigni ac libéra ciuiiate
Argendua anno incarnationis 1498. In-i6 carré, de 23 ff.
prél. (le titre manque) et de ccxxxix ff. ch.; mar. bleu, fil.
tr. dor. [IVirdrre].
Édition non citée au Manuel eila plus ancienne de celles imprimées par
(irfininger. Elle est ornée d'un grand nombre de petites graTores, les
mômes, sans doute, que celles qui ont reparu dans l'édition de ISGO, et dont
P. Marchand parie on ces termes : « Ce livre est cJiargé de flgnres fort
impertinentes; la plus remarquable par son indécence et sa singularité
est celle qui se voit au f. 119 (ici au f. cxx); elle représente sainte
Ursule et quelques-unes des 10,000 vierges, exposées toutes nues
regards lascifs d'un cavalier. »
Exomfïhiiro sur vkijv, avor fiirures enluminées. Notes marginale
LITURGIE. 147
Tzenna (près de Magdebourg).
150. Nouum béate marie virgis (sic) psalterium j| de du]cis3i-
mis noue legis mirabilib^ dîni amoris refertis nouit ad Ici
pleritôj pfectù (opus ab Hermanno Nitzschewitz... anno
1489 confectiim... imperatori Friderico ex Luneiiborch
delatum et anno i^go..,. cesareo sumptii ad imprimendum
commissum). [Dans le préambule :] /\unc et in Tzenna cis-
tercfensis ordinis deuolo clnustro.,, (ul... Maximiliani,..
mine, imperatoris et locius christinni re^nî honorent non
sine niodico sumptu inipressum. In-4, golb., de 116 ff.;
mar. bleu, doublé de mar. bleu, tr. dor. [Thibcnon-Echaii-
banl).
<c Ce volume, d'une rareté insigne, paraît avoir été imprimé à Tzenna,
monastère de l'ordre de Cîteaux, à une date postérieure au mois d'août
1493, époque de l'avènement de Maximilien au trône impérial.... Les gra-
vures sont au nombre de cent soixante-neuf, sans compter celles qui se
répètent. Elles sont évidemment de deux mains différentes. Les bois qui
occupent le haut de la page forment une suite de sujets tirés de la vie de
la Vierge et de celle du Christ ; ceux du bas, disposés en une bande hori-
zontale, représentent sous une forme matérialisée les images mystiques
des psaumes et du cantique des cantiques : c'est cette hardiesse du des-
sinateur qui a mérité à ces figures, de la part de l'auteur du Manuel, le
reproche d'absurdité. Toutes cos planches sont plus archaïques que celles
du Schatzbehalter et de la Chronique de Nuremberg, publiés à la même
époque. Elles sont dues à un xylographe dominotier. Il n'en est pas de
même du frontispice représentant Marie dans une gloire entourée par
l'empereur Frédéric III, le jeune roi Maximilien son fils, l'abbé de Cîteaux
et son clergé En somme, ce volume curieux, imprimé aux frais de
Maximilien, montre quel était l'état de l'art en Allemagne vers 1492,
époque où Albert Durer, âgé de 21 ans, quittait l'atelier de Wohlgemûth
pour devenir lui-même. » (Voir la notice in extenso de M. Didot, Cat.
rais,, n° 494 bis.)
Magnifique exemplaire, à grandes marges. Qq. restaur. et titre remargé.
C. — Italie.
Venise.
151. (Officium B. Mariae Virginis.) (A la fin :) Officium heaie
virginis\\impressû,venetijs per Ni\\colaum Jenson gallicum
\\M.cccc. lxxv{\[\']^) féliciter. In-i6, goth., de 191 if.;veaii
fauve, riches comparl. en mosaïque, tr. dor. (^Hagué).
Édition d'une insigne rareté, imprimée en rouge et noir, à 12 lignes
par page. Le texte commence au 17" f. après le calendrier, par ces mots
en rouge : Incipit officiû béate ma\\rie virginis secûndum cô[\suetudtnê
148 THÉOLOGIE.
romane curie. Cette page est entourée ici d*un joli encadrement peint eu
or et en couleurs.
Superbe exemplaire sur vi^:lin, avec plusieurs grandes initiales riche-
ment enluminées.
132. Officia béate ma II rie secundu^ vsu m || Romane ecclesie.
(A la fin : ) Impssa venelijs p ioanê hàmnn dicta herizog.
y4nno Mccccxcxiij (sic, i493). In-8, goth., de i36 fF.; mar.
brun, riches compart., tr. dor. et cis. {anc. re/.).
« Ces heures sont ornées de cinq grandes figures et de plusieurs
petites, toutes couvertes d'un léger enlurainage de Tépoque. Les encadre-
ments des pages, au simple trait et par pièces rapportées, ont pu serrir
de type à Geofroy T017, qui, trente ans plus tard, puisa avec tant de suc-
cès aux mômes sources. Ce volume, de la plus extrême rareté, est con-
voie d'une reliure italienne du xvi« siècle dont les ornements des plats
sont dans le goût des encadrements. » (Didot, Cat, rais., n^ 379.)
Bel exemplaire sur vélin.
153. Officivm Béate || Marie Virginis. (Au r'^du dem. f. : ) f'e-
netiis in of'\\ficina Fran-^^cisci Mar-Wcolini. \\ MI)XLV
(i545). ln-8, de 2.\ ff. n. ci. (sign. f, a-b) et i84 ff. ch.
(sign. A-Z); mar. La Vallière, riches comparL en mosaïque,
tr. dor. et cis. [Hagucf).
lâvro d'heures fait avec grand luxe, non cité au Manuel et dont les
oxomplairos sont extrêmement rîires. Il est imprimé en rouge et noir et
rliaqiio f)age est entourée d*un beau cadre historié, à compartiments.
Los frnmdes fiprures, au nombre de vingt-deux, dont plusieurs se ré-
pètent, sont d'un beau style. Au-dessus du titre, se trouve une grande
marque, roprésontant un cerf, avec la devise Olim, qui est souvent répét(';e
dans les bordures, où Ton voit aussi les initiales A. F. G., qui sont pro-
bablement celles du graveur. La dernière page est occupée par la belle
marque; do Maicolini, avec la devise : Veritas fUia temporis,
Magniiicjue exemplaire sur vklin (on n'en connaît qu'un second). Plu-
sieurs gravures et bordures sont coloriées. Deux ff. habilement refaits.
Cet exemplaire ayant conseiTé assez fraîche sa belle tranche ciselée, peinte
et dorée, M. Didot l'a fait revêtir d'une reliure dans le même style, avec
compartiments en creux et en relief, en or et en mosaïque, et cette reliure
est une curiosité unique en son genre,
1 54. Rosario délia gloriosa vergine Maria, di nuouo stampato,
con nuoue & belle figure adornalo.. In Venelia^ al segno
délia Regina.ï 585, In-8; mar. La Vallière, fih à compart.
à fr., oni. et fleur., tr. dor. [Cape).
Joli exemplaire de ces Heures vénitiennes. Les pages sont encadrées
d'entourages p^ravés sur bois, et des gravures en grand nombre occapent
b* iiiili'Mi d«*< |».iir<*s.
SAINTS-PÈRES ET THÉOLOGIENS. 149
D. — Belgique.
Anvers.
155. Horae beatissimœ vîrginis Mariae ad usum romanum,
nunc primum perquàm syncerè castigatae atque repurgat»;
ac triplici officio illustratae. Anluevpive^ ex officina Chris-
tophori Plantini y i565.Iii-8; véi. blanc gaufré el àoré [rel.
duXfrs.).
« Ces Heures, en lettres rondes, bien imprimées en rouge et noir,
contiennent dix-sept grandes gravures : la 9® porte le monogramme C; la
il® et la 16® le monogramme d'Antoine Bosch, dit Silvius. Toutes les
pages sont entourées d'encadrements riches et bien gravés dans un stylo
intermédiaire entre celui de Bàle et de Lyon, c'est-à-dire se rapprochant
en même temps de Holbein et de Bernard Salomon. » (Didot, Cat. rais.,
n« 886.)
Très bel exemplaire, dans sa première reliure portant sur les plats le
nom de Marte Voillotte,
III. SAINTS-PÈRES ET THÉOLOGIENS.
»
•
156. EUSEBIUS. (Eusebii libri de praeparalione evangelica,
latine, Georg. Trapezuntio interprète.) (A la fin ;)... f/oc
lenson uenela Nicolaus in uroe volumen prompsit
M.CCCC.LXX (1470). In-fol.; cartonné, tr. dor.; étui.
Première édition. •Magnifique exemplaire, avec grandes iniliulos
peintes.
^57. LACTANTIUS. (Opéra.) (A la fin :)
Hoc Conradus opus suueynheym ordine mira
Amoldusq} simul pannarts una ede colendi
Gente theotonica : rome expédier e sodales.
In domo Pétri de Maximo. M. CCCC. LXVIII (1468).
In-fol.; mar. La Valiière, compart. à froid, ornem. aux
angles et au milieu des plats, tr. dor. (Lortic).
Seconde édition, fort belle; elle est aussi rare que la première, celle
de Subiaco, 1465, et elle est plus complète : on y trouve en plus, entre
autres, une pièce intitulée Elegia de Phœnice.
Magnifique exemplaire.
168. AMBROSIUS (S.). (Sancti Ambrosii Ififediolanensis de
officiis libri très.) (A la fin :). Impressus mediolani v Chirs-
tofo^' (sic) yaldarfer\\Ratisponensem. M. cccclxxiiii (i474 J
150 THEOLOGIE,
1/175 n, st.) die vii laiyÀarii . In-4, car. rom.; mar rouge,
orn. sur les plats, tr. dor. (Loriic).
l^cniicr livre imprimé pai* Valdarfer dans la ville de Milaa. En tête
se trouvent : mie vie de s. Ambroise, pai* Paulin de Nola ; une vie de s** Agnès
et d'autres pièces par s. Ambroise.
Très bel exemplaii-e.
159. HIERONYMUS (S.). (Epistolœ.) (A la fin : ) ExplicU...
Est aûl pns opus arte impssoiUa féliciter osûmatû p Peirû
schoi/fer de gerns/iem î ciuitate tiobili Mogiîtina... A. iL M.
cccc.Lxx (i47o). Die septima mensis septèbris.nt. en i vol.
in-fol., goth., à 2 col.; mar. La Vallièrc, riches compart. à
froid, tr. dor. (Lortic).
Précieuse édition de Mayencc. Magnifique exemplaire sur véun.
160. AUGUSTINUS (S.). Aurelii Augustini de ciuitate dei...
^libri XXII). (A la fin:)... Suù anno... M.CCCC.LXFII
(1467)... die uero duodecima mensis lunii \In nwnasterio
Subiacensi per Conrad. Sweinheim et ArnoU, Pannaru],
Gr. in-fol., à 2 col., de 269 ff.; cuir de Russie, compart.
et ornem., tr. dor.
Première édition, fort rare. C'est le quatrième ouvrage qui ait été
imprimé en Italie par les deux élèves de Gutenberg^ qui mirent leur in-
dustrie au service des Bénédictins de Monte-Subiaco, fondateurs du pre*
micr atelier typographique dans ce pays. Les (ouvrages sortis des presses
de ce monastère étaient tirés à petit nombre et n'étaient pas destinés au
commerce.
Le présent exemplaire, fort beau (sauf le P' et le dern. fi.),, est un de
ceux qui portent a[)rès la souscription les mots GOD. AL., abréviation de
Godt allein die Ehre (à Dieu seul l'honneur).
161. AUGUSTIlMjS (S.). (Aurelii Augustini de Civitate Dei
libri XXII.) (A la fin :) Aurelij Augustini opus de digitale
dei féliciter explicit : eonfectuz uenetiis ab egregio t ditigêti
nwgistro Ni calao lenson : .... Anno a natiuilate domini mi"
lesimo quadringètesimo sepiuagesinio quinto (l475)2 sexio
nonas octobres, In-fol., goth., à 2 col.; mar. noir, compait.
à froid, tr. dor. et cis.
Magnilique exemplaire, presque à toutes marges. Qq. race.
162. AUGUSTINUS (S.). Canon pro recômendatione huius.
faniosi operis siue libelli sequëtis. de arte predicandi sancli
augustini. S. L //. d. (Mayence, J. Fust^ auanl i466). Pet.
SAINTS-PERES ET THEOLOGIENS. 151
in-fol., goth. , de 22 ff., à4o lignes par page ; mar. LaValiière,
fil., ornem. et tr. dor. (Lortic).
Incunable rare et précieux. A la page 2, lig. 38 de l'Avertissement, on
apprend que cet opuscule a été imprimé par J. Fust, ce qui n'a pu avoii*
lieu qu'avant l'année 1466, comme cela a été démontré (voir Brunet). Le
caractère paraît être celui des Lettres d'Indulgence gravé par Gutenberg
en i454.
Très bel exemplaire.
163. THOMAS DE AQllINO (S.). Incipit prima pars secunde
édita a fratre Thoma de Aquino. (A la fin :) Prevlarû hoc
opus, . . Aima in vrbe moguntina... est consurnmatii^ petru
schoiffer de gernshem, Anno dni millesimo quadringente-
simo septuagesimo prno (1471). Octuua die nouembris, Gr.
in-fol., goth., à 2 coi.; mar. vert., comp., Ir. dor. (Dura).
Première édition, imprimée à Mayence, et fort rare. Très bel exem-
plaire.
164. THOMAS DE AQUINO (S.). (Secunda secundae S. Thomae
Aquinatis.) (A la fin :) Hoc opus prec/arù... Aima in urbe
moguniln ...est osummatû per Petrum schoiffher de gerns^
heiin. Anno dhi. M , cccc. Ixvij. (1467 ; 1 468 n. st.). die sexta
mens* marcij. Gr. in-fol., goth., à 2 col.; veau br., com-
part. à fr. [anc. reL).
Édition de Mayence, la première avec date. Très bel exemplaire.
165. (LORENS.) La somme desljvices et des vertus. (A la fin :)
Cestuy présent Hure fist et côpila im g frère de lordre des
prescheurs a la requeste du roy philipe de jrance. en tan
de lincarnation nostre signeur mil ce Ixxix. Lequel Hure a
faict itnprinier Anthoine verard demourant a paris sus
le pont nostre dame a lymaige de saincl iehan leuàgeliste. et
vent au palais deuant la chapelle du roy ou on chante la
messe /xmr messeigneurs les presidens. S. d. {açant i5oo).
Pet. in-4, goth., à longues lign. de 26 à la page, de 187 ff.,
sign. a-Xj;; mar. olive, fil., orn. sur les plats, tr. dor.
[Cape^.
Cette édition, non décrite, est plus ancienne que celle portée au
Manuel, On sait que Vérard exerça son commerce sur le pont Notre-Dame
de 1484 environ à l'année 1499, à la fin de laquelle la chute du pont
Tobligea à se transporter près le carrefour Saint-Séverin, puis, en sept.
loOO, rue Saint-Jacques, près petit pont. C'est à ce dernier domicile qu'il
lo!2 THEOLOGIE,
douua la soconde édition du pK^sent Jivre, la seule connue jusqa*à pré-
sent.
Très bel exemplaire.
166. (PASCAL, B.) Les Provinciales, ou les lettres écrites par
Louis de Montalte à vn provincial de ses amis et au\
RR. PP. Jésuites : sur le sujet de la Morale, et de la Poli-
tique de ces Pères. Cologne y Pierre de la Vallée (D. Else-
vier)^ 1657. Tn-4; mar, bleu, fil. à compart., tr. dor.
i^Lortic).
Réimpression de l'édition in -12 sous la môme date. Outre les dix-
huit premières lettres de Pascal, cet exemplaire contient des lettres
d'Arnaud, et d'autres pièces relatives à la polémique des Fontenistes et
des Molinistes.
167. (SUSO, Henri de) Lorloge de sapience|jnouuelleinentj|
imprimée a paris. (Au v* de rav.-dern. f. :) ExpUcit lor-
loge de Sapience Impri-\me a paris ce dixiesme iour de
mars\\ mil quatre cens quatre vings et treze ( 1 493 ; i ^94 n • s.)il
par Antoine verard libraire.... Pet. in-fol., goth.; minia-
tures; mar. rouge, riches compart., tr. dor.; étui en peau
de truie, compart. à froid {Trautz-Bauzonnet).
Première édition de la traduction française d'un ouvrage mystique
jadis célèbre, di\ à un dominicain de Souabe du XIV** siècle, le bienheu-
reux Henri de Bcrg, plus connu sous le nom de Henri de Suso ou der
Seuse, et appelé aussi le frère ^Vmand.
Magnifique exemplaire sur vélin. W est orné de seize miniatures, dont
six grandes, exécutées avec une finesse remarquable, et dix petites. Les
grandes représentent : 1° la Présentation du volume par Verard à une dame
vêtue de noir et agenouillée dans son oratoire, en compagnie de deux dames
d'honneur et de deux suivantes; 2^ V Auteur, accompagné par la Sapience
personnifiée qui tient une horloge, faisant lecture de son livre à un haut per-
sonnage vêtu d'une robe écarlate bordée d'hermine, et entouré de sa cour;
3° Vlntérieur d'un réfectoire où quatre Jacobins sont assis à table, pendant
qu'un frère fait la lecture ; 4® un autre Réfectoire, avec cinq Jacobine à table
et l'auteur, accompagné par la dame Sapience, donnant lecture de ses médi'
talions. Les deux autres miniatures, de forme circulaire, divisées horizon-
talement en deux compartiments, représentent renseignement de diverses
doctrines par la Sagesse elle-même et par un de ses disciples. Ces six
peintures sont encadrées de belles bordures. Les dix petites miniatures
recouvrent des sommaires imprimés de chapitres, sommaires qa'on a
transcrits ensuite sur les marges.
On connaît en tout six autres exemplaires sur vélin de ce beaa livre;
trois sont conservés à la Bibliothèque nationale, et Tun d'eux n'a que trois
peintures, comme celui du Musée britannique.
SAINTS-PÈRES ET THÉOLOGIENS. 153
168. (De ImitationeChristi, etc.) In hoc volumine coiUinentur
subscripta : Ieronimus de viris illustribus... Ieronimus de
essentia diuinitatis. Thoma^s de aquino de articulis fidei
et ecclesie sacramentis. Augustinus de quantitate anime.
AcGUSTJWiTs de Soliloquio. Item Spéculum peccatoris. Qua-
tuor iibri pciales de imitacôe xpi... Item errores iudeorum
exTalmut. llem veritates pro probatione articuiorum xpi.
Processus iudiciarius ipsius Mascaron piocufis tartaro^ 0
genus hùanû. Donatus arte grâmatic' p allegoriâ
.ofect'... liber de arte moriendi. (Jaguslse, Gunuœr Zninerj
vers 1470). In-fol., goth.; mar. La Vallière, riches com-
part. à fr., Ir. dor. et cis. {l.ortic).
Recueil précieux de pièces remarquables imprimées à Augsbourg,
parmi lesquelles se trouve V édition originale de Hmitation, la seule pièce
qui contienne le nom de l'imprimeur (f. 187) : Vin egregij Thome montis
sancte Agnetis [Thomas à Kempis] in \\ Traiecto regularis canonici Iibri de xpi
imitatiôe \\ numéro quatuor finiunt féliciter, per Gintheum (sic) || zainer exreu-
tlingen pgenitù literis impssi ahenis.
Ce recueil est extrêmement rare, surtout bien complet comme celui-ci,
avec un feuillet volant placé en tête, imprimé avec les mômes caractères
que le livre, et contenant la table des pièces que nous avons transcrite en
guise de titre.
Exemplaire de toute beauté, très grand de marges. II. r 0",297. Enca-»
drement peint à la première page.
169. BELLEGARDE(rabbé de). La Manière de prier et de médi-
ter avec des Remèdes contre les Passions du cœur et de l'es-
prit. Dédiée aux Demoiselles de saint Cyr. Par M. Tabbé
de Bellegarde. Seconde édition augmentée. Parisj Jean et
Midi. Guignanly i^oS. In-12; mar. rouge, fil., tr. dor.
{anc. reL).
Exemplaire aux armes de madame de MAÏNTENON. La croix de Saint-
Cyr est collée sur le plat intérieur.
170. ANTONIO [BETTIM] DA SIENA. Inconmincia ellibro in-
titulato Monte sanclo didio Composto damesser Antonio da
Siena Reuerendissimo ueschouo difuligno délia congrega-
tione de poueri Jesuati. (A la fin : ) Finito einiole sro
didio pme Nicolo dilorèzo dellaniagna. Florentie. X. die
mensis septembris anno Domini. M.CCCCLXXyil \i[\']']).
fîr. în-4, fig. ; mar. rouge, fil. et tr. dor. (anc, reL).
« Volume très rare, dit Brunet, et recherché parce qu'il est le premier
livre connu où Von trouve des planches en taille-douce, » On en attril)ue les
dessins à Sandro Botticelli et la gravure à Baccio Baldini. Ces planches.
i:U THEOLOGIE.
ainsi que celles du Dante, du même imprimeur (1481), exécutées incon-
testablement par les mêmes artistes, constituent de précieux documents
pour l'histoire de Torigine de la gravure en creux.
Très bol et rare exemplaire avec les trois planches. Le premier f. du
texte est entouré d'une bordure enluminée. Qq. race.
171. GERSON (J.). Eximii doctoris mgri iohânis gerson can-
cet-||larij parisiensis in suas optimas sex lectiones||de vila/
egritudine et morte aîme spirituali jj tractantes, quibus et
due eiusdem doctoris il{{[uminatissiini super marcum
subiunguntur || Icônes féliciter prologus incipit. (A la fin:)
Benedictus deus y... Gerardo leeu in opido Gouden Incipere
donauil et perficere ab incarnacioë domini qh (sic) Mille-
simus quadringentesimus ocfuagesimus ( 1 480) scrihiiur anus.
Mens/s septembris die deciniaquinta. (Au-dessous, la mar-
que de Gérard Leeu.) Pet. in-4, goth., de i3i ff. n. ch.,
donl le premier est blanc, sign. (i-r\ veau fauve, fil., tr.
dor. {Simier).
Ouvrage .non cité dans le Manuel et extrêmement rare.
Leeu ou Leew, un des plus anciens imprimeui*s des Pays-Bas, exei'ça
k Gouda de 1477 à 1485 et à Anvers vers 1492. Ses types ressemblent,
bien que perfectionnés, à ceux des livrets attiibués à Coster.
Superbe exemplaire.
172. BOSSUET. Instruction sur les estats d'oraison, où sont
exposées les erreurs des faux mystiques de nos jours : avec
les actes de leur condamnation^ par Mess. J.-B. Bossuet.
Paris y y. Anisson, 1697. ln-8; mar. rouge, fil. et tr. dor.
[atic. reL).
Première édition. Magnifique exem[)laire revêtu d*une belle reliure aux
armes de BOSSHET.
JURISPRUDENCE
173. (MONTESQUIEU.) De TEspril des loix. Genèi^e, Barilbt
et/ils [i'j^S). 2 vol. in-4 ; mar. rouge, fil. et tr. dor.
Édition originale. Trjès bel exemplaire, avec la carte.
174. lUSTINIANUS Incipit liber pmus dni iustin impa-
toris institucônCi seu elementorum. (A la fin :) Pns institua
tionû pclarû opus Alnui in vibe magûtina è osummatû
P Peu H schoyjfer de Germheyni Anno dnice incarnationis.
Millesirno, cccc. Ici'/ ij [if^G8) incesima quarta die mensis
Mnij. Gr. iii-fol., goth., à 2 col., entouré de gloses; mar.
La Vailiére, riches comp. à froid, tr. dor.
Première édition, extrêmement rare. « Le texte, dit Brunet, est im-
primé avec les caractères de la Bible de 146*2, et la glose avec ceux du
Durand de 1459. L'exécution typographique en est très remarquable et
certes on ne ferait pas mieux aujourd'hui. »
Ce précieux incunable de Mayence contient à la dernière page douze
distiques relatifs à l'invention de l'imprimerie.
Magnifique exemplaire sur vélin.
175. lUSTINIEN. Institutions Impériales. Âuec certaines Gloses
et Arbre ciuil, où sont insérées les formules des demandes,
ou libelles iudiciaux, sur chacune action. Le tout mis en
françois, par maistre Nicole de Lescut, secrétaire du duc
de Lorraine. Lyon^ lean de Toifrnes\ 1647. ln-12; mar.
rouge, fil., tr. dor. [Dura).
Cette traduction des Institutes de Justinien parait avoir échappé aux
bibhographes ; c'est, d'ailleurs, la seule des traductions en prose anté-
rieures au siècle dernier cpii ait été imprimée.
Très bel exemplaire.
176. Les Ordonnances/ Sta-l|tutz ^ Instructions Royaulx/
faictes par feux de bonne mémoire les || Roys sainct
Loys / Philippe le Bel / Jehan / Charles le Quint / Charles ||
156 JURISPRUDENCE.
sixiesme/ Charles septiesme/ Loys ▼nziesme/ Charles huy-
tiesme /{| Loys douzîesme et Françoys premier de ce nom :...
le nouuel cry/ f ordonnâce des monnoyes/ Faîct/|| or-
donne/crye f publye de par le Roy nostre sire/cesle
présente année/ y Mil cinq cens trente p buyt. On les i}end
a Paris en la rue neufue nostre (lame fa lenseigne\\ de la
Roze rouge I par Henry paquot j libraire taré de Luniuersiie.
(A la fin :) Fin des présentes ordonnances j Nouuelletnent
imprimees\\a Paris j par Estienne Caueillerj imprimeur l\\
demourant a la rue du Bon Pujz (i/>38). In-fol., goth.,
de \i ff. et i58 ff. ch., à longues lignes ; niar. rouge du
Levant, fil., avec l'écu de France au centre des plats, dos
orné, tr. dor. et cis. [Ij)r1ic).
Magnifique exemplaire de cette édition non décrite et plas complète
que toutes celles indiquées au Manuel, Au titre une jolie gravure sur bois
représentant la Vierge glorieuse.
177. Les coustumes generalles de la || preuoste et viconte de
Paris, jl Et sont lesdictes coustumes a vendre a Pa)\ris
rue àuinct Jaques a (enseigne de la Jleur de || liz dor; en
Ihoslel de Jehan petit. Et au palais || par GuUlawne eitsia--
cite au tiers pi Hier ; Cômis \\ des greffiers du chasfeltel de
Paris. Auec le priuilege de messieurs de Parlement. S. d.
(v. i5i4). Gr. in-8, goth.; veau fauve, fil., tr. dor. {anc.
rel.).
La plus ancienne édition connue de Tancien texte de [la Coutume de
Paris. Elle est de toute rareté.
Très bel exemplaire sur vélïn.
178. Coustumier du pays {| de poictou. || Nouuellement
forme/ publie et enionct estre|{garde pour loix audit pays
sans plus en faire {| preuue par tourbe tesmoings ne autre-
ment. Il Et sont a vendre es enseignes de la fleur de^ Ijrsj et
du pellican a paris et a poictiers, [Chez les Marne f; 1 5 1 40
In-4, goth.; ais de bois couverts de veau brun, compart.
et ornem. dorés et à froid ^ fleurs de lis et armes de France
avec la Salamandre de François P% tr. dor., fermoirs en
argent {reL du temps).
Précieux exemplaire sur vélin, qui fut présenté à FRANÇOIS I*' dont il
poi-te les insignes sur la reliure. C'est le SEUL CONNU, matheoreiuement
il est incomplet du \ù^ feuillet.
11 provient des collections Solar et Double. On trouvera, aa catalogae
illustré, une reproduction de la curieuse reliure dont il est revêtn.
JURISPRUDENCE. 157
179. Les coustumes du pays || et duché de Bour|lbonnoys...
(A la fin : ) Imprimées a Paris par Maistre Pierre vi-
doue pour Galliol du pre S. d. (iSai). In-8, goth., de
8 et 78 ff. ; peau de truie, ornem. à froid, fermoirs en
argent oxydé, dans une boîte de peau de truie (Trautz-
Bauzonnet),
Précieux exemplaire sur vélin, d*une conservation admirable, et LE
SEUL CONNU de cette édition dédiée à Anne de Beaujeu, par Pierre Papil-
lon, son chancelier; exemplaire destiné à être offert à PIERRE D'AU-
VERGNE, connétable de France et époux de la régente.
« Le frontispice [peint en or et en couleurs] représente un cerf ailé
« portant en sautoir les armes de Bourbon, accompagné des initiales
« P. A. (Pierre d'Auvergne et Anne de Beaujeu) et K. (Karolus). Deux dex-
« trochéres soutiennent les épées d'azur fleurdelisées : l'une est celle du
« connétable; l'autre est celle de Pierre d'Auvergne, qui eut le gouver-
« nement de l'État conjointement avec la régente, durant la minorité de
« Charles VIIL Les deux épées sont entourées de la ceinture de gueules
« ardillonnée d'or, insigne de l'ordre de VEspérance ou du Chardon^
u fondé en 1360 par Louis II, duc de Bourbon, à son retour d'Angleterre,
« où il avait partagé la prison du roi Jean. La terrasse est plantée de trois
« grands chardons, avec feuilles, boutons et fleurs. Ce volume peut être
t« regardé comme l'un des derniers monuments de l'ordre de VEspérance
« qui rivalisait avec celui de YEstoUe, fondé par le roi Jean. »
La note qui précède . est extraite de celle du catalogue Monmerqué,
reproduite intégralement dans celui de la bibl. Yemeniz.
Les initiales de ce beau volume sont enluminées en or et en couleurs.
180. Des Coustumes du Bailliage de Sens et anciens ressorts
d'iceluy, rédigées et arrestées au mois de Novembre Tan
Mil cinq cents cinquante cinq, par ordonnance du Roy.
A Sens, de l'imprimerie de Gilles RichebojrSy MDLVI (i 556).
Pet. in-4, de 6 ff. prél., 70 pp. et i page (errata); veau
brun, fil. et ornem. sur les plats, tr. dor. [rel. duXVV s.).
Ce beau livre, que M. Didot rangeait parmi les chefs-d'œuvre de la typo-
graphie, est orné de fleurons et de grandes initiales dessinées par Jean
COUSIN, ami et compatriote de l'imprimeur senonais. Le fleuron du titre
et celui de la page 95 sont des bijoux de décoration. Nous renvoyons le
lecteur à l'intéressant chapitre que M. Didot a consacré à ce volume dans
son tXude sur Jean Cousin (pp. 188-189), ainsi qu'au Recueil des œuvres
choisies de cet artiste, où l'on trouvera la reproduction des plus beaux
fleurons et de toutes les initiales de ces Coustumes,]]
jure fait men||cion des ordônances de la pre-
181 . Le présent li
uoste des mar
Imprime par lordoiiuàce de messeii^neurs \\ de la court de
chans et escheuinaige de la ville de Paris.
158 JURISPRUDENCE.
parlement^ ou mojrs de J annuler. Lan de grâce MilCincq cens
i5oo; i5oi n. st.). In-fol., goth., fig. s. bois; mar. vert,
il., tr. dor. [Bauzonnet-Traulz).
i
Cet ouvrage, orné de gravures sur bois représentant divers métiers,
est fort intéressant pour Thistoire de l'industrie parisienne. C'est la plus
ancienne édition de ces ordonnances.
Très bel exemplaire. Lo premier f. est refait.
182. Ordonnances royaulx : De la iurisdi*|cion De la preuoste
des marchas ^ escheuinaige de la vile||de Paris (A
• la fin : ) Nouuellemêt imprime a paris le sameify. xix. io^
de decêbre mil cinq ces viw^lhuyl (iSaH) par Jaqs ny^
uerd... 2 part, en i vol. In-4, goth., fig. sur bois; mar.
brun, ornem. à froid, tr. dor. (6'. Lewis).
A la fm de la l'^jpartie, se' trouve une souscription indiquant Taché-
vcment de l'impression le 20 novembre 1528, et, derrière, la marque de
Jacques Nrvcrd. A la fin des additions se trouve la souscription ci-des-
sus. Ce volume renferme erj figures sur bois, dont celle du titre est fort
curieuse.
Très bel exemplaire.
183. Les Ordonnances rovavx, svr le faict et ivrisdiction de
la prevoslé des Marchands, et Escheuinage de la ville de
Paris. Nouuellement corrigées sur les registres de l'Hostel
d'icelle ville... A Paris ^ pour leanne le Rojr, veufuede feu
Nicolas Ro If ('i^ i582. ln-49 de 6 et 261 ff. ; mar. olive,
doré en plein, tr. dor. (? Eve),
Très bel exemplaire, réglé, d'une édition rare, revêtu d*iine magni-
fique reliure, à riches compartiments, avec Técusson de la ville de Puris,
et les armes, ainsi que le chiilre, d'Etienne de Neully, prévôt des mar-
chands de 1582 à 1580. Nous en donnons une reproduction au catalogue
illustré.
184. COR6IN (Jacques). Traicté des droicts de patronage, ho-
norifiques, et autres en dependans... par lacques Corbin,
1622. Paris ^ Thom. Biaise. In-8, front, et porir. ; mar.
rouge, riches ornem. sur les plats, tr. dor. {anc. rel. genre
Le Gascon).
L'auteur de ce livre pétait mauvais poète, mais assez bon jurisoon*
suite. Volume peu connu et fort rare, orné d'un beau firontispice gravé
par Cl. Mellan.
Exemplaire revêtu d'une superbe reliure.
JURISPRUDENCE. 159
185. Le guydon des Practiciens|| Contenant tout le faict|{ do
Practique, Il Comme l'on se doibt conduyre en exerceant
ycelle. Premièrement im|| prime auecson repertoyreetauec
les allégations des droictz.|| Et est diuise par plusieurs cha-
pitres : Comme il apert|| amplement en la tal3le de ce pré-
sent Liure. ||Noiiuellement imprime a Paris. || M. D. XXXIX.
(ici la marque de Denis Janot). Auec priuillege. || On
les vend en la rue neufue Nostre Dame a lenseigne\\
Sainct Jehan Baptiste cotre Saicte Geneuiefue \ des ardens
par Denys Janot (iSSq). In-4, goth., de 4û ff. prél. non
ch., dont un blanc, et de cclxxxvij. ff., plus i f. pour la
marque; mar. bleu, fil. et tr. dor. [Lortic).
Édition non citée au Manuel, et Tune des plus anciennes. Elle a
a été donnée par les soins d'Estienne Dolet, dont un touchant avis au
lecteur se trouve au verso du titre.
Superbe exemplaire.
186. Le grâd Cou||stumier de France /Instruction de Prac-
tique || manière de procéder ^ practiquer es souueraines||
courts de Parlemêt/ Preuoste et Viconte de Pa||ris ^ aul-
tre iurisdictiôs du royaulme. De nou||uel reueu et corrige
oultre les précédentes ||impressiôs| ... M.D.xxxvij (1537).
On le vend a Paris en la grand salle\\du Palais I en la bou^
tique de Àrnoul jet || Charles les Àngeliers f frères / . . . (A la
fin : ) Imprime a Paris par Es tienne Caueiller j| Impri-
meur : Et fut acheue le vingt\\ f quatrième iour de May \\
mil cinq cens trente\\ ^ sept. In-8, goth., avec pi.; mar.
rouge, lil. à compart. et ornem., tr. dor.
Édition fort rare. Très bel exemplaire.
187. BOUTILUER (Jehan). Somme rural. (A la fin:) Cy
fine la somme rural compilée^ Jehan boutillier conseillier
du raya paris. Et imprime en la ville dabbeuille ^ pierres
gerardlan mil . cccc . Lrxx ^ i'/( i486). In-fol., goth., à 1 col.;
mar. rouge, riches comp., tr. dor. [Niedrée).
Seconde édition de cet ouvrage célèbre, mais qui n*est qu'une repro-
duction de la première (Bruges, Colard Mansion, 1479). Elle est très pré-
cieuse, attendu que c'est le 'premier livre imprimé à Abbeville.
188. Le prothocolle for||mulaire stille et art des notaires
royaulx/ Il tabellions / greffiers / sergens / et autres per
sonnes publicques ^ praticiens des cours layes mesme
ment des notaires ou chastelet de paris. Pour aprendre
160 JURISPRUDENCE.
a rédiger par escript to* contractz instrumens enquestes
informations inuentaires partaiges.... Extraitz partie delà
somme Roulâdine | partie du ProthocoUe de leu maistre
I^ys barthelemy en son viuant notaire ou chastellet de
Pans (A. la fin :) Cy finis t le prolhocoUe.... Imprime a
paris le xix iour de mars lari mil cinq cens et xi^iii (i 5 1 8),
vour maistre durand Gerlier libraire iure en luniuersite de
paris.... Pet. in-8, goth., de i88 fF. ch.., plus 8 £F. (pri-
vilège et tablej, in ïign. par page; mar. vert, fil., tr dor.
• [Masson-Debonnelle^.
Première édition, non citée dans le Manuel; au v® du dernier f. dt»
Touvragc, ainsi qu'au i^ du f. suivant, se trouve la marque de Daraud
Gerlier.
Magnifique exemplaire, grand de [marges et (très par. Race, aa der-
nier f.
189. GR/\.TI\M3S. In nomine sancte et indiuidue|| trinitatis.
Incipit concordia di||scordantium Canonum. Ac pri||mum
de iure constitutionis na||ture bumane. Rubrica. (A la
fin :) P resens Gratiani decreluni vna cûapparatu Bariho.
Brixien — est cosùmalù per venerabilem virû Heinricû
E^gesteyn,... ciuem incliie ciuilatis Argentin, jinno dni
M^.cccc^.lxxf (1471). Gr. in-fol., goth., à 2 coL, texte en-
touré de la glose; mar. rouge, fil. à comp., tr. dor. [Loriic).
Première édition, foil rare et en môme temps le premier Itore imprimé
a Strasbourg avec date.
Magnifique exemplaire, grand de marges.
190. CiRÀTIANUS. Incipit discordantium canonû con||cordia
acprimu^ de iure nature et|| bumane constitutionis. Rubrica.
(A la fin :) yinno incarnationis dnice M.cccc.lxxij [li^'jT).
Idib' aui^ustijs.... in nôbili urbe Mogùcia.... hoc presens
Gratiani décret uni.... Pet rus schoiffer de gerns'heym
féliciter consummauit. In-fol., gotb.; texte entouré de la
glose; mar. rouge, fil. à comp., tr. dor. [Lortic).
Edition foi-t rare. Superbe exemplaire.
191 . BOMFACIUS VIII. (Liber sextus decretalium.) (A la fin :)
Presens huius sexti decretaliû preclarum opus... est OSU"
mntû per Johannê fust ciuem moguntinû et Pelrû êclioij^
fer (le gerns'heym. Anno domini. A/.ccûC. sexagesimo
JURISPRUDENCE. 161
qufto (\^65).die vero décima septima wensis decembris,
In-fol., goth., à 2 col., texte entouré de la glose; mar. vert.
Première édition extrêmement rare.
4k
Superbe exemplaire sur vélin, avec les 4 flf. prél. contenant la généa-
logie de J. Andrée.
192. BONIFACIUS VIII. Incipit liber sextus decretalium dni
bonifacij pape VIII. (A la lin :) Presens huius sexti decre-
taliû preclarû opus. Aima in urbe magunlina per Pe-
tram schoiffer de gernsshem. Anno domini M, cccclxx.
(1470). tiic vero xi>ij mensis aprilis\ In-fol., goth., à 2 col.;
mar. La Vallière, riches conip. à froid., l'r. dor., coins,
milieux et fermoirs en métal doré (Lortic).
Seconde édition, imprimée avec les mêmes caractères que la pre-
ihière.
Exemplaire sur vélin, de toute beauté, revêtu d'une riche reliure dans
le style du XV® siècle.
193. CLEMENS V. Incip. cpstônes cle. ppe. v. vnacû appa-
ratu diii Jo.an. [Andreae]. (A la fin:) Presens démentis
quinti opus Aima in vrbe magunlina per Petrum
schoiffer de gernsshem, Anno,,, M. cccc, Ixxi (147 0*
Iredecima die mensis Augustin In-fol,, goth., à 2 col., texte
entouré de la glose; mar. vert, dent., tr. dor.
Très bel exemplaire sur vélin, avec les 4 ff. contenant la règle de
saint François (£d?ii;i de Paradiso..,) et la constitution de Jean XXIII. Piq.
de vers.
194. Le Songe du vergier lequel || parle de la disputacion du
clerc et du cheualier. (A la fin :) .,, Imprime a paris par Le
petil laurens pour vénérable homme Jehan petit libraire, , ,
S. d. (vers i5oo). In-fol., goth., à 2 col., fig. s. bois;
mar. rouge, fil., tr. dor. {Trautz-Bauzonnet),
Le Songe du Vergier y composé vers 1374 par un anonyme, a pour but
la défense de la juridiction royale contre les entreprises de la juridiction
ecclésiastique. L'auteur serait selon les uns Raoul de Presles, selon d'au-
tres Philippe de Mézières ou bien Charles de Louviers. Cette édition est
la seconde, mais elle est plus belle que la précédente.
Magnifique exemplaire, très pur. Titre restauré.
195. Liber || Constitulionuni Ecclesie et || Diocesis Lascurrensis
[per Jacobum de Fuxo, episc. Lascurrensera editus]/ nuper
w
162 JURISPRUDENCE.
impressus Pati/\\per Joannem de yinglesj et^Henrîciwi
Piper \\IU. D. Uj. (i552). Pet. în-/|; mar. brun, riches
compart. en mosaïque, tr. dor. [rel. du XFT s.).
Volume de toute rareté, publié par les soins de Jean de Foîx, éveque
de Lescar. C'est un des deux premiers livres, sinon le premier, qui aient
été imprimés à Pau. M. P. Deschamps {Bictionnaire de Géographie) ne
, parie pas de ce volume à l'article consacré à Thistoire de l'imprimerie
dans la ville de Pau, bien que Brunet l'ait suffisamment décrit; mais, en
revanche, il en cite (art. Benehaimum) une édition qui aurait été exécutée
par les mêmes typographes, mais qui ne porterait aucune mention du
lieu d'impression, ce qui conduit le savant bibliographe à la présenter
comme ayant été imprimée à Lescar même. II est douteux que cette édi-
tion ait jamais existé, car^il parait inadmissible que, dans la même année,
on ait eu besoin de faire imprinMîr deux fois un livre d'une spécialité
aussi restreinte. Cette assertion provient évidemment du défaut de préci-
sion bibliographique de la part de l'auteur du livre où M. Deschamps a
puisé son renseignement.
Exemplaire sur vélin, dans sa première reliure. Sur le titre, on lit
cette signature : L. Dalbret [d'Albret] è. [évéque] de Lescar,
SCIENCES ET ARTS
I. SCIENCES PHILOSOPHIQUES.
196. LESCL4CHE (L. de). Première Partie de la Philo-
sophie, ou la Logique divisée en quatre parties [i'% a*
et 3° dans ce vol.], par Louis de Lesclache. Paris ^ Laurent
Rondety 1666. ln-8. — Quatrième partie de la Logi-
que, etc. Ibid. — Quatrième partie de la Philosophie
morale, etc. Ibid. — Continuation de la quatrième partie
de la Philosophie morale, etc. Ibid, -^ Cinquième partie
de la Philosophie, ou la Théologie naturelle, etc. Ibid.
— Ensemble 5 vol.; mar. rouge, fil., tr. dor. {anc. rel.).
Exemplaire revêtu d'une des] plus belles reliures aux armes et au
chiffre de Colbert.
Chaque voluftie est précédé d'un titre gravé. Celui de la Philosophie
moi'ule, gravé par F. Chauveau, porte : La Philosophie morale divisée en
quatre parties, dont les trois premières, formant sans doute un seul vo-
lume, paraissent manquera cet exemplaire, bien que l'indication imprimée
au dos ne le fasse pas pressentir. Le privilège, daté de t663, désigne ce
recueil sous ce titre : le Cours de Philosophie, divisé en cinq parties. Si cet
ouvrage, comme il faut le croire, devait servir de texte à la PhilosophU
expliquée en tables^ du même auteur (voy. Brunet), il lui manquerait en-
core, non compris le 1®' vol. de la Morale, deux autres parties : la
Science générale et la Physique, pour compléter la concordance du texte
avec les tables. Dans une vente faite récemment (28 février 1879) par
M. Labitte, il s'est trouvé un volume appartenant à cet exemplaire, revêtu
d'une reliure identique. Il contenait : V Ordre des principales choses dont il
est parlé dans la Philosophie (1666), ce qui paraît correspondre à la partie
de la Science gcncrale dont nous venons de parler; et les Avantages qui
les femmes retirent de la Philosophie (1667). Ce volume isolé a atteint lé
prix de 400 fr. à cause de sa belle reUure.
197. PLATON. Omnia Platonis Opéra (en grec). (A la fin :)
FenetiiSf in œdib. ^Idi, et Àndrese Soccri mense septembris
M. D. XIll (i5i3). In-fol. ; mar. La Vallière, fil. à froid,
ornem. et ancre aldine sur les plats, tr. dor. {Lortic),
Première édition des œuvres de Platon, précieuse et rare, publiée par
l()i SCIENCES ET ARTS.
les soins réunis de Marc Musuros et d'Aide Mannce. Jusqu'alors, il a'ayait
rien paru de oc philosophe, môme isolément. Le texte de cette édition est
excellent. Elle est précédée d'une belle dédicace au pape Léon X, où Aide
s'étend longuement sur les grands services rendus aux lettres par le pape
Nicolas V et par la maison de Médicis. Ce document, presque oublié au-
jourd'hui, quoiqu'il soit fort important pour riiistoire littéraire, a pour la
première fois été traduit en français par M. Didot {Aide Manuce^ pp. 34(U
3ol), do même que les fragments les plus intéressants d'un poème, dans le
stylo pindarique, adressé au môme souverain pontife par Marc Musuros,
et inséré à la suite de la dédicace. Notre regretté maître a, en outre,
donné h; texte grec complet de cet hymne lyrique où le poète adjure
Léon \ do provoquer une croisad(^ pour repousser l'invasion croissante
des Turcs dans Torient de l'Europe.
198. DOLET (Kslienne). i^Iaton dv contempnement de la
mort. Le liure nommé L'axiochus de Platon du contemp-
nement de la mort en forme de dyalogue, et sont les in-
troduitz Socrates Clinias et Axiochus; Imprime noauelle-
met à Paris par Denjrs Janot... S. d. Pet. in-8, de 12 fï.,
lettres rondes ; mar. vert, fil., tr. dor. (hauzonnel).
Seconde édition, do toute rareté, d'un opuscule de Dolet qui a servi
do [)réto\to i\ sa condamnation, et dont la première édition, que M. Brunet
n'a pu voir, est introuvable.
Tivs hol oxemplairo, provenant de la bibl, Yemeniz,
199. ARISTOTELES. (Aristotelis Opéra. Theophrasti de his-
toria plantarum libri X, et de causîs plantarum libri VI)
(en grec). FenetiiSy dexleritate Aldi Manucii Romani^
1495-98. ■) tomes en 6 vol. in-fol.; mar. vert, fil. et tr.
dor. [Pade/oup).
Promiére édition d'Aristote. Il faut lire les nombreuses pages consa-
crées [)ar M. Didot, dans son Aide Munuce, à cette importante publication,
dont les épîtres dédicatoires, adressées au prince de Carpi, générenz pro-
toctour d'AIdo, contiennent do curieux détails sur le mouyement littéraire
j'i celte éfiocjuo.
Ma^Miiliquo exemplaire, parfaitement complet. Le t. IV est relié eu
deux volumes.
200. SEXTUS. Sexti Empirici... adversus mathematicoSy hoc
est, adversus eos qui profitentur disciplinas... graece Dun-
quam, latine nunc primum editum, Gentiano Herveto
Aurelio interprète... Parisiis, apud Martinum^ luaenem,
1569. In-fol.; mar. olive, fil.,tr. dor. (re/. du temps).
Très beau volume, d*une consoiTation parfaite, aux armes deG|IARLES
I)K VALOIS, roMTK d'Auvergnk, fils naturel de Charles IX et de Marie
.. T(»ucliet.
SCIENCES PHILOSOPHIQUES. ie>5
201. (CICERO, M. T. Opéra philosophica quaedam.) *S. /.
n. d. {Paris y à la Sorbonne^ U. Gering^ 1471 [i47^ ri«
style]). Pet. in -fol., de i23 ff.; mar. rouge, fil. à compart.
et orn., doublé de labis, tr. dor. [Bozériaii).
L*un des premiers ouvrages imprimés à Paris, à la Sorbonne. Il con-
tient cinq traités : de Officiis, de Amicitia, de Senectute, Somnium Scipionis
et Paradoxa. Voir sur ce précieux volume un chapitre intéressant et ori-
ginal de M. Madden, dans ses Lettres d'un bibliographe y V® série.
Très bel exemplaire, grand de marges. Le dernier traité a été, par
erreur, mis en tête du volume.
202. CICERO (M. T.). (Officiorum libri très, Paradoxa et
Versus xii Sapientum.) (A la fin :) Presens Marci lulij
clarissimû opus lohannes fust mogûtinus ciuis nô atramèlo
plumali càna neq^ aerea. Sed arte quadam perpulcra
Pétri manu pueri mei féliciter effeci finiturn Anno
Mxccc.lxif (i465). In-4; mar. rouge, riche dent., tr. dor.
{anc. rel,).
Superbe exemplaire sur vélin de cette première édition qui est, d'a-
près Panzer, le septième ouvrage imprimé avec date. Il y a deux sortes
d'exemplaires avec ou sans les écussons au dernier f.; celui-ci est sans
ces écussons. îl a le dernier f., avec l'Ode d'Horace, qui manque sou-
vent.
203. CICERO (M. T.). (Officiorum libri III; Paradoxa; de
Amicitia; de Senectute; Somnium Scipionis; Versus xii
Sapientum.) (A. la fin :) Anno CV/m// M. CCCC.lxx. (1470)
Die uero xiii. inêsis Augusti: Venetiis.
E Spira nato Ciceronis opuscula quinque.
Hqjc Vindelino formis impressa fuere.
In-4; cuir de Russie fauve, fil. à compart., tr. dor.
Très bel exemplaire de cette édition fort rare.
204. CICERO (M. T.). (Opéra.) Lugduni, apud hœred. Seb.
Gryphii, i559-i56i. 10 vol. in-16; veau brun, à riches
compart. en mosaïque, tr. dor. et cis. [rel. du temps).
Exemplaire réglé, revêtu d'une charmante reliure lyonnaise, habile-
ment restaurée.
205. CEBES. La Table de lan||ciè philosophe || Cebes. natif
de II Thebes. et Au||diteur Daristote..; nagueres translate
166 SCIENCES ET ARTS.
de latin en vulgaire frâcois par maistre Geofroy lory de
Bourges Libraire demourant a Paris. (A la fin du privi-
lège : j Acheue dimprimer le Cinqiesme iour Dnctobre Lan
comme dessus (ïSîq). 2 tom. eh i vol. in-8; mar. olive,
fil., tr. dor. {Lortic),
Jolie édition en lettres rondos, avec des bordures autour des pagfs.
Au titre, la marque de Tory.
Très bel exemplaire.
206. BOETIUS. Boetius de philosophico consolatu, siue de
consolatiôe philosophie : eu figuris ornatissimis nouit' ex-
polit'. (A la fin : ) Impressum Argenlinç p lohannê grùnin'
ger.,^ i5oi. In-foL, lettres rondes; mar. La Vallîère^ com-
part. à la Grolier, tr. dor. [Hardy).
(( Édition recherchôe pour sa beauté et le commentaire avec glose iii-
terlinéaire de s. Thomas qui l'accompagne. Elle contient 77 gravures sur
bois du style ordinaire des graveurs de Griininger. On n'y trouve pas de
marque. Les initiales ornées ont un caractère particulier qui distingue les
éditions de cet impiimeur. » (Didot, Cat. rais,, n® 160.)
Très bel exemplaire .
207. MAGÎNUS (J.). (Sophologium.) (A la fin:) Anno domini
Mille, cccc. Ixxv. ('475) die prima mensis lunii. Impressum
fuU istud Sophologium Parisius per Marlinum craniZj Fdal-
ricum gering. El Michaelem friburger. In-foL; mar. olive,
riches compart., tr. dor. (^Lortic).
L'une des plus anciennes impressions parisiennes.
Très bel exemplaire de cette édition rare.
208. MOMAIGNE (M. de). Essais de Messire Michel seigneur
de Montaigne... livre premier et second. Bourdeaus, par
S. Millangcs, imprimeur du rof^ i58o. 2 part. pet. in-8;
mar. vert, fil.^ ornem., tr. dor. en lèle {Smeers) .
Édition originale, très rare. Exemplaire un peu court, car U n'a que
Vôl millim. do bauteur.
209. MONTAIGNE (M. de). Essais de Michel, seigneur de
Montaigne. Cinquiesme édition, auj^mentée d*un troisiesme
liiire et de six cens additions aux deux premiers. A Parts ^
chez A bel t Angelier^ i588. In-4; roar. rouge^ fil., Ir. dor.
{Padcloup).
Précieuse édition, la dernière donnée du vivant de Montaigne etU
première du III" livre.
Très bel exemplaire, dans une excellente reliure et très firatcfae.
sgi;ences philosophiques. la?
210. MONTAIGNE (M. de). Les Essais de Michel seigneur de
Montaigne. Edition nouvelle, exactement corrigée, selon le
vray exemplaire, enrichie à la marge du nom des autheurs
citez... A Paris, i635. In-fol.; front, gr. (avec les noms de
Toussninct du Braj et Ae Pierre Rocolet); mar. La Vallière,
fils., tr. dor. [Lortic),
Édition dédiée au cardihal de Richelieu. La grande préface de M**« de
Gournay y est très augmentée et améliorée.
Superbe exemplaire, presque à toutes marges. Au haut du titre, on
lit : Mad"*^ de Guoiirnoy me la donne, 1635. Luillier.
21 1 . (1 A ROCHEFOUCAULD.) Reflexions ov sentences et maxi-
mes morales.^ Paris, Chez Claude Barbin... M.DC. LXV
("1665). Petit in- 12, de 24 ff. prél., y compris le titre et le
iront, gravé, i5o pp. de 23 lig. et 5 tf. ; veau fauve, fil., tr.
dor. {une. rel.).
Édition originale, fort rare, avec trois cent douze maximes. Très-bel
exemplaire. H. : 0^,145. ^
212. (LA ROCHEFOUCAULD.) Reflexions ov sentences et maxi-
mes morales. Paris, Claude Barljin, i665. Petit in- 12, de
24 ff., i35 pp. de 22 lig. et 6 pp.; mar. bleu, fil,, tr.
dor. [Trau(Z'Bauzonnet).
Première édition, selon Brunet, mais en réalité une nouvelle édition
originale, avec trois cent seize maximes. Très bel exemplaire. H. : 0™,144 .
213. (LA ROCHEFOUCAULD.) Réflexions ou sentences et maxi-
mes morales. Nouvelle édition. Paris, CL Barbin, 1666.
In- 12, front, gr.; mar. rouge, iil., tr. dor. {Lortic),
Seconde édition donnée par l'auteur, et très différente de la première.
Très bel exemplaire, grand de marges.
214. (LA ROCHEFOUCAULD.) Réflexions ou sentences et maxi-
mes morales. Troisième édition, revue, corrigée et augmen-
tée. Paris^ CL Barbin, 1671.^1-12, front, gr. — Nou-
velles Réflexions ou sentences et maximes morales, seconde
partie. Paris^ CL Barbin, 1678. In-i 2, front. gr.;en i vol.,
mar. rouge, jans., tr. dor. {Duru).
Très bel exemplaire.
215. (LA ROCHEFOUCAULD). Réflexions ou sentences et maxi-
mes morales. Cinquième édition, augmentée de plus de
168 SCIENCES ET ARTS.
cent nouvelles maximes. Paris ^ Cl. Barbin^ !&"]%. Pet.
in-8, veau fauve [anc. reL aux armes du maréchal
DE BOUFFLERS).
Dernière édition originale, publiée du vivant de l'auteur.
Bel exemplaire. Une petite piqûre dans la marge du bas.
216. (LA BRUYÈRE.) Les Caractères de Théophraste traduits
du grec ; avec les caractères ou les mœurs de ce siècle.
Paris ^ Es tienne Michallet^ 1688. In-12; mar. rouge, fil. à
compart., tr. dor. [Lortic).
Édition originale, rare. Très bel exemplaire de premier tirage, avec
les errata. H. : 0°*,i58.
217. (LA BRUYÈRE.) Les Caractères de Théophraste Se-
conde édition. Paris^ E. Michallet^ 1688. ln-12; mar.
rouge, fil. à compart., tr. dor. [Lordc).
Édition augmentée. Très bel exemplaire, avec le mot Image dans
l'adresse du libraire, et le dernier f. blanc. H. 0™,157.
218. (LA BRUYÈRE.) Les Caractères de Théophraste... Qua-
trième édition corrigée et augmentée. Paris ^ E. Michallet^
1689. IQ"12; mar. orange, fil., tr. dor. {Srneers).
Cette édition est presque un ouvrage entièrement refait; on y trouve
3i-0 caractères nouveaux.
Bel exemplaire. Le titre est court en tête.
219. (LA BRUYÈRE.) Les Caractères de Théophraste... Cin-
quième édition augmentée de plusieurs remarques. Paris,
E. Miçhallet^ 1690. ln-12; mar. rouge, fil. à comp., tr.
dor. {Lorlic),
Cette édition contient 163 caractères nouveaux. Très bel exemplaire.
220. f LA BRUYÈRE.) Les Caractères de Théophraste... Sixième
édition. Paris\ E. Micliallet^ ^^Q'* ln-12; mar. rouge, fil.
à compart., tr. dor. [Lortic).
Édition augmentée de 72 caractères. Très bel exemplaire.
221. (LA BRUYÈRE.) Les Caractères de Théophraste... Sep-
tième édition, reveué et corrigée. Paris y E^ Michallety
1692. In- 12 ; mar. rouge, fil. à comp., tr. dor. {Loriic).
Édition augmentée de 7G caractères nouveaux. Très be) exemplaire.
SCIENCES PHILOSOPHIQUES. 169
222. (LA BRUYÈRE.) Les Caractères de Théophraste... Huitième
édition. Reveuè, corrigée et augmentée. Paris, E. Michal-
let^ 169/1. In-12; mar. bleu, fil., tr. dor.
Cette édition contient quarante-six caractères originaux et le premier
texte du Discours de réception de La Bruyère à l'Académie française.
Très bel exemplaire.
223. (LA BRUYÈRE.) Les Caractères de Théophraste... Neu-
vième édition, revue et corrigée. Paris, E. Michaliety
1696. In-i2 ; mar. rouge, iil. à comp., tr. dor. [Lortic).
Cette édition passe pour être la meilleure et la plus complète du texte
de La Bruyère, qui mourut pendant qu'elle était sous presse. Toutefois
elle ne contient pas quatre des caractères publiés antérieurement. Les
Caractères de Théophraste sont imprimés en plus petit caractère et portent
une pagination particulière. Le volume est précédé d'une préface et ter-
miné par le Discours prononcé à l'Académie.
Très bel exemplaire. Les noms des personnages dont il est question
dans ce livre ont été écrits en marge à l'époque même.
224. (GUEVARA, Ant.). Lorloge des Princes... Traduict Des-
paignol II en langaige François (par de la Grise). On les
vend a Paris ^ en la srand salle du Palais y \\ par Galliot
du pre, libraire tare de Luniuersite. M. v*" xl (i54o). (A ta
fin :)... Nouuellement imprime a Paris , par Es tienne Ca-
uciller imprimeur, pour Galiol du pre,,. Lan, v. c. xL
{i54o). In-fol., golh.; fig. s. b.; mar. vert, fil., tr. dor.
\Niedrée).
Édition rare, ornée d'un frontispice dans le genre italien de la Renais-
sance, et d'une grande planche représentant le roi François !«' entouré
de sa cour.
Très bel exemplaire, réglé.
225. DESCARTES (René). Les Passions de Tâme. Anisierdamy
U)uys Elzevier, i65o. Pet. in-12; mar. rouge, fil., tr. dor.
[Hardy).
Joli exemplaire, provenant de la bibl. de M. Double.
226. CUREAU DE LA CHAMBRE. Les Characteres des Pas-
sions, par le s' De la Chambre. Paris, P. Rocolel, 1640.
ln-4/ iront. ; mar. rouge, fil., riches ornem , tr. dor.
{rel. du temps).
Splendide spécimen de la reliure parisienne au milieu du XVII® siècle
pouvant être attribué à Le Gascon.
170 SGlKiNGES ET ARTS.
227. XENOPHON. Economie de Xenophô. Cest a dire, Do-
mestiques Institutions & Enseignemens pour bien régir sa
famille, et augméter son bien particulier. ladis compose
en Grec par Lancien Autheur Xenophon. Et translate de
Grec & Latin en Langaige François par Maistre Geofroy
Tory de Bourges (A la fin :) Ce présent Hure J ut acheue
dimprimer par Maistre Geofroy Tory de Bourses, le Mes-
\ credy {sic) cinquiesme iour de luillel. Lan mdxxxi (i53i).
Pet. in-8; mar. rouge, jans., tr. dor. {Thompsori).
Très bel exemplaire de ce livre rare.
228. XENOPHON. Science, |! pour senrichir hônestemêt |)
& facilement. Intitulée, |! Leconomic Xenophon. Na||gueres
trâslatee de Grec & || Latî en i^angaige Frâcoys. || Par
Maistre Geofroy Tory de Bourges... (A la fin :) Ce présent
liure fut acheue dimprimer par maistre Geofroy Tory...
MDXXXI (t53i). Pet. in-8; mar. vert, fil., tr. dor. (jT/via/z-
Bauzonnet),
Magnifique exemplaire de la même édition que celle du numéro précé-
dent, sauf le titre qui a été changé.
229. XENOPHON. La mesnagerie de Xenophon. Les règles
de mariage de Plutarque. Lettre de consolatation de Plu-
tarque à sa femme. Le tout traduict de Grec en François
[)arfeu M. Estienne Delà Boetie, ensemble quelques vers
atins et françois de son inuention. Item, un discours sur
la mort dudit seigneur de la Boetie, par M. de Montaigne.
Paris y Federic Morely iS'ji. In-8, de i3i ff.; mar. brun
clair, jans., tr. dor. (Thompson).
Bel exemplaire de cet ouvrage rare ainsi complet, avec les vers françois.
230. RODERICUS. Speculû hûane vite. j| Speculû conueiil
sionis peccatorum. || Speculû sacerdotu^ cum hystoria
vdonis. Il Spéculum ecclesie, siue Expositô misse. || Spécu-
lum anime peccatricis. || Tractatus de bons dicendis.
Il Tractatus de casibus penitentialibus. Tractatus artis
bene moriendi. (A la fin du premier traité :) Finit feUciC
liber excellentissimus. Speculus \hîiane vite nûcupatus im"
pssus Bisuncij Anno || dni Milesimo CC CCLxxxmj {i^SS)^
ln-4, goth.; mar. bleu^ doré en plein à petits fers» tr.
dor. {JViedree).
Ce recueil, précieux et extrêmement rare, est le troisième lÎTre imprimé
à Besançon. Il est composé de plusieurs traités qui étaient destinés à 6tr»
SCIENCES PHILOSOPHIQUES. 171
vendus soil séparément, soit plus ou moins collectivement, d'où provien-
nent plusieurs sortes d'exemplaires, les uns avec des titres séparés, d'autres
avec des titres collectifs. Notre exemplaire appartient à cette dernière
catégorie, qui n'a pas été décrite dans le Manuel, Ainsi, il est pourvu d'un
titre général pom* le recueil entier, mais les pièces énoncées y sont classées
dans un ordre différent.
Le Spéculum de Rodrigue, évoque de Zamora, compte 180 ff. (sign. a-y),
dont le 102* est blanc, et la souscription se trouve au v° du dernier f.
Les autres traités, réunis pour faire une seconde partie, sont précédés
de ce titre général ; Spécula artis bene moriè\\di. \\ Tractatus de horis
canonicis dicendis. || Spéculum anime peccatricis. || Spéculum conuei^sionis
peccatorum || Speculû sacerdotà cû hystoria Vdonis. Le premier de ces traités
compte 21 ff. de texte (sign. A-C); le second, 8 ff., dont le dernier est blanc
(sign. a); le troisième, intitulé Spéculum àureum anime peccatricis, dans le
titre de départ, a 32 ff. (sign. a-d) ; le quatrième, dont le titre de départ
est : Speculû Zuersionis ^ctô*^ mayistn Dyoni- Il sii de Leuivis alias rickel
ordinis cartusien., compte 28 ff.; au v® du dern. on lit: Finit liber felicii',
Speculû Zversionis pctô'^Wimpss* Bisuntii. Anno dhi M.CCCC.lxxooviij; le
dernier est divisé en deux parties, dont la première, n'occupant qu'un
feuillet, porte ce titre de départ : Incipit felicif Opusculû qs speculû
sacerdotû\\dicif edituz a sancto Augustino De honestate et \\ dignitatv eo'jlfi ',
la seconde est intitulée : Ilystmna horrenda tenibilis qs nimis de quo || dam
Magdeburgen. ecclesie Archiefo Udone \\ nuncupnto; ensemble 8 ff. (sign. na);
le texte s'arrête au v® du 7®, et il est suivi d'une pièce de vei*» latins en
dix-huit strophes de quatre vers terminées par le mot : Amen^
Le P. Laire, dans sa Dissertation sur Vimpnmerie en Franche-Comté, a
cru avoir découvert le nom de l'imprimeur de ce recueil, qui serait aussi
celui du prototypographe de Besançon; il l'a appelé Jean Contety nom
(ju'il a trouvé écrit à la main, avec son cliiffre, sur un des volumes qui
seraient sortis de ses presses. Toutefois ce nom ne serait qu'imaginaire
et il parait certain que l'exécution de ce livre est due à Jehan Desprels
(de Pratis), Comtois, le véritable proto typographe de Besançon (voir le Dic-
tionnaire de géographie, par M. P. Deschamps).
Magnifique exemplaire revêtu d'une admirable reliure^ à petits fers. H
provient de labibl. Yemeniz, dans le catalogue de laquelle on l'a présenté
comme étant sans lieu ni date.
231. (JACQUES DE CESSOLE). Le Jeu des eschez|| moralise..
Nouvelle|{ment imprijlnie a paris. (A la fin :) Cy finisl le
Hure des esche z \\ el tordre de cheualerie et transld\te de
latin en Francoys imprime || nouuellement a Paris et fut
acheue. Le vendrcdy, vi, iour de \\ Septembre. Lan. M.
V. c. ^, iiij (i5o4). Pour anthoine verart Pet. in-fol.,
goth., à 2 col., de 4 ff- prél. et de Cij ff. eh., fig. s. bois;
mar. rouge, jans., tr. dor. [Trautz-Bauzonnet).
Première édition connue de cette traduction. Elle est dédiée à Anne
de Bretagne, et les exemplaires en sont extrêmement rares. Au verso du
172 SCIENCES ET ARTS.
titre, une grande gravure [sur bois, représentant au centre la reine Anne
de Bretagne jouant aux échecs avec son mari ; cette vignette est renfermée
dans un cadre historié à douze compartiments.
Magnifique exemplaire, grand de marges.
232. CRINITUS (P.). De Honesta disciplina Lib. xxv. (De)
Poetis Latinis Lib. v. Et Poématon Lib. ii. Lugduni apud
Anlonium Gryphium, 1576. In-i6; mar. olive, doré en
plein, tr. dor. [Cloi^is Èifé).
Ce joli volume, très bien conservé, est à la reliure de la reine MAR-
GUERITE DE VALOIS. Elle porte sur les plats la marguerite avec la
devise : Expectata non eludet. Nous en donnons une reproduction au
catalogue illustré.
233. (CORLIEU, Girard) Briefue |j Instruction pour || tous
Estats. Il En laquelle est sommairement declairé, comme
Il chacun en son Estât se doit gouuerner, || et viure selon
Dieu. j4 Paris, de timpr. de Philippe Hanjrie et Ri-
chard Breton, i558. In-4, de 10 ff. prél. et 76 If. ch. ;
mar. rouge, jans., tr. dor. (Trautz-Bauzonnet).
Édition fort rare, imprimée en caractères de civilité, et non ciris au
Manuel. Elle est dédiée à Jacqueline de Rohan, marquise de Rotelin, par
François Veilroc, anagramme de Corlieu.
MagniOque exemplaire, très pur et avec témoins.
234. FLEUR Y (Cl.). Les Devoirs des maîtres et des domes-
tiques, par M* Claude Fleury, prêtre, abbé du Loc-Dieu.
Paris, P. Aubouin, P. Emery et C. Clouzier (impr. de
Laurens Rondet), 1688. In-8; mar. La Vallière, jans., tr,
dor. {Niedrée).
Très joli exemplaire de l'édition originale d'un ouvrage non dié au
Manuel. Les pp. 265 à 297 contiennent un Abrégé de VHistoire sainte à
l'usage des domestiques, et les pp. 298 à 308, un catalogue des livres qui
se vendent dans la même boutique, où, entre autres, on remarque la liste
des ouvrages de M. de Loge-Pierre {sic, pour Longepierre).
•
235. PLUTARQUE. Politiques de Plutarche. Cest a dire.
Ciuiles Institutiôs & enseignemês pour biê Régir la Chose
Pu. ladis cOposees en Grec par Plutarche. Et depuis trâs-
latees de Grec en Latin, par le Seigiir Nicole SagCidio. Et
a présent de Lâgues Grecque & I^atine en Langaige Fran-
çois, par Maistre Geofroy Tory de fiourges Imprimées
en Paris a Lèseigne du Pot Casse, Par Maistre Geojroy
Tory de Bourges, Marchant, Libraire. Et Imprimeur du Roy
SCIENCES PHILOSOPHIQUES. 173
(le i5 juin i532). In-8 ; mar. rouge, riche dent., tr. dor.
(Lortic).
Un des plus rares ouvrages de Tory. Charmant exemplaire.
236. BOSSUET (J.-B.). Politique tirée des propres paroles de
rÉcriture sainte à Monseigneur le Dauphin. Ouvrage pos-
thume. Paris, Pierre Cot, 1709. In-4; ïnar. rouge, fil., tr.
dor. (Pade/oup).
Très bel exemplaire de l'édition originale, ornée de deux vignettes,
par B. Picart et Coypel.
237. LA PERRIEKE (G. de;. Le Miroir politicqve, oevvre non
moins vtile que nécessaire à lous Monarches, Roys, Prin-
ces, Seigneurs, Magistrats, et autres surintendans et gou-
uerneurs de Republicques, par Gvillavme de la Perrière,
Tolosain. // Lyon, par Macé Bonhomme, i555. In-fol.,fig.
sur bois; veau brun, fil. à froid, ornem. et tr. dor, {anc.
rel.).
Ouvrage curieux et rare. Édition originale, ornée de 50 figures sur
bois. Bel exemplaire qui a appartenu, en 1590, à Lamoral de Tassis, de
la maison princiôro de la Tour et Taxis.
238. SUSIO (G.-B.). I Tre Libri di Messer Giovan Battista
Svsio, della Ingivstitia del dvello, et di coloro, che lo per-
mettono In Vinegia, appresso Gabriel Giolito de Fer-
rariy et fratelli, M. f). LV (i555). In-4; veau fauve,
riches compart. en mosaïque, tr. dor. (rel, du temps).
Ouvrage rare et intéressant, dédié à Henri II, roi de France, et non
cité au Manuel. Au titre, la belle marque de l'éditeur.
Exemplaire revêtu d'une des plus belles reliures du XVI® siècle qu'on
connaisse, à compartiments en mosaïque peints en blanc et rehaussés
d'or. Sur le premier plat sont peintes en couleurs les armes du duc ANNE
DE MONTMORENCY; sur l'autre, on voit son épée de connétable, accom-
pagnée de sa divise : AHAANOI. Le plat de dessus de cette splendide
reliure a été reproduit à l'eau-forte par M. Jacquemart dans l'Histoire
de la Bibliophilie ; nous en donnons, au catalogue illustré, une reproduction
en photogravure.
0
239. CHARTIER (A.). Le Curial de M. Alain Chartier, où il
est amplement traitté de la vie et mœurs des courtisans et
des malheurs et calamitez des hommes qui conuiennent
fort bien à cest aage. Reueu et corrigé de nouueau par Da-
174 SCIENCES ET ARTS.
niel Chartier. Paris, Cheuilloty i58i. I11-8; mar. rouge,
jans., tr. dor. {Traufz-bauzonnet).
Seule édition séparée de cet ouvrage. Elle est fort rare, et importante
à cause d'une notice sur Alain Chartier, composée par son petit^fils, éditeur
de ce volume.
Très bel exemplaire.
II. SCIENCES NATURELLES ET MÉDICALES.
240. PLINIUS. C. Pliiiii Secundi naturalis historia. Fenetiisy
in sedihus hœredum Aldi et Andrese Asulani soceri,
i535, 36, 38, 40. 4 vol. in-8; mar. vert, riches comp., tr.
dor. et cis. [reL italienne du temps).
Édition rare dont il est difficile de trouver des exemplaires avec Tindex
qui forme le quatrième volume. Les trois premiers, quoique portant à la
fîn la date de 1540, appailiennent à l'édition de 1535-36.
Très bel exemplaire. Les plats de la reliure, qui est fort riche, portent
les armes du cardinal de Montai te qui, depuis, fut pape sous le nom de
SIXTE V.
241 . PLINIUS. C. Plinii Secundî historiae mundî libri XXXVH,
cum castigat. et adnotat. ex novissima et labor. edit. la-
cobi Dalechampii. Francofurti, apud CL Marnium et
hered. J. Aubrij\ 1608. In-8; mar. rouge, fil. 9 comp.,
tr. dor. (aux premières armes de J.-A. de Thou).
Bel (exemplaire, portant la signature de Ballesdens, et reyêtu d*iine
excellente reliure.
242. PLINE. Sommaire des Singularitez de Pline. Extrait des
seize premiers liures de sa Naturelle histoire, par P. de
(>hangv Escuier. Paris, R. Breton, iSSg. Pet. in-8; mar.
bleu, fil. à compart., tr. dor. [Loitic).
H<iition en canictères cursifs. Trôs bel exemplaire.
243. DIOSCORIDES et NICANDER. (Pedacii Dioscoridis
Anazarbaei opéra, grœce; Nicandri Theriaca et Alexiphar-
maca, graece: cum scholiis cura Aldi Manutii.) (A la (in :)
Venetiis apud Aldum. Mense Julio ^ M AD. (1499)* In-fol.}
mar. bleu foncé, fil. à compart., ornem. à froid et dor.',
doublé de tabis avec riche dent., tr. Aor.{^Bozérian jeune).
Prenii«Te rdition, livs rare et rorherchr*o. r4Vst dans ce Toltime qÙ^fm
SCIENCES NATURELLES ET MEDICALES. 175
voit pour la proniièrc fois le petit caraotôro grec, qui a seni ensuite aux
autres impressions d'Aide.
Très bel exemplaire, dans une reliure des plus soignées.
2*4. CRESCENCES (Pierre de). Le Bon Mesnager. || Au pré-
sent volume des prouffitz Champestres t Ruraulx est traicte
Il du labour des Champs, Vignes, lardins, Arbres de tous
espèces... |] Ledit liurecopile || par Pierre des Crescês iadis
bourgeoys l| deBoulongne la grasse. Nouuellemêt || corrige,
veu et amende sur lesvieilz ||originaulx au par aiiant|| im-
primez. Oudit liure est adiouste oultre les précédentes im-
pressions : Il la manière de Enier, Planter et nourrir tous
arbres : || selon le iugement de maistre Gorgole de corne. ||
On les vend a Paris au premier pillier de la grand salle du
Palais II par lehan andre, (A la fin : ) Le présent liure fut
acheue de im \\primier a Paris le xxii° de auril\\ lan Mil cinq
cens XXXVI (i536). In-4, goth.; mar. olive, fil., tr. dor.
[rel. angL).
Edition rare. Exemplaire au cliilire d'Audenet, provenant de la bibl.
Yemeniz. Il est très beau de marges et bien conseiTé, sauf pour qq. fF. ta-
chés d*encre en gouttière.
245. GAUEN. Devx livres des simples de Galien. C'est as-
scauoir, Le cinquiesme. Et le neufuiesme. Nouuellement
traduicts de Latin en Francoys par Monsieur maistre lehan
Canappe Docteur en médecine. A Lyon, chés Estienne
Dolety i542. In-8; mar. rouge, fil., tr. dor. {Trautz-Bau- ,
zonnet).
Edition en caractères italiques, extré^mement rare. Très bel exemplaire,
avec témoins.
246. GALIEN. De la Raison de curer par euacuation de sang.
Autheur Galien. OEuure nouuellement traduict de Grec en
Latin : & de Latin en Francoys (par P. Tolet). A Lyon^ chés
Estienne Dolet^ i542. In-8, de 63 pp.; mar. rouge, fil.,
tr. dor. (TrautZ'Bauzonnet).
Édition en caractères italiques, non citée au Manuel et fort rare. A la
page 55 commencent, du même auteur, quatre Petits Traictes propres a la
MedecinCy non mentionnés au titre : Des sangsues^ De reuulsiony Des uen-
touses. De scanfication. Très bel exemplaire.
247. (GALIEN.) Des Tumeur$ ovltre le couslumier de Nature.
Opuscule nouuellement traduict de Grec en Latin : & de
Latin en Francoys. A Lyon, chés Estienne Doletj i542.
176 SCIENCES ET ARTS.
(Au i^ de Tav.-dern. f.:) Ce présent Opuscule a este traduict
par maistre Pierre Tolet^ médecin de ChospiUd de Lyon. Et
par lujr aussi a este traduict CauUre Opuscule de Galien^
intitulé : De la manière de curer par phlebotomie. In-8
de a6 pp. ch., et 2 ff. (souscr. et marque de Dolet);
mar. amar., fil. à fr., orn. et fleur, en mosaïque, tr. dor.
{Lortic).
Édition extrôinement rare. Très bel exemplaire.
248. EGINE (Pauld'). La Chirvrgie de Pavlvs yEgineta. Nou-
uellement traduicte de Grec en Francoys (par P. Tolel).
A Lyon^ chés Estienne Dolet, i542. In-8, de 219 pp.;
chagrin rouge, Ir. dor.
Seconde édition donnée par Dolet, fort rare. Bel exemplaire.
249. (GLANVILLA, B. de). Le propriétaire des choses très
utille et prof II ti table aux corps humains : auecques aul||cunes
addicions nouuellemët adioustees. || Cestassauoir || Les
vertus et pprietez des eaux artificielles : et des Herbes pa-
relleaiët || Les natiuitez des hommes et des femmes selon
les .XII. signes de lan. || Item plusieurs récentes contre aul- *
cunes maladies || Item vng remède tresutille contre fieure
pestilencieuse : et aultre manie ||re depydemye approuuee
par plusieurs docteurs en médecine. ||Item est adiouste a la
fin vne medicine tresutille : appellee la Medicine des che-
uaulx : et aultres bestes.Le tout reueu et corrige nouuelle-
ment. (A la fin :) Cestuy Hure des proprietez || des choses Jut
translatée (sic) de \\ la tin en fràcoys lan de gra^ce mil
ceci XXII..* Kt translata || son petit ^ humble chapelain
Frere\\\Y.iLiLisk corbichon...5. /. n. d. In-fol., goth., à a coL,
de 6 ff. prél., et 276 ff. n. ch., fig. sur bois; mar. brun,
fil. à compart., tr. dor. [rel. angL).
Édition rare de ce livre qui eut une grande célébrité au moyen âge,
comme une sorte d'encyclopédie des sciences naturelles et médicales. Elle
parait être sortie des presses de Ph. Lenoir, vers 1525.
Très bel exemplaire, non lavé et grand de marge. La griffe de Huiard
au titre.
250. ËLLUCHASEM. Tacvini sanitatis Elluchasem Elimithar
Medici de Baldath , De sex Bebus non naturalibus...
Âlbengnefit de uirtutibus Medicinarum et Ciborum. lac.
Alkindvs de rervni gradibus. Argentorati, apud loannem
SCIENCES NATURELLES ET MÉDICALES. 177
Scholluniy i53i. In-fol., de i63 pp. et a ff., fig. sur bois;
mar. vert, fil., tr. dor. {Dura),
Livre rare, non décrit au Manuel et d'un très grand intérêt. Au bas de
chacune des pages 19 à 117 sont des représentations relatives à la mé-
decine et à l'hygiène. On y voit des scènes très curieuses et d'une naïveté
peu décente.
Magnifîque exemplaire.
251. VESALE. Andreœ Vesalii Brvxellensis, Scholae medico-
riim Patauinae professoris^ de Humani corporis fabrica
Libri septem... (A la fin :) Èasileœ, ex officiria loannis Opo-
rini... i543. In-fol., fig. sur bois; vélin bl. estampé, fer-
oioirs [anc. reL).
Très belle édition d'un ouvrage célèbre. Elle renferme 171 gravures sur
bois, dont 27 de la grandeur des pages, exécutées, à Venise, d'après les
dessins de Jean de Calcar, élève du Titien. Le portrait de Vésale est un
chef-d'œuvre.
Très bel exemplaire, dans sa première reliure portant la date de 1544.
252, ESTIENNE (Ch.). De Dissectione partium corporis hu-
mani libri très, à Carolo Stephano, doctore Medico, editi.
Vnà cum figuris, & incisionum dedarationibus, à Ste-
. phano Riuerio Chirurgo cÔpositis. ParisiiSy apud Simonem
Colinœum, i545. Gr. in-fol., fig. sur bois; mar. vert, fil.
à fr., tr. dor. {Lortic).
Édition ornée de 62 gravures sur bois, très remarquables. (Voir Didot,
Cat rais. y n^ 660.)
Magnifique exemplaire, réglé, à grandes marges.
283. ESTIENNE (Ch.). La dissection des parties du corps
humain diuisee en trois liures, faictz par Charles Estienne
docteur en Médecine : auec les figures & declaratio des
incisions, composées par Estienne de la Riuiere Chirur-
gien. Imprime a Paris, chez Simon de Colines, i546. Gr.
in-fol., fig. sur bois; mar. rouge, compart. à froid, ornem.
et tr. dor. {Lorlic).
Traduction française de l'ouvrage précédent. Belle édition, qui ren-
ferme les planches de celle de 1545 et deux en plus, qui se trouvent eu
regard des deux premières pi. de l'édition précédente. {Voir Didot, Cat.
mis., no 660 bis.)
Magnifique exemplaire réglé, à toutes marges, avec témoins.
254. GŒVROT (.1.). Summaire || Tressingulier de toute mé-
decine Il et cirurgie / speciallement / contre |i toutes Mala-
12
17S SCIENCES ET ARTS.
(lies souruenantes || quotidiennemêt au corps humain ||
Compose et approuue par mai||stre Jehan goeurot Docteur
en II médecine / Et médecin du trescre||stien Roy de France
Francoys II premier de ce nom. || Item vng régime singulier
contre la peste. ||Item y a este adiouste vue table pour plus
faciliementtrouuerle contenu ouditjjSummaire. S. Ln.d.
(? V. i54o). Pet. in-8, goth., de 91 ff. chiff.» plus 5 ff.
(table), sign, A-M; mar. bleu, comp., tr. dor, {Lortic).
Édition non citée dans le Manuel, et de toute rareté. Très bel exem-
plaire, avec témoins.
285. PLATINA (B.). Platine en fran||coys tresutile etljneces-
sayre pour || le corps humain qui traicte de honeste vo-
lu||pte et de toutes viandes ^ choses que Ihome || mange :
quelles vertus ont : et en quoy nuysêt || ou proufBtent au
corps humain et côment se {| doyuent apprester ou appa-
reiller : ^ de faire a || chascune dicelles viâdes soit chair
ou poisson II sa propre saulce : et des propriétés et vertus
q II ont lesdictes viandes. (A la fin :) C)r nnisi Platine leql
a etc translate de latin en francoys j ^\\augmenle copieuse^
ment de plusieurs docteurs j prîcipalement p || messire
desdier crestofle prieur de saïct maurice près môipellier.
Il Imprime a paris jç? Philippe le noirj lung des deux relieurs
iii\\re de luniuersite de Paris / nouueUement imprime a
Paris Et\\fust acheue le. xii. iour de Daoust (sic) Lan
mil. ccccc, xxix (1029). Pet. in-4^ go^^M de 4 ff» prél. et
de C.lxxxvi ff.; mar. orange, compart. à froid, ornem.,
tr. dor. [Thompson).
Édition rare et non citée au Manuel.
Bel exemplaire, sauf qq. il. du conimenc. et le dernier, qui laissent à
désirer. ,
2oG. HUTTEN (Ulrich de). Giiaiacirm. j| Lexperience et ap-
probation Ulrich de || Huten notable cheualier. Touchant
Il la médecine du boys dict (^uaiacum. || Pour circôuenir et
dechasser la maladie indeujjment appelée francoyse, Ain-
cois par gens de || meilleur iugemcit est dicte ^ appellee la
maladie |i de Neaples, traduicte ^ interprétée par maistre
l| Jehan Cheradame hypocrates estudiâten la || faculté et art
de médecine. On les vend à Lyon en la maison de || Claude
]\ourry dict le Prince. S. d. ln-4, goth., sign. a-K par 4;
mar. rouge, riches compart., tr. dor. [Lortic).
LiNre piquant <>t l'oit rare. Krunel n'indique cette édition que
SCIENCES NATURELLES ET MEDICALES. 179
d'après Du Verdier. Au dernier f., la marque de Nourry. Sur le titre, placé
dans un encadrement, on voit une petite figure représentant Job sur son
fumier.
Magnifique exemplaire, de la coll. Desq.
257. BOLOGNINUS, Liure de Ange Bologninus De la curation
des ulcères extérieurs, traduit de Latin en Fràcoys. A Paris
au pot casse. En lim primer ie de Oliuier Mallard Libraire
& Imprimeur pour le Roy, i5^i^. ln-8, de Sa ff.; mar.
rouge, fil., tr, dor. [Trautz-Bauzonnet).
Cette plaquette rare se joint à la collection de Tory, dont la marque
figure au titre.
Très bel exemplaire.
258. PARÉ (Ambroise). La manière de traie ter les playes
falotes tâtpar hacSquebutes, que par flèches : et les accidentz
d'icelles, corne fractures et caries des os, gangrené et mor-
tification : aùec les pourtraictz des instrumentz nécessaires
pour leur curation . Et la méthode de curer les combus-
tions principalement faictes par la pouldre à canon. Le
tout cOposé par Ambroise Paré, maistre Barbier Chirur-
gien a Paris. A Paris ^ par la vefue lean de Brie, demou-
ranle en la rue S. laques à f enseigne de la Lymace.
i55i. (A la fin : ) A Paris Imprimé par la vefue lean de
Brie y Van mil cinq cens cinquante et deux (i 552), le dixième
iour de Mars. In-8; veau fauve, riches compart. à la Gro-
lier, tr. dor. {reliure du temps).
Précieux exemplaire, LE SEUL CONNU IMPRIMÉ SUR VÉLIN, avec la
dédicace à HENRI II, dont le chiffre, entrelacé avec celui de DIANE DE
POITIERS , orne le frontispice, peint en or et couleurs , et surmonté de
trois croissants. Toutes les figures qui accompagnent le texte, ainsi que les
initiales des chapitres, sont aussi peintes en or, argent et couleurs.
Acquis au prix de 5000 fr. à la vente Yemeniz.
259. PARÉ (Ambroise). La Mélhode Curatiue des Playes
& Fractures de la Teste humaine. Auec les pourtraits des
Instruments nécessaires pour la curation d'icelles. Par
M. Ambroise Paré... A Paris y de l'Imprimerie de lehan le
Rayer y Imprimeur du Roy es Mathématiques^ i56i. ln-8,
c^r. ita).;mar. brun, comp. à froid, tr. dor. [Chambolle-
Duru),
Cet ouvrage rare est d'une fort belle exécution typograpliiquo. 11 est orné
d'un superbe portrait, gravé sur bois, du célèbre chirurgien, et dont le
dessin est attribué à Jean Cousin par M. Didot, qui en a donné une repro-
180 SCIENCES ET ARTS.
duclioii dans le Recueil des Œuvres cfiomes de Tartiste senonuis. (Voir
aussi Didot, Cat rais,, n^ 684.) Il contient de nombreuses figures sur bois,
copiées d'après celles de Vésale.
Très bel exemplaire, de la coll. Desq.
260. PARE (Ambr.). Cinq livres de chirurgie, i • Des banda-
ges. 2. Des fractures. 3. Des luxations, etc. 4* D^ mor-
sures et piqueures venimeuses. 5- Des gouttes, par Am-
broise Paré, premier chirurgien du Roi et iuré à Paris.
y4 Paris, chez André Wechel, 1672. ln-8; mar. citr., fil.
à comp., tr. dor.
Ouvrage dédié au roi Charles IX. Fort rare. 11 contient le même por-
trait de Paré que le volume précédent.
« Quelques-unes des gravures sur bois qui se trouvent dans cet ouvrage
sont fort bien exécutées. Les premières sont copiées d'après rAnaiomie de
Vésale. Les autres, représentant la réduction des. luxations, sont originales
et peut-être dessinées par Jean Cousin. » (Didot, Coi. rais,, u? d85.)
26t. PARÉ (Ambr.) Discovrs d'Ambroise Paré... Asçaucir, de
la Mvmîe, de la Licorne, des Venins et de la Peste. Paris,
Gabriel Buon^ i582. In-4, portrait; mar. bleu, jans., tr.
dor. (^Duru).
« Très bel exemplaire d'un écrit précieux pour rhîsioire de la théra-
peutique. L'auteur combat avec l'expérience et le bon sens remploi de la
momie, de la licorne, etc., dont les thériaqueurs et les charlatans de son
époque faisaient un si grand usage. Son portrait en taille-douce, placé au
connnencement et qui le représente à l'âge de 72 ans, est fort beau. Plu-
sieurs des douze gravures sur bois sont remarquables. » (Didot, Cat, rais,,
n? 086.] Ce portrait est signé des initiales S. L., qui sont celles d*Ëtienne
de Laune.
m. SCIENCES OCCULTES.
262. ARTEMIDORUS. Arteraidori Daldiani Philosophi excel-
lentissimi, desomniorum interpretatione, libri quinque, à
lano Cornario medico physico Francorordensi, latioa lin-
Çua conscripti. (A la fin :) Basilcœ, per lliemnymum Fro-
benium & Nicolaum Episcopium, mense Januario, 1 544»
Pet. in-8; mar. rouge, riches compart., tr. dor. {rel. du
xrr s.).
m
Magniflque reliure, exécuU^e probablement par un des Eve, avec des
(i (Mitrelacés et les armes du comtt', puis prince Charles de Mansfelt, mort
en loUa, (ils du célèbre général de (Charles-Quint, et qui fut lui-même un
eapitaine distingué. Il eut pour première femme la fille du maréchal
(lossé (le Hrissac. Nous donnons, au catalogue illustré, une reproduction
do ccltr belb» reliure. De la bil)I, de Brunet,
ARTS. 181
263. NOSTRADAMUS (M,), Les Vrayes Centuries et prophé-
ties de maistre Michel Nostradamus. Où se void représenté
tout ce qui s'est passé, tant en France, Espagne, ItaUe,
Alemagne, Angleterre, qu'autres parties du monde. Re-
veués et corrigées suyvant les premières Editions impri-
• mees en Avignon en l'an i556 et à Lyon en l'an i55o et
-^ autres. Avec Ta vie dç TAutheur. Àmslerdani^ Jean Jansson
• à fVaesberge... 1668. In-12, front, gr. et portr.; mar,
», vert, fiL, tr. dor. [anc. rel.).
Joli exemplaire d'une édition qui fait partie de la collection des Elze-
viers.
26 i. BLOUET (Th.). Pronosticalion. || Le nom de celui soit
heneis... Je thurien blouet prestre résident à lille... me
' suy c5des||cendu à publyer ces présentes prenosticatiôs
pour cest an Mil \ chincq cens & trois f i5oû)... S. /. Pet,
m-49 gotb., de 6 ff.; mar. vert, losange ae filets d'or; dans
chaque losange une pensée d'or, tr. dor. [Niedrée).
Plaquette en prose d'une rareté extrême, non citée dans le Manuel,
Elle parait avoir été imprimée soit à Lille, soit à Valenciennes.
Bel exemplaire, peut-être UNIQUE, haut de 200 millimètres.
268. Pronostication Nouelle pour || Lan Mil. v. cens ^ .XL,
carculée (sic) \\ au vray midy d' la Noble cite d' || Mets. S. /.
n. d. Gr. in-8, goth., de 8 ff. à longues lign.; mar. bleu,
compart., orn., tr. dor. [Lortic).
Cette plaquette rarissime est un des prerniers livres imprimés à Metz.
Magnifique exemplaire, à grandes marges. -
a
IV. ARTS.
I . Mnémonique,
266. MURNER (Th.). Logîca memoratiua. Chartiludiù logice
sîue totius tlialectice meraoria : & nouus Pétri hyspani
textus emendatus : Cum iucundo pictasmatis exercitio :
Eruditi viri f. Thome Murner Argêtini... (A la fin :) ... Ar-
gentine, industrius vir loànes gruninger inipressit^ 1609.
In-4î fig- sur bois; mar. violet, fiL, tr. dor. [Biaisé),
Deuxième édition, fort rare, ornée de cinquante - quatre figures très
curieuses. Murner est le premier qui ait eu l'idée d'aider la mémoire
dans l'étude des sciences au moyen d'un jeu de cartes inventées par lui.
18î2 SCIENCES ET ARTS.
Celte innovation, qu*il appliqua avec grand succès à l'université de Cra-
covie, le fit suspecter de sorcellerie et faillit lui coûter la vie,
Tr^s bel exemplaire, de la coll. de C. Leber.
267. MURNER. Chartiludiù Institute sûmariedoctore Thoma
Murner memorante et ludente.... (A la fin:) Impressum
Argeniinœ per lohannem Prus, Impensis ac sumpiibus cir-
ciispecd uiri loannis Knoblauch. Ànno Salutis noslrœ M. D.
.vviij (i5iS). In-4, fig. sur bois; mar. rouge, jans., tr. dor.
Édition bien plus rare que la précédente, dont elle diffère beaucoup
par le texte et par les gravures. Magnifique exemplaire.
268. LEPORECS (G.). Ars Memoratiua Gulielmi Leporei
Auallonen. Pontificio & Cçsareo iuribus comprobata...
Fencunt in Calchographia loannis Fabri : in vico Dagul-
hères : a^ius anima in pace requiescit (Toulouse, i523).
In-49 de3off., fig. sur bois; mar. vert, fil,, tr. dor.
[Lortic).
Ce traité est Tun des plus anciens sur la mnémonique.
Édition fort rare, citée dans le supplément au Manuel, Elle contient
au r° du f. 5 une tête avec indication des bosses, comme le docteur Gall
en a publié de nos jours. Une lettre de Josse Bade d'Asch, qui la termine,
est datée de 1523.
Très bel exemplaire, grand de marges. Qq. if. restaurés au coin supé-
rieur.
269. ROMBERCH (J.). Congestorium Artificiose||Memorie
y. p. F. Joânis Rc(mbercli||de Kyrspe... Omnium de me-||
moria preceptiôes aggre||gatim complectens.... (A la fin :)
ycneiiis per Melchiorem Sessam,.. i533 Mensis Julij. Pet.
in-8, goth., de io4 ff. ; fig. sur bois; mar. rouge, orn., tr,
dor. (Lortic).
Ouvrage de mnémonique fort rare. Très bel exemplaire.
270. PORTA (J.-B.). Ars reminiscendi loan. Baptistae Portae
Neapolitani. Neapoli, apud loan. Baptistam Subiilem^
M D cii (1602). In-4i fig* sur bois; mar. La Vallièrey jans.,
tr. dor, (Smeers).
l'n des ouvrages les plus rares de Porta. Très bel exemplaire.
ARTS. 183
2. ///•/ culinaire. — Chasse,
271. APICIUS (Cœlius). Appicius Culinarius. (A la fin : ) ///?-
pressura Media lani per maf;istrum Guilermum Signerre
Roihomagensem Anna dhi. M cccc Ixxxx viii (i/jgS). die
xx.mensis lanuarii. In-4;mar. brun, fleur., tr.dor.(Z,r?r//Vr).
Première édition avec date de l'Art culinaire attribué à tort à l'un
des trois Apicius. Elle a été imprimée par un Rouennais. Fort rare.
Très bel exemplaire.
272. Le Grand Cvysinier de tovte cvysine tres-vtile et profita-
ble, Contenàt la manière d'habiller toutes sortes de viâdes
tant chair que poisson : & de servir es banquetz & festes.
Anec vn mémoire pour faire escriteau pour vn Baquet. Le
tout composé par plusieurs Cuysiniers fort expers. À Paris ^
pour la vefue lean Bonfons,^. d. (v. i56o). Pet. in-8, fig.
sur bois au titre; raar. bleu, fil. à fr., tr. dor. {Paru).
Première édition, fort rare. Exemplaire d'A. Bertin.
273. Le Roy Modus des deduitz de la chace, vénerie et fau-
connerie. Paris, Gilles Corrozety i56o. In-8,fig. sur bois;
mar. rouge, comp., tr. dor. (T/iompson).
Édition ornée d'excellentes vignettes dans le style de Jean Cousin.
Joli exemplaire, de la coll. Yemeniz. Titre restauré.
274. CHARLES IX. La Chasse royale composée par le Roy
Charles IX et dédiée au Roy tres-chrestien de France et
de Nauarre Louys XIII, tres-vtile aux curieux et amateurs
de chasse. À Paris ^ chez Nicolas Rousset et G entais Allioty
1625. Pet. in-8; mar. rouge, fil., tr. dor. {(inc. rel.).
Édition originale, fort rare, ornée d'une charmante vignette au bas du
titre.
Exemplaire Yemeniz (380 fr.). La reliure porte les armes et la devise
de Charles IX.
275. FOUILLOUX (J.du). La Vénerie de laques du Foùilloux,
Gentil-homme, Seigneur dudit lieu, pays de Gastine, en
Poitou. Dediee au Roy Tres-chrestien Charles neufiesme de
ce nom. Avec plusieurs Receptes ^ Remèdes pour guérir
les chiens de diuerses maladies. Plus l'Adolescence de
TAutheur. A Poitiers ^ par les Marnefz et Bouchetz frères.
184 SCIENCES ET ARTS.
S. cl. Iii-4) fig- s. bois; mar. La Vallière, compart. en or
et en mosaïque, tr. dor. {Hagiuf).
Édition fort rare, identique avec la première, datée de 1561 et publiée
par les mômes. Elle est ornée de 58 grav. sm* bois, intéressantes et bien
composées. V Adolescence de Vautheur, en vers, est suivie de la Complainte
du cerf, petit poème par Guillaume Bouchet.
. Magnifique exemplaire, très grand de marges (H.: 0",223).
276- FRANCHIÈRES (J, des). La Fauconnerie de F. lan des
Francliieres, Grand Prievr d'Aqvitaine : recveillie desliures
de M. Martino, Malopin, Michelin, & Amé Cassian^ avec
une autre Fauconnerie de Guillaume Tardif, du Puy en
Vellay, plus, la VoUerie de messire Artelouche d'Alagona,
seigneur de Maraueques. D'avantage, Vn Recueil de tons
les Oiseaux de proye, seruans a la Fauconnerie & VoUerie.
^ Poitiers y par Enguill?erl de Marnef, et les Boachets,
frères y 156-]. In-4^ %• sur bois; mar. rouge ancien, jans.,
Ir. dor. {Masson-Debonnelle)^.
Édition fort rare, ornée des figures sur bois d'une bonne exécution.
Très bel exemplaire, de la bibl. du marquis d'Aix à la Serraz.
3. Tra^'aux de broderie.
277. Ein new kunstlicb Model-||bûch/ dair in mehr dan
Sechszhundert || figuren/ monster ader stalen befondenn ||
wie mann na der rectiter art/ Perlenstic|kers/ LaufFer
werck/ Spanscbe sticbe/ 1| mit der nâlen/ vort vp der Ra-
men/ vnd || vp der laden/ bôrden wircken sal/ wilche |j
stalen al tzo samen verbessert sint/ vn vil kunstlicber ffe-
maclit/ I! dan die ersten mit vil melir neuwe stalen hir by
gesatzt fc. Il Sere nutzlicli aile wapensticker/ frauwen/
ionfferen vnd met||ger/ dar vsz solcn kunst lichtlich tzo
leren.jl Vng Nouiau iiure auec pluseurs sciences et patrons
qui|| nontpoinct estes encor imprimes. {| Gedruckt tzo Côllcn
vp dein Doemhoff || durch Peler Quentell. || Im iair
M.D.XLV (i545). In- 4? de 52 ff. de grav. sur bois, recto
et verso ; mar. La Vallière, riches compart., tr, dor.
{H a gué).
Un des plus anciens ouvrages de broderie, et de la plus grande rareté.
Au-dessus du titre est une gravure sur bois en largeur, divisée en trois
compartiments et représentant trois femmes faisant de la broderie. An
v° de ce f., un grand frontispice où sont ûgurés deux métiers à dentelles.
ARTS. 185
A la dernière page, les armes de la ville de Cologne avec la devise : 0.
FœHx. Colonia.
Cette édition, inconnue à l'auteur du Manuel, a été décrite dans le
Swj^lément à cet ouvrage, d'après un exemplaire incomplet, qui n'avait
que 32 If., tandis que le nôtre en a bien cinquante-deux (sign. A-n), avec
cent et une pL de broderie , contrairement à l'opinion émise dans la note
qui accompagne cette description.
Magnifique exemplaire, grand de marges et non lavé.
278- VECELLIO (C). Corona délie iiobili et virtuose donne
libre primo (secundo e terzo) nel quale si dimostra in varij
dissegni : tutte le sorti di Mostre di punti tagliati, Punti in
aria, Punti a reticello, e d'ogni altra sorte, cosi per Freggi,
corne per Merli, & Rosette, che con TAco si usano hoggidi
per tutta Europa... Agginntiui in questa Quarta impres-
sione molti bellissimi dissegni non mai più veduti. In
Fenelia^ appresso Cesare P'ecellio, in Frezzaria nelle case
de Pretiy iSga. 3 part, en i vol. pet. in-4 obi.; mar.
rouge, jans., tr. dor. {Trautz-hauzonnei).
Cet ouvrage rare, composé de trois parties, auxquelles se joint une
quatrième, intitulée Gioiello délia Corona, fut publié d'abord en 1591. Il
est difficile de concilier la mention contenue dans le titre de cette édi-
tion : in questa quarta impressione, avec le renseignement fourni par Bru-
net, qui dit que la 4® édition est de 1593; et cela d'autant plus qu'on
retrouve exactement la même mention sur le titre de l'édition de 1598
dont un exemplaire se trouvait dans la collection de M. Yemeniz (n° 1113).
On ne saurait expliquer autrement ces contradictions qu'en supposant
que Brunet a fait erreur et qu'en effet, de 1591 à 1592, il y a eu quatre
éditions de ce livre de toute beauté, dont le succès si rapide ne doit nul-
lement nous étonner. Il faut croire en outre que, pour l'édition de 1598,
on a réimprimé purement et simplement le titre de l'édition de 1592,
sans aucune modification dans le texte.
Notre exemplaire est d'une belle conservation, sauf qq. fi", reniargés en
tête. La première et la seconde partie se composent chacune d'un feuillet
de titre, d'un f. de dédicace et de 20 ff. de planches (sign. A-G par 4 et
AA-GG par 4) ; la troisième partie compte un f. de titre, un f. de dédicace,
28 planches et enfin 2 ff. de texte (sign. Aaa-Hhh par 4). Ces 4 derniers
fï. n'existaient pas dans l'exemplaire Yemeniz de 1598, et Brunet n'indique
pour cette 3^ partie (édition de 1593) que 22 pi. La pi. 27 de notre exem-
plaire porte cette inscription : Inventions^ cantoni de e fazzoletti diverse; la
pi. suivante représente l'aiguille à broder et la manière d'agrandir ou de
réduire la dentelle. Les deux derniers ff. contiennent des instructions con-
cernant le travail de dentelle.
279. GLEN (J. de). Du Debvoir des filles, traicté brief, et fort
utile, divisé en deux parties : la première est, de la di-
gnité de la femme, de ses bons deportements, et deb-
186 SCIENCES ET ARTS.
uoirs ; des bonnes parties & qualités requises aux filles,
qui tendent au mariage. L'autre traicte de la Virginité, de
son excellence, des perfections nécessaires à celles, qui en
font profession, des moyens de la conseruer... par frère
lean-Baptiste de Glen, Docteur en Théologie de la Faculté
de Paris, et Prieur des Augustins lez Liège. Item plusieurs
patrons d'ouvrages, pour toutes sortes de Lingerie, de
lean de Glen : le tout dédié à madame Anne de Croy,
Marquise de Renty, &c. A Liège , chez lean de Glen y i5gn.
In-8 obi., de 6 ff. prélim., titre compris; un f. (titre de la
2" partie); texte {120 pp.), A-P par 4 ff-^ et 20 pL, Q-U par
4 if.; mar. rouge, fil., tr. dor. {anc. relX
Dans la description de ce volume de toute rareté, Branet indique pour
la seconde partie i2 pp. de texte et 39 pi. Si cet exemplaire, provenant
de la collection Yemeniz, est incomplet de 19 pi. (ce qui n'est pas prouvé),
il ne nous paraît pas qu'il doive comporter i2 pp. de texte pour la
seconde partie, attendu que les signatures continuent jusqu'à la fin sans
interruption. Brunet, se conformant à renonciation du titre, attribue les
planches des patrons de lingerie à Jean de Glen, tandis que nous avons
constaté que, sur vingt pi. de cet exemplaire , treize ne sont que des copies,
assez bien réussies d'ailleurs, des planches de la 3^ partie de la Corona
délie donné de Vecellio. Les sept autres sont -elles des compositions ori-
ginales de Glen , ou bien des imitations d'un autre volume? C'est ce que
nous n'avons pu vérifier. Sur le titre se trouve la marque de l'imprimeur,
et au verso les armes de la famille de Croy.
Très bel exemplaire. ^
BEAUX-ARTS.
I. ARTS DU DESSIN.
280. V^NIUS (E.). Tractalus physiologicus de pulchritudine.
Juxta ea quœ de sponsa in Canticis Canticorum mysticè
pronunciantur. Autnore Ernesto Vaenio. Briixellis, typis
Fr. Foppens, 1662. Pet, iii-8; mar. vert, fîL àfr., orn.
sur les plats [Smeers).
Exemplaire non rogné. Les jolies figures sur cuivre représentent tous
les détails de la beauté de l'Épouse , énoncés dans le Cantique des can-
tiques.
281. DURER (A.). Les quatre livres d'Albert Durer, peinctre
& geometrieii Très excellent, De la Proportion des parties
& pourtraicts des corps humains. Traduicts par Loys Mei-
gret Lionnois^ de langue Latine en Françoise. j4 Paris y chez
Charles Perler^ demourant en la rue sainct lean de Beau^
nais y a lenseigne de Bellerophon, iSSy. In-fol. ; mar.
rouge, riches comp. en or et à fr., tr. dor. {J.ortic).
Première édition française, avec des copies des planches originales.
Ce précieux traité est fort. rare.
Magnifique exemplaire, avec témoins.
282. COUSIN (Jean). Livre de povrtraitvre de maistre lean
Covsin peintre et geometrien très-excellent. Contenant par
vne facile instruction, plusieurs plans et figures de toutes
les parties séparées du corps humain.... A Paris, chez
lean le Clerc, 1618. In-4 obi.; demi-rel., dos et coins de
mar. brun.
Ouvrage classique, qui fait encore autorité dans le monde des arts.
Cinquième édition, à ce qu'on croit, et fort rare. Elle est ornée d'un beau
frontispice et de 34 grandes planches. Voir pour les détails les travaux de
M. Didot sur Jean Go
188 BEAUX-ARTS.
283. COUSIN (J.). Livre de pourtraiclure de maistre Jean
Cousin. À Paris y chez Guillaume Le Bé^ 1671, In-4 obi.,
de !\o ff. ; mar. rouge, fil. à froid, tr. dor. {Lortic),
C§tte édition contient 36 planches, dont deux nouvelles.
Très-bei exemplaire.
284. VIATOR (Jean Pèlerin, dît), f De artificiali pspectiva.
{Suit une graif. s. bois représ, douze cercles concentriques j et
au dessous le mot :) Viator {suivi du bourdon de pèlerin).
(Au f. 10 de la sign. E .••) Impressum Tulli\\ Anno catholice
ve\\ritatis quigëlesimo qulto supra\\Milesimù (i5o5) : Ad
nonu Calerulas \\Julias, Solerti opéra pétri iacobi \\pôri
Incole pagi Sancti Nicolai. (A droite de ce colophon, la
marque de rimprimeur). In-fol., gotb., texte latin et
franc., fig. sur bois; mar. vert, compart,, tr. dor. {^Hagué).
Première édition, fort rare, d*un livre célèbre et précieux, qui est en
même temps le plus ancien traité de perspective qu'on ait imprimé en
France, et aussi le premier ouvrage exécuté dans la ville de Toul.
« Viator, ce prédécesseur d'Albert Durer et de Jean Cousin dans la
géométrie appliquée au dessin, a donné des planches de perspective
remarquables par leur justesse et leur naïveté. On a cru reconnaître dans
plusieurs d'entre elles des monuments de Paris : Notre-Dame, la Sainte-
Chapelle, etc. Probablement l'imprimeur du livre est aussi le graveur
des planches. » (Didot, Cat. rais., n° 762.)
Les trente-sept planches dont il est orné sont gravées au simple trait
et imprimées d'un seul côté.
Exemplaire bien complet, mais le dernier f. est remonté.
285. VIATOR (Jean Pèlerin, dit). \ De Artifi" pspec^. Viator.
ter°
0 Bons amis, trespassez et viuens,
Granz esperiz, zeusins, apelliens
Décorant France, Almaigne et Italie,
GefTelin, Paoul, et Martin de Pauye,
Berthelemi Fouquet, Poyet, Copin,
André Montaigne, et Damyens Colin,
Le Pelusin, Hans Fris, et Léonard,
Hugues, Lucas, Luc, Albert, et Benard,
lehan lolis, Hans Grù, et Gabriel
Vuastele, Urbain et lange Micael
Symon du Mans...
(A la fin : ) Impressum Tulli Anno Catholice veritatis i52i,
y indus septembres, Solerti opéra Pétri lacobi pbH incole
pagi Sancti Nicolai. In-fol., gotb., en fr.eten lat., composé
ARTS DU DESSIN. 189
de 3o ff. avec gr. au trait.; mar. rouge, fil. à fr., tr. dor.
(Dura).
Troisième édition, qui diffère notablement des précédentes pour le
texte et pour le nombre des planches. Elle est aussi fort rare.. Les vers
ci-dessus, qui ne figurent pas dans les deux éditions précédentes, offrent
un grand intérêt pour l'histoire de l'art. On ne connaît même pas
d'œuvres de plusieurs des artistes qui y sont cités. Pour plus de clarté,
nous avons mis, dans la transcription des vers, des majuscules aux noms
propres.
Très bel exemplaire, habilement restauré.
286. DURER (A,). Alberlus Durerus nurembergensis Pictor
hujus œtatis celeberrimus, versus e germanica lingua in
latinam^ pictoribus, fabris œrariis ac iignariis, lapicidis,
statuariis, & universis demum qui circino, gnomone, li-
bella, aut alioqui certa mensura opéra sua examinant,
propè necessarius... Parisiis^ ex off. C/ir. Weclieli sub
Scuto BasiliensL M. D. XXXV (i535), In-foL, fig. sur
bois; veau brun, fil. et ornem. dor. {anc. rel.).
<c La première édition en allemand a paru en io25; elle est de toute
rareté. On y trouve une dissertation, avec des dessins, sur la proportion
des lettres de l'alphabet. Le traité du Champ fleury, où Geofroy Tory s'est
occupé du même sujet, n'a paru qu'en 15*29. La grande planche qui suit
la dédicace, où sont figurés deux personnages prenant des mesures de
perspective, porte la date de 1530. Elle ne doit donc pas se trouver dans
la première édition. » (Didot, Cat. rais., n° 126.)
Très bel exemplaire.
287. RODLER (Jér.). Eyn schon nûtzlich bûchlin vnd vnder-
weisung der Kunst des Messens/mit dem Zirckel / Richt-
scheidt oder Linial. Zu nutz... auch allen denen/so sich
der kunst des Augenmess (Perspectiva zu latin gênant)
zugebrauclien lust haben.... (A la fin :) Getruckt vnnd
volnendety zu Siemeren vff dem Huneszruckey in verlegûg
Hieronimi Radiers.., i53ï.Pet. in-fol., fig. sur bois; veau
brun estampé {rel. du temps).
Beau frontispice et nombreuses gravures sur bois très curieuses.
C'est une analyse des deux volumes pubhés par Albert Durer, l'un sur îa
perspective, l'autre sur les proportions du corps humain. Jérôme Rodler
en est en même temps l'imprimeur et l'auteur. (Didot, Cat. rais,,
n<> 124.)
Superbe exemplaire dont les planches sont très bien coloriées.
288. COUSIN (Jehan). Liure de perspectiue de lehan Cousin
Senonois, maistre painctre à Paris. A Pu ris y de Cimpr. de
190 BEAUX-ARTS.
lehan le Royer, imprimeur du roy es Mathématiques^ 1 56o.
In-fol.; mar. rouge, fil., comp., tr. dor, {Lortic).
Seule édition de cet ouvrage important; elle est devenae fort rare. «En
tête, la grande marque de Jehan le Royer. Dans l'avis préliminaire, Tim-
primeur déclare que Jehan Cousin a pourtraicté de sa main snr les plan-
ches de bois les figures de ce livre qui furent taillées par M* Jehan le
Royer et son beau-frère Aubin Olivier, maître des engins de la monnaie
au Moulin. Cet ouvrage est d'une très belle exécution et la planche des
raccourcis fait honneur au graveur aussi bien qu'au dessinateur. Les ini-
tiales fleuries sont aussi du dessin de Cousin. » (Didot, Cai. raii., n* 653.)
M. Didot a fait reproduire, dans le Recueil des otuvres chùUieê de
J. Cotisin, cette belle planche des raccourcis, ainsi que plusieurs antres.
Superbe exemplaire, presque non rogné, avec nombreux témoins.
289. TORY (Geofroy). Champ fleury. Au quel est contenu
Lart & Science de la deue & vraye Proportio des Lettres At-
tiques, quô dit autremêt Lettres Antiques, & vulgairement
Lettres Romaines proportionnées selon le Corps et Visage
humain. (A la fin : )... achéue dimprimer Le mercredjr zxviij
lour du Mois Dapuril. Lan Mil Cincq Cens, xxix (iSaq).
Pour Maistre Geofroy Tory de Bourges j Autheur duâict
Liure et Libraire demorànt a Paris qui le vent sus Petit
Pont a Lenseigne du Pot Casse. Et pour Giles Gourmont...
qui le vent pareillement en La Rue Sainct laques a Len^
seigne des Trois Coronnes. Très gr. în-8^ fig. s. b.; mar.
rouge, riches orn. sur les plats, tr. dor. {Lortic).
Première édition, précieuse et rare.
(c Outre la matière indiquée dans le titre, cet ouvrage célèbre contient
au livre premier « lexortation a mettre et ordonner la langue firançoise
par certaine reigle de parler élégamment en bon et plnssain langage
francois. » La gravure du f. 3 est datée de i52G. » (Didot, CaJi. raie.,
no 736.)
Très bel exemplaire, grand de marges.
290. TORY (G.). L'art et science de la vraye proportion des
Lettres Attiques, ou Antiques... par maistre Geoffroy Tory
de Bourges. On les vend à Paris à F enseigne sainct Martin,
Rue sainct Lacques^ par Viuant Gaultheroty i549. ^®'' i^^Sj
mar. olive, fil. à fr., tr. dor. (Bauzonnet).
(( Les figures de Tédition précédente du Champ fkwy reparaissent dans
celle-ci, bien infén(*uro, du rosto, comme exécution à la précédente, mal*
gré (jue Téditour [)rétcndc, mais à tort, y avoir ajouté « trese diaerses
façons de lettres & la manière de faire chifres pour bagues d'or m. (Didot,
Cat. rais., n<» 738.)
Bol exemplaire <!(> cotte édition l'oi*t rare, avec une note autographe de
Janiet ot do Lottin.
ARTS DU DESSIN. 191
291. Liure artificieux, et tresprouffitable pour pointres (j'/c),
tailleurs des imaiges, et Dantiques, Orfeubvres, et plusieurs
aultres gens ingénieuses : Nouuellement imprimes. Lan
i54o. On les vend en entiers en la rue de Chambre a len-
seigne du Soleil Dor, par lehan Richard. Pet. \n-[\^ de 28 ff.
gravés sur bois des deux côtés, sans texte ; mar. La Valliére,
ni., fleur., tr. dor. {Hagué).
u Recueil de têtes d'expression, de coiffures de femme, de casques,
armures, chapiteaux, etc., très bien exécutés au trait. C'est un livre d'art
des plus curieux et des plus rares. » (Didot, CaX, rais., n° 234.)
Très bel exemplaire.
292. BOLTZ (V.). Farbbûch oder Illuminierbûch. DurchValê-
tînû Boltz. 1549. Getrucktzû Hasel uff dem Niiwen Platz by
Jacob Kûndig. Pet. in-8, de 8 ff. prél. (table des chapitres),
3ao pp. chiff., 8 ff. non chiff. (index), et 18 ff. non chifl.
de figures sur bois; mar. La Vallière, fil., tr. dor.
[Smeers),
Volume peu connu, non cité au Manuel, et d'un grand intérêt pour
rhistoii'e de l'art de la miniature. Il est divisé en deux livres. Le premier
indique la manière de préparer les couleui*s; le second, qui finit à la
p. 303, enseigne leur emploi dans la peinture. Il est suivi d'un chapitre
très original, qui donne la représentation des signes inventés par l'auteur
pour indiquer les métaux alors connus et un certain nombre de substances
colorantes ; c'est une sorte de symbolisme chimique, précurseur des for-
mules atomiques en usage dans la chimie moderne. Les métaux sont au
nombre de sept : or, argent, cuivre, étain, plomb, metteur e, fer et acier,
désignés par les signes astronomiques de certains astres, dont les noms,
empruntés en partie aux divinités païennes, symbolisaient ainsi en quelque
sorte les qualités de ces métaux. En voici les noms correspondants :
Soleil, Lune, Vénus, Jupiter, Saturne, Mercure, Mars. Vacier n'avait pas
d'équivalent symbolicpie et était représenté par les lettres S et T entre-
lacées (par rapport au mot Stahl, acier en allemand). Les matières colo-
rantes ne sont indiquées qu'au nombre de 24, pour lesquelles l'auteur a
su trouver des signes souvent fort compliqués. Il y a ajouté quatre autres
signes pour désigner le feu, une couche, une partie, et le mot prenez;
ce dernier signe est encore usité aujourd'hui dans les ordonnances des
médecins.
Ce chapitre est suivi d'un f. blanc et de deux ff. d'Errata. Vient en-
suite VIndex (0 ff.) et 2 If. do Post-face; le tout terminé par 18 If. de figures.
Les figures, au nombre de 108 (et non M 8), représentent en tout
45 sujets, à cause de 03 répétitions. Celles intercalées dans le second
livre devaient sans doute être coloriées par l'auteur lui-même, tandis que
celles de la fin étaient destinées, suivant un avis imprimé en tête, à l'être
par le possesseur du volume. On y remarque quelques gravures d'une
autre provenance. Au verso du titi'e du premier livre se trouve une assex
192 BEAUX-ARTS.
bonne vignette représentant Tatelier d'un peintre ; elle est encore répétée
quatre fois dans le cours du volume.
Le titre du second livrcy au-dessous duquel se trouve la marque de
l'imprimeur, est entouré d'un encadrement dans le style de Holbein. Ce
môme encadrement entoure le titre de VIndex, et le recto du dernier
feuillet, au milieu duquel se trouve une petite vignette représentant la
déesse Diane. On remarque, en outre, dans ce volume des encadrements
variés, des en-tétes et des grandes lettres ornées.
Très bel exemplaii'e.
293. AMMAN (J.). Enchiridion artis pingendi, fingendi et
sculpendi : In quod [sic) Thésaurus novus et ingens varia-
rum figurarum virorû, mulierum, infantuni {sic) et anima-
lium, in usum adolescentiae cupidae adeoque omnium artis
huius amantium est congestus, auth. lusto AmmannoTig.
(A la fin : ) Fvancofurti ad Mœnum, per Petrum Fabricium,
impensis Sig, Feyerabend^ 1578, Pet. în-4; mar. La Val-
Hère, jans., tr. dor. [Belz-Niedréé).
Première édition de ce recueil rare et curieux, qui contient cent deux
gravures sur bois de différents genres, dessinées par J. Amman. (Pour les
détails, voir Didot, Cat. rais., n° 77.)
Très bel exemplaire.
294. AMMAN (J.). Kunnst und Lehrbûchlein fur die an-
fahenden lu ngen durch los Aman von Zûrych. (A la fin : )
Gedruckt zu Franc kfurt am May riy durch Peter Schmid,
in verlegung Sigmunds Feyerabendsj i58o, In-4! mar. La
Vallière, jans., tr. dor. [Helz-Niedréé).
Cette édition contient 93 pi., presque les mêmes que dans celle ci-
dessus. Très bel exemplaire.
295. VITRUVIUS et FRONTINUS. Viclrvvii Pollîonis ad Ce-
sareni Avgvstvm de architectvra liber primvs (et sequen-
tes IX, ex recens. Joan. Sulpitii Verulani). — Sexti Julii
Frontini viri Consvlaris : de aqvis qve in vrbem inflvvnt :
libelivs mirabilis (cum emendationibvs Pomponii et Sul-
pitii). S. L n. d. 2 part, en i vol. in-fol.; mar. rouge^ fil.,
ornem., tr. dor. [Hardy).
Première édition, qui passe généralement pour avoir été imprimée à
Roïue, vers 148G, avec les caractères de Georges Herolt.
Très bel exemplaire.
296. VITRU\ E. Architecture ou Art de bien bastir, de Marc
Vitruue Pollion autheur romain antique mis de latin en
francoys par fan Martin pour le Roy tres-chrestien
ARTS DU DESSIN. 193
Henry II. On les vend chez lacques Gazeau, en la rue
Sainct lacques a FEscu de Cologne, i547» (^ la fin : ) Im-
primées a Paris pour la veuue et héritiers de fan Bafbe\
1047. In-fol.; veau fauve {anc. reL).
Cet ouvrage est recherché à cause des fîgures sur bois que Jean
GOUJON reconnaît, dans son avis final aux lecteurs, comme ayant été exé-
cutées par lui, et aussi à cause d'un chapitre additionnel, une liisserta-
tion sur l* architecture, par le môme artiste. « Dans l'avis au lecteur placé
au commencement de VHolométre (voir plus loin le n^ 492), Abel Foullon
accuse Jean Martin (sans le nommer) de lui avoir fait soustraire par l'im-
primeur la traduction des huit premiers livres de Vitruve, de façon, dit-il,
qu'il fut frustré par l'un de l'honneur, et par l'autre du salaire de son
labeur. » (Voir Didot, Cat, rais,, n° 662.). C'est la première traduction
française de Vitruve. Beau portrait à la page de titre.
Magnifique exemplaire, avec la signature de Guyon de Sardières, dont
le chiffre couronné se trouve au dos de la reUure.
297. ALBERTI (L. B.). Leonis Baptislœ AlberU Florêtini Li-
bri de re aedificaloria decë... (A la fin:)... accurattssime
Parisiis In Sole aureo Fiai diui lacobi Imprçssum. Opéra
magistri Bertholdi Rembolt et Ludouici Hornken... Anno
domini M. D. XII {1^12) die vero xxiii ^ugusii. In-4 ;
mar. bleu, orn. à fr., tr. dor. {Lortic).
« C'est Geofroy Tory qui a donné cette édition, ainsi qu'il nous l'ap-
prend lui-même dans son avertissement au recto du second feuillet. Sur
le titre, la marque de Rembolt, et, à la dernière page, la marque de
Hornken. » (Didot, Cat, rais., n° 726.)
Bel exemplaire de cette édition rare, la seconde de ce livre.
298. LORME (Ph. de). Novvelles inventions povr bien bastir
et a petits fraiz, trovvees n'agueres par Philibert de L'orme
Lyonnois, Architecte, Conseiller et Aulmonier ordinaire du
feu Roy Henry, et abbé de S. Eloy lez Noyon. À Paris ^ de
fimpr. de Federic Morel^ i56i. In-fol.; mar. vert., orn.,
tr. dor. {Lortic).
Première et rare édition de ce traité de charpente, ornée de trente-
quatre figures sur bois dessinées par le célèbre architecte, et fort bien
gi'avées.
Très bel exemplaire.
299. LORME (Ph. de). Novvelles inventions povr bien bastir
et a petits fraiz, trovvees n'agveres par Philibert de L'orme,
Lyonnois, Architecte, Conseiller et Aumosnier ordinaire
du feu Roy Henry, et Abbé de S. Eloy lez Noyon. J
i3
194 BEAUX-AHTS.
Paris ^ de Cimpr. de Hierosme de Marne f et GuUl. Cauel^
lat, 1576. In-foL; mar. vert, ornem., Ir. dor. {Loriic).
<( Beau frontispice Renaissance largement exécuté. Mêmes gravures
que dans l'édition précédente. A la fin, la belle marque de réâitem* des-
sinée par Jean Cousin, dans le style de Fontainebleau. » (Didbt, Cai, rais.^
n» 682.)
Magnifique exemplaire.
300. LORME (Ph, de).- Le premier tome de rarchitectvre de
Philibert de L'orme Conseillier et Avmosnier ordinaire du
Roy, et Abbé de S, Serge lez Angiers. Paris^ Federic Morel^
1567. In-fol.; veau bruû {fine. reL).
« Première édition. L'exemplaire est complet, bien qae le f. 248
semble manquer; c'est un changement fait en cours d'impressioii, car
tous les exemplaires connus sont conformes, et le texte se soit bien. Les
gratures sur bois sont excellentes. » (Didot, Cat. rais., b? 683.)
Très bel exemplaire de cette édition extrêmement rare.
301. SAMBIN (H.). OEuure de la diversité des termes dont
on use en architecture, réduit eu ordre par maistre Hu-
gues Sambin, architecteur en la ville de Dijon, fyvn, Jean
Durant, 1572. Pet. in-fol., fig. sur bois; mar. vert, fil., tr.
dor.
Ouvrage fort rai*c. Les termes et cariatides sont dessinés dans le
goût de Micbel-Ange, dont on croit que Sambin était élève.
Très bel- exemplaire.
n. MUSIQUE.
302. GAFhORl (l\). Franchini Gafurii (sic) Laudensis Regii
Musici publice profitentis : Delubriq^ Mediolanensis Pho-
nasci ; de Harnionia Musicorum Inst rumen torum Opus. (A
la fin : ) Impressum Mediolani per Gotardum Pontanum
Calcographuin die xxifii ISoueinbris. i5i8. Pet. in-fol. , fig.
et frontisp. sur bois ; mar. vert, orn. sur les plats, tr. dor.
(fjOrlic),
Édition rare. Elle contient plusieurs pièces de vers latins en llion'
nour de Grolier, à qui Gaflori dédiait ses ouvrages. (Voir Le Roox de
Lincy, Recherches,)
Sui)erbe exemplaire.
303. LUSCINIIjS (O.). Mvsvrgiu seu praxis mvsicse. Iliius
primo qua; Instrumentis Pgitur certa ratio, ab Ottomaro
- Luscinto Argentino duobus Libris absoluta. Eiusdem Otto-
MUSIQUE. • 195
- mari Luscinij, de Concentus polyphonie id est, . ex plurifa-
rijs uocibus compositi, canonibus, Libri totidem.j4rgento-
ratiy ap. loannem Schottum^ i536. In-4, obi.; veau bleu,
fil., comp., tr. dor.
Oavrage curieux et fort rare. Le nom allemand de Fauteur, Nachtigall
(Rossignol), est bien en rapport avec le sujet du livre. Parmi les gravures
sur bois de ce volume, on remarque Talphabet de la Mort attribué à Hans
Holbein.
304. Compendiû musices confectû ad faciliorê instructionê
cantum chorale discentiû : necnO ad introductione huius
libelli qui Câtorinus intitulatur. ... (A la fin : ) Finis Can^
torini Romani : impressi Veneiiis ^ dhm Lucantoniû de
Giunta Florentimi^ : Anno dni millesimo angentesimo ter--
tiodecimo (i5i3) die v*o ieriia decëbris . ret. in-8, goth.;
mar. rouge, jans., tr. dor. [Hardy).
Première édition, fort rare.
Cet ouvrage, où la musique est assez bien imprimée en rouge et noir,*
renferme trois grandes gravures et plusieurs petites.
Très bel exemplaire.
308. FOGLIANI (L.). Mvsica theorica Ludouici Foiiani Mu-
tinensis : docte simul ac dilucide pertractata : in qua quâ-
plures de harmonicis interuallis : non prius tentatae : con-
tinentur speculationes. (A la fin : ) Veneiiis per lo. Anlo-
nium et Praires de Sabio. Anno Domini AIDXXIX (1529).
Mense Iulii. In-fol., fig. sur bois ; mar. La Vallière, riches
comp. à froid, tr. dor. [Loriic).
Ouvrage extrêmement rare. Très bel exemplaire. Qq. race.
LIVRES A FIGURES SUR BOIS
I. OUVRAGES EN TOUT GENRE
(Nous avons groupé ici^ selon Tordre géographique et chronologique adopté par
M. Didot dans son Catalogue raisonné (1867), les ouvrages qQ*on ne recherche
en général que pour les figures sur bois dont ils sont ornés.)
A. — Allemagne.
Sans lien d'impression.
306. iESOPUS. (Latino carminé : cum fabulis Rimicii, Avieni,
Poggii latine.) (Sans titre; au recto du second feuille!:)
Yita Esopi fabulatoris clarissimi e greco latina per Rimi-
cium II facta ad reuerendissimum patrem dominû Abtho-
niû tituli sancti|| Chrysogoni presbiterum CardiDalein. (A
la fin :) Finis dii^ersarum fabularum. S. 1. d. d. In-fol.,
semi-goth.y de Ji4 ff., sign. a-q,, alternativement par 8
et par 6; mar. bleu^ riches compart. à fr. ef ornem. dor.,
tr. dor. (Lor/ic).
Édition d*anc extrême rareté, à peine citée au Manuel,
« Dibdiu a décrit cette curieuse édition sans lieu ni date dans la Bi-
bliotheca Spenceriana, t. I, p. 246. Les fables d'Ésope et d^Avienas sont
imprimées en vers latins et en un caractère plus gros que le reste. Il res-
semble, selon ce bibliographe, à celui de Jean Zainer, imprimeur à Ulm
on 1478. Les figures, au nombre de cent et une, sont très archaïques, gros-
sières, à peine ombrées, mais très expressives. Qdelques-anes. sont gri-
voises et d'autres libres. >» (Didot, Cat, rais,, n» 2.)
Cette édition diffère sur beaucoup de points de celle (en 430 ff.) décrite
par Panzer (I, n» 229), et altriljuée par lui aux presses d'Ant. Sorg d*Aags-
bourg, dont un exemplaire a atteint le prix de l,iOO fr. à la Tente
Yemeniz.
Superbe exemplaire, réglé, avec témoins.
307. (BIDPAY.) Directorium huma || ne- vite alias parabo ||le
antiquoru sapientii. S. A n. d. Pet. in-foL^goth., de 8a ff.f
OUVRAGES EN TOUT GENRE. 197
a-m par 6, /i, de lo fïl; mar. bleu, fil. à fr., tr, dor.
(Dura).
« Édition imprimée, peut-être à Strasbourg, vers 1480, des fables de
Bidpay traduites par Jean de Gapoue d'après la version hébraïque. C'est
l'une des deux éditions sans date. Les gravures, au nombre de ii9, sont
fort curieuses. » (Didot, Cat, rais., n» 4.)
Très bel exemplaire, grand de marges, avec les fautes dans les signa-
tures du cah. /, fautes corrigées depuis. Qq. race.
Augsboorg.
ANONYMES.
308. (REICHENTHAL, Ulr. von) Concilium buch geschehen
zu Costencz.) (Livre du concile tenu à Constance.) ^ugs^
purg^ Ànt. Sorg, i483, am afftermontag nach Egicfy-, In-
fol., goth. arrondi, à 2 col. ; vél.
« Ce volume, rare et curieux, en ce qu'il est le plus ancien armoriai
imprimé que l'on connaisse, contient ii56 armoiries, indépendamment
de 44 autres figures sur bois, dont 3 à mi-page, et 4i occupant la page
entière. Les 33* et 34* tf. représentent le Supplice de Jean Hms.
Exemplaire avec figures coloriées.
309. (REICHENTHAL, Ulr. von) Das Concilium, || So zu
Constantz gehalten ist vrorden|| des jars do man zalt von
der geburdt vn||sers erlôsers M.CCCC.XIII. lar. Mit allen
handlungê in Geyst||lichen vn weltlichen sachen... (Le Con-
cile tenu à Constance en i4i3.) (A la fin:) Gedruckt
und vollendet inn der Kayserlichen Stalt Aagspurg ||
durch Heinrich Stejner un Monat Deccmbris \\ Anno
M. D. XXXVI (i536). In-fol., goth., de 2i5 ff. ch.; mar.
La Vallière, fil. à fr. et orn. dor., tr. dor. {Lortic).
« Édition non citée au Manuel. Elle contient 53 grandes, gravures et
un très grand nombre dç blasons. Elle offre le môme nombre de grands
sujets représentant les scènes du Concile de Constance, mais dessinés de
nouveau. Le style archaïque et xylographique de l'édition de 1483 est
remplacé par un style plus modernisé y et n'a plus la môme naïveté. Sur le
titre est une gravure sur bois, dans la manière de Schàufelein, représen-
tant Tarrivée des divers ordres du clergé devant le pape, et à la fin de
l'ouvrage est une grande planche, qui ne se trouve pas dans l'édition de
Sorg, et qui représente le pape donnant sa bénédiction au peuple. »
(Didot, Cat. rais., n° 13.)
Très bel exemplaire, avec figures en noir.
310. RÈITTER (C). Mortilogus F. Conradi Reitlerii Nordlin
gensis...(A la fin:) Finit féliciter per Erhardum ôglin Si
200 LIVRES A FIGURES SUR BOIS.
cianû newlich verteûtscht. (A la fin : ) Gedruckt und volen-
det inn... /éugspurg, durch Heinrichen Steiner^ i533.
In-fol., goth.; mar. rouge, fil., tr, dor. [Cape).
Première édition de cette traduction qui contient i06 belles gravures
sur bois, dont les plus importantes paraissent avoir été dessinées par
Sch&ufelein. Magnifique exemplaire.
317. ALCIATUS (A.). Viri clai|rissimi D. AhUdreç Alciati
Iurisconsultiss.||Mediol. ad D. ChoDra||dum Peutîngerû
Augii{|stanum, Iuri$consul||lum£mbleina||tum liber. i53i.
(A la fin : ) Excusum AugustsR Vindelicorum per Heynricum
Stejrnerum^ r53i. Pet, in-8; mar. citr., fil., tr. dor.
(Girardet) .
Première édition, très rare, de ces célèbres Emblèmes; elle ne contient
que 9i flg. sur bois. Très bel exemplaire.
Cologne.
AMON^HE.
318. VIGELLUS (Wilh.). Liber qui îtitulatur Bru || iiellus in
spécule stultorum. || Narralio Galieni de bruneta el bicorni.H
Narratio de galle et querimoniis galline. ||Brunellus euer-
tit se ad singros status hoîm. (A la fin : ) In imperiali
feliciq^ ciuitate Coloniensi Jnjio... dominice incarnatiois
milles imo quadringentesimo nonagesinw nono (i499)ï ^^V
ultinia februarii, In-4, goth,, de 68 ff. ; mar. vert, fil; à
froid, orn., tr. dor, [Hardy).
Satire contre les mœurs du clergé, en vers élégiaques.
« Ce livre de Nigellus Wirecker, moine de Canterbury (XÏI* siècle),
publié sous le nom de Vigellus, est orné de 26 flgures sur bois archaïques,
mais assez originales, où le héros (Brunellus) est représenté sous la forme
.d*un âne debout et pérorant. » (Didot, Cat, rais.y n* 37.)
Très-bel exemplaire de cette édition fort rare.
Francfort.
HANS SEBALD BEHAH.
319. Biblicae historiae, magno arlificio depictae, & utilitatis
publicae causa latinis Epigrammatibus à Georgio Aemylio
illustrât^. FrancqfoNi, Ckristuinus Egenolp/nis excudebaL
(A la fin :) D. M. XXXIX [sic, iSSg). Pet. in-4; niar, La
Valliére, ornem., tr. dor. [Lortic).
« Curieuse suite de 82 planches, antérieure aux gravures de Lyon du
ausz den
von Mân
OUVRAGES EN TOUT GENRE. 199
313. MiElN (W.von), Das leiden Iesu||Christi vnnserserlôsers.||
Souders andâchtiger || 1ère Nutzperlicher be|| trachtunng
vier Enangeiisten|{ entlichen durch || Wolffganngj]
in gesalz||weiszbe||rwun||gen. (Au v° de Tav.-
dern. f. : ) Gedruckt und sàlis^klich vol enili. In der kayser-
lichen stat Augspurg, durch den lunngen Hannsen Schônn-
sperger anno dnid, M. und in dem i5. lar. (i5i5). In-4»
goth., sign. a-q par 4; niar, vert, riches comp., tr. dor.
[Cape).
Beau livre, peu connu et fort rare.
« Toutes les pages sont entourées de bordures. Le texte est en vers
allemands. Les figures sont au nombre de 30. Elles portent les marques
de Schàufelein, Burgmair, et d'autres maîtres de la môme école. La der-
nière planche porte la date de 1515. » (Didot, Cat. rais., n° 26.)
Superbe exemplaire, relié sur brochure et revêtu d'une ri«he reliure.
3i4. Deuotissinie Meditat||iones de vita : benefici{|is et passioe
salua||toris lesu chfi||cù gratiarum||actione. (A la fin : ) Ex
officina excusoria Si^ismùdl GriiTi : Medicine\\DoctQris :
ac Marci wyrsung: Auguste\ V indelicor quinia die Âprilis\\
Anno.^c. DDDXX (iSao). Gr. in-8, goth., de 83 ff.; mar.
brun, fil. àfr., orn.,tr. dor. [Lortic).
« Beau volume qui contient 38 gravures sur bois, très-probablement
dessinées par Hans Schàufelein, bien qu'elles ne portent pas sa marque.
Elles sont entourées d'un encadrement des plus remarquables. » (Didot,
Cat. rais., n» 27.)
Superbe exemplaire de ce livre fort rare.
I
315. JUSTINUS et HERODIANUS. Des Hochberûmplesten
Ge II schicht schreybers. lustini.... (Le Justin en allemand,
de la version de Hieronymus Boner.j Âugsburgy Henri
Steyner, i53i. In-fol., goth. — (Herodien, en ail., par le
même trad.) M., id.; mar. rôuge, fil. à fr., tr. dor. [Cape).
Belle et rare édition, ornée de tlourons d'après Urse Graf.
« On remarque dans plusieurs grandes planches la manière de Schiiu-
felein et de Burgmair, mais on en rencontre plusieurs, d'un style plus
sobre, d'un beau et savant dessin et qui mériteraient d'être reproduites...
Le Justin contient 50 bois dont plusieurs se répètent, et l'Hérodien n'en
contient point. » (Didot, Cat. rais., n° 28.)
Superbe exemplaire, beau de tirage.
316. BARLETIUS Scodrensis (M.). Scanderbeg. Des aller
streytparsten un theûresten Fûrsten und herrn Georgen •
Castrioten gênant Scanderbeg. . . In Latein beschriben
(durch Barletium Scodrensem) un yetz durch loannê Pina-
I
I
t>()2 LIVRES A FIGURES SUR BOIS.
Hieronymi Feyerabendy 1571. Pet. in- 8; mar, La Val-
lière, jans., tr. dor. [Bclz'Niedrefff).
« Les jolies gravures sur bois de ce livre ont été dessiaées en partie
par J. Amman (17 portent ses initiales I A). Elles sont au nombre de 196,
et mieux imprimées que celles des typographes lyonnais. » (Didot, Cai,
rais,, n° 60.)
Exemplaire d'un fort beau tirage.
324. Kûnstliche und wolgerissene figuren- der fûrnembsten
Euangelien...«. durch lost Amman Burgern zu Nûrenberg.
(A la fin:) Irnpressum Francofurti ad Mœnum^ per Pe-
trum Fabriciurriy impensis Sigismundi Feyerabendii^ '^79*
In-4, de 44 ff-; lïiar. La Vallière, fil., orn., tr. dor.
[Lortic).
« Jolie suite de 80 bois (et non 78, comme le dit M. Becker, p. 17), très
habilement et finement exécutés, et supérieurs aux autres productioas du
môme maître. Ce joli livre, très bien imprimé, a été omis dans la 6« édi-
tion du Manuel, » (Didot, Cat, rais, y n° 67.)
Très bel exemplaire de ce livre rare.
325. FRONSPERGER (L.). Kriegszbuch... durch Leonhardt
Fronsperger. (A la fin: ) Getruckt zu Franckfurl am Mayn
durch Martin Lechler, in verlemng Sigmundt Feyerabeadt^
1573. 3 tomes en i vol. in-fol. ; mar. vert, jans., tr. dor.
(Lorfic),
« Cet ouvrage est très intéressant comme encyclopédie des sciences
militaires au XVP siècle. Outre les nombreuses planches snr bois qu'il
contient, il renferme do grandes planches sur cuivre, représentant des
sièges, combats navals, etc. En tout liOO gravures. » (Pour les détails, voir
Didot, Cat. rais,, n<> 69.) ,
Très bel exemplaire.
326. SCHOPPER (H.). De omnibus illiberalibus, siue mer
chanicis artibus,... luculentus atque succinctus liber, auc-
tore Hartmanno Schoppero, nouoforensi norico, versuele-
giaco conscriptus : et elegantissimis ac artificiosissinais
iconibus exornatus. Francofurti ad Mœnum, '^^l^* (A
la fin : ) Irnpressum Francofurti ad Mœnum, apud Geor^
giuni Corvinum,^ impensis Sigismundi Caroli Feyerahent.
In-8; mar. rouge, fil., tr. dor. [anc. rel, aux initiales
H, D. entrelacées).
« Ce livre des métiers et professions est très intéressant à cause de la
fidélité des représentations de l'outillage propre au XVI® siècle. La pre-
mière édition est do lofi8. Celle-ci, de 1574, n'est pas citée par Bartsch; U
OUVRAGES EN TOUT GENRE. 203
est vrai qu'elle n'a probablement jamais existé, puisque le dernier chiffre
du millésime a été repoussé sur les exemplaires restants d'une édition de *
1573, comme on peut s'en assurer au titre et au dernier feuillet. La plu-
part des i31 gravures portent la marque de Jobst Amman. » (Didot, Cat.
rois., no 70.)
Très bel exemplaire de ce livre fort rare.
327. MARCELLUS (P.), etc. De Vita, moribus, et rébus gestis
omnium ducum venetorum qui iara inde a constituta ipso-
rum republica usque ad nostram aetatem imperio praefue-
runt historia, auctoribus Petro Marcello, Sylvestro Gorello
Urbinate et Heinrico Kellnero. (A la fin : ) Impvessum Fran-
cofurti ad Mœnuni apud Paidurn Reffelei\ inpensis Sigis-
mundi Feyerabent. xS']^. In-8, de 220 ff. (et non 218);
• mar, La Vallière, jans., tr. dor {Belz-Niedréé).
« Les 83 portraits des doges avec leurs armoiries, contenus dans cette
édition, omise au Manuel et citée, mais non décrite^par M. Becker, sont
habilement exécutés sur bois. Plusieurs doges ont en outre la représen-
tation de leurs tombeaux. » (Didot, Cat, rais,, n« 71.)
Très bel exemplaire de ce livre fort rare.
328. SCHOPPER (H.). Spéculum vitae aulicae. De admirabili
fallacia et astutia Vulpeculae Reinikes libri quatuor^ nunc
primùm ex idiomate Germanico latinitate donati, adiectis
elegantissimis iconibus, veras omnium apologorum ani-
maliumque species ad \iuum adumbrantibus. Auctore
Hartmanno Schoppero. Franco/, ad Mœnum , i574«
(A la fin : ) Impressum Francofurti^ per Nicolaurn Bas-
sxum, 1575, Pet. in-12; mar. brun, ornem., tr. dor.
{Lortic).
Cette traduction libre en vers latins du célèbre poème satirique du
Renart^ d'après le texte baut-allemand, est surtout intéressante par les
belles gravures dont elle est ornée. C'est une seconde édition de ce livre,
mais elle est bien plus belle que la première, celle de lo67. « Quelques-
unes des 5i figures sur bois portent la marque d'Amman, d'autres celles
de Solis; les unes et les autres sont d'un travail fin et spirituel. » (Didot,
Cat, rais,, n? 74.)
Très bel exemplaire.
329. Cleri totius Romanae Ecclesiae subiecti, seu Pontificiorum
ordinum omnium utriusquesexus, habitus, artificiosissirais
figuris, quibus Francisci Modii singula octosticha adiecta
sunt, nunc primùm à ludoco Ammanno expressi : neque
unquam antehac similiter editi... Francofurti , sumptwus
204 LIVRES A FIGURES SUR BOIS.
Sigismundi Feyerabendii, i585. In-4; véL blanc, fil. {oiic.
reL).
Première édition de ce recueil de costumes ecclésiastiques, an nombre
de 102, d'un bon dessin et fort bien gravés.
Exemplaire très beau d'épreuves.
330. Im Fraiiwenzimmer wird vermeldt von allerley schônen
Kleidungen unnd Trachten der Weiber Jetzund erst
durch den weitberûhmbten Jost Amman wonhafft zu
Nûrnberg gerissen Gelruckt zu Franckfuri am Mayn
in FerlegungSigmund Feyerabendsy i586. In-4; raar. La
Vallière, jans., tr. dor. [Belz-Niedrée).
Édition allemande du Gynœceum, ou recueil des costumes de femmes
de toutes les nations, publiée concurremment avec Tédition latine et avec
les i22 mêmes gravures. Elle a été imprimée par Martin Lechler.
Très bel exemplaire.
331. MELANCHTON (Ph.).Epigrammata PhilippiMelanthonis
selectiora.... collecta a M. Petro Hegelgundo. Insuper et
iconibus argumento conuenientibus, elegantissimis exor-
nata, a Sigismundo Feyerabend bibliopola Francofordiano.
Francoforii ad Mœnum, apud lohanneni Feyerabend^ im^
pensis Sigismundi Feyerabendty 1 583. In-4 ; mar. rouge,
fil., comparr., tr. dor. [Lortic],
« Ce volume contient un beau portrait sur cuivre et 90 jolies gravures
sur bois, dont quelques-unes portent la marque de Jobst Amman. La
mention singulière du nom de Sigismond Feyerabend dans le titre avait
fait admettre^ sa participation à la gravure de ce volume. » (Didot, CaU
rais. y n® 84.)
Magnifique exemplaire de ce livre rare.
332. PERIANDER (/Rigide). Noctvae spéculum. Omnes res roe-
morabiles, variasqve et admirabiles, Tyli Saxonici machi-
Dationes complectens, plané nouo more nunc primum ex
idiomate germanicolatinitatedonatum, adiectis insuper ele-
gantissimis iconibus.... Authore i£gidio Periandro^ Bruxel-
lensi. Francoforii ad Mœnuni^ apud Georgium Corainum,
sumplibus Sigismundi Feyrabendt el Simonis Huleri, iSôy.
In- 12 ; mar. La Vallière, jans., tr. dor. [Belz-Niedréé).
Traduction en vers latins de la célèbre facétie ayant pour siyet les
aventures de Tiel Ulenspiegel. « Les i04 gravures, qui paraissent pour la
première fois dans cette édition, sont charmantes et peut-être dessinées
par Jobst Amman. » (Didot, Cat, rais,, n^ 85.) Jolie marque à la fin.
Très bel exemplaire.
OUVRAGES EN TOUT GENRE. 205
JACQUES KÔBEL.
333. Wapen desz heiligen Rômischen Reichs Teutscher Nation
als Keyserlicher vnd Kôniglicher Mayestat... (A lafiD :)
Gedruckt zu Franckfurt am Mayn durch lohanneni
Schmidt inverlegung Sigmund FeyrabendtSj 1579. In-fol.;
mar. vert, fil. àcompart. , tr. dor. (Lorfic).
Livre d*un grand intérêt et fort rare. « C'est une suite de 144 pi. sur
bois signées T K, représentant des soldats allemands portant chacun un
étendard armorié. Ces pièces ont été attribuées à Jacques KÔbel, Tauteur
du texte, qui ne serait en tout cas que le dessinateur, puisqu'il déclare
qu'il a été forcé d'envoyer fort loin pour faire tailler ses bois. Les armoi-
ries du commencement du volume semblent dues à Jobst Amman. La belle
marque de Feyerabend, la Renommée, placée à la fin, porte le mono-
gramme de Tobias Stimmer. » (Didot, Cat^ rais., n^ 89.)
Magnifique exemplaire.
Mayence.
334. LIVIUS (T.). Titi Liuii... Rômische Historien mit etli-
chen newen translation ausz dem Latein... Gedruckt zu
Meyntz durch luonem Schôffer,.. Im iar M. D. XXXiij
(i533). In-fol., goth.; mar. La Vallière, fil. àfr., fleur.,
tr. dor. [Lortir).
Livre curieux et peu commun. « Les gravures sur bois sont nombreuses
et remarquables. Elles présentent les Romains en costumes de chevaliers
de la cour de Maximilien attaquant leurs ennemis avec une puissante ar-
tillerie. » (Didot, Cat. rais., n° lOi.)
Très bel exemplaire, grand de marges. Piq. de vers. En tête du volume,
on a relié : Christophori Scheurelii... Commentarius de Vita et obitu... Ant...
Kressen... S. 1. (Nuremberg). M.D.XV. (1515) ; in-fol., de 4 fF. Cette rare bio-
graphie d'Ant. Kress, savant curé de Nuremberg, mort en 1513, est ornée
d'un beau portrait en taille-douce.
335. Eyn gef^prech eynes alten || erfarnen kriegszmans vîi
bawmeysters mit eynem||jungen hauptmann..... (Dialogue
entre un vieux militaire très expérimenté et un jeune capi-
taine, lequel permettra avec Taide de Dieu d'exécuter des
constructions militaires avec solidité et profit). (A la fin : )
Gedruckt in der. . . statt Meyntz durch luonem Schoffer. . . .
Anno M. D. xxxv. (i535) jar. In-fol., goth., de 28 ff.;
mar. vert, orn., tr. dor. [Lortic).
C'est un des plus anciens traités de fortification, sous forme de dia-
logue. Il est orné de trois gravures de la grandeur des pages. La pre-
mière, formant frontispice (f. i v°), représente un enfant ailé, assis sur
:206 LIVRES A FIGURES SUR BOIS.
un globe et entouré d'instruments de travail ; dans le haut, Saturne, assis
sur un char traîné par deux dragons, dévore un de ses enfants. La gra-
vure en regard offre un grand écusson d'armoiries impériales, et porte
la date de 1534. La dernière figure (f. iiii v<*) représente les denx inierlo'
cuteurs, Michel Ott et Hans Willig, en pied; elle porte la date de 1534 et
les initiales du graveur : H. D.
Magnifique exemplaire de ce livre fort rare, non cité an Manuel^ et
exécuté par le petit-fils du célèbre Pierre Schoyffer.
Nuremberg.
MICHEL WOHLGEMUTH.
336. (Schatzbehalter.) (A la fin : ) Also endet sych hye das
Bach der^ Schatzbehalter.... Und durch den}\ Erbern vnnd
Achtpern Anthonien Ko Ij berger, yn der keyseHichen Rei--
chstatt\[Nurmberg. Nach der geburt Christi^Wvierzehenr-
hundert vnd yn dem eynifnnd\\neuntzigisten iar (li^Qi)....
ausgedrucket... In-fol., goth.,à2CoL; mar. vert, jans.,
tr. dor. {Hardy).
• ■%
Ce volume, très recherché, contient 95 belles gravures sur bois, de la
grandeur des pages ; elles sont dues au maître de Durer, à Michel Wohl-
gemûth dont la marque W se trouve à la 21^ planche.
Très bel exemplaire. Qq. piq. et race.
337. (SCHEDEL, Hartman.) Libri crontcarum cû figuris et
ymagibus ab iiiicio mundi. (A la fin:) Adesl nunc
finis libri Cronicarum Ad intuitu autem ^ preces proui*
doTù ciuià Sebaldi Schreyer^SebastianiKamermaisterhunc
libruni dominas Anthonius Koberger Nuremberge impressil.
Adhibitis tamê viris mathematicis pingendiq% arte peritis^
siniis, Michaele Wolgemut et Wilhelmo Pleydenwîirff\
quarû solerti acaratissimaq^ animaduersione iuin duita-
tara tuni illustriuniviroram figure insertesunt. Consummatû
autem duodecima mensis Julii Anno saluiis nre. i493*
Gr. in-foL, goth.; demî-rel., dos et coins de veau gris.
u Ce livre, connu sous le nom de Chronique de Nuremberg, est recherché
à cause des gravures sur bois dont il est orné. C'est le seul onvrage où
Wohlgomûth soit nommé comme dessinateur. Le nom du second artiste,
Wilhelm PleydenwurfF, indiqué dans la souscription, ne reparaît pas ail-
leurs. » (Didol, Cat. rais., n° iOl.)
Exemplaire grand de marges et bien complet. Piq. de vers.
3'J8. HROSVITHA.Opera Hrosuite illustris vii^inisetmonialis
germane gente saxonica orle nuper aConrado celte inventa.
OUVRAGES EN TOUT GENRE. 207
. (A la fin : ) Impressum Norunbergœ sub priuilegio Sodali-
tatis Celticœ a senatu Rhomani imperii impetrato. i5oi.
In-foL; mar. rouge, fil., tr. dor. [Dura).
*
Première et rare édition du théâtre de la célèbre religieuse du
X^ siècle, u Les sept belles gravures sur bois sont probablement dues à
Michel Wohlgemûth, Iç maître de Durer, et les deux premières à Albert
Durer lui-même. L'exécution est moins rude que dans les deux ouvrages
précédents ; telle est entre autres la planche de la IV^ comédie, Abraham
et Marie, dont il est parlé dans VEssai sur la gravure sur bois. » (Didot,
Cat. rais., n® 106.)
Magnifique exemplaire.
•
ANONYME.
0
339. BONAVENTURA (S.). Die Legend des heyligen valters
Francisci. Nach der beschreybung des Engelischen Lerers
Bonauenture. (A la fin : ) Gedruckt und vollendt In der
Kayserlichen Stat Nuremberg durch Hieronymum Hôltzel
in verlegung des Erbern Caspar Rosentaler yetzundt won-
hafft zu Schwatz... i5i2. In-4, goth., à longues lignes,
sign. A-V; mar. brun, ornem. à fr., tr. dor, [Lortic).
« Ce précieux volume (non cité au Manuel) contient une sujte de 57 gra-
vures sur bois, très intéressantes pour l'histoire de la gravure à Nurem-
berg. Elles portent la date de 1511. Passavant en attribue le dessin à ce
Gaspard Rosenthaler, moine franciscain^ nommé dans la souscription. »
(Didot, Cat. rais., n* 109.)
Magnifique exemplaire, avec figures coloriées.
ALBERT DURER.
340. BRIGUA. Revelationes sancte Birgitte [sic). (A la fin :)
Reuelaliones . . . ^ Anthoniu Koberger, ciuè Nurembergen
impresse finiunt anno domini Mccccc ( 1 5oo) xxi mensis
septêbris. In-fol., goth., à 2 col., de 3i4 ff« dont 3 bl.; ais
de bois recouverts de parch. gaufré [une. rel.).
« Cet ouvrage, extrêmement remarquable, contient dix-huit gravures
sur bois, dont la composition a été reconnue par Passavant comme étant
d'Albert Durer.» (Pour plus de détails, voir DidoL, Cat. rais., n° 118.)
Très bel exemplaire.
341. CELTES (C). Conradi Celtis Protucii, primi interGer-
manos imperatoriis manibus poète laureati, quatuor libri
amorum, secundum quatuor latera Germanie, féliciter
incipit. (Au \° de Tav.-dern. f. : ) Àbsoluta sunt hase C. C.
^Conrad' Celtis\ o^a in Vienna Domicilio Max. Augusii
Î08 LIVRES A FIGURES SUR BOIS.
CsMa. Anno M. D. noui seculi II. (i5o2). kalê. Febru.
Inpressa autem ISforibergœ eiusd . anni Nonis Aprilibus.
Sub priuilegio Sodalitatis Celticœ Gr. in-4; veau fauve,
riches comparr. en or et en noir, dos orné, tr. dor. [Hagué).
Cet ouvrage de Celtes Protucius (dont le véritable nom était Meissel],
premier poète allemand qui ait été couronné par l'empereur, se rencon-
tre rarement complet. Brunet lui a consacré une longue notice, qui de-
mande cependant certaines rectifications et à être complétée au point
de vue iconographique. L'ouvrage se compose de deux parties, avec une
seule série de signatures. La 1" part, commence par un frontispice re-
présentant l'aigle de l'empire d'Allemagne, accompagnée de trois lignes
de dédicace, et de grandes initiales H B. Le f. suivant est blanc. Le titre
occupe la partie supérieure du ^^ f. ; il est placé dans un triangle omé,
gravé sur bois, au-dessous duquel se trouve un cercle représentant la
position respective de quatre principales villes situées aux extrdmes
limites de l'Allemagne : Grâcovie {Croca ; alors capitale de la Pologne),
Ratisbonne, Mayenck et Lubeck. Le nom de chacune de ces villes est ac-
compagné de celui du fleuve qui coule près d'elle, et on leur a attribué
une signification allégorique, en appliquant à chacune d'elles deux mots,
dont l'un correspond à l'une des quatre parties du jour, et l'antre à Tune
des quatre parties de la vie. Ainsi Cracovie représente le Matin et symbo-
lise y Adolescence; Ratisbonne: le Midi et la Jeunesse; Mayence : le Soir
et la Vieillesse ; Lubeck : la Nuit et la Mort, Deux distiques latins sbnt au
bas de ce cercle. Au y^ de ce f., une grande gravure sur bois dont le sujet
est la présentation du livre à l'empereur Maximilien. Elle porte dans son
exécution le cachet particulier à Albert Durer, et il est plas. que probable
qu'elle est due à cet artiste qui a, en effet, concouru à l'illustration de ce
livre, comme on va le voir. Les 5 ff. suivants contiennent un panégyrique
en prose; au v^ du dern., on trouve une seconde grande gravure sur
bois, représentant la Philosophie, sous les traits d'une reme assise sur
un tr^nc entouré d'une guirlande de feuillage et portant quatre médail-
lons ofi Ton voit les portraits des quatre savants les plus illustres de
l'Egypte, de la Grèce, de Rome et de l'Allemagne. Cette gravure, dont le
style ne diffère nullement de celui de la précédente, porte le mono-
gramme d'Albei*t Diirer. En regard, est une figure assez médiocre, repré-
sentant les Dieux de l'Antiquité; celle placée au v^ du f. de la table des
matières, nous montre la ville de Cracovie, et est d'une exécution très
grossière, de même que celles qui donnent les vues de Ratisbonne, de
Mayence et de Lubeck (ff. xxv, xlii et lvii).
Le poème Gennania yeneralis, qui suit celui des Amours y est terminé
(f. 78 r») par cette souscription : ... Explicit anno millesimo quingenUtimo
et novi seciiH secundo Kalendis Febniariis, in anno vitœ meœ xliii.
La seconde partie est précédée d'un frontispice avec trois écassons, an
verso duquel est une vue très curieuse de la ville de Nuremberg, prise
à vol d'oiseau. Le texte de cette partie est intitulé : De Origine, Utu^ mort-
bus et institutis Norimbergœ. Au recto du f. p'', une grande graTore
représentant saint Sebald, patron de Nuremberg, qui est suivie d*an
hymne de 4 pp. en l'honneur de ce saint.
OUVRAGES EN TOUT GENRE. «09
Au yerso da f. q t, commence une comédie mythologique qui a été
jouée deyant Temperear Maximilien, à Linz, par la Société littéraire
du Danube, présidée par Celtes; cette pièce, intitulée : Ludm Byanm
coram Maximiliano Rege per Sodalitatem lUterariam Danubianam in Linxio,
occupe 8 pages. Elle avait déjà été publiée séparément à Nuremberg en
4501 (voir Brunet).
A la suite, se ti^ouvent : un privilège en faveur du Collège des poètes
et des mathématiciens, créé à Vienne par Tempereur (3 pp.); un panégy-
rique en vers adressé au souverain à cette occasion par Vinc. Longinus
Éleuthère (5 pp.) ; une lettre de S. Schreyer à Celtes, avec la réponse e
un index. La souscription linale est au y^ du f. ri; le f. suiv. contient les
errata, et le volume est terminé par une grande gravure représentant
. Apollon poursuivant Daphné métamorphosée en laurier.
Dans le présent exemplaire, on tiouve à la suite une pièce fort rare
du même poète. C'est une rapsodie dialoguée en vers en l'honneur de la
victoire remportée par l'empire sur la Bohême. Cette pièce, qui a été
jouée publiquement à Vienne en 1504, commence par un simple titre de
départ : In hoc libello continentur Divo Maximiliano Augusto Chunradi
Celtis pa^tûàioL Laudes et Victoria de Boemannis per septem Electores et Rû"
gem... Au v^ de ce f. : une grande gravure sur bois, représentant la bataille
chantée par le poète, grossièrement faite, il est vrai, mais fort curieuse. A la
suite de cette rapsodie, qui occupe 5 fF., se trouvent des pièces de vers
adressées à l'empereur par des membres du collège des poètes à Vienne,
dont les insignes sont représentés par une gravure sur bois. Cette pla-
quette compte en tout 12 fF. n. ch, (sign. A-B); au r® du dern., on lit:
Finiunt panegyrici decantati Diuo Max, August. ^ . Soda, Ira, Dannubia-
nam.,, Impressi autem Auguste: Vinde; [Augsbourg] ^. Mgrm loann:
Otmar,.. AnnoM. D, V, (ioôo).
Très bel exemplaire,, avec figures coloriées. La décoration de la re-
liure est d'un beau dessin.
342. Epitome in divae Parthenices Mari||aB historiam ab Al-
berto D^rero || Norico per figvras diges||tain cum versibus
aDDe||xis Chelidonii. (A là fin :) Impressum Nurnber^e
per Alberlum Durer pic tore m. Anna chrisiiano Mille\
simo quingentesimo vndecimo ( 1 5 1 1 ) • — Passio do -
mini nostri Jesu. ex liieronyljmo Paduano. Dominico-
Mancino. Sedulio. et Bapti|{sta Mantuano. per fratrem
Chelidonium colle||cta. cum fîguris Alberli Dureri || No-
rici Pictoris, (A la fin :) Impressum Nurnherge per Alber-
tum Durer pictorem. Anna chrisiiano Mille\\simo quingeri"
tesimo vndecimo (i5ii) — Apocalîpsis || eu figuris. (A la
fin : ) Impressa denuo ISurnberge p Alber^\(um Durer pic-
torem. Anno chrisiiano || Millesimo Quingentesimo vnde--
cimo (i5ii). En i vol. gr. in-foL; mar. La Vallière, riches
compart. à froid, tr. dor. (JLortic).
La \ie de la Vierge compte vingt planches de second tirage (le pre-
14
UO LIVRES A FIGURES SUR BOIS.
inier est sans lexle), d'une beauté surprenante. L'une de ces planches
{Joachim et Anne) porte la date de i504; deux autres (la MorI de In
Vierge et son Courojinement), celle de 1510.
La Passion de Jésus-Christ, en douze planches, est aussi on magni-
iiqucs épreuves de second tirage (la première édition, sans aucun texte,
est introuvable). Trois planches (la Cène, la Descente aux limbes et ia Aé-
swrection) portent !a date de 1510.
V Apocalypse (seize planches), en épreuves très brillantes, est âe qua-
trième tirage de Passavant.
343. Passio Christi ab Alberto Durer Nurenbergensi effigiata
cii varij generis carminibus Fratris Benedicti Chelîdonij
Musopbili. (A la (in :) fmpressum Nurnberge per Albertù
Durer l?ictorë Anno christi Mitlesimo quin^entesimo vnde-
eirno (i5ii). In-4, àe 38 ff.; mar. vert, fil. à comp., tr.
dor. (Lortic).
(c Les trente-sept planches de ce précieux volume sont de deuxième
état; elles sont toutes parfaitement imprimées et d'un grand effet par
Tintcnsité des ombres fortement accusées.... Elles portent la marque du
' maître, et l'une d'elles la date 1509, une antre 1510. On conserve à la
Bibliothèque nationale une suite de premier état, pareille sans doute &
celle que Passavant décrit t. 111, p. 15^, d'après un autre exemplaire exis-
tant à la bibliothèque d'Amsterdam. Mais le tirage en est moins brillant
que celui du présent numéro. » (Didot, CaJt. rais, y n® 114.)
344. Des aller Durcbleiichtigisten / || Grossmechtigsten Fûrs-
ten vnd Herrn / Herrn Maximilians Rômischen || Kaysers /
Sieben Cbrîstlicher Kûnigreicb Kûnig vnd Ertzhertzoç
zu II Osterreich / Hertzog zu Burgundi etc. In Lob vnd
Ewi - Il gergedàcbtnuss seiner Ëbrlichen Regierung. ||
Schlachten vnd Ritterliche Tbaten. || Gedruckl zu fVieh in
Osterreich / || bey Raphaël Hojhalter. S. d. (vers 1 55o).
In-fol., de '26 fî., dont le premier est blanc; mar. La Val-
lière, fil., tr. dor. [Lortic).
Recueil précieux et d'une rareté tellement extraordinaire qae
ni Bartsch ni Heller no l'ont connu. Il se compose de 24 planches tirées
do l'Arc Triomphal de l'empereur Maximilien I«' {Khrenpfàfte) ^ graré
d'après les dessins de A. Durer et dont il ne nous est parvenu que qaelqae»
exemplaires des anciens tirages (l'un d'eux a figuré dans la Tente .de la
collection des dessins et estampes de M. Didot, n* 337). Dix-sept é^ ces
planches (la 4« et la 8^ sont identiques] représentent les principales
batailles gagnées par Maximilien; les sept autres nous montrent : la
i f , Maximilien en guerrier; la 2®, son Mariage avec Marie de Bcwrgognê;
la 9% son Couronnement; la 10«, VAlliance avec l'Angleterre; la 1^*, le
Mariage de Philippe le Beau avec Jeanne de CastiUe (admirablement refaite
par M. PiUuski}; la 20%' la Réception à Milan; la 23% le C<mgri$ des trais
OUVRAGES EN TOUT GÈNftE. iii
souverains Vienne, en 1515, pièce historique très impoi*tante, au sujet
de laquelle nous renvoyons à la note que nous lui avons consacrée dans
notre Catalogue des dessins et estampes (n^ 338); elle a d'ailleurs été repro-
duite dans le catalogue illustré de cette vente , d'après une épreuve de
premier tirage, avec une légende en latin, tandis que toutes les planches
de ce recueil sont accompagnées de sixains en allemand. Les planches
6, 9 et 23 appartiennent au nombre de celles dont les bois originaux ont
disparu de bonne heure et qui ont dû être gravées à l'eau-forte pour
l'édition de Bartsch, de 1799. La 2" pi. offre ici la composition primitive;
le bois original ayant été perdu ou détruit dés le XVI° siècle, ce sujet fut
redessiné et gravé à nouveau d'une manière sensiblement différente et
moins belle.
Toutes les épreuves de ce recueil sont très brillantes.
345. Sancte Ursule fra||lernitas. ingês. puli||lis. et christifi-
delib'i|muUum necèssaria. (A la fin :) Impressum perdis»
cretum et prouidCi vinun Fridericu Peypus : in domo Doc-
loris Binderl Medicu Ndrnbergensiu. JnnoM.D. Xiij (i 5i3).
In-4î goth., à 2 col., de 5 ff.; mar. La Vallière, fil., tr.
dor. [Iju'tir).
« Le titre est imprimé en très gros caractères, dits de forme. Au verso
se trouve une grande composition datée de 1512, représentant un grand
nombre de personnes sur un navire où sont embarqués la Vierge avec
l'Enfant, les patriarches et les saints. Jésus figure aussi en croix sur le
mât du vaisseau. Sainte Ursule se prépare à s'embarquer. A la fin est une
autre grande planche montrant le crucilix entouré d'un grand nombre de
figures. Une couronne de roses entoure cette composition. En haut, à
gauche, la messe de s. Grégoire; à droite, s. François recevant les stig-
mates. Tout semble indiquer que ces deux compositions sont de Durer,
bien qu'elles ne portent pas sa marque. » (Didot, Cat, rais., n® 118 bis,)
Très bel exemplaire de ce volume fort rare, et non cité au Manuel, Le
texte offre une série d'oraisons et de proses en l'honneur de la sainte.
346. Stellarium Corone benedicte virginis Marie in laudem
eius p singulis predicationibus elegantissime coaptatum.
(A la fin : ) Impressum denuo per prouidum virum loannê
Stuchs. Sumptibus honesli viri Anihoni Kobergers ciuibus
ISurenbergefi. Anna,., millesimo quingentesimo decimo oc»
tauo (i5i8) die vo vigesima quinta Alensis Decembris,
In-fol., goth., à 2 col. de cix ff. ch. et 4 ff. non ch.; car t.
en vélin.
« Ouvrage non décrit au Manuel. Le titre présente un très bel encadre-
ment composé de quatre planches réunies. C'est un des rares spécimens
d'ornementation typographique exécutés par Durer pour un éditeur. Le
listel supérieur offre s. Jean écrivant l'Apocalypse : celui du bas, le Bap-
tême du Christ; le troisième, à gauche, le Triomphe delà Mort, et le qua»
212 LIVRES A FIGURES SUR BOIS.
Irième, les Terreurs de la Mort. Pour la description d'an état précédent
de cette pièce, voir 1c texte de VEssai. Elle est d*une fine exécution, bien
tirée et bien cons(»i*véc dans le prùsent voUime. >> (Didot, Cot. raù,, n« 1 18 toi*.)
347. (DURER, Albreclit) Etliche vnderricht zu berestiguns der
Stett, Schlosz vnd Flecken. (Au v* de rav.-dern. U du
texte : ) Gedrukl zu Nilrenbers nach der ffcpurt Chrisli.
Anno iiiccccc.xx.uij [i 02']). In aem mariât (sic) OcliAer. Pet.
în-fol.; cari, en parcheoi.
Première édition,* très bien imprimée et fort rare. Ce traité roule sur
les arts de la construction, et principalement sur le génie militaire.
Très bel exemplaire, bien complet.
HANS SGHAUFELEIN.
348. PINDER (C). Spéculum passionis domini nostri Ihesu
christi... (A la fin :) Spéculum,., curn figuris pulcris & /»«-
gistralibus,.. per doctorem Fdalricu Pînder côuexû : & in
ciuitnte impiali Nurenbergen. bcne visum & impressum
finit fidici ter Anno, . . Mccccc vii ( i So^). Die vero xxx menr
sis Àugtisti. In-fol.; mar. rouge, fil. a fr., ornem., tr. dor.
(^Lorlic),
« Ce beau volume contient quarante grandes et belles gravures sur bois
et trente-sept plus petites. Celle qui se trouve au verso du L 73 porte la
marque de Hans Schàufelein, et les autres, non signées, offrent, sauf deux
d'entre elles, un môme caractère. » (Didot, Cat, rais., n* 128.)
Très bel exemplaire de ce livre rare et recherché.
VIRGILE SOLIS.
349. Ilortvlvs anima;. Lustgarten der Seelen, Mit schôneo, lie-
blichen Figuren j Sampt einem newen Kalender, vnd Pas-
sional Ihesu Christi. (A la fin: ) Gedruckt zu Nuremberg^
durcfi Valentin Geyszler. In-8, goth. — LUTHER (M.). Pas-
sio von dem Leyden vnsers Herren Ihesù Christi, nach
Hystorischer beschreybung der Vier Euangëlisten, Mit
schônen lûsligen Figuren gezieret... Durch D. Mar(tin) Lu-
th(er). Gedruckt zu Nuremberg, durch Valeritin GejrszUr.
i552. ln-8, goth.; veau fauve, estampé et doré («/• du
temps) .
« Nous ne trouvons pas cité ce second ouvrage dans les QÉuvres du
célèbre réformateur. Trente -quatre gravures sur bois dans le premier
ouvrage, cinquante-quatre dans le second. Toutes portent la marque de
Virgile Solis. La reliure de ce volume, de style allemand du XVI* siècle^
OUVRAGES EN TOUT GENRE. 213;
e^t extrêmement curieuse. C'est une impression à froid ayant, au milieu
des platsy le3 portraits en or de deux personnages. Au-dessous de Tun
des deux se trouve cette inscription ; lOANNES ÇRIDERICVS PRINC.
ELEC. Elle est d'une pureté de conservation extrême. » (Didot, CarL rais,,
n^ 140.) Ce Jean-Frédéric n'est autre que le célèbre électeur de Saxe, dit
le Magnanime, qui fut un des champions du protestantisme naissant. Le
portrait qui figure sur le plat opposé est celui de Guillaume (Wilhelm),
duc de Juliers et de Berg.
JOST AMMAN.
350. Habitus praecipuorum populorum tam virorum qiiam
feminarum singulart arte depicli. Trachtenbuch... Nûrn"
berg, bey Hans fVeigel Formschneider^ iS'j'j. Petit in-fol.;
mar. LaVallière, fil. àcomp., orn., tr. dor. [Lonic).
« Cette belle collection contient 219 figures de costumes, dessinées
par J. Amman, dont la marque se trouve sur la première; elles sont pro-
bablement gravées par Hans Weigel, éditeur du livre, qui s'intitule Tail-
leur de bois. » (Didot; Cat. rids., n° 142.)
Très bel exemplaire.
Oppenheim.
351. [PHILIPPI (de Barberii)] i. Discordâtie sânclorum doc-
torum leronymi, Augustini. 2. Sibyllaruj de Christo vâti-
cinia : eu appropriatis singularû figiiris. 3. Varia ludeorû
et Gentilium de Christo testimonia. 4. C^ntones Probe Fal-
coniç de vtriusque testamë||li hystorijs ex carminibus Vir-
gilii selecti... (A la fin :) Imprcssum Ôppenhejrrn. Sans nom
d'impr. et sans date. Petit in-4. de 5o ff. n. ch.; mar.
citron, riches orn. en mosaïque, tr. dor, {Lortic).
if Édition non citée au Manuel de ce précieux opuscule. Elle contient
^ 20 gravures sur bois. Les figures des sibylles sont des copies en. sens in-
verse de celles de l'édition sans date de Lignamine. » (Didot, Cai. rais,,
nM45.V
Très bel exemplaire.
Pfortzlieim.
352. RABANUS. Magnencii Rabani Mauri De Laudib* sancte
Crucis opus. erudicione versu prosaqi mirificum. (A la
fin :) Phorçheim. in sedibas Thomç Anshelmi. Marti o mense,
M. D. m ii^o'i). Sub Illustri principe Christofero Badenr .
In-fol.; mar. La Vallière, ornem,, tr. dor. ÇLortic).
. « Édition remarquable à cause de la singulière disposition . ijpogra-
Îi4 LIVRES A FIGURES SUR BOIS.
phique d'une partie du texte tiré en ronge et noir, formant des figures
hiératiques, dont quelques-unes sont gravées sur bois. Deux grandes
planches sur bois. » (Didot, Cat, rais,, n» 447.)
Magnifique exemplaire.
Strasbourg.
ANONYMES.
353. THERAMO (J- de). (Reliai, en allemand.) (A la fin :) le
endet sich dus bûch Belleal gênant von des gerichles onle-
nung ein hochgrundl vnd lobsam werck. Das hall geirucki
und volendt Heinricus kpoblotzer in der keiserlichê stai
sUvszburg Noch christi geburl M, cccc, vnd lxxxiii ior
{i483). In-4; mar. olive, fil. à compart., tr. dor. (Lortic).
Ce yolume rare contient 56 gravures sur bois, dont quelques-unes se
répètent; elles sont au trait et très archaïques.
Magnifique exemplair».
364. TERENTIUS. Pvblii Terentii comediae cvm brevi vocabu-
lorum difficilium enarratiôe pro puerulis a Tho. Aucupario
condita. (A la fin : ) Jrgentorati Ex off... loannis GranF-
ger... i5ii. Pet. in-8, semi-golh.; mar. La Vallière, fil.^
compart., tr, dor. {Hardf).
Édition rare, ornée de six figures sur bois.
Très bel exemplaire.
LE MAITRE Y. G.
355. Der text des passions oder leydens christi ausz den vier
euangelisten zûsammen in ein sinn bracht mit schônen
figuren. (A la fin : ) ...Getruckt von lohannes knoblùuch zu
Slraszburg In dem iar als man zalt M. ccccc. çij (iSo^), In-
fol., goth.y de 34 ff.; mar. brun, fil.^àfr., tr. dor. [Çapé).
« Ce mince volume contient 25 grandes gravures qui portent le mo-
nogramme V + G, qui est celui d'un artiste strasbourgeois, élève de Mar-
tin SchÔn, qu'on avait confondu à tort avec Urse Graf , mais que M. Ptts*
savant a signalé, t. II, p. 140. On croyait autrefois à Bâle qu'il se nommait
Urse Gamberlein. » (Didot, Cai, rais., n« 167.)
. Très bel exemplaire de ce livre curieux et rare.
JOHANN OU HANS WEGHTLIN, SUmommé PaORIM.
356. Dasleben lesu Christi gezogen ausz den vierEuangelisten. ••
(A la fin :} ...Geirucki zu Slraszburg durch Johannem Kno^
OUVRAGES EN TOUT GENRE. :2Ï5
bloûch... M. Z). wy (i5o8). In-fol., goth., de t44 ff.;niar.
vert., jans., tr. dor. (Cape).
« Ce beau et précieux volume contient 46 gravures de la grandeur des
pages; elles sont dues à trois artistes différents : 38 d'entre elles font partie
de la suite de la vie du Christ et de la Vierge due à Hans Wechtlin (voir
Passavant, t. III, p. 331). Cette suite, qui paraît ici en première édition,
ou premier état, se compose de 43 sujets, mais aucun ouvrage né la pré-
sente complète. Une des gravures, le Crucifiement, est ici répétée, ce qui
porte le nombre des pièces de Wechtlin à 39. Le frontispice est dû à Urse
Graf dont il porte la marque et le caractère du dessin, et six aqtres gra-
vures, toutes différentes de style avec les précédentes, sont signées V G.
Cette coïncidence est très remarquable, car elle nous fournit la {weuve
évidente que les marques VG liés et V G fsolés sont celles de deux artistes
i différents. Ces six dernières sont évidemment de Tartiste qu'on croyait
être Urse Gamberlein et que Passavant désigne sous le nom de maître V G
(voir le n^ précédent) ; d'où il résulterait que cet artiste aurait concouru
simultanément avec Urse Graf à certains ouvrages de Strasbourg. Le beau
style des initiales ornées permet de les attribuer à Urse Graf. » (Didot,
Cat. rais.yïi^ 168.) *
Très bel exemplaire de ce livre non cité au Manuel, et fort rare.
357, CHELIDONIUS (B.). Passio Jesu Christi saluatoris mundi
' vario Carminù génère F. Benedicti Chelidonij Musophili
doctissime descripta. Gum fjguris artificiosissimis loannis
. Vuechtelin. (A la fin: ) teXoç. S. L n. d. Pet. in-fol.^ de 3o
ff. non ch.; mar. La Valiiére, fil. à fr., tr. dor. {Cape).
« Ce volume contient 28 grandes planches de Hans Wechtlin. Il réu-
'^ nit 25 de celles du n° précédent. Une d'elles est répétée et la dernière est
^ nouvelle. Elles sont aussi belles d'épreuves pour le moins que celles ci-
dessus; néanmoins une légère cassure, qui s'est produite à la planche du
Christ devant Anne, nous indique que c'est un état postérieur à celui daté
de 1508. Il n'y a pas certitude complète que le livre ait été imprimé à
Strasbourg. La disposition typographique du texte ressemble beaucoup à
celle des ouvrages imprimés par Alberi Dilrer, à la même époque, dans
la ville de Nuremberg. » (Didot, Cat, rais.^ n° 168 bis.)
Très bel exemplaire de ce précieux volume, non cité au Manuel.
358. Der Passion oder dz lyden Jesu Christi vnsers berren,
noch dem text der fyer Euangelisten, wîe jn dan der
hochgelert Doctor Jobânes Geyler von Keyserszberg, zu
Siraszburg jârlich geprediget hatt. S. l. n. d. In-foL; vél.
« Dix-neuf planches en tout, de troisième état, ce que l'on reconnaît à
une seconde cassure qui s'est produite dans le cadre de la plaaç)ie signa-
lée au n® précédent. Une de ces planches, la première, repré$ep\ant le
Christ en croix entre la Vierge et S. Jean, est nouvelle. Ces trois articles
I
t
216 LIVRES A FIGURES SUR BOIS.
portent donc à 42 sur 43 le nombre des planches de la belle suite de
Pilgrim représentées dans ma collection, n (Didot, Cat, rais.f Q* 169.)
Très bel exemplaire de ce volume fort rare.
ANONYMES.
359. GEYLER VON KEISERSBERG (J.). DoclorKeiserspegrs
[sic) Passion Des Herê lesu... Neulich vsz dem latyn in
tûtsche sprach Transzueriert durcli lohannem Adelphum
Physicum von Sraszburg Çuc), {Strasbourg, Jean Grû-
ninifer, i5i3.) In-fol., goth.^àa co).,de iia ff. ch.; mar.
La Vaiiière, fil., orn.,tr. dor. [Lortic).
u Ce recueil contient 17 gravures de la grandeur des pages, ajant servi
la même année à la Fassion m forme de procès du môme "Geyler de Kei-
'sersberg, et 19 petites, qui sont de rassortiment, c'est-à-dire tii*ées d'ou-
vrages antérieurs. Elles sont de plusieurs mains. Les lettres D I K, qu'on
voit au-dessous d'un personnage dans une chaire, indiquent le docteur
J. Keisersperger. » (Didot, Cat. rais,, n« 17 i.)
Magnifique exemplaire.
360. Looszbuch/ zu ehren der Romischen/ Vngerischen vnnd
Bôhemischen Kùnigin. M.D.XLVI (i546). (A la fin:) Ge-
truc Al zu StraszburgI bei Halthassar Beck. In-fol.; maFi,
vert, fil. àcompart.y tr. dor. (Lortic).
« Cet ouvrage est, comme celui de Lorenzo Spirito, qui parai à MUan
en 1508, un livre des sorts. Les gravures sur bois, an nombre de 117, sost
très remarquables de composition. Elles sont d'un style allemand déjà
épuré et fortement influencé par les belles productions de Bftle. » (Didof ,
Cat. rais, n« 185.)
Magnifique exemplaire.
TOBIAS STIMMER.
361 . REUSNER (N.). Nicolai Reusneri Leorinî Aureolorum em-
blematum lil3er singularis Thobiae Stimmeri Iconibus afTa-
bré effîctis exornatus. Argentoratiy apud Bernardum tobi'^
num^ 1587. ln-8; veau fauve, fil., tr. dor.
Première édition de ces emblèmes, avec les figures de T. Stimmer.
(c Les emblèmes sont au nombre de 1 39. Toutes les pages sont entoa-
rées de jolies bordures. On peut juger, d'après ce charmant volume^ qae
Strasbourg n'a pas été distancé en ce genre par Francfort, et qae Stiminer
est un des meilleurs dessinateurs xylographes de son époqae. « ( Didot ,
Cat. rais., nM 87.)
Bel exemplaire, avec témoins.
OUVRAGES EN TOUT GENRE. 2ir
362. REUSNER (N.). Nicolai Reusneri Agalmatum Aureo-
lorum liber singularis. I. Septem Virtutes. II. Septem Artes.
III. QuatuorArtesmaiores.lv. NovemMusae. V.Tres Gra-
tiae, VI. Septem Planetse. VII-XII. Anni Tempora... Argenlo-
rati^ apua Bernard. Jobinum. S. d. (dédicace de iSSq).
Pet. i'n-8, de 48 ff.; niar. vert, fil. à fr., ornem., tr. dor.
{Cape).
Volume fort rare, non cité au Manuel et qui a peu de rapports avec
le précédent, dont il ne reproduit que 12 gravures. Les figures, entourées
d'élégants encadrements, sont au nombre de 47, parmi lesquelles un beau
portrait de Reusner.
Charmant exemplaire.
363. REUSNER (N.). Icônes sive imagines virorum literis
illustrium... Recensente Nicolao Reusneroic. curante Ber-
nardino lobino. Argentoraii^ cio lo xiiic (1587). Pet. in-8 ;
mar. rouge, fil., tr. dor.
Première édition. « Toutes les pages sont entourées d'une bordure, et
les 100 portraits, qui représentent les docteurs et les savants de l'Alle-
magne à l'époque de la Renaissance, ont un beau caractère et sont ha])i-
lement gravés sur bois. » (Didot, Qai, rais., n® 188.)
Très bel exemplaire.
364. Nouae Tobiœ Stimmeri sacrorvm bibliorvm figurae ; Ver-
sibvs latinis el germanicis expositœ. . . Getruckt zu Strassburg
bei Bernhari Jobin^ iSqo. In-8; mar. La Vallière, fil. à
froid^ orn., tr. dor. [Lortic).
« Ce volume porte, à la fin, la date de 1589. Il contient 170 gravures
sur bois, bien composées et bien imprimées. » (Didot, CaU rais., n® 190.)
Très joli exemplaire.
Wittemberg.
LUCAS DE CRANACH, LE VIEUX.
365. Passional Christi und{| Anticbristi. S. L n. d. In-4) golh.,
de 14 ff., n. ch. (texte en allemand); mar. La Vallière, fil.,
beaux fleurons au centre des plats, tr. dor. [Hagutf),
« Édition non décrite de cet opuscule curieux, premier jet de V Anti-
thèse des faits de Jésus-Christ et du Pape. Elle se compose d'un frontis-
pice gravé et de 26 figures contrastées également sur bois. Elle ne porte
pas, comme les éditions décrites au Manuel, la date 1521 et le niono-
granmie F. B. Selon Nagler, ces planches remarquables auraient été com-
-: mandées par Luther, en 1521, et exécutées par Lacas de Cranach. Elles
ns LIVRES A FIGURES SUR BOIS.
sont pleines do verve, d'esprit et de passion. Dans les dernières, le Chmt
fait sa glorieuse ascension, tandis que le pape est précipité aux anfiers. »
(Oidot, Cat. rais., n<» 196.)
Très bel exemplaire de ce volume rarissime.
366. Das Symbolum oder gemeine Bekentnis der zwelfT Apo-
steln... fVittemberg, Georg Rhaw^ iSSg. Pet. in-foL, de
3o ff. cil.; mar. brun clair, fil. à fr., fleur., Ir. dor.
« Ce volume renferme 12 belles gravures sur bois de Lucas de Granach,
représentant les douze apôtres. Les épreuves sont très belles. Dans la
douzième, saint Matthias est mis à mort à l'aide d*un instroment tout à
fait semblable à la guillotine. » (Didot, Qai. rais., n? 198.)
Exemplaire avec des épreuves très brillantes. Notes mannscrites.
LUCAS DE GRANACH, LE JEUNE.
367. Hortvlvs Animae. Lustgarten der Seelen : Mit schônen
lieblichen Figuren. i547. (^^^ fin:) Gedruckt zu TVittem-
berg durch Georgen Rhaw. Pet. in-4î de lao ff. ; mar. La
Vallière, fil., tr. dor. (Lortic).
« La première édition de ce curieux recueil avait paru à Wittemberg
en 1518. Celle-ci contient 53 pi. en tout, dont quelques-unes se répètent.
52 d'entre elles figurent dans Bartsch, à l'œuvre de Cranach, t. VU , pp.
288 à 301 . On voit entre autres deux portraits de Luther dont l'un est daté
de 1546 et l'autre de 1548. Tous deux portent la marque de Granach. On
y trouve également le portrait de Fimprimeur Georges Rhaw. » (Didot,
Cat. rais., n» 200.)
Très bel exemplaire.
m
B. — Pays-Bas.
Amsterdajn.
JACOB GORNELISZ D*AMSTERDAM.
368. Passio domini nostri lesu Christi.... concinnatus (ab
Alardo Âmstelredamo). Amstelredamisy Dodo Peirus, typ.
excudebat, i523. In-8; mar. vert, fil., tr. dor. {IViedrée}.
« Ge beau volume, d'une impression véritablement admirable, contient
62 gravures sur bois d'un effet tout à fait remarquable, et portant tontes
la marque de l'artiste. » (Didot, Cat. rais., n* 209.)
Anvers.
369. BRANTEGHEIVI (G. de). La vie de nostre || SjNgneur lésa
Christ II par figures selon le || Texte des quattre|| Euaâgi
OUVRAGES EN TOUT GENRE. 219
listes auec|| toutes les Euangiles || Epistres & Propheljlies
de toute lannee {| chantées en loffice de || la Messe auec
aucu||nes Oraisons. (A la fin:) Imprime en Anuers par
Matthieu Crome Lan M. D, x/(i54o). ln-8, goth. ; mar.
rouge, fil. à froid, tr. dor. {Kœhler).
Ce volume, bien imprimé, contient 258 gravures sur bois (tant vignettes
que fleurons), très bien dessinées. Il est fort rare. Le privilège, daté de
1537, cite le nom de l'auteur : frère Guiliame deBranteghem, Chartreus.
Très bel exemplaire.
370. La Saine te Bible II en francoys, translatée selon la pure
ç entière traduction de sainct Hierome, dere[|chief con-
férée et entièrement reuisitee selon les j| plus anciens f plus
corretz exemplai || res (par Le Fevre d'Estaples). En
Anuers par Martin Lempereur, i534. Gr. in-fol., goth., à
2 col. — Le nouueau Tel|stamenl, auquel estdemonstre nos-
tre|| Salut estre faict par Jesu Christ... En i vol.; mar.
La Vallière, tr. dor. {Helz-Niédrée).
« Troisième édition, corrigée et améliorée, de la version de Le Fevre,
première traduction française complète des saintes Écritures. Une pre-
mière partie de cette traduction avait paru à Paris, en 1523, chez Simon
de Colines ; mais, comme elle fut condamnée par arrêt du Parlement du
28 août 1525, Fauteur se vit forcé de faire imprimer sa Bible complète à
Anvers, où elle parut pour la première fois en 1530. La suite des gravures
est très nombreuse ; celles du nouveau Testament, très remarquables, sont
dues à Levinus de Witte. » (Didot, QaU rais. y n® 216 bis.)
Très bel exemplaire, grand de marges. Qq. race.
AfITOlNE BOSCH, dit SILVIUS.
I
â7î. ESOPE. Les Fables et la Vie d'Esope Phrygien traduites
de nouueau en françoys selon la vérité Grecque. En An^
vers^ chez lehan Bellere... i56i . Pet. in-ia; cuir de Rus-
sie, fil., tr. dor. {Bauzonnet).
« Ce joli volume ne possède comme gravure sur bois qu*ûne marque
assez jolie sur le titre. Ne serait-ce pas celle d'Ame Tavernier, imprimeur
de l'ouvrage, auquel on doit sans doute le charmant caractère cursif fran-
çais avec lequel il est imprimé? Le dessin de cette composition est signé
d'Antoine Bosch, dit Silvius. » (Didot, Cat. rais., n^ 225.)
372. SA.MBUCUS (J.). Emblemata, cum aliquot nummis an-
tiqui operis, loannis Sambuci Tirnauiensis Pannonil.
Antçerpiœ^ ex off. Christ. Plantini. i564« ln-8; mar.
pouge, comp., tr. dor. [Lortic).
Première édition latine, ornée de 167 emblèmes et 4 ff. de médaillée.
220 LIVRES A FIGURES SUR BOIS.
Très belle impression eu caractères italiques, ornée de fleurons. Chaque
planche est entourée d'encadrements variés. Le portrait de Sambucus est
en tête. Le frontispice porte la marque de Silvius. Le volume est terminé
par une épitre à Grolier.
Magnifique exemplaire.
373. SAMBUCUS (J.). Les Emblèmes du signeur (sic) lehan
Sambucus. Traduits du Latin en François. Ânifers, Clir.
P/antin,it}6'j, In-12; mar. vert, fil. à fr., tr. dor. (Dura).
Première édition française. Les figures sont au nombre de 165, c*est-
à-dire deux de moins que dans Tédition originale (flg. des pp. 14 et 53).
Les gravures ne sont pas encadrées ; les médailles sont omises, ainsi que
le portrait. La préface de Plantin est fort curieuse.
Exemplaire très pur, avec nombreux témoins.
374. JUNIUS (H.). Hadriani lunii Medici emblemata ad
D. ArnoldumCobelium. Eiusdem ^nigmatum libellas ad
D. Arnoldum Rosenbergum. Antiferp., ex offic. Christ.
Plantiniy i565. In-8; mar. rouge, compart. à fr., tr. dor.
[Lorfic).
Édition originale, très bien exécutée. Elle ne contient encore que
58 gravures sur bois^ mais toutes les pages sont entourées d*an encadre-
ment de très bon goût dans le genre de de Tournes. » (Didot, Cat. rais.,
n» 229.)
Magnifique exemplaire, très pur.
375. FÂERNUS (G.). Centum fabulœ ex antiquis auctoribus
delectae et a Gabriele Faerno cremonensi carminibus ex-
plicalre. j^nluerpiœ, ex offi. Chr. Plantini. 1567. In- 16. —
JUNIUS (H.j. Hadriani lunii medici emblemata. Eiusdem
aenigmatum libellus. Ibid. 1 569. In- 1 6. — Les Emblesmes du
s. Adrian le leune Ynédecin et historien des estats de Hol-
lande^ faicts François et sommairement expliquez. A An^
i^ersy'cle fimpr. de Chr. Plantin^ i568. In- 10. En i voU;
mar. amarante, fil. à fr., fleur., Ir. dor. [Ijortic).
Le premier ouvrage compte iOO gravures sur bois; le secondy 889 et le
troisième (2« édit. franc.), 57 emblèmes, dont la plupart portent la muqae
de Silvius.
Bel exemplaire, réglé, de ce charmant volume.
OUVRAGES EN TOUT GENRE. m
C. — Suisse.
Baie.
ANONYMES.
376. Quadragesimale || nouum editû ac predicalû a quo||dain
fratre minore de obseruantia {| in inclita ciuitate Basilieii.
de filio II prodigo (C de angeli ipius ainino||nitone salubri p
sermones diuisû. (A la fin, avant la table :).... Impressum
Kasilee per Michaeleni farter Ciuè Basilien.,. mccccxcv
(1495). In-8, golh.; mar. La Vallière, riches comp., tr. dor.
{Lortic).
Première édition, fort rare.
« Ce volume contient 18 gr. sur bois très naïves, exécutées dans le
' style des xylographes. Elles montrent quel était le goût qui dominait à
Bâle avant l'influence de Holbein. » (Didot, Cat. rais., n® 254.)
Très bel exemplaire, avec nombreux témoins. Les gravures sont co-
loriées.
377. BRANT (S.). Stultifera Nauis Narragonice pfectônisnunq^
satis laudata Nauis; perSebastianû Brant, vernaculo vulga-
riq^ sermone & rhythmo... Atq^ iampridem per lacobum
Locher... in latinû traducta eloquiû, et per Seb. Brant
denuo seduloqj reuisa. (A la fin : ) Finis.,, In iaudalissima
Germaniç vrbe Basiliensi : nup opa & pmotione lohànis
Bergman de O/pe. Anna Salutis nre . Mxcccxcmi. kl. Martii
(1498). In-/|; mar. vert., fil., tr. dor. (Lortic).
« Cette belle édition reproduit les planches de l'édition originale latine
de 1497, dont le frontispice conserve encore le millésime, et porte en latin le
mot Nauis stultorU. Elles sont au nombre de 118, et, bien qu'elles soient
presque au trait, elles sont extrêmement remarquables par la verve et la
hardiesse de l'exécution. Les entourages, largement dessinés, ont beau-
coup de mérite pour l'époque. » (Didot, Cat. rais., n® 257.)
Bel exemplaire de ce livre précieux, qui eut un immense succès.
HANS HOLBEIN.
378. SENECA, SYNESIUS, EBASMUS. Lvdvs L. Annei Senecœ,
De morte Claudij Caesaris, nuper in Germania repertus,
cum Scholijs beati Rhenani. Synesivs. Cyrenensis de lau-
dibus Caluitij, loanne Phrea Brilanno interprète, eu Scho-
lijs Beali Rhenani. Eràsmi Roterodami Moriœ Encomium,
cû commentarijs Gerhardi Listrij, trium linguarû periti.
Ëpistola Apologetica Erasmi Roterodami, ad Martin um
m LIVRES A FIGURES SUR BOIS.
Dorpiù Theologum. (A la fin:) Basileee. In asdUn^s lo.
Froueniiy Men. viiil hrî, an. m7 dT xvirî '(>5i7). Pel. in-4 ;
vélin bl,
u Frontispice et lettres de Holbein. On conserve à la bibliothèque d»
Bâle Texemplaire môme d'Érasme de cette édition, sur les marges du-
quel Holbein a dessiné de sa main les figures qui ont été si déplorablement
défigurées dans les éditions de V Éloge de la Folie publiées au siècle passé. »
(Didot, Cat. rais., n» 261.)
Très bel exemplaire.
t
379. M0R13S (Th.). De optimo reip. statu deque noua insula
Utopia libellus... clarissimi... uiri Thomœ Mori. Epigramr
' mata clarissimi... uiri Thomœ Mori pleraq^ è Gnecis uersa.
Epigrammata Des. Erasmi Roterodami. (A. la lin: ) Basiteœ,
apua loan. Froùenium, mense Martio^ anno i5i8. In-4;
veau brun gaufré (/W. du XV P ^.).
« Les frontispices, lettres ornées et fleurons ont été dessinés par Hol-
bein, qui a signé cdnsi Tencadreraent de la page 17 : HANS HOLB., etl'eit*
cadrement en tête des Epigrammata ThomœMori, p. 165, des lettres HH.La
troisième partie, Ëpigrammes d'Ërasme, manque à cet exemplaire, ains
qu'à presque tous. Ils ont été ou supprimés ou arrachés par des catholiques
trop fervents. » (Didot, Cat. rais., n° 265.) Le nom mômç d'Érasme a été
soigneusement effacé au titre et dans la préface.
380. MORUS (Th.) & ERASMUS. De optimo relp. statu...
Thomae Mori. Epigrammata Th. Mori. Epigrammata
Erasmi. Basi/eœ, i5i8. In-4; mar. 1^ Vallière, fil., tr,
dor. (Lortic).
Même ouvrage que le précédent, mais avec les Ëpigrammes d'Érasme,
ornées d'un beau frontispice.
Magnifique exemplaire, avec gravures très bnllantes.
Danses de la Mort.
(Placé à Bàle, à cause de la provenaDoe des planches de la Danse de la Mort.)
381- HOLBEIN (H.). Les Simulachres de la Mort. — Pet.
in-4; ï^ï^ar. rouge^ fil., tr. dor. (ret. du XFllP «.)• .
QUARANTE-QUATRE DESSINS ORIGINAUX de Holbein, erécnté»
à la plume et légèrement relevés de bistre.
Avant de posséder ce précieux recueil et sans l'aroir va, M. . Didot
lui avait, d'après les renseignements fournis par des ourrays spé-
ciaux, consacré une notice détaillée dans son Essai sur ' la grawwe rar
bois, col. 60-66. Les iconograples les plus autorisés n'ont jamais mis en
OUVRAGES EN TOUT GENRE. 223
•
doute rauthencité de ces dessins. Mariette lui-même, qui les a vus chez
Grozat, a émis à plusieurs reprises Topinion que ces compositions étaient
bien de Holbein; «ils sont, dit-il, tellement dans son goût et sa manière
a qu'on n'imagine pas qu'un autre que lui ait pu les faire; c'est à quoi il
« faut s'en tenir. » Il est vrai qu'à un endroit de son Abecedario, il s'est
mis en contradiction avec lui-même en les attribuant à un peintre hollan-
dais nommé Jean Bockhorst, mais il ne faut point s'arrêter à cette asser-
tion, car il est historiquement prouvé que ces dessins ont fait partie
de la collection Arundel, en Angleterre, où Holbein les aura exécutés,
avant de passer dans les Pays-Bas où ils devinrent la propriété de ce même
Bockhorst. Ils ont été gravés sur cuivre par Hollar et publiés d'abord à
Londres, en 1647, et ensuite en Hollande, en 1651, avec des encadrements
ajoutés par A. de Diepenbecke, sous ce titre : Mortalium nobUitas iconibus
ab Holbenio delineatis et à W, Hollar exculptis, expressa ab Abraham a Die-
penbecke. On^est autorisé à croire que Hollar^ qui a vécu en Angle-
terre, de même que Holbein , devait être mieux informé que ne le fut
Mariette un siècle plus tard.
Sur ces quarante-quatre dessins, les sujets de trente-quatre sont gravés
dans l'édition de 1538, qui suit; ceux des dix autres se retrouvent dans
l'édition plus complète de 1547, avec cette différence que deux de nos
dessins à sujets doubles, qui représentent, l'un (n® 40) : des Enfants che-
vauchant sur des bâtons et un Petit Gueirier nu; l'autre (n® 41) : les Petits
Vainqueurs et le Triomphe du Petit Bacchus, forment quatre planches dans
l'édition gravée. Il en résulte qu'il ne manque à notre recueil que sept
dessins de cette suite, qui correspondent aux pi. n® 1, 3, 5, 8, 12, 25 et 40
de l'édition de 1538. Ce qui est à remarquer, c'est qu'il n'y a que la
partie droite du dessin n^ 39 {VIdiot entraîné par la Mort) qui a été repro-
duite par la gravure, tandis qu'un groupe d'enfants, du même style et de
la même main que celle qui a tracé les autres sujets , est resté inédit.
Cette circonstance, jointe à d'autres remarques faites par M. Didot, dé-
montre que nos dessins ne sauraient être considérés comme des copies
des gravures des Simulachres de la mort.
Quoi qu'il en soit, d'ailleurs, nous concluons avec notre vénéré maître
« qu'il suffît de reconnaître que ces dessins sont des chefs-d'œuvre ; que
« la tradition les a donnés à Holbein, et qu'ils en sont dignes à tous
« égards ».
Voici leur odyssée : de la collection Arundel, ils passèrent dans les
Pays-Bas et ont appartenu d'abord à Rubens, puis à Bockhorst. Ils tom-
bèrent ensuite entre les mains de Crozat, à la vente duquel, en 1771, ils
furent achetés par le conseiller Fleischmann, de Strasbourg, qui les donna
à Chr. von Mechel/de Bâle (dont ils portent Vex-libris). Ils furent ensuite
vendus au prince Gaîitzin, ambassadeur de Russie à Vienne-, et
transportés à Saint-Pétersboiu^g, où le voyageur Coxe, selon Dibdin, les
aurait vus dans le cabinet de l'empereur de Russie.
382. Les simulachres & || historiées faces | de la mort, avlant
ele||gammêt pourtraictes, que artifi||ciellement imaginées. ||
u4 Lyon^ Il Soubz Cescu de Coloigne, m.d.xxxviik (A la fin :)
Exc\fdebani Lvgdif^ni Melchior et || Gaspar Trechsel || fra-
224 LIVRES A FIGURES SUR BOIS.
ires. i538. Petit jn-4; mar. brun foncé, compart., Ir. dor.
Première édition avec texte de ces précieases [graynres. Les Ters sont
de G. Gorrozet ; la prose est de Jean de Vauxcelles ou de Yauzelles, qpî a
dissimulé son nom dans un jeu de mots, en tête de Tépltre dédicatoire à
M^ lehanne de Touszele, Salut dun vray zèle. Voir sur ce chef-d'oeuTre,
dont les planches auraient été exécutées à Bâle, Ters 1522, par Hans LO-
tzelburger, VEssai sur la gravure sur bois, par M. Didot.
Exemplaire réglé, grand de marges, et avec [de fort belles épreuTes.
H. : 0»,i73. Qq. race.
383. Les images de la mort, aux quelles sont adioustées douze
figures. iJauantage : la médecine de TAme, la Consolation
des Malades. Un Sermon de Mortalité, par sainct (lyprian.
Un Sermon de Patience par sainct lehan Chrysostome.
(A la fin : ) Imprime a Ljron à Cescu de Coloigne par lehan
Frellon, i547. """8; veau fauve estampé, fil.
Cinquième édition avec texte, et la première avec douze planches non-
Telles, ce qui en porte le nombre à 53. Elles sont fort belles d'épreuTes.
384. Simolachri^ historié, e figure de la Morte. La medecina
de L'anima. H modo, e la via di consolar gl' infermi. Un
sermone di San Cipriaho, de la mortalità. Due orationi,
Tuna à Dio, e Taltra à Christo. Un sermone di S. Giouan
chrisostomo, che ci essorta à patienza. Aiuntoui di nuouo
moite figure mai più stampate. In Lyone, oppressa Giouan
Frellone^ m.d.xlix (iS/ig). In-8; mar. noir, dent, à fr.,
tr. dor. [Niedrée^.
Septième édition avec texte ; 53 planches. Dans un avis anx lectenrs,
Frellon déclare avoir fait dessiner et graver les nouvelles flgores, et se
plaint d'un contrefacteur qui avait annoncé frauduleusement ses copies
comme plus belles que les originaux.
Très bel exemplaire, de la bibl. Yemeniz.
385. Icônes morlis, duodecim Imaginibus pneter prioreSi toti-
dénique inscriptionibus, praeter epigrammata è Gallicis à
Georgio yEmylio in Latinum versa, cumulatae. Basilem.
i554. In-8; mar. La Vallière, fil. à fr., fleurons, tr. dor*
{Lorlic),
Huitième édition avec texte; 53 planches. Très bel exeinplaire.
ANONYMES.
386. Effigies Des. Erasmi Roterodami litératorum principië &
Gilberli Cognati, eius amanuensis. unà cum eorumSym-
OUVRAGES EN TOUT GENRE. HSt
i
bolîs & Nozeretho Cognati patria. (A la fin : ) Basileœ, per
loanneni Oporinum^ i553. In-8; mar. rouge, comp. en
mos., tr. dor. {Lonic).
« Cette plaquette contient sept gravures sur bois au trait, dont lo
dessin pourrait être attribué à Holbein, mais qui sont d^une exécution
inhabile et négligée. Une planche double rçprésente Érasme dans sa bi-
bliothèque en face de Gilb. Cognatus, son scribe ou secrétaire, qui écrit
sous sa dictée. La date placée au bas de chacun d'eux, 1530, est suivie de
leur âge, 70 ans pour Érasme et 26 pour Cousin. Le portrait d'Érasme
dans un médaillon est on ne peut mieux exécuté. » (Didot, Cat. rais.,
n»3H.)
Très bel exemplaire de cet opuscule fort rare.
387. AGRICOLE (G.). Opéra di Giorgio Agricola de Farte de
metalli... Traaotti in lingua toscana de M. Michelangelo
Florio Fiorenlino. In Basilea^ per Hieronimo Frobeniq et
Nicolao Episcopio^ i56J. In-fol.; mar. rouge, compart. à
fr. et ornem., tr. dor. [Hardy).
« Cette belle édition renferme une suite de bonnes figures représentant
tous les appareils et les opérations de la métallurgie au XYI^ siècle. »
(Didot, Cat, rais., n» 314.)
TOBIAS STIBIHERk
388. Neue kùnstliche Figuren Biblischer Historien griîntlich
von Tobia Stimmer gerissen.... Zu Basel bci Thoma
Gwarin^ 1576. In-4; mar. brun, orn.^tr. dor. (Lortic)^
« Première édition, très bien exécutée, de cette belle suite de 170 gra-
vures sur bois entourées d'une large bordure. M. Brunet cite une édition,
avec quatrains latins, de Strasbourg, Jobiriy 1590; mais celle-ci est plus
précieuse. La marque de Tobias Stimmer se voit sur le titre. » (Pour plus de
détails, voir Didot, Cat. rais,, n<* 315.)
Magnifique exemplaire.
389. Ml3LL£R(Th.). Musœi louiani imagines artifice manu ad
viuum expressae. Nec minore industria Theobaidi Mvlleri
■ Marpurgensis Musis illustratœ. Basilese^ ex offi. Pétri
Pernœ^ 'S??- I""4; ^'àT. rouge, fil. à fr., tr. dor. {Nie-
(irée).
« Cent trente-neuf portraits de grands hommes, dans de riches bor-
dures, décorent ce volume. Le dessin en est d'un grand style et le carac-
tère des têtes très bien conservé. Ils ne portent pas de marque, mais ils
semblent dessinés par Tobias Stimmer, et Bartsch les lui attribue. >»
(Didot, Cat, rais,, n*» 316.)
15
%i^ LIVRES A FIGURES SUR BOIS.
Berne.
LE GBAVEUR I. K.
390. BOCCÀCCIO (G.). loannis Boccatii de Certaldo insi-
gne opvs de Claris Mulieribus. (À la fin : ) Exa^spm Ber-
nœ Hehet. per Mathiam Apiarium. Anno M. D. XXXIX
(1539). In-fol.; mar. vert foncé, fil., tr. dor. {Thomp^
son).
m
Ouvrage fort rare. « Plusieurs bibliographes croient que la marque I.K.
que ron trouve sur ces 15 gravures se rapporte à Jacques Kerver, impr. à
Paris, qui, avant de venir succéder à son père, avait exercé l'art de la
gravure en Suisse et en Allemagne. En tout cas, cette marque ne saurait
s'appliquer à Jacques Kôbel. » (Didot, Cat rais,, n^ 318.)
Très bel exemplaire, aux armes et au chif&e du marquis de Môrante.
Genève.
391. Antithesis Christi et antichristi, videlicet Papae, id est,
exemplorum, factoriim, vitae et doctrinae utriusque ex
aduerso collata comparatio, versibus et figuris venustissi-
mis illustrata. Recens aucta et recognita (studio Sim. Rosa-
rii). (Genei^œ)^ Apud Eustathium Fignon, 1578. In-8; mar.
vert, fil.,tr. dor. {Trautz»Bauzonnet).
« Pamphlet calviniste contre le pape et la messe. Trente-six vignettes
sur bois au trait , dont la plupart sont imitées *âu "PassUmal de Lucas
Granach (voir plus haut à Wittemberg, n<* 365), paraissent dans cette édi-
tion, dont le texte a été notablement augmenté sur les précédentes. »
(Didot, Cat, rais., n* 322.)
Magnifique exemplaire.
392. BÈZE (Th. de). Les vrais povrtraits des hommes il
en pieté et doctrine, dv trauail desquels Diev s'est serui en
ces derniers temps, pour remettre sus la vraye Religion en
diuers pays de la Chrestienté. Auec les DescriptioDS de
leur vie et de leurs faits plus mémorables. Plus quarante
avatre Emblèmes Chrestiens. Tradvicts du latin dfeTheo-
ore de Besze (par Simon Goulart). {Genève) Par lean de
Laon^ i58i. ln-4;inar. bleu, orn., tr. dor. (Hardy).
Ce volume précieux contient i03 grav., parmi lesquelles on voit qua-
rante-neuf portraits des précurseurs, des martyrs et des principaux adaptes
de la Réforme. A la fin se trouvent 44 emblèmes très joliment gravés et
fort bien tii*és.
Très bel exemplaire. Qq. coins race.
OUVRAGES EN TOUT GJBNRB.
D. — ItaU».
Ferrare^
393. BERGOMENSIS (Jac. Philippus Forestcs). De||plurimis
Claris sceletisque [sîc) \\ Mulieribus Opus || prope cliuinum
nouissimc || conge||stuin. (A la fin :) Opus de claris selec^
tisque plurimis mulieribus a fratre la: philippù Her^omense
éditant explicil, maxîa cu^ diligenlia reuisu$ t castigatiïper
Reueren... Magistrum Albertu^ de placèlia : t Jrem jéugus-
tinus de Casali. . . Ferrarie ipressu^ Opéra t Ipensa Magistri
Laurent a de rubeis de Ualentia tertio kat maias anno sa^
tutis nre M. cccclxxxxvij {\[\^'])... In-fol., goth.; mar.
La Vallière, fil. àcomp., ûrnem., tr. dor. (JLortic).
« Livre très rare. Il contient des gravures sur bois remarquables. Tel est
le frontispice daté de 1493 représentant Tauteur offrant son livre à la reine
Béatrice d'Aragon. Cette grande page, ainsi ^e le beau diptyque du
verso du f. 1, est encadrée d'un entourage au simple trait, d'un beau style
italien. Les portraits des femmes illustres sont Nombreux, bien qu'il y ait
des répétitions, et destinés à l'enluminagQ. Ils sont d'Un très beau carac-
tère. Le titre est xylographique. » (Didot, CaU rais.^n^ 341.)
Ce livre est célèbre comme un des pren>iers avec portraits. Dans sa
galerie de femmes illustres, l'auteur a plkcé aussi la papesse jfeanne.
Magnifique exemplaire. •
394, HIERONtMUS (S.). Vi||ta episto||lede sanctohîe||ronymo
urgaljre {sic). (A la fin : ) Impressa e la présente opéra.....
ne la inclita Sl florentissima cita de Ferrara : per Maestro
Lorenzo di Rossi da f^alenza ne gli anni de la salute del
mundo MCCCCXCyil (1497). ^ ^ -^^ ^^ Octobre. In-fol.,
à 2 col.; mar. vert, riches comp.| trj dor/ (Xor/i>).
« Édition remarquable par ses gravures sur bois^ les beaiix entourages
de style florentin qui décorent les grandes planches, les netites vignettes
au trait, destinées à l'enluminage, et les cbarinantes initiales du texte. Le
ùoih du traducteur, Matheo de Ferrara, potiêrô jesuato, se lit' à la fin.
« Cet exemplaire magnifique est sans aucune dédicace, <naî$ on lit, au
verso dii f. 1 (après la Vie) : Hercvlis. Esten. Dveis. inclyti, ne. invictiss.
felid, avspicio, ac, liberalitate. maxima. divi hvsronynd. hoc. ^acratiss.
opvs impre&svm, est ferrariœ. an. sal. M. cccc.Lxxxxiiii., date en contradic
tion avec celle de la souscription. » (Didot, Cat. rais., u? 342.)
Florence.
395. (SAVONAROLA.) Predica del arte del benemorire. (Au-
dessouSy la gravure du Triomphe (te là Mort ; iii y^ dé ce
»;:'.
M8 LIVRES A FIGURES SUR BOIS.
f. : ) Predica dellarte del bene morire facta dal Reuerendo
Paj|dre Frate Hieronymo da Ferrara a di. ii. di No||ueinbre.
.MCCCCLXXXXVI. & Il racolta da Ser Lorêzo Violi dajlla
uiua uoce del predecto || Padre mètre cfî || predicaua. (A la
fin :) Lavs Deo. S. L n. d. {1496). In-4, lettres rondes,
18 fi. de 34 lign. à la page, sign. a-c; mar. rouge, jans.,
tr. dor, {Dura et Cliambollé).
Ce précieux recueil diffère dans le détail de la description de celui que
le Manuel^ t. V, col. 167, indique, sous cette même date, au mot Sayona-
aoLA. Les quatre gravures sur bois sont du plus beau stjle florentin.
Très bel exemplaire de cette édition de toute rareté. Qq. race.
396- (SAVON AROLA.) Predica dellarte del Bene morire (Au v*
de ce f. : ) Predica dellarte del bene morire facta dal re||
uerendo padre Frate Hieronymo da Ferrara||adi ai. di No-
ucbre. MCCCCLXXXXVI || & racolta da Ser Lorenzo Violi
' dalla uiua uojjcedel predecto padre mentre cbe predicaua.
(A la fin : ) Lavs || De||o. S. /. n. d. (1496). In-4Y de 18 fF. à
34 lignes, sîgn* d-c; cuir de Russie, orn. à froid et un
portrait de Savonarola en or dans un médaillon.
G*est Tédilion décrite au Manuel, Elle est conforme à la précédente,
page pour page, sauf les quatre dernières. Les quatre graTores sur bois
dont elle est ornée, offrent, à Texception de celle du titre, les mêmes
sujets, plus ou moins modifiés, que ceux de l'édition ei*deasiis. Toutefois
il n'est pas facile de dire avec certitude laquelle de ces deux éditions a
précédé Tautre.
FoUgno (?).
397. TURRECREMATA (J. de). Meditationes Reuerendissimi
patris II lohannis de Turrecremata Sa||crosancte Romane
ecclesie Cardinalis posi||te etdepictede ipsiusmandato in
ecclesie ||ambitu sancte Marie de Minerua Rome. (A la fin : )
Contem/dacôes supradicte. . . impresse fi || iohannem numeis^
ter clericuni r?tfigun\\tinû jénno dni Millesinioquadringen ||
tesimo septua*^esimo nono (i479) die tercia më{\sis sepië^
bris. Petit in-fol., gôth.; ais de bois recouverts de veau
estampé, avec clous et fermoirs [rei. itai. du Xf^ j.).
« Ce beau volume est un des plus curieux spécimens de la typographie
au XV« siècle. Numeister, élève de Gutcnberg et son associé, flzé à Foli*
gno, chez Emiliano de Orfani, de 1472 à 1479, y a imprimé plosienrs
ouvrages, dont celui-ci est un des plus remarquables. Dibdio emX ^t!û
a été imprimé à Mayence, parce que le papier porte la marque de U tête
de bœuf. Les caractères gothiques se rapprochent pour la forme de ceux
OUVRAGES EN TOUT GENRE. 2Î9
de Mayence, mais la gravure en est plus élégante. Ce serait le seul ouvrage
en ce genre de caractères dits de forme qui, à ma connaissance, aurait été
imprimé au XV^' siècle en Italie. La beauté de Timpression offre un con-
traste singulier avec la première édition du Dante, que je possède et qui
est imprimée en caractères rgnds fortjmparfaits. Les trente-quatre gra-
vures des Méditationes, qui offrent l'apparence des nielles, sont entourées
d*un passe-partout qui se reproduit de deux en deux. Le style du dessin
est plutôt italien qu'allemand et elles diffèrent de celles du n<* 404, ci-
dessous. » (Didot, Cat, rais., n^ 346.)
Dibdin (BibL Spenceriana, t. IV, n^ 792) a donné des fac-similé de la
première gravure, avec le titre qui est placé au-dessous, ainsi que de
deux autres.
Le présent exemplaire de ce volume rarissime est d-une beauté surpre-
nante et revêtu de sa première reliure admirablement conservée. Le dern.
f. est refait avec une perfection extraordinaire.
Milan.
398. (SPIRHO, Lorenzo) Libro De La Ventura OUero De Le
Sorte... (Al la fin : ) Slampato in millào per Zanolode Cas-
teltion Fatto aie spese de loliàne lacobo de Legnào Scfra^
telli^ nel M cccccviii (i5o8) a di xxviii de a^vsio. In-foL,
lettres rondes; mar. La Vallière, riches compart., Ir. dor.
{Lortic).
« Les gravures et les entourages de ce volume sont d*un grand style.*»
(Didot, Cat. rats.^ n® 347.) Très bel exemplaire.
399. (KETHAM, G.) Queste sono le cose conlenute in questo
dignissimoFasciculo di medicina Uulga|!re...(A la fin : ) Qui
finisce ei Fasciculo de medicina Uulgarizato perSabnstiano
Manillo Roninno E stam\\pilo per Joanne de Cnslelliono aie
spe {sic) de Joàne iacohozfratelli de legnano. Nel. M. ccccc.\\
viiij. (ï5o9) adi.xxiij» de iMazo [iic). In-fol., goth.; mar.
La Vallière, fil. à comp., tr. dor. {Lortic).
Édition extrêmement rare, ornée de dix grandes planches, dont plu-
sieurs sont au trait et d'une beauté remarquable. La première, représen-
, tant un médecin en chaire, porte au haut l'inscription : Tetro$ de Monta-
gnana^ dont un traité se trouve en tête du volume.
Très bel exemplaire.
Pavie.
400. GUALLÀ (J.). Jacobi Gualle JurejlconsuUi Papie|| Sanc-
tua||ri~uin. (A la fin : ) Finis Sanctuarii ; Papie aniiyuiiatà
Retiquiarû snnctorus que\\erât in Ârce Papie : /ndulgentia^
230 LIVRES A FIGURES SDR BOIS.
, quamlb^ eccliesiarn$ intra || t extra ciuiiatè : ac vbi iaceat
: corpus b. Berna rdi ni de Feltro, || Imperssu^ Papie^ magis^
..,i irû lacob de Burgofràcho || Anna domini. M cccccv (i5p5).
■•■■ die .X. Il mensis Nouembris. 111*4) gotli., de 4 ff* Hm., 9a
ff. ch. et 6 ff. non ch. ; mar. La Vallière, riches compart.
à fr., tr, dor. [Lortic).
Livre extrômement rare, non cité au Manuel, « Ce Yoliime est curiem:
pour Fhistoirc des antiquités de Pavie et la description des reliques de son
sanctuaire. On j Toit qu'entre autres reliques, Pavie possédait un poil de
TAne et du bœuf de la sainte crèche. Les figures, très peu ombrées, sont
d'un bon dessin et assez bien gravées. » (Didot, Cat. rais,, n^ 356.)
. j Très bel exemplaire.
Rome.
401. TURBECREMÂlTA (J. de). Meditationes Reuerendissimi
patris domini lohannis de Turrecre||inata.... (Ce titre est
au y"" du i" f., au-dessous d'une gravure; à la fin on lit :)
Finile sunt conternplaliones... Romejp Vdalricù f^allum ale^
manu Ànno domini. Mcccclxxçiii {\[\']%). Die uero .Uc.
Decembris,.. Pet. in-fol., goth., de 3o ff. non ch.; mar.
vert, fil. à fr., tr. dor. [Dura).
Cette seconde édition de Rome, fort rare, contient 33 gravures sur
' bois, les mômes que celles de l'édition originale de 1467, dont on ne con-
naît que trois exemplaires. Le Jugement dernier n'y a pas été inséré. <c Ce
sont Ivp premiers bois qui aient figuré dans un livre imprimé en Italie.
Le dessin en est italien et l'exécution semble être allemande. » (Didot,
Ca^ rais., n» 358.)
Très bel exemplaire, avec figures en partie coloriées.
402. (PHIUPPI (de Barberii) Opuscula.) (A la fin :) Impssum Ro.
An. dhi MŒCCLXXXI (1481). Se\\dète Sixto. iiii. Pont.
Max. An. eius Vndecimo || f)ie prima mensis decemhiis.
Fœlidler. Pet. in-4, de 8a ff., lettres rondes; mar. vert,
semé d'hermines, avec bord, en mar. rouge, Ir. dor.
t
Ce curieux volume, imprimé probablement par Philippe de Iign%-
mine, qui l'a dédié à Sixte IV, et dont Dibdin a donné des fao-simile
{fiihl, spenc,, tome III, p. 174), est amplement décrit au Manuel^ tome IV»
col. 608. Il contient 29 flg. sur bois très archaïques, représentant les pro-
phètes, les sibylles, etc.
Exemplaire de dédicace au pape SIXTE IV, dont les armes, avec les
' attributs pontificaux, et supportées par deux chevaux marins, sont peintes
.en grisaille sur la première page et entourées d'one charmante bordim
K avec ornements d'azur sur fond jaune pâle. Plusieurs initiales des cha-
pitres sont richement enluminées.
OUVRAGES EN TOUT GENRE. «M
Venise.
403. DANTE. ^La Divina Comedia, col commenta di Landino.)
(Au v** du f. 3i5 : ) ^/ Fine del comento di Christoforo Lan-
dino Fiorenlino sopra la comedia di Danlhe poeta excellé^
tissimo. E impvesso in Vinegia per Petro Cremonese dito
Veionese. Adi. xmi. di nouëbrioM. cccc.Lxxxxi ( 1 49 0 ^men-
dato per me maestro piero da Jighino dellordine de fraii
minori. In-fol., lettres rondes; cuir de Russie, compart.
. à fr.
Les graYures sur bois, au nombre de cent, que renferme cette édition
précieuse et rare, et dont le dessin est attribué à Mantegna, ont été £gio
simi]ées par Dibdin, dans Jes Mde$ althorpianœ, t. H, n<> liOO. Elles sont
au simple trait. C'est la seconde édition du Dante qui ait été illustrée de
gravures sur bois.
Très bel exemplaire, bien complet.
404. (COLONNA, Franc.) Hypnerotomachia Poliphili, vbi
Humana omnia non nisi somnivm esse docet... (A la fin :)
Venedis Mense decembri. m. id. (i^Qq) '^ sedibus AldiMa^
nulii. In-foL- ; mar. rouge, compart. avec ancre aldine au
milieu des plats, doublé de mar. bleu, d,ent., tr. dor.
[Lortic).
Première édition de ce livre précieux sous le rapport de Tart du des-
sin et de la typographie. C'est sans contredit le monument le plus remar-
quable de la gravure italienne sur bois. Les figures,, au nombre de 455,
au trait, d'un beau dessin, ont d'abord été attribuées à Mantegna, puis à
Bellini, ou à Benedetto Montagna. (Voir là-dessus Didot, "Essai iur to
qvaM, s. hois, et A]de Manuce, pp. 132-i35.)
Magnifique exemplaire, très pur.
405. (KETHAM, J. de) Fasciculus medicinœ. Impressum Fene-
dis per loannem f Gregoriù de Gregoriis //aires, ann. dom.
i5oo. In-fol., goth.; mar. rouge, fil. à compart. à fr.,
ornem., tr. dor. {Lortic).
L'une des premières éditions de ce livre remarquable par les grandes
gravures d'un très beau dessin dont il est orné. Elles sont d'un excellent
maître italien, et ont été attribuées à Mantegna. Elles diffèrent de celle»
de l'édition de Milan, ci-dessus (n<* 399).
Très bel exemplaire.
GIUSEPPE PORTA, DIT GARFAGNINO.
406. MARCOLINO (Fr.). Le Sorti di Francesco Marcolino da
Forli, intitolate Giardino di pensieri allô illusfrissimo
Sd2 LIVRES A FIGURES SUR BOIS.
signore Hercole Estense duca di Ferrara. (A la fio : ) In
Venetia per Francesco Marcolino da Forli ne gli anni del
Signore m. d. xxxx (i54o) del mese di Oltobre. In-foL^ à
a col.; vél. blanc, {anc. rel. itaL).
« Livre singulier de bonne aTenture, avec les questions et les réponses
par les cartes à jouer, et des explications en vers par Lodovico Dolce.
Édition rare et fort recherchée à cause des gravures sur bois de Gioseppe
Porta Garfagnino, qui le décorent, et qui sont d'un très beau dessin et
d'un style excellent. Superbe frontispice. » (Didot, Cat. rais., n^ 406.)
Très bel exemplaire. •
407. DONI (Ant. Fr.). La Zucca del Donî. i55r. — Le Baie
délia Zucca del Doni. i55r. — Le Chiachiere délia Zucca
del Doni. (A la tin : ) In yinegia^per Francesco Marcolini,
i55i. En I vol. in-8; mar. La ValUère, fil. à fr., fleur.,
tr. dor. [Ijortic).
« Le beau frontispice qui orne ce livre, les 25 gravures sur bois qui
le décorent (dont quelques-unes se répètent), font beaucoup d'honneur à
l'imprimeur habile qui a su donner l'impulsion à l'art de l'illustration des
livres en Italie. Le dessin est de Giuseppe Garfagnino, On y sent quelque
peu l'influence de l'étude de Michel-Ange et de Raphaël. » (Didot, CaJt,,
rais., n« 407.)
Très bel exemplaire.
408. DON!. I Marini del Doni, academico peregrino.... In
Finrgia^per Francesco Marcolini, i5^2. 4 parties en i vol.
in-4; mar. rouge du Levant^ fil. à compart., tr. dor.
{Ijorlic).
m
« Les 46 gravures sur bois de ce beau' volume sont exécutées par dif-
férentes mains, d'après les dessins de Garfagnino. Le portrait de Marco-
Uni, admirablement gravé, se trouve au f . 15 de la quatrième partie. »
(Didot, Cat. rais., n» 408.)
Magnifique exemplaire.
ANONYMES St CESARE VECELUO.
409. DANTE. La Comedia di Dante Àligiericonlanova espo-
sitione di Alessandro Vellvtello. (A la fin : ) Impressa in
yinegia per Francesco Mnrcolini ad insinntia di Alessandro
Vellutcllo del mese diGugno (sic) lannoM. D. XLIIII(i544)*
In-4) car. ital ; mar. brun, riches ornem. repoussés et dorés
, sur les plats, tr. dor. et peinte^ [rel. ilal. du XFT s.).
'' L'une des meilleures éditions anciennes du Dante. Elle est ornée de
OUVRAGES EN TOUT GENRE. 233
86 figures sur bois ; qnelques-unes sont répétées plasiears fois. Elles sont
finement gravées, bien tirées et d'un beau dessin.
Très bel exemplaire, revêtu d'une charmante reliure vénitienne, fort
originale.
410. ALCIATUS (A.j. Aiidreae Alciatî emblematum libellus
nuper in lucem eaixus {sic). F^netiis M. D. XLVI. (A la fin :)
ApudAldiFillos. Venetiis, M. D. XLVI (i 546), mense Junio.
In-8, de 5o pp.; mar. rouge, fil. à comp. à froid, ornem.
et ancre aldinesur les plats, tr. àov. [Lortic).
« Quatre-vingt-quatre emblèmes sur bois figurent dans ce petit volume.
Ces gravures sont d'un dessin excellent qui rappelle Raphaël ou Jules Ro-
. .unain. Cette édition est fort rare, et peut-être la plus précieuse de toutes
celles de ces emblèmes. C'est un des rares volumes où les Aides aient mis
des gravures. » (Didot, dit, rais,, n^ 414.)
Magnifique exemplaire, avec témoins.
411. DOLCE (L.). Le Trasformationi di M. Lodovico Dolce.
In Venetiay oppressa Gabriel Giolito de Ferrari e frateL,
i553. In-4; mar. doré en plein, avec riches ornem. en
mosaïque, tr. dor. et peinte, {rtl. iial. du XFl^ s.).
« Cette édition est la première avec des figures : elle est recherchée à
cause des 86 gravures sur bois dont elle est décorée. La plupart d'entre
elles sont d'un dessin savant et correct, et quelques-unes sont exécutées
avec un fini qui ne le cède guère au talent des artistes lyonnais du même
temps. Les fieurons et les lettres ornées sont charmants. C'est un des plus
beaux livres sortis des presses de Venise. » (Didot, Cat, mis., n® 417.)
Le Manuel ne dit pas qu'il y a deux éditions avec la date de 1553. La
première, à laquelle appartient notre exemplaire, porte au-dessus du
titre la dédicace : A//' invittiss. e gloriosiss, imp, Carlo Quinto; elle compte
6 CF. prél., 310 pp. ch. et 1 f. (la marque), et les exemplaires en sont fort
rares. La seconde porte au titre cette mention : Di nuovo ristampate. Elle
a en plus un privilège en français accordé par le roi Henri II et une table
■^ de matières; elle compte 8 if. prél., 309 pp. ch. et 5 If.
Exemplaire de toute beauté, en grand papier, presque non rogné et
d'une pureté extraordinaire. Il est revêtu d'une admirable reliure véni-
tienne d'un goût exquis et qui offre peut-être un spécimen unique en ce
genre.
412. Contemplatîo totivs vit.ne et passionis domini nostri lesv
Christi... yetietis, apud loannem Oslaiim, et Petrum Val-
^risium^ i557. In officina Erasrniana venundanlur. Pet.
in-8; mar. vert, fil. à fr., tr. dor. {Thompson).
« Ce joli volume contient 50 vignettes sur bois bien gravées et bien
r\- imprimées. Ce sont, en général, des copies d'après les compositions -de
• la "Petite Passion d'Albert Diirer. » (Didot, Cat, rais., n* 419.)
2a4 LIVRES A FIGURES SUR BOIS.
413. YECELLIO (C). De gli habiti antichi, et modérai di
Diuerse Parti del Mondo libri due, fatti da Cesare Vecellio,
& con Discorsi da Lui dichiarati. In Fenetia, M. D. XC»
( 1 5c)o),presso DamianZenaro.lnS ; veau fauve^ fil., tr. dor.
Édition originale, avec entourages et 420 figures. Elle est fort rare.
Bel exemplaire , de la collection Yemeniz.
414. YECELLIO. Habiti antichi et moderni di tutto il'Mondo.
di Cesare Yecellio. Di nuouo accresciuti di moite figure»
Yeslîtvs antiquorum, recentiorumque totius Orbis. Per
Svlstativm Gratilianum Senapolenâis Latine declarati. In
Fenetia, appresso i SessUy idqS. ln-8; mar. rouge, fil. à
fr., orn., fleur, et tr. dor. {Cape).
*
Seconde édition, augmentée de 87 nouvelles figures.
Très bel exemplaii'e.
415. VERDIZOÏTI (G.-M.). Cento favole moralî de î piu il-
lustri antichi, & moderni autori Greci, & Latini, scielle &
trattate in varie manière di versi volgari da M. Gio. Mario
Yerdizotti... In Fenetiay appresso Giordano Zileii^ iB'jo.
ln-4; mar. rouge, jans., tr. dor. {Durit).
« Les 103 gravures sur bois de ce livre, plus 1 frontispice, qui occupent
toute la page, ne sont dépourvues ni de hardiesse ni de nalyeté. Elles
sont dues, dit le Manuel^ à Tauteur lui-môme, simple amateur. Quelques-
unes sont, dit-on, exécutées d'après les dessins du Titien. » (Didot, Cqâ.
rais,, n® 429.)
Très bel exemplaire.
416. Figvre del vecchio (e del nuouo^ testamento, illustratedi
bellissime stanze volgari da Gabriel Simeoni. MuouameDla
ristampate, & con diligenza corrette. In Vinegia^ pressa
gU heredi di Nicolo Beuilaqua & Compagnie M. D. LXXIIII
(i574)« 2 tomes en i vol. in-8; mar. gris, riches compart.
en couleurs, tr. dor. [Hagué),
Les 369 figures, dont 254 à TAncien Testament et 115 an NouTeau, sont
d*un beau style et bien gravées. Dans quelques-unes, on remarque dee^
réminiscences de la Bible de Holbein et des Quadrins du Petit Bernard,
hommage rendu par les Italiens au mérite de ces deux artistes. C'est, eo
somme, un des rares volumes à gravures sur bois italiens qai soient joUs.
Magnifique exemplaire.
417. Biblia sacra vvlgatae editionis Sixti qvinti Pont. Max»
ivssv recognita atque édita. Veneliis, apud Euangeliêtam
OUVRAGES EN TOUT GENRE. sSi
Deuchinum ti lo. Baptistam PulcianiSocioSy 1608. In-foL;
veau rouge, comp., tr. dor. [anc. reL).
« Cette belle édition contient 247 gravures sur bois de la grandeur des
figures du Petit Bernard. Ces vignettes, surtout lés premières, sont re-
marquables, et Ton pourrait admettre que le Titien en a composé quel-
ques-unes. Celles qui se trouvent vers la fin se répètent plusieurs fois, et
sont, pour la plupart, déjà usées, sans doute pour avoir passé dans de
précédentes éditions. Plusieqrs gravures du commencement sont une ré-
miniscence éloignée de la Bible de Holbein.
« Exemplaire bien conservé d'une édition à laquelle on n'avait pas
jusqu'ici accordé assez d'attention sous le rapport des figures. C'est un
des plus beaux livres italiens poui' la composition et la gravure. » (Didot,
Cat. rais,, n*» 446.)
E. — Espagne.
Grenade.
418. SALAYA (S. de). Repertorio deti6||pos nueuamente cor-
regido por{|el famoso doclor Sancho de Sa||laya/cathedra-
tico de Astrologia{|en la vniuersîdad de Salamau||ca : el
quai tambien anadio||enel Lunario xxii aîios|| sobre lo que
andaua || Impresso hasta|| agora. M. D. xlij.(A la fin : ) Fue
impresso en la ciudad de Granada, Acabose a ,xxix.
dias del mes de abril: ano de]M. D. ^.xlij. (1542). Pet.
în-8, sign. a-k par 8; mar. La Vallière, fil., tr. dor.
(Lorlic).
« Les figures de cet almanacb astrologique, extrêmement rare*, sorte
de Compost des bergers, ne sont pas dépourvues d'art. Le cadre du fron-
tispice porte la lettre Y. » (Didot, Cat, rais. y n® 450.)
Très bel exemplaire.
Madrid.
419. TORRE (J.-G. de laj. Dialogo llamado Nuncio legato
mortal, en métros redondos castellanos. Compuesto por
luan Gonçalez de la Torre. En Madrid^ en casa de Fran-
cisco SancheZy i58o. In-8, de io5 ff. ch.; mar. La Val-
lière, fil. àcomp., ornem. ettr. dor. [Lortic).
« Ce volume, qui est une espèce de danse des morts en vers castillans^
contient 18 gravures sur bois d'un style original, qui n'emprunte rien aux
autres écoles. Plusieurs d'entre elles se répètent jusqu'à quatre fois. «^
(Didot, Cat. rais., n* 452.)
Très bel exemplaire de ce livre extrêmement rare, que Brunet ne cite
que d'après le bibliographe Antonio.
236 LIVRES A FIGURES SUR BOIS.
Saragosse.
420. Thesoro de la passion sacratissi || ma de nuestro redemp-
tor. (A la fin : ) La présente obra fue acahada en la insi--
gne ^ muy noble ciudad de Çaragoça de Aragon por in-
dustria y expèsas de Patdo Hurus aleman de Côstancia : a
dos dias del mes de octubre en el aho de la humana salua'-
cion Mil quatro cièlos nouêta y quatro (i494)* Ip-fol.,
gotli. ; mar. La Vailière, jans., tr. dor. (Lorlic).
Volume d'une rareté extrême, et peut-être le premier livre exécuté en
Espagne qui contienne des gravures sur bois. Les trente-huit flgures qui
le décorent, bien qu'elles portent l'empreinte du style dés maîtres primi-
tifs des Pays-Bas et de l'Allemagne, sont remarquables par une certaine
originalité. « Ces volumes, dit M. Didot {Essai sur la gravure sur bois, col.
269), sont bien supérieurs aux premiers essais de ce genre que Ton voit
paraître dans les incunables allemands ou lyonnais. Ce spécimen est
d'autant plus curieux que, se rapprochant du style des premiers xylo-
graphes et de la composition de Van Eyck, de Memmling et de Martin
Schôn, il montre dans une contrée éloignée l'influence d'un art dont, &
cette époque, on commençait à s'écarter dans la plupart des antres pays.»
Très bel exemplaire.
F. — France.
Lyon.
ANONltlIES.
421. (TERENTIUS.) Guidonis luuenalis natione Cenomani ||
in Terentium familiarissima interptatio || cù figuris uni-
q^ scœnœ prœpositis. (Au r"" du f. Qiiii ; ) /mpresstwi est
hoc opus Cura atq^ impensis Mas^islri lohannis TrechseL
In ciuitaie Lugdunensi. Anru) M.CCCCXCIII (i49^)« ^
quarium kalendas seplèbrias, Gr. iii-4, lettres ' rondes, de
019 ff. ; mar. La Vailière. fil. à comp., fleur., ir. dor.
(A,o/v/V).
Livre éminemment remarquable au point de vue de l'histoire de la
gravure sur bois, et le premier ouvrage réellement beau que la France ait
produit en ce genre. « Ce qui fait le cbarme de ces nombreuses (159)
compositions, dit M. Didot (E&sai sur la gravure sur bois, col. 226), et oe
qui est surtout apprécié des artistes, c'est la vie, c'est la mise en scène
toujours vraie et aussi simple que spirituelle dans sa naïveté; c'est l'as-
pression des figures et la pose naturelle decbaque personnage; c'est enfin
l'entente de la situation si bien rendue qu'elle semble vivante... »
Superbe exemplaire, avec témoins.
OUVRAGES EN TOUT GENRE. 237
432. BRANDI (Séb.). La grad nef des||foiz du monde... i53o.
On les vend a Ijron en la maison de Fràcoys lus te Impri-
meur... (A la fin : ) Cy finis t la nef des folz du monde.
Premièrement composée en nleman par maistre Sebastien
brant docteur es dioitz. Consecutiuement daleman en la-^
tin rédigée par maistre lacques locher. Reueue et ornée de
plusieurs belles concordances par ledit brant. Et de nouuel
translatée de latin enjrancoys et imprimée a Lyon sur le
Rosne par Francoys luste Imprimeur. Le dernier Tour du
moys de luing. Lan M. CCCCC. xxix (iSag). ln-4î goth., à
long, lign.; mar. rouge, fîl., Ir. dor. {anc. rel.).
Livre fort rare. Les figures sont habilement copiées sur celles de Tédi-
tien de Bâle. Très bel exemplaire.
*
423. Le grât Kalêdrier || Des bergiers nou||uelleinent im-
prime || a Lyon. Ordonne II a la vérité auquel ||sOt plusieurs
aug||métatios ^ correcli||ons nouuellemêt || adioustees
aultre||ment quil nestoit|| par auant... (Au bas du v"" du
95* f. :) Finit a Lyon 1 5 10 Dauril le 8. ln-4, goth., de 96 ff.
non cb. ; veau fauve, fil., dos à petits fers (Padeloup).
Livre rare et curieux. Le titre et le calendrier sont imprimés en rouge
et noir. « Les figures sont au nombre de 80, et très intéressantes. Quel-
ques-unes sont imitées de l'édition de Paris, de Guyot-Marchant, mais un
peu grossièrement, et cependant elles conservent un reflet du grand style
de ces gravures. Les caractères et initiales fleuries sont les mêmes que
dans les Sept Sages de Rome et dans Olivier de ,Cas tille , imprimés à
Genève par Louis Garbin, dit Cruise (le premier en 1492, le second vers
la même époque) ; ce qui permettrait d'attribuer Timpres sion de cette
belle édition à Amoullet, qui, comme nous l'avons montré ailleurs, était
à cette époque de 1510 en possession des gravures et des initiales de
Loys Gruise. » (Didot, Cat. rais,, n° 469.)
Très bel exemplaire. Haut. : 0™,239.
>
UANS HOLBEIN.
424. Historiarum ueteris instrument icônes ad uiuum ex-
pressœ. Unà cum breui, sed quoad fîeri potuit, dilucida
earundem expositione. Lugduni, sub scuto coloniensi.
M.D.XXXVIIL (A la fin:) Ëxcudebant Lugduni Melchior
et Gaspar Trechsel fr aires ^ i538. Pet. in-4; n^ar. La Val-
* lière, fil. à comp., orn. et tr. dor. [Lortic).
Édition originale. Elle contient 92 gravures bien tirées. Il est rare de
les rencontrer en si belle condition.
238 LIVRES A FIGURES SUR BOIS.
425. Historiarum Veteris testamenti Icônes ad uiuum ex-
pressœ, unà cum breui, sed quoad fieri potuit dilucida
earundem & latina & Gallica expositione. Tjigduni, sub
scuto coloniensi. MDXXXIX. (A la fin : ) Excudebant Lug-
duni Melchior et Gaspar TrechselfratreSy iSSg. In-4! ni^^*-
La Vallière, bord, à fr., tr. dor. [Lortic).
Deuxième^ édition, fort rare. Elle contient 94 gravures, c*est-à-dire
deox de plos que la première. Ce qui lui donne une importance particu-
lière, c'est une pièce de vers latins, où Bourbon de'Vandœuvre annonce
que c'est à Ilolbein qu'on doit les dessins de ces figures. Cette pièce ne
fîgure pas dans l'édition précédente.
Exemplaire avec de fort belles épreuves. Qq. marges habilement res-
taurées.
426. Icônes Historiarum veteris Testamenti, ad viuum ex-
press», extremaque diligentia emendatiores factas, Gailicis
in expositione homœoteleutis^ ac versuum ordinibus (qui
priùs turbati ac impares) suo numéro restitutis. (A la fin :)^
Lugduniy excudebal loannes FrelloniuSj i547* 10*4; mar.
vert, ornem., tr. dor. [Cape).
Cinquième édition contenant, pour la première fois, deux gravures
de plus (94), et une plancbe des quatre évangélistes, qui n*est pas de
Holbein. Très bel exemplaire.
427. Retratos o tablas de las historias del Testamento viejo
bêchas y dibuxadas por un muy primo y sotii artifice. En
Lion de Francia, sa el escudo de Colonia. [k la fin : ) iMg^
duni excudebat Johannes Frcllonius, iS49* In*4f mar.
brun clair, comp., tr. dor. [Hardy).
Sixième édition, contenant 94 figures, plus les quatre évangélistes.
Elle est fort rare. Magnifique exemplaire.
428. Tlie images of the old Testament^ lately expressed, set
forthe in Inglisbe and Frencbe, vuitb a playn and brief ex*
position. Prinlid ai Lyons, bjr lohan FrelloUy the jrere of
our lonlGod. i549- P®^' ^*^*4; ™ar. rouge, fil., tr. dor.
{anc. rel.).
Cùsi la septième et probablement la dernière édition tirée sor des
plancbcs orif^inales. Elle contient le mémo nombre de gravures qae la
précédente, et elle est plus rare que les autres.
Très bel exemplaire.
429. BORBONIUS (N.). Nicolai Borbonii Vandoperani lingo-
nensis nugarum libri octo. Ab autore recens aucti et
OUVRAGES EN TOUT GENRE. 239
gnitî. Lugduniy apud Seb. Gryphium, i538. In-.8; veau
fauve [anc. reL).
« Édition remarquable, au point de vue de l'histoire de la gravure,
par les deux portraits différents de Bourbon de Vandœuvre qu'elle ren-
ferme, et dont Tun est de Holbein, ainsi que TindiqujB le poète lui-même. »
(Didot, Cat. rais., n« 49i.)
C'est dans ce volume que se trouve pour la première fois le célèbre
Carmen ad lectorem, en Thonneur de Holbein, et où le poète compare les
figures de la Bible de cet artiste aux chefs-d'œuvre de l'antiquité.
BERNARD SALOMON.
430. ALCIATUS (A.). Clarissimi vîrî D. Audreae Alciali em-
blematum libri duo. Lugduniy apud loan. Tornœsiuni et
Gulielmum Gazeium. i547. ïï^-i6; veau fauve, fil./tr.dor.
[Bauzonnet).
« Première édition de l'Alciat sortie des presses de de Tournes et ornée
■ de i43 emblèmes de petite dimension, très bien tirés. C'est une des pre-
mières productions du Petit Bernig-d, qui parait avoir débuté par le Pé-
trarque de 1545. » (Didot, Cat, rais,, n® 492.)
Très bel exemplaire de ce livre rare.
431. ALCIAT. Les Emblèmes de M. André Alciat. Traduits en
ryme Françoise par lean le Feure. /4 Lyoriy par lean de
Tournes y i548. In-i6; mar. vert, fil. à fr., tr. dor. {Bau-
zonnel).
Édition rare, ornée de 110 des mêmes emblèmes, assez bien tirés.
' Très bel exemplaire.
432. GUEROULT (G.). Le premier livre des emblèmes com-
posé par Guillaume Gueroult. A Lyon^ chez B, Arnoullet,
i55o. In-8; mar. rouge, fil., tr. dor. {Bauzonnei-^Trautz).
« Ce volume, qui parait n'avoir pas été continué au-delà du premier
livre, contient 29 emblèmes, dont quelques-uns ont pu être dessinés par
B. Salomon. » (Didot, Cat. rais., n» 497.)
Très bel exemplaire, de la bibl. d'Armand Bertin.
433. i£S0Pl3S. iEsopi phrygis fabulae elegantissimis eiconibus
ueras animalium species ad uiuum adumbrantes. Gabriae
Graeci fabellae xxxxjii. Batracliomyomachia Homeri : Ga-
leomyomachia Lugduniy apud loan. Tornassium, i55i.
In-i6; veau brun, bord, et fleur, en mos., tr. dor. {reL du
temps).
« Cette édition, dans laquelle le texte grec est bien imprimé, contient
240 LIVRES A FIGURES SUR BOIS.
■
40 vignettes dues à plusieurs graveurs différents, et dont qaelqaes-nnes
seulement peuvent ôtre du Petit Bernard. » (Didot, Cat, rais,, n* 408.)
Très bel exemplaire.
434. PARADIN (Cl.). Devises héroïques par M. Claude .Para-
diu, chanoyne de Beauieu. J Lyon^ par lean de Tournes
et GuU. GazeaUy i55i. I11-16; mar. rouge, fil., tr. dor.
(Ij)rtic).
Édition de toute rareté, non citée au Manuely et qui contient 118 em-
blèmes sans aucun texte explicatif.
435. PARADIN (Cl.). Devises héroïques par M. Claude Paradin
chanoine de Beauieu. ^ Lion^ par lan de Tournes et
GuiL GazeaUy i557. ln-8; mar. vert, fil. et comp. à fr.,
orn., tr. dor.
Première édition avec texte, ornée de 182 (et non 180) emblèmes,
dont la plupart ont servi à l'édition de 1551. Le texte français contient des
explications précieuses pour Thistoire et pour le blason.
Très bel exemplaire.
436. Biblia sacra ad optima quaeque veteris, ut vocant, trala-
tionis exemplaria summa diligentia, parique (ide castigata,
Luifdunij apud loan. Tornassium, i554. In-^; mar. La
Vallière, fil. à fr., tr. dor. {Lorlic).
« Cette Bible précieuse contient 1 1 5 figures à la Bible, 83 an Nonvean
Testament, en tout 1 98 figures dessinées par le Petit Bernard. Une partie
des ligures de TAncien Testament avait paru pour la première fois Tannée
précédente dans les Quadrins historiques de la Bible (de la Genèse) et les
Quadrins historiques d'Exode. » (Didot, Cat. rais,, n* 506.)
Très bel exemplaire de ce livre fort rare.
437. Qvadrins historiqves de la Bible (Genèse). A Ljron, par
Jean de Tournes, i553. Pel. in-8. — Qvadrins historiqves
d'Exode. Lyon, lean de Tournes y i553. Pet. in-8. £n i voK;
mar. La Vallière, jans., tr. dor. (Thibaron-Echaubard).
Édition oriffinale, extrêmement rare, de ce recueil de gravures, qni est
un des chefs-d'œuvre de Fart français. Les quadrins sont de Glande P^
radin. La première partie contient 74 sigets; la seconde, qni embrasse
non-seulement V Exode, mais le reste de l'Ancien Testament, compte 128
gravures.
Magnifique exemplaire.
438. Qvadernos ystoricos de la Biblia. En Léon de Francia^
en casa de luan de Tournes, M.D.LllI. (i553). Pet. in-S;
OUVRAGES EN TOUT GENRE. 241
mar. La Vallière, riches comp. genre Grolier, tr. doi^.
{Hagué).
Jean de Toames fit paraître presque simultanément trois éditions dans
l'année i553 : une française, une espagnole et une anglaise. L'impression
de "celle-ci est très belle. S'il y a certaines planches qui l'emportent par
la vigueur du tirage sur celles de Tédition française, il s'en trouve aussi
d'autres qui présentent un certain degré d'infériorité, de sorte qu'il n'est
paâ facile de dire laquelle de ces deux éditions est antérieure. En géné-
ral, cependant, l'espagnole est préférable, et, si elle est m'oins complète,
elle est en revanche beaucoup plus rare. Les figures sont au nombre de
74 pour la Genèse et de 68 pour VExode,
Exemplaire dans un état de conservation exceptionnel.
439. Figure del vecchio Testamenlo con versi toscani per Da-
mian Maraffi, nnouamente composli, illustrale. In Lione^
per Giovanni di TpurneSy 1 554- ln-8; veau fauve {^(tnc. reL).
« Seconde édition des Quadrins, avec 228 figures (dont 94 pour la
Genèse , 77 pour V Exode, et 57 pour le reste). Au v^ du premier
f. se trouve le portrait de Damiano Maraffi, Florentin, auteur des oc-
taves italiens et qui dédie l'ouvrage à la princesse Marguerite de France,
duchesse de Berry. Les gravures sont très bien imprimées, et l'édition
est originale, puisqu'elle contient 29 nouvelles figures. » (Didot, Cat.
rais.yTï^ 507.)
Très bel exemplaire, avec brillantes épreuves.
440. Quadrins historiques de la Bible (par Cl. Paradin). Reuuz,
et augmentez d'im grand nombre de figures. Â Lion, par
lan de Tournes, i555. — Figures du Nouueau Testament
(sixains par Ch. Fontaine). A Lion, par lan de Tournes,
i556. En I vol. in-8; mar. rouge, fil., tr. dor.
Édition ornée de 327 fig. La première partie, contenant 231 fig., est
en troisième édition; la seconde, qui comprend 96 fig., est en seconde.
C'est donc encore une édition originale en raison de 99 nouvelles gravures.
Exemplaire très pur, et avec de fort belles épreuves.
441. Hîstoriarum memorabilium ex Genesi descriplio, per
Gulielmum Paradinum. Lugtlimi, apud loan. Tornœsium,
i558. ln-8; u)ar bleu, fil., orn., tr. dor.
« C'est un tirage à part, imprimé avec soin, et dont les épreuves sont
charmantes, de la Genèse qui fait partie de l'édition de i55i. Les figures
sont au nombre de 92. Voir pour certaines remarques sur les éditions de
1558 et 1560, qui ne font pas double emploi par leur texte, le Catalogua
Yemeniz. » (Didot, Cat, rais, y n® 5iO.)
442. Icônes historicœ veteris et novi Testament!,.. Figures
16
tA'i LIVRES A FIGURES SUR BOIS.
'' historiques du Vieux et dn Nouveau Testament, accompa*
gnées de Quadrains en lalin et en François qui ex|K)sent
.^ l'Hisloirc représentée en cliac|ue figure. GenevaSy npiid Sa^
muelein de Tonrnrs, i()8i. — Icônes historica? Noxi Tesla-
menti, etc. Figures liistoriques du Nouveau Teslament,
accompagnées de Quadrains.... 77., i/j,, i68j.ëd i vol.
ln-8 ; mar. rouge, fil. à fr., tr. dor. (/Viedrcr).
•
(c Exemplaire de la plus rare beauté, et relié sur brochure. Le tirage
•: est remarquable et fait ressortir la finesse des bois de Bernard Salomon,
qui ont pu supporter un si grand nombre d*éditions. Celle-ci contient 257
et 101 figures, en tout 358. Voyez à l'avertissement Je passage qui con-
cerne le Petit Bernard, et qui paraît être une reproduction du seul docn-
ment positif qui indique sa participation aux illustrations de rimprimerie
de Tournes. » (Didot, Cat, rais,, n« 512.)
443. Povrtrails divers. ^ Lion par lan de Tos^rnes. M. D. LVII.
(15.57). ^^^' '""8} v(\^v, bleu, fd., tr. dor. {liauzoNfiel).
Pour la description de ces 59 planches rares, réunies en recueil, et dont
quelques-unes appartiennent à des ouvrages non publiés, voir V Essai sur
la gravure, par M. Didot, col. 238. La 1 1^ planche porte la croix de Lorraine.
• L'exemplaire de M. Yemeniz contenait 63 pi., y compris le titre.
444. Recueil de portraits. S. L n. d. [Lyon^Jenn de Tournes,
avant iSSg), ln-8, de 97 ff., sign. A-M; mar. bleu, fil. à
fr., fleur, en mos., Ir. dor. (Lortic).
Volume précieux, comme présentant le spécimen des plus riches or-
nementations de style renaissance, et d'une extrême rareté. Il ne porte ni
titre ni souscription. Les encadrements do toutes les pages offrent la série
complète des bordures exécutées pour Jean l*' de Tournes. A l'exception
du premier f., réservé pour le titre, qui n'est pas compris dans la série
de cahiers avec signatures, chacun des 96 autres contient au reeto le
portrait d'un homme célèbre de l'antiquité ou des temps modernes, sur-
monté de légendes en grec, en latin, en allemand, en hébrea, en hollan-
dais, en danois, en français, en italien, en anglais, en suédois, en espa-
gnol, en tchèque, en croate et en polonais. Les portraits roodemrâ des
hommos du temps sont au nombre de cinq, à savoir : ceux d^Érasme, de
Mélanchthon, de N. Clenirdus, de Clément Marot, de Flcmo Bionâo, C'est
une sorte d'Album amicorum»
Superbe exemplaire.
.445. Insignium aliquot virorum icônes. Lugdtmi, apud loan^
nem Toniœsiumy iSSg. In-8; mar. fauve, omem. à fr.
Ce volume rare contient 145 portraits de personnages gfecs et latins»
habilement gravés sur bois. Dans une épltre à G. Tuffano, Jean II de
OUVRAGES EN TOUT GENRE. 248
Tournes déclare avoir fait ce livre avec des bois non utilisés par son pèr«.
On y voit figurer 92 des portraits du recueil précédent et 53 portraits
nouveaux. Chose curieuse, on n'y retrouve plus aucun des quatre portraits
des réformateurs ou protestants que nous avons vus à Farticle ci-dessus.
446. (ANEAU, Barth.) Imagination poétique, traduicte en
vers François, des Latins et Créez par Taureiir niesme
d'iceux. Horace en Tart. La Poésie est comme la pîncture.
.</ Lyon, par Macé lionliomnie^ i552, In-8 ; mar. olive, fd.,
Ir. dor. [fkiuzonnel).
Petit volume rare, orné de 106 charmantes vignettes sur bois (dont
une est répétée deux fois), dessinées par le Petit Bernard. Le poète Bar-
thélémy Aneau, qui s*cst nommé dans Fépître dédicatoire à Jean-An-
toine Gros, Valet de chambre du Boy, Trésorier des fortifications de Lyon,
annonce dans la préface, qu'ayant trouvé chez Macé Bonhomme un certain
nombre de vignettes gravées, dont l'imprimeur ne pouvait tirer aucun
parti faute de texte, il s'est chargé d'y adapter des morceaux de poésie :
et voilà comment a été fait ce petit volume. Il faut avouer que le poète
s'est habilement tiré de sa tâche. Ses pièces de vers sont intéressantes et
elles respirent une très grande liberté de mœur»s. On a fait paraître simul-
tanément une édition avec des vers en latin et en grec, sous ce titre :
Picta Poens, Aneau n'a trouvé chez Macé Bonhomme que 88 vignettes, car
il nous fait savoir qu'il en a fait graver 17 autres, « affin de acomplir la
centcine, avec son comble, & aduantage : pour emplir les feuilles blanches,
jour ce que Nature est abhorrente de chose vuyde. » On n'y trouve pas la
vignette qui figure à la p. 23 de la Picta Poesis, et qui est une satire
contre la vénalité des avocats; mais il y a en plus les armoiries de
Gros. A la fin du volume se trouve une description en vers de plusieurs
aventures et événements arrivés à Lyon à l'époque où vivait le poète.
Très bel exemplaire, avec la signature de J.-J. de Bure l'aîné.
447. (.\NEAU, Barth.) Picta poesis ab aulhore denuo reco-
gnita. Ijigduni, npud Mattlùnni Honhominc, i556. In-i6;
mar. rouge, jans., tr. dor. [Trautz-liauzonttet).
Deuxième édition latine, ornée des mêmes gravures que l'édition fran-
J " ,' çaise ci-dessus. Charmant exemplaire^ avec témoins. ^
448. OVIDE. La melamorpliose d'Ovide figvree. j4 Lyon, par
Jnn (le Townes^ i557. In-8; mar. rouge, fd., Ir. dor.
[TrautZ'Rttuzonnct).
« Édition originale, qui présente, pour la première fois, dans leur sua-
vité et leur délicieuse liberté, les entourages du Petit Bernard. C'est 178
vignettes qu'elle renferme (sans compter le titre), et non 176, comme
Tout dit les ]»ibliographes. Le tirage est plus net et plus léger que celui
des éditions suivantes. » (Didot, Gat. rais,, n® 522.)
Magnifique exemplaire, avec témoins. H.: 0",227.
iU LIVRES A FIGURES SUR BOIS.
449. OVIDIO. La vila et melamorfoseo d'Ovîdîo, Bguralo &
abbreuialo iii forma crEpigrammi da M. GabriellpSymeoni.
Con altre Slanze sopra gl elTelli délia Luna : il Ritraito
d'vna Fonlana d'Ouernia & vn' Aj>ologia générale nella
fine del libro. y/ Liane ^per Giotianni di Tomes ^ nella via
Résina, iSvOg. In-8; veau antique, riches compart., dos
orné {Ha<j;uc).
« Cette édition contient i87 vignettes aux Métamorphoses, c'est-à-dire
9 de plus que l'édition originale de loo7; elle a de plus 9 vignettes nou-
velles aux autres parties. Elle doit donc figurer, à ce titre, parmi les édi-
tions originales de ce livre, qui est peut-être, à certains égards, le chef-
d'œuvre du Petit Bernard et des de Tournes. » (Didot, Cat. rais.^f n* 323.)
Très bel exemplaire.
450. GIOVIO (P.). Dialogo deirimprese militari et fimorose
di Monsignor Giovio Vescouo di iNocera. Con un ragiona-
mento di Messer Lodouico Doinenichi, nel medesimo sog-
getlo. In Lione, oppressa Guglieimo Roifig/io^ \55g. In-4î
mar. vert, fil. à fr., tr. dor. (fJuru).
« Ouvrage fort important, car il nous donne la représentation et l'ex-
plication de beaucoup d'emblèmes des personnages historiques, avec leurs
devises. 11 est très bien exécuté en caractères italiques, et contient
102 emblèmes, dont les riches entourages sont d'un goût excellent. On y
reconnaît la main de l'arliste qui a fait la Métamorphose figurée, » (Didot,
Cat, rais,, n» 530.)
Magnifique exemplaire.
LE ILMTRE P. V.
toi. ALCIATCS (A.). Emblemala Andreae xilciati lurisconsulti
darissimi. Lifgdi>ni^apu(l Gulielmum Rotiillium, i548.In-8;
mar. ronge, fil. à comp., orn., tr. dor. [Cape).
« Première édition donnée par Roville (ou Rouillé) et imprimée par
Mathieu Bonhomme. Elle diffère beaucoup, pour le texte et les figures,
de l'AIciat publié l'année précédente par Jean de Tournes. Elle contient
128 emblèmes. Le frontispice et plusieurs des encadrements portent la
marque de P. V., dessinateur qui n'apparaît que dans cet ouTrage, et
dont le nom n'a pu encore être découvert. » (Didot, Cat. rais., n* 534.) On
croit, toutefois, que cet artiste s'appelait Pierre Vingle,
Très bel exemplaire.
• •
452. ALCIAT (A.). Emblèmes d'Alciat de nouueau Trâslatez
en Frâçois vers pour vers iouxte les Latins. Ordonnez en
lieux cômuns auec briefues expositions, & Figures nouuelles
appropriées aux derniers Emblèmes. ^ Lyon^ chez Macé
OUVRAGES EN TOUT GENRE. 24î^
Bonhomme y i549. In-8; mar. vert, riche dent., Ir. dor.
{Nitdréé).
«Très belle édition, exécutée par Mathieu Bonhomme pour lui et Ro-
ville (Rouillé?). Elle est bien plus complète que l'original latin, puis-
qu'elle renferme 163 emblèmes. Les entourages sont plus nombreux,
et encadrent chacune des pages. Elle contient beaucoup de fleurons. »
(Didot, Ca%, rais., n» 535.)
Superbe exemplaire.
453. ALCIATLS (A.). Ëmblemata D. A. Alciati, deniio abipso
aucloie recognita, ac, quae desiderahanlur, imaginibus
locupletata. Accesserunt noua aliquot abautore Ëmblemata,
suis quoque eiconibus insignita. Lugd.^ apud Guliel. Roui-
liurriy i55o. (A la fin : ) higdunr, excudebat Maihias Bon-^
homme. In-8; mar. rouge, doré en plein dans le style
lyonnais, doublé de mar. vert, riche dent., tr. dor.
(Lorffc),
Édition plus complùle que les précédentes, car elle contient 211 em-
blèmes. Magnifique exemplaire, avec témoins. Très belles épreuves.
PIERRE WOEIRIOT, dit DE BOUZEY.
454. JOSEPHUS (FI.). F. losepiii antiqvilatvm ivdaicarvm
libri XX. Adivncta est simul losephi Vita ab ipso literis
mandata. Omnia a Sigismundo Gelenio è Graeco in sermo-
nem Latinum conuersa. De bello judaico libri VII, Graeco-
rum codicum coUatione per Sig. Gelenium castigatissimi
facti. Contra Apionem libri IL... Lugduniy apud hœredes
lacobi lunctaSy i566. In-fol., de 6ff. lim., 702 pp. cli. et
i4 ff. d'index (le dernier manque) ; mar. bleu foncé, jans.,
tr. dor. [Lorlic),
SEUL EXEMPLAIRE CONNU de cette édition précieuse, qui a été dé-
crite pour la première fois par M. Didot (Robert-Dumesnil n'en a connu
qu'un certain nombre de gravures détachées). Sa rareté extrême doit
être attribuée aux troubles religieux à la suite desquels plusieurs impri-
meries furent saccagées à Lyon en 1567. Ce livre, remarquable parla
beauté des caractères, la netteté du tirage et la qualité du papier, se re-
commande surtout à l'attention des iconophiles par trente et une gra-
vures sur bois (et non 32), dont deux sont répétées, gravures de petites di-
mensions et très précieuses, comme ayant été exécutées parou d'après Pierre
Woeiriot de Bouzey, artiste lorrain de beaucoup de mérite, plus connu
encore comme graveur au burin et en médailles. Onze de ces vignettes
seulement portent la marque de Woeiriot (elles ont été décrites par Ro-
bert-Dumesnil); mais vingt autres sont incontestablenient de lui, le ca-
ractère du dessin et de la gravure étant identique. « La plupart de ces
246 LIVRES A FIGURES SUR BOIS.
compo5iUons, dit M. Didot {Notice sur P. Woeiriot, à la suite de TÉtude
sur J. Cousin), légèrement ombrées, représentent des scènes très animées,
tirées de la Bible, et l'emportent, pour la clarté, pour la science des rac-
courcis, pour la perfection du dessin, sur les sujets analogues traités dans
les mômes dimensions ptir le Petit Berncard. Les lointains sont très riches
et d'une grande finesse d'exécution. La perspective des monuments y est
rendue d'une manière irréprochable. » Il ne faut pas confondre cette suite
de figures bibliques de Flavius Josèphe, gi*avées sur 6ois, avec une autre
suite du même artiste, gravée sur cuivre, et d'une grande dimension,
suite qui a été publiée sans texte, mais seulement avec des quatrains la-
tins et français au bas de chaque planche (on en connaît trente-sept).
M. Didot, dans la Notice citée plus haut, a rectifié, à ce sujet, la note de
son Catalogue ra'sonné (n° 5W), mais il n'a été tenu nul compte de cette
rectifi cation dans l'article consacré à cette édition de Flavius Josèphe
dans le Supplément au Majiuel de Brunet.
En dehors des gravures de Woeiriot, cet ouvrage en contient treize
autres de mêmes dimensions, mais qui ne sont pas de lui ; elles sont en-
tourées d'un double filet, tandis que les autres n'ont qu'un filet simple.
C'est à l'obligeance de M. Olivier Barbier que M. Didot devait la pos-
session de ce beau volume, dont la conservation est parfaite.
JEAN MONl (?).
455. Figures de la Bible, illustrées de huictains francoys (par
Guillaume Guéroult), pour rinlerprelalion et intelligence
d'icelles. ^4 Lyoïiy par Guilhnune Ro\nlle, i565. lu 8. — Fi-
gures du Nouveau Testament, illustrées de liuiclains fran-
coys (de Claude de Pontoux Clialonnois) pour Tinterprela-
lion et intelligence d'icelies. Lyon^ Guillaume Roi^ille,
1570. ln-8. Eu I vol.; mar. vert, fil. à comp., tr. dor.
(Simiet).
Édition originale de ce beau livre. L'Ancien Testament, dédié à Càthe-
rme de Médicis par Guillaume Guéroult, qui en a fait les huitains,
contient 233 compositions complètement diiFérentes de celles publiéei
par de Tournes, en 1554, sous le nom de Quadrins; le Nouveau Testa-
ment en contient 155; en tou^, 388 planclies.
« Une note manuscrite, d'une main du XVh siècle, mise sur Van de
mes exemplaires, dit que C2 des gravures de cette belle suite ne sont
pas de GRUcnE. Gomment expliquer cette assertion? Quel que soit, en
elfet, le véritable nom, Moni, Gruche, ou même Woeiriot, de rartiste qui
a dessiné l'Ancien Testament, on peut dire que son œuvre est des plut
remarquables, môme à côté des Quadrins de Bernard Salomon. » (Didot,
Cat. rais.j n« 5i8.)
Très bel exemplaire, provenant de la bibl. Yemeniz. Haut.:0*,163* Sor
le titre, on lit d'abord cette signature du temps : Je tuii à MiUkku U
Frieur, paintre. Amiens; et plus bas, d'une écriture plus Fëeante : Jhc de
Valentinois,
OUVRAGES EN TOUT GENRE. m.
ANONYMES.
450, Il nuoiio Testamento di Giesii Clirislo Salvatore nostro,
Reiiisto nuouamenle... Traclotto cli Graîco in vulgare ita-
' liano por Antonio Brucioli. I/i Lyone^ appreww Gulielmo
RauiUio, i55o. In-i6; veau Urun, riclies compart., tr. dor.
et cis. {reL lyonnaise du Xf^T s.).
A la pa^e 33 1 de la seconde partie, on lit: Stampato in Lyoneper Phi-
liberto Rolleto et Bartholomo Freno ifl anno délia nosfra saluteM.D,XLJX.
Les gravures sont d'une époque antérieure à cette date, et se rapprochent
du style imagerie.
Très bel exemplaire, revêtu d'une curieuse reliure.
457. SIMKONI (G.). Dialogo pio et speculativo, con diiierse
sentcnze Latine & volij^ari di M. Gabriel Svrneoni Fioren-
tmo. //^ IJonr^ oppressa Gv^lieltno lUwIgliOy i55o. In-4;
mar. vert, fil. à fr., tr. dor. '
Ouvrage intéressant, orné de 50 figures. On y remarque la représen-
tation du château de Polignac, en Vclay; le tombeau de Simeoni et la
grande carte de la Limagne d'Auvergne.
Très bel exemplaire.
458. LA PERRIÈRE (G. de). Les Considérations des qnatre
mondes, à sauoir est : Diiiin, angeliqnc, céleste & sensible :
comprinses en quatre centuries de quatrains, contenans
la Cresme de Diuine & bumaine Philosophie, par Guil-
laume de la Perrière Tolosan. j4 Lyon^ par Macé Bon-'
homme ^ h Tidosc par lan Moulnlcr. i552. (\ la fin:)
Imprime par Macé Bunltomme, à Lyon, ln-8 ; mar. vert,
fil. à fr.,lr. dor. {Duru).
Livre rare et recherché pour ses belles bordures.
« Cent quatrains formant autant de considérations. Toutes les pages
sont entourées d'encadrements sigfiés I P et l M. Comme le privilège'
est au nom de lean Perrin et lean Moulnier, éditeurs de ce livre, on peut
supposer que ce sont leurs initiales qui figurent ainsi sur les bois
qui leur appartenaient. » (Didot, i)ai. jHtis,, n° 559.) Plusieurs do ces
encadrements portent la date de 1551. Portrait de l'auteur à Tâge de
52 ans.
459. LA PERRIÈRE (G. de). La Morosophie de Guillaume de
la Perrière, Tolosain, contenant cent Emblèmes moraux,
illustrez de cent Tetrastiques Latins, reduitz en autant de
t« LIVRES A FIGURES SUR BOIS,
quatrains françoys. A Lyon, par Macé Bonhomme^ i553.
ln-8; mar. bleu, fil., tr. dor. yKœhler).
Ce charmant volume, très recherché, a les mômes encadrements qae^
Touvrage précédent et, en plus, 100 emblèmes, fort bien dessinés.
Très bel exemplaire.
460. COUSTEAU (P.). Le Pegme de Pierre Covstav, aiiec les
Narrations Pliilosopliiqves, Mis de Latin en Françoys par
Lanteavme de Romieu Gentilhomç d'Arles. A Lyon, Par
Barlhebmy Molin, M. D. LX (i56o). (A la fin :) Imprime
pat Mace lion/wmme a Lyon, ln-8 ; veau antique, riches
compart. en or dans le style lyonnais, tr. dor. [Ha^ud).
Belle édition , ornée dio. î)o gravures. « Cet ouvrage est un de ceux
où se révèle le style lyonnais proprement dit, soit dans les bordures
qui entourent chaque page, soit dans les vignettes. » (Didot, Ca^ rais.^
n<» 503 bis.)
Magnifique exemplaire, très pur.
461. Recueil des effigies des Rois de France, auec un brîef
sommaire des généalogies, faits et gestes d*iceux. A Lyon,
par Ratillnni de NeaJchateL S. d. In-4; mar. rouge, fil. et
comp. à fr., orn., tr. dor. [Lorfic).
Livre important au point de vue iconographique et fort rare. Toales*
les pages sont encadrées, et, dans la bordure du dernier f., on Ut la date
de 1567. En tète figurent deux beaux lleurons aux armes et à Feinblèine
de Charles IX, à qui Touvrage est dédié. Les portraits, an nombre de 61,
sont à mi-corps et de grande dimension ; ils ont un beau caractère et
semblent, à partir de saint Louis, avoir été exécutés d'après des monn*
ments originaux existant alors. Ces gravures semblent être d'origine pa-*
risiennc, et il existe de ce livre une édition publiée à Paris^ par Franc.
Desprcz.
Magnifique exemplaire.
462. DU VERDIER (A.). La prosopographie ov descriplioD
des personnes insignes, enrichie de plusieurs effigiesr, &
réduite en quatre liures, par Antoine du Wevàxet.A Lyon,
par Ant.Gnphhsy 1373. In-4; mar. rouge, fil., tr, dor.
(Lorlic).
(( Cet ouvrage contient un beau frontispice, 135 médaillons dont une
partie, ceux du quatrième livre, sont bien exécutés et paraissent oflkirt
nne représentation fidèle des personnages. On y troave on bon portrait
d'Ét. Dolet, de Séb. Gryplie, d'Oronce Fine, etc. » (Didot, CaU rai$.» n*57l.)
Très bel exemplaire.
OUVRAGES EN TOUT GENRE. 249
• »
463. Figures historiques représentant en abrégé la vie de
N. S. lesus-Christ, les Actes des apôtres, et l'Apocalypse,
tirés du Nouveau Testament par I. C. (Jean Carteron).
A Lyon^ chez lenn Carteron... 1672. In-ia; mar. La Val-
Hère, jans., tr. dor. [Dura).
Les petites planches de ce livre rare et très peu connu sont vraiment
remarquables. La Vie de Jésus comprend 52 vignettes sur bois; les Actes,
23; TApocalypse, 29, « Chacun de ces petits tableaux, dit M. Didot (£««(«*
sur la grav. s. bois), est entouré d'un cadre historié qui fait corps avec h»
sujet et ne se répète jamais. Pour les mérites de la composition et de la
gravure, ces vignettes rappellent tout à la fois la Tapisserie chrestienne et
les jolies planches du Petit Bernard. » Leur exécution date bien certaine-
ment du siècle précédent, ot elles avaient sans doute paru dans d'autres
ouvrages aujourd'hui perdus.
Paris.
ANONYMRS.
464. (La Grande Danse macabre des hommes.) Cliorea ab
eximio{| Macabro (sic) versibus alemanicis édita. || et a petro
desrey trecacio quodâ orato||re nuper emendata. Pnrisius(n
per ma \\gf. sérum Guidonem mercatorem pro [j Godeffrido ar
inarnef (id intersii^niû II urdlicani in vico diui iacobi comnio-
ràli. Anna do mini \\ quadfi\\geiitesimo nonagesimo supra
millesimû {\l\^o) idihus\\oclobris impressa. (Au-dessous, la
marque de G. de Marnef.) Pet. in-fol., goth., de 16 ff., à
2 col., sign, a-b; mar. noir, riches compart. à froid, avec
la léte de mort; doublé de mar. orange, avec un semis de
Eensées, une large dentelle ainsi que des fleurons avec Tem-
lème de la Mort, tr. dor. ; étui de mar. vert (^Loriic).
Livre d'une rareté extrême et des plus précieux, comme un monnaient
remarquable de la gravure française à son origine. C'est la troisième édi-
tion donnée par Guy Marchant (celle du 20 janvier i490 lui est posté-
rieure, car elle correspond à l'année MOi nouveau style). Elle reproduit
les dix-sept gravures de l'édition de i485, du même imprimeur, la pre-
mière de toutes, et dont la bibl. de Grenoble possède le seul exemplaire
connu, incomplet du premier feuillet; six des gravures additionnelles de
l'édition de 1486, et une gravure de remphssage (la dernière), représen-
tant un scribe, ce fjui donno un ensemble de vingt-quatre planches.
La première de ces figures représente l'intérieur du cabinet de travail
de l'auteur, en costume religieux. Les vingt et unes suivantes offrent
des sujets de la Danse de mort des hommes, et cette suite débute par la
planche représentant Vorchestrc des quatre morts. Les personnages vivants
qui figurent dans cette série sont au nombi'e de quarante-deux. La vingt-
;, . troisième gravure nous montre sans doute le traducteur, en habit laïque»
«50 LIVRES A FIGURES SUR BOIS.
assis dans son cabinet de travail; devant lui est étendu le squelette d'aii
roi. Les trois derniers ff. n'ont pas de figures, et le texte finit au r* par
ces mots : Finit Chorea Machabri,
On croit que cette Danse d^s morts offre une reproduction des peintures
du Charnier des Innocents. Les figures, presque au trait, légèrement om-
brées, sont exécutées avec finesse et avec un véritable sentiment de Fart;
le dessin est expressif et correct, malgré sa gothique naïveté.
C'est à tort que M. Brunet a dit que le texte de cette danse macabre
a été composé originairement en allemand, comme l'expression du titre,
versibus alemanicis, semblerait le faire croire. Goldast, dans son édition
du Spéculum de Rodericus de Zamora (Hanau, 1613), explique ce terme,
qu'il faut traduire par vers allémaniques ou rimes à la manière allemande
(voir Langlois, Essai sur les Danses des morts , II, 31). Pierre Desrey, de
Troyes, corrigea ses vers et en fit en partie des hexamètres et des pen-
tamètres réguliers.
Le Manuel no cite aucune adjudication de cette édition précieuse, qui,
en effet, ne paraît avoir jamais passé -en vente. Le présent exemplaire est
superbe de conservation et en épreuves très brillantes. H.: 0™,2o4.
i65. (La Grande Danse macabre des hommes.) (A la fin : ) Cy
fi/iisl ht (lace nm cabre historwc^et nuginviitv.e de plusieurs
nouuc^^nux persan rift^cs ^ beaux dits. Et\\ les inns mors et
trois vifs ensèble || nouuHleml ainsi côpo^ee et ///*/;/*/ jj mee a
paris par G il le t cous ti au et \\ Jehan luenart, Ijin (te grâce
mil\quatre ces quatre vin^s p (bnize (1492) ^^ Il ^-^^i* iour
de Junii*. ln-4, golh , à 2 col., de 12 fF.; niar. rouge, fil.,
tètes de mort au centre et aux. coins; doublé de mar.
bleu^ fiLy coins en feuillages avec létes de morts, tr. dor.;
dans ini étui de mar. bleu (^Lortic),
Livre non moins précieux que le précédent. Le texte commence au-
dessous de la figure de Vacteur par ce vers :
0 créature raysônable...
« Los figures, dit M. Didot (Essai sur la grav. s, bois), de grande dimen*
sion, occupent plus de la moitié de la page ; elles sont d'un beau style et
bien dessinées, et la gravure, tout en étant largement exécutée, a con-
servé la naïveté et la correction du dessin. » Si elles ne sont pas gravées
avec autant de finesse que celles des éditions de Guy Marchant, elles les
surpassent peut-être par une composition plus dramatique et plus ner-
veuse. Le dessinateur de ces bois doit être le même que celui qui a com-
posé les figures du Compost qui suit. Ces gravures sont au nombre de dix-
neuf; la première nous montre l'intérieur du cabinet de travail de l'au-
teur; les quinze suivantes sont divisées chacune en deux compartiments
et représentent ainsi trente personnages aux prises avec la Mort; la dix-
septième otfre le même sujet que la 23« de l'édition décrite au n* préc6«
dent; les deux dernières représentent les Trois Vifs et les Trois Mon, Le
volume est admirablement imprimé avec le beau caractère gothi^e
OUVRAGES EN TOUT GENRE. 251
qui a servi à la belle édition du Josephus de la bataille Judaïque^ publiée
par Verard à la même date.
SEUL EXEMPLAIRE CONNU, dans un parfait état de conservation,
provenant de la bibl. Archinto, de Milan.
Consulté en i 802 p.ir M. Tosi, librairo de Milan, à qui ce livre appartenait
à cette date, M. Brunet a identifié cette édition (probablement sans Tavoir
vue) avec celle attribuée à Verard et décrite par lui d'après Texem plaire sur
vélin de la Bibliothèque nationale, où la fin de la souscription est grattée;
mal lui en a pris, car il s*est attiré de co fait, de la part du libraire mila-
nais, une violente diatribe, imprimée sous ce titre : Risposta di PJblo An-
tonio Tosi, librajo italiano, al siij. Brunet, di Paiigi, a j)roposito diiina edi-
zione finora affatto sconosciuta delta Danse Macabre (Milano, 1862; in-8, de
7 pages).
466. Icy est le compost et kalèdrier|| des Bergiers Nouuelle-
menl refait et autrement compose || que nesloil par auant
Ou quel sont adioustez plusieurs || nonuelleles côme ceulx
qui le verront pourrOt cOgiK)islre. | Et enseigne des iours
/heures/ et minutes des Urnes noti| uelles/etdes éclipses
de souleil et de lune/ la sciéce salutoire || des Bergiers que
chascun doit sauoir. Leur compost et || kalendrier sur la
main .en François et latin tel <|uilz parlêtjlenlrc eulx :
Larhiodes vices Larbre des vertus et la tour j] de sapiêcç
figurée : ensemble la ])hisique et régime de santé || diceulx
Bergiers. quest nothomye/et flebolhomye /Leur !| astrologie
des signes estoilles et planètes : et pliizonomye. | Et plu-
sieurs choses exquises et difficiles a congnoistre.
compost et kalendrier touchât les lunes et éclipses
approprie comme doit esire pour le climatz de france au
Jugement et conguoissance des Bergiers. (Au-dessous, la
grande marque de Guy Marchant, entourée de trois bor-
dures; à la fin : ) FinU le compost el kalendrier des héritiers
. Imprime a Paris \\ par Guiol marchaiU demourant au
champ i^ai/lart derrière || /e collège de nanarre Lan :
M. ccccJfirxx et xiii {\^c)3) l.r Xi'iii iour\\ Daiiril. In-foL,
goth., à longues lignes et à 2 col., de yo ff. ; mar. bleu,
fil., tr. dor. (Trautz-Uauzonnet).
Édition extrêmement rare et la plus ancienne de cet ouvrage fort
curieux par son texte et ses gravures sur bois, et qui n'a jamais été ana-
lysé. L'allôgoria s'y joint à la satire la plus mordante. Les figures sur
bois, au nombre de soLxante-six, tant grandes que petites, dont plusieurs
se répètent, sont fort remarquables.
« L'art français, dit M. Didot à propos d'une édition postérieure du
même livre (Cat, rais., n° 588), se dégageant des anciennes traditions des
dominotiers et entrant dans une voie nouvelle, y offre quelque similitude
avec les anciens maîtres italiens et les commencements d'Albert DQrer. Les
Lequel
est
îoi LIVRES A FIGURES SUR BOIS.
gravures de ce volome ne sont pas tontes de la m^mo main, mais plnsieor?
d*entre elles ré vêlent un artiste français original, doaé de sentiment et
d'expression. '»
Les sept gravures, représentant les peines d'enfer^ étaient dignes, par
leur énergie sombre et leur composition mouvementée, d'illnstrer une
édition du Dante. L.a première gravure Vacteur. est la même que U der-
nière de la Danse macabre ci-dessus, du même éditeur.
Parmi les pièces en vers, on remarque les Diiz des oyseaulx, un Dktie
des trespassez en forme de ballade , et une pièce satirique contre les gens
d'armes, qui termine le volume.
Superbe exemplaire, grand de maires et bien conservé. D provient de
la bibl. de M. le baron J. Pichon, dont le> armes figurent sur les plats de
la reliure. Acquis à sa vente au prix de 3,000 francs.
467. Lordinaire descrestiens (au-dessous, la marque de
Laiirens . Pour Francovs regiiaiilt. t.\ la 6ii :) Finisi te
Hure nome lordinnire des chresùens nouueUement hyslorie .
Imprime a paris par le pelil Laurens : pour francoffs
regntiull libraire... S. d. Pet. in-fol., golh.; inar. rouge,
riches compart. à 61., Ir. dor. \Loriic\
•> Édition Nû.x riTLL au Manuel, imprimée à Paris entre IV9T et 1306.
Treize ligures au trait fort belles. L'une d'elles a figuré précédemment
dans le CaliUrfritr d'S brnj'irs. imprimé f*ar Guyot Marchant, et les antres,
quoique inférieures, [«euvent être sorties de la même maîo. » sDidoU
OU. mis., n* 5S!ï.
Magnifique exemplaire, avec témoins.
468. Encomivni irium >Iariarum cù eaniodê cultus clefen-
sione aduersus Lutheraiios. Solenoiq; missa & officie caoo-
DÎco. in quibus omnibus desideres nihii. emissum opéra
& induslrialoanis Bertaudi Petragorici.../ e/iimc/ei/iir/ae&icD
Btulin, & Gtdeoto a praiis • iS^g). In*4^ m^r. vert, fil.,
avec une croix iiistoriêe. en mosaïque, dans le style byzantin,
tr. dor. Loi tic .
■ Ce bel ouvraire >e compose de trois parties, dont la seconde
j»rl:n ■ • en o an: :••>-• jo'.hiques, et a t*>uîos ses pa^es entoniées de bor-
dur>>5. Li : '.urvart 'ies plancbes sont celles des çrandes Heures de Sînioo
Vost:>î eî les enoadrenienîs ceux de dîtfèreutes Uenrvs de répcM|iie. D j a
cependant une planche d'un caractère tout exceptionnd où Ton voit ap-
paraître le ïti '.e d^ grands maîtres dans sa fermeté et sa pureté : cdie OÉ
sont représeci:ée^ ^es tr^is Maries : elle est gravée an simple traîL CVst
l'œuvro d'an irrand ar'iste et Ton ne retrouve plus rien d*uialog«e
la ^r^v::re sur î> >:s ïran<;aLse. On en voit aussi une antre, moins
représentant s. Jean-Baptiste qui parait être de la même main. » (DidoC,
Exemplaire de toute l-edu*.:^. f»re?que non ro^né.
OUVRAGES EN TOUT GENRE. «5
469. Le Manvel de la |j grand [)hrairie des bourgeoys || et
bourgeoises de () Paris. (A la fin : ) Ce présent manuel a
este acheue de imprimer a Paris le ,xii, iour de Décembre
lan mil cinq cens trente quatre ( 1 534 ) ^^ ^^ recouure
es mains de. maistre Pierre du Pin prestre et a présent
clerc de la gràt phrarie au (sic) bour^^eoys et bourgeoyses
de la dicle ville. In-8, goth.; mar. vert, fil. à fr., tr. dor.
[Duru).
Volume fort rare, om6 de quatre gravures sur bois, dont la première
seule, représentant la prrande frairie, est intéressante. On y remarque le
roi François I*' figurant parmi les confrères.
Très bel exemplaire.
470. ALCIATIIS (A.). André» Alciati emblematum libeilus.
Parisiis, exrudebat Christianus Wecfudus, i534. In-4 ;
mar. La Vallière, Hl. à fr., orn., tr. dor. (Lortic),
Première édition de ce livre donnée par Wechel.
« Ce précieux recueil contient 413 emblèmes, tous de style bâlois et
dont quelques-uns, d'une meilleure facture que les autres, pourraient bien
*avoir été dessinés par Holbein. La 78" plancbe, représentant le Triomphe
de Bacchus^ porte la marque du graveur Mercure Jollat. » (Didot, Cat,
rais,, n» 610.)
Superbe exemplaire, d'une grande pureté.
471. ALCIATUS (A.). Clarissimi viri D. Andrese Alciati Emble-
matum libeilus, uigilanter recognitus et iâ recens per
Wolphgangum Hungerum Bauarum, Rliytlimis Germanicis
uersus. Parisiis y apud Ckristianuni fVechelurn, i 542. Iu-8;
mar. orange, fil. à comp. àfr., figure en mosaïque sur les
plats, tr. dor. [Lortic).
Les emblèmes contenus dans cette édition sont au nombre de llo. Des
vers latins et allemands accompagnent cbacun d'eux.
Très bel exemplaire.
À12. ALCIAT (A.). Los emblèmes de maisire André Alciat,
puis nagueres augmètez par ledict Âlciat & mis en rime
Françoise (pur lehan Lefevre) auec curieuse correction 1
On les vend <i Pans, en la maison de C lires tien tVecheL..
M. D. XLII (un I paraît avoir été imprimé après coup
dans ce millésime) (i54^)- ln-8; mar. bleu, riche dent.,
tr. dor. [Duru),
Cette édition, fort rare, contient 115 gravures sur bois, comme la pré*
cédente. Superbe exemplaire.
254 LIVRES A FIGURES SUR B0I5.
473. OVIDE. Le grâd Olympe des histoires poétiques du
prince de poésie Ovide Naso, oeuure autentiqucet de hault
arlifice, plein dehonnesle recreaiion. Traduict de Lalin en
Francoys ei Imprimé nouneiiement. On les vend à Paris...
par Guillaume le Oret y i5/i3. 3 lomes en i vol.in-8; mar.
olive, fil. et comparu à fr., tr. dor. [rel. angl.).
Joli exemplaire de ce livre, dont les gravures sont très archaïques.
474. OVIDE. Les ^xv liures de la Métamorphose D'ouide
(poète treselegât) contenant i/olympe des Histoires poéti-
ques traduictz de Latin on Francoys, le tout figuré de
nounelles figures et hystoires, nouuellement imprimé à
Paris par Denys lanot libraire & îprimeur. On les vend
à Paris,., par Denys lanot, i53r). 3 t. en i voL trcs-pet.
in-8; mar. vert, fil., tr. dor. [Niedrée\
Très bel exemplaire de ce livre précieux.
475. LA PERRIÈRE (G. de). Le Théâtre des bons engins au-
quel sor.t contennz cent emblèmes moraulx. Composé par
Guillaume de la Perrière Tolosain : Et nouuellement par
iceluy limé, reueu & corrigé. Auec privilège (ces deux
derniers mots en car. italique). De t imprimerie de Denys
lanot^ Imprimeur et Uhraue. (A la fin : ) Imprimé à Paris
par Denys lanot.... S. d. In-8, de loG ff., sign. A-0; mar.
rouge, fil., tr. dor. [anc. rei.).
« Première édition, non décrite. Elle contient, comme la sniTante, on
privilège (daté du dernier jour de janvier i539). Les flgures sont mieux
imprimées que dans la seconde ; les emblèmes y sont également aa nombre
do 100. Les encadrements présentent des différences avec la seconde et la
troisième édition (cette dernière est composée tout entière en caractères
romains). A la fin, la devise adoptée par Dolet: Deliure moy, seigneur, de$
calumnies des hommes. Ces figures présentent beaucoup d'analogie avec
celles de VHécatongrfiphie de G. Corrozet. La planche 66, représentant l'avo-
cat, est une copie d'après Holbein, Simulacres. » (Didot, Cut. rais., n? 623.)
Très bel exemplaire et d'une grande pureté.
476. Le Théâtre des bons engins.... Auecq'priuilege (ces deux
mots en caractères romains). Del^/mprimeiiedeDenyshinot,
imprimear, et liljraire. (A la fin:) Imprimé à Paris...
(comme au n* préc). ln-8, de io6 ff.; mar. rouge du I-ie-
vant, fil., tr. dor. [Bauzonnet-Trautz).
Cette seconde édition diffère de la première en ce qne les mots da la
troisième ligne à la huitième du titre sont en romain et que dana la
OUVRAGES EN TOUT GENRE. «55
marque de Janot les devises : Nul ne s'y frotte et Patere aut abstine, sont
en romain, tandis qu'ils sont en italique dans la première édition. Toute-
fois il y a des exemplaires où cette marque est identique avtc celle de Té-
dition décrite au n° précédent.
Très bel exemplaire.
477. MILL/EUS (.l.\ Praxis criminis perse(|ven(Ji clegantibvs
aliqvot figuris illvstrata, Joannc Millœo Boio anthore.
Piirisiisy piosldiil npvd Sunoiieni CoUnsevui, iS-ji. In-fol.;
peau de truie, ornem., tr. dor. [Hngtie),
« Livre intéressant pour riiistoire de la procédure criminelle. Il con-
tient {% planches sur bois de la grandeur des pages, représentant les dif-
férents procédés de torture en usage à l'époque de sa publication. La
7" planche porte la croix de Lorraine. » (Didot, Cat, rais., n° 831.)
Superbe exemplaire, réglé.
478. (CORROZET, Gilles) Hecatomgrapliie. C'est à dire les
descriptions de cet figures & hystoires, cOlenans plusieurs
appophtegmes, prouerbes, sentences & dictz tant des an-
ciens que des modernes. Paris, Denys lanol^ i54i. Pet.
in-8; mar. rouge, comp., tr. dor. [Lorlic).
Édition originale. Superbe exemplaire.
479. ESOPE. Les Fables dv tresancien Esope phrigien premiè-
rement escriptQS en Grœc, & depuis mises en Rilhme Fran-
çoise (par Gilles CORROZET), j5/|^. /4 paris en F impri-
merie de Denis Itiuot. In-8 ; mar. rouge, riches compart.
à fil., tr. dor. [Lorlic).
Cent gravures au trait analogues à celles de VHécatongraphie. Elles
sont également entourées de bordures. Magnifique exemplaire.
JEAN COUSIN.
480. CEBES. Le tableau de Cebes de Thebes, ancien pliilo-
sophe et disciple de Socrates... Premièrement escript en
GrîTC, & maintenant expose en rythme Francoyse (par
Gilles CORROZET), i543. On les ucnd en la i^rand salle
(lu Palais en la boulirpie de Gilles Corrozet. (A hi fin :)....
Imprime' nouuellemmt à Pat is^ par Denys lanoty iinpri"
meur du lîoy en langue Francoyse, i543. Pet. in-8, de
6i ff.; mar. vert, fil. à fr., tr. dor. [Kœhler).
Charmante édition, ornée de 29 vignettes dans de jolis encadrements
de style Renaissance. La plupart se rapprochent du style des vignettes
256 LIVRES A FIGURES SUR BOIS.
que Geofroy Tory avait données dans son Champ fleûry. Quelques-unes des
gravures sont archaïques. La première porte un monogramme composé
des lettres J. F., qui doit être celui de J. Ferlato, « dessinateur gothique
du jeune temps de Jean Cousin », comme l'appelle Papillon. Une gravure
représentant le Banquet est de Jean Cousin lui-même ; elle reparaît dans
la Tapisserie de V église chrestienne (voir ci-dessous). M. Didot T.a fait re-
produire dans le Recueil des œuvres choisies de cet ailiste.
Très bel exemplaire, de la bibl. Cigongne.
481. (OSIANDER, A.) Harmoiiiç Euâgelicœ librî quatuor.
ParisiiSy ex officina Dionysii lanoliTypographi Iiegii\ 1544*
cum privUrgio. Pet. in-8; mar. rouge, jans., tr. dor. {Cham-
bolle.-Duru),
« Ce volume des Harmonies évangéîiques, d'une extrême rareté, pré-
sente 97 gravures sur bois dignes d'une attention toute particulière. Elles
sont parfaitement gravées, et bien tirées typographiquement. Leur dessin
est supérieur à celui de Bernard Salomon, dont Papillon fait un élève de
J. Cousin, et qui n'a commencé à produire quelques œuvres de gravure
importantes que vers 4553, c'est-à-dire neuf ans plus tard. La gravure sur
bols prend ici un beau et grand caractère, que je n'hésite pas à attribuer
à Jean Cousin. » (Pour plus de détails, voir Didot, CaL rais.^ n« 638, et
Étude sur J. Cousin, p. 149.) Deux de ses gravures sont reproduites
dans le Recueil des œuvres choisies de cet artiste.
Très bel exemplaire.
482. La Tapisserie de Téglise chreslienne^et catholique : en
laquelle sont depaincfes la Natiuité, Vie, Passion, Mort et
Résurrection de noslre Sauueur et Rédempteur lésvs Christ.
Aiiec vn huictain soubz chacune hystbire pour rintelligence
d'icelle. --/ Pnris da Fimprimerie d Esdenne Groulleau,
démoulant en la rue Neuue nostre Dame à C enseigne saint
lan Batiste, i55i. In-i6, de io4 ff., sîgn. A-N par
8, caract. îtal.; rnar. rouge, tr. dor. {une. reL).
Précieux recueil de figures qu'on peut appeler la Fetite Bible de Jean
Cousin. Édition non citée par Brunet, qui ne mentionne que celle de 1549,
composée du même nombre de feuillets, mais n'ayant que 186 figures,
tandis que celle-ci en contient 190. La première édition en avait été
donnée par Denis Janot vers 1 544, mais on ne connaît aujourd'hui aucun
exemplaire ni de l'une ni de Fautrc. Les huitains en vers sont de Gilles
Corrozet, dont une épitre au lecteur se lit au commencement. (Pour plus
de détails, voir Didot, Étude sur Jean Cousin, pp. 148-152.)
En debors du présent exemplaire, qui est bien conservé, on ne coimatti
de la même édition, que l'exemplaire de la Bibliothèque nationale, rogné
à la lettre et dans un triste état. Celui-ci provient de la bibl. de M. le
baron J. Pichon. La reliure porte les initiales H D liées. >
OUVRAGES EN TOUT GENRE. 257 -
483. (COLONNA, F.) Hypnerotomachie ov Discours du songe
de Poliphîle, Déduisant comme Amour le combat à Tocca-
sion de Polia. Soubz la fiction de quoy l'aucteur mons-
trant que toutes choses terrestres ne sont que vanité,
traicte de plusieurs matières profitables, et dignes de mé-
moire. Nouuellement traduict de langage Italien en Fran-
çois. A Paris pour laques Krruer, i54ô. (A la fin : ) ///i-
prJLrné pour laquts Keruer.,, par Loys Cytuieus, le xx iour
dAousl, Van M.D.XLII (i 54^)- In-fol.; mar. rouge, fil.,
à compart., tr. dor. [Pclit).
Première édition de cette imitation, due à Jacques Gohory et reyue
par Jean Martin, de la célèbre IJypnerotomachia de François Colonna im-
. primée en 1499 par Aide Manuce.
« Les 186 gravures sur bois de cette version française, dit M. Didot
{Cat, rais,, n" 648), sont des imitations libres des dessins de Tédition al-
dine; mais elles sont plus gracieuses, plus souples et marquées fortement
du style français de la Renaissance. Le paysage, Tarchitecture décèlent
un art plus avancé, en même temps qu*un peintre savant dans rarchitec-
tnre et la perspective. »
Ces gravures ont souvent été attribuées à Jean Goujon, mais M. Didot,
appuyé sur Topinion de Téminent Renouvier, a démontré, à l'aide de
rapprochements originaux, et d'une manière qui semble être défmitive,
que cette œuvre magistrale est bien de Jean Cousin (voir Cat, rais.,
n° 648, et Étude sur J. Cousin, pp. 1 78-184). Dans le Recueil des œuvres
choisies de ce maître, M. Didot a donné la reproduction du magnifîque
encadrement du titre de ce volume, ainsi que celle d'une gravure très
caractéristique, mise en parallèle avec l'original italien.
Magnifique exemplaire, non lavé. La planche du Sacrifîce à Priape est
intacte.
484. L'Amovr de Cvpido et de Psiclie, mère de volvpté,
prise des cinq et sixiesme liures de la Métamorphose de
Lucius Apuleius Philosophe. Nouuellement historiée, &
exposée tant en vers Italiens que Françoys (par Jean Mau-
gin, dit le Petit Angevin). A Paris^ fie Cimpr, de Innne de
Marnefj vefue de Jeu Denis lanot,., 1 546. In-i6, de 48 ff.;
veau fauve [anc. reL),
Chef-d'œuvre de la gravure sur bois et de l'imprimerie en France.
Ce ravissant petit volume contient, outre les encadrements et les
passe-partout, une imitation, fort bien réussie, des 32 gravures en taille-
douce exécutées par Augustin Vénitien, Marc-Antoine et ses élèves, d'a-
près les célèbres cartons de Raphaël. On a attribué ces délicieuses vi-
gnettes au Petit Bernard, mais M. Didot, d'accord avec M. VioIIet-le-Duc,
les croit plutôt de Jean Cousin. (Pour plus de détails, voir Didot, Coi,
rais., n° 639; Étude sur J, Cousin, pp. 153-157, et Recueil des CBUvres de
cet artiste, où une vignette de ce vol. est reproduite.)
il
Î58 LIVRES A FIGURES SUR BOIS.
•
Cette édition est la première (privilège da 14 août et TacheTÔ d'im-
primé du io sept. Vôiù). Jean Maugin, dit le Petit Angevin, ^aductear des
vers italiens, y a fait insérer à la fin un avis aux lecteurs où il nous in-
forme que les gravures de ce livre sont des copies des planches italiennes
taillées en cuivre. Cet avis ne se trouve plus dans l'édition suivante.
Très bel exemplaire de ce volume extrêmement rare.
483. L'Amour de Cupido et de Psiclié mère de volupté... j4
Paris, par EstienneGrotilleaUj lÀhrairc.j 1 507, In-iG; mar.
bleu, fil., orn. en mosaïque, riche dent., tr. dor. {Lortfc).
« Charmant exemplaire de la seconde édition, conforme ^ la première,
sauf des variantes dans les encadrements et dans les pièces accessoires.
Une légère transposition se remarque au frontispice du VlainxX du vaincu
d^ amour, » (Didot, Cat, raù,, n° 639 his.)
486. Les Figvres de TApocalipse de Saint lan apostre & der-
nier Euangeliste, exposées en Lalin & vers François (par
lean Mangin). Â Paris, de Timpr. dEstienne Groulleau.^.,
i5/i7. Très-petit in-8, de 3i ff. — Dix Histoires du Nov-
veav Testament, exposées tant en Latin que rilhme Fran-
çoyse. Auecq' vn cantique Chreslien, en faueur de ceux
qui ayment les saintes & sacrées chansons. Par le petit
Angeuin. Pet. in-8, de iG ff. ¥a\ i vol.; mar. brun, lii; à
fr., ornem., tr. dor. (Lorfic).
« Ce livre, aussi rare que précieux, est une des plus charmantes pro-
ductions de la meilleure époque de la gravure sur bois en France. On y
trouve de fréquentes réminiscences de FApocalypse de Durer et la réduc-
tion de ces grandes pages en un si petit format est le tour de force d'an
maître. » (Didot, Cat, rais,, n* 640.)
Les vignettes, encadrées, sont au nombre de 27 pour le premier
opuscule, et de iO pour le second; c'est surtout dans ces dernières que le
style de J. Cousin est visible. Une de ces belles pages est reproduite dtns
le Recueil des œuvres choisies de cet artiste.
Magnifique exemplaire.
187. LACTANCE. Lactance Firmian des Divines Institutions^
contre les Gentils et Idolâtres, nouuelleniët recogneu aux
premiers exemplaires & imprimé auec histoires. Traduict
de Latin en Frâcoys, Declié au Treschrestien Roy de
France, par René Famé, Notaire & Secrétaire dudict Sei-
gneur. --/ Paris, par EAticnne Gmulleau en la Rue neufue
nosire Dame à Crnscii^ne sainct lehan Baptiste, i55i . Pet.
in-8, de 16 ff. prél. et 774 pp. cliiff.; mar. rougjs, fil. à
froid, tr. dor. {^Duru).
Édition inconnue à tous les bibliographes et la première des denx pa-
0 U V a A G ES JE^ T 0 UX G SN {tfî. ; m»
bliées par GrooUeau qai pous soient parvenues, biea que l'existence d'-an!^
édition donnée par le même imprimeur avant 1548 nous paraisse hors de
doute. Elle est ornée de 179 gravures, dont beaucoup se répètent^ gra-
vures provenant de sources diverses. Vu certain* nombrcv d*enlré elles
avaient di'jà figuré dans la^ Tapisserie chrétienne, dans \é^ Hùrniônie evan-
gelice et ailleurs, et Papillon les attribue à i. Cousin. Sur le nombre total,
• huit gravures (dont cinq médiocres, et trois seulement pouvant être attri-
buées à Tartiste sénonais) ne reparaissent plus x^ans Tédition suivante de
Groulleau, celle de 1555, dont M. Didotn^a pu trouver un seul exemplaire
dans les bibliothèques de Paris; nous devons cette constatation à M, Tabbé
Kœnig, vicaire à Saint-Eustache, à Paris, qui a bien voulu comparer mi-
nutieusement notre édition de 1551 avec Icxemplairè rarissime qu'il pos-
sède de celle de 1555 (un exemplaire de cette dernière a figuré à la vente
Yemeniz). , , ^ ,
Le présent exemplaire est actuellement LE SEUL CONND; il est dahs
une condition irréprochable.
488. LAlCTANCE. Lactancé Firmian des Diuines Institutions
contre les Gentilz et Idolâtres, nouuellement imprimé auec
histoires. Traduict de Latin en Francoys, Dédie ay-roy
de France, par René Famé, Notaire et -secrétaire dudit
Seigneur. PariSy lehan RueKey dernuarariten la Rue Sainct
lacques à tenseii^ne de la queue de Rrgnard^ i54ti. In-i6,
de i6 ff. prél. et 774 pp.; veau fauve. ' '
Précieuse édition, non citée au Manuel, Elle contient 179 gravures,
dont beaucoup se répètent, ce qui réduit bs sujets différents à 74 seule-
ment. M. Didot a constaté {Étude sur J. Cousûi, pp. 162-164) que la plu-
part de ces planches ne sont que des copies des gravures originales des
- Harmonie evangelice, de la Tapisserie chrétienne et de V Amour de Cttpido
et de P.4ché; copies faites avec une telle fidélité, qu'il faut Un œil bien
exercé pour s'en apercevoir. La comparaison de cette édition avec celle de
1551, décrite ci-dessus, à laquelle elle est conforme presque page pour
, page, prouve que c'est une contrefaçon admlMbî^ment réussie d'une
édition de Lactancé donnée par Groulleau avant' 15i8, mais dont on n'a
pas encore découvert d'exemplaire. ...
Celui-ci est actuellement le SEUL CONNU.
489. HORUS APOLLO. Ori Apollinis NiHaci^ de sacrîs notis
& sctilpturislibri duo... P(n^isifs,apud lacôbuni Keruet\..j
1 55 1. ln-8; vél. blanc (/lA/c. /'/^A). .
« Cette belle édition a été exécutée par le célèbre; ipiprimeur de grec
G. Morel pour Jacques Kerver; elle contient 195 emblèmes (dont 5 se re-
pètent), savamment dessinés et gravés, qui n'Ont qM'^ua rapport très éloi-
gné avec les hiéroglyphes des Içlgyptiens. Ces emblèmes 0e ^ont. pas enca-
drés. Papillon les atttibue.à Jean Cousin. » (Didot, Cairrais., n^ 645.)
Très bel exemplaire 4e;c6 Hvre: rare.. .. s. ..:... i...
160 LIVRES A FIGURES SUR BOIS.
490. HORUS APOLLO.Orî Apollinis Niliaci, de Sacris iEeyp-
tiorum notis i£gyptiacè expressis libri duo iconibus iilus-
- trati et aucti... Pansus ^ apud Galeolum à Prato et loan-
' nem Ruellium : via luœbasa, iSy^. in-8; mar. brun, fil.
à fr., orn., li\ dor. [Lortic).
« Ce charmant volnme contient 194 emblèmes encadrés , dont qael-
qaes-uns sont esécatés avec une finesse de barin et une adresse remar-
quables. Ce sont les mômes (moins trois) qui avaient figuré dans Tédi-
lion de Jacques Kerver. Beau frontispice de Jean Cousin. » (Didot, Cat.
rais., n» 645 fer,)
Très joli exemplaire.
491. PETRARQUE. Les Triumphes Petrarqve... Amovr vaînq
le monde. // Paris..* Par Eslienne Groulleau... i554. (Au
v* du f. 287 : ) Cy finissent... imprimez nouuellement à
Paris par Es tienne Groulleau. In- 16, de 290 ff. ch. ; mar.
rouge, fil., Ir. dor.
« Ce petit volume est curieux. Le texte répond souvent à la naïveté
un peu libre de quelques-unes des gravures. Les vignettes, la plupart de
rassortiment et dont quelques-unes se répètent, sont au nombre de 448.
Plusieurs sont une pure imagerie dans le genre des. premières illustrations
de Denys Janot, mais un certain nombre ont du mérite. Quelques-unes
ont figuré dans le Laciance de Groulleau. Enfin douze d'entre elles sont
imitées des Simulacres de la mort et de la Bible de Holbein, ce qui prouve
la popularité do ces belles compositions. Quelques-unes d'entre elles
pourraient' être attribuées à Jean Cousin. » (Didot, Cat. rais.^ n* 650.)
Le dernier f. porte au t^ la marque de Groulleau, et les trois pages
qui précèdent contiennent les Visions de Pétrarque translatez par Clb-
MBNS (sic) MaROT.
Bel exemplaire de ce volume rare.
492. FOULLON (A.). Vsaige. || et; description || de rholometre.
Povr scauoir mesvrer || toutes choses qui sout soubs Pes-
tanduê de || Toeil : Tant en longueur et largeur, qu'en hau-||
teur et profondité. Inuenté par Abel Foullon || Vallet de
chambre du Roy.... ^4 Paris^ i555. Gr. in-4i *îgD* A-l
par 4 ; niar. La Valliére, fil. à fr., tr. dor. [Hagué).
Belle édition, qui parait être la première de cet opuscule excessivemeiit
rare. Elle est sans doute sortie des presses de Vascosan. a D s'y trouye,
dit M. Didot (Cat. rais.f n^ 648 bis), deux grandes planches répétées et
quelques petites qui ne sauraient être attribuées qu'à Jean Cousin (voirie
Peintre-Graveur français, t. IX, p. 323, appendice par M. G. Duplessis, elle
Recueil des oeuvres choisies de J. Cousin). Le privilège, daté de 4551» nous
apprend que Foullon est Tinventeur d*un procédé ce pour réduire tti etâvre,
argent ou autre métal solide, les caractères, lettres' et plandies: qae les
OUVRAGES EN TOUT GENRE. 2èl
fondearSy tailleurs et autres artisans ont. acoustumé faire en plomb, estain
et bois. >» Ce procédé, qui semble être une sorte de clichage, obtient id,
par commandement de Henri II, concurremment avec FHoIomètre et sa
description, un privilège de dix ans. » Ce volume est en outre fort curieux
par la préface où Foui Ion nous révèle un fait inconnu jusque-là : il avait
traduit en français les huit premiers livres de Vitruve, et ce travail lui
ayant été soustrait, a été publié sous un autre nom. Il ne peut être ques-
tion ici que de la traduction imprimée en 15i7 avec le nom de Jean Martin
et ornée des gravures de Jean Goujon (voir plus haut le n? 296). '
SEUL EXEMPLAIRE CONNU, admirablement conservé. M. Didot l'a
dû à Tobligeance de M. Destailleur.
493. PASCHALIUS (P.). Henrici II Galliarvm régis elogivm,
cvm eivs verissime expressa effigie, Petro Paschalio avtore;
eiusdem Henrici tvmvivs avtore eodem. Lvtetiœ Parisio-
rurn^ apud Michaëleni Fascosanum, i56o. In-fol.; mar.
brun, comp. à fil., ornera, à fr., tr. dor. [anc. reL).
« Livre précieux, tiré à si petit nombre qu*on a cru longtemps qu'il n'en
existait que cinq exemplaires. Le portrait de Henri II, qu'il contient, est
gravé en taille-douce par Etienne de Laune, élève de J. Cousin (voir
Robert-Dumesnil, t. IX, p. 94) ; il est très beau et très rare. Mais ce qui
. fait surtout le mérite de cette plaquette, c'est la gravure sur bois repré-
sentant le tombeau de Henri II, composé, dit-on, par le Primatice, gra-
vure dans laquelle cependant on ne saurait méconnaître le style de Jean
Cousin. » (Didot, Cai, rais., n^ ♦)o2.) Cette gravure est reproduite dans le
B.ecueil des œuvres choisies de J. Cousin.
Magnifique exemplaire, revêtu d'une reliure du temps, avec ornements
du plus beau style, et le portrait d'Henri II, en bas-relief, au centre dei
plats, dans un médaillon.
494. LOARTE (G.). Les Medi talions de la Passion de Nostre
Seigneur Jesus-Christ avec lart de MeU/tf^r mises en Fran-
çois de l'italien par Révérend Père et Doctenr, Gaspard
Loart de la Compagnie de Jésus, Dédiées au Roy. Â Parisy
chez Thomas Brumeiiy demeurant au Clos liruneau à ren-
seigne de VOthier^ 1578. A^'ec permission. In-ia, de
78 ff. ch. et 2 ff. n. rh.; mar. olive, armes et couronne
d'Henri III, tr. dor. [reL du temps).
Volume précieux, décrit pour la première fois par M. Didot [Qat. rais.,
n? 890). II est orné de dix-neuf charmantes gravures sur bois. « On y re-
connaît partout, dit M. Didot, le grand style de J. Cousin et sa science des
raccourcis ; l'architecture dans le paysage a aussi le caractère qui lui est
particulier. » (Pour plus de détails voir aussi Étude sur J. Cousin, et le
Recueil des œuvres choisies de cet artiste, où sont reproduites trois gra-
vures de ce petit volume.)
EXEMPLAIRE DE DÉDICACE AU ROI HENRI III, imprimé sur vélin,
!rtî LlVftES A PlGUtlES SÛR BOIS.
' et revêtu dé sa première reliure au chiffre et aux armes de ce souverain ;
nous en donnons une reproduction au catalogue illustré. Un f. de la dédi-
cace manque, mais le présent exemplaire est réputé UNIQUE. Les gra-
vures sont parfaitement gouachées.
493. OVIDE. Les XXT Epîstres d'Ovide. Les dix premières
sont traduites par Charles Fontaine Parisien; le reste est
par lui reun, et augmenté de Préfaces. Les Amours de Mars
et Venus, et de Pluton vers Prosorpine, imitacion d'Ho-
mère et d'Ouide. y4 Paris, chez Uievosme de Manief] et
Guillaume Cauellat,,.. 1571. In-i6, de 44^ PP- et 2 ff . ;
mar. rouge, fiK, tr. dor. [Lor/ic).
La dédicace à M™® de Crussol est datée de Lyon, 1*' mai 1550. Ce
charmant volume, imprimé en caractères italiques, est d'une rareté ex-
trême, au point qu'avant l'acquisition du présent exemplaire, M. Didot
n'en a connu qu'un seul, conservé à la Bibliothèque oationale.Ml est orné
de vingt-trois gravures sur bois d'un beau style et que Papillon attribue
à Jean Cousin. (Voir Didot, Étude sur Jean Cousin, pp. Jf'»8-169.)
Les traductions contenues dans ce volume sont en vers. Parmi les
onze dernières épîtres, la 16° et la 17® ont été traduites par de Saint* Am-
brois ; les deux suivantes, par de Saiht-Romat (dont la devise est : Ne pis
ne mieus); les sept autres sont de l'ancienne traduction d'Oct. de Saint-
Gelais. Les Amours de Mars et de Vénus et le Ravissement de Proserpine
ont été traduits par Joach. du Bellay. Mais ce que le titre n'annonce pas,
c'est qu'on y trouve les Amours de Leander et Ilêro^ de Musée, traduits en
rime francoise par CLÉMENT MA KO. Cette traduction est précédée d'une
longue épîtrc on vers sur ce transhit, épître qui porte la devise ci-dessus :
' Ne pis ne mieus, en guiso de signature.
Très joli exemplaire.
496. ESOPE. Les Fables et la Vie d'Esope Phrygien, traduites
de novveau en françois selon la vérité grecque. Novvelle-
ment augmenteez et enrichies de plusieurs figures tant en
la Vie, que ez Fables d'iceluy, non encore par cy devant
imprimées. ^ Paris, chez Hierosme de Alarnef&i la veufoe
de Guillaume Cas^ellat...^ i58a. In-i6, de 224 pp., plus
4 lï. de table; veau racine [fine. reL).
SEUL EXEMPLAIRE CONNU de cette édition ornée de 150 vignettes
sur bois, dont 34 pour la Vie d'Ésope et 1 1 0 pour les Fables. Celles de la
Vie d'Ésope sont très remarquables par leur style ^ et Ton y reconnaît
: facilement le talent de J. Cousin, à qui, d'ailleurs, Papillon les attribue for- .
mollement. Parmi celles des Fables, 23 ont été copiées sur celles de Tédi-
! : tion de De Tournes de 155 1 , ou avant; en revanche, sans doute i^arvm genti-
ment de réciprocité. De Tournes a copié, pour ses éditions à lui, 48 desIKS tî-
gnettes originales de cotte édition-ci. Les quarante-quatre antres gi^yoros
< . ne. figurent nulle part ailleurs ; « elles portent, dit M. Didot, généralement le
OUVRAGES EN TOUT GENRE. «63
grand caractère de J. Cousin et se distinguent aussi par rexcellence de
leur gravure, de môme que les trente-quatre vignettes de la Vie d'Ésope
{Étude sur J. Cousin, pp. 171-174). » Trois de ces gravures sont reproduites
dans le Recueil des osuvres choisies de /. Cousin,
ANON^TiES.
497. JOVICS (P.). Pauli louii INouocomcnsis vite diiodecim
vicecomitum Mediolani principum. Ex bibliotheca regia.
Lutetisej ex ojf. Rob, Stepluiai, i549. In-4; mar. rouge,
fil. à fr., tr. dor. {Duru).
« Ce beau volumo, parfaitement imprimé, contient dix portraits sur
bois d'un trôs beau style et d'une excellente exécution, tous marqués de
lacioix de Lorraine. » (Didot, Cat. rais., n° 665.)
Magnifique exemplaire.
498. BELON (P.). L'histoire naturelle des estranges poissons
marins, auec la vraie pcincture et descriplion du Danlpliin
et de plusieurs autres de son espèce, obseruee par Pierre
Belon du Mans. ^ PnriSy de f imprimerie de /trgnaud
C/iniidiere^ i55i. ln-4; mar. vert, fil. à fr., tr. dor.
« Les poissons sont l>icn dessinés et bien gravés sur bois. La grande
marque do Chaudière, d'une belle exécution, porte la croix de Lorraine. >»
(Didot, Cat. rais., n*» 666.)
Superbe exemplaire.
499. Recueil de la diuersite des habits qui sont de présent
en usage, tant es pays d'Europe, Asie, Affrique et Islies
saunages. Le tout lait après le naturel, yf Paris^ de timpr.
de liichftrd Hreloii, i5(i7. ln-8; mar. rouge, fil. à fr., tr.
- dor. [Dur II).
C'est probablement le plus ancien recueil de costumes qui ait été
publié sous forme de livre, et il est fort rare. II contient 121 gravures en-
cadrées. Le texte ne consiste qu'en quatrains français, composés par Fran-
çois Descerpz, qui s'est nommé dans la dédicace au prince Henri de Bour-
bon (depuis Henri IV). Ce volume a joui d'un grand succès dans son
temps, et il a été copié par Antoine Bosch, dit Silvius [Omnium fere gen-
tium... habitas; Antverpiœ, 1572; in-8).
Très bel exemplaire.
500. BILLON (Fr. de). Le Fort inexpvgnable de Thonnevr
dv Sexe Femenin, construit par Françoys de Billoii Secré-
taire. PariSy laii d'Allyer, i555. (A la fin:) Ackeué
864 LIVRES A FIGURES SUR BOIS.
(C imprimer a Paris le premier iour d Auril^ i555. In-4 ;
veau fauve, dos orné [anc. ret.).
Livre bizarre, mais rempli de curieux détails. Sur le titre se trouye un
beau portrait de l'auteur, à l'âge de treute-trois ans, avec cette devise :
Semper probata secutus; il est répété au v« du f. 117. En regard du pre-
mier chapitre, une grande figure, représentant un fort défendu par des
femmes, occupe toute la page; elle se répète six fois dans le corps de
l'ouvrage. Celle du f. 121 v*>, représentant V Allocution de la- Plume (sons
la figure d'un jeune guerrier) à une réunion de dames, est bien mieux
gravée ; on la retrouve encore deux fois. La première page de chaque
chapitre est entourée d'un très joli encadrement, composé de différents
objets de matériel de guerre et de siège. Cet encadrement a reparu au
titre du Solitaire premier, par Pontus de Tyard; Paris, Galiot du Pré (vers
1 575) ; in-4.
• Très bel exemplaire.
501. OVIDIUS. Métamorphoses Ovidii.... illustratœ, per
M. loan. Spiengium Augustan. Unà cum arlificiosis pictu-
ris, [)ra*cipaas historias apte' repraesentantibus. Parisiis,
apudHieronyinuin de Marne/ elGulielmumCauellat... 1570.
In-16; mai . bleu, fleur., tr. dor. [iNiedrée),
« Édition ornée de 1 78 compositions contrefaites de la Métamorphose
figurée du Petit Bernard, publiée à Lyon par Jean P' de Tournes en 1557.
Son fils s'en plaint dan6 son Olympe de 1507. Quelques-unes de ces copies
sont habilement exécutées, et le volume est fort joli. » (Didot, Cat, rais.^
n* 694; voir aussi Étude sur J. Cousin, p. 171.)
Charmant exemplaire.
502. OVIDE. Les quinze livres delà métamorphose d*0 vide
interprétez on rime Françoise, selon la phrase latine, par
François Habert d'Yssouldun en Berry et par luy présentez
au Roy Henry II. Nouuellcynent enrichiz de figures non
encore par cy deuant imprimées. // Paris, de Pimprimerie
de Hierosme de Marne/ et Guillaunie Cauellal, ^^ik*
In-iG; mar. rouge du Levant, fil. à fr., fleur., tr. dor.
[Lorlic).
Charmante édition imprimée en caractères italiques.
Ces figures, que l'éditeur dit « non encore par ci-devant imprimées »»
sont les mômes 178 vignettes du numéro précédent, miens tirées qae les
planches lyonnaises, dont elles sont la contrefaçon.
Magnifique exemplaire.
OUVRAGES EN TOUT GENRE. 465
JEAN LE CLERC.
503. Abbrégé de l'Histoire Fraçoise, âuec les Effigies des
Roys, depuis Pharamond iusques au Roy Henri iiij, tirées
des plus rares & excellentz Cabinetz de la France par
H. C. Edition troisiesme reueiié & augmentée de nouueau.
Pavis^ lean le Clerc, iSgô. In-fol . ; mar. bleu, fil. à çom-
part., tr. dor. \Hardj).
« Les 65 portraits de rois de France, gravés sur bois (à Tôxception du
dernier, celui de Henri IV, qui est en taille-douce et d'une très belle exé-
cution), et surtout les bordures des pages, très bien dessinées, donnent du
prix à ce livre, devenu rare. Jean Le Clerc, de Paris, éditeur de cet
ouvrage, en a gravé lui-même les planches. » (Didot, Cat. rais., n^ 709.)
Magnifique exemplaire.
Saint-Nicolas du Port.
504. BLARRORIVO (P. de). Pétri de Blarrorivo Parhisîani
insigne Nanceidos opvs de. belle nanceiano. Hac primvra
exaratvra elimatissime nvperrime in Ivceni emissvm. (A la
fin : ).... Impressuni in celebri Lotharingie pago diui Ni-
cola i de porta Per Petiû lacobi phrih loci paganû .anno
MDXf^ni {i5\8) iVonas lanuar. In-fol.; mar. rougo, avec
comp. de mar. vert.
Ce poème épique, dont la défaite de Charles le Téméraire devant
Nancy a fourni le sujet à Pierre de Blarru, chanoine de Saint-Dié, a été
imprimé par les soins du môme prêtre, Pierre Jacobi, à qui l'on doit
l'introduction de l'imprimerie à Toul. Il a été achevé le 5 janvier 1519
(nouveau style), jour anniversaire de la bataille de Nancy. Les figures sur
bois, dont il est orné, sont fort intéressantes pour l'histoire de l'art; leur
style, un peu germanique, porte à croire qu'elles ont dû être exécutées à
Strasbourg. Colle du titre représente René II, duc de Lorraine, à cheval.
Exemplaire en parfait état de ce livre précieux. A la suite du premier
feuillet, on y trouve intercalé (chose extrêmement rare!) un Mandement
du duc Antoine de Lorraine, imprimé sur une feuille volante, daté de Lu-
néville du 21 février 1518 (1519 n. st.), mandement qui confirme et étend
le premier privilège, daté du 4 septembre 1518, qui avait été accordé
avant l'impression de ce livre.
«66 LIVRES A FIGURES SUR BOIS.
IL SOLEiNNITÉS ET FÊTES ILLUSTRÉES.
Entrées de villes. — Sacres, — Mariages. — Funèi*ailles^ etc. - »
(Pour ne pas scinder cette section, nous y faisons figurer indifféremment les livres-
avec gravures sur bois et ceux avec planches en taille-douce. — On trouvera sur
ces livres des renseignements utiles dans la Bibliographie des Beaux-Arts , par
£. Vinet, n°" 468 à 820; ce chapitre, à la rédaction duquel nous avons eu l'hon-
neur de concourir, offre le travail le plus complet qui existe sur les Solennités et
fêtes illustrées.)
505. Le sacre et covron||nement du Roy Henry deuxième de||
ce nom. De F imprimerie de Robert Estiewie , impri^^meur
du Hoy.\\Par commandement et priuile^e\\dudict Seisfneur,
S. d. (i5/|7). In-8, de 20 ff.; veau fauve, riches compart.
en or et eu mosaïque, tr. dor. [Hagué).
Plaquette de toute rareté, dont il existe deux éditions imprimées avec
des caractères différents; dans l'une, la marque de l'imprimeur, placée
au-dessous du litre, est avec la croix de Lorr$iine; dans Tautre, ceftte
marque est différente et sans la croix de Lorraine, comme dans le pré-
sent exemplaire.
Ce petit volume est orné d*une grande gravuhe sur bois représentant
la cérémonie du sacre. Dans les exemplaires que Ton connaît, ceUe plan-
che est fortement rognée, tandis qu'elle se présente ici dans son entier,
avec le cadre et une belle marge. Haut. : 164 mill.; larg. : 106 mill.
506. La magnifica et trivmphale eutrala del christianiss. Re di
Francia Ileurico secondo di (|uesto nome falla pella no-
bilo & anti(|ua Città di Lyonc à luy & à la sua serenissima
consorte Gliaterina alli 21 di Septemb. i5/|8.... In hyone,
appresso Gnlielmo Rouillioy 1 549. In-4; mar. rouge, jîlus.,
tr. dor. [Smeers).
Édition ornée de 15 figures sur bois, les mêmes que celles de l'édition
française publiée simultanément. Ces compositions remarquables sont da
Petit Bernard. (Voir Archives de l'art français, 2® série, t. P', p. 423.). L»
texte oridnal est de Maurice Scève et de Claude de Tailleihont.
Bel exemplaire.
507. C'est Tordre qui a este te|!nvala novvelle et ioyevse
entrée, que treshault, iresexcellêt, et Irespuissat Prince,
le Roy trescbreslien Henry deuzieme de ce nom, a fai-||cte
en sa bonne ville et cité de Paris, capitale desonjlRoyaume^
le sezieme iour de luin M. D. XLIX. (i549). On 1rs vend à
Paris chez lacques Roffet dicl le Faut || cheur, en la ruB
Geruais Laurês^ a l'enseigne diisoiif\\flelpressaincie Crois
SOLENNITÉS lîlT FÊTES ILLUSTRÉES. 207
en la cité, ln-4 ; mar. rouge, compart. et fleur., tr. dor.
Ouvrage superbe , orné de onze planches, que Renouvier qualifie de
chefs-d'œuvre de la gravure française sur bois, et où il n'hésite pas de
yoir la main de JEAN COUSIN. C'est à toit qu'on les avait atlribuées à
Geofroy Tory, mort depuis seize années à l'époque de la publication de
. ^ ce livre de circonstance. Voir Didot, CaL rais, , n° 642 ; son Étude stir
J. Cousin, pp. 191-102, et le Recueil des œuvres choisies de cet artiste, où
est reproduit un cavalier du cortège triomphaL Le texte est de Hardouin
Chauveau.
Magnifique exemplaire, avec témoins.
808. Cest la dcdncrion du sumptueux ordre plaisantz spec-
tacles et magnifiques théâtres dresses et exhibes par les
• citoieus de Rouen... A la sacrée Maieslé du Treschristian
Roy de France, Henry secod leur souuerain Seigneur, Et à
Tresillustre dame, ma Dame Kathariue de Medici.*?, La
Royne son espouze, lors de leur trîumphant ioyeidx et
nouuel aduenement en icelle ville, Qui fut es iours de
Mercredy & ieudy premier & secôd iour d'Octobre i55o
O/i /es vend a roucn chez lloberl le Hofy Robert et lehan
dictz (In Gard lenantz leur buutiqnCy An pordiil des Librai-
res, I 55 r . (A la fin : ) Icy se ter minent, ,,. Et nonnellenieni
intprif/ié pnr lenn le Prest nudict lu n le ix, ionr de ce tnoys
de Décembre i55i. Pet. in-4> ^^ t)8 ff. non ch.; mar,
La Vallière, semé de H couronnées, avec les armes de
France en mos.; doublé de mar. rouge, dent., tr. dor.
{Lortic),
Livre d'un grand intérêt, surtout pour l'histoire de l'art. Les vingt-
neuf gravures sur bois qui le décorent ont été attribuées par M. Didot à
JEAN COL'SLN, conformément, d'ailleurs, au témoignage de Papillon
(voir ÏÉtuile sur J. Cousin, pp. l>2-o4). On y remarque un beau portrait
équestre du Dauphin, ainsi que la planche des Captifs, dont l'énergie est
remarquable. L'auteur du texte est inconnu.
Précieux exemplahe sur vélin, le seul contenant 68 ff. au lieu de 67,
parce qu'on y trouve le carton du f. H * et le feuillet qu'il remplace.
509. Recveil des || choses notables, j] qui ont esté faîtes à
Bayonne, à renlreueué du Roy Treschreslien |! Charles
neufieme de ce nom, &|| la Royne sa Ireshonoree mère, ||
aiiec la Royne Catholi- || que sa sœur. A Parisj par Fas^
cozan Irnpiinienr du Roy. M. I). AA'^/(i566). Ai'ec privi^
Icire. In-4» de 56 ff. ch.; mar. rouge, jans», tr. dor.
{ChnniboUt'Dnru).
L'un des plus rares volumes de la collection des solennités. Il est orné
268 LIVRES A FIGURES SUR BOIS.
de dix-huit gravures sur bois représentant des médaillons aux figures allé-
goriques, qui ont été décernés aux dames à la suite d'un pas d*armes.
M. Didot attribue les dessins de ces médailles à JEAN COUSIN {Étude
sur J. Cousin, pp. 189-190), et il en a fait reproduire quatre dans le
Recueil des asuvres choisies de cet artiste.
Ce volume réveille d'ailleurs un autre souvenir, car c'est à cette entre-
vue à Bajonne, entre Charles IX, Catherine de Médicis et la reine d'Es-
pagne, qu'on fait remonter le projet du miassacre de la Saint-Barthélémy*
Magnifique exemplaire, réglé, presque non rogné.
510. Bref et soinmai||re recueil de ce qui a été faict, || et de
Tordre tenue à la ioyeuse et triumphante || Entrée de...
Charles IX. de ce nom Roy||de France^ en sa bonne ville
et cité de Paris, capi||tale de son Royaume, le Mardy
sixiesme iour de || Mars. |j Avec || le covronnement de...
Madame ||Elizabet d'AustHche son espouse, le Dimanche
vingt cinquiesme. || Et || entrée de ladicte dame en icelle
ville le leudi xxix. dudicl mois de Mars, MF). LXXI. J Pa-
ris, (le P Imprimerie de Denis' du Pré^ pour Oliuier Co*
dore'... 1572. In-4. — C'est Tordre et | forme qvi a esté
tenv au il sacre et couronnement de..,. Madame Elizabet||
d'Austriche Roine de France : faict en TEglise de || TAbbaie
sainct Denis en France le vingtcinquies||me iour de Mars,
1571. lùid., id.y 1571. In-4. de 10 ff. — L'Ordre tenv à
VEntrée de... Madame Elizabet d'Austriclie Roy ne de
France (simple titre de départ). In-4, de ti6 ff. et 2 ff. dont
le dernier blanc. — Av Roy congratviation de la Pai^ faite
par sa Maiesté entre s,es subieclz Tvnziesme iour d'Aoust
1 570 (simple titre de départ). In-4, de lo ff., dont le der-
nier blanc. En i vol.; mar. olive, fil. àcompart., fleur.,
tr. dor. [Lortic),
Les seize gravures sur bois qui décorent ce précieux volume sont dues,
ainsi qull est dit dans le privilège, àX)livier Godoré, tailleur et gravettr de
pierres précieuses. Suivant Mariette, ce nom ne serait qu'une sorte d'abré-
viation de Coldoréy épithète donnée à Fontenay, valet de chambre et gra-
veur en pieri'es fines de Henri IV, en raison du nombre de colliers d'or
qu'il portait (voir Didot, Essai sur la gravure sur bois, col. i87, et Yi-
net. Bibliographie des Beaux- Arts y n® 474). L'auteur du texte est Simon
Bouquet. La Congratulation de la paix, pièce en vers, est signée à la fin :
E. Pasquier, Parisien.
Magnifique exemplaire, avec témoins, très rare ainsi coihplet.
511. Magnificentissimi {{ spectacvli, a Kegina || regum Matre in
hortis suburbanis editi, || In Henrici Régis Poioiiifle inuic*
tissimi |{ nuper renunciati gratulationem, | Descriptio. || Io«
SOLENNITÉS ET FÊTES ILLUSTRÉES. 269
Aurato Poeta Regio Autore. Parisiis. Ex qfficina Federici
Morelli Typogrophi liegii. M. D. LXXIH. (i573). In-4,
de 26 ff., sign. A-F et C-D; veau fauve, fil., tr. dor.
(Niedrde).
Cette description du magniflque spectacle donné par Catherine de Mé-
dicis lors de rentrée dans les faubourgs de Paris de son fils Henri III, de
retour du royaume de Pologne, description fort rare et non citée au Manuel,
doit prendre place parmi les plus précieuses solennités. Le frontispice allégo-
gorique, les emblèmes, les ilourons, les lettres ornées, et surtout les deux
grandes gravures, dont Tune représente XdiMontagne des Nymphes, et Tautre
une Fête de cour, sont du plus beau style Renaissance et ne seraient pas
indignes de J. Cousin. (Voir Didot, Étude sur J. Cousin^ pp. 193-1 9k)
Le texte contient un poème latin de Jean Dorât (Auratus), une pièce
de poésie française : La lymphe de France parle, par Ronsard, et une
autre : La Nymphe angevine parle, par Amadis Jauyn.
Très bel exemplaire, provenant des coll. Yemeniz et Huillard.
512. La somptvevsc et || magnifiqve entrée dv || tres-chrestien
Roy Henry III. j| de ce nom, Roy de France & de Pologne,
grand II Duc de Litiuianie, &c. En la cité de Mantoue,auec
les portraicts||des choses les plus exquises. Par B. I). Vig'*
(Biaise de Vigenère). Â Paris , chez Nicolas Chesneau,
>1D. l.XXVl (1376). In-47 de 48 pp.; veau fauve, riches
compart. en or et en noir, tr. dor, [Hagué).
Volume fort rare, orné de huit planches en taille-douce • représen-
tant six arcs de triomphe, et la statue d'OEneus, fils de la nymphe Man-
tho et fondateur de la ville de Mantoue. Les dessins en sont attribués aux
élèves de l'école du Primatice, et la gravure à Jean Rabel.
Superbe exemplaire, réglé, très grand de marges.
513. La loyevse & magnifique Entrée de Monseigneur Fran-
çoys, fils de France, et frère vnicqve dv Roy, par la grâce
de Dieu, Dvc de Brabant, d'Anjou, Alençon, Berri, etc.,
en sa tres-renommée ville d'Anvers. Anvers^ Christ. Plan-
tin, i582. In-foK; mar. rouge, fil., tr. àov. [Petit).
Ouvrage important et curieux à plus d'un titre. Les vingt et une
planches à l'eau-forte dont il est orné nous mohtrent le cortège du duc,
les chars allégoriques, les arcs de triomphe, les feux d'artifice, les
théâtres improvisés à cette occasion, etc. Elles ne sont pas signées, mais
on croit pouvoir les attribuer à Abraham de Bruyn, et non, comme le
veut le rédacteur du catalogue Soleinne, à Phil. Galle, dont le nom se
trouve sur une planche ajoutée à la fin, mais qui ne paraît pas avoir fait
partie du volume.
Très bel exemplaire de ce livre peu commun.
«70 LIVRES A FIGURES SUR BOIS.
5i4. Discovrs de la ioyevse et triomphante entrée de tres-havt,
tres-pvissant et tres-magnanime Prince Henry iiii de ce
nom, tres-Chi*estien Roy de France et de Nauarre, faicte en
sa ville de Rouen, capitale do la prouince et duché de Nor-
mandie, le Mercredy saiziéme iour d^Octobre cId. Id.
xcvr (iSgG). Auec Tordre et somptueuses magnificences
d'icelle, et les portraicls et fij^ures de tous les spectacles
et autres choses y représentez, liouen^ llaphnêl du Petit
^Vi/, .1599. In-/4 ; mar. rouge, fil. à compart., doublé de
^ ^ar. orange, riches orn. intér. avec les H couronnées in-
crustées eu mosaïque, tr. dor. (Loriic).
Livre des plus rares, enridû de neuf gravures sur bois, dans le texte,
et de dix tirés à part, dont l'une représente on combat naval livré sur la
Seine.
Magnifique exemplaire, bien complet.
515. Labyrinthe royal de THercvle gavlois triomphant svr le
suiect des Fortunes, Batailles, Victoires, Trophées, Triom-
phe, Mariage et autres faicts héroïques et mémorables de...
Henry IIII Roy de France et de Nauarre. Représenté à l'Eu*
trée triomphante de la Roy ne en la Cité d'Auignon. Le 19
Novembre i*An M.DC, où sonl contenues les Magnificences
et Triomphes dressez à cetefïect par ladicte ville. C//^5/a-
qcœs BramereaUy impnmenr en Atd<^non. S. d. (1601). Gr.
in-4; mar. rouge, fil., chiffre de Henri IV, tr. dor. (Lortic).
Relation de la première réception faite à Marie de Médicis sur le sol
de France. C'est aux pères jésuites d'Avignon qu'appartient Tidée de ce
Labyrinthe royal, qui, forme de sept replis, était orné de sept arcs de
triomphe; son but était de rappeler les plus glorieux travaux d'Her-
cule, auquel on a compare le vaillunl roi de France, et cela avec d'autant
plus de droit que, selon l'auteur du texte de cette relation, qui est A. '¥a-
ladier, abbé de Saint-Arnoul de Metz, la maison de Navarre descendait en
ligne directe de ce héros des temps mythiques. Les douze gravores en
taille-douce sont de Greuter; on 7 trouve, en outre, finement gravés, las
portraits du roi et de la reine.
Magnifique exemplaire.
516. Voyage du Roy à Metz, L'occasion d*iceluy : Ensemble
les signes de resiouissance faicts par seshabitans pour ho*
norer l'entrée de Sa Majesté. Par Abraham Fabert. (.tfe/z)
1610. Pet. in-fol.; vélin, ornem. sur les plats, tr. dop.
{une, rel.).
Henri IV fit ce voyage en mars 1603. Abraham Fabert, sietir de^Moii-
lins, échevin de Metz et le plus célèbre imprimeur de cette ?ille, compoea <
SOLENNITÉS ET FÊTES ILLUSTRÉES. 271
et imprima cette pièce, qai contient qainze gravures en taille-douce, sans
compter le frontispice et les armoiries du duc d'Épernon, auquel l'ou-
vrage est dédié. L'un et l'autre portent le nom du graveur, A. Vallétf, ainsi
que quatre vues ou cartes de Metz et du pays messin. Parmi les quinze
autres planches, représentant des cortèges, des arcs de triomphe, etc., on .
en remarque trois des plus curieuses : Tune nous jnonlre l'entrée de
Henri IV, à cheval, sous un dais; l'autre, Marie de Médicis portée dans une
litière; la troisième, le combat nocturne et les feux d'artifice qui ont eu
lieu dans la grande cour de l'évêché. Ce beau volume est devenu fort
rare.
Magnifique exemplaire, avec les planches soigneusement coloriées et
rehaussées d'or.
5i7. Eseqiiie d'Arrigo quarto christ ianissimo re di Francia
e di Navarra, celebrale in Firenze dal ser. Don Cosimo II
Grancluca di Toscana. Descritlo da Giuliano Giraldi. In
Firenze, nella slamp. di Ihul, Serniartelliy 1610. Gr. in-4;
mar. rouge, fil. à compart., chiffre d'Henri IV, tr. dor.
[Lorlic).
Ce volume offre un grand intérêt historique en ce que ses vingtrsix
eaux-fortes, signées A R (Rosaccio), retracent les principaux faits de la
, vie du roi Henri IV. (Pour les détails, voir Didot, Cat, rais., n® 928.)
Très bel exemplaire de ce volume fort rare. ^
518. Histoire cvrievse de tovt ce qvi s'est passé à l'entrée de
la Reyne Mère dv Roy treschrestien dans les villes des
Pays-Bas ; par le S' de la Serre Historiographe de France.
u4 ^iii'crs, en h'mpritncrie Plnnlinirnnc da balthasar Mo-
retvs. M. DC. ^X¥//f i632). Ptt. iu-fol., de 3 ff. prél.,
74 PP- ch. et I f. (approbation); veau antique, riches
compart. en couleurs, tr. dor. {Hagué).
Volume de toute rareté, que les bibliographes ne citent même pas.
C'est la relation des premières réceptions qui furent faites à Marie de
Médicis, après sa fuite de France, dans la partie des Pays-Bas soumise au
roi d'Espagne, où elle resta plusieurs années, avant son passage sur le
sol des Provinces-Unies. Le titre ci-dessus figure sur un beau frontispice
gravé par Corn. Galle, où la reine est représentée recevant dans ses bras
l'Église, personnifiée par une religieuse, dont le pied repose sur un globe.
La Justice, la Sagesse et la Science lui tendent chacune une couronne.
Ce frontispice est précédé de ce faux- titre : h' Entrée de la Reyne Mère dv
Roy treS'Chrestien dans les villes des Pays-Bas, et il est suivi d'une grande
planche représentant un lis arborescent, dont cinq fleurs supportent les
figures, à mi-corps, de cinq princes ou princesses, issus de Marie de Médicis.
A cet arbre est attaché un médaillon avec un très beau portrait de la
reine, accompagné de cette devise, qui explique toute l'allégorie : Je couvre
de mon ombre toute la terre. Trois autres planches, gravées à l'eau-forte,
272 LIVRES A FIGURES SUR BOIS.
«
nous montrent son entrée à Mons, à Bruxelles et à Anye^ ; les deux der-
nières sont signées : A. Pauliis fecit.
Superbe exemplaire.
519. Marie deMedicis, entrant dans Amsterdam: ou. Histoire
de la réception faicte à la ^eyne Mère du Roy tres-Chres-
lîen, par les Bovrgmaistres et Bourgeoisie de la Ville
d'Amsterdam. Traduicte du Latin de Gaspard Barlevs.
j4 j4mstertlam^ chez Jean et Corneille /?/^^(^.C13I3C XXX VIII
(i638). In-fol.; mar. vert, fil. à compart. ^ tr, dor. {anc.
rel.).
Ouvrage orné d*un beau portrait de Marie de Médicis, et de seize
planches remarquables, dessinées par Chiv-L. Moyaert, par S. de Vlieger
et par Martsen de Jonge, et gravées à Teau-forte et au burin, en partie par
S. Savry.
Exemplaire exceptionnel, avec le portrait de la reine en double
épreuve, avant la balustrade et la vue d*Amsterdam, et avec ses additions;
treize autres planches sont aussi en doubles épreuves, appartenant à deux
états différents. La planche des Quatre Bourgmestres, gravée par Suy-
derhoef, ne s'y trouve pas ; mais elle n'a pas été faite spécialement pour
ce volume. La reliure, qui est du temps, porte des armes sur les plats'
et un chifire au dos.
520. Histoire de Tentrée de la reyne mère du roy tres-chres-
tien, dans la Grande-Bretaigne. Enrichie de planches. Par
le S' de la Serre, historiographe de France. ^4 Lftndre,
par Jean Raivorth, pour George Thomason et Octauian
Pullen, 1639. In-fol.; mar. rouge, fil., tr. dor. {Lorlic).
Cet ouvrage curieux et rare nous fait connaître les détails de la récep-
tion que Charles I<^', roi d'Angleterre, fit à sa belle-mère, Marie de Médicis.
Les planches sont au nombre de treize. On attribue à W. Hollar les trois
preniières (portraits), ainsi que le frontispice, exécutés au burin ; les autres
sont des eaux- fortes. La planche 8, qui est double, représente une grande
rue de Londres, avec le défllé du cortège.
Très bel exemplaire.
521 . Le Sacre de Louis XV, roi de France et de Navarre, dans
Téglise de Reims^ le dimanche xxv Octobre mdccxxii. S. d.
(Paris, 1722.) Très-grand in-fol.; mar. vert, riches orn.,
armes de France, tr. dor. (Padeloup le jeune).
Ouvrage splendide, orné de 72 gravures au burin, exécutées par les
premiers artistes du temps, tels que Duchange, Larmessin, Cochin, Tar-
dieu, Dupuis, Edelinck, Claude Drevet, etc. Neuf planches nous montrent
tous les détails de la cérémonie du sacre ; les autres représentent en pied
SOLENNITÉS ET FÊTES ILLUSTRÉES. 273
les personnages officiels qui ont pris part à cette solennité. Le texte, ré-
digé par l'académicien Danchet, est gravé, entouré de magnifiques bor-
dures et orné de vignettes allégoriques.
Exemplaire sur grand papier de Hollande.
322. Descrittione de gli apparati fatli in Bologna per la
venula di N. S. Papa Clémente VIII con gli disegni de gli
Archi, Statue e Pitture. Da Viltoiio Benacci, stampator
camerale. (Bo/ogna)^ iSgS. ln-4, de i6 ff. ; inar. rouge,
fil. à fr., ornem.,tr. dor. {Lorfic).
Volume rare et non cité au Manuel. H contient neuf eaux-fortes, tou-
chées avec beaucoup d*espnt et de verve, représentant des arcs de
triomphe. La composition du frontispice est attribuée au Guide.
Très bel exemplaire.
523. La tresadmirable, Iresmagnificque & triumphante entrée,
du. . . Prince Philipes, Prince d'Espaignes, filz de Lempe-
reur Charles V®, ensenjble la vraye description des Spec-
tacles, théâtres, archz triumphaulx. .. faictz et bastis a sa
tresdesiree réception en la ...ville d'Anuers. Anno i549.
Premièrement composée et descripte en langue Latine,
par Cornille Grapheus Greffier de ladicte ville d'Anuers, et
depuis traduicte en Franchois. (A la fin : ) Imprimé a •
AiiuerSy pour Pierre Coeck (t Allost^. , . par Gillis van Diest,
i55o. Pet. in-fol.; mar. rouge, fil.àcompart.,orn.5 Ir. dor.
{Lortic),
Ce livre intéressant contient, outre le titre et le dernier feuillet gravé,
vingt-neuf belles gravures sur bois d'après les dessins de Pierre Coek
ou Koek d'Alost (en llamand, Aelst), près de Gand.
Très bel exemplaire.
524. Descriptio publicaî gratulationis, spectaculorum et lu-
dorum, in adventu sereniss. principis Ernesti, archiducis
Avstriœ Accessit denique Oratio funebris, in Archiducis
Ernesti obitum ijsdem Provincijs luctuosissimum. Omnia a
loanne Bochio S. P. Q. A, a secretis conscripta. Antverpiœy
ex officina Planùnianay m. d. xcv (iSgS). In-iol. ;
mar. raisin de Corinthe, riches comparl. à fr., tr. dor.
{Hagué").
Ouvrage très bien exécuté et orné de 35 grandes planches sui* cuivre
de Pierre van der Borcht. Les deux dernières montrent les illuminations
(»t les cavalcades sui* la grande place de Bruxelles (janv. 1594). Le texte,
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